masse critique·roman jeunesse

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles (2021)

Amari and the Night Brothers

Auteur : B.B. Alston

Traductrice : Sidonie Van Den Dries

Editeur : Bayard Jeunesse

Pages : 525 pages

Lorsque qu’Amari et le Bureau des affaires surnaturelles est arrivé chez nous, mes filles et moi-même avons été complétement séduites par l’attention apportée à ce Service Presse par les éditions Bayard. En effet, en ouvrant le carton nous avons trouvé un coffret qui, outre le roman, contenait tout un tas de goodies reçus comme autant de petites attentions venues nous gâtées. Si ces présents ont pour but de séduire le lecteur, ils auraient été superflus si le roman n’avait été de qualité. Or, nous avons découvert dans ces pages un roman fantastique qui nous a transporté. Gabrielle s’est emparée du livre et l’a dévoré d’une traite. Et si j’ai pris plus de temps, je n’en ai pas pris moins de plaisir. Pour Juliette, c’est le nouveau livre qu’elle amène au collège pour le « quart d’heure lecture quotidien ». Fan de Harry Potter, de magie et d’univers fantastiques, ce titre est fait pour toi!

Alors que son frère a disparu depuis six mois, Amari reçoit un colis de sa part ; un colis particulier qui va l’emmener dans un centre de vacances mystérieux où la jeune fille va découvrir que notre monde est peuplé de créatures surnaturelles dissimulées parmi nous et protégées par Le Bureau des affaires surnaturelles. Déjà rejetée par ses camarades à cause de ses origines, Amari devient une paria lorsque ses talents surnaturelles sont révélés. Avec le soutien de sa camarade de chambre Elsie, une dragonne-garou, elle se lance à la recherche de son frère tout en tentant de trouver sa place. Lorsque le Bureau se fait attaquer par de terribles créatures, on découvre un monde moins stable qu’il n’y parait.

Nous sommes ici en présence d’un premier volume qui introduit un univers fantastique peuplé de créatures fantastiques divers toute droit sorties de l’imaginaire collectif. Des créatures qui semblent plutôt intégrées dans le monde si ce n’est la catégorie des magiciens dont les faits passés ont laissé une emprunte indélébile dans l’esprit de tous. Mais Amari est bien déterminée à prouver que même chez les magiciens, il y a des êtres bons et bienveillants. Rejetée depuis toujours à cause de ses origines sociales et sa couleur de peau, Amari souffre d’un manque de confiance en elle. Ses doutes semblent être un frein à l’expression de son potentiel « magique » mais elle peut compter sur ses nouveaux amis pour l’aider. Elsie est une dragonne-garou extrêmement intelligente et inventrice de génie. Dylan est l’héritier d’une famille ancienne et puissante, il semble entretenir un désir de prouver sa valeur. On trouve aussi quelques professeurs intéressants, créatures surnaturelles et aux pouvoirs particuliers.

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles est un récit qui ravira les jeunes lecteurs, notamment les fans de la saga Harry Potter. En effet, dans la construction du récit et dans sa narration, nous n’avons pas manqué de trouvé un grands nombres de similitudes avec l’univers de J.K. Rowling. Entre le rejet du personnage principal, un monde « magique » dissimulé dans le notre, un lieu de formation secret et l’ombre planante d’un grand sorcier qui sème la peur, on sent inévitablement d’où l’auteur tire son inspiration. Mais l’histoire offre une part d’originalité satisfaisante, portée par une héroïne volontaire dont la couleur de peau et le mode de vie permettent aussi d’aborder des thématiques très encrées dans notre réalité telle que le racisme, la mixité sociale dans les établissements scolaires ou encore les différences sociales.

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles nous a complètement séduite par son histoire et son univers. Etre en terrain connu offre aussi un confort de lecture appréciable, pimenté par les petites surprises propres au monde créé par B.B. Alston.

Nous avons hâte de retrouver le tome 2, annoncé pour avril 2022 outre-Manche.

