album·Documentaires /Livres jeux

Comment fonctionne un phare? (2020)

Auteur/Illustrateur : Roman Beliaev

Editeur : La Pastèque

Pages : 42

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Sorcières Non-Fiction

Comment fonctionne un phare ? Voilà une questionne passionnante à laquelle Roman Beliaev propose de répondre dans cet album aux illustrations colorées, simples mais non dépourvues de détails. Son trait et la mise en couleur offrent un visuel de toute beauté dont le soucis du détail apporte moultes informations que l’on prend plaisir à découvrir.

Outre l’aspect technique du phare, l’auteur prend le temps de revenir sur ses origines et l’évolution de son fonctionnement à travers les âges. Roman Beliaev fait d’ailleurs un bon dans le temps en parlant du Phare d’Alexandrie, classé comme Septième Merveille du Monde. Mais il propose aussi une présentation de quelques phares encore en activité.

La question des couleurs et l’aspect mathématique de la construction sont des informations particulièrement intéressantes qui complètent celles de l’utilité et du fonctionnement du phare.

Comment fonctionne un phare ? est un album coup de cœur qui nous aura appris bien des choses et donné envie d’aller à leur découverte.

Les phares sont parmi les plus anciens ouvrages d’ingénierie sur la planète. Pendant des millénaires, ils ont aidé les navires à surmonter le danger et sont ainsi devenus des symboles d’espoir. adultes comme enfants rêvent de monter au moins une fois dans un vrai phare pour comprendre comment il fonctionne…

album

Esther Andersen (2021)

Auteur: Timothée de Fombelle

Illustratrice: Irène Bonacina

Editeur: Gallimard jeunesse

Pages: 72

Comme tous les étés, le jeune héros prend le train pour se rendre chez cet oncle loufoque qui vit à la campagne au milieu des champs de maïs. Chaque jour, il enfourche son vélo et part à la découverte de ces paysages infinis, s’éloignant toujours un peu plus jusqu’à ce qu’il arrive à la mer et à Esther Andersen…

Esther Andersen a le goût du souvenir et la chaleur de l’été. Le texte minimaliste de Timothée de Fombelle suffit à transmettre toute l’émotion d’un instant, la chaleur d’une rencontre et l’intemporalité d’un souvenir de vacances. Sublimé par les aquarelles d’Irène Bonacina, le texte suffit à nous emmener en vacances et à nous remémorer des souvenirs d’été conservés à l’abri de notre mémoire.

Le grand format à l’italienne permet à l’illustratrice de déployer des paysages estivaux lumineux et chaleureux qui, telles des cartes postales, transportent le lecteur en vacances. Du paysage qui défile à travers la vitre du train à la baignade en mer en passant par la promenade dans la nature et les repas sur le pouce, on se croirait vraiment revenu dans les vacances d’une époque révolue dans laquelle les plaisirs les plus simples laissaient une emprunte plus forte.

Je crois que finalement c’est sur ce format que je préfère l’écriture de Timothée de Fombelle qui dit tellement avec si peu de mots.

A lire également, l’avis d’Isabelle.

Les vacances avaient la forme d’un escargot avec la maison au centre, et je faisais des cercles de plus en plus grands pour tenter d’arriver au bord. Et puis un jour, un été, j’y suis arrivé. C’était là et je ne l’avais jamais su.

album

ABC de la Nature (2020)

Auteure/Illustratrice : Bernadette Gervais

Editeur : Les grandes personnes

Pages : 64

Un abécédaire c’est la promesse d’une découverte de vocabulaires à offrir aux enfants. Je ne suis généralement pas fan du procédé mais il faut reconnaître que Bernadette Gervais nous offre une version particulièrement saisissante de part la taille très grand format de cette album qui met en avant de sublimes illustrations réalistes sur le thème de la nature.

Mammifères, poissons, oiseaux et insectes sont peints dans ce qu’ils ont de plus beau à montrer, avec cette multitude de détails qui ne les rendent que plus vrais. Les végétaux ne sont pas en reste. Fruits, légumes et fleurs se gorgent de couleurs lumineuses qui nous les rendent plus réalistes.

L’originalité de cet ABC de la nature tient principalement dans le choix du vocabulaire choisi qui met en abyme la richesse de notre langue. L’auteure présente notamment un panel d’animaux rarement représentés mais particulièrement intéressants pour illustrer les lettres plus complexes que sont par exemple les x,y et z.

