roman ado·roman young adult·Service Presse

Villa Anima (2021)

Auteure : Mathilde Maras

Editeur : Gulf Stream

Collection : Echos

Pages : 320

A paraître le 23 septembre

Magdalène, seize ans, vit à Eau-Noire avec sa famille. Avec sa peau sombre et ses cheveux noirs, elle n’a jamais vraiment réussi à s’intégrer dans ce pays où tous sont blancs aux cheveux blonds. Sa différence physique attire les regards et les préjugés. Gouverné par la Main, le pays est soumis à des lois autoritaires et patriarcales qui laissent peu de place aux libertés et aux possibilités de s’élever socialement, encore plus si l’on est une fille/femme. Lorsqu’elle se découvre enceinte, Magda décide de passer les épreuves de la Villa Anima dont la réussite lui permettrait d’accéder à l’interruption de grossesse. Sur place, elle s’aperçoit que les épreuves ne sont peut-être pas aussi inaccessibles qu’on le dit. Alors que les dangers se multiplient, la jeune fille se lance à l’assaut des différents paliers, gorgée de l’espoir de changer son destin et celui de ses proches.

Villa anima est portée par une héroïne de caractère qui se bat pour changer le monde. Malgré ses peurs et ses doutes, elle arrive toujours à trouver la motivation nécessaire et suffisante pour continuer à avancer vers son objectif. Et quand elle flanche, ses proches ont toujours un mot pour l’aider à se relever. Les personnages secondaires ne sont pas nombreux mais l’auteure a su leur insuffler assez de personnalité pour les rendre intéressants. Notamment en la personne de Racal, une jeune fille forte, qui pratique les combats de rue pour subvenir aux besoins de sa famille et en Reynes Degraives, antagoniste par excellence. Manipulateur et Maître de cérémonie, il dirige la Villa Anima comme s’il en était le seigneur et maître. Il considère d’un très mauvais œil l’ascension d’une jeune fille du peuple, voyant en sa réussite la menace de l’équilibre politique et la porte ouverte à tous.

Mais c’est probablement la Villa Anima elle-même qui surprend le plus. De sa description personnifiée à la survenue d’évènements déconcertants, la villa semble animée d’une volonté propre qui bouleverse l’équilibre et trouble les facultés de jugements du lecteur tout autant que celui de l’héroïne. Elle semble opposer une résistance à Magdalène et à sa réussite, amenant la jeune fille à se questionner sur les intentions et les motivations réelles de ces tests qu’elle s’impose. A certains moments, il est difficile de déterminer si nous sommes encore dans la réalité, si la villa joue un rôle dans l’organisation des épreuves ou si cela vient d’une personne tapie dans l’ombre qui tirerait des ficelles bien plus emmêlées qu’il n’y parait.

Entre ses personnages féminins et le combat mené pour une plus grande égalité des genres, Villa Anima s’inscrit dans les romans dystopiques féministes. Malgré quelques longueurs, l’histoire est vraiment intéressante et interroge constamment, poussant à lire toujours plus pour comprendre où l’auteure souhaite nous emmener. L’écriture est très visuelle, permettant une plus grande immersion dans le récit. La construction du récit est intelligente et permet de suivre l’évolution de l’héroïne ainsi que le fonctionnement de cet empire qui enferme les gens dans un rôle défini par leur naissance et leur sexe.

Villa Anima est un premier roman séduisant, à l’écriture moderne. Son récit engagé, porté par des personnages attirants voir, pour certains, intrigants en fait un livre féministe qui plaira aux amateurs du genre. A découvrir cette semaine en librairie!

Je remercie les éditions Gulf Stream pour ce partenariat.