Un grand merci aux éditions Bayard Jeunesse et à Babelio pour ce partenariat.

Etes-vous prêts à rejoindre le Bureau des affaires surnaturelles?*

Les informations qui suivent sont confidentielles, car elles concernent un lieu abritant d’innombrables secrets. Quiconque lira ce dossier sans disposer des autorisations nécessaires s’exposera à de terribles représailles et pourra notamment :

  • être balancé dans un puits sans fond ;
  • être enfermé dans une boîte de conserve et envoyé dans l’espace ;
  • être livré en pâture à une créature sous-marine dont nous ne divulguerons pas le nom.

*Le Bureau ne saurait en aucun cas être tenu responsable d’éventuelles blessures magiques, peurs surnaturelles ou enlèvements extraterrestres. Entrez à vos risques et périls.

BD/manga·masse critique

La Ferme des Animaux – BD (2021)

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleur : Diego L. Parada

Editeur : Jungle

Collection : Pépites

Pages : 64

Adaptation du roman éponyme de George Orwell, cette bande dessinée s’adresse à un lecteur assez jeune. Le style graphique est précis, les cases se succèdent à un rythme suffisant pour donner vie à l’histoire comme le ferait un film d’animation. L’entrée dans l’histoire est d’ailleurs particulièrement intéressante de ce point de vue puisque le plan se rapproche peu à peu, partant d’un plan large sur la ferme à un plan rapproché sur un groupe d’animaux dont on ne distingue qu’une partie du corps. Pour nous amener à l’introduction de l’histoire : la réunion tenue par Sage l’Ancien qui va donner aux animaux l’idée de leur révolution. Par ailleurs le choix des couleurs et le trait des personnages permettent d’alléger le caractère plus violent de l’histoire.

L’adaptation est fidèle au récit à part quelques scènes supprimées et l’absence du chant patriotique « Bêtes d’Angleterre ». Si j’ai trouvé cela dommage, cela ne nuit absolument pas à la compréhension. Disons surtout qu’après la lecture du roman, cela sonne comme un manque. Par ailleurs j’ai trouvé la fin un peu précipitée, quelques planches de plus n’auraient pas été de trop pour conclure. Mais ce ne sont que des détails qui ne gêneront pas l’enfant.

On retrouve en fin d’ouvrage des jeux et des questions de compréhensions comme pour les autres titres de la collection. J’avoue ne pas m’arrêter sur ces pages. Mes filles (douze ans) disent avoir regardé mais ne pas y avoir trouvé d’intérêt particulier.

Je remercie les éditions Jungle et Babelio pour ce partenariat.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les hommes. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir. Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure. Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…

album·masse critique

Piranhas! (2020/2021)

Iaios, piranyes i altres històries

Auteur: Rocio Bonilla

Editeur: Père Fouettard

Pages: 44

Nico passe beaucoup de temps avec son papy Rodrigue. Il paraît qu’ils se ressemblent beaucoup. En tout cas, ils s’entendent super bien et passent beaucoup de temps ensemble. Nico aime tout particulièrement quand son papy lui raconte des souvenirs de son enfance mais il aime aussi jouer avec lui, faire du vélo ou ses devoirs. Et puis il y a la mamie de Lucie, et celle d’Alessio qui lui apprend à tricoter ainsi que les grand-parents de Manuel qui ont l’air très amoureux et ceux de Bertille… Tous son des grand-parents investis dans la vie de leurs petit-enfants.

Piranhas! est un joli album touchant sur les relations intergénérationnelles et la transmission dans lequel l’auteur met les grand-parents à l’honneur. Les illustrations aux couleurs douces sont jolies, tantôt drôle, tantôt empruntes de nostalgie mais toujours pleines de tendresse.

Je remercie Babelio et les éditions du Père Fouettard pour l’envoi de cet album dans la cadre de Masse Critique.

