Le coin de Gaby·roman ado

Lectures de Novembre 2021

Récapitulatif de mes lectures principales (Gabrielle 12 ans 5 mois)

La figure jaunes et autres aventures de Sherlock Holmes est une recueil de trois nouvelles : La figure jaune parle d’une femme qui se rend tout les soirs chez les voisins, son mari, inquiet à l’idée qu’elle le trompe. L’interprète grec, parle d’un homme que l’on force au silence lorsqu’il interprète les paroles inquiétantes d’un jeune Grec, et (celle que j’ai lu dans un autre livre) Le pouce de l’ingénieur.

Note : 5 sur 5.

La figure jaunes et autres aventures de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle, Folio junior, 2009

Le pouce de l’ingénieur, une aventure de Sherlock Holmes est une nouvelles qui parle d’un ingénieur qui arrive chez John Watson avec un pouce en moins, alarmé par l’étrange histoire que lui racontera l’ingénieur, John l’amène chez son vieil ami Sherlock Holmes.

Note : 4.5 sur 5.

Le pouce de l’ingénieur une aventure de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle, Gallimard jeunesse,2010

Le règne des loups est la suite de King of Scars. Nikolai Lanstov se doit de réagir lorsque les fjerdans déclarent la guerre à Ravka, son identité est en jeu, est-il vraiment celui que l’on croit ?

Note : 4.5 sur 5.

King of Scars 2. Le règne des loups, Leigh Bardugo, Milan, 2021

La vague est un livre qui parle d’un professeur d’histoire qui, pour attirer l’attention de ses élèves, va leur montrer comment leur société peut encore devenir une dictature en leur proposant une mise en situation qui va prendre des proportions qu’il n’avait pas imaginé.

Note : 4.5 sur 5.

La vague, Todd Strasser, Pocket, 2009

Une fille en or est un livre, qui parle d’une jeune fille, Elizabeth Robinson (surnommée Betty) qui est repérée par un entraineur d’un club d’athlétisme. C’est le début d’une longue ascension vers les Jeux Olympiques. Ce livre est inspiré d’une histoire réelle.

Note : 4.5 sur 5.

Une fille en or, Philippe Nessman, Flammarion jeunesse, 2021

Spy family est un manga qui parle de Twilight, un espion qui doit, pour mener à bien sa mission, avoir un enfant et une femme. Il n’a quelques jours pour adopter un enfant et se marier. Sans le savoir il se retrouve avec une fille télépathe et une femme tueuse à gage.

Note : 5 sur 5.

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Et vous, qu’avez-vous lu ?

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Kô (2020)

Auteure : Joëlle Ecormier

Editeur : Zébulo

Pages : 112 pages

Mention spéciale du Prix Vendredi 2021

Kô arpente chaque jour la plage en quête d’un signe qui pourrait lui confirmer que son père est vivant. Pêcheur en mer, ce dernier a disparu sans laisser de traces alors qu’il était parti sur son bateau. Si sa mère et sa jeune sœur semblent avoir acceptées la réalité, Kô ne veut pas perdre l’espoir. Lorsqu’une aile d’avion est rejetée par l’océan, un troublant parallèle se met en place entre l’histoire de cette famille indienne et celle des familles des victimes : une quête de vérité, un besoin de comprendre pour enfin accepter l’inacceptable et commencer le douloureux travail de deuil qui ramènera ceux qui restent dans la réalité et dans le monde des vivants.

Joëlle Ecormier signe un texte sensible et poétique dont les émotions tangibles nous font ressentir toute la douleur de la perte et la sensibilité à fleur de peau de cet adolescent qui semble perdu entre le monde des morts et celui des vivants. A tout moment, la corde semble prête à craquer mais toujours elle résiste et tend à voir l’impossible signe d’un espoir ténu qui conduit toujours un peu plus vers l’acceptation. Le récit est fort, bouleversant. Il touche par son sujet mais aussi par ses personnages aussi émouvants que réels et nous entraîne à la suite de son jeune héros dans une quête de vérité et de liberté.

