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Grisha (2012 à 2014/2017 à 2018)

Alors que la plateforme Netflix a mis en ligne la série Shadow and Bone le 25 avril, un nouvel univers de fantasy s’est ouvert à Gabrielle et moi. Monde fantastique et personnages intéressants, nous avons vite fait de nous immerger dans cet univers tiré des livres de Leigh Bardugo. La série tv offre comme avantage de suivre les différentes série de livres de l’auteure qui se déroulent dans le même monde. Si cela était perturbant dans les premiers épisodes, les scénaristes ont pourtant réussi à lier les deux histoires de façon à ce que les personnages se retrouvent tout en donnant plus de richesse à l’histoire qui s’en trouve plus étoffée. Esthétiquement la série est vraiment réussie, les acteurs sont bien choisis et rendent leur personnage suffisamment intéressant pour donner envie de savoir quel sera leur destin. La petite touche « netflix » vient ajouter un côté féministe et un appel à la tolérance toujours appréciable dans un programme destiné à la jeune génération.

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L’action se déroule dans un pays divisé par une nappe d’ombre, le Fold, créée des siècles plus tôt par la magie noire de celui que l’on appelle l’Hérétique Noir. Cette « non-mer » s’étend en Ravka, un pays fortement inspiré de la Russie, du nord au sud. Pour aller d’est en ouest, on ne peut que tenter la traversée, le nord, Frejda, et le sud, Shu Han, étant hostiles aux grisha, sorte de sorciers placés sous la protection du roi. Problématique pour les uns, la nappe est symbole de protection pour les autres. Mais pour tous, sa traversée est une menace car elle est peuplée de sombres créatures dévoreuses d’hommes, les volcras. Leur seul espoir est qu’apparaisse l’Invocateur de Lumière (the Sun Summoner), grisha au pouvoir aussi unique qu’exceptionnel qui pourrait détruire la nappe et ainsi libérer le pays.

Leigh Bardugo nous entraîne dans un univers qui ressemble fort à la Russie. Elle emploie d’ailleurs tout un vocabulaire russe qui va du nom des personnages à ceux de créatures en passant par l’habillement ou l’alimentation. On trouve aussi des similitudes dans l’organisation géographique des pays avec Fjerda au nord qui ressemble à la Scandinavie, et Shu Han au sud qui rappelle la Chine. Par ailleurs, comme me le disait Gabrielle, le Fold rappelle étrangement le Mur de Berlin, coupant un pays en deux avec toutes les complications que cela impliquent. On observe ainsi une scission réelle, l’ouest cherchant à se soustraire à la monarchie gangrénée par le pouvoir en gagnant son indépendance.

Source

Tome 1. Les orphelins du royaume : Volume introductif, ce premier tome met en place les personnages principaux et la situation géographique et politique d’un pays divisé. Alina Starkov et Malyen/Mal Oretsev sont amis depuis l’enfance, ils viennent de rejoindre la Première Armée, principale armée du Roi composée de ravkans non grisha. Alors qu’ils traversent le Fold pour la première fois, leur vaisseau subit un attaque volcras à laquelle ils n’en réchappent que grâce à une puissante lumière qui émane du corps d’Alina. Ce pouvoir dont elle ignorait l’existence fait d’elle une grisha et surtout, l’Invocatrice de Lumière tant attendue. Devenue importante aux yeux de tous, elle est placée sous protection par le Darkling, le plus puissant grisha au monde.

Si le début et la fin du roman sont très intéressants à lire, j’ai trouvé le milieu assez long et vide. Alina arrive à la capitale pour suivre une formation grisha. Elle fait face à l’hostilité de certains et peine à s’intégrer. Rapidement, on sent combien il lui est difficile d’accepter ses pouvoirs et de les laisser sortir, elle semble trop souvent plus intéressée par ses toilettes et ses sentiments que par le destin qu’on lui promet. Le principal intérêt de cette partie centrale est de pouvoir découvrir le Darkling. Décrit comme très séduisant, il n’est pas surprenant de voir rapidement se former un triangle amoureux. Personnage énigmatique et mystérieux, il semble détenir un pouvoir énorme et il est difficile de le cerner tant son comportement est déroutant la plupart du temps. Ami ou ennemi? Ce volume tend à nous le présenter sous différents aspects créant un certain attachement entre lui et Alina, lui et le lecteur, nous faisant douter de lui et de ses qualités même quand il se montre cruel.

