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Villa Anima (2021)

Auteure : Mathilde Maras

Editeur : Gulf Stream

Collection : Echos

Pages : 320

A paraître le 23 septembre

Magdalène, seize ans, vit à Eau-Noire avec sa famille. Avec sa peau sombre et ses cheveux noirs, elle n’a jamais vraiment réussi à s’intégrer dans ce pays où tous sont blancs aux cheveux blonds. Sa différence physique attire les regards et les préjugés. Gouverné par la Main, le pays est soumis à des lois autoritaires et patriarcales qui laissent peu de place aux libertés et aux possibilités de s’élever socialement, encore plus si l’on est une fille/femme. Lorsqu’elle se découvre enceinte, Magda décide de passer les épreuves de la Villa Anima dont la réussite lui permettrait d’accéder à l’interruption de grossesse. Sur place, elle s’aperçoit que les épreuves ne sont peut-être pas aussi inaccessibles qu’on le dit. Alors que les dangers se multiplient, la jeune fille se lance à l’assaut des différents paliers, gorgée de l’espoir de changer son destin et celui de ses proches.

Villa anima est portée par une héroïne de caractère qui se bat pour changer le monde. Malgré ses peurs et ses doutes, elle arrive toujours à trouver la motivation nécessaire et suffisante pour continuer à avancer vers son objectif. Et quand elle flanche, ses proches ont toujours un mot pour l’aider à se relever. Les personnages secondaires ne sont pas nombreux mais l’auteure a su leur insuffler assez de personnalité pour les rendre intéressants. Notamment en la personne de Racal, une jeune fille forte, qui pratique les combats de rue pour subvenir aux besoins de sa famille et en Reynes Degraives, antagoniste par excellence. Manipulateur et Maître de cérémonie, il dirige la Villa Anima comme s’il en était le seigneur et maître. Il considère d’un très mauvais œil l’ascension d’une jeune fille du peuple, voyant en sa réussite la menace de l’équilibre politique et la porte ouverte à tous.

Mais c’est probablement la Villa Anima elle-même qui surprend le plus. De sa description personnifiée à la survenue d’évènements déconcertants, la villa semble animée d’une volonté propre qui bouleverse l’équilibre et trouble les facultés de jugements du lecteur tout autant que celui de l’héroïne. Elle semble opposer une résistance à Magdalène et à sa réussite, amenant la jeune fille à se questionner sur les intentions et les motivations réelles de ces tests qu’elle s’impose. A certains moments, il est difficile de déterminer si nous sommes encore dans la réalité, si la villa joue un rôle dans l’organisation des épreuves ou si cela vient d’une personne tapie dans l’ombre qui tirerait des ficelles bien plus emmêlées qu’il n’y parait.

Entre ses personnages féminins et le combat mené pour une plus grande égalité des genres, Villa Anima s’inscrit dans les romans dystopiques féministes. Malgré quelques longueurs, l’histoire est vraiment intéressante et interroge constamment, poussant à lire toujours plus pour comprendre où l’auteure souhaite nous emmener. L’écriture est très visuelle, permettant une plus grande immersion dans le récit. La construction du récit est intelligente et permet de suivre l’évolution de l’héroïne ainsi que le fonctionnement de cet empire qui enferme les gens dans un rôle défini par leur naissance et leur sexe.

Villa Anima est un premier roman séduisant, à l’écriture moderne. Son récit engagé, porté par des personnages attirants voir, pour certains, intrigants en fait un livre féministe qui plaira aux amateurs du genre. A découvrir cette semaine en librairie!

Je remercie les éditions Gulf Stream pour ce partenariat.

