album

Trek (2020/2021)

Auteur/Illustrateur : Pete Oswald

Traductrice : Chloé Girodon

Editeur : Helvetiq

Pages : 40

Dans une chambre d’enfant au petit matin, un père réveille son enfant. La décoration de la chambre évoque l’aventure, l’exploration et la nature. A la façon dont l’enfant saute de son lit, on comprend l’impatience et l’excitation du moment. Le lecteur découvre très vite qu’une sortie est organisée, une randonnée père-fils, loin de la ville, en plein cœur de la montagne.

Album sans texte, Trek est certes un hymne à la nature mais l’histoire met surtout en avant la relation père-fils et dit tout l’amour qui les lie au travers d’une aventure qui a pour but d’être ensemble, d’observer la nature, d’escalader, de partager et perpétuer une activité familiale. Les illustrations se suffisent à elles-mêmes et racontent dans le détail tous les moments de cette journée, du réveil à l’aube à l’ajout de photographies dans l’album familial au crépuscule, en passant par le trajet en voiture, l’observation de la faune, de la flore, le pique-nique et la plantation d’un petit sapin.

Trek montre aussi l’importance de la relation parent-enfant dans la construction de la confiance en soi et dans le dépassement personnel. L’enfant affronte ses peurs grâce aux encouragements et à la main tendue de l’adulte. Pete Oswald signe un album délicat et juste à lire et à offrir sans modération.

Dans la fraîcheur et la lumière du matin, un père et son enfant se réveillent …
Aujourd’hui, ils partent en randonnée
.

album·masse critique

La bande à Lily, tome 1. Un nouvel ami (2022)

Auteure/Illustratrice : Geneviève Casterman

Editeur : Esperluète

Pages : 24

L’album s’ouvre sur le plan d’un village entouré de champs. Ce village est celui où vivent Lily et ses amis : Diane, Marguerite, Claire et Basile. C’est l’été et le groupe n’est pas au complet car Diane et Marguerite sont parties pour les vacances. Ce jour-là, ils sont rassemblés chez Claire et ne savent pas vraiment comment s’occuper. Lorsque la maman de Claire les envoie jouer dehors, ils tombent sur un énorme chien sale, boiteux, plutôt affectueux et non identifié. Voilà de quoi occuper la journée. L’animal a besoin de soin et d’attention et les enfants savent aussi qu’il leur faudra trouver un endroit où quelqu’un pourra s’occuper de lui. Mais si ce chien n’était pas abandonné ?

Premier volume d’une série qui respire l’enfance, Un nouvel ami est un album qui met en avant l’amitié et l’entraide. Soucieux de bien faire, Lily et ses amis ne manquent pas de ressource pour venir en aide à cet animal esseulé. Ce qui s’apparente à un jeu pour cette petite bande de copain met par ailleurs l’accent sur un phénomène tristement répandu en période estivale : l’abandon des animaux. Si on découvre que ce n’est pas le cas ici, j’ai trouvé l’idée intéressante d’autant qu’ici il s’agit plutôt d’un chien fugueur et coquin qui va réunir la bande à Lily et un nouvel arrivant.

L’amitié est un thème universel qui ravira les jeunes lecteurs, d’autant plus qu’elle est mise en valeur par un énorme chien qui ne manque pas d’affect. Pour ma part j’ai été tout particulièrement séduite par les illustrations noires et blanches qui ajoutent un charme désuet de l’histoire. L’ambiance générale du récit joue sur la nostalgie d’une vie campagnarde dans laquelle les enfants sont plus libres d’aller jouer dehors. La simplicité du format de l’album accroît encore la nostalgie et ancre un peu plus le récit dans l’enfance de part le choix d’un papier proche du papier à dessin au touché doux, les pages sobrement cousues entre elles par un fil noir.

Je remercie Babelio et les Editions Esperluète pour cette bien jolie lecture.