***

Lorsque les portes massives de la Villa Anima se referment derrière elle, Magdalène a le sentiment d’être engloutie par un monstre. Mais dans cet endroit mythique foulé par les plus grands elle ne peut se retourner si elle veut atteindre son objectif : remporter la première épreuve de l’Esprit, celle de l’écharpe verte. Un simple morceau de soie qui lui octroierait un statut dans la société, alors qu’elle est une femme, ainsi que le droit de mettre un terme à cette grossesse qu’elle ne désire pas du haut de ses seize ans. Quelle sera la nature du défi à relever ? Nécessite-t-il, comme on le dit, des aptitudes spirituelles hors du commun ? Magda se prépare comme elle peut entre ces murs où elle assiste à d’étranges phénomènes, allant jusqu’à se demander si son esprit lui joue des tours… ou si quelqu’un ne souhaiterait pas la détourner de son projet. Le méprisant maître de cérémonie peut-être, devant lequel elle peine à étouffer une ambition nouvelle. Car, si elle parvient à obtenir la première épreuve, pourquoi s’arrêterait-elle en chemin ?

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

roman ado·roman young adult

La Ville sans Vent (2020)

Auteure : Eléonore Devillepoix

Editeur : Hachette

Collection : Romans

Pages : 442

A Hyperborée, les habitants ne souffrent pas des intempéries liées au climat extrême de la région car la ville est enfermée sous un dôme protecteur. Sa construction en niveaux rattachés par des canaux en fait une cité inégalitaire dans laquelle ceux du bas vivent dans la pauvreté et la saleté alors que ceux du haut vivent dans l’opulence et le faste. Difficile de quitter la fange pour s’élever lorsque le passage des niveaux se monnaie au prix fort. Pour Arka, une bonne dose d’ingéniosité et une habileté combinée à une capacité à survivre hors du commun, seront la clé de la réussite. De courses de chevaux aux tests de l’Attribution, Arka réussit à se hisser parmi les élus qui pourront suivre la formation des mages au septième niveau. Elle est alors placée sous la responsabilité de Lastyanax, un génie dans son genre. 19 ans à peine et récemment élu plus jeune ministre d’Hyperborée, il doit s’assurer de préserver sa vie et celle d’Arka tout en enquêtant discrètement sur les conditions troublantes de la mort de son mentor. S’il espérait pouvoir compter sur son nouveau statut, il va vite déjanter.

Premier volet d’un diptyque de fantasy adolescente, La ville sans vent nous entraine dans un univers politique plus complexe qu’il n’y parait dans lequel un complot se trame dans l’ombre. La magie est omniprésente et les quelques sorts lancés, s’ils n’ont rien d’exceptionnels, servent à aider les personnages dans leur quotidien ou à se sortir de situations difficiles. La mise en place de l’intrigue est assez lente alors que la résolution finale m’a semblée rapidement traitée. Si j’ai trouvé les personnages intéressants et bien développés, j’ai eu plus de mal avec la ville en elle-même que je n’ai jamais vraiment réussi à me représenter. Si je reste sur un avis mitigé, l’intrigue a su donner un rythme intéressant au récit et le final a su laissé suffisamment de questionnements pour donner envie de lire la suite.

Lu en lecture commune avec Gabrielle, ce roman l’a bien plus séduite que moi. Elle a d’ailleurs enchainé avec la suite qu’elle a dévoré. Du haut de ses douze ans, elle est le public cible et on sent bien que son intérêt pour les univers fantastiques, la magie, les dystopies lui ont permis de pleinement apprécier ce roman, ses personnages et son intrigue.

***

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

roman ado·Service Presse

Sous ta peau, le feu

Auteure: Séverine Vidal

Editeur: Nathan

Collection: Court toujours

Pages: 288

XVIIIe siècle. Ange suit son père dans la pratique de la médecine. Lors d’une de leurs visites, ils font la connaissance d’Isabeau de Montagu, chatelaine de la région et de sa fille, Esmée. Seules survivantes de leur famille à cette épidémie, Isabeau souhaite que le médecin inocule sa fille afin de protéger la dernière personne chère qui lui reste. Pour Ange et Esmée, un regard suffit pour que naisse l’amour.