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Lorsque les portes massives de la Villa Anima se referment derrière elle, Magdalène a le sentiment d’être engloutie par un monstre. Mais dans cet endroit mythique foulé par les plus grands elle ne peut se retourner si elle veut atteindre son objectif : remporter la première épreuve de l’Esprit, celle de l’écharpe verte. Un simple morceau de soie qui lui octroierait un statut dans la société, alors qu’elle est une femme, ainsi que le droit de mettre un terme à cette grossesse qu’elle ne désire pas du haut de ses seize ans. Quelle sera la nature du défi à relever ? Nécessite-t-il, comme on le dit, des aptitudes spirituelles hors du commun ? Magda se prépare comme elle peut entre ces murs où elle assiste à d’étranges phénomènes, allant jusqu’à se demander si son esprit lui joue des tours… ou si quelqu’un ne souhaiterait pas la détourner de son projet. Le méprisant maître de cérémonie peut-être, devant lequel elle peine à étouffer une ambition nouvelle. Car, si elle parvient à obtenir la première épreuve, pourquoi s’arrêterait-elle en chemin ?

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Premères lignes #9

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine, je propose de découvrir un récit allemand écrit en 2004 par Walter Moers. Seul volume traduit en français semble-t-il, ce roman est pourtant le quatrième tome sur six de la série Zamonie. L’auteur est très connu outre-Rhin mais reste très discret et n’est jamais apparu en photo, probablement pour se protéger. En effet, suite à la publication d’une bande dessinée satyrique sur Adolf Hitler (Adolf, di Nazisau) il aurait reçu des menaces de la droite allemande. La Cité des livres qui rêvent est un récit fantastique dans lequel on croise de nombreuses créatures oniriques et horrifiques…

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La citadelle des Dragons

Quand un jeune habitant de la citadelle des Dragons est en âge d’apprendre à lire et à écrire, ses parents lui attribuent un parrain en écriture. La plupart du temps, il s’agit d’un membre de la famille ou du cercle étroit d’amis qui prend en charge l’éducation littéraire du jeune dragon. Le parrain lui enseigne l’écriture et la lecture, l’initie à la création poétique zamonienne, lui recommande des lectures et lui apprend le métier d’écrivain. Il lui fait réciter des poèmes, enrichit son vocabulaire – et ainsi de suite ; il ne s’agit que de mesures utiles au développement artistique de son filleul.

Dancelot de Tournerimes, mon parrain et oncle maternel, patriarche de la citadelle des Dragons, avait déjà plus de huit cents ans quand il me prit sous son aile. Dancelot était un versificateur sérieux, sans ambitions excessives ; il composait sur commande, essentiellement des éloges à l’occasion de fêtes. En outre, il était considéré comme un excellent auteur de discours de table et d’éloges funèbres. C’était plus un liseur qu’un écrivain, un être qui jouissait mieux de la page finie que de son élaboration. Membre de nombreux jurys littéraires, lecteur indépendant et nègre, il organisait des concours d’écriture. Lui-même n’avait rédigé qu’un seul ouvrage – Du plaisir horticole – dans lequel il avait brillamment thématisé le gavage du chou-fleur et les implications philosophiques du compostage. Dancelot aimait presque autant le jardinage que la littérature et ne se lassait jamais d’établir des parallèles entre la nature domestiquée et l’écriture. Un fraisier qu’il avait planté revêtait à ses yeux la même importance qu’un poème de sa composition : il comparait le nombre de rangées d’asperges à celui des rimes, un tas de compost équivalait à un essai philosophique. Permettez-moi, patients amis, de vous citer un bref extrait de son ouvrage épuisé de longue date – la description d’un simple chou-fleur bleu le dépeint de manière nettement plus vivante que des milliers de mots venant de moi :

[…] (à découvrir à la lecture 😉 )

Voilà du Dancelot de Tournemises tout craché. Attaché à la nature, amoureux de la langue, toujours précis dans ses observations, optimiste, un peu excentrique et aussi ennuyeux que possible dès qu’il s’agit de l’objet de son travail littéraire : le chou-fleur.

Je garde seulement de bons souvenirs de lui, à l’exception des trois mois qui ont suivi sa blessure à la tête causée par une pierre lancée avec une fronde – pendant l’un des nombreux sièges de la citadelle des Dragons. A l’époque, il se prenait pour une armoire remplie de lunettes pas nettoyées. Je craignais qu’il ne revienne plus de son univers démentiel, mais il guérit du grave coup reçu. Sa dernière grippe lui fut malheureusement fatale.

La Cité des Livres qui Rêvent de Water Moers, folio junior, 2021.

