album·Fable

Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow (2021)

Auteur : Thibault Guichon

Illustrateur : Frédéric Pillot

Editeur : Little Urban

Collection : Albums grand format

Pages : 50

Au Bois de Burrow, les animaux mènent une vie mondaine à laquelle on ne participe pleinement que si l’on montre patte blanche. La Gazette Mondaine a vite fait de vous ridiculiser en dénonçant le moindre de vos petits travers ou vos secrets les mieux gardés.

Thibault Guichon utilise la fable animalière pour dénoncer les travers de notre société moderne, comme Jean de La Fontaine l’utilisait pour se moquer de ses contemporains. Cinq fables se suivent et s’articulent entre-elles par l’introduction du personnage qui sera le héros de l’histoire suivante. De sa plume poétique et caustique, l’auteur invite son lecteur à réfléchir à la surconsommation, aux médias qui n’hésitent pas à vilipender pour vendre – un extrait de la gazette du bois, placé en fin d’ouvrage, vient d’ailleurs appuyer ce propos -, à l’utilisation des réseaux sociaux ou encore à notre rapport à la mode et aux autres.

Album grand format, Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow rappelle par ailleurs les ouvrages illustrés de gravures du XIXe siècle. En effet, Frédéric Pillot illustre ces fables en noir et blanc de son trait si caractéristique, mignon et drôle à la fois. Le texte et les illustrations s’accordent parfaitement dans cette rondes d’animaux. L’ensemble est un très bel objet-livre que l’on prend autant de plaisir à lire qu’à regarder.

Approchez, approchez, nous allons vous conter les fabuleuses fables du Bois de Burrow. Ici, lapins, renards et sangliers jouent une vaste comédie devant vos yeux ébahis. Surconsommation, addiction aux réseaux et médias racoleurs, ces fables pointent les travers d’une société qui ne nous est pas totalement étrangère. Ensemble, frappons les trois coups. Ouvrons le rideau. Entrez dans les bois de Burrow !

conte/nouvelle/biographie·masse critique

Gôshu le violoncelliste (1934/2021)

Serhiki no Gôshu

Auteur : Kenji Miyazawa

Illustratrice : Mitsukai In’ki

Traductrice : Déborah Pierret Watanabe

Editeur : Ynnis

Pages : 63

Pas facile de jouer dans un orchestre. Savoir jouer sa partition ne suffit pas, il faut aussi savoir s’écouter jouer et surtout, écouter les autres pour que les cœurs jouent à l’unisson et que la musique vienne toucher l’auditoire. Gôshu, le violoncelliste, donne du fil à retordre à son chef. Il a beau travailler encore et encore, son jeu manque d’émotion. Une nuit, un chat se présente à lui et lui demande de jouer de son instrument. C’est le premier de quatre animaux à lui faire une requête qui, toujours, va venir soulever un point essentiel pour faire progresser le jeu du jeune homme et apporter ce qu’il manque à sa musique.

Gôshu le violoncelliste s’inscrit dans le registre du conte merveilleux de par sa narration rapide, peu étoffée, et les événements improbables qui surgissent sous la forme d’animaux qui parlent. Leur rôle est d’aider le héros à affronter sa musique pour le faire évoluer et progresser ; c’est un véritable récit initiatique. Pourtant, le texte de Kenji Miyawa n’est pas toujours très clair. Les différents animaux interviennent à intervalle régulier, un par nuit, sans que l’on assiste à un quelconque changement dans la journée. On a presque l’impression qu’ils viennent tous la même nuit. Il faut vraiment attendre la fin du conte pour comprendre leur rôle.

Il est d’ailleurs fort appréciable de trouver en fin d’ouvrage un petit supplément « de la page à l’écran » qui met vraiment en lumière les thématiques du conte et sa signification avant de nous expliquer comment Isao Takahata des Studios Ghibli l’a mis en scène dans son film d’animation. [J’attends d’ailleurs que ma jeune violoncelliste débutante ait lu ce livre avant de visionner le film avec mes filles.] Enfin, j’ai vraiment apprécié l’entretien mené auprès d’Edgar Moreau (violoncelliste français) relaté à la toute fin du livre. Il offre un regard de musicien aguerri sur le parcours d’instrumentiste que ce soit dans la formation ou dans la place dans un orchestre. Son interprétation du conte en est d’autant plus intéressante.