Dis papy, tu te souviens de la fois où on s’est fait attaquer par des milliers de piranhas?

masse critique·roman ado

Push (2021)

Auteure: Annelise Heurtier

Editeur: Casterman

Pages: 288

C’est aujourd’hui que sort le nouveau roman d’Annelise Heurtier, un roman d’actualité puisqu’il dénonce les abus sexuels dans le milieu du sport. En avant propos, l’auteure nous raconte la place qu’a eu la sport dans sa vie d’enfant et d’adolescente et combien elle a était bouleversée par l’histoire de Sarah Abitbol lorsqu’elle a révélé avoir été violée et agressée sexuellement par son entraineur entre quinze et dix-sept ans. Depuis les témoignages se sont succédés, un véritable mouvement a pris forme pour briser l’omerta.

Tessa a quinze ans. Alors qu’elle entre au lycée, elle se lance dans l’écriture d’un journal intime d’abord par « défi » puis très pour le plaisir de venir poser ses émotions et son regard sur les évènements qui rythment son quotidien. Dans sa famille, la gymnastique est au cœur de la vie de tous. Tessa nous raconte combien cette passion prend de temps et d’énergie : les entrainements, le dépassement de soi, les relations entre les différentes sportives, les sélections, les compétitions… Et puis l’arrivée d’une entraineur professionnel et ce que cela change pour elles toutes, les relations particulières qui s’installent entre le sportif et son coach. A côté de ça, ces jeunes filles pleines de rêves et de détermination restent des adolescentes comme les autres : séduction, rivalité, jalousie, les garçons, le lycée… Lorsque le drame survient, Tessa refuse d’y croire. Comment un jeune homme si prévenant pourrait-il « toucher » une des filles? Faut-il parler? Doit-elle dire ce qu’elle a vu? Quelles seront les conséquences pour lui? Pour elles toutes? Pour sa famille? Pour le sport?

Récit épistolaire, Push met l’accent sur le sport et le quotidien des jeunes sportives, ici des gymnastes, leurs journées rythmées par les études et le sport. A travers Tessa, on découvre les espoirs et rêves de ces jeunes filles. L’adolescente vivant dans une famille gymnaste, décrit avec émotion les doutes et les difficultés d’un quotidien intense qui laisse peu de place aux loisirs. Les abus sexuels apparaissent en toile de fond, abordés comme des faits divers révélés dans les médias mais qui semblent si loin de ce qu’elle et ses camarades connaissent. Si elles ont conscience de cette réalité glaçante, elles prennent ces révélations avec une certaine distance, refusant de croire que cela pourrait leur arriver. Cela semble bien loin de leur préoccupation, de leurs inquiétudes. Il faut attendre le dernier quart du roman pour que ce tabou devienne réel. On suit alors le cheminement des réflexions de Tessa entre déni et acceptation. Aveuglée par la colère, elle refuse d’accepter que son monde soit éclaboussé par un scandale qui pourrait avoir des répercussions sur son univers entier. En tant que lectrice, j’ai eu très envie de la secouer, de la gifler même. Heureusement, l’acceptation fait rapidement son chemin et c’est main dans la main que les jeunes filles vont oser briser le silence de cet acte innommable.

J’ai vraiment aimé la façon dont le sujet est abordé. L’auteure dénonce l’abus et insiste sur l’importance de parler. La victime a beau se sentir fautive et minimiser les choses, parler d’erreur, cela ne justifie pas le passage à l’acte. Ce n’est pas de sa faute! Le consentement doit être mutuel et verbalisé. L’adulte est responsable de ses actes et doit savoir rester à sa place. Le viol, les attouchements ou toute autre forme de harcèlement doivent être dénoncés et punis. Les émotions sont multiples et rythment le récit, lui donnant plus d’épaisseur. Je m’attendais à une lecture plus difficile, plus proche d’un témoignage mais j’ai aimé cette approche plus pudique qui met vraiment l’accent sur les relations complexes entre tous les personnages, les sentiments multiples, parfois confus qui se tissent entre eux. Cela révèle la fragilité émotionnelle chez ces jeunes personnes encore en construction placées sous la responsabilité d’adultes qui exercent une influence et un pouvoir complet sur elles.

