abonnement·album

Les îles – Le pays des Chintiens (2019)

Auteure/ Illustratrice: Anne Brouillard

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Pastel

Pages: 80

MaxiMax – Novembre 2020

 

Il y a déjà plus de deux ans que je découvrais La Grande Forêt d’Anne Brouillard, premier volume de la série Le Pays des Chintiens. Et c’est avec un grand plaisir que j’ai embarqué à bord d’un bateau de croisière avec Killiok le chien noir et ses amis. Alors que le voyage s’annonce des plus agréables, les amis découvrent que d’anciennes connaissances se sont glissées parmi les passagers. Si les Bébés Mousses se contentent d’accaparer l’attention du groupe, les Nuisibles entendent bien créer quelques problèmes.

Anne Brouillard nous entraîne à la découverte de nouveaux paysages de cet univers qu’elle a créé avec notamment une ballade sous-marine dans le Pays Noyé et une excursion en ville dans le Pays Comici. L’imagination de l’auteure semble sans limite et c’est un véritable émerveillement pour le lecteur qui en prend plein les yeux à chaque page.

Une fois de plus Anne Brouillard enchante par la beauté de ses illustrations et notamment des paysages. On apprécie le format album qui alterne les illustrations double pages avec des planches de bandes dessinées ou des illustrations enchâssées. J’ai aussi aimé le clin d’oeil fait à notre monde au travers des habitants du pays Comici, dans lequel les animaux se déplacent à quatre pattes et où l’argent est indispensable pour se nourrir à la surprise des héros habitués à un mode de vie basé sur le partage et les dons de la Nature.

Après une aventure à travers la Grande Forêt, Killiok et ses amis embarquent à bord d’un bateau de croisière pour assister au spectacle de Vari Tchésou, le magicien rouge. Bien vite, ils découvrent que les Nuisibles se sont mêlés aux passagers et que des bébés Mousse se sont introduits clandestinement.
Ce voyage ne sera donc pas de tout repos et les conduira dans les abysses du Pays Noyé et sur le sol du Pays Comici. De l’eau à la ville, ils exploreront une Atlantide habitée et ils découvriront le quotidien des citadins du Comici qui paient pour manger et où les chiens marchent à quatre pattes, au grand étonnement de Killiok.

album·conte/nouvelle/biographie

Un chant de Noël (1843)

A Christmas Carol

Auteur: Charles Dickens

Illustrateur: Roberto Innocenti

Traducteur: 

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 152

Grand classique de la littérature britannique, Un Chant de Noël est un conte écrit et publié pour la première fois en 1843. Probablement l’une de ses oeuvres les plus connues, celle qui a été la plus adaptée pour le cinéma, le théâtre ou encore les ballets, ce conte est encré dans la culture traditionnelle des célébrations de Noël.

Divisée en cinq couplets (chapitres), l’histoire est celle d’Ebenezer Scrooge, un homme froid, égoïste et détestable. Indifférent à ceux qui l’entourent, il ne connait son commis, Bob Cratchit que comme un homme qui travaille pour lui et à qui il verse un salaire. La veille de Noël, une apparition fantomatique lui apparait et lui annonce qu’il va recevoir la visite de trois fantômes. Ces esprits, représentant les Noëls Passés, Présent et Futurs, entrainent Scrooge dans l’observation de ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il sera. Véritable chemin de rédemption pour Scrooge, ces voyages dans le temps le pousse à regarder sa vie en face et à analyser son comportement. Pour le lecteur cela permet une meilleur compréhension du le personnage et pose la question des valeurs de Noël.  Loin de la folie consumériste de notre société moderne, le texte met en avant des valeurs humanistes qui font des fêtes de fin d’année un moment pour exprimer la générosité, le partage et l’altruisme.

Charles Dickens propose un conte fantomatique original qui met en avant les valeurs de Noël que sont la bonté et le partage. Au travers de la famille Cratchit, il dépeint l’amour et la chaleur du foyer qui font défaut à Scrooge, des valeurs essentielles à l’épanouissement et au bien être de chacun. D’un côté nous avons un homme au cœur dur comma la pierre qui entasse l’argent sans le dépenser ou en faire profiter les plus nécessiteux et de l’autre nous avons une famille chaleureuse qui déborde d’amour et de générosité. Cette balance met en avant l’importance de l’amour et de la famille.