BD/manga·masse critique

La Ferme des Animaux – BD (2021)

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleur : Diego L. Parada

Editeur : Jungle

Collection : Pépites

Pages : 64

Adaptation du roman éponyme de George Orwell, cette bande dessinée s’adresse à un lecteur assez jeune. Le style graphique est précis, les cases se succèdent à un rythme suffisant pour donner vie à l’histoire comme le ferait un film d’animation. L’entrée dans l’histoire est d’ailleurs particulièrement intéressante de ce point de vue puisque le plan se rapproche peu à peu, partant d’un plan large sur la ferme à un plan rapproché sur un groupe d’animaux dont on ne distingue qu’une partie du corps. Pour nous amener à l’introduction de l’histoire : la réunion tenue par Sage l’Ancien qui va donner aux animaux l’idée de leur révolution. Par ailleurs le choix des couleurs et le trait des personnages permettent d’alléger le caractère plus violent de l’histoire.

L’adaptation est fidèle au récit à part quelques scènes supprimées et l’absence du chant patriotique « Bêtes d’Angleterre ». Si j’ai trouvé cela dommage, cela ne nuit absolument pas à la compréhension. Disons surtout qu’après la lecture du roman, cela sonne comme un manque. Par ailleurs j’ai trouvé la fin un peu précipitée, quelques planches de plus n’auraient pas été de trop pour conclure. Mais ce ne sont que des détails qui ne gêneront pas l’enfant.

On retrouve en fin d’ouvrage des jeux et des questions de compréhensions comme pour les autres titres de la collection. J’avoue ne pas m’arrêter sur ces pages. Mes filles (douze ans) disent avoir regardé mais ne pas y avoir trouvé d’intérêt particulier.

Je remercie les éditions Jungle et Babelio pour ce partenariat.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les hommes. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir. Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure. Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #8

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Après avoir lu d’un trait La ferme des animaux de George Orwell, je m’attaque à son autre roman célèbre, 1984. En voici les premières lignes.

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PREMIERE PARTIE

1

C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour éviter que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.

Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. A l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était cloué au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.

Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. A chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascendeur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

1984, de George Orwell, folio sf, 2021

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

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La Ville sans Vent (2020)

Auteure : Eléonore Devillepoix

Editeur : Hachette

Collection : Romans

Pages : 442

A Hyperborée, les habitants ne souffrent pas des intempéries liées au climat extrême de la région car la ville est enfermée sous un dôme protecteur. Sa construction en niveaux rattachés par des canaux en fait une cité inégalitaire dans laquelle ceux du bas vivent dans la pauvreté et la saleté alors que ceux du haut vivent dans l’opulence et le faste. Difficile de quitter la fange pour s’élever lorsque le passage des niveaux se monnaie au prix fort. Pour Arka, une bonne dose d’ingéniosité et une habileté combinée à une capacité à survivre hors du commun, seront la clé de la réussite. De courses de chevaux aux tests de l’Attribution, Arka réussit à se hisser parmi les élus qui pourront suivre la formation des mages au septième niveau. Elle est alors placée sous la responsabilité de Lastyanax, un génie dans son genre. 19 ans à peine et récemment élu plus jeune ministre d’Hyperborée, il doit s’assurer de préserver sa vie et celle d’Arka tout en enquêtant discrètement sur les conditions troublantes de la mort de son mentor. S’il espérait pouvoir compter sur son nouveau statut, il va vite déjanter.

Premier volet d’un diptyque de fantasy adolescente, La ville sans vent nous entraine dans un univers politique plus complexe qu’il n’y parait dans lequel un complot se trame dans l’ombre. La magie est omniprésente et les quelques sorts lancés, s’ils n’ont rien d’exceptionnels, servent à aider les personnages dans leur quotidien ou à se sortir de situations difficiles. La mise en place de l’intrigue est assez lente alors que la résolution finale m’a semblée rapidement traitée. Si j’ai trouvé les personnages intéressants et bien développés, j’ai eu plus de mal avec la ville en elle-même que je n’ai jamais vraiment réussi à me représenter. Si je reste sur un avis mitigé, l’intrigue a su donner un rythme intéressant au récit et le final a su laissé suffisamment de questionnements pour donner envie de lire la suite.

