BD/manga

Junker

Junker

 

Auteur/ Illustrateur:  Simon Spruyt

Traducteur: Daniel Cunin

Editeur: Cambourakis

Pages: 192

Pas facile de donner mon avis sur cette bande dessinée unique en son genre. L’histoire nous emmène en Prusse où l’on suit deux frères élevés dans au sein d’une noblesse décadente, en perte de vitesse. Le monde du début du XXe siècle amorce un grand nombre de changements. Ainsi, Ludwig et Oswald sont envoyés à l’école des cadets pour perpétuer la tradition familiale et devenir cavaliers. Ludwig apparaît rapidement différent, plutôt solitaire, mais s’il est un domaine dans lequel il excelle c’est bien celui du tir. Il devient d’ailleurs rapidement le meilleur tireur de toute l’école. Et voilà qu’arrive la mitraillette Maxim qui exerce sur lui une véritable attraction… Une passion qui le conduira à changer le cours de l’Histoire.

Junker parle d’Histoire, de relations familiales, d’honneur, de fratrie, d’héritage et de changements, à la veille de la Première Guerre Mondiale. Simon Spruyt signe un titre audacieux entre une narration chapitrée, un style graphique étonnant (les personnages secondaires n’ont qu’un visage brouillon identique) et une colorisation en bleu (de Prusse?), plus au moins gris, proche du monochrome qui apportent une profondeur étonnante et font passer l’intensité de l’histoire. L’ensemble donne un ouvrage original, une uchronie pertinente à découvrir sans hésitation.

Début du XXe siècle, quelque part en Prusse. Ludwig et Oswald von Schlitt sont deux frères que tout oppose et au destin tout tracé: seuls garants de l’honneur de leur nom, ils sont envoyés à l’école des cadets où ils apprennent à servir leur roi, l’impopulaire Guillaume II, et perpétuent ainsi la tradition de cette famille où l’on est cavalier de père en fils. Mais Ludwig, lui, n’a d’yeux que pour la fameuse mitrailleuse Maxim, arme diabolique dont il décèle les failles et perce le mystère, jusqu’à succomber à sa fascination – et changer le cours de l’histoire.

BD/manga

Sacha et Tomcrouz, tome 1. Les Vikings

Auteure: Anaïs Halard

Illustrateur:  Bastien Quignon

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Pages: 86

Sacha est un jeune garçon de dix ans, passionné par les sciences, véritable coqueluche des filles de l’école. Pour son anniversaire il a demandé un rat, animal intelligent dont il espère bien avoir un peu d’aide pour mener à bien ses expériences. Quelle n’est pas sa surprise quand il se retrouve avec un chihuahua, chien jugé plus mignon que le rat par la mère fantasque du héros, mais a l’air complètement idiot. Sacha le baptise Tomcrouz, l’idole de sa mère. Après un petit incident, Sacha et Tomcrouz sont propulsés à l’époque Viking avec une épée Ulfberth (épée rare de grande qualité). Commence alors l’aventure de Sacha et Tomcrouz et le début d’une belle amitié.

Cette bande dessinée avait tout pour me plaire, entre une publication dans la collection Métamorphose des éditions Soleil, un titre sympathique, une première de couverture attrayante, et le concept de voyage temporel, certes pas original, mais tout du moins prometteur. Mais je n’ai pas été convaincu au final. Ni par l’histoire ni par les personnages, même s’il faut reconnaître que certains personnages secondaires sont plutôt sympas – mention spéciale au bellâtre viking qui m’a bien fait rire. Si les idées sont bonnes, je les ai trouvé sous-exploitées. De même le dessin est sympa mais les couleurs manquent de peps, pourtant certaines planches sont de toute beauté, les plans larges et les scènes de nuit sont particulièrement réussis… Mais au final j’ai trouvé l’ensemble assez brouillon.

De leur côté, mes filles ont bien aimé et espèrent bien lire la suite. Elles ont trouvé Tomcrouz très drôle et attachant et le voyage dans le temps leur a bien plu. Elles ont aimé l’humour et l’ambiance générale de l’histoire et le dessin. Comme elles sont plus dans l’âge cible de cette bande dessinée que moi, je me dis que je suis sans doute passée à côté de quelque chose.