Les illustrions de Roberto Innocenti dont le trait précis met en lumière la beauté du texte et des valeurs qu’il véhicule. Il saisit sur le papier les quartiers les moins aisés du Londres de l’époque victorienne et y insuffle la vie par la richesse des expressions que ses personnages portent sur leurs visages radieux. Le livre prend la forme d’un bel album illustré à partager en famille.

Dans les rues grouillantes et enneigées des faubourgs londoniens, le brouillard industriel s’épaissit. Ce soir c’est Noël, et le vieux Scrooge, patron impitoyable, avare et aigri, rumine sa colère. Demain sera chômé, quelle perte de temps et d’argent!
Mais alors que Scrooge rentre chez lui et se couche en maugréant, les Esprits de Noëls apparaissent pour réveiller avec terreur sa bonne conscience.

album·Lecture à voix haute

Nous sommes tous des Féministes

We should all be Feminists

Auteure: Chimamanda Ngozi Adichie

Traductrice: Sylvie Schneiter

Illustratrice: Leire Salaberria

Editeur: Gallimard Jeunesse

En 2012, Chimamanda Ngozi Adichie prononçait son discours Nous sommes tous des féministes aux Etats-Unis. Ce manifeste devenu célèbre à travers le monde est adapté pour les enfants. Avec clarté, elle aborde l’égalité des sexes au travers de ses expériences et des souvenirs d’enfance.

Illustré par Leira Salaberria, cet album s’adresse aux enfants mais également à leur famille pour ouvrir la parole et la réflexion sur les changements à apporter aujourd’hui pour entrevoir un avenir plus égalitaire.

« J’aimerais que nous rêvions à un monde différent et que nous commencions à le préparer. Un monde plus juste. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers aux-mêmes. Et voici le point de départ: nous devons élever nos filles autrement. Et aussi nos garçons. »

album

Odette fait des claquettes

 

Auteur: Davide Cali

Illustratrice: Clothilde Delacroix

Editeur: Sarbacane

Pages: 25

En cette période pas très réjouissante, il est bon de lire des livres qui donnent le sourire et véhiculent un message positif. Odette m’a tapé dans l’oeil lors de mon dernier passage en librairie, avec sa bouille tout en rondeur, son costume d’abeille et son sourire immense. Et c’est un énorme coup de

Davide Cali propose une belle histoire qui met en avant aussi simple qu’important, celui de l’acceptation de soi. Au travers d’Odette, il raconte la personne que nous sommes aux yeux des autres, trop ceci ou pas assez cela, pour mieux mettre en valeur l’importance du regard que nous posons sur nous-même. Car il y aura toujours quelqu’un pour nous juger, il vaut mieux apprendre à s’accepter tel que nous sommes et à vivre bien dans sa peau.

Le trait de Clothilde Delacroix est magnifique dans sa simplicité, ses personnages sont très expressifs. Elle sublime le texte par le bonheur que dégage Odette, petite héroïne toute de joie de vivre et emplie d’un optimise qui porte ses rêves et espoirs. A découvrir en famille!

Voilà. Moi j’aime les madeleines, les croissants. Et les pralines. Et les chips. Et lire, aussi. Je voudrais ressembler à Sauterelle. C’est mon personnage préféré de mon auteur préféré. Je serais mince et belle… Les filles de ma classe, les filles du volley, tout le monde m’aimerait…

album·conte/nouvelle/biographie

Le supplice de la banane et autres histoires horribles

Horror

Auteure: Madlena Szeliga

Illustratrice: Emilia Dziubak

Traductrice: Cécile Bocianowski

Editeur: Albin Michel jeunesse

En tant que végétarienne, la sempiternelle question sur le cri de la carotte m’a toujours fait sourire. Aussi lorsqu’en regardant les nouveautés albums en librairie je suis tombée sur Le supplice de la banane, je n’ai pas résisté longtemps; pour le plus grand plaisir de mes filles à qui j’en ai fait la lecture à voix haute.

Madlena Szeliga signe vingt histoires originales horrifiques dont les héros sont les fruits et légumes que nous aimons partager lors d’un bon repas. Racontées avec humour, ces histoires n’en sont pas moins terrifiantes de part l’humanisation de ces végétaux et des émotions qu’ils ressentent. Chaque histoire est un véritable meurtre effroyable à prendre au second degré pour en frissonner de plaisir. Les superbes illustrations de Cécile Bocianowski viennent ajouter un peu plus de terreur au texte qui s’en voit sublimé par une mise en page digne d’un vieux grimoire de sorcière.