Lu en lecture commune avec Gabrielle, ce roman l’a bien plus séduite que moi. Elle a d’ailleurs enchainé avec la suite qu’elle a dévoré. Du haut de ses douze ans, elle est le public cible et on sent bien que son intérêt pour les univers fantastiques, la magie, les dystopies lui ont permis de pleinement apprécier ce roman, ses personnages et son intrigue.

***

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #7

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine, j’ai choisi d’écrire les premières lignes de ma prochaine lecture, La ferme des animaux de George Orwell. Publié en 1945, ce court roman dénonce le régime soviétique de l’époque sous la forme d’une fable animalière.

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1

M. Jones, de la ferme du manoir, avait certes poussé le verrou des portes du poulailler pour la nuit mais il était trop saoul pour se rappeler qu’il fallait aussi fermer les trappes. Le halo de sa lanterne oscillant dans un sens puis dans l’autre, il traversa la cour en titubant, se débarrassa de ses bottes à coups de pied, dans l’entrée de l’arrière-cuisine, tira au tonneau un dernier verre de bière et trouva son chemin jusqu’au lit où Mme Jones ronflait déjà.

A peine la lumière de la chambre fut-elle éteinte qu’une agitation, des bruissements d’ailes, se répandirent dans les bâtiments de la ferme. Toute la journée, on s’était donné le mot : Major l’Ancien, un Middle White autrefois primé, avait fait, la nuit précédente, un rêve étrange dont il voulait informer les autres animaux. Il avait été convenu qu’ils se retrouveraient tous dans la vieille grange, dès que M. Jones aurait laissé la voie libre. Major l’Ancien – c’est comme ça comme l’appelait, bien qu’il eût concouru sous le nom de Willingdon Beauty – était si respecté dans la ferme que tout le monde acceptait volontiers de perdre une heure de sommeil pour entendre ce qu’il avait à dire.

A l’autre bout de la grande, sur une sorte de tribune surélevée, Major était prêt, confortablement installé sur son lit de paille qu’éclairait une lanterne accroché à une poutre. Il avait douze ans et, depuis peu, il avait pris de l’embonpoint, mais c’était un cochon qui avait encore l’air sage, noble et bienveillant, bien qu’on ne lui eut jamais limé les canines.

La ferme des animaux de George Orwell, Le livre de poche jeunesse, 2021.
album

Le phare (2018/2021)

Hello, Lighthouse!

Auteur/Illustratrice : Sophie Blackall

Traductrice : Ilona Meyer

Editeur : des éléphants

Pages : 41

Après le très bon documentaire Comment fonctionne un phare ?, nous avons pris plaisir à en prolonger la lecture avec cet album dont le récit nous amène en pleine mer, au cœur dans phare isolé sur un rocher, pour y découvrir la vie du gardien. Sophie Blackall prend le temps de nous montrer son quotidien dès le jour de son arrivée, insistant sur l’importance de son rôle et sur le poids de la solitude. L’arrivée de son épouse puis de leur premier enfant ouvre sur la découverte d’un mode de vie unique et singulier.

Le récit est particulièrement intéressant et rythmé par l’écriture quotidienne dans le journal. Le lecteur est invité à découvrir un mode de vie dépendant des allers et retours d’une navette qui amène des produits essentiels à la vie, de l’alimentation à la culture en passant pas des médicaments, voir la venue d’un médecin. L’histoire s’achève sur l’évolution du fonctionnement des phares et la disparition d’un métier remplacé par des machines.

Les illustrations à l’encre de chine et à l’aquarelle sont magnifiques et offrent des plans divers qui subliment le texte. On appréciera aussi la lecture, en fin d’ouvrage, d’informations sur les phares et la vie des gardiens ainsi que le travail de recherches mené par l’auteure.

Au milieu de l’océan, un gardien de phare veille sur les navires de passage. Les jours passent et se ressemblent, obéissant à un immuable rituel : remplir la lampe d’huile, couper la mèche, astiquer la lentille, remonter le mécanisme de la lampe. Chaque événement est méticuleusement répertorié dans le journal de bord. Mais parfois, la routine est brisée par la tempête, le passage d’une baleine, le périlleux sauvetage de naufragés, l’arrivée du navire de ravitaillement ou de l’épouse tant attendue. Au côté du gardien, celle-ci veille sur le phare et sur la vie qui doucement grandit en elle.

