anglais·roman graphique

Anne of Green Gables – a graphic novel (2017)

Adaptation : Mariah Marsden

Illustratrice : Brenna Thummler

Editeur : Andrews McMeel Publishing

Pages : 230

Après le succès du roman de Lucy Maud Montgomery auprès de Gabrielle, je cherchais une façon de prolonger le plaisir en se détournant de la série sans vraiment m’en éloigner. Alors qu’elle me demandait une nouvelle lecture en anglais, j’ai trouvé cette adaptation graphique dont la couverture pleine de promesses n’a laissé aucune place à l’hésitation.

Quand nous avons ouvert cette bande dessinée, je crois que nous avons eu la même réaction, le même mouvement de recul face à des personnages aux traits particuliers : le rouge du nez, la forme des yeux, la taille de la bouche leur donnent un aspect articulé assez étrange. Pourtant, Gabrielle et moi sommes d’accord pour dire que cela ne dure pas et que finalement cela fonctionne même plutôt bien, notamment sur Anne qui est décrite comme assez banale voir peu jolie dans son enfance ; les changements s’opèrent avec le temps et Anne embellit grâce à l’amour et à la vie plus saine que lui offre son nouveau foyer.

Par contre nous avons été séduites par les paysages aux couleurs tantôt pastelles, tantôt vives qui marquent le changement des saisons, donnant le rythme au récit parfois un peu rapide dans l’enchaînement des situations. Des couleurs qui jouent aussi sur les émotions en passant du chaud ou froid. Et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé, chacune de notre côté, les personnages qui peuplent le monde de l’unique et attachante Anne Shirley. Nous avons immédiatement retrouvé notre héroïne au grand cœur et à l’imagination fertile. L’adaptation est très fidèle, reprenant les faits majeurs du récit original, respectant le ton général, l’humour et l’émotion que Montgomery a mis dans son texte.

Anne of Green Gables – a graphic novel est un format qui se prête à la découverte d’une héroïne et d’un texte classique. Les jeunes lecteurs, qui pourraient avoir peur de s’attaquer au roman, se laisseront plus facilement séduire par se format qui ravira également les fans de la série. Ils devraient, tout comme nous, retrouver Anne sur son Ile-du-Prince-Edouard et ne plus avoir envie de partir tant la magie opère dès les premières pages, prolongeant avec délice la lecture du roman dans une envolée poétique et sensible. Le format se prête aussi très bien aux jeunes apprenant l’anglais et pour ceux qui préfèreraient lire dans la langue de Molière, sachez qu’il existe une version française aux éditions Scholastic.

When Matthew and Marilla Cuthbert decide to adopt an orphan to help manage their family farm, they have no idea what delightful trouble awaits them. With flame-red hair and an unstoppable imagination, 11-year-old Anne Shirley takes Green Gables by storm.

L.M. Montgomery’s classic story finds whimsical new ewpression in this graphic novel – perfect for newcomers and kindred spirits alike.

BD/manga·Bilan·Le coin de Gaby

Lectures de Février

Bilan (incomplet) de mes lectures – Gabrielle (12 ans 8 mois)

Sherlock, Lupin et moi tome 1 et 2 sont des livres que j’ai lu pour la continuité de mon cheminant en littérature autour de Sherlock Holmes. Les livres parlent de l’enfance de Irene Adler, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Ils résolvent des enquêtes qu’eux seuls arrivent à déjouer.

Note : 5 sur 5.

Sherlock, Lupin et moi tome 1 (2017) et tome 2 (2018), Irene Adler, Edition Albin Michel

Red Queen est mon roman coup de cœur du mois. C’est une dystopie. L’histoire prend place dans un monde où les gens sont classés par sang : les Argents ont les sang argent et des pouvoir magiques alors que les Rouges ont le sang rouge et aucun pouvoir. Mare, est une rouge un peu spéciale car elle a un pouvoir magique ( je ne dirais pas lequel) et va devoir vivre chez le roi. Intrigant et addictif, je l’ai dévoré.