Récit historique, Sous ta peau, le feu est un roman qui entraîne dans une époque troublée, quelques années avant la Révolution française. La population vit dans la terreur de l’épidémie de variole qui fait rage et laisse planer l’intercitude sur l’avenir de tous. Séverine Vidal revient sur les débuts de la vaccination et le scepticisme quand à un procédé qui va à l’encontre des idées de l’époque, tant médicales que religieuses. S’attardant sur les symptômes de la maladie, les différents stades, l’abscence de traitement et l’importance du respect des règles sanitaires, sans oublier le rôle des soignants (quarantaine, masques, lavage des mains), elle dresse un parallèle troublant avec la pandémie que nous connaissons. Cela permet de relativiser notre situation et de poser un regard plus optimiste sur demain.

Mais Sous ta peau, le feu est aussi une histoire romanesque et féministe. L’auteure y dénonce le sort réservé aux femmes de l’époque. Appartenant à un père puis à un époux, elles se doivent de correspondre aux attentes d’une société qui les emprisonne dans un semblant d’existence qui ne laisse aucune place à la liberté. Dans leur attirance, leur relation naissante et leur passion, Ange et Esmée vont à l’encontre de tout ce que leur monde accepte ne laissant que peu d’espoir quand à un avenir commun heureux. Mais leur sincérité est si touchante que l’on a envie d’y croire. La description des émotions et de la découverte du premier émois amoureux jusqu’à l’exploration plus sensuelle des corps est d’une très belle justesse. C’est beau, tout simplement.

Sous ta peau, le feu est un roman très actuel dans les thématiques qu’il aborde mais permet aussi de faire le constat du chemin parcouru depuis le XVIIIe siècle. Un roman qui rappelle dans la thématique amoureuse le très beau film de Céline Sciamma, Portrait d’une jeune fille en feu, primé au Festival de Cannes.

Un grand merci à Séverine Vidal qui m’a permis de découvrir son roman en avant première.

***

Bordeaux, 1764.
Ange Rouvray accompagne son père médecin dans ses visites auprès des malades. L’épidémie de variole fait rage et pour se protéger, il faut porter un masque, se désinfecter les mains, garder ses distances…
La jeune Esmée de Montagu a vu mourir en quelques semaines son père, son frère, ses sœurs. Elle reste seule avec sa mère, tellement pleine de chagrin qu’elle n’a plus de larmes. La comtesse Isabeau de Montagu, est obsédée par l’idée de garder sa dernière fille en vie. Elle veut tester sur elle une technique controversée et dangereuse et fait appel au docteur Rouvray, qu’elle espère ouvert à cette pratique nouvelle.
Lors de cette visite, Esmée et Ange se rencontrent. Et tombent amoureux.
Mais comment une histoire est-elle possible entre ces deux êtres que tout sépare ?

Documentaires /Livres jeux·roman ado

Les mystères de la peur (2019)

Auteur : Bruno Pellegrino

Illustrateur : Rémi Farnos

Editeur : La joie de Lire

Collection : Encrage

Pages : 144

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse sélection 13-15 ans.

Nous sommes tous touchés par la peur. Qu’elle soit ou non rationnelle, elle est là pour nous aider à nous surpasser mais surtout, pour nous protéger des dangers auxquels nous sommes parfois confrontés. Pour Lou, douze ans, la peur est une inconnue. Son cerveau ne traite pas les informations correctement et ne lui envoie jamais de petit signal pouvant la mettre en garde contre le monde qui l’entoure, contre les autres. Elle devient de fait, un danger pour elle-même. Inquiets, ses deux papas l’emmènent faire des tests chez un spécialiste qui l’envoie à l’institut P.E.T.O.C.H.E où, se confrontant aux peurs de ses camarades, elle va devoir apprendre la peur…

Après Les mystères de l’eau, les éditions La joie de Lire propose de découvrir Les mystères de la peur. On retrouve aux illustrations Rémi Farnos qui séduit toujours par son trait précis et le choix d’alterner entre des illustrations classiques et des cases de bande dessinée. Ce format dynamise le texte de Bruno Pellegrino qui, richement informé en amont auprès de spécialistes, chercheurs et médecins, s’inspire d’un cas réel pour nourrir son récit. Au travers de Lou et de ses camarades, il explique cette émotion saisissante mais non moins indispensable qu’est la peur et comment elle fonctionne, ce qu’elle provoque, pourquoi et comment.