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Les yeux noirs de Kô ne quittent presque jamais l’Indien. Même hors de sa vue, la nuit pendant son sommeil, quelque chose en lui guette les flots. « Ne tourne jamais le dos à l’Océan où il te prendra au moment où tu t’y attends le moins. » Son père, qui lui avait donné ce conseil, s’était pourtant fait prendre. Kô se souvient que c’était un vendredi. Le jour de l’effondrement de l’univers, l’arrêt de la danse des étoiles et du mouvement de toutes choses.
Le roman de Kô est celui de la vérité qui tente de se frayer un chemin au milieu des sentiments emmêlés de quatre personnages sur le rivage d’une île : Kô, un adolescent taciturne de 16 ans qui ne vit que dans l’espoir du retour de son père, sa sœur Sindhu, une fille vive et enjouée de 13 ans, leur paisible mère Nila, et un étranger troublant, Darpan.

Le coin de Gaby·roman ado

Lectures d’Octobre 2021

Ayant du mal à se poser pour écrire une chronique sur ses lectures, mais souhaitant malgré tout participer au blog, Gabrielle (12 ans 4 mois) va tenter un nouveau format de présentation. Sous forme de bilan, elle compile ses lectures (romans uniquement) et laisse une petite trace écrite. Pour ce premier jet, elle vous présente donc ses Lectures d’Octobre.

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Félines fait parti de mes gros coups de cœur, il a été écrit par Stéphane Servant, l’auteur de Sirius que j’avais adoré aussi. J’ai commencé à lire ce livre car le résumé me plaisait. L’auteur nous transporte dans un monde fantastique avec des filles qui attrapent une « maladie » qui les couvre de poils, tels des chats ; petit à petit privées de tout, les jeunes filles furax commencent une rébellion.

Note : 4.5 sur 5.

Félines de Stéphane Servant, Rouergue, 2019.

Félicratie est un livre post-apocalyptique qui parle de deux adolescents, Yacine et Rosamonde. La fin du monde est arrivée, les aliens ont gagné et la seule arme contre eux sont les poils de chats… Ils ne sont pas sortis d’affaire. J’ai bien aimé car le côte décalé apporté par l’allergie au poils de chat apporte une originalité à ce genre de romans que je lis beaucoup.

Note : 3.5 sur 5.

Félicratie de H. Lenoir, Sarbacane, 2021

La Faucheuse fait parti de mes livres favoris du mois, c’est une dystopie (mon style de roman préféré). C’est l’histoire de deux ados qui ne se connaissaient pas jusqu’à ce qu’on leur propose de devenir apprenti faucheur. Ils sont menés dans un mystère sur la disparition d’un faucheur, ainsi commence enquête, compétition et un autre aspect de la mort.

Note : 5 sur 5.

La Faucheuse, Neal Shusterman, PKJ, 2017

Les étincelles invisibles est l’histoire d’une jeune fille autiste qui apprend le sort que l’on réservait aux sorcières au Moyen-Âge. Elle voudra donc rendre hommage à celles qui ont péri à cause des préjugées.

Note : 5 sur 5.

Les étincelles invisible, Elle Mcnicoll, Ecole des loisirs Médium, 2021

King of Scars est la suite de la saga Grisha et Six of Crows. Ce premier tome explique comment Nikolai, nouveau roi du royaume de Ravka, va reconstruire un pays qui a vécu sous le règne du Darkling.

Note : 4.5 sur 5.

King of Scars, Leigh Bardugo, Milan, 2019

Et ils meurent tout les deux à la fin est un livre qui parle d’un autre aspect de la mort. Les hommes sont appelés par une entreprise nommée Death-Cast qui choisit des gens qui devront mourir dans la journée qui suit. Les deux héros vont se rencontrer sur l’application Dernier Amis et il vont vivre des aventures incroyables même si ils en connaissent la fin.

Note : 4.5 sur 5.