Note : 5 sur 5.

Red Queen, Victoria Aveyard, Livre de Poche, 2016

Les géants est ma BD coup de cœur du mois, Erin, Siegfried, Bora et Leap sont des enfants ayant un pouvoirs : parler avec des géants venus sur Terre pour battre le puissant géant Alyphar.

Note : 5 sur 5.

Les géants, tome 1, 2 et 3, Lylian Drouin Lorien et Russo, 2020,2020,2021, Glénat

BD/manga

Kodi (2021)

Auteur : Jared Cullum

Traducteur : Mickaël Géreume

Editeur : Komics Initiative

Collection : Mavericks

Pages : 189

Katya est une fillette introvertie qui passe ses vacances en Alaska avec sa grand-mère. Poussée à sortir par cette dernière, la fillette est surprise par l’orage et tombe littéralement sur un ours en plein cœur de le forêt. Affamé et blessé, celui-ci est tout aussi surpris par cette rencontre qui va bouleverser leurs existences. Car plutôt que de s’enfuir, Katya court chercher sa grand-mère pour venir en aide à cet animal coincé sous un arbre. Kodi, ainsi baptisé en raison de son espèce (ours kodiak), s’installe dans la chambre de Katya jusqu’à son départ précipité pour Seattle. Abandonné et seul, l’ours part à la recherche de l’enfant.

Kodi est l’histoire d’une rencontre improbable entre une enfant et un ours solitaires. Improbable certes mais la magie opère devant cette complicité et cet attachement qui naissent sous nos yeux ébahis par tant de beauté et d’expressivité. Kodi c’est aussi la rencontre avec un artiste : Jared Cullum n’a que quelques titres à son actif et celui-ci est le premier qui arrive en France grâce à Mickaël Géreume, séduit par les aquarelles de l’artiste américain, formé en autodidacte en s’inspirant d’artistes européens. Des paysages sauvages de l’Alaska à ceux plus urbanisés de Seattle, sa palette de couleurs se renouvelle au fil des pages mais captive d’un bout à l’autre par le réalisme et la lumière qui s’en dégagent. Une lumière que l’on retrouve dans la richesse des expressions de ses personnages dont la diversité des traits permet une identification immédiate.

Fable enfantine, Kodi est un récit sensible et tendre, une histoire d’amitié éternelle née d’un moment imprévu, inattendu et d’une action guidée par la générosité et l’amour. A lire et relire sans modération !

Quelque part en Alaska, Katya passe ses vacances dans le chalet de sa grand-mère. Ses seuls amis, elle le trouve dans les bandes dessinées. Un jour, sa route croise celle d’un ours kodiak. Blessé, affamé, il fait peine à voir. Pas le choix ! Il faut l’aider. La naissance d’une amitié, ça tient parfois à rien !

BD/manga·Bilan·Le coin de Gaby·roman·roman ado

Lectures de janvier

Bilan de mes lectures – Gabrielle (12ans 7mois)

Les enquêtes d’Enola Holmes est une adaptation du roman du même nom. Enola est la sœur du célèbre Sherlock Holmes et son frère Mycroft. Sa mère a disparu et elle décide de la retrouver. J’ai lu 5 tomes sur 6.

Note : 4.5 sur 5.

Les enquêtes d’Enola Holmes, Serena Blasco, Miss Jungle!, 2015

Typos se passe dans un monde où la technologie a beaucoup avancé. Typos, c’est une équipe d’agents secrets qui aide les gens qui souhaitent publier un message contre le gouvernement. J’ai adoré ce livre qui, avec une pointe d’humour, nous montre comment la résistance peut avancer grâce à la presse.

Note : 5 sur 5.

Typos, fragment de vérité, Pierdomenico Baccalario, Flammarion, 2014

Dys sur 10 est un livre que j’ai lu pour une lecture commune (club de lecture). Dylan est un adolescent de 14 ans. Il est dyslexique, dysorthographique et dyscalculique. L’école, c’est dure pour lui car il ne veut pas que l’on sache son secret.