Bernadette Gervais nous offre un magnifique abécédaire grand format. Idéal pour les plus jeunes, pour l’apprentissage de l’alphabet et découvrir les beautés de la nature.

album·Prix littéraire

Louise ou l’enfance de Bigoudi (2020)

Auteure: Delphine Perret

Illustrateur: Sébastien Mourrain

Editeur: Les fourmis rouges

Pages: 40

Sélection officielle du Prix UNICEF littérature jeunesse 2021 catégorie 3-5 ans.

Louise grandit à la campagne. Les champs lui servent de terrain de jeux. Elle est très heureuse de la liberté que la nature lui offre. Mais voilà que son quotidien est bouleversé par un déménagement à la ville. Rapidement l’enfermement, le bruit, l’éloignement du ciel et le manque de la nature pèsent sur le moral de la petite fille qui devient colérique, provoque. attirant l’attention de son entourage qui, à bout, ne sait plus quoi faire. Jusqu’à ce que Louise rencontre Ella, une fillette de sa classe.

Louise ou l’enfance de Bigoudi est un album touchant de réalisme dans l’intemporalité de son histoire et des émotions. Les illustrations aux couleurs pastelles de Sébastien Mourrain sont de toute beauté et offrent une rétrospective intéressante sur une époque révolue. C’est tout simplement beau et donne envie de lire Bigoudi pour découvrir la vieille femme que Louise est devenue.

L’avis de Blandine et celui de LivresdAvril.

Louise, cheveux raides comme des spaghettis, vit à la campagne. Elle passe ses journées à courir dans les champs, elle est heureuse. Jusqu’au jour où sa famille déménage dans une très grande ville. Dès son arrivée, Louise déteste tout, de la couleur des immeubles à l’absence de ciel. Mais un crêpage de chignon avec une fille de son école va tout changer..

album

Tous emmitouflés (2020)

Illustratrice: Marie-Noëlle Horvath

Editeur: La joie de lire

Pages: 28

C’est l’hiver et les animaux ont froid. Le mouton de la couverture n’a pas ce problème, lui qui porte un épais manteau de laine. Pour les aider à lutter contre le froid, le mouton offre son aide. Telle l’araignée tissant sa toile, le mouton file sa laine pour en faire des vêtements à ses amis. Ce fil de laine rouge est le fil conducteur qui déroule l’histoire, permettant aux très jeunes lecteurs de découvrir des animaux et les vêtements dont ils avaient besoin.

Très bel album cartonné, Tous emmitoufflés dégage un très beau message de partage et d’amitié. Le tout petit lecteur prendra plaisir à découvrir les animaux tout en suivant du doigt le fil rouge qui vient les habiller. Il est juste à regretter que les pages soient de carton et recouvertes de tissu et que le fil ne soit pas palpable ce qui aurait enrichi la lecture d’une expérience sensorielle plus que bienvenue dans un abum pour les bébés.

L’hiver est arrivé. Comment les animaux vont-ils faire pour lutter contre le froid ? Les chiens redoutent de tomber malades, les crabes ne veulent pas que leurs pinces gèlent, les pingouins ont peur de prendre froid au cou ou et les élans aimeraient garder leurs bois au chaud.
Heureusement, tous les animaux peuvent compter sur le mouton qui se charge d’emmitoufler ses amis d’un simple fil de laine…

album·BD/manga

Tout le monde devrait rester tranquille près d’un ruisseau et écouter (2018)

Auteure/Illustratrice: Lolita Séchan

Editeur: Actes Sud BD

Pages: 32

Bartok, la petite taupe, est paisiblement alongé dans la prairie au bord d’un ruisseau. Dort-il ou se repose-t-il simplement? D’une page à l’autre, il bouge à peine mais on s’apperçoit très vite que c’est la vie qui l’entoure qui anime l’histoire. Des insectes et autres petits animaux traversent le paysage, ils bourdonnent, stridulent, croassent et font finalement beaucoup de bruits. En arrière plan, des amis de Bartok fabriquent un toboggan offrant un changement de décor à chaque fois que l’on tourne la page.

