album

Edison – La fascinante plongée d’une souris au fond de l’océan (2018)

Edison – Das Rätsel des verschollenen Mauseschatzes

 

Auteur: Torben Kuhlmann

Illustrateur: Torben Kuhlmann

Editeur: NordSud

Pages: 112

Nous continuons notre découverte des albums de Torben Kuhlmann après le succès de Armstrong, l’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune et Lindgberh, la fabuleuse aventure d’une souris volante.

Cette fois-ci, l’histoire nous entraîne en plein cœur de l’océan Atlantique à la recherche d’une épave enfermant un trésor. Cela permet à l’auteur de déployer son talent d’illustateur sur la faune aquatique et sur les détails d’un navire échoué dans les fonds marins. Et le lecteur en prend plein les yeux entre les bans de poissons, le passage d’une baleine ou une attaque de crabes. C’est étourdissant de réalisme!

Comme pour les autres titres de sa série sur les souris, Torben Kuhlmann mêle l’aventure à la découverte scientifique et met ainsi à porter de tous un évènement important de l’Histoire de l’homme. Cette fois-ci, il est question de l’électricité mais également d’étanchéité et d’immersion en eau profonde et c’est vraiment intéressant. Nous avons aussi apprécié retrouver une souris rencontrée dans une autre album, un clin d’oeil bienvenu qui crée un lien supplémentaire entre les différentes histoires.

Enfin, toujours fort apprécié, le petit livret d’informations scientifiques et historiques en fin de volume est un plus non négligeable qui renforce l’apport culturel de l’album.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Peter, le souriceau, construit avec l’aide de son professeur un engin capable de plonger dans les profondeurs marines. Ils feront ainsi une découverte étonnante et « lumineuse ».

essai·masse critique·roman

L’Evangile des Anguilles (2019)

Ålevangeliet

 

Auteur: Patrik Svensson

Traductrice: Anna Gibson

Editeur: Seuil

Pages: 280

 

Intriguée par ce titre proposé dans le cadre d’une masse critique, je me suis laissée séduire par la quatrième de couverture. Je m’attendais à un roman dans la même ligne que Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean mais il n’en est rien.

Entre essai et roman biographique, Patrik Svensson réussit le pari fou de nous faire adhérer à son ouvrage, que l’on soit ou non intéressés par les anguilles. Le récit alterne les chapitres sur l’anguille d’un point de vie scientifique, historique, culturel et les chapitres plus personnels dans lesquels l’auteur se remémore sa découverte de l’animal et surtout de l’art de la pêcher en compagnie de son père. Mais ce roman est aussi un voyage en Scanie, cette province suédoise dans laquelle l’auteur a grandi et nous en décrit certains paysages avec un regard sincère sur la beauté qui s’anime devant ses yeux.

Je dois dire qu’aussi intéressants que soient les chapitres sur l’anguille, ce sont ceux sur l’enfance de Svensson qui m’ont le plus séduite. L’émotion palpable, l’amour d’un fils pour un père parti trop tôt nous font ressentir la douleur et la difficulté à faire son deuil. Il n’en reste que j’ai trouvé cette fascination pour l’anguille vraiment intéressante, d’autant plus que le deuil semble se faire au travers de cet écrit; qu’on nous parle de ses origines, de sa reproduction  ou encore de sa disparition probable, en passant par la meilleure façon de la cuisiner, les mystères qui entourent ce poisson sont multiples et l’étude ou les recherches menées pour en résoudre au moins certains sont passionnantes à lire. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce titre remporte un tel succès à travers le monde.

Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour cette découverte originale.

C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension. Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore, « la question de l’anguille » demeure en grande partie irrésolue.

album·Prix littéraire

Zarbi Enfant Zèbre (2018)

Auteure: Suzanne Galéa

Illustratrice: Floriane Ricard

Editeur:  Rue de l’échiquier jeunesse

Pages: 40

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 6-8 ans.

