essai·masse critique·roman

L’Evangile des Anguilles (2019)

Ålevangeliet

 

Auteur: Patrik Svensson

Traductrice: Anna Gibson

Editeur: Seuil

Pages: 280

 

Intriguée par ce titre proposé dans le cadre d’une masse critique, je me suis laissée séduire par la quatrième de couverture. Je m’attendais à un roman dans la même ligne que Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean mais il n’en est rien.

Entre essai et roman biographique, Patrik Svensson réussit le pari fou de nous faire adhérer à son ouvrage, que l’on soit ou non intéressés par les anguilles. Le récit alterne les chapitres sur l’anguille d’un point de vie scientifique, historique, culturel et les chapitres plus personnels dans lesquels l’auteur se remémore sa découverte de l’animal et surtout de l’art de la pêcher en compagnie de son père. Mais ce roman est aussi un voyage en Scanie, cette province suédoise dans laquelle l’auteur a grandi et nous en décrit certains paysages avec un regard sincère sur la beauté qui s’anime devant ses yeux.

Je dois dire qu’aussi intéressants que soient les chapitres sur l’anguille, ce sont ceux sur l’enfance de Svensson qui m’ont le plus séduite. L’émotion palpable, l’amour d’un fils pour un père parti trop tôt nous font ressentir la douleur et la difficulté à faire son deuil. Il n’en reste que j’ai trouvé cette fascination pour l’anguille vraiment intéressante, d’autant plus que le deuil semble se faire au travers de cet écrit; qu’on nous parle de ses origines, de sa reproduction  ou encore de sa disparition probable, en passant par la meilleure façon de la cuisiner, les mystères qui entourent ce poisson sont multiples et l’étude ou les recherches menées pour en résoudre au moins certains sont passionnantes à lire. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce titre remporte un tel succès à travers le monde.

Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour cette découverte originale.

C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension. Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore, « la question de l’anguille » demeure en grande partie irrésolue.

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Les renards du désert (2020)

Le volpi del deserto

Auteur: Pierdomenico Baccalario

Traductrice: Anaïs Bouteille-Bokobza

Editeur: Thierry Magnier

Collection: Grands romans

Pages: 400

C’est la couverture, sa référence évidente à Antoine de Saint-Exupéry et son célèbre roman Le Petit Prince, qui m’a attiré. Entre le renard dans le désert et l’avion, la place donnée au sous-marin m’a intrigué et j’ai tenté ma chance pour ce livre lors de l’opération Masse Critique Littérature Jeunesse de ce mois de novembre 2020. Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour l’envoie de ce très bon roman qui m’a littéralement transporté.

Juin 1986. Morice et sa famille quittent Marseille pour reprendre l’hôtel Napoléon situé à Dautremer, petit village corse. Sur place, alors qu’il s’extasie sur la beauté des paysages et la richesse des sons qui remplaceront désormais ceux de la ville, Morice fait la connaissance d’Audrey qui assiste, avec tous les habitants du village, à des funérailles. Très rapidement les deux enfants se lient d’amitié et Audrey lui révèle que le cercueil était vide. Ensemble, ils décident de chercher le corps. Mais Morice n’est pas au bout de ses surprises; entre le suicide de l’ancien propriétaire du Napoléon, l’arrivée d’envahissants touristes allemands et l’attitude mystérieuse des habitants du village ce qui devait être un jeu prend bientôt une tournure plus inquiétante.

Pierdomenico Baccalario entraîne le lecteur dans un roman qui mêle les genres, entre suspens, enquête et aventures sur fond historique et le résultat est assez étonnant. Ainsi l’auteur place son histoire dans les années 80 mais rapidement l’enquête des enfants les fait voyager dans le temps et remonter en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. S’inspirant des histoires parlant d’or nazi dissimulé, caché, perdu depuis la guerre, il utilise des personnages réels pour servir son récit et parsème son texte d’anécdotes historiques pour illustrer son propos. On y trouve aussi de nombreuses références à des films ou des livres; une place importante est donnée à Saint-Exupéry et son livre le plus célèbre à qui il donne un rôle, et un sens, assez éloigné de la réalité mais pourtant rendu crédible contextuellement.