Les mystères de la peur est un récit de vulgarisation scientifique s’adressant aux jeunes lecteurs dès dix ans. Le roman se nourrit des informations scientifiques pour questionner, son format se prête particulièrement à une lecture avec l’adulte pour ouvrir sur la discussion.

Le petit + : un livre LGBTQ+ friendly.

Lou a 12 ans, et ses parents se font du souci pour elle. Son problème : elle ne ressent pas cette émotion qu’on appelle la peur. Elle n’a, littéralement, peur de rien. Ce n’est pas sa faute, mais cela la met dans des situations très dangereuses. Après un horrible accident évité de justesse, ses papas décident de l’envoyer à l’institut P.É.T.O.C.H.E. (Peurs, Épouvantes et leur Traitement Organisé, Ciblé et Hautement Efficace). Sous la houlette de la directrice, Madame Amygdala, une poignée d’enfants angoissés ou phobiques doivent passer des épreuves pour se libérer de leurs peurs. Est-ce qu’à leur contact Lou comprendra mieux cette émotion qui lui échappe – son utilité, mais aussi ses limites ?

roman ado·roman young adult·Service Presse

L’agence Lovecraft, tome 1. Le mal par le mal ! (2021)

Auteur : Jean-Luc Marcastel

Illustrations : VADERETRO

Editeur : Gulf Stream

Pages : 192

A paraître le 09 septembre 2021

Ryan, Marie et Sergueï sont des (pré)adolescents qui apparaissent très rapidement dotés de capacités surprenantes, héritages de monstres qui s’éveillent après des millénaires. Alors qu’ils ont grandi dans des pays différents, sur des continents différents, ces trois jeunes, que rien ne prédestinés à se rencontrer, se retrouvent à bord d’un même vaisseau sous-marin. Là, ils découvrent qu’une organisation ultra-secrète, l’Agence Lovecraft a besoin d’eux pour sauver l’humanité d’une menace profondément endormie depuis la nuit des temps, bien avant que l’homme naisse sur Terre. Les trois héros semblent être la clef pour sauver le monde.

Premier volet d’une série d’aventures fantastiques à l’ambiance steampunk, Le mal par le mal ! nous plonge dans un récit hommage à l’univers horrifique de Lovecraft : le roman s’imprègne de l’œuvre dont il se nourrit pour donner vie à un monde dans lequel des monstres aussi puissants qu’ils sont difficilement imaginables, tentent de prendre possession de la Terre. Les nombreux véhicules sous-marins font, eux, références à Jules Verne dont les connaissances scientifiques s’accordent avec celles de Lovecraft bien qu’elles pourraient s’en éloigner de par leur authenticité et leur encrage dans une réalité plus tangible.

Pourtant, l’auteur utilise leurs œuvres en les plaçant dans une nouvelle réalité dans laquelle leur travail s’inspirerait de la notre. C’est brillant! L’écriture est fluide et les mots résonnent agréablement. J’ai d’ailleurs lu une bonne partie du texte à voix haute pour en apprécier un peu plus l’expérience immersive qui nous entraîne dans un monde fantastique de par son récit dynamique et l’absence de temps morts.