Zarbi est une enfant différente, elle a des difficultés à faire des choses simples pour les autres. Elle se pose des tas de questions en même temps, des questions parfois farfelues, souvent complexes, toujours importantes… à ses yeux. Solitaire, elle se sent incomprise mais pourtant soutenue. Ses parents, son enseignante, s’interrogent et cherchent des solutions à son mal être.

Zarbi Enfant Zèbre est un album sensible qui met en avant les particularités des enfants « zèbres », des enfants à haut potentiel intellectuel, et les questionnements et souffrances que cette différence peut engendrer. L’auteure réussit à nous faire ressentir la singularité de ces enfants dont la pensée en arborescence entraîne un questionnement sans limites et une hypersensibilité à soi et aux autres, qui leur permet de percevoir leur différence sans vraiment la comprendre, de sentir la détresse des adultes qui les entourent notamment, en première ligne, les parents. J’ai moins apprécié le graphisme même si je dois dire que le trait renforce l’aspect différent et bizarre.

Gabrielle et moi-même avons aimé cette histoire et la sensibilité des explications données avec beaucoup de justesse. Elle a fait écho à son parcours et ses émotions mais elle a désormais assez de recul pour s’en détacher et sourire à des situations qu’elle a reconnu comme étant du vécu. Je reste cependant peu convaincu que l’album attire un public large.

A lire, l’avis d’Isabelle.

Zarbi n’est pas tout à fait comme tout le monde. Beaucoup de choses simples pour les autres sont compliquées pour elle. Et les questions se bousculent sans arrêt dans sa tête à propos de tout et de rien. Mais pourquoi se sent-elle si différente?

album·poésie

Et si on redessinait le monde? (2013)

Auteur: Daniel Picouly

Illustratrice: Nathalie Novi

Editeur: Rue du Monde

Collection: Vaste monde !

Pages: 28

Recueil de poésies, Et si on redessinait le monde ? est un album très grand format qui invite à la création et à l’introspection, invitant le lecteur à repenser les limites de notre monde. Limites géographiques et culturelles mais également humaines, les textes de Daniel Picouly interrogent sur les inégalités de notre monde et encouragent le jeune lecteur à penser demain en gommant les imperfections. Comme s’il lançait une invitation, l’auteur se met à hauteur d’enfant pour imaginer un futur dans lequel personne n’aurait faim ou ne vivrait dans la guerre; mais il amène également une réflexion plus écologique, imaginant un monde dans lequel l’Homme, à l’image des autres espèces animales, vivrait en accord avec la nature.

Nathalie Novi vient magnifier la poésie de Picouly par de superbes peintures réalisées sur des atlas anciens apportant un côté vintage très appréciable et renforçant l’encrage de ses personnages dans un monde qui leur est propre avec ses références culturelles. C’est absolument magnifique! Son travail est immersif et nous emmène dans un véritable voyage autour du monde. 

Pour aller plus loin, je vous renvoie au site de l’illustratrice : Les voyages de Nathalie Novi : peinture sur Atlas du monde.

Je vous invite à lire l’avis de Pépita ICI.

« Moi, si je redessinais le monde, je le ferais s’éclore comme un livre… » Et toi, comment le dessineras-tu? Comment t’y prendras-tu pour gommer la faim, repeindre la haine ou crayonner de belles histoires d’amour entre l’air, les plantes ou tous les humains de la planète?

abonnement·album

Les îles – Le pays des Chintiens (2019)

Auteure/ Illustratrice: Anne Brouillard

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Pastel

Pages: 80

MaxiMax – Novembre 2020

 

Il y a déjà plus de deux ans que je découvrais La Grande Forêt d’Anne Brouillard, premier volume de la série Le Pays des Chintiens. Et c’est avec un grand plaisir que j’ai embarqué à bord d’un bateau de croisière avec Killiok le chien noir et ses amis. Alors que le voyage s’annonce des plus agréables, les amis découvrent que d’anciennes connaissances se sont glissées parmi les passagers. Si les Bébés Mousses se contentent d’accaparer l’attention du groupe, les Nuisibles entendent bien créer quelques problèmes.