Tome 2. Le dragon de glace : Suite aux terrifiants évènements survenus à la fin du premier volume, Alina et Mal tentent de survivre loin des conflits. Rapidement rattrapés par leur destin, ils se retrouvent à bord d’un bateau, propriété d’un corsaire surprenant qui n’aura de cesse de les étonner… et de les sauver.

La construction de ce deuxième volet est similaire à celle du tome 1.. On a un début et une fin d’ouvrage vraiment intéressants qui font avancer l’histoire, déterminent les camps plus clairement et assoient définitivement la fragilité du pouvoir royale, le statut de l’Invocatrice de Lumière et les intérêts de son principal ennemi. Mais le centre est un immense gouffre durant lequel il ne se passe rien. Le voyage vers la capitale est d’une longueur ahurissante et d’un intérêt minime. Une fois de plus, le principal intérêt est de découvrir un personnage masculin, Nikolai Lantsov, Prince de Ravka et deuxième dans l’ordre de succession. Drôle, charmeur et intelligent, il cherche a faire le bien pour son peuple et est clair sur ses motivations. Son intérêt pour Alina est amical et politique avant tout, il a besoin d’elle tout autant qu’elle a besoin de lui.

Tome 3. L’oiseau de feu : L’équipe d’Alina est réduite à peau de chagrin mais le courage de chacun reste vivace. Ensemble ils entendent bien renverser l’ennemi et rendre à Ravka ses valeurs. Alina espère aussi détruire le Fold mais a bien du chemin à parcourir et l’aventure va la mener de surprises en surprises vers une fin qu’elle n’avait pas imaginée.

Troisième et dernier volet, je l’ai abordé non sans difficultés après deux tomes qui m’avaient laissé sur un avis partagé. Le début semblait d’ailleurs compromettre cette lecture mais le vent a rapidement tourné de façon plus favorable faisant de ce volume le meilleur des trois. Je comprends désormais l’engouement du public pour l’écriture de Leigh Bardugo qui signe un tome de conclusion vraiment réussi. La construction du récit et le déroulement du scénario sont parfaitement maitrisés et ne laissent que peu de place à l’ennui. Alors que nous suivons le groupe d’amis, nous allons de découvertes en surprises pour aboutir à un final qui crée la surprise tout en nous donnant ce que l’on attendait.

Poster officiel d’Irene Koh pour la sortie de Ruin and Rising.

En conclusion, je dirai que la trilogie Grisha est assez inégale avec deux volumes vraiment longs dont il aurait pû être pertinent de n’en faire qu’un seul. Même s’ils permettent de présenter les personnages, ces situations n’apportent que peu à l’intrigue et manquent d’intérêt. Le dernier volume relève vraiment le niveau. Le point fort de l’intrigue réside pour moi dans les trois personnages principaux masculins ; Mal, Nikolaï et le Darkling sont tous bien construits et apportent beaucoup à l’histoire par la diversité de leur personnalité et les questions qu’ils soulèvent régulièrement.

Je n’ai pas encore eu le temps de commencer une autre saga littéraire du grishaverse mais le troisième tome de Grisha m’a remotivé. Par ailleurs, la série Six of Crows s’annonce particulièrement intéressante et plus mature, au vu de ce que la série TV nous en dévoile de ses personnages.

De son côté, Gabrielle a commencé la lecture du premier tome sur lequel elle peine également. A ce stade elle ne veut pas se prononcer et reste optimiste pour la suite.