Merci aux éditions Ynnis et à Babelio pour l’envoi de ce conte dans le cadre de Masse Critique.

Le chef d’orchestre est exaspéré. Son jeune violoncelliste ne laisse transparaître aucune passion dans son jeu. Désespéré, Gôshu répète inlassablement ses morceaux sur son instrument abîmé. En vain… jusqu’à ce qu’un chat lui demande de lui jouer Rêverie de Schumann…

roman jeunesse·Service Presse

Papy, Maxwell et moi, tome 1. Protocole 007 (2021)

Auteure : Carina Rozenfield

Illustratrice : Marine Gosselin

Editeur : Gulf Stream

Pages : 208

Arthur a perdu ses parents. Depuis, il vit avec son grand-père et Maxwell, un androïde ultra performant qui joue le rôle de majordome. Lorsque son grand-père disparait, Arthur active le programme d’urgence de Maxwell qui devient alors un agent secret doté de capacités et de pouvoirs incroyables.

Carina Rozenfield est une auteure jeunesse prolifique dont l’une de mes filles, Juliette, aime beaucoup les écrits. Elle a fait son entrée sur nos étagères par la série L’Héritier des Draconis (série en 5 volumes aux éditions Gulf Stream) et c’est avec plaisir que nous l’avons retrouvé dans cette nouvelle série pleine d’aventures.

Protocole 007 est un premier volume introductif à un univers fait de mystères et d’aventures. Avec son jeune héros téméraires et attachants et son robot agent secret aux multiples talents, cette première aventure nous entraîne dans une course poursuite trépidante semée de dangers dans laquelle Arthur n’a qu’un seul objectif : sauver la seule famille qu’il lui reste d’une bande de vilains qui en veulent à la technologie avancée mise au point pour créer Maxwell.

L’histoire ne manque ni d’originalité ni de rythme, le duo Arthur-Maxwell est drôle et attachant et le récit véhicule de jolies valeurs. Tous les ingrédients sont réunis pour donner vie à une série qui séduira les jeunes lecteurs dès 8/9 ans. On attend la suite avec impatience!

Je remercie les éditions Gulf Stream pour leur confiance et l’envoi de ce service presse.

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Quand on vit comme Arthur, avec un grand-père ingénieur, ça a des avantages ! Avoir un robot ultra-perfectionné à la maison, par exemple. Maxwell fait le ménage et la cuisine de façon impeccable… C’est un parfait majordome ! Mais, un soir, papy Charles disparaît et le garçon surprend deux intrus à fouiller son atelier de robotique ! Paniqué, Arthur n’a d’autre choix que de déclencher le protocole 007, qui transforme Maxwell en robot agent secret doté de super pouvoirs. Déterminé à retrouver Charles, le duo se lance dans une enquête qui dévoilera une terrible machination orchestrée par un mystérieux ennemi…

masse critique·roman jeunesse

Otis (2021)

Auteur : Yannick Beaupuis

Editeur : Balivernes

Pages: 204

Atteint d’une forme d’autisme Asperger, Ulysse a tendance à se replier sur lui-même. Cette différence en fait la cible facile des moqueries et de l’exclusion. Son quotidien semble une épreuve de chaque instant, tant pour lui-même que pour ses proches, confrontés à des difficultés permanentes qui ont des répercussions sur l’ensemble de leur vie.

Otis aussi est différent. Enfant humain, il vit parmi des hybrides, mi-homme mi-animaux. Seul capable de lire les runes inscrites sur les pierres qu’il ramasse, il ne semble pas complètement intégré à son groupe. Les dangers de son monde l’entraînent dans une quête mystérieuse pour sauver une amie et peut-etre bien plus encore…

Otis est un récit qui parle de différence au travers de deux histoires distinctes. L’histoire d’Ulysse, plus encrée dans notre réalité, confronte le lecteur au quotidien des enfants différents et de leurs proches. Alors que l’histoire d’Otis s’inscrit plutôt dans le registre fantastique avec ses créatures et la magie qui peuplent des paysages imaginaires. Si les deux histoires avancent de manière parallèle, il est difficile d’établir un lien entre elles. Le monde d’Otis existe-t-il vraiment ou est-il le refuge imaginaire dans lequel Ulysse s’isole pour échapper à une réalité trop violente ?