Note : 5 sur 5.

Dys sur 10, Delphine Pessin, Pocket junior, 2021

Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens est un livre que j’ai beaucoup aimé. Simon Spiers est une adolescent de 16 ans. Ce que personne ne sait, excepté Martin, un de ses camarades de classes, Simon est gay. Et il compte bien s’en servir au détriment de Simon, qui, va de voir faire quelque chose pour Martin…

Note : 4.5 sur 5.

Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens, Becky Albertalli, Hachette, 2015

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Et vous, qu’avez-vous lu?

BD/manga·roman graphique

Terre Ferme (2021)

Auteure : Aurélie Castex

Illustratrice : Elise Gruau

Editeur : Marabout

Collection : Marabulles

Pages : 176

Pour sauver l’exploitation agricole familiale, Xavier et sa sœur Emmanuelle, n’ont d’autres choix que de se convertir au bio, ils ont tout à apprendre… et à désapprendre. Accompagnés dans leur transition, ils doivent réapprendre leur métier pour que la productivité se mettent en place efficacement et durablement. Ils se confrontent aux difficultés d’un métier déjà pas facile mais aussi à des croyances encrées dans leur esprits comme des vérités universelles alors qu’elles ne sont souvent que le résultat d’une agriculture dirigée pour la production de masse.

De la prise de conscience aux premiers résultats, Aurélie Castex et Elise Gruau signent un roman graphique sur la transition écologique d’une ferme d’élevage de vaches laitières. Ce récit est né de leur intention d’offrir un témoignage sur le passage au bio d’agriculteurs passionnés par leur travail ayant la volonté de sauver l’exploitation familiale en offrant à leurs bêtes de meilleurs conditions de vie. L’histoire est tirée de leur nombreuses rencontres et des discussions et offre un regard réaliste sur un mode de vie méconnu avec ses difficultés et ses victoires. Le texte est concis et laisse beaucoup de place aux illustrations aux couleurs chatoyantes.

J’ai aimé suivre les aventures de ses deux personnes, aidés de leurs amis/voisins exploitants, leur détermination, leurs espoirs et aussi leurs inquiétudes sur un avenir qu’ils ne métrisent pas. Au fil des pages on prend conscience que la transition au bio n’est pas qu’un changement de direction dans leur travail. Car finalement c’est en eux que s’opèrent les changements majeurs qui les poussent à réfléchir à d’autres alternatives pour accompagner leurs vaches au-delà de ce qu’elles ont à leur offrir en lait car la relation homme/animal prend une tournure différente en plaçant le respect en son centre. C’est un vrai coup de cœur !

Je remercie les éditions Marabout et Babelio pour cette excellente lecture faite dans le cadre de Masse Critique.

« Et si c’était la révolution qu’on n’espérait plus ? » Xavier et sa sœur Emmanuelle, enfants et petits-enfants d’éleveurs laitiers racontent l’aventure du passage en bio de leur ferme. Mais comment garder la mesure dans un monde qui pousse à la démesure ?

BD/manga·Le coin de Gaby·roman ado

Lectures de Décembre 2021

Récapitulatif de mes lectures principales – Gabrielle (12 ans 1/2)

J’ai adoré CHERUB 100 jours en enfers, qui parle d’un orphelin, James. Il se retrouve dans une base secrète où il doit faire une initiation de 100 jours, comment va-t-il s’en sortir ?

Note : 5 sur 5.

Robert Muchamore, CHERUB Missions 01: 100 jours en enfer, CASTERMAN, 2019

Moriarty est une adaptation en manga de Sherlock Holmes, mais vue par les yeux de James (Jim) Moriarty. Un peu violent, le manga regroupe tous les personnages de la série d’origine. J’ai lu trois tomes sur seize (dont onze sortis en français).

Note : 5 sur 5.