Depuis des siècles, le royaume de Ravka est divisé par le Shadow Fold, épaisse nappe de ténèbres peuplée de créatures sanguinaires. En tant que cartographe pour la Ire armée, Alina doit le traverser pour la première fois. Aussitôt, des volcras l’attaquent. Elle est sauvée par Mal, son meilleur ami, dont elle est secrètement amoureuse et qui, à son tour, se retrouve acculé par les créatures. Elle émet alors malgré elle une lumière puissante, qui repousse les volcras. Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold et rendre la paix au royaume. La voilà emmenée à la capitale, au Little Palace, où elle entame son apprentissage aux côtés des Grisha, caste de magiciens qui gouverne le royaume avec le roi, et du plus puissant d’entre eux, le Darkling. Mais les intrigues de la cour sont moins simples qu’il n’y paraît, et Alina ignore où est censée aller son allégeance : au roi ? Au Darkling, qui semble nourrir pour elle des plans mystérieux ? Tandis que l’avenir de la Ravka repose sur ses épaules, la jeune femme doit à la fois découvrir les secrets des Grisha, et ceux de son cœur …

Première lecture

Oscar et Carrosse – La soupe de pâtes (2020)

Auteur: Ludovic Lecomte

Illustratrice: Irène Bonacina

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Moucheron

Pages: 48

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini

Oscar est un squelette. Il travaille de nuit pour le train fantôme de la fête foraine. La journée, il mène une existence solitaire dans sa roulotte, fuyant les chiens qui aimeraient bien lui ronger l’os. Un matin il trouve un petit chien assis devant sa porte, un petit chien qui ne sait pas lire son écriteau « INTERDIT AUX CHIENS ». Au moment de passer à table, Osacr propose de la soupe aux pâtes alphabet au petit chien. L’idée de lui apprendre à lire se présente et c’est le début d’une belle amitié qui prend forme.

Je connaissais la collection « Mouche », mais ce roman première lecture est présenté dans la collection « Moucheron », une collection pour petits lecteurs en herbe. Le texte est ici assez court et la place est laissée aux illustrations. C’est un concept qui fonctionne bien auprès des apprentis lecteurs qui auront de quoi se faire plaisir tout en exerçant leurs nouvelles compétences. L’adulte accompagnant y verra probablement un petit côté nostalgique avec les pâtes alphabet dans la soupe. Oscar et Carrosse est une nouvelle série qui met en vedette un personnage original puisqu’il s’agit d’un squelette. Sa relation au petit chien est touchante et va bien au-delà de l’apprentissage de la lecture. L’histoire montre que l’amitié est un attachement qui transcende les différences, qu’elle est hospitalité, tolérance et ouverture aux autres.

Oscar est tout en os, car c’est un squelette. Tous les matins, pour fuir les chiens féroces, il court vers sa roulotte. Mais un jour, un petit chien reste devant sa porte. Chez Oscar, il y a toujours un bol de soupe à partager. Aujourd’hui, c’est une soupe de pâtes alphabet. Le petit chien adore. Il en veut encore ? Oscar a une idée…

album

Vite, à la rivière ! (2007/2017)

Auteur/Illustrateur: Yuichi Kasano

Editeur: Nobi nobi!

Collection: 1, 2, 3 Soleil

Pages: 32

C’est une très belle journée! Hiro est impatient de gagner la rivière avec son papa. Nombreuses sont les tentations et les invitations à jouer sur les rives mais pour Hiro, l’objectif est ailleurs. Il se sent enfin suffisamment grand et courageux pour faire du toboggan sur la cascade. Equipé d’une grosse bouée, il parcourt les bords de la rive sans jamais dévié de son but.

Yuichi Kasano propose un album coloré à l’ambiance estival. Chaque double page est une invitation à la découverte. Le regard du lecteur est non seulement attiré par les illustrations mais aussi et surtout par les propositions de jeux qui nous rappelle combien la rivière peut être riche en activités pour toute la famille. Mais le cheminement de Hiro est aussi l’occasion de parler de dépassement de soi et du courage qu’il faut à un petit enfant pour accéder à des jeux qui lui été jusqu’ici interdit.

Vite, à la rivière! est un bel album à lire avec les petits dès 4/5 ans pour aborder des vacances au bord de l’eau et leur montrer les multiples plaisirs qui pourront rendre leurs vacances inoubliables!