L’écriture très imaginée de Yannick Beaupuis permet de visualiser ces deux mondes très distinctement, rendant la lecture très immersive. Je craignais au début que la différence d’Ulysse ne soit qu’un prétexte à l’introduction d’un univers plus fantastique mais il n’en est rien. Au contraire, chaque univers se développe indépendamment tout en tissant une connexion à peine perceptible. Les deux héros cherchent à trouver leur place et nous rappellent que la différence est une force, une richesse qui mérite qu’on se batte malgré les difficultés.

Les jeunes lecteurs apprécieront ce mélange des genres et ces deux jeunes garçons attachants.

Je remercie Babelio et les éditions Baliverne pour cette offre de Masse Critique.

Deux jeunes garçons, que rien ne rapproche sinon leur âge, essayent de trouver leur place dans deux mondes bien différents.
Otis grandit dans le campement des hybrides, des créatures mi-hommes mi-animaux qui l’ont adopté depuis bien longtemps et qui vivent entre l’Arbre-source incandescent et la forêt ténébreuse peuplées d’Ombres redoutables.
Ulysse, lui, va à l’école comme tous les autres enfants mais sa différence l’éloigne des autres et est même le prétexte pour certains de le rejeter et de l’exclure.
Chacun de leur côté devra vaincre les épreuves qui s’imposeront à eux. Et d’une manière ou d’une autre, leur destin ne serait-il pas lié ?

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #13

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Après plusieurs semaines sans nouvelles, je reviens vous présenter une de mes (trop nombreuses) lectures en cours. Un troisième volet qui vient clore une série que j’aime tout particulièrement, Steam Sailors. Un roman d’aventures et de pirates ambiance steampunk qui se dévore sans limite.

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PROLOGUE

Beaucoup d’histoires naissent au creux du soir, dans la chambre d’un enfant que l’on accompagne vers le sommeil. Elles abolissent les peurs, effacent les fantômes et taisent les chagrins sous le voile confortable de l’insouciance. Ces histoires du soir font le lit d’une nuit paisible, qui laissera le rêveur repu d’un sommeil sans terreur.

L’histoire qui est contée ici n’en fait pas partie. Elle appartient à ces crépuscules d’hiver, où l’obscurité tombe subitement en engloutissant la chaleur de l’espoir, tandis que jaillissent les angoisses surnaturelles.

Le capitaine Elliot Vanstorm n’avait jamais aimé ces jours d’hiver. Il exécrait le froid humide qui faisait geler les gréements. Il s’irritait de voir la nuit chasser le jour, le soleil à peine levé. Il détestait l’apathie qui s’abattait sur ses équipages qui, dès cinq heures de l’après-midi, reléguaient leurs tâches aux quarts suivants.

En ce matin glacial, le jeune officier devait prendre garde à ne pas glisser sur les dalles de marbre scintillantes de givre, tandis qu’il traversait le parvis du Congrés de Port-Regal. Mais plus encore que le froid, c’était l’attroupement qu’il apercevait devant les portes du bâtiment qui assombrissait son humeur.

Depuis quelques semaines, les grilles de l’amirauté et autres lieux emblématiques du pouvoir subissaient le siège de toutes sortes de journalistes, les pires spécimens de parasites qui soient aux yeux du capitaine Vanstorm.

Tous ces noircisseurs de papiers à sensations ne faisaient qu’aggraver la crise que traversait le pouvoir régalien, en multipliant les articles sur le scandale qui secouait l’empire. Plusieurs fois en quelques mois, la flotte royale avait été tenue en échec par un navire pirate, malgré les coûteux moyens engagés pour le neutraliser. Comme si cela ne suffisait pas, l’impunité avec laquelle L’Héliotrope continuait à commettre ses méfaits avait encouragé un regain de force de la piraterie, et l’amirauté ne savait plus où donner de la tête.

La situation était devenue particulièrement critique lorsque les pirates de l’Héliotrope avaient détruit […]

Steam Sailors, tome 3. Le Passeur d’âmes de Ellie S. Green, éditions Gulf Stream, 2021.