Anne Brouillard nous entraîne à la découverte de nouveaux paysages de cet univers qu’elle a créé avec notamment une ballade sous-marine dans le Pays Noyé et une excursion en ville dans le Pays Comici. L’imagination de l’auteure semble sans limite et c’est un véritable émerveillement pour le lecteur qui en prend plein les yeux à chaque page.

Une fois de plus Anne Brouillard enchante par la beauté de ses illustrations et notamment des paysages. On apprécie le format album qui alterne les illustrations double pages avec des planches de bandes dessinées ou des illustrations enchâssées. J’ai aussi aimé le clin d’oeil fait à notre monde au travers des habitants du pays Comici, dans lequel les animaux se déplacent à quatre pattes et où l’argent est indispensable pour se nourrir à la surprise des héros habitués à un mode de vie basé sur le partage et les dons de la Nature.

Après une aventure à travers la Grande Forêt, Killiok et ses amis embarquent à bord d’un bateau de croisière pour assister au spectacle de Vari Tchésou, le magicien rouge. Bien vite, ils découvrent que les Nuisibles se sont mêlés aux passagers et que des bébés Mousse se sont introduits clandestinement.
Ce voyage ne sera donc pas de tout repos et les conduira dans les abysses du Pays Noyé et sur le sol du Pays Comici. De l’eau à la ville, ils exploreront une Atlantide habitée et ils découvriront le quotidien des citadins du Comici qui paient pour manger et où les chiens marchent à quatre pattes, au grand étonnement de Killiok.

BD/manga·Prix littéraire

La BD qui t’aide à avoir confiance en toi (2019)

 

Auteure: Géraldine Dindi

Illustratrice: Adrienne Barman

Editeur:  Casterman

Pages: 60

 

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 9-12 ans.

Après une explication de ce qu’est la confiance en soi, la BD s’engage à donner des pistes intéressantes pour travailler sur soi et tirer avantage de sa personnalité pour avoir confiance en soi, car même nos défauts peuvent être interpréter positivement. On appréciera également la mise en avant de conseils pour avoir confiance en soi tout en évitant les pièges que peuvent être la comparaison aux autres ou encore le repli sur soi.

Cependant, j’avoue n’avoir pas vraiment accroché au format BD ni au style graphique, et même si le contenu m’a semblé pertinent, je ne suis pas convaincue que cela aide réellement. A la lecture des pages, j’avais l’impression que la timidité était minimisée et détournée au profit de cette fameuse confiance. Mais cela reste une interprétation personnelle et je suis peut-être passée à côté du véritable message. Mes deux filles, qui trouvaient le titre accrocheur, se sont précipitées sur cette lecture qui ne les a pourtant pas convaincues non plus.

***

Ce qui est sûr, c’est que c’est HYPER IMPORTANT d’avoir confiance en soi! C’est ce qui te permet de te sentir bien avec toi-même et avec les autres. Ce qui changera ta vie pour toujours! Mais comment y arriver?

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

Augustine (2020)

Auteure: Juliette Paquereau

Illustratrice: Junko Nakamura

Editeur: l’école des loisirs

Collection: médium

Pages: 69

 

Pour finir l’année comme nous l’avons vécue, un livre à la main, Gabrielle et moi nous sommes installées avec ce petit roman, lu paisiblement ensemble, à voix haute, en mode digestion et partage d’une petite lecture. Le papa, les yeux rivés sur son jeu vidéo, a largement profité de la lecture qui l’a amusé tout en le questionnant sur le rôle de l’école dans la construction de cette jeune fille.

Car Augustine, douze ans, souffre d’un trouble plus grand que celui de la page blanche. Alors qu’elle se demande si elle ne serait atteinte d’une sorte de maladie, elle chemine petit à petit entre le collège et le cours de piano, jamais complètement investie, jamais vraiment satisfaite mais des mots plein la tête. Pourtant son grand-père lui a dit qu’elle deviendrait quelqu’un. Entre manque de confiance en soi et réflexion sur son identité, Augustine rencontre une traductrice de livre venue présenter son métier à la classe ; une rencontre qui soulève la question pertinente de la capacité de chacun à réaliser des choses selon une réalité personnelle et non selon les attentes des autres.