Entre rires et larmes, Le supplice de la banane et autres histoires horribles a su séduire toute notre famille et nous a bien fait rire… Et il faut bien reconnaître que nous en avions bien besoin! Un recueil original et drôle, terrifiant et cruel à découvrir en famille. On vous aura prévenu!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Avez-vous des remords après avoir épluché une carotte? Est-il vraiment éthique d’émincer un oignon? Et si la fraise avait des sentiments, hésiteriez-vous à la mettre dans un mixeur?
Du champ au saladier, en passant par le planche à découper, les 20 histoires qui composent de recueil dévoilent l’épouvantable destin de créatures innocentes. Il y a là des fruits, des légumes et des herbes… et toutes les manières dont nous les malmenons.

album

Jouer dehors

Auteur: Laurent Moreau

Illustrateur: Laurent Moreau

Editeur: Hélium

Pages: 48

Une mère invite ses enfants à jouer dehors. Si pour elle c’est le moyen d’avoir un peu de calme dans sa maison, pour les enfants il s’agit d’observer le monde qui les entoure. De leur jardin, ils franchissent la porte vers un monde aux couleurs luxuriantes et visitent quatorze paysages différents dans lesquels ils rencontrent des espèces animales en danger d’extinction.

Laurent Moreau propose un très bel album coloré qui sensibilise le lecteur à la beauté du monde et à la richesse de sa biodiversité. En fin d’ouvrage, les quelques 250 espèces consignées dans l’album sont répertoriées donnant un nouveau format à cet album: un jeu de cherche-et-trouve qui invite à encore plus d’observation.

Sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020 catégorie 3-5 ans.

Des enfants turbulents sont invités par leur maman à « jouer dehors ». Laurent Moreau nous embarque dans un véritable tour du monde à travers la représentation de quatorze paysages époustouflants : les bords de mer, la campagne, la montagne, la jungle asiatique…

album

Sur mon île

Auteure: Myung-Ae Lee

Traducteurs: Eun-Joo & Flore Carré

Editeur:  De La Martinière Jeunesse

Pages: 40

Sur mon île aurait pu être une invitation au voyage mais ne nous y trompons pas, dès la couverture le ton est donné: la pollution plastique s’en prend aux animaux marins.

Le texte prend peu de place, les illustrations se suffisent à elles-mêmes. Partant de la ville et des hommes, l’auteur dénonce notre société de consommation et ce que cela engendre comme déchets plastiques. Du plastique qui apparait d’abord en points de couleurs qui font comme des constellations, avant de prendre des formes plus concrètes et de se retrouver dans l’océan, amoncelés en tas.  Le huitième continent… Le macareux moine, avec son visage mignon, attire la sympathie du lecteur. Bien que très loin de son habitat naturel, il représente ici les espèces en voie d’extinction (lui est plutôt victime de la surpêche). Narrateur, il est l’hôte impuissant qui de son regard triste voit mourir ses amis.

Avec sincérité, Myung-Ae Lee propose un regard critique et réaliste sur un problème écologique majeur de notre époque. Elle soulève la question de la surconsommation et des effets qu’engendrent nos achats sur la biodiversité et sur nos paysages. Percutant, l’album s’adresse à un jeune public qui est ici pris au sérieux et responsabilisé. La protection des océans est l’affaire de tous et il n’est jamais trop tôt pour sensibiliser nos enfants. Sur mon île est un album au message écologique fort, au graphisme soigné qui nous a beaucoup touché et que nous avons pris le temps de lire plusieurs fois.

Je vous invite à lire l’avis d’Isabelle ICI.

Ce album fait parti de la sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020 sélection 3-5 ans.

***

J’habite une petite île qui flotte au beau milieu de la mer…

album·conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute

Et parfois ils reviennent…

 

Auteurs: Collectif

Illustrateur: Maurizio A.C. Quarello

Editeur: Sarbacane

Pages: 76

Recueil de nouvelles, Et parfois ils reviennent… nous entraîne à la découverte de huit récits fantastiques sélectionnés dans la bibliographie de maîtres du genre. Huit auteurs classiques du monde entier font ici figure de représentants d’un même genre mais décliné en différents registres. Le tout formant un ouvrage qui tour à tour fera frissonner ou rire le lecteur. Chez nous c’est un coup de cœur.