De sombres nouvelles du monde extérieur sont parvenues jusqu’à la Cité Impossible, refuge de L’Héliotrope et de son équipage. La Désolation annoncée est en marche. C’est donc désormais un enseignement accéléré que suivent Prudence, Hilisbeth et Guifred auprès d’Ozymandias. Ce dernier révèle qu’il leur faut se rendre au Tartare, berceau de la magie originelle, s’ils veulent être de taille pour affronter le chaos à venir. Une nouvelle mission se dessine donc pour les trois apprentis alchimistes : mettre la main sur la carte du Passeur d’âmes, seul moyen de parvenir jusqu’à ce lieu légendaire. Pendant ce temps, l’ancien commandant de la flotte royale et ennemi juré des pirates, désormais allié au Bas-Monde, a formé une immense armée volante dans l’intention de prendre le pouvoir du ciel…

roman ado·roman young adult

Kô (2020)

Auteure : Joëlle Ecormier

Editeur : Zébulo

Pages : 112 pages

Mention spéciale du Prix Vendredi 2021

Kô arpente chaque jour la plage en quête d’un signe qui pourrait lui confirmer que son père est vivant. Pêcheur en mer, ce dernier a disparu sans laisser de traces alors qu’il était parti sur son bateau. Si sa mère et sa jeune sœur semblent avoir acceptées la réalité, Kô ne veut pas perdre l’espoir. Lorsqu’une aile d’avion est rejetée par l’océan, un troublant parallèle se met en place entre l’histoire de cette famille indienne et celle des familles des victimes : une quête de vérité, un besoin de comprendre pour enfin accepter l’inacceptable et commencer le douloureux travail de deuil qui ramènera ceux qui restent dans la réalité et dans le monde des vivants.

Joëlle Ecormier signe un texte sensible et poétique dont les émotions tangibles nous font ressentir toute la douleur de la perte et la sensibilité à fleur de peau de cet adolescent qui semble perdu entre le monde des morts et celui des vivants. A tout moment, la corde semble prête à craquer mais toujours elle résiste et tend à voir l’impossible signe d’un espoir ténu qui conduit toujours un peu plus vers l’acceptation. Le récit est fort, bouleversant. Il touche par son sujet mais aussi par ses personnages aussi émouvants que réels et nous entraîne à la suite de son jeune héros dans une quête de vérité et de liberté.

***

Les yeux noirs de Kô ne quittent presque jamais l’Indien. Même hors de sa vue, la nuit pendant son sommeil, quelque chose en lui guette les flots. « Ne tourne jamais le dos à l’Océan où il te prendra au moment où tu t’y attends le moins. » Son père, qui lui avait donné ce conseil, s’était pourtant fait prendre. Kô se souvient que c’était un vendredi. Le jour de l’effondrement de l’univers, l’arrêt de la danse des étoiles et du mouvement de toutes choses.
Le roman de Kô est celui de la vérité qui tente de se frayer un chemin au milieu des sentiments emmêlés de quatre personnages sur le rivage d’une île : Kô, un adolescent taciturne de 16 ans qui ne vit que dans l’espoir du retour de son père, sa sœur Sindhu, une fille vive et enjouée de 13 ans, leur paisible mère Nila, et un étranger troublant, Darpan.

conte/nouvelle/biographie·Première lecture·roman jeunesse·Service Presse

Les deux de Baker Street, tome 1. Missions Londres (2021)

Auteur : Pascal Brissy

Illustratrice : Garance Royère

Editeur : Gulf Stream

Collection : Premiers romans 8+

Pages : 176

Les éditions Gulf Stream lancent une nouvelle série dans la collection Premiers Romans, des enquêtes bilingues qui entrainent le lecteur dans les pas d’un frère et d’une sœur en plein cœur de Londres. Le livre s’ouvre sur une présentation des personnages et sur les explications du code couleurs pour lire en anglais : quatre couleurs pour différencier le vocabulaire thématiques, les mots ou expression du quotidien, les questions et les chiffres et nombres. Après quoi, il ne nous reste plus qu’à plonger dans ce petit roman qui prend la forme d’un recueil de trois nouvelles, de trois petites enquêtes so british (résumés sur la présentation de l’éditeur en bas de page).

