album

Le Roi des Singes – Le Secret des Immortels

Auteure: Emmanuelle Lê

Illustratrice: Gabrielle Berger

Editeur: Aleph

Collection: Grand Album

Pages: 48

En décembre dernier, j’ai présenté plusieurs albums des éditions Aleph (ici, ici et ici), une maison d’éditions récente spécialisée dans la réécriture des mythes, des contes et légendes du monde entier. Une ouverture sur le monde et une invitation au voyage fort apprécié par notre famille.

Avec Le Roi des Singes, Emmanuelle Lê nous emmène en Chine sur les traces de Wukong, le mystérieux singe aux mains de pierre. Né d’un œuf de pierre couvée par une montagne fécondée par le Soleil, Wukong part en quête de son identité avant de chercher à lever le voile qui entoure les secrets de l’immortalité.

Une fois de plus c’est un récit captivant et magnifiquement mis en images par Gabrielle Berger que nous proposent les Editions Aleph. Inspiré de La Pérégrination vers l’Ouest, écrit à la fin du XVIè siècle par Wu Cheng En, Le Roi des Singes narre les aventures de cet adorable et facétieux petit singe à hauteur d’enfants. Le texte est exigeant et ne conviendra pas aux jeunes enfants en lecture seule. Mais comme tout les légendes, l’oralisation est l’un des meilleurs moyens d’aborder ce récit qui permettra un temps de partage de qualité. Les illustrations pleine page subliment le texte de part un trait élégant et des couleurs chatoyantes. Le choix des couleurs vives donnent vit aux paysages – la forêt luxuriante donne vraiment envie d’aller s’y promener – et aux personnages. L’ensemble est un album absolument magnifique!

Qui aurait pu imaginer que d’un œuf naîtrait le roi le plus surprenant que l’Asie ait connu? Et pourtant, c’est bien de ce mystérieux œuf de pierre que jaillit un héros légendaire, aussi espiègle que téméraire…

album·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Peter Pan

  Peter Pan and Wendy

Auteur: James Matthew Barrie

Traducteur: Michel Laporte

Illustrateur: Régis Lejonc

Editeur: Gautier – Languereau

Je ne connaissais de Peter Pan que quelques adaptations cinématographiques de qualité divers. L’occasion d’en lire le roman ne s’était jamais présentée et ce n’est que récemment, dans un besoin de lire des classiques, que je me suis procurée cette superbe édition illustrée. Après Pinocchio, la lecture à voix haute de Peter Pan fut un nouveau moment de partage, d’échanges et de comparaisons avec l’adaptation des studios Disney.

Dès les premières pages, Peter nous est présenté comme un garçon égoïste, prétentieux et sans cœur . Avec son amie Clochette, jalouse comme un pou, ils enlèvent Wendy, John et Michael et les emmènent au Pays Imaginaire.

« La seconde à droite […] et puis tout droit jusqu’au matin. »

Wendy est certainement charmante mais elle est aussi extrêmement naïve. Son amour pour Peter la pousse à le suivre. Elle se laisse complètement manipuler par le jeune héros qui veut bien jouer à être le père de famille à ses côtés mais qui lui rappelle cependant qu’il préfère qu’elle soit sa maman, comme pour les garçons perdus. Pendant que les garçons jouent, s’amusent et vivent des aventures palpitantes, Wendy reste à la maison. En tant que « mère » elle se doit de tenir le logis, nourrir ses enfants et raccommoder leurs vêtements troués. On comprend qu’elle soit la seule à se souvenir de ses parents, de sa mère surtout qui, elle en est certaine, laisse la fenêtre ouverte en attendant son retour.

« […] il pouvait se passer une semaine entière sans qu’elle sorte au grand air, sauf, peut-être, avec une chaussette à repriser à la main. »

Et que serait Peter sans le Capitaine Crochet? Un pirate sanguinaire qui nous apparaît pourtant bien plus humain que les enfants, notamment quand ses faiblesses sont révélées par l’apparition du crocodile.