Quoi de plus agréable, dès le retour des beaux jours, que d’aller se baigner à la rivière ? Aujourd’hui, Hiro n’a qu’une idée en tête : faire du toboggan le long de la grande cascade. Le ramassage des galets et l’observation des poissons pourront attendre ! Il a hâte de se prouver qu’il est désormais assez grand pour glisser jusqu’en bas sans l’aide de son papa. Mais arrivé tout en haut de la cascade, l’inquiétude commence à le gagner…

masse critique·roman ado

Push (2021)

Auteure: Annelise Heurtier

Editeur: Casterman

Pages: 288

C’est aujourd’hui que sort le nouveau roman d’Annelise Heurtier, un roman d’actualité puisqu’il dénonce les abus sexuels dans le milieu du sport. En avant propos, l’auteure nous raconte la place qu’a eu la sport dans sa vie d’enfant et d’adolescente et combien elle a était bouleversée par l’histoire de Sarah Abitbol lorsqu’elle a révélé avoir été violée et agressée sexuellement par son entraineur entre quinze et dix-sept ans. Depuis les témoignages se sont succédés, un véritable mouvement a pris forme pour briser l’omerta.

Tessa a quinze ans. Alors qu’elle entre au lycée, elle se lance dans l’écriture d’un journal intime d’abord par « défi » puis très pour le plaisir de venir poser ses émotions et son regard sur les évènements qui rythment son quotidien. Dans sa famille, la gymnastique est au cœur de la vie de tous. Tessa nous raconte combien cette passion prend de temps et d’énergie : les entrainements, le dépassement de soi, les relations entre les différentes sportives, les sélections, les compétitions… Et puis l’arrivée d’une entraineur professionnel et ce que cela change pour elles toutes, les relations particulières qui s’installent entre le sportif et son coach. A côté de ça, ces jeunes filles pleines de rêves et de détermination restent des adolescentes comme les autres : séduction, rivalité, jalousie, les garçons, le lycée… Lorsque le drame survient, Tessa refuse d’y croire. Comment un jeune homme si prévenant pourrait-il « toucher » une des filles? Faut-il parler? Doit-elle dire ce qu’elle a vu? Quelles seront les conséquences pour lui? Pour elles toutes? Pour sa famille? Pour le sport?

Récit épistolaire, Push met l’accent sur le sport et le quotidien des jeunes sportives, ici des gymnastes, leurs journées rythmées par les études et le sport. A travers Tessa, on découvre les espoirs et rêves de ces jeunes filles. L’adolescente vivant dans une famille gymnaste, décrit avec émotion les doutes et les difficultés d’un quotidien intense qui laisse peu de place aux loisirs. Les abus sexuels apparaissent en toile de fond, abordés comme des faits divers révélés dans les médias mais qui semblent si loin de ce qu’elle et ses camarades connaissent. Si elles ont conscience de cette réalité glaçante, elles prennent ces révélations avec une certaine distance, refusant de croire que cela pourrait leur arriver. Cela semble bien loin de leur préoccupation, de leurs inquiétudes. Il faut attendre le dernier quart du roman pour que ce tabou devienne réel. On suit alors le cheminement des réflexions de Tessa entre déni et acceptation. Aveuglée par la colère, elle refuse d’accepter que son monde soit éclaboussé par un scandale qui pourrait avoir des répercussions sur son univers entier. En tant que lectrice, j’ai eu très envie de la secouer, de la gifler même. Heureusement, l’acceptation fait rapidement son chemin et c’est main dans la main que les jeunes filles vont oser briser le silence de cet acte innommable.

J’ai vraiment aimé la façon dont le sujet est abordé. L’auteure dénonce l’abus et insiste sur l’importance de parler. La victime a beau se sentir fautive et minimiser les choses, parler d’erreur, cela ne justifie pas le passage à l’acte. Ce n’est pas de sa faute! Le consentement doit être mutuel et verbalisé. L’adulte est responsable de ses actes et doit savoir rester à sa place. Le viol, les attouchements ou toute autre forme de harcèlement doivent être dénoncés et punis. Les émotions sont multiples et rythment le récit, lui donnant plus d’épaisseur. Je m’attendais à une lecture plus difficile, plus proche d’un témoignage mais j’ai aimé cette approche plus pudique qui met vraiment l’accent sur les relations complexes entre tous les personnages, les sentiments multiples, parfois confus qui se tissent entre eux. Cela révèle la fragilité émotionnelle chez ces jeunes personnes encore en construction placées sous la responsabilité d’adultes qui exercent une influence et un pouvoir complet sur elles.