Lues à voix haute, ces nouvelles ont su captiver mes filles de onze ans qui ont pris beaucoup de plaisir à découvrir des textes de qualité, des auteurs qu’elles ne connaissaient pas pour la plupart et des histoires qui font froid dans le dos. Leur préférence va pourtant à la moins effrayante des nouvelles, Le Fantôme de Canterville d’Oscar Wilde, un classique mené par un fantôme grotesque et pathétique. Même si Gabrielle a également fort apprécié L’Etui merveilleux de Tcheng Ki-Tong qu’elle a trouvé plus poétique – elle adore la Chine et tout ce qui s’y rattache. Pour ma part, j’ai apprécié plusieurs de ces histoires, même si La Morte de Guy de Maupassant m’a semblé particulièrement terrifiante. Mais je donnerais ma préférence à La montagne des revenants de Gustavo Adolfo Bécquer, que j’ai trouvé belle et terrible à la fois.

Enfin je ne peux conclure sans parler des illustrations de talentueux Maurizio A.C. Quarello, qui déploie tout son art dans des aquarelles somptueuses. Une fois de plus il sublime les textes en les mettant en images avec un réalisme glaçant.

Maurizio A.C. Quarello sur le blog: L’appel de la foret, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

***

Guy de Maupassant (La Morte), Sheridan Le Fanu (Le Fantôme et le Rebouteux), Jerome K. Jerome (Le Fantôme de la chambre bleue), Gustavo Adolfo Bécquer (La Montagne des revenants), Robert E. Howard (Le Marécage), Oscar Wilde (Le Fantôme de Canterville), Tcheng Ki-Tong (L’Étui merveilleux), Edgar Allan Poe (Le Roi Peste) : huit maîtres du fantastique du monde entier sont ici réunis dans des registres différents – humour, grotesque, horreur ou épouvante pure –, pour un plaisir de lecture inégalé ! Avec à la clé le talent et l’appétit du grand illustrateur …

album·Lecture à voix haute

La traversée des animaux

Auteur: Vincent Cuvelier

Illustrateur: Brice Postma Uzel

Editeur: Gallimard jeunesse

Collection: Giboulées

Pages: 32

L’histoire prend place dans l’Union Soviétique Stalinienne. C’est l’hiver, il neige, et derrière les grilles du zoo de Moscou, une évasion se prépare. Une étrange meute d’animaux se concerte avant de franchir la porte, menée par l’ours. Plus ils avancent dans les paysages rudes de la toundra, certains redeviennent sauvages alors que d’autres semblent plutôt s’humaniser.

Vincent Cuvelier propose un conte philosophique qui soulève la question du pouvoir et de la liberté. Avec humour et subtilité, il invite son lecteur à se demander où sont les limites et jusqu’où les repousser. Le texte est sublimé par les illustrations très graphiques de Brice Postma Uzel qui semble s’être inspiré de l’art soviétique de l’époque. Je salue la fin ouverte qui laisse place à l’imagination et aux questionnements.

Au milieu du siècle dernier, des animaux s’évadent du zoo de Moscou. C’est l’hiver, il neige. L’ours mène la drôle de meute, composée de trois loups, d’un échassier, d’un porc-épic, d’un pingouin et d’autres animaux. Ils marchent, volent, trottent, et plus ils marchent, volent, trottent, plus ils redeviennent ce qu’ils ont toujours été: des animaux sauvages…

album

Yukio, l’enfant des vagues

Auteur: Jean-Baptiste Del Amo

Illustratrice: Karine Daisay

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 40

Alors qu’il passe quelques jours sur une île de l’archipel japonais, un écrivain en manque d’inspiration, rencontre une jeune femme qui passe ses journées assise face à l’immensité de la mer qu’elle contemple. Intrigué, il cherche à savoir qui elle est. La narration change alors pour prendre des airs de conte dans lequel Yukio, un jeune enfant, se couvre d’écailles à chacune de ses baignades jusqu’à n’en plus revenir.

C’est un bien bel album que nous propose Jean-Baptiste Del Amo et Karine Daisy. Le texte et les illustrations s’associent avec délicatesse et pudeur pour aborder un sujet lourd, celui de la perte d’un enfant et du deuil qui s’en suit. Inspiré d’un conte traditionnel japonais, l’histoire de Yukio, l’enfant des vagues est tendre et touchante, elle met en avant l’amour profond d’une mère pour son enfant et le long travail d’acceptation qui suit la plus douloureuse des séparations.

Au sud du Japon, un écrivain en manque d’inspiration séjourne dans une petite île sauvage. Matin et soir, il remarque sur la plage une femme qui fixe étrangement la mer. Elle s’appelle Mayumi. Son fils, Yukio, était si petit à la naissance qu’il tenait dans la paume d’une main…