Je remercie Babelio et les éditions Casterman qui m’ont permis de découvrir ce titre en avant première dans le cadre de Masse Critique privilège.

À 15 ans, Tessa suit son chemin de gymnaste, guidée par la passion. Et cette année s’annonce prometteuse : sa mère, la présidente du club, a enfin réussi à recruter un entraîneur professionnel. Raphaël a vingt-huit ans, une présence intense et une devise pour motiver ses élèves, « Persist Until Something Happens ». Il a aussi, malgré lui, le pouvoir de créer des tensions… À quelques semaines des championnats de France, une coéquipière de Tessa craque et abandonne le groupe. Trop de pression ? De mésentente entre les filles ? À moins qu’il y ait eu autre chose. Quelque chose qu’on n’a peut-être pas envie de dire.

masse critique·roman ado

#TousDebout (2021)

Auteures: Agnès Marot & Cindy Wilder

Editeur: Hugo

Collection: New War

Pages: 374

Récit écrit à quatre mains, Tous Debout est un texte à deux voix. D’un côté, il y a Anton, un ado intelligent au physique ingrat qui se cache derrière une attitude indifférente mais pourtant provocatrice. Dans l’ombre il est Gossip Boy, un gars qui balance les pires ragots du lycée sur internet. De l’autre côté, il y a Méloé, une adolescente introvertie qui s’insurge contre les comportements injustes et discriminatoires. Lorsque Gossip Boy révèle que Rahim, le petit ami de Méloé est sans-papier, cette dernière se lance dans un mouvement de contestations pour le protéger de l’expulsion. Anton se range à ses côtés et devient l’une des figures centrales du mouvement.

Si Agnès Marot et Cindy Wilder signent un récit engagé qui permet de sensibiliser le lecteur à de réels problèmes de société (sans-papiers, immigrations, homophobie, racisme…), je n’ai pas été convaincue par les personnages principaux. Anton a une attitude trop souvent limite, son comportement envers Méloé frôle le harcèlement. Cette dernière n’a pas su me toucher, trop souvent son engagement m’a semblé intéressé et n’a pas aidé à me la rendre sympathique.

Pourtant, l’histoire m’a vraiment plu et intéressée. L’écriture à quatre mains dynamisme le récit et permet un double regard sur une même situation. Anton et Méloé sont deux voix qui s’élèvent différemment contre une injustice tristement courante; entre provocation et engagement, ils amènent une réflexion sur le poids de nos actions et la façon la plus juste de prendre position pour une cause.

Je remercie Babelio et les éditions Hugo pour l’envoi de ce titre dans la cadre de Masse Critique.

D’un côté, Anton, un garçon discret qui se cache derrière le pseudo de Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Trumblr (et y balancer les pires ragots du bahut). De l’autre, Méloée, jeune fille fougueuse et passionnée qui craque sur Rahim, le petit nouveau au lycée. Sous ses airs d’étudiant sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les attentions. Surtout lorsque Gossip Boy révèle qu’il est sans-papiers… Bientôt, tout bascule. Rahim est sur le point d’être expulsé. Derrière les grilles, il est temps pour les élèves barricadés de lever le poing pour défendre l’un des leurs!

BD/manga·masse critique

Le faucon déniché – BD (2021)

Auteur: Maxe L’Hermenier, d’après Jean-Côme Noguès

Illustrateur: Steven Dupré

Editeur: Nathan

Collection: Jungle Pépites

Pages: 55

Adaptant le roman éponyme de Jean-Côme Noguès, la bande dessinée Le faucon déniché reprend les grandes lignes du récit. Dès les premiers planches, le lecteur est plongé dans l’époque moyenâgeuse, parcourant la forêt aux côtés de Martin qui observe de jeunes faucons dans leur nid. Bien qu’il connaisse les risques, le garçon ne peut s’empêcher d’y retourner chaque jour. La loi est simple, tous les faucons trouvés sur les terres du Seigneur appartiennent au Seigneur. Lorsqu’un petit tombe du nid, Martin le recueille et décide d’en faire un compagnon de jeux, un ami. Fait prisonnier, il perd son oiseau en même temps que sa liberté mais bientôt la roue tourne…

Comme pour le roman, cette bande dessinée me laisse sur un avis mitigé. Si l’adaptation est convaincante et l’histoire toujours aussi intéressante, on ressent toujours bien trop l’intérêt pédagogique du projet. Impression renforcée par le dossier « Pour aller plus loin » en fin d’ouvrage et le questionnaire pour vérifier que la lecture a bien été comprise. Par ailleurs, si j’ai particulièrement aimé les illustrations des paysages et des faucons de Steven Dupré, j’ai été moins convaincu par les visages de ses personnages qui s’intègrent pourtant très bien à l’époque du récit.

Le faucon déniché reste un très bon ouvrage pour découvrir les lois féodales et la façon dont s’organise la vie au Moyen-Âge et ce format permettra de séduire un plus large public.

***

A lire: l’avis d’Isabelle.

Je remercie Babelio et les éditions Nathan pour l’envoi de cette adaptation dans la cadre de Masse critique.

Martin, douze ans, a un secret: il a déniché un jeune faucon en forêt. C’est une aventure dangereuse car le petit paysan risque la prison s’il garde pour lui l’oiseau réservé aux chasses du seigneur. Pourtant, Martin refuse de se soumettre et rien ne l’arrêtera. Mais dans l’ombre, l’impitoyable fauconnier du château veille… Il veut faire du rapace l’oiseau le plus cruel de la fauconnerie… Que vont alors devenir les deux amis?

Divers·Documentaires /Livres jeux·masse critique

Le Guide Nature – Les Petites Bêtes (2020)

Le Guide Nature – Les Petites Bêtes, Collectif aux éditions Salamandre, 2020.

Voilà un livre très justement nommé qui trouvera sa place dans tous les sacs de pique-nique et de randonnée. Véritable Guide Nature, ce livre tout terrain propose de faire découvrir plus de cinq cents espèces de petites bêtes réparties en trois catégories: Autour de la maison, Petites bêtes à six pattes et Autres Petites Bêtes, le tout sous-catégorisé par familles.

Chaque individu se voit présenté par un dessin (parfois deux en cas de dimorphisme sexuel par exemple) et bénéficie d’une présentation courte mais complète qui permet de savoir où et comment il vit, s’il est dangereux pour l’homme ou non, durant quelle période de l’année il est observable etc… On apprécie le dynamisme de l’ouvrage et sa facilité d’utilisation. Travail collectif, ce guide se veut le plus complet possible avec pour cette deuxième édition, une version enrichie de 56 nouvelles espèces et de 79 dessins inédits. Chacune y trouvera son compte, de l’enfant curieux aux plus érudits en quête de noms scientifiques.

A noter, en début d’ouvrage on trouve des conseils de matériels à avoir sur soit pour observer les insectes et autres petites bêtes ainsi que des conseils pour la préservation de la biodiversité de ce microcosme. A découvrir et à compléter par d’autres titres de la collection.

Je remercie Babelio et les éditions Salamandre pour cette découverte faite dans le cadre de Masse Critique.

Du vieux mur au fond du jardin à l’étang forestier, en passant par la riche ensoleillée, partez à la découverte de plus de 500 espèces de petites bêtes qui habitent près de chez vous. Grâce à ses dessins précis et à ses descriptions détaillées et faciles d’accès, ce guide de terrain dense et clair deviendra votre fidèle compagnon de toute sortie au pays des minuscules.

essai·masse critique·roman

L’Evangile des Anguilles (2019)

Ålevangeliet

 

Auteur: Patrik Svensson

Traductrice: Anna Gibson

Editeur: Seuil

Pages: 280

 

Intriguée par ce titre proposé dans le cadre d’une masse critique, je me suis laissée séduire par la quatrième de couverture. Je m’attendais à un roman dans la même ligne que Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean mais il n’en est rien.

Entre essai et roman biographique, Patrik Svensson réussit le pari fou de nous faire adhérer à son ouvrage, que l’on soit ou non intéressés par les anguilles. Le récit alterne les chapitres sur l’anguille d’un point de vie scientifique, historique, culturel et les chapitres plus personnels dans lesquels l’auteur se remémore sa découverte de l’animal et surtout de l’art de la pêcher en compagnie de son père. Mais ce roman est aussi un voyage en Scanie, cette province suédoise dans laquelle l’auteur a grandi et nous en décrit certains paysages avec un regard sincère sur la beauté qui s’anime devant ses yeux.

Je dois dire qu’aussi intéressants que soient les chapitres sur l’anguille, ce sont ceux sur l’enfance de Svensson qui m’ont le plus séduite. L’émotion palpable, l’amour d’un fils pour un père parti trop tôt nous font ressentir la douleur et la difficulté à faire son deuil. Il n’en reste que j’ai trouvé cette fascination pour l’anguille vraiment intéressante, d’autant plus que le deuil semble se faire au travers de cet écrit; qu’on nous parle de ses origines, de sa reproduction  ou encore de sa disparition probable, en passant par la meilleure façon de la cuisiner, les mystères qui entourent ce poisson sont multiples et l’étude ou les recherches menées pour en résoudre au moins certains sont passionnantes à lire. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce titre remporte un tel succès à travers le monde.

Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour cette découverte originale.

C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension. Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore, « la question de l’anguille » demeure en grande partie irrésolue.

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Les renards du désert (2020)

Le volpi del deserto

Auteur: Pierdomenico Baccalario

Traductrice: Anaïs Bouteille-Bokobza

Editeur: Thierry Magnier

Collection: Grands romans

Pages: 400

C’est la couverture, sa référence évidente à Antoine de Saint-Exupéry et son célèbre roman Le Petit Prince, qui m’a attiré. Entre le renard dans le désert et l’avion, la place donnée au sous-marin m’a intrigué et j’ai tenté ma chance pour ce livre lors de l’opération Masse Critique Littérature Jeunesse de ce mois de novembre 2020. Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour l’envoie de ce très bon roman qui m’a littéralement transporté.

Juin 1986. Morice et sa famille quittent Marseille pour reprendre l’hôtel Napoléon situé à Dautremer, petit village corse. Sur place, alors qu’il s’extasie sur la beauté des paysages et la richesse des sons qui remplaceront désormais ceux de la ville, Morice fait la connaissance d’Audrey qui assiste, avec tous les habitants du village, à des funérailles. Très rapidement les deux enfants se lient d’amitié et Audrey lui révèle que le cercueil était vide. Ensemble, ils décident de chercher le corps. Mais Morice n’est pas au bout de ses surprises; entre le suicide de l’ancien propriétaire du Napoléon, l’arrivée d’envahissants touristes allemands et l’attitude mystérieuse des habitants du village ce qui devait être un jeu prend bientôt une tournure plus inquiétante.

Pierdomenico Baccalario entraîne le lecteur dans un roman qui mêle les genres, entre suspens, enquête et aventures sur fond historique et le résultat est assez étonnant. Ainsi l’auteur place son histoire dans les années 80 mais rapidement l’enquête des enfants les fait voyager dans le temps et remonter en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. S’inspirant des histoires parlant d’or nazi dissimulé, caché, perdu depuis la guerre, il utilise des personnages réels pour servir son récit et parsème son texte d’anécdotes historiques pour illustrer son propos. On y trouve aussi de nombreuses références à des films ou des livres; une place importante est donnée à Saint-Exupéry et son livre le plus célèbre à qui il donne un rôle, et un sens, assez éloigné de la réalité mais pourtant rendu crédible contextuellement.

L’ensemble aurait pu être décousu tant la réalité perd en crédibilité pour servir la fiction et pourtant le résultat a du sens et c’est en ça que Les renards du désert est un roman réussi. Pierdomenico Baccalario réussit à nous faire croire que l’Histoire dans l’histoire est véridique et qu’il relate des faits avérés. Alors que Morice et Audrey se lancent dans une simple chasse au trésor, ils sont rattrapés par la guerre et ses secrets et leur quête prend des allures effrayantes où l’angoisse atteint son paroxysme lors d’un final dont aucun personnage ne sortira indemne.

« On a beaucoup écrit sur les chercheurs de trésors. Presque jamais sur ceux qui les cachent. » Morice et Audrey parviendront-ils à percer le lourd secret qui plane sur leur village?

masse critique·roman jeunesse

La Guilde des Aventuriers, tome 1

The Adventurer’s Guild

Auteurs:  Z.L. Clark & N. Eliopulos

Traductrice: Françoise Nagel

Editeur: Bayard Jeunesse

Pages: 444

 

Roman d’héroic-fantasy, La Guilde des Aventuriers réunit tous les ingrédients qui en font le genre: elfe, nains et hommes cohabitent avec plus ou moins d’harmonie, des créatures monstrueuses à affronter, de la magie, des combats.

L’histoire prend place à Pierrefranche, une cité de survivants organisés en guildes. Zed est un demi-elfe qui vit seul avec sa mère, servante pour une riche famille. Il apparaît timide et peu sûr de lui mais il rêve pourtant de rejoindre la guilde des mages. Son ami Brock veille sur lui de manière un peu excessive. Né dans une famille de marchands, il a été élevé afin d’en rejoindre leur guilde dont il serait l’un des meilleurs éléments. Toujours prêt à protéger son ami, il n’est pas le dernier à se mettre en danger et a toujours le mot pour rire. Enrôlés de force dans la guilde des Aventuriers, ils vont se lier d’amitié avec Liza, une fille de noble naissance qui s’est préparée toute sa vie à devenir une guerrière alors que son genre ne la destinait qu’au mariage. Elle prend son destin en main et fait montre d’une intelligence et d’un courage qui en font un personnage des plus intéressants.

Zack Loran Clark et Nick Eliopulos, forts de leur expérience dans Donjon & Dragons, signent un roman entrainant qui ravira les jeunes fans du genre et saura séduire les moins initiés par son récit dynamique, drôle et riche en actions. S’il ne se démarque pas par son originalité, il a au moins le mérite de proposer un monde bien construit et des personnages intéressants. En effet, principaux ou secondaires, ces derniers ne manquent pas d’attirer l’attention par leur comportement ou leur attitude. La suite viendra sûrement arrondir les détails et ne manquera pas d’approfondir les liens qui unissent certains personnages ou de les séparer. La fin ouverte laisse place à quelques questions et pousse à lire la suite.

Je remercie Babelio et les éditions Bayard Jeunesse pour cette découverte.

Pierrefranche est l’une des dernières cités survivant à l’assaut des monstres qui ont envahi le monde. Différentes guildes y organisent la résistance. Parmi elles, celle des Aventuriers a mauvaise réputation: 1. Ses apprentis sont recrutés de force. 2. Ses membres meurent jeunes. 

Zed, un demi-elfe aux pouvoirs magiques, est désigné pour rejoindre la guilde des Aventuriers. Son meilleur ami Brock décide alors de se porter volontaire pour l’accompagner. L’intrépide Liza, elle, née d’une famille de nobles, a toujours rêvé d’entrer dans la Guilde. Zed, Brock et Liza vont peu à peu découvrir, derrière les murailles de la ville, un monde aussi dangereux que merveilleux. Or, les Aventuriers sont la dernière ligne de protection de la ville…