Je remercie Babelio et les éditions Casterman qui m’ont permis de découvrir ce titre en avant première dans le cadre de Masse Critique privilège.

À 15 ans, Tessa suit son chemin de gymnaste, guidée par la passion. Et cette année s’annonce prometteuse : sa mère, la présidente du club, a enfin réussi à recruter un entraîneur professionnel. Raphaël a vingt-huit ans, une présence intense et une devise pour motiver ses élèves, « Persist Until Something Happens ». Il a aussi, malgré lui, le pouvoir de créer des tensions… À quelques semaines des championnats de France, une coéquipière de Tessa craque et abandonne le groupe. Trop de pression ? De mésentente entre les filles ? À moins qu’il y ait eu autre chose. Quelque chose qu’on n’a peut-être pas envie de dire.

BD/manga

Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti (2020)

The Daugthers of Ys

Auteur: M.T. Anderson

Illustratrice: Jo Rioux

Traductrice: Alice Delarbre

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 224

Réécriture d’une légende bretonne, Sœurs d’Ys s’inspire de différentes versions de l’histoire de la cité engloutie Ys et de Gradlon, roi de Kerne, qui épousa une sorcière pour la gloire et le pouvoir. A la mort de cette dernière le royaume, construit et protégé par la magie, révèle ses failles et faiblesses. De leur deux filles, seule la cadette, Dahut, semble vouloir préserver le monde qu’elle connait et choisit de suivre le chemin de sa mère. Rozenn, l’ainée, rêve de changements pour un avenir plus lumineux dans lequel les hommes vivraient sans se faire la guerre. Elle fuit le château et les mondanités pour une vie plus simple au plus de près de la nature et des animaux.

Avec sa magie et ses créatures fantastiques, Sœurs d’Ys s’inscrit dans le registre du conte fantastique tout autant qu’il est une légende dans la tradition populaire des peuples celtes. M.T. Anderson a fait le choix de reprendre trois versions de l’histoire pour en créer une vision moderne qui entre en résonance avec notre époque par un questionnement sur la maitrise des éléments par l’homme et le désir permanent d’accumulations qui ébranlent notre planète et mettent en danger notre monde par l’épuisement de ses ressources naturelles.

Le travail graphique de Jo Rioux reflète le récit par un jeu des couleurs oscillant entre ombres et lumières. Il utilise ce contraste pour illustrer la différence des deux sœurs tant sur leur apparence physique que sur les chemins qu’elles empruntent. Son trait tout en rondeur est surprenant au premier abord, principalement au niveau des expressions faciales des personnages. On le retrouve dans la mise en page qu’il dynamise mais se veut surtout le reflet d’une culture et d’une civilisation anciennes qui ont su laisser une emprunte dans le temps par une culture riche.

Découverte plaisir, voyage magique, Sœurs d’Ys est un roman graphique incroyable qui nous a littéralement séduites, Gabrielle et moi, nous faisant presque regretter qu’il n’y ait pas plus de pages.

L’avis d’Isabelle.

Pour ériger les remparts qui protègent Ys des flots tumultueux, la reine Malgven a eu recours à la magie. Sa mort brutale et mystérieuse laisse ses deux filles inconsolables et les éloigne l’une de l’autre. Rozenn, héritière du trône, entre en communion avec la nature et s’apaise dans les landes ; Dahut, la cadette, se délecte de la vie fastueuse de la cour et se compromet dans ses intrigues. Mais derrière les murs immenses de la cité se cache un passé lourd de sombres secrets. Le jour où le lien entre les soeurs se rompt définitivement, elles entraînent dans leur chute le destin d’Ys, et les monstres tapis dans l’ombre surgissent alors en pleine lumière.

roman ado·roman jeunesse

L’anguille (2020)

