album·Service Presse

A dos de loup (2021)

Morgane Bellec, Voce Verso, 2020. 30 pages

Dans une chambre sombre, une enfant semble réticente à laisser son père partir. Dès que la porte se referme, son regard apparaît rempli de peur. Au mur, un affiche représente un grand loup et l’on sent le regard de l’enfant attiré par la crainte tangible de le voir quitter son décor de papier. Pourtant, lorsque un loup gigantesque apparait au milieu de sa chambre, elle s’accroche à la main tendue de l’enfant qui l’accompagne pour grimper sur le dos de l’animal. S’en suit un voyage onirique fait d’animaux gigantesques. La peur se transforme peu à peu en bonheur.

A dos de loup est un bel album sans texte à découvrir avec l’enfant avant d’aller se coucher pour dédramatiser l’instant où il faudra faire un dernier bisou et aller au lit. Le récit est très visuel et offre un regard optimiste sur la nuit et l’obscurité souvent synonymes de terreurs pour les touts petits. Ici l’enfant prend son courage à deux mains pour affronter ses peurs et devient acteur de sa victoire!

Je remercie les éditions Voce Verso pour ce service presse qui fut une jolie découverte.

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Par la porte ouverte de la nuit, deux enfants s’évadent à dos de loup et découvrent l’incroyable monde des rêves.

album

Et après? (2015)

Mathilde Magnan, Voce Verso, 2015. 30 pages.

Superbe album qui s’ouvre vers le haut, Et après? se dévoile peu à peu sur un visuel tout en noir et blanc ponctué de rouge au travers de la gorge d’un oiseau ou des pétales d’un coquelicot, témoin du temps qui passe. A chaque nouvelle page c’est tout un univers que l’on découvre, un monde souterrain qui regorge de surprises et foisonne de vie.

Dans cette histoire sans texte, Mathilde Magnan suscite l’intérêt du petit lecteur en ne dévoilant que très lentement les changements qui s’opèrent tant en surface qu’en-dessous. Son trait réaliste captive par la richesse des détails: les racines qui s’allongent, les bébés animaux qui grandissent, les pétales qui tombent… Et après? est un hymne à la nature et à la vie à découvrir en famille.

Dans un monde souterrain qui se dévoile au fil des pages, des galeries se creusent, des animaux se croisent. Des histoires rythmées par la floraison d’un coquelicot, témoin du temps qui passe.

ebook·roman·Service Presse

L’Ordre de Prométhée, tome 1. Chronique (2020)

Auteure: F. Ropars C.

Editeur: Librinova

Pages: 270

format ebook

A la suite d’un accident, Athénaïs se réveille avec les souvenirs de vies antérieures. Accompagnée par sa grand-mère avec qui elle a un lien fort, elle se retrouve avec une nouvelle vie qui se dessine. En plus des souvenirs, la jeune femme se voit doter de pouvoirs et retrouve des connaissances de passés. Amitiés et amour viennent remplir le vide de son existence, au même titre que des ennemis dissimulés dans l’ombre. Rapidement, l’histoire se met en place avec ses mystères et ses dangers.

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteure pour sa proposition de découvrir son livre et sa confiance. J’ai été conquise par l’ambiance générale et les nombreuses idées qui se dégagent de l’histoire. Même si l’écriture n’est pas toujours égale, le rythme est intense et ne laisse pas de temps mort. Les évènements sont multiples et se mettent en place rapidement ne laissant pas de place à l’ennui. Les souvenirs du passé ressurgissent ponctuellement et on sent une trame historique se mettre en place en toile de fond d’une intrigue plus contemporaine dans laquelle la société est au cœur d’un équilibre instable et fragile qui semble pouvoir se rompre très facilement. Le(s) volume(s) suivant(s) nous en dira(ont) probablement d’avantage car il ne s’agit que d’un premier volume qui pose les bases d’un univers médiéval-fantastique et met en place les personnages et organisations desquelles ils dépendent.

En un peu moins de trois cents pages, F. Ropars C. apporte énormément d’informations qui manquent parfois de détails, et de profondeurs. Les relations entre les personnages se mettent en place parfois trop rapidement pour que l’on est eu le temps d’en saisir l’émotion. Il m’a manqué peut-être d’avantage de souvenirs pour justifier l’attachement d’Athénaïs avec son amant ou ses amis proches. Cela fragilise un peu le récit mais ne le rend pas pour autant inintéressant ; on sent déjà dans l’écriture que l’auteure a encore beaucoup à offrir et je suis curieuse de découvrir ce que la suite nous réserve. L’ambiance ésotérique et les mystères qui planent autour des protagonistes sont des éléments majeurs qui font la force du récit. J’ai également apprécié la romance en toile de fond qui apporte juste ce qu’il faut de douceur et de romantisme sans étouffer l’histoire.