« Je m’appelle Sacha Bazarec et je vis dans une maison remplie d’objets chinés. Pour mes dix ans, je rêvais d’un rat méga intelligent, mais j’ai reçu un chihuahua… C’est un chien et pourtant, il n’obéit à rien du tout! Je l’ai appelé Tomcrouz, comme l’idole de ma maman. J’ai eu beau lui demander de ne pas mettre le boxon, je l’ai retrouvé, un matin, couvert de gelée incandescente. Depuis, il se produit un phénomène étrange et on se retrouve transportés dans des endroits bizarres, à travers le temps… »

BD/manga

La Forêt Millénaire

Auteur/Illustrateur: Jirô Taniguchi – Traductrice: Caroline Quentin – Editeur: Rue de Sèvres – Pages: 75 (édition augmentée)

Oeuvre inachevée de Jirô Taniguchi, La Forêt Millénaire est un hymne à la nature. L’auteur, l’artiste, voulait transmettre un message d’harmonie, de communion entre l’homme et son environnement, il n’aura eu le temps que d’en tracer les premières planches avant de s’éteindre trop tôt en 2017. Ce projet devait compter plusieurs volumes, il n’y en aura qu’un seul. Un ouvrage qui dégage poésie et douceur; les illustrations couleurs se suffisent presque à elles-même, magnifiées par le format à l’italienne et les dégradés de vert.

Les éditions Rue de Sèvres ont fait un travail magnifique en offrant une édition augmentée d’un carnet de croquis et d’un entretien avec l’éditeur japonais qui met en avant le travail de Jirô Tanuguchi, ses désirs pour cette série et plus généralement pour faire évoluer le monde de l’édition japonaise. On ne peut tourner la dernière page sans penser à son auteur, à l’ensemble de son oeuvre et à ce qu’il aurait encore pu transmettre.

Je vous invite à lire les avis de Pépita et de Moka.

Après un terrible séisme, une forêt depuis longtemps disparue émerge dans les environs de Tottori. Un jeune garçon tout juste arrivé de Tokyo perçoit les vibrations de cette forêt et entend même les murmures des êtres qui la peuplent. Dans cette vibrante ode à la nature qui nous suggère qu’il est possible à l’homme de vivre en harmonie avec son environnement, l’auteur nous invite, en douceur et en finesse, dans l’intimité de cet endroit qui lui est cher.

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Les Vermeilles

 

Auteure/Illustratrice: Camille Jourdy

Editeur: Actes Sud BD

Pages: 160

 

 

Fuyant le pique-nique familial, la petite Jo s’enfonce dans la forêt merveilleuse où elle rencontre des créatures fantastiques, sur le point d’affronter leur plus redoutable ennemi, un empereur-chat au caractère de cochon, afin de libérer leurs amis retenus prisonniers dans son château. Jo et ses nouveaux amis vont vivre une aventure incroyable, riches en émotions et en péripéties.

Voilà un roman graphique très riche de part son format et son contenu. Camille Jourdy, dont nous avions aimé le trait dans truffe et machinnous emmène à l’aventure en plein cœur de l’imaginaire de l’enfance. Entre références évidentes et imagination personnelle, Les Vermeilles sont une invitation à la rêverie et à l’aventure. Si mes filles et moi-même avons été charmé par les aquarelles pleine de douceur de l’auteure, son texte ne nous a pas laissé en reste. Humour et situations riches en rebondissement nous ont tenu en haleine d’un bout à l’autre de ce récit initiatique original dont l’héroïne ressort grandie.

L’avis d’Isabelle est ici!

Beau temps pour un pique-nique ! Pas pour Jo, la cadette, qui fuit sa famille recomposée le temps de se perdre dans une forêt mystérieuse, loufoque et pleine de vermeilles. Camille Jourdy offre aux jeunes lecteurs un récit initiatique de haute voltige.