Alors qu’ils s’installent à Baker Street, Tom et Kate s’émerveillent d’être voisins à la maison de Sherlock Holmes. Au cours de leurs aventures ils se rendent à Buckingham Palace, dans le quartier de Notting Hill et au Palais de Wesminster. L’occasion de faire visiter Londres aux jeunes lecteurs qui découvriront la capitale britannique au travers de ses monuments, ses parcs ou ses rues célèbres. Les deux enfants sont adorables et très vifs d’esprit ce qui leur permet d’élucider des petits mystères tels que la disparition d’un corgi de la Reine, celle d’un livre exceptionnel ou encore la mystérieuse coloration en rose des perruques des Lords de Westminster. Tout cela au nez et à la barbe de l’inspectrice Adler et du Lord Riarty.

Les clins d’œil à Sherlock Holmes sont nombreux. Cela pimente la lecture et attise la curiosité autour de ce personnage dont on nous parle mais dont on ne voit pas la pointe du deerstalker hat. Le récit ne manque ni de rythme ni de mystères. Les illustrations sont sympathiques, à l’image des jeunes héros et de leur chien. La mise en page est dynamique avec les couleurs du textes, les illustrations et les petits symboles dans la marge. A la fin de chaque histoire, le lecteur est invité à réfléchir sur la résolution de l’enquête et à vérifier s’il a bien lu/vu les indices.

En fin d’ouvrage un memento au même code couleurs revient sur tout le vocabulaire anglais rencontré au fil des pages pour en expliquer le sens et en donner la traduction. Quelques apartés viennent compléter le tout pour apporter des informations sur la royauté ou Sherlock Holmes par exemple.

Les deux de Baker Street est donc une petite série fort sympathique à faire lire aux lecteurs débutants qui veulent pimenter leur lecture avec quelques mots d’anglais. Un seul conseil: ouvrez bien les deux yeux pour ne rien manquer !

Je remercie les éditions Gulf Stream pour leur confiance et l’envoi de ce service presse.

Avec Tom et Kate, apprends à lire en anglais pour résoudre trois enquête au cœur de Londres en suivant les traces du grand Sherlock Holmes ! Let’s go !

Le corgi de Sa Majesté : Alerte ! Le chien préféré de la reine d’Angleterre a disparu. Heureusement, les deux de Baker Street sont en visite au palais de Buckingham et aucun détail ne leur échappe !

Coup de tonnerre à Notting Hill : Un livre inestimable est dérobé lors du tournage d’un film auquel Tom et Kate ont la chance d’assister. Seront-ils prêts à résoudre ce nouveau mystère ?

Le gang des perruques roses : Catastrophe au palais de Westminster ! Les perruques des lords sont devenues roses et les deux de Baker Street sont pointés du doigt. Arriveront-ils à prouver leur innocence ?

album

La Sorcière Crabibi (2021)

Auteurs : Laurent et Olivier Souillé

Illustrateur : Frédéric Pillot

Editeur : Kaléidoscope

Pages : 32

Crabibi a tous les attributs de la parfaite sorcière : de la chaumière installée dans un marais puant à la pustule sur le bout de son nez en passant par son balai magique et un caractère épouvantable. Elle n’a qu’un objectif dans la vie, être sacrée Sorcière de l’Année lors d’un concours qui a lieu chaque année et a pour but de tester les pouvoirs et facultés magiques des concurrents. Bien sûr, le concours ne va pas se passer comme elle l’espérait mais Crabibi pourrait malgré tout y gagner quelque chose de bien plus important qu’un simple titre.

Octobre rime comme de toujours avec Halloween et les livres jeunesses sur les sorcières et autres fantômes fleurissent sur les étagères des librairies. C’est le trait si singulier de Frédéric Pillot qui m’a attiré sur cette superbe couverture aux couleurs de saisons. Dès les premières lignes, le texte des frères Souillé fait sourire et rapidement les rires se font entendre ; j’ai particulièrement aimé les petits jeux de mots autour de la peur. L’histoire n’est pas en reste et le caractère emportée de Crabibi est jouissif ainsi que ces tentatives ratées de montrer ses talents. On s’attend bien à ce que les choses tournent mal et il y a peu de surprises mais le message est clair et tend à montrer que le plus important dans l’existence n’est pas d’être le meilleur.

Le récit est sublimé par les illustrations de Frédéric Pillot, des illustrations pleines de détails sympathiques, des personnages expressifs aux visages si singuliers et de créatures étranges amusantes à observer. Le choix de couleurs apporte une ambiance automnale de circonstance et renforce le sentiment de chaleur qu’une rencontre imprévue peut apporter dans notre vie. La Sorcière Crabibi est un magnifique album, drôle et chaleureux à lire en famille au coin du feu.

