Lecture à 2 Voix·roman ado

Hunger Games, tome 2. L’embrasement (2015)

Catching Fire (2009)

 

Auteure: Suzanne Collins

Traducteur: Guillaume Fournier

Editeur: PKJ

Pages: 429

 

Après leurs victoires aux Hunger Games, Katniss tente de reprendre le cours de sa vie. Relogée dans le quartier des vainqueurs avec sa mère et sa sœur, leur niveau de vie s’est considérablement amélioré et elles tentent d’aider les plus nécessiteux. Alors que leur relation reste tendue, Katniss et Peeta s’apprêtent à rejouer les amoureux devant le tout Panem durant la Tournée de la Victoire. Manipulés par le gouvernement, ils vont devoir convaincre leurs concitoyens et le Président Snow que leur refus de s’entretuer à la fin des jeux n’est du qu’à leurs sentiments et que ce n’était pas un acte de rébellion. Car dans les districts, la colère gronde et les esprits s’embrasent. Mais avant d’assiter à la rébellion, il faudra voir se jouer les 75é Hunger Games.

Après la fin du premier tome, j’attendais le soulèvement et des actions plus concrètes contre le Capitole mais finalement l’histoire prend le temps de s’installer et nous impose de nouveaux jeux. La Tournée de la Victoire permet de voir la tension qui règne dans les districts et les répressions du gouvernement. Le retour dans le district douze ne se fait pas sans encombre avec l’arrivée de Pacificateurs dirigés par un chef retors. Pour imposer la terreur et étouffer la rébellion, le Président Snow annonce l’ouverture de nouveaux Hunger Games particuliers en cette année d’Expiation dont l’objectif apparait évident dès l’annonce: tuer Katniss et l’espoir qu’elle donne au peuple.

Suzanne Collins a su faire évoluer son personnage principal qui semble avoir définitivement quitté l’adolescence et doit apprendre à se construire avec le souvenirs des jeux et des morts laissés derrière elle. Confuse et troublée par ses sentiments, Katniss aurait pu se trouver au cœur d’un triangle amoureux mais l’auteure ne semble pas vouloir développer l’aspect romantique de sa série pour se concentrer sur les enjeux politiques. Ce qui n’est pas pour me déplaire. On retrouve les éléments qui font la richesse du premier volume avec les prémices de ce que nous trouverons forcément dans la suite. Entre actions et émotions, l’auteure apporte ce qu’il faut de rebondissements pour rendre la lecture intéressante.

Après la lecture, Gabrielle et moi avons vu l’adaptation cinématographique avant de nous lancer dans la lecture du tome suivant.

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. À l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

Lecture à 2 Voix·roman ado

Hunger Games (2008)

The Hunger Games

 

Auteure: Suzanne Collins

Traducteur: Guillaume Fournier

Editeur: PKJ

Pages: 411

 

Katniss Everdeen a seize ans et vit dans le District 12 à Panem, un monde post-apocalyptique reconstruit sur les ruines des Etats-Unis. Gouvernés depuis le Capitole, une ville technologiquement évoluée, les Districts sont soumis à une régime totalitaire. Pour maintenir l’ordre, le Capitole organise chaque année les Hunger Games, un jeu télévisé durant lequel, les participants s’entretuent jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Moissonnés parmi les jeunes de douze à dix-huits ans, les tributs sont sélectionnés au nombre de deux dans chaque District, un garçon et une fille. Lorsque Prim, sa sœur cadette, est tirée au sort pour participer aux jeux, Katniss s’offre en tant que volontaire pour prendre sa place. Elle ne souhaite que sauver sa sœur d’une mort certaine mais ne se doute pas un instant que son sacrifice et les choix auxquels elle sera confrontée vont lui attirer la sympathie du peuple et faire souffler un vent nouveau sur Panem.