James Matthew Barrie signe un roman sur l’enfance, ses rêves et son imaginaire tout en brossant un portrait idéale de la mère de famille, la fameuse « mère parfaite ». Un roman aux valeurs complètement désuètes donc mais qui pourtant a su nous plaire et nous faire rire. Car l’auteur a su y retranscrire avec beaucoup de réalisme l’imaginaire de l’enfance, ses jeux mais aussi ses peurs, la peur de grandir notamment mais aussi la peur de mourir. Régis Lejonc illustre avec brio les personnages et quelques scènes choisies, ses dessins sont de véritables oeuvres d’art. Il explique, dans une double page placée en fin de volume, quels défis et quels choix se sont posés à lui pour illustrer une histoire aussi célèbre que celle de Peter et Wendy. C’est d’autant plus intéressant qu’à la lecture on constate que son interprétation s’éloigne de la vision qu’en avaient les studios Disney et s’imprègnent complètement de l’histoire de Barrie et de l’époque à laquelle elle fut écrite, il y a plus d’un siècle.

Peter Pan est un petit garçon qui refuse de grandir. Un jour, il rend visite à Wendy dans le coeur de Londres et la convainc de venir, avec ses frères, dans le pays imaginaire. C’est là-bas que vivent les enfants perdus, la fée clochette et le redoutable Capitaine Crochet, l’ennemi juré de Peter ! Tous ensemble, ils vont vivre des aventures extraordinaires !

album

Armstrong, l’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune

Armstrong – Die abenteuerliche Reise einer Maus zom Mond

Auteur/ Illustrateur: Torben Kuhlmann

Traductrice: Anne-Judith Descombey

Editeur: NordSud

Pages: 124

Armstrong est le récit du parcours d’une petite souris fascinée par la Lune qui va mettre toute son énergie dans ses recherches et expérimentations pour être la première souris à y poser la patte.

L’histoire prend place dans l’Amérique des années cinquante dont l’ambiance est magnifiquement mise en images par le trait rigoureux de Thorben Khulmann qui nous transporte littéralement dans le passé. Ses illustrations sont d’une précision incroyable tant au niveau des décors que des personnages animaux et humains et subliment un texte didactique qui fait écho à la recherche aérospatiale et à la conquête spatiale humaine. Les informations sont apportées avec clarté et suffisamment de simplicité pour les rendre accessibles à tous. Armstrong est une invitation à l’aventure, un album intelligent et mignon à la fois.

L’album est enrichi d’un dossier de l’histoire de l’astronautique qui permet d’attiser notre curiosité et notre esprit d’aventure.

Juliette et Gabrielle n’auront pas attendu que je leur en fasse la lecture à voix haute, elles se sont appropriées l’album dès qu’elles en ont vu les premières pages. Complètement séduites par le réalisme des dessins, la mignonnerie de la petite souris, elles ont lu et relu l’histoire d’Armstrong qui leur a permis de découvrir des engins spatiaux qu’elles ne connaissaient pas et de se poser tout un tas de questions: « et il y a vraiment un morceau qui se détache du module? », « l’homme a vraiment utilisé ce genre d’engin? », « Ca vole vraiment? »…

Il y a bien des années, une petite souris apprit à voler et traversa l’Atlantique. Mais qu’arriva-t-il ensuite…? Une fabuleuse et fascinante expédition sur la Lune.

album

Inis Fáil – Le Peuple de Dana

Auteur: Michaël Lê

Illustratrice: Hélène Let

Editeur: Aleph

Collection: Grand Album

Pages: 48

 

Après Idunn et Gromislav, mes filles avaient très envie de poursuivre la découverte des albums des éditions Aleph. Leur choix s’est porté sur Inis Fáil pour un voyage en Irlande, en plein cœur de la mythologie celtique. Et une fois de plus la découverte est enchanteresse.