Auteure: Valentine Goby

Editeur: Thierry Magnier

Pages: 143

Pas facile de s’intégrer quand on a douze ans et qu’on est différent. Pour Halis, un garçon doux et timide, le quotidien est difficile. Prisonnier d’un corps obèse, il souffre des moqueries de ses camarades et du poids qui pèse sur ses jambes et lui rend le quotidien difficile. Pour Camille, la différence n’a jamais été un problème. Née sans bras, tout le monde savait qui elle est depuis toujours. Mais l’arrivée dans une nouvelle ville, un nouvel établissement, va lui rappeler qu’elle n’est pas comme les autres. Ce qui ne la gênait pas jusqu’alors, en fait la cible de tous les regards. Et les regards peuvent être aussi blessants que les mots, aussi tranchants que la lame d’un couteau.

Par chance Camille est une enfant solaire et lumineuse; elle pose un regard optimiste sur le monde qui l’entoure et ne craint pas d’affronter les autres pour leur montrer que la différence est une richesse, qu’être en situation de handicap n’est pas une fin en soi et que c’est le regard que les autres posent sur la différence qui est le véritable problème. Son ouverture d’esprit, sa maturité et sa joie de vivre sont une force dont elle sait tirer partie et elle compte bien en faire profiter Halis.

Valentine Goby signe un titre lumineux, drôle et sensible qui parle de différence et de discrimination avec intelligence. Son récit est réaliste et s’adresse directement aux lecteurs à qui il envoie un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il ne me reste qu’à pousser la curiosité plus loin en lisant son pendant adulte, Murène.

Pour finir, je vous invite à lire l’avis de Pépita.

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L’avis de Gaby

J’ai bien aimé L’anguille car l’histoire est originale. Le texte permet de sensibiliser les lecteurs au fait qu’on est tous différent. Qu’on soit obèse ou sans bras, notre différence est une richesse qui nous rend unique.

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Voici l’histoire de Halis et de Camille. Halis, presque treize ans, est prisonnier de sa timidité et d’un corps obèse qui lui vaut de constantes railleries. De son côté, Camille, presque douze ans, est née sans bras. Elle arrive en plein milieu de l’année dans le collège de Halis pour cause de déménagement, et apprend à être dévisagée telle une bête curieuse. Tous deux sont des êtres différents. Mais Camille l’anguille, comme ses camarades la surnomment, est une fille solaire, enjouée. Une amitié puissante se noue entre eux, qui, loin des stéréotypes, fait des singularités de chacun une force.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Une photo de vacances (2020)

Auteur: Jo Witek

Editeur: Actes Sud junior

Pages: 176

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini.

« C’est parti, avanti, les Manzatti! » Le signal du départ en vacances est lancé, la famille Manzatti quitte Paris et sa banlieue pour le sud de la France, le canal du midi, direction Saint-Chignan où ils ont loué un petit gîte pour quinze jours de repos bien mérité. Le chant des cigales, les odeurs de lavande et de thym nous chatouillent les narines sur le place du marché mais également sur les rives du Canal du Midi descendues à vélo. Les vacances ne seraient pas vraiment des vacances sans baignades dans la rivière, bal du 14 juillet, la copine allemande et les amours de vacances. Pour Eugénie, dix ans, cet été est une transition entre l’école et le collège, entre l’enfance et l’adolescence. La fillette devient jeune fille et elle se sent particulièrement bouleversée par toutes les émotions nouvelles que cela provoque en elle. L’adolescence l’effraie, elle craint de se transformer en montre, comme sa sœur ainée, Adèle, qui est devenue distante, ne pense qu’aux garçons et ne parle que de langues qui s’entortillent. Eugénie a des questions plein la tête et il lui faudra s’armer de courage pour oser en poser certaines à sa mère, figure aimante et rassurante qui sera présente pour l’aider à passer cet étape importante.