Premier volet d’une trilogie dont le succès n’est plus à faire, Hunger Games est un roman dystopique qui pose les bases d’un univers dictatorial, un monde dans lequel les habitants de chaque district doivent fournir des ressources pour faire vivre le Capitole. Subissant la pauvreté extrême et ses conséquences, le peuple subit en plus les jeux de la faim qui envoient à la mort leurs enfants. Violents et cruels, ces jeux testent l’abileté à survivre dans un monde hostile et permettent au Capitole de maintenir le peuple dans un état de peur permanente.

L’idée de jeux de la mort n’est pas nouvelle et a déjà fait l’objet de récit bien plus violents. Je pense notamment au Battle Royal de Kôshun Takami (1999) rendu célèbre par son adaptation cinématographique. Mais la trame narrative est ici plus riche et met surtout l’accent sur le pouvoir totalitaire tenu par le Président Snow et l’abscence de liberté qu’il laisse aux habitants contrôlés par la terreur cristallisée dans un jeu de téléréalité qui n’amuse que les plus riches. Les personnages de Suzanne Collins sont parfaitement travaillés et leur évolution est maitrisée. Katniss et Peeta suscitent la sympathie, accentuée par l’évolution de leurs sentiments respectifs.

Lu à deux voix avec Gabrielle, je ne peux que saluer l’effet que le livre a sur elle. Elle craignait la violence et la cruauté des jeux mais y a trouvé bien plus. L’histoire lui permet de prendre conscience de ce qu’est un régime dictatorial et de la façon dont il est tenu. Cela suscite en elle de la colère et un sentiment d’injustice fort. Elle s’est immédiatement positionnée en faveur de Katniss et Peeta pour qui elle éprouve de la compassion mais également de l’attachement. Elle espère voir leur histoire évoluée vers de la romance. En attendant, nous avons regardé le film et commencé le deuxième tome.

L’avis de Bouma est à découvrir ici.

Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène: survivre, à tout prix. Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature…

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Augustine (2020)

Auteure: Juliette Paquereau

Illustratrice: Junko Nakamura

Editeur: l’école des loisirs

Collection: médium

Pages: 69

 

Pour finir l’année comme nous l’avons vécue, un livre à la main, Gabrielle et moi nous sommes installées avec ce petit roman, lu paisiblement ensemble, à voix haute, en mode digestion et partage d’une petite lecture. Le papa, les yeux rivés sur son jeu vidéo, a largement profité de la lecture qui l’a amusé tout en le questionnant sur le rôle de l’école dans la construction de cette jeune fille.

Car Augustine, douze ans, souffre d’un trouble plus grand que celui de la page blanche. Alors qu’elle se demande si elle ne serait atteinte d’une sorte de maladie, elle chemine petit à petit entre le collège et le cours de piano, jamais complètement investie, jamais vraiment satisfaite mais des mots plein la tête. Pourtant son grand-père lui a dit qu’elle deviendrait quelqu’un. Entre manque de confiance en soi et réflexion sur son identité, Augustine rencontre une traductrice de livre venue présenter son métier à la classe ; une rencontre qui soulève la question pertinente de la capacité de chacun à réaliser des choses selon une réalité personnelle et non selon les attentes des autres.

Juliette Paquereau signe un premier roman touchant qui, en toile de fond, semble remettre en question un système de notation  scolaire qui peut engendrer une quête de perfection nuisible au développement personnel. Son écriture se veut poétique de part un phrasé en rimes qui donne une grande musicalité au texte et renforce l’attachement du lecteur à l’héroïne. On retrouve la chanteuse dans l’auteure, la musique dans l’écriture à la lecture de ce court roman porté par une héroïne musicienne et dont les chapitres semblent rythmés comme une partition. Les illustrations de Junko Nakamura renforcent la poésie du texte et l’incapacité d’Augustine à se pauser intellectuellement de part une technique aux crayons de couleurs qui rappelle les dessins des enfants. C’est un coup de ❤ !

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L’avis de Gaby

J’ai beaucoup aimé Augustine car il y a de la poésie, les illustrations sont jolies et l’auteure fait passer un message intéressant à la fin de l’histoire.

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Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n’aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d’avoir douze ans et demi (ce qui n’est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l’enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l’aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c’est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c’est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d’une sorte de maladie.