Avec son très long titre et son tout petit format à l’italienne, cet album invite à la contemplation, à l’observation. Véritable hymne à la nature, Tout le monde devrait rester tranquille près d’un petit ruisseau et écouter nous rappelle combien il est important de prendre le temps. Cela rejoint le courant en vogue « slow life » qui invite à profiter de l’instant présent, à s’encrer dans le moment pour en apprécier les plaisirs les plus simples tel que le vole d’une libellule, une façon de se reconnecter avec ses émotions.

Bartok, la plus jeune taupe de la tribu Biloba, s’installe au bord d’un ruisseau, il écoute les bruits et les sons de la nature et du repos. En arrière plan, ses nouveaux amis construisent une cabane.

album·Documentaires /Livres jeux

Noms d’oiseaux ! (des amours)/(des humeurs) (2018)

Auteure/Illustratrice : Isabelle Simler

Editeur : Courtes et Longues

Pages : 64

Album documentaire, Noms d’oiseaux! se divise en deux parties séparées par l’arrivée néfaste du Grand Albatros. Il suffit de retourner le livre pour que le sens de lecture passe des amours aux humeurs. D’un côté, deux moineaux se font la cour, de l’autre ils se disputent. Dans tous les cas, ils se donnent des noms d’oiseaux plus ou moins charmants introduisant la présentation de volatiles plus ou moins connus.

De planches de bande dessinée aux illustrations photographiques, Isabelle Simler signe un titre coloré qui permet de découvrir un grand nombre oiseaux au nom fleuri. Grand format, l’album permet à l’auteure de placer les plus grands oiseaux sur une grande alors que les plus petits se partagent l’espace. Dans tous les cas, chacun est accompagné d’une légende qui permet de localisé son lieu de vie, sa connaître sa taille, son nom commun et son nom latin sans oublier la mention qui classe les espèces menacées ou un grand danger d’extinction.

Noms d’oiseaux ! (des humeurs)/(des amours) est un très bel album original et sublimement illustré qui utilise l’humour pour faire connaître des oiseaux aux noms souvent farfelus.

Deux moineaux se battent pour une branche. Ils s’invectivent avec des noms d’oiseaux et chaque volatile cité apparaît comme par magie et se pose à son tour sur la branche. En retournant l’album, le même processus d’enclenche, mais avec des noms d’oiseaux amoureux.

album

On nous appelait les Mouches (2020)

Auteur: Davide Cali

Illustrateur: Maurizio A.C. Quarello

Editeur: Sarbacane

Pages: 48

On nous appelait les mouches. Parce qu’on grouillait comme des mouches sur une décharge géante, où on triait les déchets.

L’éclair Bleu a ravagé la planète qui a désormais l’apparence d’une décharge. La population s’est réorganisée en castes dont les enfants seraient en bas de l’échelle et plaçant au-dessus des chefs de chefs de plus en plus âgés. Chaque jour, chacun doit trouver de quoi gagner sa subsistance: un peu de nourriture de mauvaise qualité et un peu d’eau. Lorsque Poubelle trouve un objet particulier dont personne ne semble connaître l’utilité, le petit groupe d’amis part en quête d’un chef qui pourra leur en offrir un prix estimable, certains qu’ils sont de détenir quelque chose de spécial.

On nous appelait les mouches est un récit post-apocalyptique qui surprend par son format mais séduit par son histoire et le trait si caractéristiques de Maurizio A.C. Quarello (L’appel de la forêt, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Et parfois ils reviennent…) toujours aussi soigné et réaliste. Le format offre un regard innovant qui place la dystopie au niveau des jeunes lecteurs (à partir de 9/10 ans) sans laisser les plus grands de côté. Fable écologique, récit fantastique, cet album unique en son genre dénonce l’inégalité des sexes et des âges, la surconsommation et place la culture comme pilier de l’humanité.

L’avis de LivresdAvril.