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Les Contes de la Ruelle

Lǎo jiē de tónghuà

Auteur: Nie Jun

Traducteurs: Qingyuan Zhao & Nicolas Grivel

Editeur: Gallimard

Collection: Bande Dessinée

Pages: 128

Yu’er est une enfant qui souffre d’une paralysie des membres inférieurs, son grand-père prend soin d’elle au quotidien et l’accompagne à vélo dans ce vieux quartier de Pékin où ils vivent, l’encourageant à réaliser ses rêves. Dans ce recueil de quatre nouvelles il est question d’apprendre à nager, d’une collection de timbres un peu particulière, d’insectes et de l’art délicat de la peinture. Si la ruelle sert de fil rouge, les points communs entre ces quatre histoires tiennent de la magie qui s’en dégage, de la poésie omniprésente et de la beauté des aquarelles de Nie Jun.

Tout comme dans Aweto, j’ai été particulièrement séduite par le trait unique de Nie Jun et les couleurs lumineuses de son dessin. Bien que plus encrés dans la réalité, Les contes de la ruelle dégagent chacun à leur manière beaucoup de magie au travers de situations qui défient le temps, l’espace ou la pesanteur. Le texte aborde la question du handicap de l’enfant et l’investissement de ses proches pour l’accompagner, le protéger mais aussi et surtout l’aider à croire en lui et en ses rêves, l’aider à grandir. C’est touchant, peut-être parfois un peu mièvre mais la ruelle abrite des gens merveilleux qui la rendent presque féerique.

Dans un vieux quartier de Pékin, Yu’er et son Pépé Doubao vivent leur quotidien à la manière d’un conte de fée.

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Un été d’enfer!

Be Prepared

 

Auteure/Illustratrice: Vera Brosgol

Traductrice: Alice Delarbre

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 256

Vera, neuf ans, aimerait trouver sa place dans son groupe de copines. Originaire de Russie, elle ressent un décalage important avec les petites américaines et souhaiterait vraiment s’intégrer. Chaque été la ville est désertée par les enfants qui partent en colonie; seuls Vera et son frère restent à hanter les parcs à jeux. Mais cette année, Vera a tout prévu, elle passera deux semaines dans un camp spécial pour les enfants russes et aura plein de choses à raconter à la rentrée. Après avoir rêver pendant des mois des expériences qu’elle va vivre, s’être préparée longtemps à l’avance, Vera est heureuse quand arrive enfin le temps du camp d’été…

Tout comme dans La vie hantée d’Anya, Vera Brosgol aborde les difficultés à trouver sa place lorsque l’on se sent différent. Elle signe un récit autobiographique en se replongeant dans ses souvenirs de jeunesse dans ce même camp où elle passa deux étés. De son propre aveu, elle a cumulé les moments les plus marquants de cette double expérience, enrichis des souvenirs de son frère, pour rendre son histoire plus fertile. Cela donne une aventure pleine d’humour et de situations cocasses qui ne manqueront pas de rappeler à ceux qui ont connu les colonies de bons et de moins bons moments. Au delà de l’humour, l’auteure aborde aussi avec justesse la solitude et l’exclusion. Son trait tout en rondeur est toujours aussi agréable et si la mise en couleur dans ce camaïeu de vert n’est pas des plus attrayante au premier abord, elle fonctionne très bien dès l’instant où l’on se retrouve en pleine nature, au cœur de la forêt.

Un été d’enfer ! est un roman graphique au style résolument moderne qui aborde intelligemment le besoin et la nécessité d’avoir des amis et surtout l’importance de les choisir selon ce que l’on est au fond de soi. Coup de cœur!

L’avis de Sophie est ICI!

Tout juste arrivée de Russie, Vera aimerait tellement que ses copines américaines la considèrent comme l’une des leurs. Mais ses multiples tentatives pour y parvenir sont rarement couronnées de succès… Son rêve: que sa maman, qui l’élève seule avec son frère et sa sœur, puisse un jour l’envoyer dans une de ces luxueuses colonies de vacances du pays. Vera sait bien que sa famille n’a pas les moyens de se permettre ce privilège. Pourtant, elle trouve une solution, et la voilà inscrite pour deux semaines, et elle compte bien profiter de tout à fond! Et si ce n’était pas si cool que ça, la colo?