Et ils meurent tout les deux à la fin, Adam Silvera, France Loisirs, 2017

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Et vous qu’avez-vous lu ?

conte/nouvelle/biographie·ebook·roman ado

La Sourcière (2021)

Auteure : Elise Fontenaille

Editeur : Rouergue

Pages : 112

Collection : epik

Sélection du Prix Vendredi 2021

L’histoire prend place dans une époque moyenâgeuse, au pays des volcans assoupis, l’Auvergne. Alors qu’une jeune fille, à peine sortie de l’enfance, meurt en couche, laissant son bébé au soin de Gallou la Brodeuse, le Saigneur Guillaume sème la terreur dans le pays. Cruel et sanguinaire, il prend ce qu’il veut par la force : les terres, la vie et surtout les femmes. Gallou le sait bien et décide se protéger l’enfant qu’elle appelle Garance, d’un monde trop souvent cruel.

Avec sa petite centaine de pages, La Sourcière est un récit qui prend la forme du conte de par ses animaux qui parlent, la magie omniprésente et sa construction narrative. La forme poétique du texte donne au récit l’allure d’une fable contée au coin du feu par un barde accompagné de ses musiciens. Le vielleux, joueur de vielle à roue, fait danser Garance et la Gitane pendant que la harpiste joue pour la nature, faisant frémir les feuilles des arbres par le vibrato de ses cordes. La musique rythme les pas de Garance, accompagnée de la Renarde, son âme jumelle avec qui elle partage la couleur du poil ; des pas qui l’entraîne vers son destin inéluctable : la rencontre et la confrontation au Saigneur.

Elise Fontenaille signe un titre, original dans son écriture, dans lequel l’oppression des femmes est au cœur d’un combat plus large mené par tous afin de protéger la nature et la vie. Si le message féministe domine, l’auteure utilise des figures féminines fortes et la magie comme éléments moteurs d’un mouvement qui vise à détrôner un tyran pour laisser plus de place aux libertés. La cruauté dénonce les violences faites aux femmes et les jugements hâtifs qui condamnent la jeunesse et la beauté.

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Une nuit de lune rousse, au pays des volcans assoupis, Gallou la Brodeuse recueille une toute jeune fille sur le point d’accoucher. Au cœur de la forêt et au milieu des bêtes, elle enfantera Garance. Dans ce monde où la magie et la nature sont un rempart à la violence et l’ignorance, Garance deviendra la Sourcière. Admirée puis rejetée de tous à cause de ses étranges pouvoirs et de sa beauté époustouflante, la jeune fille va devenir la proie de celui que tout le monde craint : le Saigneur Guillaume… Mais comment lui échapper ? Comment résister à sa force et à son armée de Moines rouges ?

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Villa Anima (2021)

Auteure : Mathilde Maras

Editeur : Gulf Stream

Collection : Echos

Pages : 320

A paraître le 23 septembre

Magdalène, seize ans, vit à Eau-Noire avec sa famille. Avec sa peau sombre et ses cheveux noirs, elle n’a jamais vraiment réussi à s’intégrer dans ce pays où tous sont blancs aux cheveux blonds. Sa différence physique attire les regards et les préjugés. Gouverné par la Main, le pays est soumis à des lois autoritaires et patriarcales qui laissent peu de place aux libertés et aux possibilités de s’élever socialement, encore plus si l’on est une fille/femme. Lorsqu’elle se découvre enceinte, Magda décide de passer les épreuves de la Villa Anima dont la réussite lui permettrait d’accéder à l’interruption de grossesse. Sur place, elle s’aperçoit que les épreuves ne sont peut-être pas aussi inaccessibles qu’on le dit. Alors que les dangers se multiplient, la jeune fille se lance à l’assaut des différents paliers, gorgée de l’espoir de changer son destin et celui de ses proches.