L’ensemble aurait pu être décousu tant la réalité perd en crédibilité pour servir la fiction et pourtant le résultat a du sens et c’est en ça que Les renards du désert est un roman réussi. Pierdomenico Baccalario réussit à nous faire croire que l’Histoire dans l’histoire est véridique et qu’il relate des faits avérés. Alors que Morice et Audrey se lancent dans une simple chasse au trésor, ils sont rattrapés par la guerre et ses secrets et leur quête prend des allures effrayantes où l’angoisse atteint son paroxysme lors d’un final dont aucun personnage ne sortira indemne.

« On a beaucoup écrit sur les chercheurs de trésors. Presque jamais sur ceux qui les cachent. » Morice et Audrey parviendront-ils à percer le lourd secret qui plane sur leur village?

masse critique·roman jeunesse

La Guilde des Aventuriers, tome 1

The Adventurer’s Guild

Auteurs:  Z.L. Clark & N. Eliopulos

Traductrice: Françoise Nagel

Editeur: Bayard Jeunesse

Pages: 444

 

Roman d’héroic-fantasy, La Guilde des Aventuriers réunit tous les ingrédients qui en font le genre: elfe, nains et hommes cohabitent avec plus ou moins d’harmonie, des créatures monstrueuses à affronter, de la magie, des combats.

L’histoire prend place à Pierrefranche, une cité de survivants organisés en guildes. Zed est un demi-elfe qui vit seul avec sa mère, servante pour une riche famille. Il apparaît timide et peu sûr de lui mais il rêve pourtant de rejoindre la guilde des mages. Son ami Brock veille sur lui de manière un peu excessive. Né dans une famille de marchands, il a été élevé afin d’en rejoindre leur guilde dont il serait l’un des meilleurs éléments. Toujours prêt à protéger son ami, il n’est pas le dernier à se mettre en danger et a toujours le mot pour rire. Enrôlés de force dans la guilde des Aventuriers, ils vont se lier d’amitié avec Liza, une fille de noble naissance qui s’est préparée toute sa vie à devenir une guerrière alors que son genre ne la destinait qu’au mariage. Elle prend son destin en main et fait montre d’une intelligence et d’un courage qui en font un personnage des plus intéressants.

Zack Loran Clark et Nick Eliopulos, forts de leur expérience dans Donjon & Dragons, signent un roman entrainant qui ravira les jeunes fans du genre et saura séduire les moins initiés par son récit dynamique, drôle et riche en actions. S’il ne se démarque pas par son originalité, il a au moins le mérite de proposer un monde bien construit et des personnages intéressants. En effet, principaux ou secondaires, ces derniers ne manquent pas d’attirer l’attention par leur comportement ou leur attitude. La suite viendra sûrement arrondir les détails et ne manquera pas d’approfondir les liens qui unissent certains personnages ou de les séparer. La fin ouverte laisse place à quelques questions et pousse à lire la suite.

Je remercie Babelio et les éditions Bayard Jeunesse pour cette découverte.

Pierrefranche est l’une des dernières cités survivant à l’assaut des monstres qui ont envahi le monde. Différentes guildes y organisent la résistance. Parmi elles, celle des Aventuriers a mauvaise réputation: 1. Ses apprentis sont recrutés de force. 2. Ses membres meurent jeunes. 

Zed, un demi-elfe aux pouvoirs magiques, est désigné pour rejoindre la guilde des Aventuriers. Son meilleur ami Brock décide alors de se porter volontaire pour l’accompagner. L’intrépide Liza, elle, née d’une famille de nobles, a toujours rêvé d’entrer dans la Guilde. Zed, Brock et Liza vont peu à peu découvrir, derrière les murailles de la ville, un monde aussi dangereux que merveilleux. Or, les Aventuriers sont la dernière ligne de protection de la ville…

masse critique·roman

Au service secret de Marie-Antoinette, tome 4. La femme au pistolet d’or

 

Auteur: Frédéric Lenormand

Editeur: La Martinière

Pages:  360

 

 

Quatrième tome (se lit indépendamment) d’une série que je ne connaissais pas encore, La femme au pistolet d’or nous entraîne dans le Paris de la fin du dix-huitième siècle lors d’une enquête menée tambour battant par Rose Bertin et Léonard, respectivement modiste et coiffeur de la Reine Marie-Antoinette. Accompagnés du séduisant accessoire de sa majesté, Axel de Fersen, ils tentent de trouver qui en veut à la fortune de Mme Cottin de Melville qui se sent menacée depuis la mort de son mari.

Habituée des cosy mystery par la lecture de Agatha Raisin, je découvre un nouvel univers plus historique absolument délicieux fait de propos acerbes et d’un langage fleuri des plus délectable. La langue française est vraiment savoureuse et permet à Frédéric Lenormand de nous proposer tout un florilège de mots inusités de nos jours qui enrichissent un récit fort bien construit. L’écriture est entrainante, le duo Rose/Léonard est jouissif et d’une grande drôlerie. Les détails historiques qui ponctuent le récit servent à l’enrichir mais permettent également de faire des ponts avec notre époque et notre actualité, ce qui créé un parallèle des plus intéressant qui ne manquera pas de capter l’attention du lecteur.

La femme au pistolet d’or est donc un roman délicieux qui m’aura permis de découvrir une série que je ne manquerai de suivre. Amateur du genre comédie policière, ce titre est fait pour toi!

Je remercie Babelio et les éditions de La Martinière.

Depuis la disparition de son mari, Mme Cottin de Melville se sent menacée: on en veut à sa fortune… et à son pistolet d’or! La Reine envoie à son secours ses fidèles serviteurs de l’ombre, Rose, Léonard… et Axel de Fersen, son amant suédois! On leur prédit un grand danger. Mais peut-on se fier à un vieux fou qui lit l’avenir dans la poudre de menthe?

 

masse critique·roman jeunesse

Le secret de Léonard

Auteure: Mireille Calmel

Illustrateur: Romain Mennetrier

Editeurs: XO éditions & Belin Jeunesse

Pages: 155

 

J’ai eu le plaisir de découvrir Le secret de Léonard en avant première dans le cadre d’une offre Masse Critique et j’en remercie les éditions XO et Belin Jeunesse, ainsi que Babelio.

Flore, Raphaël, Pierre et Louis vivent à Amboise, château des Rois de France. Leurs parents travaillent au château qui est un lieu merveilleux pour les jeux des enfants. Ils en connaissent tout les endroits et secrets, ils aiment particulièrement se promener dans les souterrains pour espionner les conversations. C’est en allant jusqu’au Clos Lucé par les passages secrets que Flore apprend la mort de Léonard de Vinci. Avec ses trois amis, ils savent que l’un de ses plus précieux dessins a été volé. Ils doivent retrouver « l’aile volante » avant que le roi François Ier ne s’apperçoive de sa disparition.

Mireille Calmel n’a pas son pareil pour écrire des romans historiques aux personnages féminins forts et déterminés. Pour son premier roman jeunesse, elle conserve ces éléments qu’elle maitrise à merveille et signe un titre riche en aventure avec juste ce qu’il faut de dangers et de suspens pour attiser la curiosité des jeunes lecteurs et maintenir leur intérêt jusqu’au bout du récit. Si le texte est court et illustré, il ne manque pas de richesses. L’auteure emploie un lexique historique riche – définitions en bas de page – et ponctue son récit de faits et d’anecdotes historiques qui viennent l’enrichir un peu plus. Ses jeunes héros sont attachants et attirent rapidement la sympathie. On saluera la place importante donnée à Flore qui apporte un petit message féministe bienvenue dans une époque qui laissait peu de place aux filles/femmes en dehors de la maison. Le secret de Léonard est un roman parfait pour initier les jeunes lecteurs au roman historique.

Au château d’Amboise, le temps s’est arrêté: Léonard de Vinci vient de mourir. Mais pour Flore, Raphaël, Pierre et Louis, il n’y a plus une minute à perdre. Ils doivent retrouver le dessin de l’aile volante, l’une des plus célèbres inventions du maître. Qui l’a dérobé et pourquoi? Le compte à rebours est lancé, car le roi François Ier ne soit pas s’apercevoir de sa disparition…

album·Documentaires /Livres jeux·masse critique

Portraits d’Extraordinaires Enfants – Leur vie est une légende!