C’est le premier jour des grandes vacances. Lily, Basile et Claire passent l’été au village. Bientôt, un nouvel ami va faire son apparition, pour leur plus grand bonheur…

album

Même les crocodiles n’ont pas sommeil (2022)

Auteure : Stéphanie Demasse-Pottier

Illustratrice : Clarisse Lochmann

Editeur : Cépages

Pages : 32

Après la magnifique et nostalgique Fin d’été, Stéphanie Demasse-Pottier et Clarisse Lochmann reforment leur duo pour nous offrir un nouvel album singulier et onirique : Même les crocodiles n’ont pas sommeil ! Derrière ce titre surprenant, se cache l’histoire d’une rencontre improbable lors une nuit orageuse.

Après une bien belle et longue journée en famille, deux petits garçons se sont endormis dans la voiture. La nuit est tombée et la pluie s’est mise à tomber. C’est l’orage qui réveille le grand-frère ; il peine à retrouver le sommeil et s’amuse à regarder au loin tout en se décrivant ce qu’il voit dans sa tête. C’est alors qu’apparaît une famille de crocodiles dont le petit n’arrive pas à trouver le sommeil…

L’histoire fait la part belle au pouvoir de l’imagination et joue sur la temporalité sommeil-éveil pour laisser planer le doute quant à cette rencontre. A-t-elle réellement lieu ? L’enfant imagine-t-il ce moment lors de son jeu d’observation/imagination ? Est-ce un rêve ? Stéphanie Demasse-Pottier laisse planer le doute et c’est au lecteur de se faire sa propre interprétation… Mais il est évidant que le rêve et l’imaginaire de l’enfant sont eu cœur du récit.

Les illustrations aux contours flous de Clarisse Lochmann jouent d’ailleurs parfaitement sur cette interrogation, laissant à chacun la place de laisser s’exprimer son imagination. L’imprécision des traits renforcent le trouble du lecteur quand à la réalité du moment, le plongeant un peu plus dans les limbes de l’imaginaire des rêves.

Une fois de plus, l’association de ces deux artistes fonctionne et nous transporte dans la richesse de leur univers qui semble jouer sur le temps et l’imaginaire enfantin.

C’est arrivé alors que nous rentrions chez nous en voiture sous un orage. Dans la nuit, quelque chose de grand et d’assez gros s’est approché… J’étais tétanisé. A bien y regarder, c’était une famille, mais une très étrange famille !

album·Documentaires /Livres jeux

Je suis au monde – Habiter autrement la Planète (2021)

Auteurs : Julieta Cánepa & Pierre Ducrozet

Illustrateur : Stéphane Kiehl

Editeur : Actes Sud Junior

Pages : 58

Je suis au monde est un album documentaire qui ouvre les yeux à la diversité de notre monde. En proposant cinq immersions, Julieta Cánepa et Pierre Ducrozet invitent les lecteurs à observer la richesse offerte par la biodiversité et à prendre conscience des liens et connections qui se sont créés depuis la nuit des temps entre toutes les espèces, tous les milieux.

De la Grande Barrière de corail à l’Arctique, en passant par la jungle d’Amazonie, la ville de Barcelone et la campagne française, on s’émerveille de la beauté des paysages décris par un texte poétique enrichi de donnés informatives qui remettent l’homme à sa juste place. L’être humain est bien jeune par rapport à la planète et pourtant, il est le principal acteur des changements majeurs qui s’opèrent et impactent le destin de chacun.

Pourtant, le texte maintient un cap optimiste et, s’il met l’accent sur le poids qui repose sur nos épaules pour ralentir les perturbations écologiques en cours, des perturbations qui touchent toutes les espèces et s’observent dans tous les milieux, des perturbations qui peuvent encore être contrôlées pour offrir des perspectives d’avenir plus optimistes.

J’ai apprécié la poésie du texte qui, comme par magie, nous transporte dans les univers présentés. Des univers qui prennent vie dans les illustrations de Stéphane Kiehl, artiste singulier qui utilise la superposition des motifs donnant un effet plongeon immédiat vers des univers multiples aux couleurs plurielles.

Après Ces jeunes qui changent le Monde, Julieta Cánepa et Pierre Ducrozet signent un titre immersif sur notre monde, nous rappelant les liens et connexions qui existent entre toutes les créatures. Sans jugement ni culpabilisation, ils proposent une réflexion sur l’impact de nos actions sur les autres espèces et sur la planète. Un album qui séduira tout autant l’adulte que l’enfant dès 9/10 ans.