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Sous ta peau, le feu

Auteure: Séverine Vidal

Editeur: Nathan

Collection: Court toujours

Pages: 288

XVIIIe siècle. Ange suit son père dans la pratique de la médecine. Lors d’une de leurs visites, ils font la connaissance d’Isabeau de Montagu, chatelaine de la région et de sa fille, Esmée. Seules survivantes de leur famille à cette épidémie, Isabeau souhaite que le médecin inocule sa fille afin de protéger la dernière personne chère qui lui reste. Pour Ange et Esmée, un regard suffit pour que naisse l’amour.

Récit historique, Sous ta peau, le feu est un roman qui entraîne dans une époque troublée, quelques années avant la Révolution française. La population vit dans la terreur de l’épidémie de variole qui fait rage et laisse planer l’intercitude sur l’avenir de tous. Séverine Vidal revient sur les débuts de la vaccination et le scepticisme quand à un procédé qui va à l’encontre des idées de l’époque, tant médicales que religieuses. S’attardant sur les symptômes de la maladie, les différents stades, l’abscence de traitement et l’importance du respect des règles sanitaires, sans oublier le rôle des soignants (quarantaine, masques, lavage des mains), elle dresse un parallèle troublant avec la pandémie que nous connaissons. Cela permet de relativiser notre situation et de poser un regard plus optimiste sur demain.

Mais Sous ta peau, le feu est aussi une histoire romanesque et féministe. L’auteure y dénonce le sort réservé aux femmes de l’époque. Appartenant à un père puis à un époux, elles se doivent de correspondre aux attentes d’une société qui les emprisonne dans un semblant d’existence qui ne laisse aucune place à la liberté. Dans leur attirance, leur relation naissante et leur passion, Ange et Esmée vont à l’encontre de tout ce que leur monde accepte ne laissant que peu d’espoir quand à un avenir commun heureux. Mais leur sincérité est si touchante que l’on a envie d’y croire. La description des émotions et de la découverte du premier émois amoureux jusqu’à l’exploration plus sensuelle des corps est d’une très belle justesse. C’est beau, tout simplement.

Sous ta peau, le feu est un roman très actuel dans les thématiques qu’il aborde mais permet aussi de faire le constat du chemin parcouru depuis le XVIIIe siècle. Un roman qui rappelle dans la thématique amoureuse le très beau film de Céline Sciamma, Portrait d’une jeune fille en feu, primé au Festival de Cannes.

Un grand merci à Séverine Vidal qui m’a permis de découvrir son roman en avant première.

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Bordeaux, 1764.
Ange Rouvray accompagne son père médecin dans ses visites auprès des malades. L’épidémie de variole fait rage et pour se protéger, il faut porter un masque, se désinfecter les mains, garder ses distances…
La jeune Esmée de Montagu a vu mourir en quelques semaines son père, son frère, ses sœurs. Elle reste seule avec sa mère, tellement pleine de chagrin qu’elle n’a plus de larmes. La comtesse Isabeau de Montagu, est obsédée par l’idée de garder sa dernière fille en vie. Elle veut tester sur elle une technique controversée et dangereuse et fait appel au docteur Rouvray, qu’elle espère ouvert à cette pratique nouvelle.
Lors de cette visite, Esmée et Ange se rencontrent. Et tombent amoureux.
Mais comment une histoire est-elle possible entre ces deux êtres que tout sépare ?

abonnement·IEF

Des abonnements

Une nouvelle année scolaire va commencer. Même si les abonnements des filles ne bougent plus vraiment, nous aimons ce rendez-vous annuel qui nous fait remettre sur la table celles des revues qu’elles apprécient. Des nouveautés se sont glissées dans le courant de l’année ou se profilent. Nous apprécions toujours autant les revues indépendantes qui en plus de la qualité offre une lecture sans publicités (autres que pour leurs propres produits). Allez! Je vous présente tout ça…

Les fidèles

Nous avons renouvelé l’abonnement de Gabrielle à la Salamandre Junior pour la cinquième… et très probablement dernière année. En effet, elle est prête à basculer sur la version adulte de la revue qui est complétée par quelques documentaires animaliers sous forme de DVD. Ce magazine est vraiment intéressant car il nourrit la curiosité des enfants au travers de reportages tout en leur donnant des pistes pour protéger la nature et des idées pour l’explorer.