Le texte poétique de Michaël Lê est fait pour être lu à voix haute, l’auteur narre l’histoire comme un barde le ferait, accompagné de sa harpe celtique. Les illustrations pleines pages d’Hélène Let viennent sublimer le texte et la lecture par un trait précis, des couleurs froides en harmonie avec l’île verte et des détails qui les rendent presque vivantes, palpables. La lecture permet de découvrir un mythe oublié/inconnu et de se rendre compte que dans toutes les mythologies, il faut au moins un homme bon pour vaincre un tyran et permettre au peuple et au pays de se développer.

Nous avons déjà choisi le prochain titre qui rejoindra notre collection, mais je ne vous en dis pas plus 😉 ce sera pour l’année prochaine.

J’ai vu tant de choses que vous ne pourriez pas croire, et dont j’ai gravé le souvenir dans ma mémoire, de peur qu’elles ne se perdent dans l’oubli. J’ai vu la nuit et le jour, des éclairs déchirant le ciel, les ruines d’une monde englouti par des eaux torrentielles. J’ai vu des vaisseaux énigmatiques et colossaux, pourchassés par une lointine malédiction. J’ai entendu les forêts chanter la venue d’un Haut Roi et les montagnes pleurer la disparition d’un autre. Et tous ces instants d’éternité où les héros de jadis sont devenus des légendes…

album·masse critique

Gromislav – Le Géant qui couvait la Terre

Auteure: Carole Trébor

Illustrateur: Tristan Gion

Editeur: Aleph

Collection: Grand Album

Pages: 48

 

Gromislav est un gentil géant qui vit parmi ses pairs sur l’île de Bouïane auprès des dieux. Il n’aime rien tant que rêver, la nature et toutes les créatures que les dieux ont créé, avec une préférence pour les oiseaux avec qui il aimerait pouvoir voler. Les Assilki sont un peuple barbare et destructeur dont les colères ont finit par lasser Rod, dieu parmi les dieux, créateur de l’Univers, qui décide d’utiliser la création de son fils Svarog pour les exiler: La Terre sera leur terre d’accueil. Si cela convient parfaitement à Gromislav qui trouve la nature accueillante et la vie confortable, ses frères ne voient pas cela d’un bon œil et décident de se venger des dieux en se liant à un diable, Sivyï. S’en suit de terribles événements qui viennent expliquer les différentes étapes de la création de notre planète et l’apparition de la vie sur Terre.

Gromislav est un récit cosmogonique, un récit de la création, mais c’est aussi et surtout une fable écologique très actuelle. En effet, si l’on retrouve les différentes étapes de la naissance de notre monde de façon très imagée, le personnage de Gromsilav est un gentil géant qui veut protéger la terre et les animaux qu’il aime tant et ce, quel que soit le prix à payer pour y parvenir. S’il a tout de l’anti-héros, il n’en reste pas moins attachant et ne manque pas d’attiser la sympathie et d’éveiller les esprits à la protection de la planète.

Les éditions Aleph nous entraînent cette fois-ci à la découverte de la mythologie slave et c’est un véritable bonheur que de suivre les aventures de ces dieux et créatures mythologiques inconnus. Les illustrations de Tristan Gion sont absolument merveilleuses et viennent sublimer le texte de Carole Trébor par les couleurs chaudes et tout un tas de petits détails que l’on prend plaisir à découvrir. L’éditeur recommande cet album pour les plus de 7 ans et je suis d’avis que c’est une indication à suivre car certaines des illustrations pourraient effrayer les plus jeunes et le texte peut être plus difficile à comprendre en deçà de cet âge.

Je remercie chaleureusement les Editions Aleph et Babelio pour cette offre de Masse Critique.