Parfois on oublie. On s’habitue aux choses qui sont devant nous. On finit par ne plus les voir. Qu’ont-elles à nous apprendre ? Comment tous ces éléments si différents s’allient-ils pour former un tout qu’on appelle Terre ? Quelle est notre place dans cet ensemble et quelle pourrait-elle être ? Pourquoi cette Terre est-elle menacée et que pouvons-nous y faire ? Approchons-nous de ces animaux, de ces forêts et de ces océans pour écouter ce qu’ils ont à nous dire de l’état de la planète et de ses habitants.

album·Lecture à voix haute

Gaston Grognon (2018/2020)

Grumpy Monkey

Auteure : Suzanne Lang

Illustrateur : Max Lang

Traductrice : Eva Grynszpan

Editeur : Casterman

Pages : 34

Non mais regardez-moi cette couverture ! Comment résister ? Ce singe a une trogne absolument irrésistible qui annonce la couleur d’une histoire qui ne pourra que faire rire. Pourtant on ressent la mauvaise humeur sur ce visage très expressif, un sentiment renforcé par la couleur rouge qui laisse peu de place à la surprise.

Les albums sur les émotions commencent à se faire nombreux et il est intéressant de voir que c’est un sujet qui se renouvelle, le petit lecteur étant désormais encourager à exprimer ses sentiments, à les accueillir comme ils viennent et à les accepter. C’est bien entendu le cas avec ce Gaston Grognon qui s’est visiblement levé du mauvais pied. Il a beau dire que tout va bien, ses amis sentent bien qu’il est de méchante humeur. Pourtant la journée est si belle ! Quel dommage de ne pas en profiter pour s’amuser…

Suzanne Lang signe un titre irrésistible qui rappelle qu’être de mauvaise humeur est acceptable, même si le ciel est bleu et que le soleil brille. De même il est acceptable de ne pas savoir pourquoi on se sent grognon. Après tout quand on est joyeux, sait-on forcément pourquoi ? C’est drôle, c’est bienveillant et c’est terriblement réaliste. Les illustrations de Max Lang sont par ailleurs magnifiques, ces personnages sont très expressifs et ne manquent pas d’humour.

Gaston Grognon a su faire rire toute la famille et nous avons hâte de découvrir les autres titres de la série.

Aujourd’hui, Gaston le chimpanzé a le dos tassé et le front tout froissé. Il n’a envie de rien. Alors non, malgré ce que disent ses amis, ce n’est pas une belle journée.

album·Service Presse

La berlue (2022)

Auteure/Illustratrice : Bérengère Mariller-Gobber

Editeur : Voce Verso

Collection : Album sans texte

Pages : 40

Aujourd’hui en librairie

Après une journée passée en classe, un enfant observe des choses surprenantes sur le trajet qui le ramène chez lui. Et cela ne s’arrête pas une fois la porte de la maison franchie. Depuis quand les oiseaux sont-ils accrochés aux arbres par une ficelle ? Et pourquoi papa promène-t-il un tapir dans le jardin ? Chaque double page surprend le lecteur et l’interroge sur la part de réalité et la part d’imaginaire mises en avant dans les illustrations qui débordent de tendresse par le choix des couleurs et les actions de l’enfant.

La berlue est un très bel album sans texte qui, au travers d’une paire de lunettes, aborde la notion de perspective et de point de vue. Ainsi, l’enfant ayant laissé ses lunettes sur le bureau de l’école ne perçoit plus la réalité et confronte le lecteur à la puissance du pouvoir de l’imagination. Il devient amusant de chercher à rapprocher l’absurdité de certaines scènes à la réalité plus prosaïque d’un monde que l’on connait tous. Pourtant c’est la poésie offerte par l’imaginaire qui charmera le lecteur de tout âge, apportant une touche d’humour bienvenue à un univers, certes rassurant, mais tellement plus convenu.