De L’Appel de Cthulhu à Dagon en passant par Le Cauchemar d’Innsmouth, les fans ne manqueront pas les nombreux clins d’œil. Pour autant, l’écriture de Jean-Luc Marcastel séduira plus facilement les jeunes lecteurs en leur permettant de découvrir un auteur de génie qui en a inspiré tant d’autres. Il est d’autant plus intéressant de lire la génèse de l’ouvrage pour comprendre la place que cet univers a eu dans la vie de l’auteur et l’hommage qu’il a souhaité lui rendre. Bien que situé à la fin du roman, j’aurais envie d’en conseiller la lecture avant de s’attaquer au récit.

Enfin, je ne pourrais pas parler de ce roman sans parler du superbe travail du studio VADERETRO qui a su donner vie au roman en lui donnant une couverture incroyable. J’avais adoré leur travail sur la série SteamSailors (et tome 2), je suis définitivement séduite et j’ai hâte de retrouver d’autres de leurs créations. Entre le choix des couleurs et l’effet relief, l’illustration donne un aperçu de le noirceur du monde dans lequel les héros évoluent.

Je remercie les éditions GulfStream de m’avoir fait confiance pour ce partenariat et l’envoi en avant première de ce roman que je vous recommande fortement.

Age conseillé: 13 ans .

***

En des temps immémoriaux, d’effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l’espère humaine est apparue sur Terre, elles n’attendent que l’alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau…

Ryan, Marie et Sergueï ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont dotés de pouvoirs effrayants convoités par de mystérieux individus. Pour leur échapper, les trois adolescents acceptent l’aide d’une jeune fille qui travaille pour une obscure organisation : l’Agence Lovecraft. Dans la guerre secrète que ses membres livrent contre un ennemi implacable et ses adorateurs, Ryan, Marie et Sergueï pourraient bien être les éléments décisifs qui feront pencher la balance… mais de quel côté?

roman ado

Le cercueil à roulettes (2020)

Auteur: Alexandre Chardin

Editeur: Casterman

Pages: 384

Alors qu’il se retrouve orphelin, Gabriel, quinze ans, ne se sent plus à sa place nulle part: une nuit chez sa tante, une autre dans son ancienne maison, une autre encore chez une amie de sa mère… Gabriel tente désespérément de maintenir la tête hors de l’eau et de faire face aux émotions qui le submergent. Lorsqu’il apprend que sa mère souhaite être mise en terre au côté de son père, il ne peut l’accepter. Impossible de venir rendre visite à la personne qu’il aime le plus au monde s’il doit aussi affronter ce père qu’il déteste. Il décide de partir avec le cercueil de sa mère, seul sur les routes, à la recherche d’un lieu où il pourra la laisser reposer.

Lecture bouleversante, Le cercueil à roulettes m’a saisi par l’émotion tangible qui traverse le récit et maintient le lecteur dans un état de flottement permanent, au même titre que son héros dont on se demande à quel moment il va s’effondrer. Habituée à l’écriture légère d’Alexandre Chardin, je ne l’attendais pas sur cette pente plus sensible qui m’a saisie dès les premières pages. Touchant, le texte n’en est rendu plus fort que par le cheminement de son héros vers l’acceptation et des rencontres qui jalonnent son parcours le conduisant vers l’inéluctable séparation.

Le cercueil à roulettes aborde le délicat sujet de la mort d’un parent et de la sensible période de deuil qui en découle. Pour Gabriel, cette étape devient un véritable chemin de rédemption et de pardon. Brutal, le récit est généreux dans l’attention que les personnages secondaires donnent à l’adolescent sur qui ils veillent affectueusement et les rencontres fortuites d’humains bienveillants qui conduisent ses pas vers la résilience. Tous ces personnages apportent une véritable palette de couleurs vibrante d’émotions qui rendent la lecture intense et mémorable.