Jo Witek nous emmène en vacances auprès d’une famille modeste, une famille qui organise ses vacances selon un budget serré et précis tout en tentant de faire plaisir à tout le monde. On s’attache facilement au père fan de rock qui tâche, à la mère syndicaliste et à Eugénie, sensible et touchante, pleine de vie et de rêves. Si elles sont moins présentes, on ne peut que ressentir de la sympathie pour Adèle qui, malgré ses défauts, sait veiller sur sa cadette, et pour Juliette, la petite dernière en couche-culotte. Si les vacances d’été servent de fil conducteur, c’est bien le passage vers l’adolescence qui est au cœur du récit, avec ses nouvelles émotions, ses transformations physiques et les peurs que cela peut engendrer. Humour et émotions sont au rendez-vous de ce roman jeunesse qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes filles qui s’apprêtent à entrer en sixième.

Lu à voix haute, Une photo de vacances a su séduire mes demoiselles de (presque) douze ans par sa thématique et la façon dont le sujet est traité. Drôle et frais, cette histoire questionne sur l’enfance mais amène également des questions sur l’accès aux études et les vacances pour les familles les plus modestes. L’écriture moderne et enlevée de l’auteure séduit pour la justesse des émotions et le réalisme des situations.

L’avis de Pépita est ICI.

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Ni la grande, ni la petite, Eugénie est celle du milieu. Mais qu’est-ce quii se passe pendant ces vacances caniculaires? Des sauts acrobatiques dans la rivière, à l’ennui des siestes parentales, en passant par les échappées à vélo ou en canoë: ses émotions se décuplent, la bousculent. Eugénie ne se reconnaît plus, et c’est toute chamboulée dans son corps et dans sa tête qu’elle va rencontrer un jeune joueur de tambour…

BD/manga

La rivière à l’envers, tome 1. Tomek (2018) / tome 2. Hannah (2019)


Tomek tient l’épicerie de son village. En fait d’épicerie, il s’agit plutôt d’un bazar, véritable caverne d’Ali Baba, un lieu incroyable dont les murs sont parés d’étagères aux multiples tiroirs qui renferment tout ce dont on peut avoir besoin. Pourtant lorsqu’une jeune fille lui demande de l’eau de la rivière Qjar, Tomek est incapable de répondre à sa demande. Hanté par cette jeune fille et par cette rivière mystérieuse qui coule à l’envers, Tomek quitte sa boutique et son village pour la promesse de l’aventure passionnante que lui réserve le voyage vers la rivière Qjar.

Adaptation du roman de Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l’envers est un récit initiatique aux allures de conte fantastique au cours duquel les deux héros vont faire de multiples rencontres aussi surprenantes que bienveillantes. La magie et le fabuleux accompagnent chaque situation que les deux héros vivent rendant l’aventure encore plus surprenante et plus passionnante. En fond de toile se tisse l’histoire d’une rencontre, d’un amour naissant. Le travail graphique est réussi et offre un nouveau regard sur l’histoire de Mourlevat sans en altérer l’essence. J’ai cependant été gênée parfois par les visages des personnages, un peu figés et pas toujours réguliers. Ces deux volumes n’en restent pas moins agréables à lire et permettent de redécouvrir cette histoire incroyable en la rendant accessible à un public plus large.

Je vous renvoie à l’avis de Bouma et celui de Vivrelivre pour le tome 1 et le tome 2.

Tome 1 :« Ainsi vous avez tout dans votre magasin? Vraiment tout? Alors… vous aurez peut-être de l’eau de la rivière Qjar? » D’où vient la jeune fille qui a posé cette question à Tomek, l’épicier du village? Lorsqu’il apprend que cette rivière coule à l’envers et que sa source a des propriétés surnaturelles, l’idée de partir ne le quitte plus. De la forêt de l’oubli au pays des Parfumeurs et de l’île inexistante aux flancs de la Montagne Sacrée, Tomek va vivre un voyage plein de rebondissements et de poésie. Trouvera-t-il la rivière quiCoule à l’envers et dont l’eau empêche de mourir?