Bérengère Mariller-Gobber signe un titre tendre et drôle qui confère à la puissance de l’imaginaire une touche de fantaisie appréciable pour colorer le quotidien. D’une certaine manière, on pourrait dire que ce titre parle de différence par la biais du regard que chacun pose sur le monde qui l’entoure. C’est rafraichissant en plus d’être amusant.

Je remercie les éditions Voce Verso pour leur confiance et l’envoi de cet album qui a su charmer parents et enfants de notre famille.

Bizarre, vous avez dit bizarre ? En rentrant de l’école, un enfant n’en croit pas ses yeux. Les oiseaux semblent suspendus aux branches des arbres comme à un mobile et un monsieur a la tête de son chien. Mais ce n’est pas tout ! A la maison, une baleine prend son bain, son père promène un tapir dans le jardin et le chat détricote sa grand-mère. Des animaux en tout genre peuplent la chambre du petit garçon, son lit semble même abriter une jungle sauvage… Aurait-il la berlue ? La vie est plus drôle et plus poétique sans lunettes !

album·conte

Contes d’amour – Histoires du Monde Entier (2021)

Auteures : Caroline & Martine Laffon

Illustratrice : Aline Bureau

Editeur : La Martinière jeunesse

Pages : 56

Pour la Saint-Valentin, j’avais envie d’une lecture autour de l’amour et j’ai arrêté mon choix sur ce titre, publié aux éditions La Martinière Jeunesse, qui prend la forme d’un recueil de dix contes illustrés et rassemblés dans un album grand format aux couleurs éclatantes.

Caroline et Martine Laffon ont fait le choix de proposer des contes traditionnels qui s’inscrivent dans la culture du monde. Chaque texte est une histoire d’amour qui transcende le temps et l’espace pour venir jusqu’à nous. Ces contes amérindiens, japonais, comorien, chinois, libanais, lacandon, grec, tibétain et cheyenne sont à l’image des croyances et des traditions de ces peuples. Emprunt de magie, de poésie ou d’humour, chaque conte a son image propre mais chacun met en avant la valeur éternelle de l’amour, celui qui voit au-delà des apparences et dure plus que le temps d’une vie.

Les illustrations picturales d’Aline Bureau viennent sublimer le texte et lui donner vie. Ses personnages sont multiples et toujours à l’image de leur peuple. Ses paysages sont une invitation au voyage : des forêts de pin montagneuses de l’Amérique à la steppe aride tibétaine en passant par la luxuriante jungle amazonienne, le choix des couleurs nous rappellent combien la nature est magnifique où que l’on soit sur la planète.

Gabrielle et moi avons chacune notre préférence : pour elle c’est l’histoire d’amour interdit du Bouvier et de la Tisserande, alors que j’ai préféré la poésie du conte cheyenne dans lequel un coyote s’éprend d’une étoile. Contes d’amour – Histoires du monde entier est un très bel album à découvrir et partager en famille.

Ames sœurs, amis de cœur, amants passionnés ou contrariés… Avec ces histoires traditionnelles du monde entier, explore la richesse du sentiments amoureux. Dix histoires magnifiquement illustrées : La première histoire d’amour, L’amour des neiges, Mon serpent chéri, Le rendez-vous des amoureux, Le plus beau des cadeaux, La femme du jaguar, Un mariage bruyant, Les fruits de la passion, L’amour plus fort que la mort, Un coyote épris d’une étoile.

album

Le bibliobus (2021)

Moose’s Book Bus

Auteure/Illustratrice : Inga Moore

Traductrice : Aude Gwendoline

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Pastel

Pages : 56

J’apprécie depuis longtemps le charme désuet des albums d’Inga Moore, cette auteure anglo-australienne pour la jeunesse qui n’a pas son pareil pour raconter des histoires aux valeurs intemporelles. Ses personnages anthropomorphes ont ce mélange de réalisme et d’imaginaire qui séduisent par la beauté du trait et les relations qu’ils entretiennent dans une communauté qui tend vers celle des humains. Dans Le Bibliobus, on retrouve les mêmes animaux que dans La Maison dans les Bois, si ce n’est qu’ils n’ont pas d’autre identité que celui de leur espèce. On pourrait tout à fait penser que cette histoire en est une suite, écrite dix ans plus tard même si rien dans le texte ne le précise.