Villa anima est portée par une héroïne de caractère qui se bat pour changer le monde. Malgré ses peurs et ses doutes, elle arrive toujours à trouver la motivation nécessaire et suffisante pour continuer à avancer vers son objectif. Et quand elle flanche, ses proches ont toujours un mot pour l’aider à se relever. Les personnages secondaires ne sont pas nombreux mais l’auteure a su leur insuffler assez de personnalité pour les rendre intéressants. Notamment en la personne de Racal, une jeune fille forte, qui pratique les combats de rue pour subvenir aux besoins de sa famille et en Reynes Degraives, antagoniste par excellence. Manipulateur et Maître de cérémonie, il dirige la Villa Anima comme s’il en était le seigneur et maître. Il considère d’un très mauvais œil l’ascension d’une jeune fille du peuple, voyant en sa réussite la menace de l’équilibre politique et la porte ouverte à tous.

Mais c’est probablement la Villa Anima elle-même qui surprend le plus. De sa description personnifiée à la survenue d’évènements déconcertants, la villa semble animée d’une volonté propre qui bouleverse l’équilibre et trouble les facultés de jugements du lecteur tout autant que celui de l’héroïne. Elle semble opposer une résistance à Magdalène et à sa réussite, amenant la jeune fille à se questionner sur les intentions et les motivations réelles de ces tests qu’elle s’impose. A certains moments, il est difficile de déterminer si nous sommes encore dans la réalité, si la villa joue un rôle dans l’organisation des épreuves ou si cela vient d’une personne tapie dans l’ombre qui tirerait des ficelles bien plus emmêlées qu’il n’y parait.

Entre ses personnages féminins et le combat mené pour une plus grande égalité des genres, Villa Anima s’inscrit dans les romans dystopiques féministes. Malgré quelques longueurs, l’histoire est vraiment intéressante et interroge constamment, poussant à lire toujours plus pour comprendre où l’auteure souhaite nous emmener. L’écriture est très visuelle, permettant une plus grande immersion dans le récit. La construction du récit est intelligente et permet de suivre l’évolution de l’héroïne ainsi que le fonctionnement de cet empire qui enferme les gens dans un rôle défini par leur naissance et leur sexe.

Villa Anima est un premier roman séduisant, à l’écriture moderne. Son récit engagé, porté par des personnages attirants voir, pour certains, intrigants en fait un livre féministe qui plaira aux amateurs du genre. A découvrir cette semaine en librairie!

Je remercie les éditions Gulf Stream pour ce partenariat.

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Lorsque les portes massives de la Villa Anima se referment derrière elle, Magdalène a le sentiment d’être engloutie par un monstre. Mais dans cet endroit mythique foulé par les plus grands elle ne peut se retourner si elle veut atteindre son objectif : remporter la première épreuve de l’Esprit, celle de l’écharpe verte. Un simple morceau de soie qui lui octroierait un statut dans la société, alors qu’elle est une femme, ainsi que le droit de mettre un terme à cette grossesse qu’elle ne désire pas du haut de ses seize ans. Quelle sera la nature du défi à relever ? Nécessite-t-il, comme on le dit, des aptitudes spirituelles hors du commun ? Magda se prépare comme elle peut entre ces murs où elle assiste à d’étranges phénomènes, allant jusqu’à se demander si son esprit lui joue des tours… ou si quelqu’un ne souhaiterait pas la détourner de son projet. Le méprisant maître de cérémonie peut-être, devant lequel elle peine à étouffer une ambition nouvelle. Car, si elle parvient à obtenir la première épreuve, pourquoi s’arrêterait-elle en chemin ?