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De la violence des champs de bataille du Moyen Âge, aux fêtes somptueuses d’une élite Vénitienne membre d’une société secrète, jusqu’au château hanté d’Écosse et aux landes mystérieuses de Bretagne, le lecteur sera entraîné dans les aventures d’une héroïne à la forte personnalité retrouvant son amour perdu. Ces amants romantiques, seront pris dans le flot de l’Histoire, des intrigues et des intérêts de sociétés secrètes se vouant une lutte sans merci depuis la nuit des temps. De l’ésotérisme, des rebondissements, une alchimie des atmosphères se mêlant à la complexité psychologique des personnages et de l’intrigue, un soupçon d’humour, feront vivre au lecteur une incursion dans un univers fantastique et médiéval haletant.

masse critique·roman ado

#TousDebout (2021)

Auteures: Agnès Marot & Cindy Wilder

Editeur: Hugo

Collection: New War

Pages: 374

Récit écrit à quatre mains, Tous Debout est un texte à deux voix. D’un côté, il y a Anton, un ado intelligent au physique ingrat qui se cache derrière une attitude indifférente mais pourtant provocatrice. Dans l’ombre il est Gossip Boy, un gars qui balance les pires ragots du lycée sur internet. De l’autre côté, il y a Méloé, une adolescente introvertie qui s’insurge contre les comportements injustes et discriminatoires. Lorsque Gossip Boy révèle que Rahim, le petit ami de Méloé est sans-papier, cette dernière se lance dans un mouvement de contestations pour le protéger de l’expulsion. Anton se range à ses côtés et devient l’une des figures centrales du mouvement.

Si Agnès Marot et Cindy Wilder signent un récit engagé qui permet de sensibiliser le lecteur à de réels problèmes de société (sans-papiers, immigrations, homophobie, racisme…), je n’ai pas été convaincue par les personnages principaux. Anton a une attitude trop souvent limite, son comportement envers Méloé frôle le harcèlement. Cette dernière n’a pas su me toucher, trop souvent son engagement m’a semblé intéressé et n’a pas aidé à me la rendre sympathique.

Pourtant, l’histoire m’a vraiment plu et intéressée. L’écriture à quatre mains dynamisme le récit et permet un double regard sur une même situation. Anton et Méloé sont deux voix qui s’élèvent différemment contre une injustice tristement courante; entre provocation et engagement, ils amènent une réflexion sur le poids de nos actions et la façon la plus juste de prendre position pour une cause.

Je remercie Babelio et les éditions Hugo pour l’envoi de ce titre dans la cadre de Masse Critique.

D’un côté, Anton, un garçon discret qui se cache derrière le pseudo de Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Trumblr (et y balancer les pires ragots du bahut). De l’autre, Méloée, jeune fille fougueuse et passionnée qui craque sur Rahim, le petit nouveau au lycée. Sous ses airs d’étudiant sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les attentions. Surtout lorsque Gossip Boy révèle qu’il est sans-papiers… Bientôt, tout bascule. Rahim est sur le point d’être expulsé. Derrière les grilles, il est temps pour les élèves barricadés de lever le poing pour défendre l’un des leurs!

BD/manga·masse critique

Le faucon déniché – BD (2021)

Auteur: Maxe L’Hermenier, d’après Jean-Côme Noguès

Illustrateur: Steven Dupré

Editeur: Nathan

Collection: Jungle Pépites

Pages: 55

Adaptant le roman éponyme de Jean-Côme Noguès, la bande dessinée Le faucon déniché reprend les grandes lignes du récit. Dès les premiers planches, le lecteur est plongé dans l’époque moyenâgeuse, parcourant la forêt aux côtés de Martin qui observe de jeunes faucons dans leur nid. Bien qu’il connaisse les risques, le garçon ne peut s’empêcher d’y retourner chaque jour. La loi est simple, tous les faucons trouvés sur les terres du Seigneur appartiennent au Seigneur. Lorsqu’un petit tombe du nid, Martin le recueille et décide d’en faire un compagnon de jeux, un ami. Fait prisonnier, il perd son oiseau en même temps que sa liberté mais bientôt la roue tourne…