Moriarty, Ryosuke Takeuchi, Edition dark kana, 2016

J’ai bien aimé Une étude en rouge, qui parle de la première enquête de Sherlock Holmes et de son fidèle ami, John Watson. Ils doivent résoudre une enquête sur une série de meurtres.

Note : 4 sur 5.

Une étude en rouge, Sir Arthur Conan Doyle, folio junior, 2010

J’ai adoré la série Les Vigilantes car elle est très intéressante. C’est l’histoire de Anna, une orpheline élevée au Foyer, une sorte de bâtiment où sont regroupés tous les orphelins. Vers 11,12 ans ils doivent passer un test qui les assignera à une des trois classes : les Stratèges, les Vigilantes et les Corvini (les Stratèges étant les mieux classés). Anna se retrouve chez les Vigilantes et devra réussir à passer une grosse étape de l’apprentissage en surveillant une famille.

Note : 5 sur 5.

Vigilantes 1 Le Foyer, Fabien Clavel, Rageot, 2017. Vigilantes 2 La Flamme, Fabien Clavel, Rageot, 2018

Le second souffle est un de mes coups de cœur du mois. Le roman parle de deux enfants. Ulysse, un enfant asthmatique, vit dans le Centre avec d’autres enfants comme lui. Ava, est une militante pour l’écologie. Ils ne savent pas que leurs existences sont liées.

Note : 5 sur 5.

Le second souffle, Gilles Marchand et Jennifer Murzeau, édition Rageau, 2021

Un funambule sur le sable a été un coup de cœur pour moi, il parle de différence. Stradi a un violon dans la tête, un vrai violon. Il va devoir vivre avec, il lui apportera la musique et la solitude au regard des autres qui le trouvent bizarre.

Note : 5 sur 5.

Un funambule sur le sable, Gilles Marchand, Aux forges de Vulcain, 2017

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Et vous ? Qu’avez vous lu ?

BD/manga

Dans la tête de Sherlock Holmes – L’Affaire du Ticket Scandaleux, tome 2/2 (2021)

Auteurs : Cyril Lieron & Benoit Dahan

Dessinateur : Benoit Dahan

Editeur : Ankama

Pages : 48

L’attente aura été longue mais le résultat en valait la peine. Plus d’un an après la sortie du premier volume, voici enfin venue la résolution de l’Affaire du Ticket Scandaleux. Après un rapide résumé, le fil rouge se remet en place pour nous entraîner dans les méandres de la pensée arborescente de Sherlock Holmes. Course poursuite dans le dédale londonien, course contre la montre pour éviter de nouvelles victimes, ce deuxième volume ne nous laisse pas le temps de reprendre notre souffle avant de livrer le résultat d’une enquête finement menée.

Une fois de plus Benoit Dahan dynamise la mise en page par un choix graphique qui sort du simple cadre de la bande dessinée avec des cases aux formes multiples et des illustrations pleine page. Le regard est sollicité de tous côtés et, heureusement, le fil rouge permet de suivre la progression de l’histoire tout autant que les réflexions du détective. Le choix des couleurs entre gris et sépia donne un côté rétro toujours bienvenu, le papier légèrement jauni des pages donne l’impression d’avoir entre les mains un ouvrage ancien.

Cyril Lieron et Benoit Dahan ont su redonner vie à un personnage incontournable dans une aventure inédite originale. Le travail d’écriture et de dessin sont un véritable hommage à un univers, un personnage et un auteur qui font figure de classique. On ne peut qu’espérer que cette collaboration ne soit que le début d’une série d’enquêtes palpitantes.

Dans la conclusion de cette affaire, Sherlock Holmes et le Dr Watson poursuivent la piste du « Ticket Scandaleux ». A leurs risques et périls ! Quel genre de complot trame le sulfureux mage ? Le logicien de Baker Street en suspecte-t-il la réelle étendue ?