Prix au numéro: 5€90 (6€50 le hors série) / Prix abonnement: 29€ (6 numéros) ou 39€ (6 numéros + 2 hors-série)

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Pour compléter cette revue, Gabrielle apprécie le magazine de la LPO: l’OiseauMag Junior. Comme son nom l’indique, elle permet de découvrir les oiseaux mais va plus loin en proposant également une ouverture à la nature pour apprendre aux enfants à protéger les espèces. On y trouve également des jeux, des bricolages, des concours et autres enquêtes. Nous avons par ailleurs appris que la LPO organise des activités natures pour les particuliers et les familles ponctuellement dans l’année. Nous pensons rejoindre le groupe de notre secteur.

Prix au numéro: 6€ / Prix abonnement: 24€ (4 numéros)

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Toujours intéressée par Georges, Juliette a choisi de renouveler cet abonnement qu’elle adore. C’est toujours un plaisir de découvrir les nouveaux numéros au graphisme moderne et la richesse des informations qu’ils apportent. Elle ne sélectionne plus les sujet désormais et le lit en entier, fait tous les jeux et bricolages proposés. Elle commence cependant à y trouver des limites…

Prix au numéro: 9€90 / Prix abonnement: 57€ (6 numéros)

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Nous maintenons également l’abonnement permanent au journal Mon quotidien que nous apprécions tous, les ainés et les parents le lisent également. C’est un très bon support pour se tenir informer de l’actualité et en parler en tenant compte de leur âge.

Prix variable selon la formule choisie

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Après une première année très enthousiasmante, nous avons également renouvelé l’abonnement à L’éléphant junior, cette revue qui réunit des sujets scientifiques, historiques, artistiques et autres sujets. Chaque numéros est bien pensé et propose différents sujets qui intéressent par leur côté ludo-éducatif.

Prix au numéro: 6€90 / Prix abonnement: 49€ (4 numéros + 2 hors-série)

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Philéas & Autobule est une revue indépendante belge accessible dans le monde entier. C’est un bimensuel de philosophie avec les enfants. Une façon de mieux comprendre le monde en partant d’un questionnement philosophique: A quoi ça sert, la force? Responsable, pour quoi faire? ou encore, L’amour, qu’est-ce que ça fait? Chaque numéro est complété par un dossier pédagogique téléchargeable sur le site de l’éditeur. Gabrielle a complètement adhérer à cette revue que nous allons continuer à exploiter pour des séances philosophiques. J’espère par ailleurs pouvoir intégrer Juliette en proposant ce moment durant les vacances scolaires. L’année s’annonce intéressante avec ces cinq thèmes: La solidarité, Utile/Inutile, Penser/Douter, La science, la liberté.

Prix au numéro: 4€ (+ frais de port variable selon pays de résidence) / Prix abonnement: 15€ pour la Belgique, 24€80 pour l’Europe, 30€ pour le Monde (5 numéros)

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Le petit nouveau

L’année dernière je vous disais être à la recherche d’un magazine anglais. Après plusieurs essais qui ne nous ont pas convaincues, nous avons trouvé une revue irlandaise (diffusée dans le monde entier) idéale pour nous qui aimons la littérature. The caterpillar est une revue qui se destine aux enfants à qui elle propose des poèmes et des nouvelles mises en valeurs par de très belles illustrations. Elle a remporté le prix Best Educational Magazines for children 2020 dans la catégorie junior magazine. Nous avons eu un gros coup de cœur à la lecture de notre premier numéro ce qui a déterminé la mise en place de l’abonnement. Gabrielle prend par ailleurs plaisir à en traduire les textes.

Abonnement à durée libre : 8€/saison / Abonnement annuel : 32€ (4 numéros)