Comme pour le roman, cette bande dessinée me laisse sur un avis mitigé. Si l’adaptation est convaincante et l’histoire toujours aussi intéressante, on ressent toujours bien trop l’intérêt pédagogique du projet. Impression renforcée par le dossier « Pour aller plus loin » en fin d’ouvrage et le questionnaire pour vérifier que la lecture a bien été comprise. Par ailleurs, si j’ai particulièrement aimé les illustrations des paysages et des faucons de Steven Dupré, j’ai été moins convaincu par les visages de ses personnages qui s’intègrent pourtant très bien à l’époque du récit.

Le faucon déniché reste un très bon ouvrage pour découvrir les lois féodales et la façon dont s’organise la vie au Moyen-Âge et ce format permettra de séduire un plus large public.

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A lire: l’avis d’Isabelle.

Je remercie Babelio et les éditions Nathan pour l’envoi de cette adaptation dans la cadre de Masse critique.

Martin, douze ans, a un secret: il a déniché un jeune faucon en forêt. C’est une aventure dangereuse car le petit paysan risque la prison s’il garde pour lui l’oiseau réservé aux chasses du seigneur. Pourtant, Martin refuse de se soumettre et rien ne l’arrêtera. Mais dans l’ombre, l’impitoyable fauconnier du château veille… Il veut faire du rapace l’oiseau le plus cruel de la fauconnerie… Que vont alors devenir les deux amis?

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

On n’a rien vu venir (2012/2019)

Auteurs: Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal

Editeur: Alice

Collection: Poche

Pages: 110

Lundi 4 juin. Les résultats des élections sont tombés: Le Parti de la Liberté a gagné. Dans la rue des scènes de liesse populaire, des cris de joie, et parfois aussi des départs en catimini, des parents inquiets qui rappellent leurs enfants à la maison. Sept enfants nous racontent leur comment ce nouveau parti politique s’est immiscé dans leur quotidien. Sous couvert de liberté et de justice, il crée des lois liberticides avant de s’attaquer aux minorités sociales. De la couleur de la peau au handicap, en passant par l’homosexualité, la population se voit contrainte à des obligations et des restrictions injustes. Si certains ont fuit dès l’annonce des résultats, d’autres s’y préparent pendant que leurs voisins, leurs amis choisissent de subir ou d’entrer en résistance.

Ce roman à sept voix est à faire lire à tous les enfants pour éveiller leur conscience et développer leur esprit critique. En effet, les auteures y présentent comment un parti totalitaire arrive au pouvoir et comment une dictature s’imisce de façon insidieuse dans la vie de chacun, réduisant peu à peu les libertés et le libre arbitre, imposant une façon de vivre et de penser unique en maintenant un climat de peur permanent. L’écriture à quatorze mains apporte différent regards mais l’écriture reste cohérente et les chapitres se nouent naturellement, comme s’ils avaient été écrit par une seule personne. Les questionnements et réflexions qui suivent la lecture permettent de la prolonger intelligemment en ouvrant la discussion avec les jeunes lecteurs.

A découvrir, l’avis de Bouma et celui de Pépita.

Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays: le Parti de la Liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme – les « mal-habillés », les « trop-foncés », les « pas-assez-valides »…- et instaure des règles de plus en plus contraignantes. La liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge, les contrevenants sont traqués? Comment en est-on arrivé là?

roman ado

Steam Sailors, tome 2. Les Alchimistes (2020)

Auteure: Ellie S. Green

Illustrateur: Vaderetro

Editeur: Gulf Stream

Collection: 13+

Pages: 388

 

Après le coup de cœur à la lecture du premier volet, je m’étais procurée le deuxième tome dès sa sortie en novembre dernier, mais n’ai finalement pris le temps de le lire que la semaine dernière. Dès la première page, j’ai plongé tête baissée dans cette univers steam punk fait d’aventures, de pirateries et de magie.

Après les évènements survenus dans le premier tome, l’Héliotrope et son équipage se sont forgés une terrible réputation. Craints par tous, il ne reste que quelques fous pour oser les affronter. Mais les pirates sont prêts à tout pour sauver Prudence, plongée dans un état d’insconscience, depuis leur arrivée dans la Cité Impossible. Afin de trouver des alchimistes, l’équipe se scinde en plusieurs groupes, fragilisant leurs forces mais pas leur courage ou leur motivation. Au programme de ce volume, apprentissage et maitrise de l’alchimie, courses de modules, batailles navales et passage en cellules dans une prison terrifiante.