Un certain futur, pas si lointain peut-être. Le monde civilisé n’existe plus. Des enfants survivent sur des montagnes de déchets, qu’ils trient inlassablement pour revendre aux plus grands ce qui semble monnayable. On les appelle les mouches. Parmi eux, une petite bande, à laquelle appartient Lizzy. C’est elle qui nous raconte comment, un jour, l’un d’eux trouve un drôle d’objet dont on pense qu’il ne sert à rien (à l’image, on découvrira à la fin qu’il s’agit d’un livre). Les enfants, accompagnés de leur chef, partent pour Grand Bazar, la ville au-delà du
désert, afin d’en savoir plus et qui sait, d’en tirer un bon prix…

album

J’ai vu un magnifique oiseau (2020)

Widzialem pieknego dzieciola

Auteur: Michal Skibiński

Illustratrice: Ala Bankroft

Traductrice: Lydia Waleyszak

Editeur: Albin Michel jeunesse

Pages: 120

L’été de ses huit ans, Michal Skibiński écrit chaque jour une phrase dans son cahier pour améliorer son écriture du polonais. Les jours défilent au grès des promenades dans la nature, des rencontres à la pension de famille ou d’observation de chenilles. Le jeune garçon semble vivre un été agréable dont la seule ombre au table serait l’attente de sa maman. Rien ne nous prépare à la date du 1er septembre 1939 « La guerre a débuté. » qui vient ternir un paysage qui seuls les orages d’été avaient assombris jusque-là.

J’ai vu un magnifique oiseau décrit le basculement du monde dans la Seconde Guerre Mondiale au travers du regard innocent d’un enfant qui n’a pas encore conscience de l’horreur qui se met en place. Le 9 septembre 1939, le jour de la mort de son père, chef d’escadron de bombardement, il écrit « Les avions n’arrêtent pas de voler. » Ce n’est pas vraiment un témoignage, c’est le cahier d’un écolier qui atteste d’un temps où l’innocence a laissé la place à l’indescriptible horreur d’un monde qui vole en éclats.

Sublimés par les illustrations lumineuses d’Ala Bankroft, les mots de l’auteur sont touchants dans leur simplicité et l’ignorance des évènements historiques qui se jouent en arrière plan. L’illustratrice y peint une végétation luxuriante, des ciels bleus dans lesquels passent une montgolfière, des ciels orageux avant d’assombrir les couleurs pour montrer la guerre, la peur, la destruction…

J’ai vu un magnifique oiseau est un album percutant qui nous touche au plus profond de notre humanité. L’histoire de ce journal en fin d’ouvrage achève de nous bouleverser par son universalité.

A lire également, l’avis d’Isabelle et celui de Blandine.

Cette année-là, j’avais huit ans. Chaque jour, durant l’été, j’inscrivais une phrase dans un cahier. Une chose qui m’était arrivée. C’était mon devoir de vacances. La condition qui me permit de passer en classe supérieure. Ce cahier, je l’ai conservé jusqu’à aujourd’hui.

album

Mon amie la chenille (2021)

Auteure/Illustratrice: Marion Janin

Editeur: L’atelier du poisson soluble

Collection: Les belles histoires du poisson

Pages: 72

Une jeune fille nous présente sa singulière amie, une chenille. Au fil des pages, elle nous parle de sa fragilité, de sa douceur, de ce lien qui les unit avant de nous montrer comment son amie vit auprès d’elle sur une bibliothèque transformée en maison de poupée. Le temps passe et la chenille grandit, un désir de voir le monde se développe et la pousse toujours plus loin. Quand arrive le temps de la métamorphose, la jeune fille comprend que leur lien ne sera plus jamais le même car elle aussi a bien grandi, elle n’est plus une petite fille, elle a de nouvelles amies. Mais toujours restera ce lien entre elle et son amie la chenille.

Mon amie la chenille est un album poétique qui aborde le passage de l’enfance à l’adolescence en utilisant la métaphore. Le trait réaliste de Marion Janin enrichit le texte par sa beauté et le charme que chaque illustration dégage. La couleur s’invite peu à peu au fil des pages comme pour marquer le temps qui passe et les changements qui s’opèrent. Avec elle, les détails se multiplient et viennent végétaliser les pages qu’elles remplissent aussi de références littéraires. La lecture est un grand moment de plaisir, magnifié par le dessin qui fait de cet album un véritable petit bijou de douceur. L’amitié sincère qui unit les deux personnages et l’émotion pure qui filtre au travers des pages en ont fait un coup de .

L’histoire d’une relation saugrenue, tendre et sincère.
Évocation des difficultés et des plaisirs de l’amitié, du temps qui passe, avec ses changements inévitables et irréversibles, les transformations qu’il fait subir aux corps. Sous forme d’une métaphore, une métaphore qui n’impose pas complètement son sens, Marion Janin nous propose une évocation très sensible et très personnelle de l’entrée dans l’adolescence.