album

Même les crocodiles n’ont pas sommeil (2022)

Auteure : Stéphanie Demasse-Pottier

Illustratrice : Clarisse Lochmann

Editeur : Cépages

Pages : 32

Après la magnifique et nostalgique Fin d’été, Stéphanie Demasse-Pottier et Clarisse Lochmann reforment leur duo pour nous offrir un nouvel album singulier et onirique : Même les crocodiles n’ont pas sommeil ! Derrière ce titre surprenant, se cache l’histoire d’une rencontre improbable lors une nuit orageuse.

Après une bien belle et longue journée en famille, deux petits garçons se sont endormis dans la voiture. La nuit est tombée et la pluie s’est mise à tomber. C’est l’orage qui réveille le grand-frère ; il peine à retrouver le sommeil et s’amuse à regarder au loin tout en se décrivant ce qu’il voit dans sa tête. C’est alors qu’apparaît une famille de crocodiles dont le petit n’arrive pas à trouver le sommeil…

L’histoire fait la part belle au pouvoir de l’imagination et joue sur la temporalité sommeil-éveil pour laisser planer le doute quant à cette rencontre. A-t-elle réellement lieu ? L’enfant imagine-t-il ce moment lors de son jeu d’observation/imagination ? Est-ce un rêve ? Stéphanie Demasse-Pottier laisse planer le doute et c’est au lecteur de se faire sa propre interprétation… Mais il est évidant que le rêve et l’imaginaire de l’enfant sont eu cœur du récit.

Les illustrations aux contours flous de Clarisse Lochmann jouent d’ailleurs parfaitement sur cette interrogation, laissant à chacun la place de laisser s’exprimer son imagination. L’imprécision des traits renforcent le trouble du lecteur quand à la réalité du moment, le plongeant un peu plus dans les limbes de l’imaginaire des rêves.

Une fois de plus, l’association de ces deux artistes fonctionne et nous transporte dans la richesse de leur univers qui semble jouer sur le temps et l’imaginaire enfantin.

C’est arrivé alors que nous rentrions chez nous en voiture sous un orage. Dans la nuit, quelque chose de grand et d’assez gros s’est approché… J’étais tétanisé. A bien y regarder, c’était une famille, mais une très étrange famille !

album·Documentaires /Livres jeux

Je suis au monde – Habiter autrement la Planète (2021)

Auteurs : Julieta Cánepa & Pierre Ducrozet

Illustrateur : Stéphane Kiehl

Editeur : Actes Sud Junior

Pages : 58

Je suis au monde est un album documentaire qui ouvre les yeux à la diversité de notre monde. En proposant cinq immersions, Julieta Cánepa et Pierre Ducrozet invitent les lecteurs à observer la richesse offerte par la biodiversité et à prendre conscience des liens et connections qui se sont créés depuis la nuit des temps entre toutes les espèces, tous les milieux.

De la Grande Barrière de corail à l’Arctique, en passant par la jungle d’Amazonie, la ville de Barcelone et la campagne française, on s’émerveille de la beauté des paysages décris par un texte poétique enrichi de donnés informatives qui remettent l’homme à sa juste place. L’être humain est bien jeune par rapport à la planète et pourtant, il est le principal acteur des changements majeurs qui s’opèrent et impactent le destin de chacun.

Pourtant, le texte maintient un cap optimiste et, s’il met l’accent sur le poids qui repose sur nos épaules pour ralentir les perturbations écologiques en cours, des perturbations qui touchent toutes les espèces et s’observent dans tous les milieux, des perturbations qui peuvent encore être contrôlées pour offrir des perspectives d’avenir plus optimistes.

J’ai apprécié la poésie du texte qui, comme par magie, nous transporte dans les univers présentés. Des univers qui prennent vie dans les illustrations de Stéphane Kiehl, artiste singulier qui utilise la superposition des motifs donnant un effet plongeon immédiat vers des univers multiples aux couleurs plurielles.

Après Ces jeunes qui changent le Monde, Julieta Cánepa et Pierre Ducrozet signent un titre immersif sur notre monde, nous rappelant les liens et connexions qui existent entre toutes les créatures. Sans jugement ni culpabilisation, ils proposent une réflexion sur l’impact de nos actions sur les autres espèces et sur la planète. Un album qui séduira tout autant l’adulte que l’enfant dès 9/10 ans.

Parfois on oublie. On s’habitue aux choses qui sont devant nous. On finit par ne plus les voir. Qu’ont-elles à nous apprendre ? Comment tous ces éléments si différents s’allient-ils pour former un tout qu’on appelle Terre ? Quelle est notre place dans cet ensemble et quelle pourrait-elle être ? Pourquoi cette Terre est-elle menacée et que pouvons-nous y faire ? Approchons-nous de ces animaux, de ces forêts et de ces océans pour écouter ce qu’ils ont à nous dire de l’état de la planète et de ses habitants.

rendez-vous hebdomadaire

Première Lignes #28

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Après une petite pause blog, je continue à piocher dans ma PAL pour ce rendez-vous hebdomadaire qui rythme la vie du blog. J’espère trouver le temps de travailler un peu plus sur le blog dans les jours à venir.

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PREMIERE PARTIE

1

Il y a six morts et un blessé ce jour-là. D’abord, Maman et Mamie. Puis un étudiant qui s’est précipité pour arrêter l’assaillant. Puis deux hommes d’une cinquantaine d’années qui se tenaient dans les premiers rangs de la parade de l’Armée du Salut, suivis d’une policier. Et enfin, l’assaillant lui-même. Il avait décidé d’être la dernière victime de son massacre maniaque. Il s’est poignardé en pleine poitrine avec force et, comme les autres victimes, il est mort avant l’arrivée des secours. J’ai observé toute la scène.

Debout, immobile, le regard impassible, comme d’habitude.

Amande, Won-Pyung Sohn, PKJ, 2022.
Bilan·Le coin de Ju

Bilan d’une lectrice de 12 ans – Avril 2022

Beaucoup moins de lectures ce mois-ci à présenter car Juliette a repris le sixième cycle de la Guerre des Clans déjà présenté. Elle a voulu s’essayé à la lecture de Racine pour découvrir l’auteur préféré de sa prof de français mais Phèdre, le seul qu’elle ait trouvé à la maison, était trop complexe et elle a eu du mal à tout comprendre. Je sais qu’elle en a discuté avec sa prof qui l’a aidé à la compréhension mais de fait le plaisir était moins présent à la lecture.

Lecture d’avril – Juliette (12 ans 10 mois)

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La guerre des clans Hors-série 4 : La promesse de l’élu de Erin Hunter, 12-21, 2014.

L’avenir sourit à Petite Tempête, le dernier né du Clan de la Rivière, jusqu’au terrible accident qui le laisse défiguré. Devenu Nuage Balafré, l’apprenti cherche par tous les moyens à prouver sa valeur. C’est alors qu’une mystérieuse chatte lui apparaît en rêve. Elle lui prédit un destin glorieux s’il jure de toujours faire passer son clan avant ses propres intérêts. Le jeune Elu accepte avec enthousiasme. Il ignore encore le prix à payer pour un pacte trop vite scellé..

Note : 5 sur 5.

Phèdre de Jean Racine, Belin/Gallimard (classico Lycée), 2015.

Victime d’une malédiction des dieux, Phèdre tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte. L’aveu de cette passion incestueuse conduira les personnages de la pièce à leur perte.

Note : 3 sur 5.

Journal d’un dégonflé, tomes 4 à 16 (fini) de Jeff Kinney, Seuil, 2012 à 2021.

L’intégral des journaux de Greg qui y raconte son quotidien.

Note : 4 sur 5.

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #27

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Je continue à piocher dans ma PAL pour ce rendez-vous hebdomadaire qui rythme la vie du blog.

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PREMIERE PARTIE

1

Nous étions à l’étude, quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans on travail.

Le proviseur nous fit signe de nous rasseoir : puis, se tournant vers le maître d’études :

_ Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.

Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucune de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.

Madame, Bovary de Gustave Flaubert, illustré par Korrig’Anne, Tibert éditions, 2022.
Bilan·Le coin de Gaby

Lectures d’Avril

Bilan de mes lectures – Gabrielle (12 ans 10 mois)

C’est un bilan de mes lectures principales mais j’ai aussi lu beaucoup de manga/bd ce mois-ci : j’ai relu la série Sailor Moon (et maintenant je regarde la série) et j’ai découvert la série Les secrets de l’apothicaire. Il y a aussi eu la lecture, pour un cours de français, du roman de Victor Hugo, Claude Gueux que j’ai beaucoup aimé.

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J’ai bien aimé les deux nouvelles de la Guerre des Clans. L’histoire est toujours aussi intéressante et chaque nouvelle permet de voir un aspect différent de l’histoire.

Note : 4 sur 5.

La guerre des clans, Nouvelle 1. L’histoire de Feuille de Houx (2012) et Nouvelle 2. Le signe d’Etoile de Brume (2012) , Erin Hunter, 12 21.

Le cinquième tome de la série Sherlock, Lupin et moi, m’as beaucou plu ; j’aime toujours le côté roman policier avec une touche de romance. Le texte est bien écrit et on ne se lasse jamais !

Note : 5 sur 5.

Sherlock, Lupin et moi le château de glace, Irene Adler, 2018, Albin Michel.

Le portrait de Dorian Gray est un livre intéressant qui m’a permis de découvrir un autre style de roman fantastique. Le texte est tellement bien écrit ! Les dessins sont beaux et aident à se plonger dans l’histoire.

Note : 4.5 sur 5.

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde, l’école des loisirs, 2021

Miettes (humour décalé) est un gros coup de cœur. Cette nouvelle parle de sujets actuels tels que la place de chacun dans la société, les différences… Très bien écrit, on se retrouve vite au côté du narrateur.

Note : 5 sur 5.

Miettes (humour décalé), Stéphane Servant, CourtToujours, 2021

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Connaissez-vous ces titres ? En avez-vous lu certains ?

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #26

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. N’ayant pas de nouveaux romans en cours, j’ai pioché dans ma PAL pour ce nouveau rendez-vous hebdomadaire et c’est le magnifique Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë illustré par Nathalie Novi que j’ai pris plaisir à sélectionner. Il y a fort à parier que cette lecture sera pour très bientôt.

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CHAPITRE 1

1801 – Je rentre à l’instant d’une visite à mon propriétaire, le seul voisin dont j’aurai à m’inquiéter. Ce pays est assurément magnifique ! Je ne crois pas que, dans toute l’Angleterre, j’aurais pu arrêter mon choix sur un lieu aussi complètement à l’écart de l’agitation du monde. Un véritable paradis de misanthrope… Et Mr. Heathcliff et moi sommes si bien faits pour nous partager ce désert ! Un gaillard merveilleux ! Il était loin d’imaginer la sympathie que j’éprouvai pour lui quand je vis son regard sombre s’abriter derrière ses sourcils avec tant de suspicion à l’approche de mon cheval, et ses doigts se réfugier avec une détermination jalouse plus profondément sous son gilet quand je déclinai mon identité.

« Mr. Heathcliff ? »

Pour toute réponse, un signe de tête.

« Mr. Lockwood, votre nouveau locataire. Je me fais un honneur de me présenter la plus vite possible après mon arrivée pour vous exprimer l’espoir de ne point vous avoir importuné par mon insistance à solliciter l’occupation de Thrushcross Grange? J’ai, hier, entendu dire que vous aviez envisagé…

_ Monsieur, Trushcross Grange m’appartient », dit-il avec une crispation douloureuse, sans me laisser finir. « Je ne permettrais à personne de m’importuner, si je pouvais l’en empêcher… Entrez ! »

Il prononça cet « entrez » qui signifiait clairement « allez au diable ! », sans desserrer les dents. […]

Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, illustré par Nathalie Novi, Tibert éditions, 2021.

Les Hauts de Hurlevent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

anglais·roman graphique

Anne of Green Gables – a graphic novel (2017)

Adaptation : Mariah Marsden

Illustratrice : Brenna Thummler

Editeur : Andrews McMeel Publishing

Pages : 230

Après le succès du roman de Lucy Maud Montgomery auprès de Gabrielle, je cherchais une façon de prolonger le plaisir en se détournant de la série sans vraiment m’en éloigner. Alors qu’elle me demandait une nouvelle lecture en anglais, j’ai trouvé cette adaptation graphique dont la couverture pleine de promesses n’a laissé aucune place à l’hésitation.

Quand nous avons ouvert cette bande dessinée, je crois que nous avons eu la même réaction, le même mouvement de recul face à des personnages aux traits particuliers : le rouge du nez, la forme des yeux, la taille de la bouche leur donnent un aspect articulé assez étrange. Pourtant, Gabrielle et moi sommes d’accord pour dire que cela ne dure pas et que finalement cela fonctionne même plutôt bien, notamment sur Anne qui est décrite comme assez banale voir peu jolie dans son enfance ; les changements s’opèrent avec le temps et Anne embellit grâce à l’amour et à la vie plus saine que lui offre son nouveau foyer.

Par contre nous avons été séduites par les paysages aux couleurs tantôt pastelles, tantôt vives qui marquent le changement des saisons, donnant le rythme au récit parfois un peu rapide dans l’enchaînement des situations. Des couleurs qui jouent aussi sur les émotions en passant du chaud ou froid. Et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé, chacune de notre côté, les personnages qui peuplent le monde de l’unique et attachante Anne Shirley. Nous avons immédiatement retrouvé notre héroïne au grand cœur et à l’imagination fertile. L’adaptation est très fidèle, reprenant les faits majeurs du récit original, respectant le ton général, l’humour et l’émotion que Montgomery a mis dans son texte.

Anne of Green Gables – a graphic novel est un format qui se prête à la découverte d’une héroïne et d’un texte classique. Les jeunes lecteurs, qui pourraient avoir peur de s’attaquer au roman, se laisseront plus facilement séduire par se format qui ravira également les fans de la série. Ils devraient, tout comme nous, retrouver Anne sur son Ile-du-Prince-Edouard et ne plus avoir envie de partir tant la magie opère dès les premières pages, prolongeant avec délice la lecture du roman dans une envolée poétique et sensible. Le format se prête aussi très bien aux jeunes apprenant l’anglais et pour ceux qui préfèreraient lire dans la langue de Molière, sachez qu’il existe une version française aux éditions Scholastic.

When Matthew and Marilla Cuthbert decide to adopt an orphan to help manage their family farm, they have no idea what delightful trouble awaits them. With flame-red hair and an unstoppable imagination, 11-year-old Anne Shirley takes Green Gables by storm.

L.M. Montgomery’s classic story finds whimsical new ewpression in this graphic novel – perfect for newcomers and kindred spirits alike.

roman jeunesse·Service Presse

Nellie & Phileas – Détectives Globe-Trotters, tome 1. Le Crime de Whitechapel (2022)

Auteure : Roseline Pendule

Illustratrice : Constance Bouckaert

Editeur : Gulf Stream

Collection : 9-12

Pages : 176

Elizabeth Cochrane a douze ans et vit dans les rues de New York. Elle ambitionne de devenir journaliste. Elle embarque vers l’Angleterre après que Monsieur Pulitzer, patron du New York World, l’ait défiée de faire le tour du monde. Sur place, elle découvre que la vie d’enfant des rues n’a rien à envier à celle des américains et, alors qu’elle se demande comment passer sa première nuit, elle entend parler d’un nouveau crime commis par le célèbre assassin Jack l’éventreur. C’est l’occasion qu’elle attendait pour se faire connaître. Accompagnée et aidée du jeune gentleman londonien, Phileas Fogg, elle se lance à la recherche d’informations et d’indices qui lui permettraient de se faire reconnaître en élucidant ce crime mystérieux.

Roseline Pendule signe un premier roman qui ne manque ni d’attrait ni de rythme. Enquête d’investigation, récit policier, Le Crime de Whitechapel séduit le lecteur par son rythme, son histoire et ses personnages. La plume, moderne et immersive, joue sur la succession des rencontres et des étapes de l’enquête pour dynamiser le récit qui entraîne le lecteur dans une course effrénée pour découvrir l’assassin. Le suspens est par ailleurs maintenu jusqu’à la toute fin concernant l’avenir incertain d’Elizabeth dans le monde journalistique. L’auteure s’approprie les codes du genre pour écrire une histoire intéressante, parfaite pour initier les jeunes lecteurs au roman d’enquête. Par ailleurs, l’utilisation de personnages existants est particulièrement intéressante et leur exploitation vraiment pertinente permet de créer une histoire qui tient la route.

D’un côté nous avons un personnage fictif : Phileas Fogg, héros créé par Jules Verne pour son célèbre roman Le tour du monde en 80 jours. Ici présenté comme un adolescent d’une douzaine intelligent, curieux et solitaire, Phileas a tout du parfait gentleman si ce n’est l’absence d’un précepteur, personne qu’il considère inutile à ses apprentissages tant qu’il a accès à la lecture. Avec lui sont également présents son domestique Passepartout et son ennemi l’inspecteur Fix. Les caractères de chacun sont respectés et il est amusant de retrouver l’humour qu’apporte la rivalité Fogg/Fix et le manque de respect mal dissimulé de Passepartout.

De l’autre côté, nous retrouvons Elizabeth Cochrane, personnalité ayant réellement existée. Plus connue sous le nom de plume Nellie Bly, cette américaine s’est illustrée dans le reportage clandestin, le journalisme d’investigation dont elle est considérée pionnière du genre. Elle utilisait son travail pour dénoncer les conditions de travail des ouvriers et notamment celui des femmes. Elle a aussi marqué son époque en souhaitant rivaliser avec Phileas Fogg dans un voyage autour du monde. Alors que beaucoup croit qu’aucune femme ne peut entreprendre une telle expédition, elle bat le record du personnage fictif en effectuant son voyage en 72 jours.

Nellie & Phileas est une série à suivre pour l’intelligence de l’enquête et de l’écriture, pour ses personnages habilement utilisés, notamment pour la petite touche historique et féministe du personnage de Nellie Bly, et pour la qualité de la plume et de la narration. Enfin, je ne peux que saluer le travail sur la couverture entre l’illustration, le choix des couleurs et l’utilisation du doré qui fait ressortir le titre et quelques détails de l’illustration.

Je remercie les éditions Gulf Stream pour l’envoi de ce titre en Service Presse et pour leur confiance renouvelée.

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Quoi de mieux qu’un tour du monde pour dénicher des scoops ? Elizabeth, journaliste en herbe surnommée Nellie, quitte New York pour Londres. La capitale anglaise est en effervescence : Jack l’Eventeur aurait encore frappé ! Persuadée que cette exclusivité lui vaudra l’article du siècle, Elizabeth mène l’enquête et rencontre Philéas, un jeune gentleman lui aussi fasciné par l’affaire. Désormais en duo, les apprentis détectives cavalent après les indices dans les sombres ruelles de la ville. Et si l’assassin n’avait rien à voir avec l’insaisissable Jack ?

album·Lecture à voix haute

Gaston Grognon (2018/2020)

Grumpy Monkey

Auteure : Suzanne Lang

Illustrateur : Max Lang

Traductrice : Eva Grynszpan

Editeur : Casterman

Pages : 34

Non mais regardez-moi cette couverture ! Comment résister ? Ce singe a une trogne absolument irrésistible qui annonce la couleur d’une histoire qui ne pourra que faire rire. Pourtant on ressent la mauvaise humeur sur ce visage très expressif, un sentiment renforcé par la couleur rouge qui laisse peu de place à la surprise.

Les albums sur les émotions commencent à se faire nombreux et il est intéressant de voir que c’est un sujet qui se renouvelle, le petit lecteur étant désormais encourager à exprimer ses sentiments, à les accueillir comme ils viennent et à les accepter. C’est bien entendu le cas avec ce Gaston Grognon qui s’est visiblement levé du mauvais pied. Il a beau dire que tout va bien, ses amis sentent bien qu’il est de méchante humeur. Pourtant la journée est si belle ! Quel dommage de ne pas en profiter pour s’amuser…

Suzanne Lang signe un titre irrésistible qui rappelle qu’être de mauvaise humeur est acceptable, même si le ciel est bleu et que le soleil brille. De même il est acceptable de ne pas savoir pourquoi on se sent grognon. Après tout quand on est joyeux, sait-on forcément pourquoi ? C’est drôle, c’est bienveillant et c’est terriblement réaliste. Les illustrations de Max Lang sont par ailleurs magnifiques, ces personnages sont très expressifs et ne manquent pas d’humour.

Gaston Grognon a su faire rire toute la famille et nous avons hâte de découvrir les autres titres de la série.

Aujourd’hui, Gaston le chimpanzé a le dos tassé et le front tout froissé. Il n’a envie de rien. Alors non, malgré ce que disent ses amis, ce n’est pas une belle journée.