Lecture à 2 Voix·roman ado

A la croisée des mondes, tome 1. Les Royaumes du nord (1996)

His dark materials, book 1. The Golden Compass

 

Auteur: Philip Pullman

Traducteur: Jean Esch

Editeur: Gallimard

Pages: 447

 

Lyra Belacqua est une enfant de douze ans espiègle, casse-cou qui préfère courir les toits du Jordan Collège où elle grandit, que de rester assise à écouter l’un des érudits lui donner des leçons. Accompagnée de Pantalaimon, son dæmon, elle parcourt les étendues d’Oxford avec son ami Roger, un garçon de cuisine, et n’aime rien moins que se battre contre les enfants d’une autre université ou lancer des poignées de boue sur les péniches des Gitans. Curieuse, elle ne craint pas de braver les interdits pour écouter des conversation auxquelles elle n’est pas conviée. C’est ainsi qu’elle entend parler de la Poussière pour la première fois. Alors que son oncle Asriel lui refuse le droit de l’accompagner dans le Nord où il part faire des recherches, elle se voit contrainte de quitter le Jordan Collège pour suivre Madame Coulter, une femme mystérieuse, froide et cruelle. Les disparitions d’enfants se multiplient et lorsque Lyra prend conscience de la situation, elle entend bien venir en aide à ces disparus, d’autant plus que Roger semble être du nombre. Après s’être enfuie, elle se joint aux Gitans pour enquêter sur ces disparitions qui vont les conduire jusque dans le Nord dont elle a tant rêver.

Les Royaumes du Nord est le premier volet d’une trilogie dont le succès n’est plus à faire. Entre aventures et enquête, le récit s’installe dans le genre fantastique avec ses dæmons, manifestation physique externe du « moi-intérieur » d’une personne qui prend la forme d’un animal (définition wikipédia), ses ours en armure, ses sorcières et ses mondes parallèles. Au fils des pages, l’histoire, déjà très riche, s’enrichit de nombreux personnages qui viennent aider Lyra, prédestinée à faire de grandes choses. La jeune fille nous apparaît très rapidement d’une grande intelligence et dotée de capacités exceptionnelles à déchiffrer l’Aléthiomètre, cette sorte de boussole que même les plus érudits ne savent que difficilement interpréter, mais ce sont pourtant son courage et sa détermination qui nous la rendent sympathique et attachante. Bravant tous les dangers, elle fait son chemin en suivant son cœur et, guidée par l’Aléthiomètre, elle s’engage dans ce qui se présente comme un voyage initiatique semé d’embuches et auréolé de mystères.

Philip Pullman signe un récit fort d’une très grande richesse scénaristique. Une fois passés les deux premiers chapitres, le texte ne souffre d’aucune longueur et nous entraine dans une aventure fantastique incroyable menée tambour battant par une héroïne d’une intelligence et d’une sensibilité extraordinaire. Sa compréhension du monde est très fine même si de nombreuses questions restent en suspens. L’auteur dépeint un monde régi par le Magisterium, groupe de religieux dont le pouvoir s’apparente à une forme des plus radicales, l’autoritarisme, la séparation entre l’Eglise et l’Etat étant inexistante et l’Eglise ayant tout pouvoir pour condamner des propos ou actions qu’elle juge blasphématoire. Leur rôle premier semble être d’éradiquer le Péché mais ce n’est rien comparé aux actions de Madame Coulter dont les recherches sur l’intercision, cette acte barbare qui vise à détruire toute pulsion, tout désir, par amputation, est à l’image de sa personnalité, cruelle. On comprendra qu’un pays aussi puritain que l’Amérique y ait vu un contenu antireligieux et que la série ait suscité la colère de groupes catholiques. Mais le récit s’inscrit aussi dans le genre science-fiction avec la place importante accordée aux sciences entre références et personnages tournés vers la recherche: la Poussière et les Mondes Parallèles en étant le cœur.

L’émotion et la suspens sont à leur comble à la fin de ce premier volet qui pose de nombreuses questions sans y répondre complètement. Cela laisse espérer une suite aussi riche et intéressante. En tout cas j’ai hâte d’aller plus en avant dans la lecture de cette série fantastique.

Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami disparait, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans le pays, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révèlera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.

Le coin de Gaby·roman ado

Akata Witch & Akata Warrior (2011 & 2017)

Nnedi Okorafor, l’Ecole des loisirs, 2020

J’ai beaucoup aimé Akata Witch et Akata Warrior pour l’univers de fantasy qui plane dans la livre. Akata n’est pas le vrai nom de l’héroïne, son vrai nom est Sunny Nwasue. Akata veut dire « animal de la brousse »; au Nigeria, c’est une insulte quand on l’emploie sur une personne.

Dans Akata Witch, l’auteure met en avant le fait que l’héroïne est albinos. Elle aime beaucoup le foot. Quand elle fera la rencontre de Chichi, elle apprendra qu’elle est une leopard, c’est-à-dire qu’elle possède des pouvoirs appelés juju. Elle apprend aussi qu’elle partage son esprit avec une divinité appeler Anyanwu et qu’un grand destin l’attend. Elle va devoir affronter un pratiqueur de rituel, Black Hat Otokoto.

Dans Akata Warrior cela fait un an que Sunny est devenue une leopard. Elle va devoir affronter le terrible Ekwensu, une mascarade qui symbolise la destruction et la fin du monde.

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Akata Witch : Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis Nigériane de sang, Américaine de naissance et albinos de peau. Être albinos fait du soleil mon ennemi. C’est pour ça que je n’ai jamais pu jouer au foot, alors que je suis douée. Je ne pouvais le faire que la nuit. Bien sûr, tout ça, c’était avant cette fameuse après-midi avec Chichi et Orlu, quand tout a changé. Maintenant que je regarde en arrière, je vois bien qu’il y avait eu des signes avant-coureurs. Rien n’aurait pourtant pu me préparer à ma véritable nature de Léopard. Être un Léopard, c’est posséder d’immenses pouvoirs. Si j’avais su en les acceptant qu’il me faudrait sauver le monde, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est que je ne pouvais pas empêcher mon destin de s’accomplir.

Akata Warrior: Mon nom est Sunny Nwazue, et ceci est mon histoire. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Il y a tout juste un an, j’ai sauvé le monde de sa destruction. Depuis, je mène une double vie : collégienne le jour, agent libre de la société des Léopards le soir et le week-end. En rentrant vivre au Nigeria, je savais que ma vie allait changer du tout au tout. Je n’aurais pourtant jamais pu imaginer ce que j’ai entraperçu dans la flamme d’une bougie : de violents incendies, des océans en ébullition, des gratte-ciel effondrés, des terres éventrées, des morts et des mourants par milliers. J’ignorais alors que cet événement était lié à mon destin. J’ignorais surtout qu’il me confronterait à un mal plus ancien que le verbe, que l’univers lui-même ou que le commencement absolu…

roman ado

La folle rencontre de Flora et Max (2015) & Les nouvelles vies de Flora et Max (2018)

La folle rencontre de Flora et Max de Martin Page et Coline Pierré, Médium Poche, l’école des loisirs / Les nouvelles vies de Flora et Max de Martin Page et Coline Pierré, Médium +, l’école des loisirs.

Max a seize ans. Flora en a dix-sept. Ils fréquentent le même lycée mais ne se sont jamais parlés. Atypiques, asociaux, Max et Flora sont deux êtres blessés par la vie et les gens, ils observent le monde à distance. Pour Max, la vie est un combat de tous les instants ; jamais à l’abri d’un incident, le monde lui semble hostile et il lui arrive de faire des crises d’angoisse… Jusqu’à celle de trop, celle qui aboutira à un rejet complet du monde et à un enfermement choisi. Pour Flora, le lycée est une jungle ; bonne élève, elle ne s’intègre pas particulièrement à la masse des élèves qu’elle côtoie mais s’efforce de se fondre dans le paysage. Lorsqu’elle devient la tête de turc d’une camarade, son quotidien devient un enfer. Harcelée, acculée, elle finit par laisser exploser sa colère d’être une victime et devient l’assaillante, battant brutalement sa tortionnaire qu’elle envoie à l’hopital. Flora est envoyée en prison.

La folle rencontre de Flora et Max est la rencontre épistolaire de deux êtres fragilisés par un monde dans lequel ils ne trouvent pas leur place. Cette correspondance est une fenêtre sur le monde, un moyen d’entrer en communication avec un autre être humain avec qui chacun partage des points communs avec l’autre. En tête de liste il y a l’enfermement. Au fil de leurs échanges, un changement s’opère en eux et c’est ensemble qu’ils tentent d’ouvrir la porte qui les ramènera dehors; leurs espoirs les poussent à organiser l’après dans un univers choisis par et pour eux. La forme épistolaire positionne le lecteur en tant que spectateur et met en lumière le pouvoir de l’écriture dans la guérison de bien des maux.

Dans Les nouvelles vies de Flora et Max, on retrouve nos deux héros quelques mois après la fin du premier roman. Flora est étudiante à l’université, elle travaille également dans une maison de retraite et a pris son indépendance. Max de son côté ne vit plus chez son père mais chez sa mère et fait un CP cuisine où il réapprend à vivre avec les autres. Avec d’autres jeunes ils se retrouvent à la maison de retraite où ils ont tissé des liens avec certains pensionnaires. Lorsque le Maire de leur commune décide de raser ce lieu de vie pour en faire un supermarché, les jeunes s’associent aux résidants pour organiser la riposte et faire sauter le projet. Entre temps, nos deux héros doivent apprendre à vivre avec ce qu’ils sont tout en apprenant à accepter le monde dans lequel ils évoluent. Mais ils doivent aussi faire face à de nouvelles émotions qui pourraient transformer leur belle amitié.

Martin Page et Coline Pierré signent une histoire touchante portée par des personnages attachants. Ecrits à quatre mains, ses deux romans prennent une forme différente pour nous raconter les difficultés à s’intégrer dans une société, dans laquelle ils ne se reconnaissent pas, de deux jeunes « presque » adultes. Différents, ils se confrontent à un monde où les relations humains et les codes sociaux leur paraissent incompréhensibles. Sensibles, il leur faut avant tout apprendre à affronter leur plus grande peur pour oser aller vers les autres et découvrir les richesses que le monde peut aussi apporter. Les émotions sont justes et emportent le lecteur dans une réalité encore trop souvent négligée, celle des enfants, et par extension des adultes, différents qui ne trouvent pas leur place dans un monde régi par une normalité en laquelle ils ne s’identifient pas. Les auteurs abordent avec beaucoup de pudeur des sujets délicats tels que le harcèlement scolaire, la violence ou encore les formes sévères d’anxiété (phobie scolaire, phobie sociale).

Mes deux filles (onze ans) ont dévoré le premier volume, elles ont été très touché par l’histoire et ses personnages. La forme épistolaire ne leur étant pas familière, elles ont été surprise de découvrir que ce format permet également de communiquer autant. Elles ont moins accroché au deuxième tome, vite laissé de côté, car elles n’ont pas retrouvé la même forme, et que l’amitié entre Flora et Max étant bien installée et leur retour dans le monde étant acté, elles n’y voyaient plus le même attrait. Pour ma part c’est un coup de cœur. Les deux textes se font parfaitement suite et apportent chacun un regard différent sur une relation naissante entre deux personnages et une relation entre eux et le reste du monde.

Je vous invite à découvrir les critiques de Pépita sur chacun des tomes: ICI et ICI, ceux de Sophie: ICI et ICI, ainsi que l’avis d’Alice sur La folle rencontre de Flora et Max, ICI.

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La folle rencontre de Flora et Max

Lorsqu’elle découvre l’étonnante lettre de Max, Flora est à la fois heureuse et troublée, elle reçoit peu de courrier depuis qu’elle est en prison… Que peut bien lui vouloir ce garçon excentrique qui semble persuadé qu’ils ont des points communs ? Que peut-il partager avec une lycéenne condamnée à six mois ferme pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait ? Max ne tarde pas à révéler qu’il vit lui aussi enfermé. Il a quitté le lycée après une grave crise d’angoisse, depuis, il ne peut plus mettre un pied dehors et vit retranché chez lui, avec ses livres, son ordinateur, son chat gourmet et son ukulélé. Flora et Max vont s’écrire, collecter chaque jour des choses lumineuses et réconfortantes à se dire, apprivoiser leur enfermement et peu à peu, avec humour et fantaisie, se construire une place dans le monde.

Les nouvelles vies de Flora et Max

Les oiseaux rares ont besoin d’un refuge. Quand ils se sont connus, Flora et Max vivaient chacun dans une cage. Elle était en prison et lui vivait reclus dans sa chambre. Leur seul moyen de communiquer était de s’écrire des lettres.
Aujourd’hui Flora sort et elle revient à la vie. Mais revenir à la vie, ce n’est pas rentrer dans le moule. Elle va étudier l’anthropologie parce que c’est inutile, trouver un appartement avec des cafards, et prendre un petit boulot dans la maison de retraite pas comme les autres située près du lac. Max va apprendre la cuisine, jouer de son ukulele et ensemble ils vont essayer de s’aventurer dans la jungle de la vraie vie. Mais un projet dévorant de centre commercial menace le fragile équilibre qu’ils mettent en place. Il va falloir se battre et se frotter aux autres pour y survivre. Avec toutes les armes des faibles, et le courage des oiseaux.

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Les renards du désert (2020)

Le volpi del deserto

Auteur: Pierdomenico Baccalario

Traductrice: Anaïs Bouteille-Bokobza

Editeur: Thierry Magnier

Collection: Grands romans

Pages: 400

C’est la couverture, sa référence évidente à Antoine de Saint-Exupéry et son célèbre roman Le Petit Prince, qui m’a attiré. Entre le renard dans le désert et l’avion, la place donnée au sous-marin m’a intrigué et j’ai tenté ma chance pour ce livre lors de l’opération Masse Critique Littérature Jeunesse de ce mois de novembre 2020. Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour l’envoie de ce très bon roman qui m’a littéralement transporté.

Juin 1986. Morice et sa famille quittent Marseille pour reprendre l’hôtel Napoléon situé à Dautremer, petit village corse. Sur place, alors qu’il s’extasie sur la beauté des paysages et la richesse des sons qui remplaceront désormais ceux de la ville, Morice fait la connaissance d’Audrey qui assiste, avec tous les habitants du village, à des funérailles. Très rapidement les deux enfants se lient d’amitié et Audrey lui révèle que le cercueil était vide. Ensemble, ils décident de chercher le corps. Mais Morice n’est pas au bout de ses surprises; entre le suicide de l’ancien propriétaire du Napoléon, l’arrivée d’envahissants touristes allemands et l’attitude mystérieuse des habitants du village ce qui devait être un jeu prend bientôt une tournure plus inquiétante.

Pierdomenico Baccalario entraîne le lecteur dans un roman qui mêle les genres, entre suspens, enquête et aventures sur fond historique et le résultat est assez étonnant. Ainsi l’auteur place son histoire dans les années 80 mais rapidement l’enquête des enfants les fait voyager dans le temps et remonter en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. S’inspirant des histoires parlant d’or nazi dissimulé, caché, perdu depuis la guerre, il utilise des personnages réels pour servir son récit et parsème son texte d’anécdotes historiques pour illustrer son propos. On y trouve aussi de nombreuses références à des films ou des livres; une place importante est donnée à Saint-Exupéry et son livre le plus célèbre à qui il donne un rôle, et un sens, assez éloigné de la réalité mais pourtant rendu crédible contextuellement.

L’ensemble aurait pu être décousu tant la réalité perd en crédibilité pour servir la fiction et pourtant le résultat a du sens et c’est en ça que Les renards du désert est un roman réussi. Pierdomenico Baccalario réussit à nous faire croire que l’Histoire dans l’histoire est véridique et qu’il relate des faits avérés. Alors que Morice et Audrey se lancent dans une simple chasse au trésor, ils sont rattrapés par la guerre et ses secrets et leur quête prend des allures effrayantes où l’angoisse atteint son paroxysme lors d’un final dont aucun personnage ne sortira indemne.

« On a beaucoup écrit sur les chercheurs de trésors. Presque jamais sur ceux qui les cachent. » Morice et Audrey parviendront-ils à percer le lourd secret qui plane sur leur village?

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Le baron perché

Il Barone rampante

Auteur:  Italo Calvino

Traducteur: Martin Rueff

Editeur: Gallimard

Collection: folio

Pages: 378

 

Après la lecture du très sensible Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, j’étais curieuse de découvrir ce très célèbre roman d’Italo Calvino. Curiosité encore un peu plus titillée par la lecture du poétique Un été en liberté de Mélanie Edwards. Deux romans sans liens mais dont l’héroïne a pour livre de chevet Le baron perché. Mes filles ayant également envie de découvrir ce titre, je me suis lancée dans une lecture à voix haute qui s’est rapidement révélée difficile car le texte ne s’y prête pas du tout. Les phrases sont d’une longueur ahurissante ce qui complique la lecture tant il est difficile parfois de pouvoir se poser et reprendre son souffle. Et de fait, cela n’a pas aidé à nous rendre ce roman agréable car ma voix chevrotait et avait du mal à donner le ton à ce récit pourtant intéressant.

Cosimo Piovasco di Rondo n’a qu’une dizaine années lorsqu’il monte sur le chêne du jardin familial pour ne plus jamais en redescendre. D’abord provocation à une injustice paternelle, cela devient une façon de se rendre intéressant aux yeux d’une fillette de son voisinage, avant de devenir un choix de vie réfléchi. Intelligent et observateur, Cosimo va faire de son arbre et de tous ceux du voisinage, un foyer unique mais d’une richesse incomparable. Au fil des rencontres et des années, il va s’adapter à son milieu, faire de très nombreuses lectures, étudier la philosophie, la politique, venir en aide aux plus démunis, se lier d’amitié avec des bandits, connaître l’amour, ses joies et ses peines. Sa vie sera riche et mouvementée mais jamais il ne reviendra sur sa décision et restera perché jusqu’à sa mort.

Conte philosophique, récit initiatique, Le baron perché est un roman fantastique, sur fond historique pertinent qui soulève la question des liens entre l’homme et la société. On peut aussi se demander si l’auteur ne tente pas de remettre en question les valeurs d’une vie de famille au profit d’une vie solitaire faite de rencontres multiples mais sans attaches. Ce qui est certain, est que ce récit ne laisse pas indifférent. Entre rires, consternations et réflexions, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

En 1767, à la suite d’une dispute avec ses parents au sujet d’un plat d’escargots qu’il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondo grimpe au chêne du jardin familial et n’en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d’arbre en arbre, il s’élance à la découverte du monde: il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connait les joies et les peines d’amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.

roman ado

L’Âge des possibles

 

Auteure: Marie Chartres

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 234

 

Trois voix, une destination et de multiples possibilités. Pour Saul et Rachel, élevés dans une communauté amish, Rumspringa est l’occasion de découvrir le monde moderne et de choisir de vivre leur vie avec leur communauté ou pas. Pour Temple, jeune fille timide et peu sûre d’elle, rendre visite à sa sœur est une véritable aventure. Pour tous les trois, Chicago est une épreuve qui ne va s’adoucir qu’après leur rencontre improbable et celle d’un jeune garçon de la ville, Frederik. Entre ouverture sur le monde et passage à l’âge adulte, L’âge des possibles est un roman plein de promesses au cours duquel les personnages auront à affronter leurs craintes et leur destin.

Si Saul a pris l’initiative de leur Rumspringa, sera-t-il celui qui en reviendra le plus changé? Leur rencontre avec Temple, qui leur apparaît aussi perdue qu’ils ne le sont dans la grandeur de cette ville, va venir soulever des questions et entraîner des décisions auxquelles ils ne s’attendaient pas. Cette dernière n’avait jamais quitté son village et l’épicerie familiale, ce voyage est l’occasion pour elle de s’ouvrir à l’inconnu d’un monde qui l’effraie. Mais il faut parfois de l’aide et une main tendue pour oser affronter ses plus grandes craintes.

Marie Chartres signe un titre poétique et doux comme une caresse sur le délicat passage à l’âge adulte. Sa plume légère et envoutante nous entraîne dans les pas hésitants de trois jeunes qui ont des choix à faire, des décisions à prendre. On peut saluer le choix de choisir des héros issus de la communauté amish qui poussera les plus curieux à s’intéresser à ce sujet que l’on rencontre peu en littérature jeunesse. De même la narration et la bienveillance qui se dégage des personnages apportent beaucoup à l’histoire et aux personnages que l’on prend plaisir à suivre. J’emets cependant quelques réserves sur le final un peu bancal par rapport au reste du récit.

***

Saul et Rachel ont un avenir tout tracé: chez les amish, la vie est une ligne droite. Leur Rumspringa, cette parenthèse hors de la communauté, leur permettra de découvrir le monde moderne pour le rejeter en toute connaissance de cause. Temple doit quitter sa petite vie casanière pour rejoindre sa sœur à Chicago, mais la peur la paralyse. Dans l’immense ville, celle qui se pose trop de questions et ceux qui devraient ne pas s’en poser vont se perdre et se trouver. Mais ils vont aussi trouver des réponses qu’ils auraient peut-être préféré ignorer.

roman ado

Steam Sailors, tome 1. L’Héliotrope

Auteure: E.S. Green

Illustrateur: VADERETRO

Editeur: Gulf Stream

Collection: 13+

Pages: 384

 

Vous aimez les aventures fantastiques, les pirates et les chasses aux trésors? Steam Sailors est fait pour vous!

L’histoire prend place dans un monde divisé en deux: le Haut-Monde et le Bas-Monde, qui se vouent une haine farouche. Prudence, notre jeune héroïne, vit dans le Bas-Monde, traitée en paria par les villageois à cause d’étranges pouvoirs qui semblent la relier aux Alchimistes, ces savants exterminés des siècles plus tôt. Pourtant, douée par la médecine, elle officie dans l’ombre. Après une attaque de pirates du ciel, la jeune fille est enlevée et enrôlée comme médecin de bord de l’Héliotrope, le navire volant d’un groupe de pirates redoutables en quête de la mystérieuse cité des Alchimistes.

La couverture de ce titre m’attirait depuis des mois et j’avais vraiment hâte de découvrir ce qui se cachait dessous. Il faut dire que la publication était programmée pour mars et que la crise sanitaire a quelque peu changé les choses. Ce n’est donc qu’en juin qu’est finalement sorti L’héliotrope. Le travail éditorial sur la couverture est juste magnifique entre le relief et l’illustration qui en dévoile juste assez pour nous faire voyager. On retrouve aussi en page de garde un plan détaillé de l’Héliotrope très utile à la lecture.

Ellie Green est une jeune auteure, passionnée par la navigation et la piraterie du XVIIIe siècle; elle signe un premier roman riche en aventures et rebondissements. Sa plume immersive entraîne le lecteur dans un univers steampunk où les îles flottent et les bateaux volent. Prudence est une héroïne intelligente, vive, auréolée de mystères, elle s’intègre à l’équipage de l’Héliotrope avec facilité et apporte une touche féminine bienvenue dans ce monde très masculin. Mais les membres du navire sont tous passionnants et chacun apportent un petit quelque chose à l’histoire. Leur quête est une véritable chasse aux trésors faite d’énigmes à décoder et de pièges à déjouer. L’aventure est riche et drôle, et ne souffre d’aucun temps mort. Le seul point négatif est qu’il va falloir attendre avant de pouvoir lire la suite…

Je vous invite à lire également la critique de #Céline.

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Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…