 

BD/manga

Le Boiseleur, tome 1. Les Mains d’Illian

Auteur: Hubert

Dessinatrice:  Gaëlle Hersent

Editeur:  Soleil

Collection: Métamorphose

Pages: 96

Solidor est une ville isolée qui abrite en son sein une multitude d’oiseaux exotiques. Des oiseaux aux couleurs chatoyantes, aux chants mélodieux… des oiseaux en cage. Chacun rêve d’avoir un oiseau plus merveilleux que celui de son voisin et quoi de mieux comme cage exceptionnelle pour exhiber un animal exceptionnel. Illian est apprenti sculpteur talentueux, à tel point que maître Koppel, n’a plus besoin de travailler pour s’enrichir. Il exploite le jeune homme qui compte les jours où il sera enfin libre. Illian rêve aussi d’avoir un oiseau à lui; à défaut de pouvoir se l’offrir, il choisi de s’en fabriquer un sur un morceau de bois de atelier. Sans le savoir il vient de lancer un nouveau commerce qui aura des repercussions sur toute la cité.

La collection Métamorphose des éditions Soleil se veut à chaque fois un bonheur pour les yeux du lecteur de part une mise en page dynamique qui n’enferme pas les illustrations dans des cases, n’hésitant pas à les mettre en avant dans des doubles pages incroyablement réalisées. Le trait de Gaëlle Hersent sublime le texte poétique de Hubert, un récit aux aires de conte de fées qui invite à la réflexion sur les rapports de l’homme à la nature et dénonce la (sur-)consommation liée aux effets de mode. L’ensemble forme un écrin de douceur, aux couleurs chatoyantes. On en redemande!

En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l’impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu’il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d’être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture. Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d’imaginer les répercussions sur toute la ville…

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Aweto, tome 1. La chasse est ouverte

Auteur: Nie Jun

Traducteurs: Qigyuan Zhao & Nicolas Grivel

Editeur: Gallimard

Collection: Bande Dessinée

Pages: 136

L’histoire prend place dans la Chine médiévale, au temps de la dynastie Tang. Guidés par une nuée d’insectes qu’il a le pouvoir de contrôler, Xinyue, son frère Qiliu et sa mère parcourent la route de la soie à la recherche d’aweto, mythique plante médicale convoitée par les riches marchands. L’aweto pousse sur le sommet des Chadolos, divinités de la terre, devenus si rares qu’ils en sont presque légendaires. Si pour Qiliu et leur mère, cette quête est le cœur de leur existence, Xinyue participe à la chasse mais tout en restant détaché. Il est encore plein de l’insouciance des enfants et se contente de suivre le mouvement et de faire ce qu’on attend de lui. Lorsqu’il épargne un bébé Chadolo, il est loin de se douter qu’il va changer son destin à jamais.

Premier volume d’une pentalogie annoncée, La chasse est ouverte est une invitation au voyage, une aventure féerique emprunte de poésie et de magie. Les illustrations de Nie Jun sont lumineuses de couleurs aquarelles et nous transportent dans un univers peuplé de créatures légendaires et mythiques. Si l’histoire reste assez sommaire et n’attend qu’à être développée dans les prochains volumes, j’ai été complètement séduite par les illustrations des paysages colorés qui, tout en étant symbolisés par des êtres fictifs, nous transportent littéralement dans les montagnes multicolores de Danxia.

Fable écologique, récit d’aventure, Aweto amène une réflexion sur l’action de l’homme sur la nature, les effets de son exploitation avec notamment l’expansion du Désert de Gobi.