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La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

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La Ville sans Vent (2020)

Auteure : Eléonore Devillepoix

Editeur : Hachette

Collection : Romans

Pages : 442

A Hyperborée, les habitants ne souffrent pas des intempéries liées au climat extrême de la région car la ville est enfermée sous un dôme protecteur. Sa construction en niveaux rattachés par des canaux en fait une cité inégalitaire dans laquelle ceux du bas vivent dans la pauvreté et la saleté alors que ceux du haut vivent dans l’opulence et le faste. Difficile de quitter la fange pour s’élever lorsque le passage des niveaux se monnaie au prix fort. Pour Arka, une bonne dose d’ingéniosité et une habileté combinée à une capacité à survivre hors du commun, seront la clé de la réussite. De courses de chevaux aux tests de l’Attribution, Arka réussit à se hisser parmi les élus qui pourront suivre la formation des mages au septième niveau. Elle est alors placée sous la responsabilité de Lastyanax, un génie dans son genre. 19 ans à peine et récemment élu plus jeune ministre d’Hyperborée, il doit s’assurer de préserver sa vie et celle d’Arka tout en enquêtant discrètement sur les conditions troublantes de la mort de son mentor. S’il espérait pouvoir compter sur son nouveau statut, il va vite déjanter.

Premier volet d’un diptyque de fantasy adolescente, La ville sans vent nous entraine dans un univers politique plus complexe qu’il n’y parait dans lequel un complot se trame dans l’ombre. La magie est omniprésente et les quelques sorts lancés, s’ils n’ont rien d’exceptionnels, servent à aider les personnages dans leur quotidien ou à se sortir de situations difficiles. La mise en place de l’intrigue est assez lente alors que la résolution finale m’a semblée rapidement traitée. Si j’ai trouvé les personnages intéressants et bien développés, j’ai eu plus de mal avec la ville en elle-même que je n’ai jamais vraiment réussi à me représenter. Si je reste sur un avis mitigé, l’intrigue a su donner un rythme intéressant au récit et le final a su laissé suffisamment de questionnements pour donner envie de lire la suite.

Lu en lecture commune avec Gabrielle, ce roman l’a bien plus séduite que moi. Elle a d’ailleurs enchainé avec la suite qu’elle a dévoré. Du haut de ses douze ans, elle est le public cible et on sent bien que son intérêt pour les univers fantastiques, la magie, les dystopies lui ont permis de pleinement apprécier ce roman, ses personnages et son intrigue.

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À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

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Sous ta peau, le feu

Auteure: Séverine Vidal

Editeur: Nathan

Collection: Court toujours

Pages: 288

XVIIIe siècle. Ange suit son père dans la pratique de la médecine. Lors d’une de leurs visites, ils font la connaissance d’Isabeau de Montagu, chatelaine de la région et de sa fille, Esmée. Seules survivantes de leur famille à cette épidémie, Isabeau souhaite que le médecin inocule sa fille afin de protéger la dernière personne chère qui lui reste. Pour Ange et Esmée, un regard suffit pour que naisse l’amour.

Récit historique, Sous ta peau, le feu est un roman qui entraîne dans une époque troublée, quelques années avant la Révolution française. La population vit dans la terreur de l’épidémie de variole qui fait rage et laisse planer l’intercitude sur l’avenir de tous. Séverine Vidal revient sur les débuts de la vaccination et le scepticisme quand à un procédé qui va à l’encontre des idées de l’époque, tant médicales que religieuses. S’attardant sur les symptômes de la maladie, les différents stades, l’abscence de traitement et l’importance du respect des règles sanitaires, sans oublier le rôle des soignants (quarantaine, masques, lavage des mains), elle dresse un parallèle troublant avec la pandémie que nous connaissons. Cela permet de relativiser notre situation et de poser un regard plus optimiste sur demain.

Mais Sous ta peau, le feu est aussi une histoire romanesque et féministe. L’auteure y dénonce le sort réservé aux femmes de l’époque. Appartenant à un père puis à un époux, elles se doivent de correspondre aux attentes d’une société qui les emprisonne dans un semblant d’existence qui ne laisse aucune place à la liberté. Dans leur attirance, leur relation naissante et leur passion, Ange et Esmée vont à l’encontre de tout ce que leur monde accepte ne laissant que peu d’espoir quand à un avenir commun heureux. Mais leur sincérité est si touchante que l’on a envie d’y croire. La description des émotions et de la découverte du premier émois amoureux jusqu’à l’exploration plus sensuelle des corps est d’une très belle justesse. C’est beau, tout simplement.

Sous ta peau, le feu est un roman très actuel dans les thématiques qu’il aborde mais permet aussi de faire le constat du chemin parcouru depuis le XVIIIe siècle. Un roman qui rappelle dans la thématique amoureuse le très beau film de Céline Sciamma, Portrait d’une jeune fille en feu, primé au Festival de Cannes.

Un grand merci à Séverine Vidal qui m’a permis de découvrir son roman en avant première.

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Bordeaux, 1764.
Ange Rouvray accompagne son père médecin dans ses visites auprès des malades. L’épidémie de variole fait rage et pour se protéger, il faut porter un masque, se désinfecter les mains, garder ses distances…
La jeune Esmée de Montagu a vu mourir en quelques semaines son père, son frère, ses sœurs. Elle reste seule avec sa mère, tellement pleine de chagrin qu’elle n’a plus de larmes. La comtesse Isabeau de Montagu, est obsédée par l’idée de garder sa dernière fille en vie. Elle veut tester sur elle une technique controversée et dangereuse et fait appel au docteur Rouvray, qu’elle espère ouvert à cette pratique nouvelle.
Lors de cette visite, Esmée et Ange se rencontrent. Et tombent amoureux.
Mais comment une histoire est-elle possible entre ces deux êtres que tout sépare ?

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Les mystères de la peur (2019)

Auteur : Bruno Pellegrino

Illustrateur : Rémi Farnos

Editeur : La joie de Lire

Collection : Encrage

Pages : 144

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse sélection 13-15 ans.

Nous sommes tous touchés par la peur. Qu’elle soit ou non rationnelle, elle est là pour nous aider à nous surpasser mais surtout, pour nous protéger des dangers auxquels nous sommes parfois confrontés. Pour Lou, douze ans, la peur est une inconnue. Son cerveau ne traite pas les informations correctement et ne lui envoie jamais de petit signal pouvant la mettre en garde contre le monde qui l’entoure, contre les autres. Elle devient de fait, un danger pour elle-même. Inquiets, ses deux papas l’emmènent faire des tests chez un spécialiste qui l’envoie à l’institut P.E.T.O.C.H.E où, se confrontant aux peurs de ses camarades, elle va devoir apprendre la peur…

Après Les mystères de l’eau, les éditions La joie de Lire propose de découvrir Les mystères de la peur. On retrouve aux illustrations Rémi Farnos qui séduit toujours par son trait précis et le choix d’alterner entre des illustrations classiques et des cases de bande dessinée. Ce format dynamise le texte de Bruno Pellegrino qui, richement informé en amont auprès de spécialistes, chercheurs et médecins, s’inspire d’un cas réel pour nourrir son récit. Au travers de Lou et de ses camarades, il explique cette émotion saisissante mais non moins indispensable qu’est la peur et comment elle fonctionne, ce qu’elle provoque, pourquoi et comment.

Les mystères de la peur est un récit de vulgarisation scientifique s’adressant aux jeunes lecteurs dès dix ans. Le roman se nourrit des informations scientifiques pour questionner, son format se prête particulièrement à une lecture avec l’adulte pour ouvrir sur la discussion.

Le petit + : un livre LGBTQ+ friendly.

Lou a 12 ans, et ses parents se font du souci pour elle. Son problème : elle ne ressent pas cette émotion qu’on appelle la peur. Elle n’a, littéralement, peur de rien. Ce n’est pas sa faute, mais cela la met dans des situations très dangereuses. Après un horrible accident évité de justesse, ses papas décident de l’envoyer à l’institut P.É.T.O.C.H.E. (Peurs, Épouvantes et leur Traitement Organisé, Ciblé et Hautement Efficace). Sous la houlette de la directrice, Madame Amygdala, une poignée d’enfants angoissés ou phobiques doivent passer des épreuves pour se libérer de leurs peurs. Est-ce qu’à leur contact Lou comprendra mieux cette émotion qui lui échappe – son utilité, mais aussi ses limites ?