***

Gabriel est parti un matin, sans parents pour le retenir. Il marche seul et à son passage, on s’interroge. Que cherche cet adolescent vagabond ? Que cache-t-il dans son étrange caisse à roulettes, plus grande que lui ? De fermes en villages, de villages en forêts, du bitume des routes au courant du fleuve… un pas après l’autre, Gabriel poursuit une quête insensée : trouver le bon endroit pour remettre en terre le cercueil de sa mère. Et sans qu’il le veuille, ce sont les rencontres qui vont le guider.

roman ado·roman jeunesse

Deux fleurs en hiver (2020)

Auteure: Delphine Pessin

Editeur: Didier jeunesse

Collections: Romans

Pages: 188

Sélection officielle du Prix littéraire Ados « libre2lire » catégorie Ados.

Capucine et Violette font leur arrivée à l’EHPAD Bel-Air. La première a dix-sept ans et y fait un stage. La seconde est nouvelle résidente. Entre les deux le lien se fait de façon instinctive, elles voient au-delà des apparences et se comprennent. Alors que le personnel ne cesse de lui dire de ne pas s’attacher aux résidents pour ne pas de blesser, Capucine ne peut s’empêcher de s’attacher à Violette. Rapidement, leur nouvelle amitié vient chambouler la vie des pensionnaires et du personnel de la structure et la vie plus personnelle de ces deux héroïnes.

Les romans qui se déroulent dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes commencent à se faire une place sur les étagères jeunesses des librairies. Je pense notamment à Les nouvelles vies de Flora et Max Âge tendre. Ces romans ont pour point commun de valoriser les liens intergénérationnels au travers de personnages souvent complexes et différents.

Dans Deux fleurs en hiver, Delphine Pessin montre les difficultés de vivre et de travailler dans ces établissements dont les budgets de plus en plus serrés voient se réduire le personnel et la qualité des soins. L’auteure dépeint le quotidien surchargé et épuisant du personnel dont les gestes sont tellement chronométré qu’il ne reste plus de place pour l’attachement, la discussion ou l’écoute… Pourtant lorsque les deux partis s’associent, l’humain se révèle dans toute sa puissance.

La force du roman tient dans les personnages qui doutent, espèrent et ressentent des émotions variées qui ne nous les rendent que plus attachants. Capucine et Violette amènent chacune un point de vue différent dont l’alternance dynamise la lecture. L’écriture ne tombent jamais dans le pathos, les émotions sont vraies et nuancées. L’histoire est touchante et pleine de positivité, il y a des moments émouvants mais il y a aussi beaucoup d’humour ce qui rend la lecture très agréable.

Mes filles n’étaient pas super motivées par cette lecture dans laquelle elles semblaient avoir du mal à se projeter. Pourtant, elles m’ont rapidement dépassée et se sont régalées de cette lecture commune menée côte à côte mais à des moments distincts.

A lire également, les avis de Blandine et de LivresdAvril.

L’une, Capucine, a décidé d’effectuer son stage dans un EHPAD. Elle change de couleur de perruque en fonction de son humeur et au fil des découvertes du métier d’aide-soignante.

L’autre, Violette, est une vieille dame déboussolée qui vient d’arriver à l’Ehpad. Emue par le désarroi de Violette, Capucine fait des pieds et des mains pour lui redonner le sourire.

Leur rencontre va dynamiter la vie plan-plan de la maison de retraite et bousculer leurs cœurs en hibernation!

Prix littéraire·roman ado

Vivre ses vies (2020)

Auteure: Véronique Petit

Editeur: Rageot

Pages: 256

Sélection officielle du Prix littéraire libre2lire catégorie Ados

Gabriel a treize ans. Il vient d’apprendre qu’il possède sept vies. Une véritable aubaine pour ce passionné de saut en parachute. Pourtant, il s’interroge sur cette chance et sur le poids que ses vies bonus placent sur ses épaules. Doit-il, comme semblent le penser ses camarades, sacrifier ses vies pour sauver des vies? Les préserver pour faire quelque chose de plus grand? Ou tout simplement en profiter comme bon lui semble?