Les Alchimistes est un deuxième tome largement à la hauteur du premier. Riche en aventures et rebondissements, le récit laisse peu de répit. Ellie Green nous transporte dans son univers toujours aussi riche et dynamique. Si Prudence est moins présente, nous apprenons à mieux connaître certains des pirates, notamment Ezekiel dont le passé sombre ne peut que nous le rendre encore plus sympathique. Son arc narratif est celui que j’ai trouvé le plus intéressant car on voit le jeune pirate fougueux évoluer vers plus de maturité et de responsabilité. Les nouveaux personnages ne sont pas en reste, on sent combien leur personnalité et leurs pouvoirs d’alchimistes vont être importants pour la suite des aventures de toute l’équipe. L’auteure nous laisse sur un cliffhanger qui promet une suite époustouflante. Entre lutte pour leur propre survie et fin du monde à écarter, le final s’annonce plein de promesses!

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L’équipage de l’Héliotrope est enfin parvenu aux portes de la Cité Impossible, laissant à Prudence un sentiment étrange de déjà-vu. Et ce n’est pas seulement un incommensurable trésor qui les attend, car ils font également la découverte d’un surprenant sarcophage… Mais la curiosité des pirates est lourde de conséquences: l’arrivée de la jeune fille avait été prédite et elle déclenche une funeste prophétie. Saisie par la vision des fléaux qui s’annoncent, l’âme de Prudence erre désormais entre deux réalités! C’est pourtant elle qui pourrait empêcher la prophétie de se réaliser… avec de l’aide. Pour permettre à Prudence de se réveiller et éviter la catastrophe, les pirates n’ont d’autre choix que de se lancer dans une nouvelle mission: retrouver la piste des héritiers des Alchimistes…

BD/manga·Prix littéraire

21 jours avant la fin du monde (2019/2020)

21 giorni alla fine del mondo

Auteure: Silvia Vecchini

Illustrateur: Sualzo

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 200

 

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 13-15 ans.

Lisa vit dans un camping avec sa mère qu’elle aide à tenir son café. Ses voisins changent régulièrement de visage mais dans l’ensemble les touristes se ressemblent tous un peu. Cet été là, elle occupe son temps entre le café et son cours de karate. Lorsque réapparait Aless, son ami d’enfance, les souvenirs ressurgissent.

21 jours avant la fin du monde est une bande dessinée à destination des adolescents qui aborde différents thèmes qui les préoccupent: la famille, l’amitié, l’avenir… Mais c’est la perte d’un être cher qui est au cœur du récit. En revenant sur le lieu de son enfance, Aless cherche à comprendre le mystère qui entoure la mort de sa mère. Mais son père, par soucis de protection, ne souhaite pas qu’il découvre les circonstances qui lui ont enlevé ce parent dont il n’arrive pas surmonter la perte. Avec beaucoup de tact, Silvia Vecchini soulève l’importance du dialogue et de l’accompagnement dans le processus du deuil.

Si l’histoire est intéressante, je n’ai pas vraiment su entrer dans le récit qui, probablement à cause du format, avance trop vite et passe à côté de beaucoup d’émotions. J’ai cependant apprécié la lecture et les illustrations de Sualzo, notamment ses paysages qui transportent en Italie.

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« Je m’aperçois qu’il n’y a rien de pire que les silences. C’est comme un poids qui te fait couler à pic, ou un filet qui retient une partie de toi si cachée que tu ne soupçonnais même pas son existence. Il arrive parfois que ces silences explosent comme des feux d’artifice. Ils libèrent alors leur énergie et jettent leur lumière tout autour d’eux. »

album·Prix littéraire

Julian est une sirène (2018/2020)

Julian est une sirène de Jessica Love, L’école des loisirs, collection Pastel, 2020.

Sélection officielle du Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Beau Maxi.

Julian est une sirène est avant tout un coup de cœur visuel, les illustrations de Jessica Love sont absolument magnifiques et regorgent de détails et de lumière. C’est pétillant et dynamique comme une fête, un carnaval! Et justement nous sommes à la fête, à la Mermaid Parade de Coney Island, un évènement qui a lieu chaque été dans l’arrondissement de Brooklyn, à New York.