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L’agence Lovecraft, tome 1. Le mal par le mal ! (2021)

Auteur : Jean-Luc Marcastel

Illustrations : VADERETRO

Editeur : Gulf Stream

Pages : 192

A paraître le 09 septembre 2021

Ryan, Marie et Sergueï sont des (pré)adolescents qui apparaissent très rapidement dotés de capacités surprenantes, héritages de monstres qui s’éveillent après des millénaires. Alors qu’ils ont grandi dans des pays différents, sur des continents différents, ces trois jeunes, que rien ne prédestinés à se rencontrer, se retrouvent à bord d’un même vaisseau sous-marin. Là, ils découvrent qu’une organisation ultra-secrète, l’Agence Lovecraft a besoin d’eux pour sauver l’humanité d’une menace profondément endormie depuis la nuit des temps, bien avant que l’homme naisse sur Terre. Les trois héros semblent être la clef pour sauver le monde.

Premier volet d’une série d’aventures fantastiques à l’ambiance steampunk, Le mal par le mal ! nous plonge dans un récit hommage à l’univers horrifique de Lovecraft : le roman s’imprègne de l’œuvre dont il se nourrit pour donner vie à un monde dans lequel des monstres aussi puissants qu’ils sont difficilement imaginables, tentent de prendre possession de la Terre. Les nombreux véhicules sous-marins font, eux, références à Jules Verne dont les connaissances scientifiques s’accordent avec celles de Lovecraft bien qu’elles pourraient s’en éloigner de par leur authenticité et leur encrage dans une réalité plus tangible.

Pourtant, l’auteur utilise leurs œuvres en les plaçant dans une nouvelle réalité dans laquelle leur travail s’inspirerait de la notre. C’est brillant! L’écriture est fluide et les mots résonnent agréablement. J’ai d’ailleurs lu une bonne partie du texte à voix haute pour en apprécier un peu plus l’expérience immersive qui nous entraîne dans un monde fantastique de par son récit dynamique et l’absence de temps morts.

De L’Appel de Cthulhu à Dagon en passant par Le Cauchemar d’Innsmouth, les fans ne manqueront pas les nombreux clins d’œil. Pour autant, l’écriture de Jean-Luc Marcastel séduira plus facilement les jeunes lecteurs en leur permettant de découvrir un auteur de génie qui en a inspiré tant d’autres. Il est d’autant plus intéressant de lire la génèse de l’ouvrage pour comprendre la place que cet univers a eu dans la vie de l’auteur et l’hommage qu’il a souhaité lui rendre. Bien que situé à la fin du roman, j’aurais envie d’en conseiller la lecture avant de s’attaquer au récit.

Enfin, je ne pourrais pas parler de ce roman sans parler du superbe travail du studio VADERETRO qui a su donner vie au roman en lui donnant une couverture incroyable. J’avais adoré leur travail sur la série SteamSailors (et tome 2), je suis définitivement séduite et j’ai hâte de retrouver d’autres de leurs créations. Entre le choix des couleurs et l’effet relief, l’illustration donne un aperçu de le noirceur du monde dans lequel les héros évoluent.

Je remercie les éditions GulfStream de m’avoir fait confiance pour ce partenariat et l’envoi en avant première de ce roman que je vous recommande fortement.

Age conseillé: 13 ans .

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En des temps immémoriaux, d’effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l’espère humaine est apparue sur Terre, elles n’attendent que l’alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau…

Ryan, Marie et Sergueï ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont dotés de pouvoirs effrayants convoités par de mystérieux individus. Pour leur échapper, les trois adolescents acceptent l’aide d’une jeune fille qui travaille pour une obscure organisation : l’Agence Lovecraft. Dans la guerre secrète que ses membres livrent contre un ennemi implacable et ses adorateurs, Ryan, Marie et Sergueï pourraient bien être les éléments décisifs qui feront pencher la balance… mais de quel côté?