Auteure:  Laureen Bouyssou

Illustratrice:  Johanna Springer

Editeur: Fleurus

Collection: Portraits

Pages: 96

Le livre s’ouvre sur une introduction bienvenue qui retrace la place des enfants dans la société et leurs droits depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, illustrée par une frise chronologique. Il se ferme sur des chiffres clés qui permettent de visualiser plus clairement une réalité effroyable pour ces milliers d’enfants qui vivent dans des conditions inacceptables. L’auteure insiste sur le fait que, malheureusement, ces droits ne sont pas communs à tous les enfants du monde, pointant du doigt le fait que dans de nombreux pays ils sont encore privés d’éducation et sont bien trop souvent obligés de travailler pour aider leurs familles.

Entre les deux, douze enfants, plus ou moins connus, nous sont présentés par une très jolie illustration de Johanna Springer, une fiche d’identité et le résumé de sa vie, une anecdote, un fait marquant, un engagement qui font de ces enfants des êtres à part. Le jeune lecteur est ainsi invité à découvrir la vie particulière de Toutankhamon, Ali Ibn Sina, Pocahontas, Mozart, Bernadette Soubirous, Arthur Rimbaud, Sophie Scholl, Shirley Temple, Tenzin Gyatso, Nadia Comaneci, Kelvin Doe et Malala Yousafzai. Tous différents, tous uniques et pourtant réunis par leur vie extraordinaire. Que ce soit pour leur talent artistique, leur capacité à voir l’impossible, leur engagement dans un cause, tous ces enfants ont en commun un destin extraordinaire et ont été rendu célèbre par l’émerveillement qu’ils suscitent auprès du grand public.

Portraits d’Extraordinaires Enfants est un album documentaire qui propose de découvrir douze personnalités de divers origines. Si le choix de certains enfants m’a semblé surprenant, on ne peut que féliciter la diversité de cette sélection. Les jeunes lecteurs découvriront ainsi qu’il existe plein de façon d’être reconnus.

Gabrielle, 11 ans, l’a lu de son côté et a apprécié la mise en page, les illustrations et de découvrir qu’on peut être connu pour son intelligence, son génie artistique mais aussi pour ses qualités sportives ou, plus surprenant, pour ses visions « surnaturelles ». C’est un support intéressant qu’elle souhaite continuer à découvrir au travers d’autres titres.

Je remercie Babelio et les éditions Fleurus pour cette lecture faite dans le cadre de Masse Critique.

A travers l’Histoire, nombreux sont les enfants qui ont marqué leurs contemporains. Certains ont connu un destin tragique. D’autres ont brillé par leur génie artistique. D’autres encore, plus proches de nous, ont choisi de mettre leur talent au service de leurs concitoyens ou d’une cause qui leur tient à cœur.

Lecture à voix haute·masse critique·roman jeunesse

Drôles d’Espions, tome 1. Une énigme Bleu Saphir

Gli Intrigue – Un enigma blu zaffiro

Auteurs: Pierdomenico Boccalario & Alessandro Gatti

Illustrateur: Tommaso Ronda

Traductrice:  Catherine Tron-Mulder

Editeur: Hachette

Pages: 149

Dans la famille Intrigue, on est espion de génération en génération. Laszlo et Veena habitent à Amsterdam avec leurs trois enfants: Imogen (16 ans), Zelda (11 ans) et Marcus (10 ans), leur chien Orville et Thibaut le majordome. Lorsqu’arrive une enveloppe jaune marquée d’un point d’interrogation, tous savent que c’est le début de l’aventure, une nouvelle mission. Et pour Zelda et Marcus, c’est la toute première fois qu’ils sont autorisés à participer. L’excitation est à son comble lorsque la famille prend la route de Paris pour venir en aide à un bijoutier chez qui un bijou extraordinaire a été subtilisé.

Une énigme Bleu Saphir est le premier tome d’une série coécrite par Pierdomenico Boccalario (Ulysse Moore, La boutique Vif-Argent…) et Alessandro Gatti qui ont déjà collaboré sur Sherlock, Lupin & MoiPorté par une famille aux talents particuliers, Drôles d’espions s’annonce comme une série policière pour les jeunes lecteurs dès 9/10 ans. Dans ce premier volet, le récit s’articule de façon à ce que chaque membre de la famille puisse utiliser son talent et ainsi aider à faire avancer l’enquête qui les entraînera jusque dans un micro-état au cœur des Alpes. La famille Intrigue semble avoir un pied dans deux époques, l’une faite de traditions et l’autre remplit de gadgets modernes et sophistiqués, le tout se mêlant étrangement mais efficacement. L’écriture est fluide, il y a peu de temps mort, les auteurs tentent de créer des situations amusantes qui ne prennent pas toujours, entre snobisme parental et querelles fraternelles, mais l’ensemble donne un petit roman sympathique qui a bien plu à mes filles (11 ans). Le ton est léger et l’investissement des enfants dans l’enquête est clairement un plus pour gagner l’approbation du lecteur cible. Je suis plus sceptique sur l’intérêt d’une série, mais je suis curieuse de voir comment les auteurs vont se renouveler dans le volume suivant.

Je remercie Babelio et les Editions Hachette pour cette lecture.

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Zelda (11ans) : analytique comme une micropuce, silencieuse comme un papillon. Marcus (10 ans) : n’aime pas la technologie et la technologie ne l’aime pas. Imogen (16 ans) : un visage de marbre qui lui permet de faire semblant et de mentir en toutes circonstances. Laszlo (le père) : bon vivant, gentiment moqueur. Veena (la mère) : d’une grande agilité et très sensible à la bonne éducation.
Voilà une famille en apparence ordinaire.
Pourtant, tous sont des espions de talent. Une authentique famille d’espions ! Ce soir, ils sont réunis au grand complet. Zelda et Marcus font enfin partie de l’équipe d’espions de la famille. Leur première mission les conduit à Paris où un célèbre joaillier s’est fait voler, sous son nez, un saphir de la plus grande valeur.

Lecture à voix haute·masse critique·roman ado

8848 mètres

 

Auteure: Silène Edgar

Editeur: Casterman

Collection: Ici/maintenant

Pages: 384

 

Mallory, quinze ans, s’apprête à gravir le sommet du monde avec son père. Les semaines d’entraînements ne sont pas de trop pour se préparer physiquement à affronter la montée et tout ce qu’elle implique de souffrances physiques. Entre le manque d’oxygène et les conditions de météo extrêmes, les risques et les enjeux sont énormes. Mais Mallory craint bien plus de devoir répondre aux questions des journalistes que d’affronter la montagne. Pourtant, peu à peu, la jeune fille s’imprègne de la culture tibétaine, de la philosophie bouddhiste et prend conscience qu’elle peut utiliser sa voix pour faire passer un message. La chemin est long pour atteindre le sommet et Mallory en reviendra changée.

Silène Edgar signe un récit fort et juste porté par une adolescente qui cherche sa place dans sa famille et dans le monde.  Les descriptions des paysages et de la culture tibétaine permettent une véritable immersion dans le récit, enrichi des discussions de l’auteure avec sa cousine – qui donne sa voix au personnage de Justine – et d’un séjour au Tibet. L’ascension de l’Everest sert de fil conducteur à ce roman d’apprentissage qui donne l’impression qu’on ne revient pas le même d’une telle expédition.  Entre dépassement de soi et conscience écologique, 8848 mètres est un roman initiatique percutant.

La lecture à voix haute a été l’occasion pour toute la famille (le papa suivait également) de découvrir un pays qu’on visite peu en littérature jeunesse. Nous avons tremblé de froid avec Mallory, nous avons suivi son parcours avec curiosité et son ascension entre effroi et stupeur. Les filles ont été sensibles à la pollution et à la beauté des paysages et sont déjà prêtes à recommander ce roman à tous leurs amis.

Je remercie les éditions Casterman et Babelio de m'(nous)avoir permis de découvrir en avant première ce roman incroyable dans le cadre de Masse Critique.

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À quinze ans, Mallory est la plus jeune française à avoir gravi une montagne de 8000 mètres. Son nouveau défi, c’est le sommet de l’Everest. Le manque d’oxygène, l’effort physique et les conditions extrêmes ne lui font pas peur car elle est avec son père, son pilier, son modèle. Mais elle va apprendre à le faire aussi pour elle-même. Un exploit unique qui va lui faire ouvrir les yeux sur le monde : la pollution des alpinistes, la fonte des glaces, les dangers mortels d’un tel effort pour le corps, la pensée bouddhiste et surtout… l’importance du message qu’elle renvoie à son pays, en tant que jeune, adulte en devenir.

masse critique·roman ado

Le libraire de Cologne

 

Auteure: Catherine Ganz-Muller

Editeur: Scrineo

Pages: 288

 

 

Le libraire de Cologne est un roman inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de la famille de l’auteure, Catherine Ganz-Muller, qui livre un témoignage émouvant dans lequel s’entre-mêle faits historiques et fictifs.  Lu d’une traite – par crainte de ne plus l’ouvrir tant j’étais saisie par l’émotion – ce roman m’a projeté dans un tourbillon émotionnel comme seuls les romans abordant les crimes contre l’humanité parviennent à le faire.