Mesdames, messieurs, prenez place et ouvrez grands les yeux ! La sorcière Crabibi participe au célèbre concours du Sorcier de l’année ! Course de balais, sortilèges et potions magiques… c’est sûr, toutes ces épreuves vont en défriser plus d’un ! En sortira-t-elle victorieuse ? Alors à vos balais, chaudrons et baguettes, préparez-vous à en prendre plein les mirettes !

BD/manga

Dans la tête de Sherlock Holmes – L’Affaire du Ticket Scandaleux, tome 2/2 (2021)

Auteurs : Cyril Lieron & Benoit Dahan

Dessinateur : Benoit Dahan

Editeur : Ankama

Pages : 48

L’attente aura été longue mais le résultat en valait la peine. Plus d’un an après la sortie du premier volume, voici enfin venue la résolution de l’Affaire du Ticket Scandaleux. Après un rapide résumé, le fil rouge se remet en place pour nous entraîner dans les méandres de la pensée arborescente de Sherlock Holmes. Course poursuite dans le dédale londonien, course contre la montre pour éviter de nouvelles victimes, ce deuxième volume ne nous laisse pas le temps de reprendre notre souffle avant de livrer le résultat d’une enquête finement menée.

Une fois de plus Benoit Dahan dynamise la mise en page par un choix graphique qui sort du simple cadre de la bande dessinée avec des cases aux formes multiples et des illustrations pleine page. Le regard est sollicité de tous côtés et, heureusement, le fil rouge permet de suivre la progression de l’histoire tout autant que les réflexions du détective. Le choix des couleurs entre gris et sépia donne un côté rétro toujours bienvenu, le papier légèrement jauni des pages donne l’impression d’avoir entre les mains un ouvrage ancien.

Cyril Lieron et Benoit Dahan ont su redonner vie à un personnage incontournable dans une aventure inédite originale. Le travail d’écriture et de dessin sont un véritable hommage à un univers, un personnage et un auteur qui font figure de classique. On ne peut qu’espérer que cette collaboration ne soit que le début d’une série d’enquêtes palpitantes.

Dans la conclusion de cette affaire, Sherlock Holmes et le Dr Watson poursuivent la piste du « Ticket Scandaleux ». A leurs risques et périls ! Quel genre de complot trame le sulfureux mage ? Le logicien de Baker Street en suspecte-t-il la réelle étendue ?

album

Ma pauvre Lucette (2021)

Auteure : Géraldine Collet

Illustratrice : Maurèen Poignonec

Editeur : Glénat

Collection : jeunesse

Pages : 32

Pas toujours facile la vie au poulailler. Le coq dirige les poules d’une main de maître, les envoyant pondre ou couver quand il l’exige, s’octroyant la meilleure place et s’appropriant l’essentiel de la nourriture. Si la majorité des poules s’emblent accepter ce comportement, Lucette ne l’entend pas de la même oreille. Quand le renard surgit et met en danger le poulailler, le plus fort n’est pas forcément celui que l’on croyait…

Il faut bien admettre que Lucette m’a complètement séduite avec sa mine boudeuse et déterminée. Dès la couverture, on sent que la « pauvre Lucette » n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et qu’elle va savoir nous surprendre. Bien incapable de supporter plus longtemps les airs supérieurs du coq de la bassecour, la poulette entend bien prouver qu’elle a autant de valeur, si ce n’est plus, que lui.

Le texte de Géraldine Collet joue sur les rîmes et les jeux de mots pour nous faire rire pendant que les illustrations de Maurèen Poignonec jouent sur les expressions faciales pour amuser le petit lecteur dès 3 ans. Si la portée féministe lui échappera peut-être, le texte sera propice à échanger sur les relations filles/garçons et à faire taire les stéréotypes de genre.

Ma pauvre Lucette est un album féministe drôle et frais à lire pour éduquer à l’égalité des sexes.

Au poulailler, c’est toujours la même rengaine : le coq parade, se moque des poulettes et ne leur laisse que des miettes. Lucette, lassée, soupire et se bouche les oreilles. Jusqu’au jour où le renard sort de la forêt et sourit en se léchant les babines