Il est là, sous nos pieds, le géant assoupi, sous l’humus de nos forêts, le bitume de nos villes, sous les plages et les champs, les plaines et les vallées, sous les fleuves et les mers. Sentez-vous son souffle dans le vent de l’hiver? Avez-vous aperçu son reflet entre les nénuphars d’un étang? Vous le connaîtrez, un jour ou l’autre, si vous êtes attentifs au vent qui frôle la lumière, aux paroles des arbres et à la danse des vagues.

album·masse critique

Idunn

Auteure: Anne-Claire Bondon

Illustrateur: Tristan Gion

Editeur: Aleph

Collection:  Grand Album

Pages: 48

Alors qu’ils partent chasser en forêt, Odin, Loki et Hœnir quittent les terres d’Asgard et se perdent sur les terres des Géants, Jötunheim. Piégés par le géant Thjazi, les trois dieux ne doivent leur salut qu’à la ruse de Loki qui promet en secret de livrer la déesse Idunn et ses fruits merveilleux qui donnent le jeunesse éternelle. Ainsi privés des fruits d’Idunn, les dieux vieillissent et croient arrivé le jour du Ragnarök. S’en suit un conseil qui détermine la culpabilité de Loki et le désigne pour le sauvetage de la déesse enlevée…

Idunn est un album magnifique qui dépoussière le mythe nordique de la déesse de l’éternelle jeunesse Asyne. Sur un texte drôle et dynamique d’Anne-Claire Bondon et les illustrations originales aux couleurs chaudes de Tristan Gion, Idunn est un album résolument moderne qui dénote d’un travail de passionnés. Les éditions Aleph sont toutes jeunes et proposent un catalogue original et riche en découvertes, spécialisés dans la réécriture de mythes, contes et légendes du monde. Mes filles et moi-même découvrons cette maison d’éditions avec ce titre poétique et déjà nous savons que nous ne nous arrêterons pas là. Aleph s’inscrit dans la catégorie des maisons d’éditions sur lesquelles on peut compter quand on cherche la qualité, tant en terme graphique que littéraire.

Je remercie les Editions Aleph et Babelio pour ce voyage onirique.

Il y a fort longtemps dans les neuf royaumes du grand Nord scandinave, les dieux Odin, Loki et Hoenir partirent chasser loin des murailles d’Asgard, leur forteresse céleste. Égarés sans le savoir aux confins des vallées glacées de Jötunheim, le royaume des Géants, les trois dieux se retrouvent en proie au maléfique Thjazi, métamorphosé en aigle. Le Géant force alors Loki à une sombre promesse en échange de la vie : Loki consent à livrer aux Géants Idunn, la déesse de la jeunesse éternelle ! Comment les dieux vont-ils pouvoir sauver Idunn ?

album·Lecture à voix haute

Le Train Fantôme

 

Auteur: Didier Lévy

Illustrateur: Pierre Vaquez

Editeur: Sarbacane

Pages: 40

A l’approche de la Fête des Morts, j’avais envie d’une lecture effrayante et mon choix c’est porté sur cet album de Didier Lévy dont la couverture, en plus d’être magnifique, me semblait parfaitement dans le ton recherché. Mais Le Train Fantôme va bien plus loin et se révèle être une histoire d’amour porteuse d’espoir.

Lorsque Jonas quitte la maison et ne revient pas, Lina, sa jeune sœur, part à sa recherche dans une fête foraine abandonnée où elle sait qu’il traîne souvent. En pénétrant dans le train fantôme, elle est loin de se douter qu’il va se mettre en route et l’emmener dans une aventure remplie de monstres qui la conduit au royaume des morts.

Si l’histoire paraît au premier abord assez simple, on perçoit rapidement une ambiance assez sombre et des thématiques difficiles. Entre les rapports conflictuels adultes/ado, la fugue et le voyage au pays des morts, on perçoit la détresse de deux enfants et le désir de mort d’un adolescent mal dans sa peau. Il faudra toute la tendresse d’une enfant aimante et une main tendue pour empêcher un passage à l’acte radical.

Pourtant le texte se veut tout en retenu, presque poétique, et ne laisse qu’entrevoir le désespoir de Jonas. C’est Lina qui porte le récit avec espoir et optimisme. Les illustrations de Pierre Vaquez, très sombres, viennent sublimer l’histoire et mettre en avant tout le dramatique de la situation. C’est un gros coup de cœur!

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Jonas, le grand frère chéri de Lina, a disparu… Du haut de ses 8 ans, la fillette courageuse part à sa recherche… et ce ne sont pas quelques monstres et squelettes qui vont l’arrêter!