Ensuite il y a la rencontre avec Julian, ce petit garçon fasciné par les sirènes et qui aimerait bien en devenir une. C’est qu’après avoir pris le métro dans lequel il a croisé de magnifiques femmes-sirènes, il ne pense plus qu’à ça. Mais que va penser sa Mamita? Et si elle se fâchait?

Respect et tolérance, ouverture d’esprit sont à l’honneur dans cet album coloré. Jessica Love signe un titre d’actualité, accrocheur et pertinent pour parler de différence et de genres au travers d’une relation forte qui voit au-delà des apparences. L’expressivité des personnages transporte le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Je vous invite à lire l’avis d’Isabelle.

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Le jour où Julian voit passer trois femmes magnifiques habillées en sirènes, sa vie change. Il ne rêve que d’une chose, devenir lui aussi une sirène. Mais que va penser sa Mamita?

roman ado·roman young adult

D’or et d’oreillers (2021)

 

Auteure: Flore Vesco

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 234

 

Lorsque Flore Vesco sort un nouveau livre, c’est toujours une fête et la garantie d’un grand moment de lecture. Comment fait-elle pour toujours capter l’attention de son lecteur? Avec D’or et d’Oreillers, elle nous entraîne dans une réécriture moderne et sensuelle du conte d’Andersen, La Princesse au Petit Pois. Mais ici il n’est nullement question de princesse ou de petit pois, et il ne s’agit même pas d’un conte mais d’une histoire d’amour pleine de magie, de sorcellerie.

Lorsque la rumeur se répand que lord Handerson se cherche une épouse, toutes les mères ayant des filles à marier se réjouissent de la nouvelle et se préparent à lancer leurs filles sur le marché du mariage. Pourtant, l’annonce d’un test mis au point par le jeune homme les fait bondir. En effet ce dernier demande à ce que chaque jeune fille dorme sous son toit sans chaperon dans une chambre apprêtée à leur intention, une chambre ordinaire si ce n’était ce lit d’une hauteur prodigieuse fait d’un empilement d’une dizaine de matelas. Avec trois filles à marier, Mrs Watkins est prête à tout. Elle organise le séjour de ses filles chez ce mystérieux lord qu’elle envoie accompagnée de leur femme de chambre. Lord Handerson, faisant peu de cas de la classe sociale, fait passer le test aux quatre jeunes filles. Une seule validera le test et elle n’a rien d’une lady, ce qui n’est pas plus mal car elle aura fort à faire dans ce château hanté où la magie est si forte qu’elle laisse peu de répit à ses habitants. Sadima réussira-t-elle à lever le voile sur les mystères qui entourent le lord et sa demeure? Le défit est lancé…

Comme dans ses titres précédents, Flore Vesco enchante son lecteur par la qualité de son récit et son habileté avec la langue qu’elle utilise pour faire des jeux de mots toujours fort appréciables. Utilisant les codes du genre, elle signe un titre romanesque digne d’un Jane Austen avec ses jeunes filles frivoles et la course au mari dans laquelle elles se lancent avec frénésie pour conquérir un revenu mirobolant plus que l’amour d’un homme. Elle sort cependant des sentiers battus en introduisant de la sorcellerie qui ramène au conte. Sadima est une héroïne courageuse, forte et déterminée; loin des innocentes jeunes filles nobles, elle ne craint pas de découvrir son corps dans l’intimité de sa chambre.

D’or et d’oreillers est un récit moderne et sensuel à réserver au plus de 13 ans qui sera séduire le lecteur par son humour noir, sa plume entraînante et la richesse de la langue qui transportent le lecteur dans un monde fantastique enchanteur porté par une héroïne de caractère. Flore Vesco signe un titre résolument féministe dans lequel l’éveil à la sexualité des jeunes filles passe par la découverte de leur corps et de leur plaisir.

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C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse: chaque candidate est invitée à passer une nuit chez lui, à Blenkinsop Castle, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Dormir chez un inconnu, sans parent ni chaperon! Quoi de plus scandaleux pour une jeune fille de bonne famille! Malgré tout, Mrs Watkins y envoie ses trois filles, accompagnées d’une femme de chambre. Elles se rendent en tremblant au château. Seule l’une d’entre elles retiendra l’attention du lord… Cette dernière, pourtant, n’a rien d’une princesse au petit pois! Et c’est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées, mais dans une histoire d’amour et de sorcellerie où l’on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit…