album·Prix littéraire

Louise ou l’enfance de Bigoudi (2020)

Auteure: Delphine Perret

Illustrateur: Sébastien Mourrain

Editeur: Les fourmis rouges

Pages: 40

Sélection officielle du Prix UNICEF littérature jeunesse 2021 catégorie 3-5 ans.

Louise grandit à la campagne. Les champs lui servent de terrain de jeux. Elle est très heureuse de la liberté que la nature lui offre. Mais voilà que son quotidien est bouleversé par un déménagement à la ville. Rapidement l’enfermement, le bruit, l’éloignement du ciel et le manque de la nature pèsent sur le moral de la petite fille qui devient colérique, provoque. attirant l’attention de son entourage qui, à bout, ne sait plus quoi faire. Jusqu’à ce que Louise rencontre Ella, une fillette de sa classe.

Louise ou l’enfance de Bigoudi est un album touchant de réalisme dans l’intemporalité de son histoire et des émotions. Les illustrations aux couleurs pastelles de Sébastien Mourrain sont de toute beauté et offrent une rétrospective intéressante sur une époque révolue. C’est tout simplement beau et donne envie de lire Bigoudi pour découvrir la vieille femme que Louise est devenue.

L’avis de Blandine et celui de LivresdAvril.

Louise, cheveux raides comme des spaghettis, vit à la campagne. Elle passe ses journées à courir dans les champs, elle est heureuse. Jusqu’au jour où sa famille déménage dans une très grande ville. Dès son arrivée, Louise déteste tout, de la couleur des immeubles à l’absence de ciel. Mais un crêpage de chignon avec une fille de son école va tout changer..

Prix littéraire·roman ado

Vivre ses vies (2020)

Auteure: Véronique Petit

Editeur: Rageot

Pages: 256

Sélection officielle du Prix littéraire libre2lire catégorie Ados

Gabriel a treize ans. Il vient d’apprendre qu’il possède sept vies. Une véritable aubaine pour ce passionné de saut en parachute. Pourtant, il s’interroge sur cette chance et sur le poids que ses vies bonus placent sur ses épaules. Doit-il, comme semblent le penser ses camarades, sacrifier ses vies pour sauver des vies? Les préserver pour faire quelque chose de plus grand? Ou tout simplement en profiter comme bon lui semble?

Véronique Petit utilise le registre fantastique pour amener une réflexion philosophique sur la valeur de la vie. Au travers de collégiens, qui ont de une à sept vies, elle questionne le lecteur sur les choix et conséquences qui pèsent sur notre existence. Cependant, si le registre fantastique est bien présent, le récit s’inscrit avant tout dans le registre quotidien. Le texte fait un parallèle intéressant entre la réalité fictive et la réalité virtuelle. Gabriel rêve de sauts en parachute en solo, rêve qu’il met en pratique en jouant à des jeux vidéos dans lesquels il est littéralement immortel. Le fait d’avoir plusieurs vies soulèvent donc la question du pouvoir de vie et de mort et de l’impact que les jeux vidéos peuvent avoir sur ses décisions concernant le saut.

Mais l’auteure va bien plus loin en abordant des thématiques fortes comme celle des enfants soldats. Elle interroge aussi sur le pouvoir, le contrôle et le dépassement de soi au travers d’un message féministe qui dénonce les stéréotypes qui mettent les garçons sur le banc des insouciants et les filles sur celui des prévenantes. Vivre ses vies est un roman intéressant accessible dès l’entrée au collège. L’histoire est fluide et ne manque pas de charme même si la fin arrive un peu trop facilement. Cela ne m’empêchera pas de le recommander, ne serait-ce que pour entourer une discussion sur la vie avec les jeunes.

J’ai mené cette lecture avec mes deux filles de douze ans ; nous avons chacune pris le temps d’avancer au même rythme en lisant chacune au un moment de la journée qui nous correspondait, ce qui a permis d’en discuter parallèlement. Juliette a été particulièrement enthousiasmé par ce roman qu’elle a de fait eu du mal à lire à notre rythme. Gabrielle a adoré le début et puis elle a décroché par manque de compassion et de sympathie pour le héros.

Gabriel vient d’apprendre qu’il a six vies. A lui les sports à risques et les grands frissons… Mais jusqu’à quand?

album·Prix littéraire

Bienvenue Tristesse (2019)

Auteure/Illustratrice : Eva Eland

Editeur : Les éléphants

Pages : 28

Sélection officielle du Prix UNICEF Littérature jeunesse 2021 catégorie 3-5 ans.

Cette année les émotions sont au cœur de la sélection du Prix UNICEF de Littérature jeunesse. Avec Bienvenue Tristesse, on peut dire qu’on tombe parfaitement dans le vif du sujet.

Emotion fréquente même pour un tout petit, il n’est pas toujours facile de comprendre la tristesse qui nous tombe parfois dessus sans que l’on sache vraiment pourquoi. Eva Eland invite son petit lecteur à accueillir cette émotion comme une amie et propose des idées pour aider à l’apaiser tout en encourageant à chercher la méthode qui fonctionnera le mieux pour soi.

Très sensible aux illustrations, j’ai tout particulièrement aimé la douceur et la bienveillance qui se dégagent du trait tout en rondeurs de l’auteure. Tristesse prend une place importante sans limites réellement définies et va peu à peu s’estomper pour devenir presque invisible, se fondant peu à peu dans le décor au même titre que sa couleur très pâle, proche de l’invisible.

Bienvenue Tristesse est un album sensible et bienveillant qui met en avant une émotion peu représentée en littérature jeunesse. Les mots sont doux et l’album est emprunt d’une grande sensibilité. Pour moi c’est un gros coup de .

Parfois, Tristesse s’invite sans prévenir. Laisse-la entrer : elle mérite qu’on lui consacre un peu de temps…

IEF·Prix littéraire

Prix littéraire Ado « libre2lire »

Depuis 2015, la Métropole de Lille organise, en partenariat avec les bibliothèques et librairies du territoire, un prix littéraire pour les adolescents. Ouvert à tout métropolitain âgé de plus de onze ans, la sélection propose huit ouvrages répartis dans deux catégories. Gabrielle a eu douze ans il y a quelques jours et ça tombait parfaitement avec la mise en place d’un Book Club Ado dans notre médiathèque où ce prix a été présenté ainsi que certains titres sélectionnés.

Catégorie ADOS

Deux fleurs en hiver, Delphine Pessin, Didier jeunesse, 2020. (Réservé)

L’anguille, Valentine Goby, Thierry Magnier, 2020. (Lu par nous 2)

Vivre ses vies, Véronique Petit, Rageot, 2020. (En cours pour Gabrielle, dans ma PAL)

Mission Mammouth – Histoires Naturelles, Xavier-Laurent Petit, l’école des loisirs, 2020. (Lu par Gabrielle, dans ma PAL)

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Catégorie Ados +

A quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton, Gallimard jeunesse, 2020. (En pause pour toutes les 2)

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, PKJ, 2020. (Réservé)

Météore, Antoine Dole, Actes Sud junior, 2020. (Réservé)

L’année de Grâce, Kim Liggette, Casterman, 2020. (Lu)


Prix à l’expression

En parallèle du prix littéraire, les lecteurs peuvent réaliser, seul ou à plusieurs, une production écrite ou artistique pour défendre leur coup de cœur. Cette production peut prendre n’importe quelle forme: dessin, texte, vidéo, maquette… Gabrielle a déjà plein d’idées autour de L’année de grâce. Le Prix s’étend jusqu’au 30 avril 2022 ce qui laisse le temps de lire tous les ouvrages et de réaliser une oeuvre sur le livre qu’elle voudra défendre et d’en changer plusieurs fois.

Pour découvrir les gagnants de cette année, c’est par ICI.

Première lecture·Prix littéraire·roman jeunesse

Du vent dans la tête (2019)

Auteure: Marjolaine Nadal

Illustratrice: Marianne Pasquet

Editeur: Voce Verso

Collection: Première lecture – GINKO

Pages: 24

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 6-8 ans.

Quand elle se sent oppressée, la petite fille grimpe au sommet de la montagne, se place dans le vent et laisse les nuages se dissiper. Mais quand cela devient trop courant, il lui faut trouver une solution plus facile à mettre en pratique.

Du vent dans la tête est une jolie lecture qui aborde la déprime/la dépression de l’enfant, un sujet délicat abordé ici avec pudeur et une certaine poésie. Une poésie qu’on retrouve aussi dans les illustrations de Marianne Pasquet tracées d’un trait fin et plutôt épuré. Le visage de l’enfant cheveux au vent est tout simplement beau et illustre avec justesse les émotions qu’elle peut ressentir quand enfin elle sent son cœur plus léger, sa tête plus vide.

Enfin, je trouve pertinent d’avoir fait de l’enfant l’acteur de son bien-être; c’est bien la fillette qui cherche des solutions pour aller mieux et je trouve cela essentiel, d’autant plus que ce titre s’inscrit dans une collection de titres « premières lectures » et donc s’adresse directement aux jeunes lecteurs.

La critique de LivresdAvril est à lire ICI.

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Parfois les matins sont trop gris. Ma tête est trop lourde. Mes idées sont trop emmêlées. Alors, je mets mes baskets et je file, là-haut, au plus haut de la montagne. Là où le vent souffle sur les nuages et éclaircit les brouillards. Là où le vent me rend ma légèreté.

BD/manga·Prix littéraire

21 jours avant la fin du monde (2019/2020)

21 giorni alla fine del mondo

Auteure: Silvia Vecchini

Illustrateur: Sualzo

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: Rue de Sèvres

Pages: 200

 

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 13-15 ans.

Lisa vit dans un camping avec sa mère qu’elle aide à tenir son café. Ses voisins changent régulièrement de visage mais dans l’ensemble les touristes se ressemblent tous un peu. Cet été là, elle occupe son temps entre le café et son cours de karate. Lorsque réapparait Aless, son ami d’enfance, les souvenirs ressurgissent.

21 jours avant la fin du monde est une bande dessinée à destination des adolescents qui aborde différents thèmes qui les préoccupent: la famille, l’amitié, l’avenir… Mais c’est la perte d’un être cher qui est au cœur du récit. En revenant sur le lieu de son enfance, Aless cherche à comprendre le mystère qui entoure la mort de sa mère. Mais son père, par soucis de protection, ne souhaite pas qu’il découvre les circonstances qui lui ont enlevé ce parent dont il n’arrive pas surmonter la perte. Avec beaucoup de tact, Silvia Vecchini soulève l’importance du dialogue et de l’accompagnement dans le processus du deuil.

Si l’histoire est intéressante, je n’ai pas vraiment su entrer dans le récit qui, probablement à cause du format, avance trop vite et passe à côté de beaucoup d’émotions. J’ai cependant apprécié la lecture et les illustrations de Sualzo, notamment ses paysages qui transportent en Italie.

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« Je m’aperçois qu’il n’y a rien de pire que les silences. C’est comme un poids qui te fait couler à pic, ou un filet qui retient une partie de toi si cachée que tu ne soupçonnais même pas son existence. Il arrive parfois que ces silences explosent comme des feux d’artifice. Ils libèrent alors leur énergie et jettent leur lumière tout autour d’eux. »

album·Prix littéraire

Julian est une sirène (2018/2020)

Julian est une sirène de Jessica Love, L’école des loisirs, collection Pastel, 2020.

Sélection officielle du Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Beau Maxi.

Julian est une sirène est avant tout un coup de cœur visuel, les illustrations de Jessica Love sont absolument magnifiques et regorgent de détails et de lumière. C’est pétillant et dynamique comme une fête, un carnaval! Et justement nous sommes à la fête, à la Mermaid Parade de Coney Island, un évènement qui a lieu chaque été dans l’arrondissement de Brooklyn, à New York.

Ensuite il y a la rencontre avec Julian, ce petit garçon fasciné par les sirènes et qui aimerait bien en devenir une. C’est qu’après avoir pris le métro dans lequel il a croisé de magnifiques femmes-sirènes, il ne pense plus qu’à ça. Mais que va penser sa Mamita? Et si elle se fâchait?

Respect et tolérance, ouverture d’esprit sont à l’honneur dans cet album coloré. Jessica Love signe un titre d’actualité, accrocheur et pertinent pour parler de différence et de genres au travers d’une relation forte qui voit au-delà des apparences. L’expressivité des personnages transporte le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Je vous invite à lire l’avis d’Isabelle.

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Le jour où Julian voit passer trois femmes magnifiques habillées en sirènes, sa vie change. Il ne rêve que d’une chose, devenir lui aussi une sirène. Mais que va penser sa Mamita?

album·Prix littéraire

En 4 Temps (2020)

Auteure: Bernadette Gervais

Editeur: Albin Michel Jeunesse

Collection: Trapèze

Pages: 64

 

Sélection officielle du Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Beau Mini.

En 4 Temps est un très bel album qui utilise le séquençage d’images pour parler du temps qui passe. Support fréquemment utilisé dans les classes maternelles, c’est un merveilleux outil pour développer les compétences langagières et le repérage spatio-temporel.

Sous la main de Bernadette Gervais, ces séquences en quatre temps prennent d’autant plus de plaisir à être observer que les illustrations sont très belles et réalistes. Par ailleurs le principe du séquençage ne se limite pas ici à l’image mais va bien au-delà en proposant un petit texte en quatre temps également. Au fil des pages, le petit lecteur prendra plaisir à découvrir des métamorphoses, des changements lié aux temps ou à l’action humaine ainsi que de simples mouvements ou déplacements. Du lapin qui traverse la page en quelques secondes à l’escargot qui aura besoin de plusieurs pages en passant par l’éclosion du pissenlit et des saisons qui passent, le questionnement se fait sur le temps qui passe et son action sur ce qui nous entoure. Magnifique!

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Le livre

1.On le voit,

2. on le choisit,

3.on l’ouvre,

4. on le lit!

 
Prix littéraire·roman jeunesse

Les fabuleuses aventures d’Aurore (2019)

Auteur: Douglas Kennedy

Illustrateur: Joann Sfar

TraductriceCatherine Nobokov

Editeur: PKJ

Pages: 233

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 9-12 ans.

Aurore est autiste. Incapable de parler, elle s’exprime par l’intermédiaire d’une tablette sur laquelle elle écrit ce qu’elle souhaite exprimer. Différente, elle pose sur le monde un regard unique, qui lui permet de voir au-delà des apparences. Par ailleurs, elle est dotée d’un pouvoir pour lire les pensées des gens. Quand tout devient trop compliqué, Aurore se réfugie dans son monde imaginaire où la vie est tellement plus facile et pleine d’optimisme. Entre ses parents divorcés qui tentent de refaire leur vie chacun de leur côté, sa sœur adolescente et la meilleure amie de celle-ci qui sont harcelées au collège, Aurore a fort à faire surtout lorsque cette dernière disparaît en plein parc d’attractions. S’improvisant détective, cette jeune pré-ado tente d’aider la police s’entourant de personnages qui ont tous la particularité d’être différents.

Dans notre société individualiste, la différence suscite bien trop souvent les brimades et le rejet. Pour sa première incursion dans le monde de la littérature jeunesse, Douglas Kennedy signe un titre intelligent dans lequel la différence devient une force et une richesse. Bien que ce titre soit très intéressant dans sa thématique, j’ai cependant regretté la rapidité avec laquelle certaines scènes sont traitées, laissant peu de place à l’imagination. Les illustrations de Joann Sfar sont lumineuses et mettent en avant l’optimisme qui se dégage du récit.

Sans être un coup de cœur, Les fabuleuses aventures d’Aurore est un roman jeunesse que j’ai trouvé très juste dans son propos ; sa jeune héroïne étant particulièrement attachante.

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Autiste, Aurore ne parle pas. Mais elle écrit sur sa tablette à la vitesse de la lumière. Et elle a un secret. Elle lit dans les yeux des autres : Maman, Pap’, sa grande sœur Émilie, mais aussi Lucie, la meilleure amie d’Émilie, harcelée à l’école. Le jour où Lucie disparaît à Monster Land, le parc d’attractions, Aurore s’improvise détective…

 

album·Prix littéraire

MIGRANTS (2019)

MIGRANTS de Issa Watanabe, La Joie de Lire, 2020.

Lauréat du Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Sorcières Fiction.

Des animaux différents s’unissent dans la quête d’un monde meilleur. Différents? Pas tant que ça. Tous quittent ce qu’ils connaissent; sur les visages, on lit la même expression de peur, le même regard vidé de toute joie. Accompagnés par la mort parée de ses beaux vêtements fleuris, ils avancent vers un inconnu qu’il n’atteindrons pas tous. La route est longue et triste, partout le désolation et le danger. Mais malgré les pertes, quelques uns atteignent la terre promise, ce nouvel Eden matérialisé ici par un arbre fleuri… L’arbre de vie?

Issa Watanabe livre un album sombre et bouleversant. Un album sans paroles portés par des personnages anthropomorphiques qui permettent de voir combien les migrants sont différents et issus de pays, cultures multiples, réunis dans la même douleur et une histoire de migration qui porte les mêmes espérances.

Migrants, réfugiés, déplacés, bombardés, apeurés, violentés, affamés, exilés, rescapés, noyés, sans-papiers, apatrides, disparus… Silence.