album·Service Presse

La berlue (2022)

Auteure/Illustratrice : Bérengère Mariller-Gobber

Editeur : Voce Verso

Collection : Album sans texte

Pages : 40

Aujourd’hui en librairie

Après une journée passée en classe, un enfant observe des choses surprenantes sur le trajet qui le ramène chez lui. Et cela ne s’arrête pas une fois la porte de la maison franchie. Depuis quand les oiseaux sont-ils accrochés aux arbres par une ficelle ? Et pourquoi papa promène-t-il un tapir dans le jardin ? Chaque double page surprend le lecteur et l’interroge sur la part de réalité et la part d’imaginaire mises en avant dans les illustrations qui débordent de tendresse par le choix des couleurs et les actions de l’enfant.

La berlue est un très bel album sans texte qui, au travers d’une paire de lunettes, aborde la notion de perspective et de point de vue. Ainsi, l’enfant ayant laissé ses lunettes sur le bureau de l’école ne perçoit plus la réalité et confronte le lecteur à la puissance du pouvoir de l’imagination. Il devient amusant de chercher à rapprocher l’absurdité de certaines scènes à la réalité plus prosaïque d’un monde que l’on connait tous. Pourtant c’est la poésie offerte par l’imaginaire qui charmera le lecteur de tout âge, apportant une touche d’humour bienvenue à un univers, certes rassurant, mais tellement plus convenu.

Bérengère Mariller-Gobber signe un titre tendre et drôle qui confère à la puissance de l’imaginaire une touche de fantaisie appréciable pour colorer le quotidien. D’une certaine manière, on pourrait dire que ce titre parle de différence par la biais du regard que chacun pose sur le monde qui l’entoure. C’est rafraichissant en plus d’être amusant.

Je remercie les éditions Voce Verso pour leur confiance et l’envoi de cet album qui a su charmer parents et enfants de notre famille.

Bizarre, vous avez dit bizarre ? En rentrant de l’école, un enfant n’en croit pas ses yeux. Les oiseaux semblent suspendus aux branches des arbres comme à un mobile et un monsieur a la tête de son chien. Mais ce n’est pas tout ! A la maison, une baleine prend son bain, son père promène un tapir dans le jardin et le chat détricote sa grand-mère. Des animaux en tout genre peuplent la chambre du petit garçon, son lit semble même abriter une jungle sauvage… Aurait-il la berlue ? La vie est plus drôle et plus poétique sans lunettes !

album·conte

Contes d’amour – Histoires du Monde Entier (2021)

Auteures : Caroline & Martine Laffon

Illustratrice : Aline Bureau

Editeur : La Martinière jeunesse

Pages : 56

Pour la Saint-Valentin, j’avais envie d’une lecture autour de l’amour et j’ai arrêté mon choix sur ce titre, publié aux éditions La Martinière Jeunesse, qui prend la forme d’un recueil de dix contes illustrés et rassemblés dans un album grand format aux couleurs éclatantes.

Caroline et Martine Laffon ont fait le choix de proposer des contes traditionnels qui s’inscrivent dans la culture du monde. Chaque texte est une histoire d’amour qui transcende le temps et l’espace pour venir jusqu’à nous. Ces contes amérindiens, japonais, comorien, chinois, libanais, lacandon, grec, tibétain et cheyenne sont à l’image des croyances et des traditions de ces peuples. Emprunt de magie, de poésie ou d’humour, chaque conte a son image propre mais chacun met en avant la valeur éternelle de l’amour, celui qui voit au-delà des apparences et dure plus que le temps d’une vie.

Les illustrations picturales d’Aline Bureau viennent sublimer le texte et lui donner vie. Ses personnages sont multiples et toujours à l’image de leur peuple. Ses paysages sont une invitation au voyage : des forêts de pin montagneuses de l’Amérique à la steppe aride tibétaine en passant par la luxuriante jungle amazonienne, le choix des couleurs nous rappellent combien la nature est magnifique où que l’on soit sur la planète.

Gabrielle et moi avons chacune notre préférence : pour elle c’est l’histoire d’amour interdit du Bouvier et de la Tisserande, alors que j’ai préféré la poésie du conte cheyenne dans lequel un coyote s’éprend d’une étoile. Contes d’amour – Histoires du monde entier est un très bel album à découvrir et partager en famille.

Ames sœurs, amis de cœur, amants passionnés ou contrariés… Avec ces histoires traditionnelles du monde entier, explore la richesse du sentiments amoureux. Dix histoires magnifiquement illustrées : La première histoire d’amour, L’amour des neiges, Mon serpent chéri, Le rendez-vous des amoureux, Le plus beau des cadeaux, La femme du jaguar, Un mariage bruyant, Les fruits de la passion, L’amour plus fort que la mort, Un coyote épris d’une étoile.

album

Le bibliobus (2021)

Moose’s Book Bus

Auteure/Illustratrice : Inga Moore

Traductrice : Aude Gwendoline

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Pastel

Pages : 56

J’apprécie depuis longtemps le charme désuet des albums d’Inga Moore, cette auteure anglo-australienne pour la jeunesse qui n’a pas son pareil pour raconter des histoires aux valeurs intemporelles. Ses personnages anthropomorphes ont ce mélange de réalisme et d’imaginaire qui séduisent par la beauté du trait et les relations qu’ils entretiennent dans une communauté qui tend vers celle des humains. Dans Le Bibliobus, on retrouve les mêmes animaux que dans La Maison dans les Bois, si ce n’est qu’ils n’ont pas d’autre identité que celui de leur espèce. On pourrait tout à fait penser que cette histoire en est une suite, écrite dix ans plus tard même si rien dans le texte ne le précise.

Elan et sa famille n’aiment rien tant que de se retrouver autour d’une histoire. Mais lorsqu’il a fait le tour de celles qu’il connait, Elan ne trouve personne pour lui prêter un livre ; il se rend alors à la ville pour en emprunter à la bibliothèque. Intéressés, ses voisins de la forêt viennent chaque soir l’écouter avec leurs familles. Bientôt, Elan se charge de créer un bibliobus qu’il remplit grâce à la bibliothèque de la ville afin de rendre accessible la lecture à tous les habitants de la forêt. Quand il apprend qu’aucun ne sait lire, il enseigne la lecture à sa voisine Ourse qui l’enseigne à Blairelle qui l’enseigne à son tour jusqu’à ce que, bientôt, tout le monde soit capable de lire et puisse venir emprunter des ouvrages dans le bibliobus.

Le Bibliobus est un bien bel album qui valorise la lecture et le partage. Car il ne fait aucune doute que le livre rassemble et, est fédérateur de liens familiaux et sociaux très forts. Si Inga Moore dédie cet album aux bibliothécaires, on peut cependant dire qu’il s’adresse à tous les lecteurs. Autour d’Elan, une véritable communauté de lecteurs vient se former, ramenant à une époque plus lointaine où les histoires se transmettaient à l’oral autour du feu. C’est d’ailleurs la transmission qui est mise en avant par l’apprentissage de la lecture qui devient ici un véritable échange entre les membres d’une même collectivité. A découvrir en famille et à voix haute !

Inga Moore sur le blog : La maison dans les bois, Le chapitaine et Le vent dans les Saules (illustré).

Quand Elan racontait une histoire, personne n’égalait ses talents de conteur. Un jour pourtant, il fut à court d’idées. Le lendemain, il décida donc d’aller en ville… à la bibliothèque.

album·anglais·Lecture à voix haute

How the Grinch Stole Christmas (2016)

Auteur : Dr. Seuss

Illustrateur : Dr. Seuss

Editeur : HarperCollins

Pages : 56

Au pays des Whos, il est un individu solitaire et grincheux qui vit seul dans une caverne au nord de la ville, le Grinch. Chaque année, l’approche de Noël rend les Whos heureux car tous les Whos aiment Noël. Le Grinch, lui, déteste Noël. Personne ne sait vraiment pourquoi mais il a vraiment du mal à supporter la période de l’Avent et encore plus les festivités qui vont avec. Aussi cette année, il a l’idée diabolique d’empêcher Noël d’arriver en volant aux Whos leur fête. Mais une fois son forfait accompli, le Grinch est surpris par la réaction de ses voisins.

Grand classique de la littérature enfantine américaine, How the Grinch Stole Christmas ! est né de l’imagination du Dr. Seuss, qui n’était absolument pas médecin puisqu’il travaillait comme caricaturiste pour la presse américaine. Il s’est cependant rendu célèbre en écrivant pour les enfants suite à la lecture d’un article sur l’analphabétisme qui concluait qu’ils n’apprenaient pas à lire car les livres étaient ennuyeux. En réduisant à 250 mots une liste de mots usuels indispensables, il écrit The Cat in the Hat qui sera suivi d’autres ouvrages du même acabit.

Ce qui surprend agréablement à la lecture du texte anglais est la forme rythmique du phrasé. En effet, bien que limité en mots, le récit est écrit en vers ce qui ajoute une touche humoristique et musicale à la poésie du texte. Par ailleurs, le trait caricatural du Dr. Seuss est conservé pour donner vie à des personnages qui ne manquent ni d’originalité ni de vie. Le Grinch, avec sa couleur verte et ses airs démoniaques, se révèle intelligent et drôle. Manipulateur, menteur, il surprend cependant par son opportunisme qui révèle un fond meilleur qu’il n’y parait. How the Grinch Stole Christmas ! est un album à découvrir pour sa forme langagière, son humour caustique et ses valeurs.

Every Who Down in Who-ville Liked Christmas a lot…

But the Grinch, Who lived just north of Who-ville, Did NOT !

album·roman jeunesse

Princesse Sara – Aventures d’une petite écolière anglaise, illustré (1888/2021)

Sara Crewe : or, What Happened at Miss Minchin’s

Auteure : Frances Hodgson Burnett

Illustratrice : Nathalie Novi

Traducteur : Georges Lamy

Editeur : Albin Michel

Pages : 96

Sara Crewe arrive à Londres après avoir grandie aux Indes. Son père, soucieux de son éducation, la place dans un Pensionnat aristocratique de jeunes demoiselles dont il a entendu dire beaucoup de bien. Avec ses manières élégantes et sa richesse, Sara devient le faire-valoir de la directrice, Miss Minchin. Mais lorsque le père de la fillette vient à mourir, la laissant orpheline et sans argent, le destin de l’enfant prend un tournant tragique. Sara devient domestique, pour ne pas dire esclave, et atterrit sous les toits, dans une mansarde insalubre et glacée. Seule et victime de toutes les privations, elle ne doit son salut qu’à la compagnie de sa poupée, Emily, et à son imagination qui lui permet de s’évader grâce au jeu « supposons que ».

Princesse Sara a marqué mon enfance par son adaptation pour la télévision par le studio japonais Nippon Animation, à qui l’on doit d’ailleurs un grand nombre d’adaptations de classiques de la littérature jeunesse. Par la suite j’avais également lu le roman de Frances Hodgson Burnett. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert sa sortie dans la collection des classiques illustrés, dirigée par Benjamin Lacombe aux éditions Albin Michel, par l’intermédiaire du blog Les Blablas de Tachan (sa critique). Plaisir d’autant plus grand que c’est Nathalie Novi qui est en charge de l’illustration et que j’aime tout particulièrement son travail.

Les illustrations couleurs et les crayonnés rappellent beaucoup son travail sur Jane Eyre (Tibert éditions) par la profondeur qui se dégage des personnages ainsi que par le jeu des couleurs et des perspectives. On retrouve également de nombreux motifs fleuris et animaliers comme dans l’ensemble de son œuvre, ainsi que quelques peintures sur carte géographique qui renforcent le sentiment d’immersion et l’encrage du récit. La couverture n’est pas en reste et donne le ton d’un récit poétique et désuet qui révèle la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre, en opposition à l’imagination et à l’innocence propres à l’enfance.

Comme nous l’apprenons dans la postface, le texte retenu pour cette édition illustrée est celui de la version initiale publiée en feuilleton dans le mensuel américain pour enfants St. Nicholas Magazine en 1888. Plus tranché, le texte se suffit de l’essentiel et se voit démunie de ce qui fait la richesse du roman, plus étoffé et enrichi de nombreux personnages secondaires, figures amicales qui apportent un peu de tendresse au quotidien de Sara. Dans cette première version, le lecteur se confronte, aux côtés de Sara, à la cruauté d’un monde dirigé par l’argent et la cupidité, un monde dans lequel des adultes laissent mourir les enfants qui ont eu le malheur de se retrouver orphelin.

Princesse Sara est un très beau récit servi par une plume dramatique et touchante qui dénonce le sort réservé aux plus pauvres tout en étant porteuse d’espoir. Sublimé par les illustrations d’une artiste qui place l’enfance au cœur de son œuvre, le texte de Frances Hodgson Burnett s’inscrit dans la pure tradition des classiques jeunesse du XIXè siècle. Il est ici valorisé par le format de l’édition qui en fait un objet-livre à avoir et à offrir.

Nathalie Novi sur le blog : A l’ombre de l’olivier (livre-cd), Jane Eyre (illustré) et Et si on redessinait le monde?

Sara a été élevée en Inde par son père, le capitaine anglais Ralph Crewe. A son septième anniversaire, elle est envoyée à Londres pour étudier dans le pensionnat de Miss Minchin. Fortunée, elle s’y retrouve favorite : mais tout bascule lorsque son père disparaît tragiquement – et sa richesse avec lui. Sara devient alors le souffre-douleur de la directrice, mais son imagination lui permet de s’évader en jouant à son jeu préféré, « Supposons que ». Et si, et si… et si Sara était une princesse ?

album·Lecture à voix haute·roman·roman jeunesse

Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur, illustré (2021)

Auteur : Maurice Leblanc

Illustrateur : Vincent Mallié

Editeur : Margot

Pages : 160

Arsène Lupin, personnage fictif créé par Maurice Leblanc, est un gentleman cambrioleur qui sait user de déguisements et d’identités multiples pour commettre ses délits, des vols d’objets choisis pour leur valeur et leur beauté artistique. Publié pour la première fois en 1907, Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur est un recueil de neuf nouvelles dont la première, L’Arrestation d’Arsène Lupin, fut publiée dans le journal Je sais tout en 1905. Le succès retentissant entraînera la publication des aventures suivantes et Maurice Leblanc n’aura de cesse de mettre son héros en valeur jusqu’à la fin de sa vie, en 1941.

Les différents récits de ce premier recueil se déroulent dans la France de la Belle Epoque, entre Paris et la Normandie. Arsène Lupin, avec ses manières charmeuses, ses airs enfantins et son humour caustique est populaire et fort apprécié de ses pairs. Il approche facilement ses victimes et sait se faire accepter comme leur ami, les bernant avec grande classe et en toute impunité. S’il opère en bande, il en est le maître à penser et l’architecte de tous ces coups qu’il monte avec précision. Formé aux arts martiaux et à d’autres sports très prisés de la bonne société, il a dans ses poches toutes les cartes pour être considéré comme un parfait gentleman. Et c’est cette classe qui le rend si fascinant pour le lecteur.

L’écriture de Maurice Leblanc est très immersive dès lors qu’il se livre à des descriptions de paysages ou autre lieu. La plume semble glisser sur le papier avec pour seule intention d’entraîner le lecteur à la suite de son héros. Si le style et la narration restent les mêmes d’une nouvelle à l’autre, on ne peut en dire autant de la qualité des scénarii qui ne captivent pas tous avec la même intensité. Mais chaque histoire apporte un petit quelque chose et joue avec le temps pour tenter de nous faire découvrir, un peu à chaque fois, une nouvelle facette de ce héros de la cambriole.

Le texte est ici mis en valeur par les illustrations de Vincent Mallié, qui s’approprie l’univers de l’auteur au travers d’un style un brin rétro, impression renforcée par la palette de couleurs. Le choix du format est toujours pertinent. Si les illustrations pleine page (ou double-page) subliment le texte, les petits crayonnés ou les petits dessins en couleurs n’en viennent pas moins dynamiser la mise en page et le récit. Leur rôle décoratif n’en est pas moins important à l’intrigue qu’ils représentent toujours des éléments essentiels à l’histoire. Enfin, il faut souligner la présence en bas de pages d’une petite animation mettant en scène un chat noir dont on prend plaisir à suivre les péripéties.

Je n’avais pas eu l’occasion de relire ne serait-ce qu’une nouvelle d’Arsène Lupin depuis le collège et, en avoir eu l’opportunité sous ce format illustré fut une expérience des plus savoureuses. Par ailleurs, après le succès des récits de Sherlock Holmes remporté auprès de Gabrielle, je savais que la lecture à voix haute de ce premier recueil serait l’occasion de lui faire découvrir un nouveau héros passionnant et de partager de bons moments de lectures. Par ailleurs, la rencontre entre Arsène Lupin et le célèbre détective londonien Herlock Sholmès fut un moment essentiel et laisse présager un bon premier roman pour la suite des aventures de ce Gentleman Cambrioleur.

Les éditions Margot sortent avec ce titre un très bel objet-livre qui rend véritablement hommage à Maurice Leblanc et à son illustre personnage. L’amatrice de roman illustré que je suis ne peut qu’espérer une adaptation des autres titres de la série dans ce même format.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire la critique de Tachan.

Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! Texte intégral, magnifiquement et richement illustré à l’aquarelle et à l’encre.

album·Fable

Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow (2021)

Auteur : Thibault Guichon

Illustrateur : Frédéric Pillot

Editeur : Little Urban

Collection : Albums grand format

Pages : 50

Au Bois de Burrow, les animaux mènent une vie mondaine à laquelle on ne participe pleinement que si l’on montre patte blanche. La Gazette Mondaine a vite fait de vous ridiculiser en dénonçant le moindre de vos petits travers ou vos secrets les mieux gardés.

Thibault Guichon utilise la fable animalière pour dénoncer les travers de notre société moderne, comme Jean de La Fontaine l’utilisait pour se moquer de ses contemporains. Cinq fables se suivent et s’articulent entre-elles par l’introduction du personnage qui sera le héros de l’histoire suivante. De sa plume poétique et caustique, l’auteur invite son lecteur à réfléchir à la surconsommation, aux médias qui n’hésitent pas à vilipender pour vendre – un extrait de la gazette du bois, placé en fin d’ouvrage, vient d’ailleurs appuyer ce propos -, à l’utilisation des réseaux sociaux ou encore à notre rapport à la mode et aux autres.

Album grand format, Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow rappelle par ailleurs les ouvrages illustrés de gravures du XIXe siècle. En effet, Frédéric Pillot illustre ces fables en noir et blanc de son trait si caractéristique, mignon et drôle à la fois. Le texte et les illustrations s’accordent parfaitement dans cette rondes d’animaux. L’ensemble est un très bel objet-livre que l’on prend autant de plaisir à lire qu’à regarder.

Approchez, approchez, nous allons vous conter les fabuleuses fables du Bois de Burrow. Ici, lapins, renards et sangliers jouent une vaste comédie devant vos yeux ébahis. Surconsommation, addiction aux réseaux et médias racoleurs, ces fables pointent les travers d’une société qui ne nous est pas totalement étrangère. Ensemble, frappons les trois coups. Ouvrons le rideau. Entrez dans les bois de Burrow !

album

La Sorcière Crabibi (2021)

Auteurs : Laurent et Olivier Souillé

Illustrateur : Frédéric Pillot

Editeur : Kaléidoscope

Pages : 32

Crabibi a tous les attributs de la parfaite sorcière : de la chaumière installée dans un marais puant à la pustule sur le bout de son nez en passant par son balai magique et un caractère épouvantable. Elle n’a qu’un objectif dans la vie, être sacrée Sorcière de l’Année lors d’un concours qui a lieu chaque année et a pour but de tester les pouvoirs et facultés magiques des concurrents. Bien sûr, le concours ne va pas se passer comme elle l’espérait mais Crabibi pourrait malgré tout y gagner quelque chose de bien plus important qu’un simple titre.

Octobre rime comme de toujours avec Halloween et les livres jeunesses sur les sorcières et autres fantômes fleurissent sur les étagères des librairies. C’est le trait si singulier de Frédéric Pillot qui m’a attiré sur cette superbe couverture aux couleurs de saisons. Dès les premières lignes, le texte des frères Souillé fait sourire et rapidement les rires se font entendre ; j’ai particulièrement aimé les petits jeux de mots autour de la peur. L’histoire n’est pas en reste et le caractère emportée de Crabibi est jouissif ainsi que ces tentatives ratées de montrer ses talents. On s’attend bien à ce que les choses tournent mal et il y a peu de surprises mais le message est clair et tend à montrer que le plus important dans l’existence n’est pas d’être le meilleur.

Le récit est sublimé par les illustrations de Frédéric Pillot, des illustrations pleines de détails sympathiques, des personnages expressifs aux visages si singuliers et de créatures étranges amusantes à observer. Le choix de couleurs apporte une ambiance automnale de circonstance et renforce le sentiment de chaleur qu’une rencontre imprévue peut apporter dans notre vie. La Sorcière Crabibi est un magnifique album, drôle et chaleureux à lire en famille au coin du feu.

Mesdames, messieurs, prenez place et ouvrez grands les yeux ! La sorcière Crabibi participe au célèbre concours du Sorcier de l’année ! Course de balais, sortilèges et potions magiques… c’est sûr, toutes ces épreuves vont en défriser plus d’un ! En sortira-t-elle victorieuse ? Alors à vos balais, chaudrons et baguettes, préparez-vous à en prendre plein les mirettes !

album

Ma pauvre Lucette (2021)

Auteure : Géraldine Collet

Illustratrice : Maurèen Poignonec

Editeur : Glénat

Collection : jeunesse

Pages : 32

Pas toujours facile la vie au poulailler. Le coq dirige les poules d’une main de maître, les envoyant pondre ou couver quand il l’exige, s’octroyant la meilleure place et s’appropriant l’essentiel de la nourriture. Si la majorité des poules s’emblent accepter ce comportement, Lucette ne l’entend pas de la même oreille. Quand le renard surgit et met en danger le poulailler, le plus fort n’est pas forcément celui que l’on croyait…

Il faut bien admettre que Lucette m’a complètement séduite avec sa mine boudeuse et déterminée. Dès la couverture, on sent que la « pauvre Lucette » n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et qu’elle va savoir nous surprendre. Bien incapable de supporter plus longtemps les airs supérieurs du coq de la bassecour, la poulette entend bien prouver qu’elle a autant de valeur, si ce n’est plus, que lui.

Le texte de Géraldine Collet joue sur les rîmes et les jeux de mots pour nous faire rire pendant que les illustrations de Maurèen Poignonec jouent sur les expressions faciales pour amuser le petit lecteur dès 3 ans. Si la portée féministe lui échappera peut-être, le texte sera propice à échanger sur les relations filles/garçons et à faire taire les stéréotypes de genre.

Ma pauvre Lucette est un album féministe drôle et frais à lire pour éduquer à l’égalité des sexes.

Au poulailler, c’est toujours la même rengaine : le coq parade, se moque des poulettes et ne leur laisse que des miettes. Lucette, lassée, soupire et se bouche les oreilles. Jusqu’au jour où le renard sort de la forêt et sourit en se léchant les babines

album·Documentaires /Livres jeux

La Grande Barrière de Corail (2019/2021)

The Great Barrier Reef

Auteure : Helen Scales

Illustratrice : Lisk Feng

Traductrice : Bérengère Viennot

Editeur : Gallimard jeunesse

Pages : 88

Considérée comme l’un des écosystèmes naturels les plus riches et les plus complexes de la planète, l’un des plus importants pour la conservation de la biodiversité, la Grande barrière de corail est le plus grand système corallien au monde. Unique, elle abrite une immense variété de plantes et d’animaux marins. De son apparition il y a environ dix mille ans, à aujourd’hui, Helen Scales nous présente cette merveille naturelle du monde.

Biologiste marine, Helen Scales a appris à connaître la Grande barrière de corail alors qu’elle y travaillait en tant que guide de plongée. Elle est aussi active dans la conservation de la vie marine britannique. Forte de son expérience, elle signe un album documentaire qui livre tous les secrets du récif. Divisé en cinq parties + un glossaire, cet album introduit le récif avant de nous présenter ses habitants et ses voisins qui peuplent l’océan avant d’en venir à l’homme : les premiers habitants avec leurs contes et légendes, l’arrivée des colons, l’art des récifs ; pour finir sur une note plus écologique : du réchauffement climatique au problème du plastique en passant par les actions à mener pour préserver cet écosystème.

Superbement illustré par Lisk Feng, La Grande barrière de corail est un superbe album qui invite au voyage par la découverte d’un écosystème entier. Un voyage qui livre moults informations et petits détails anodins mais tellement divertissants. Avec ses couleurs chatoyantes et son texte de vulgarisation scientifique, la plongée dans le récif se veut immersive. J’ai aimé le ton du texte qui informe et prévient des risques sans juger mais en encourageant chacun à devenir acteur de la sauvegarde de la biodiversité.

Née d’une terre à la dérive peu à peu engloutie par les vagues, la Grande barrière de corail aux eaux turquoise est l’un des sites naturels les plus riches et les plus beaux de notre planète. Aujourd’hui menacé par le changement climatique, la surpêche et les mers de plastique, cet écosystème unique au monde risque de disparaître. Quoi de mieux pour commencer à la protéger, que d’apprendre à la connaître?