Elan et sa famille n’aiment rien tant que de se retrouver autour d’une histoire. Mais lorsqu’il a fait le tour de celles qu’il connait, Elan ne trouve personne pour lui prêter un livre ; il se rend alors à la ville pour en emprunter à la bibliothèque. Intéressés, ses voisins de la forêt viennent chaque soir l’écouter avec leurs familles. Bientôt, Elan se charge de créer un bibliobus qu’il remplit grâce à la bibliothèque de la ville afin de rendre accessible la lecture à tous les habitants de la forêt. Quand il apprend qu’aucun ne sait lire, il enseigne la lecture à sa voisine Ourse qui l’enseigne à Blairelle qui l’enseigne à son tour jusqu’à ce que, bientôt, tout le monde soit capable de lire et puisse venir emprunter des ouvrages dans le bibliobus.

Le Bibliobus est un bien bel album qui valorise la lecture et le partage. Car il ne fait aucune doute que le livre rassemble et, est fédérateur de liens familiaux et sociaux très forts. Si Inga Moore dédie cet album aux bibliothécaires, on peut cependant dire qu’il s’adresse à tous les lecteurs. Autour d’Elan, une véritable communauté de lecteurs vient se former, ramenant à une époque plus lointaine où les histoires se transmettaient à l’oral autour du feu. C’est d’ailleurs la transmission qui est mise en avant par l’apprentissage de la lecture qui devient ici un véritable échange entre les membres d’une même collectivité. A découvrir en famille et à voix haute !

Inga Moore sur le blog : La maison dans les bois, Le chapitaine et Le vent dans les Saules (illustré).

Quand Elan racontait une histoire, personne n’égalait ses talents de conteur. Un jour pourtant, il fut à court d’idées. Le lendemain, il décida donc d’aller en ville… à la bibliothèque.

album·anglais·Lecture à voix haute

How the Grinch Stole Christmas (2016)

Auteur : Dr. Seuss

Illustrateur : Dr. Seuss

Editeur : HarperCollins

Pages : 56

Au pays des Whos, il est un individu solitaire et grincheux qui vit seul dans une caverne au nord de la ville, le Grinch. Chaque année, l’approche de Noël rend les Whos heureux car tous les Whos aiment Noël. Le Grinch, lui, déteste Noël. Personne ne sait vraiment pourquoi mais il a vraiment du mal à supporter la période de l’Avent et encore plus les festivités qui vont avec. Aussi cette année, il a l’idée diabolique d’empêcher Noël d’arriver en volant aux Whos leur fête. Mais une fois son forfait accompli, le Grinch est surpris par la réaction de ses voisins.

Grand classique de la littérature enfantine américaine, How the Grinch Stole Christmas ! est né de l’imagination du Dr. Seuss, qui n’était absolument pas médecin puisqu’il travaillait comme caricaturiste pour la presse américaine. Il s’est cependant rendu célèbre en écrivant pour les enfants suite à la lecture d’un article sur l’analphabétisme qui concluait qu’ils n’apprenaient pas à lire car les livres étaient ennuyeux. En réduisant à 250 mots une liste de mots usuels indispensables, il écrit The Cat in the Hat qui sera suivi d’autres ouvrages du même acabit.

Ce qui surprend agréablement à la lecture du texte anglais est la forme rythmique du phrasé. En effet, bien que limité en mots, le récit est écrit en vers ce qui ajoute une touche humoristique et musicale à la poésie du texte. Par ailleurs, le trait caricatural du Dr. Seuss est conservé pour donner vie à des personnages qui ne manquent ni d’originalité ni de vie. Le Grinch, avec sa couleur verte et ses airs démoniaques, se révèle intelligent et drôle. Manipulateur, menteur, il surprend cependant par son opportunisme qui révèle un fond meilleur qu’il n’y parait. How the Grinch Stole Christmas ! est un album à découvrir pour sa forme langagière, son humour caustique et ses valeurs.