Véronique Petit utilise le registre fantastique pour amener une réflexion philosophique sur la valeur de la vie. Au travers de collégiens, qui ont de une à sept vies, elle questionne le lecteur sur les choix et conséquences qui pèsent sur notre existence. Cependant, si le registre fantastique est bien présent, le récit s’inscrit avant tout dans le registre quotidien. Le texte fait un parallèle intéressant entre la réalité fictive et la réalité virtuelle. Gabriel rêve de sauts en parachute en solo, rêve qu’il met en pratique en jouant à des jeux vidéos dans lesquels il est littéralement immortel. Le fait d’avoir plusieurs vies soulèvent donc la question du pouvoir de vie et de mort et de l’impact que les jeux vidéos peuvent avoir sur ses décisions concernant le saut.

Mais l’auteure va bien plus loin en abordant des thématiques fortes comme celle des enfants soldats. Elle interroge aussi sur le pouvoir, le contrôle et le dépassement de soi au travers d’un message féministe qui dénonce les stéréotypes qui mettent les garçons sur le banc des insouciants et les filles sur celui des prévenantes. Vivre ses vies est un roman intéressant accessible dès l’entrée au collège. L’histoire est fluide et ne manque pas de charme même si la fin arrive un peu trop facilement. Cela ne m’empêchera pas de le recommander, ne serait-ce que pour entourer une discussion sur la vie avec les jeunes.

J’ai mené cette lecture avec mes deux filles de douze ans ; nous avons chacune pris le temps d’avancer au même rythme en lisant chacune au un moment de la journée qui nous correspondait, ce qui a permis d’en discuter parallèlement. Juliette a été particulièrement enthousiasmé par ce roman qu’elle a de fait eu du mal à lire à notre rythme. Gabrielle a adoré le début et puis elle a décroché par manque de compassion et de sympathie pour le héros.

Gabriel vient d’apprendre qu’il a six vies. A lui les sports à risques et les grands frissons… Mais jusqu’à quand?

roman ado·roman jeunesse

Lola à la folie (2020)

Auteur: Alexandre Chardin

Editeur: Magnard jeunesse

Pages: 208

Jacques et Mathias se connaissent depuis toujours. Ensemble ils font les quatre cents coups, toujours pour s’amuser, jamais par méchanceté. Mais on dirait bien qu’ils ont un concurrent de taille, qui va plus loin encore et avec une plus grande discrétion. Et puis, il y a Lola, avec son chignon et ses grands yeux d’ambre. Jacques est attiré par elle, ce qui met son amitié avec Mathias à rudes épreuves. Cette première année au collège ne va pas être de tout repos.

Avec son style et son humour caractéristique, Alexandre Chardin nous entraîne dans les couloirs d’un collège où, entre les heures de cours, se vivent les premiers émois amoureux, les bagarres, les défis et les interpellations qui conduisent dans le bureau du Principal. Véritable torrent d’émotions, Lola à la folie parle d’amitié, de première amour et des liens qui unissent les membres d’une même famille. Au travers de Jacques, l’auteur aborde l’acceptation et le dépassement de soi. Oser croire en soi pour affronter ses sentiments et l’autre.

Les références sont nombreuses qui viennent servir la narration, véritable tremplin utile au héros pour comprendre ses émotions et prendre en main sa relation. La plume moderne de l’auteur ne manque pas de dynamisme, rendant la lecture fluide et agréable. Lola à la folie s’adresse en priorité aux jeunes collégiens qui y retrouveront un quotidien familier.

***

Jacques et Mathias sont deux amis inséparables, liés par le jeu du « Chiche ou Pois chiche » qui les pousse à réaliser des challenges à haut risque au collège. Mais leur amitié sans faille va être mise à rude épreuve à cause… d’une fille! Jacques n’a en effet d’yeux que pour Lola, une élève lunaire au chignon tenu par des crayons. Lorsque Mathias la soupçonne de les avoir dénoncés au principal, les deux amis se déchirent. Mais Jacques n’y peut rien, il aime Lola un peu, beaucoup, passionnément… à la folie! Alors il tente le tout pour le tout: prouver son amour à travers les défis les plus surprenants!