Nous sommes à Cologne, en 1934, une famille est réunie pour fêter la nouvelle année mais la joie n’est pas sur les visages, la tension règne et des décisions doivent être prises. Chacun a conscience que c’est probablement la dernière fois qu’ils seront tous réunis. Les lois anti-juives ont démarré et la vie en Allemagne devient difficile pour les juifs allemands. Alexander a fait le choix de partir pour la France avec sa femme et sa fille, il fuit un pays qui ne peut plus les accueillir pour un pays où ils ne savent pas comment ils seront accueillis. Avant de partir, il confie sa librairie à son ami et apprenti, Hans Schreiber. Hans, vingt-trois ans, amoureux des livres et de la littérature, entreprend alors un combat de tous les instants pour préserver la librairie de son ami, une librairie qui restera toujours aux yeux des gens juive. Avec courage et détermination, et le soutien de quelques personnes anti-nazi, il va lutter pendant dix longues années pour que le commerce de son ami mais surtout, ses valeurs et idéaux survivent à la guerre. Le livre devient le dernier rempart pour préserver l’humanité.

Le texte est assez concis, dix années s’écoulent sur à peine 288 pages, c’est peu mais suffisant pour transmettre un message fort et touchant. L’auteure livre un récit poignant enrichi par des valeurs humaines et culturelles fortes; ses personnages sont attachants, leur combat n’en est rendu que plus fort de par le courage, la prise de risques et les choix qu’ils doivent faire. Conseillé dès 14 ans, Le libraire de Cologne trouvera sa place dans les collèges et les programmes scolaires: le texte soulève des questions pertinentes qui ne manqueront pas d’ouvrir des débats intelligents.

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo pour cette offre de Masse Critique privilège.

Cologne, Allemagne, 1934. Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé de partir vivre en France avec sa famille. Il confie sa librairie à son jeune employé, Hans Schreiber. Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre pour que la librairie survive dans cette période tragique, malgré les menaces et les bombes.

BD/manga·masse critique

Voro, le Secret des Trois Rois – Première Partie

Auteure/Dessinatrice: Janne Kukkonen

Traductrice: Kirsi Kinnunen

Editeur: Casterman

Collection: Album

Pages: 96

Premier volet d’une série fantastique médiévale qui se veut une introduction intéressante à un univers qui s’annonce prometteur. Dès les premières pages, Janne Kukkonen nous fait découvrir le monde de Lilya, voleuse à la tire. Encouragée par son vieux maître, elle remplit les missions que le maître de guilde lui confit, des missions divers mais qu’elle trouve toujours trop facile, trop ingrate. Seule fille de la bande, elle souhaite plus que tout faire ses preuves pour être admise en tant que membre officiel; et tant pis si le maître n’est pas d’accord, Lylia sait qu’elle en est capable… et elle compte bien le prouver.

Nous voici donc plongée dans une aventure dans l’air du temps qui met en avant une héroïne au fort caractère et qui n’entend pas se laisser marcher sur les pieds. Téméraire, elle paraît cependant trop sûre d’elle, ce qui l’a rend assez irritante… sans être totalement antipathique pour autant. Les dessins sont jolis, les décors sont particulièrement bien faits et les couleurs bien choisies.

Voro, le Secret des Trois Rois est un bande dessinée fort sympathique à lire dès 9/10 ans.

Je remercie Babelio et les éditions Casterman pour cette offre de masse critique.

Jeune apprentie voleuse, Lilya ne laisse personne lui casser les pieds… Pas même le grand maître de la guilde ! Il faut reconnaître que ce dernier lui confie toujours les missions les plus ingrates, sous prétexte qu’elle n’est qu’une fille. Décidée à faire ses preuves malgré tout, Lilya se lance dans une affaire qui la dépasse et met en péril l’existence même de la guilde des voleurs !