Every Who Down in Who-ville Liked Christmas a lot…

But the Grinch, Who lived just north of Who-ville, Did NOT !

album·roman jeunesse

Princesse Sara – Aventures d’une petite écolière anglaise, illustré (1888/2021)

Sara Crewe : or, What Happened at Miss Minchin’s

Auteure : Frances Hodgson Burnett

Illustratrice : Nathalie Novi

Traducteur : Georges Lamy

Editeur : Albin Michel

Pages : 96

Sara Crewe arrive à Londres après avoir grandie aux Indes. Son père, soucieux de son éducation, la place dans un Pensionnat aristocratique de jeunes demoiselles dont il a entendu dire beaucoup de bien. Avec ses manières élégantes et sa richesse, Sara devient le faire-valoir de la directrice, Miss Minchin. Mais lorsque le père de la fillette vient à mourir, la laissant orpheline et sans argent, le destin de l’enfant prend un tournant tragique. Sara devient domestique, pour ne pas dire esclave, et atterrit sous les toits, dans une mansarde insalubre et glacée. Seule et victime de toutes les privations, elle ne doit son salut qu’à la compagnie de sa poupée, Emily, et à son imagination qui lui permet de s’évader grâce au jeu « supposons que ».

Princesse Sara a marqué mon enfance par son adaptation pour la télévision par le studio japonais Nippon Animation, à qui l’on doit d’ailleurs un grand nombre d’adaptations de classiques de la littérature jeunesse. Par la suite j’avais également lu le roman de Frances Hodgson Burnett. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert sa sortie dans la collection des classiques illustrés, dirigée par Benjamin Lacombe aux éditions Albin Michel, par l’intermédiaire du blog Les Blablas de Tachan (sa critique). Plaisir d’autant plus grand que c’est Nathalie Novi qui est en charge de l’illustration et que j’aime tout particulièrement son travail.

Les illustrations couleurs et les crayonnés rappellent beaucoup son travail sur Jane Eyre (Tibert éditions) par la profondeur qui se dégage des personnages ainsi que par le jeu des couleurs et des perspectives. On retrouve également de nombreux motifs fleuris et animaliers comme dans l’ensemble de son œuvre, ainsi que quelques peintures sur carte géographique qui renforcent le sentiment d’immersion et l’encrage du récit. La couverture n’est pas en reste et donne le ton d’un récit poétique et désuet qui révèle la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre, en opposition à l’imagination et à l’innocence propres à l’enfance.

Comme nous l’apprenons dans la postface, le texte retenu pour cette édition illustrée est celui de la version initiale publiée en feuilleton dans le mensuel américain pour enfants St. Nicholas Magazine en 1888. Plus tranché, le texte se suffit de l’essentiel et se voit démunie de ce qui fait la richesse du roman, plus étoffé et enrichi de nombreux personnages secondaires, figures amicales qui apportent un peu de tendresse au quotidien de Sara. Dans cette première version, le lecteur se confronte, aux côtés de Sara, à la cruauté d’un monde dirigé par l’argent et la cupidité, un monde dans lequel des adultes laissent mourir les enfants qui ont eu le malheur de se retrouver orphelin.

Princesse Sara est un très beau récit servi par une plume dramatique et touchante qui dénonce le sort réservé aux plus pauvres tout en étant porteuse d’espoir. Sublimé par les illustrations d’une artiste qui place l’enfance au cœur de son œuvre, le texte de Frances Hodgson Burnett s’inscrit dans la pure tradition des classiques jeunesse du XIXè siècle. Il est ici valorisé par le format de l’édition qui en fait un objet-livre à avoir et à offrir.

Nathalie Novi sur le blog : A l’ombre de l’olivier (livre-cd), Jane Eyre (illustré) et Et si on redessinait le monde?

Sara a été élevée en Inde par son père, le capitaine anglais Ralph Crewe. A son septième anniversaire, elle est envoyée à Londres pour étudier dans le pensionnat de Miss Minchin. Fortunée, elle s’y retrouve favorite : mais tout bascule lorsque son père disparaît tragiquement – et sa richesse avec lui. Sara devient alors le souffre-douleur de la directrice, mais son imagination lui permet de s’évader en jouant à son jeu préféré, « Supposons que ». Et si, et si… et si Sara était une princesse ?