Tome 2: « Cette histoire est la plus belle chose que je puisse t’offrir, car tu es ce que j’ai de plus précieux, Tomek ». Pour sauver sa passerine bleue, Hannah va entreprendre la plus grande aventure de sa vie. Sur la vertigineuse Route du Ciel, à travers le Désert, à la rencontre des silencieux ou vers le village des Parfumeurs, elle va parcourir des milliers de kilomètres pour trouver la Rivière Qjar, dont l’eau empêche de mourir. Parviendra-t-elle au bout de son voyage ? Retrouvera-t-elle Tomek, le jeune épicier au cœur pur ?

album

Maman (2018)

Auteure: Hélène Delforge

Illustrateur: Quentin Gréban

Editeur: Mijade

Pages: 66

Qu’existe-t-il de plus fort que l’amour qui unit une mère à son enfant? Lien unique qui se tisse durant la grossesse et les premiers instants de vie, l’amour maternelle est propre à chaque individu mais toujours inconditionnel. Parfois plus complexe, ce lien met du temps à se tisser mais, même s’il semble inexistant, il est bien là. Mais être mère est bien plus que de porter la vie ou de la donner ; si pour certaines il suffit d’un simple regard pour que se noue cet attachement, pour d’autres il ne viendra jamais. Maman parle de toutes ces mères, celles qui aiment, celle qu’on aime, celles dont on est privé, celles qui n’ont que des souvenirs à chérir…

Avant Amoureux, Hélène Delforge et Quentin Gréban signaient Maman, un magnifique album très grand format qui propose un large éventail de mères sur des doubles pages se partageant entre texte et illustration. La poésie et l’émotion des textes d’Hélène Delforge sont touchants de réalisme. Sublimés par les aquarelles de Quentin Gréban, ils s’inscrivent dans l’émotion pure d’un sentiment, d’une caresse, d’un mot, d’un instant volé entre deux êtres unis à jamais. Un album à offrir!

BONNE FETE à toutes les MAMANS ❤

Maman. Un des premiers mots du monde. Un nom unique, porté par des milliards de femmes. Un mot pour dire l’amour, la tendresse, le lien, parfois le manque. Il y a autant de mamans qu’il y a d’enfants. Pourtant, sur tous les continents, lorsqu’elles prennent leur bébé dans les bras, les mamans se ressemblent.

Documentaires /Livres jeux

La vie secrète des virus (2020)

La vida secreta dels virus

Auteurs: Collectif Ellas Educan

Illustratrice: Mariona Tolosa Sisteré

Traductrice: Laurana Serres-Giardi

Editeur: Rue du Monde

Pages: 24

Ils ont mauvaise réputation et pourtant certains ont leur utilité dans l’équilibre de la vie. Les virus sont partout autour de nous mais sur nous aussi. Si certains nous rendent malades, d’autres ont la capacité de lutter contre les infections. Alliés ou ennemis, La vie secrète des virus nous propose de découvrir ces êtres vivants microscopiques sous tous les angles.

Le collectif Ellas Educan propose un album de vulgarisation scientifique complet à destination d’un public assez jeune mais qui comblera aussi les parents qui ont parfois besoin d’une piqûre de rappel pour répondre aux questions. Les explications sont claires, précises et le texte est accessible à tous. Résolument dans l’air du temps, cet album explique aussi comment le Sars-Cov-2 est devenu un problème mondial.

Mes filles l’ont trouvé très intéressant et bien fait. Le texte a su répondre à quelques petites questions qu’elles se posaient. Nous sommes par ailleurs d’accord pour dire que les illustrations des virus sont vraiment amusantes et bien pensées, contrairement aux personnages humains qui sont assez vilains dans l’ensemble.

Nous recommandons Le vie secrète des virus à tous les petits curieux et les scientifiques en herbe!

L’avis d’Isabelle est à découvrir ICI.

J’ai le nez qui coule, un peu de fièvre, mal au ventre… Est-ce que j’aurais attrapé un virus? Il y a des virus partout: depuis la pointe de notre nez jusqu’au fond des océans, ils sont des milliards de milliards! La plupart ne provoquent pas de maladies, certains virus peuvent même être utiles! Mais d’autres sont vraiment dangereux… Ainsi, en 2020, tous les habitants de la planète ont dû faire beaucoup d’efforts pour éviter d’être contaminés par le coronavirus. Et tout le monde espère que des vaccins permettront rapidement de ne plus le craindre. Bon voyage dans l’univers fascinant des virus, pour tout découvrir sur ces minuscules microbes… et apprendre à s’en protéger.