Juliette Paquereau signe un premier roman touchant qui, en toile de fond, semble remettre en question un système de notation  scolaire qui peut engendrer une quête de perfection nuisible au développement personnel. Son écriture se veut poétique de part un phrasé en rimes qui donne une grande musicalité au texte et renforce l’attachement du lecteur à l’héroïne. On retrouve la chanteuse dans l’auteure, la musique dans l’écriture à la lecture de ce court roman porté par une héroïne musicienne et dont les chapitres semblent rythmés comme une partition. Les illustrations de Junko Nakamura renforcent la poésie du texte et l’incapacité d’Augustine à se pauser intellectuellement de part une technique aux crayons de couleurs qui rappelle les dessins des enfants. C’est un coup de ❤ !

***

L’avis de Gaby

J’ai beaucoup aimé Augustine car il y a de la poésie, les illustrations sont jolies et l’auteure fait passer un message intéressant à la fin de l’histoire.

***

Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n’aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d’avoir douze ans et demi (ce qui n’est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l’enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l’aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c’est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c’est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d’une sorte de maladie.

album·conte/nouvelle/biographie

Un chant de Noël (1843)

A Christmas Carol

Auteur: Charles Dickens

Illustrateur: Roberto Innocenti

Traducteur: 

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 152

Grand classique de la littérature britannique, Un Chant de Noël est un conte écrit et publié pour la première fois en 1843. Probablement l’une de ses oeuvres les plus connues, celle qui a été la plus adaptée pour le cinéma, le théâtre ou encore les ballets, ce conte est encré dans la culture traditionnelle des célébrations de Noël.

Divisée en cinq couplets (chapitres), l’histoire est celle d’Ebenezer Scrooge, un homme froid, égoïste et détestable. Indifférent à ceux qui l’entourent, il ne connait son commis, Bob Cratchit que comme un homme qui travaille pour lui et à qui il verse un salaire. La veille de Noël, une apparition fantomatique lui apparait et lui annonce qu’il va recevoir la visite de trois fantômes. Ces esprits, représentant les Noëls Passés, Présent et Futurs, entrainent Scrooge dans l’observation de ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il sera. Véritable chemin de rédemption pour Scrooge, ces voyages dans le temps le pousse à regarder sa vie en face et à analyser son comportement. Pour le lecteur cela permet une meilleur compréhension du le personnage et pose la question des valeurs de Noël.  Loin de la folie consumériste de notre société moderne, le texte met en avant des valeurs humanistes qui font des fêtes de fin d’année un moment pour exprimer la générosité, le partage et l’altruisme.

Charles Dickens propose un conte fantomatique original qui met en avant les valeurs de Noël que sont la bonté et le partage. Au travers de la famille Cratchit, il dépeint l’amour et la chaleur du foyer qui font défaut à Scrooge, des valeurs essentielles à l’épanouissement et au bien être de chacun. D’un côté nous avons un homme au cœur dur comma la pierre qui entasse l’argent sans le dépenser ou en faire profiter les plus nécessiteux et de l’autre nous avons une famille chaleureuse qui déborde d’amour et de générosité. Cette balance met en avant l’importance de l’amour et de la famille.

Les illustrions de Roberto Innocenti dont le trait précis met en lumière la beauté du texte et des valeurs qu’il véhicule. Il saisit sur le papier les quartiers les moins aisés du Londres de l’époque victorienne et y insuffle la vie par la richesse des expressions que ses personnages portent sur leurs visages radieux. Le livre prend la forme d’un bel album illustré à partager en famille.

Dans les rues grouillantes et enneigées des faubourgs londoniens, le brouillard industriel s’épaissit. Ce soir c’est Noël, et le vieux Scrooge, patron impitoyable, avare et aigri, rumine sa colère. Demain sera chômé, quelle perte de temps et d’argent!
Mais alors que Scrooge rentre chez lui et se couche en maugréant, les Esprits de Noëls apparaissent pour réveiller avec terreur sa bonne conscience.