Sur la route de la soie, Xinyue et son frère Qiliu chassent les awetos, des plantes convoitées pour leurs vertus médicinales. Mais ils espèrent surtout mettre la main sur la plus précieuse d’entre elles, l’aweto céleste, gage d’immortalité…

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La vie hantée d’Anya

Anya’s Ghost 

 

Auteure: Vera Brosgol

Traductrice: Alice Delarbre

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 223

 

Anya est une adolescente avec tout ce que cela implique de petits tracas quotidien: un frère pot de colle, une mère encombrante, le lycée, les relations amicales et amoureuses. Mal dans sa peau à cause de légères rondeurs et surtout de ses origines russes, Anya a l’impression de porter toute la misère du monde sur ses épaules. Après une journée particulièrement éprouvante, elle tombe dans un ancien puits où elle fait connaissance avec le fantôme d’Emily, une adolescente morte quelques décennies plus tôt… fantôme qui va la suivre en dehors du trou et transformer sa vie.

Vera Brosgol signe un roman graphique enrichi de ses expériences personnelles sur les difficultés d’intégration dans  un pays qui n’est pas le sien. Son trait tout en rondeur à la mise en couleur presque monochrome est particulièrement réussie et convient parfaitement à la cible de lectorat visée. Elle aborde avec pertinence les troubles de l’adolescence et notamment les difficultés à trouver sa place lorsque l’on est différent. Le personnage fantomatique d’Emily permet à Anya de se remettre en question et de réfléchir à ce qui compte vraiment pour elle.

La vie hantée d’Anya est un récit initiatique convaincant rendu un brin effrayant par l’histoire de fantôme.  Mes filles de bientôt onze ans ont eu un gros coup de cœur pour cette histoire même si les thématiques abordées ne les concernent pas encore toutes. Il est certain que nous lirons d’autres titres de Vera Brosgol.

 

La vie d’Anya est un vrai cauchemar. Une famille « gênante », des rondeurs mal placées, et un accent russe qui complique considérablement son intégration au lycée. Pour couronner le tout, la voilà qui dégringole dans un puits où elle tombe nez à nez avec un fantôme. C’est Emily, tombée là elle aussi quelques décennies plut tôt. En l’aidant à sortir du trou puis en lui donnant de précieux conseils, Emily devient vite la meilleure amie d’Anya. Enfin, c’est ce qu’elle croit…

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Calpurnia BD, Tome 2

 

D’après: Jacqueline Kelly

Illustratrice: Daphné Collignon

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 90

Une année s’est écoulée depuis la sortie du premier tome de la bande dessinée adaptant Calpurnia de Jacqueline Kelly. L’attente fut longue et c’est avec un immense plaisir que mes filles et moi-même avons lu ce deuxième tome.

Un deuxième tome qui dégage une autre ambiance que le premier, une ambiance moins lumineuse. En effet, cette deuxième partie s’appuie sur les épisodes de mal-être de Calpurnia, qui sent que son sexe est un frein à l’épanouissement d’une vie qu’elle pourrait choisir. Alors qu’elle rêve d’université et de sciences, sa mère souhaite la préparer à entrer dans le monde et à en faire une parfaite petite ménagère. Calpurnia ne sait vers qui se tourner pour faire comprendre que ses rêves ne sont pas ceux de sa mère. Même son grand-père semble trouver bien qu’elle apprenne à tricoter et cuisiner, des choses qui lui ont été très utiles à lui aussi lorsqu’il a fait la guerre et qu’il ne pouvait compter sur l’aide d’aucune femme. Entre une volonté d’étudier et la nécessité d’apprendre à être autonome, Calpurnia doit apprendre qu’il existe un juste milieu et que les deux ne sont pas incompatibles pour peu que l’on s’en donne les moyens.

A l’image de la couverture, les planches de Delphine Collignon sont une alternance de pages en sepia et de pages toutes en nuances de noir et blanc. Les premières illustrent le quotidien et les moments de bonheur de Calpurnia, ses jeux et études scientifiques dans la nature; alors que les secondes sont à l’image de son humeur déprimée. Ce jeux des couleurs offrent une réelle immersion dans les émotions dégagées par le jeune fille et son histoire. L’ensemble se veut une album de toute beauté aux planches plus abouties.

« Il y avait peut-être une place pour moi dans ce monde, après tout. Une place où je ne serais ni étrange, ni égoïste, où je ne serais une déception pour personne. Qui pourrait être déçu par une femme qui découvrirait tant de merveilles scientifiques? Ma mère, sans doute. Mais je ne voulais pas y penser. »