BD/manga

Running Girl – Ma course pour les Paralympiques (2019/2020)

Rin a perdu une partie de jambe droite suite à un sarcome osseux. A tout juste seize ans, la jeune fille peine à retrouver une vie normale. Alors qu’elle va faire contrôler sa prothèse, elle rencontre un groupe de coureurs handisports qui portent un type de prothèses très différentes de la sienne : une lame de sportif fabriquée en carbone. Intriguée et intéressée, l’adolescente se lance dans la course, reprenant goût à la vie et retrouvant peu à peu des facultés qu’elle pensait perdues à jamais. Son nouvel objectif est de participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo.

Running Girl est un manga sur le sport au sens premier du terme mais qui tire son épingle du jeu en proposant un regard sur l’handisport. Les mangas pour fille sur le handicap et la maladie sont de plus en plus courants mais ont souvent tendance à tirer sur la corde sensible en abordant les difficultés d’intégration et de vie des personnages, voir à sortir la carte romance. Si les yeux larmoyants restent très présents, l’histoire a le mérite de s’intéresser aux particularités de la pratique d’un sport lorsque l’on est en situation de handicap. Les différents sportifs débordent d’énergie et sont plein d’une joie de vivre qui fait plaisir à voir.

Rin est une héroïne qui porte l’espoir de son équipe en plus du sien. En découvrant la course, elle se prend en main et trouve la force d’avancer un pas après l’autre pour redonner du sens à sa vie. La mangaka a pris le temps de s’informer auprès de spécialistes pour créer un récit fidèle à la réalité. Elle va au-delà de la simple narration et expliquant le challenge des concepteurs à fournir aux athlètes des lames de qualité qui se substituent à la jambe, les difficultés pour le sportif de l’utiliser, sans oublier l’investissement financier que cela représente quand aucune prise en charge n’existe pour ces lames considérées comme un équipement.

Running Girl est une courte série en trois volume qui permet de découvrir un univers méconnue avec un regard bienveillant et optimiste. La mangaka ne cherche pas à tirer les larmes mais à montrer qu’on peut vivre heureux et faire du sport même quand on a perdu un membre.

Je vous invite à lire les avis très complets de Tachan et de MaLecturothèque.

Une nouvelle héroïne avance sur la ligne de départ !

Rin, suite à un sarcome osseux, a dû être amputée d’une partie de sa jambe droite. Depuis, la lycéenne a bien du mal à retrouver goût à la vie. Mais grâce à sa découverte des lames, des prothèses adaptées aux sportifs, la jeune fille va se fixer un nouvel objectif : participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo!

BD/manga·masse critique

La Ferme des Animaux – BD (2021)

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleur : Diego L. Parada

Editeur : Jungle

Collection : Pépites

Pages : 64

Adaptation du roman éponyme de George Orwell, cette bande dessinée s’adresse à un lecteur assez jeune. Le style graphique est précis, les cases se succèdent à un rythme suffisant pour donner vie à l’histoire comme le ferait un film d’animation. L’entrée dans l’histoire est d’ailleurs particulièrement intéressante de ce point de vue puisque le plan se rapproche peu à peu, partant d’un plan large sur la ferme à un plan rapproché sur un groupe d’animaux dont on ne distingue qu’une partie du corps. Pour nous amener à l’introduction de l’histoire : la réunion tenue par Sage l’Ancien qui va donner aux animaux l’idée de leur révolution. Par ailleurs le choix des couleurs et le trait des personnages permettent d’alléger le caractère plus violent de l’histoire.

L’adaptation est fidèle au récit à part quelques scènes supprimées et l’absence du chant patriotique « Bêtes d’Angleterre ». Si j’ai trouvé cela dommage, cela ne nuit absolument pas à la compréhension. Disons surtout qu’après la lecture du roman, cela sonne comme un manque. Par ailleurs j’ai trouvé la fin un peu précipitée, quelques planches de plus n’auraient pas été de trop pour conclure. Mais ce ne sont que des détails qui ne gêneront pas l’enfant.

On retrouve en fin d’ouvrage des jeux et des questions de compréhensions comme pour les autres titres de la collection. J’avoue ne pas m’arrêter sur ces pages. Mes filles (douze ans) disent avoir regardé mais ne pas y avoir trouvé d’intérêt particulier.

Je remercie les éditions Jungle et Babelio pour ce partenariat.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les hommes. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir. Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure. Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…

BD/manga·roman graphique

Radium Girls (2020)

Auteure/Illustratrice : Cy

Editeur : Glénat

Collection : Karma

Pages : 136

Edna Bolz vient de se faire engager par la prestigieuse entreprise United States Radium Corporation sur les bancs de laquelle elle rejoint un groupe de jeunes femmes qui peignent de la peinture Undark sur des cadrans de montres. Fière de son nouvel emploi, elle s’imprègne de la technique en trois temps : « Lip. Dip. Paint. » qui consiste à lécher le pinceau pour le lisser avant de le tremper dans la peinture et de l’appliquer. Sans le savoir, elle vient d’entrer dans le cercle des Radium Girls, toutes condamnées à une mort par empoisonnement au radium. Des années plus tard, certaines se lancent dans une bataille juridique pour laver l’honneur de camarades mortes sous de faux prétextes (la syphilis était souvent attribuée) et des conditions de travail qui ne prenaient en compte que l’intérêt de l’employeur sans se soucier de la santé des employées.

Premier roman graphique de la collection Karma, Radium Girls frappe fort en mettant en avant le destin de ces jeunes femmes sacrifiées au nom de progrès. Avec cette nouvelle collection, les éditions Glénat souhaitent mettre en avant des anonymes, souvent oubliés, qui « ont fait changer la société dans ses fondements et ses acquis« . La dessinatrice Cy a choisi de raconter le destin des Radiums Girls dont le combat judiciaire a conduit à améliorer les normes de sécurité industrielle.

Mais plutôt que de s’attarder sur l’aspect scientifique, Cy choisit de mettre en avant les liens qui unissent ces jeunes femmes, leur façon de vivre, de s’amuser et d’exister en dehors de cette usine. Nous sommes dans les années 20 aux Etats-Unis, la prohibition pose des interdits, la mode évolue mais la censure continue d’enfermer les corps sous le tissu. Si elles ont accès au travail, leur travail reste précaire et permet à peine de sortir de la pauvreté. Pourtant, loin de se rendre compte des dangers auxquels elles s’exposent quotidiennement, elles profitent de la vie.

Ce qui frappe dès les premières pages est l’utilisation du radium qui se retrouve partout : dans la peinture bien sûr mais aussi dans des crèmes pour la peau, dans la laine et même dans certains médicaments pris comme nous avalerions de la Vitamine C. Un véritable commerce s’est mis en place autour de cette nouvelle substance dont la science ignore encore tant de choses. De fait, visuellement la couleur verte utilisée pour le radium se retrouve sur toutes les nuances de blanc, de la blouse des jeunes femmes aux panneaux publicitaires en passant par l’eau de la mer. Cette couleur contrebalance la palette de violets utilisée pour tout le reste donnant du peps au dessin.

Avec les connaissances, la lecture n’en est que plus terrifiante lorsque l’on voit que les employées utilisent la peinture pour se teinter les dents ou les ongles, une façon de s’amuser en effrayant leurs petits-amis. Le lecteur ne peut que trembler d’effroi lorsqu’il comprend que les premiers symptômes touchent certaines filles et constater l’évolution plus ou moins rapide du mal qui les ronge: de la douleur articulaire à la perte des dents, en passant par les fausses-couches ou la mort.

Radium Girls est un roman graphique terrible qui lève le voile sur un pan méconnu de l’histoire du travail américain et de l’exploitation des femmes par une société patriarcale qui donnait peu de valeur à leur vie. Bouleversant!

La découverte du radium fait une entrée fracassante dans les Etats-Unis des années 1920. L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente.

1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis d’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres, avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir. Lip. Dip. Paint. Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.