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La folle rencontre de Flora et Max (2015) & Les nouvelles vies de Flora et Max (2018)

La folle rencontre de Flora et Max de Martin Page et Coline Pierré, Médium Poche, l’école des loisirs / Les nouvelles vies de Flora et Max de Martin Page et Coline Pierré, Médium +, l’école des loisirs.

Max a seize ans. Flora en a dix-sept. Ils fréquentent le même lycée mais ne se sont jamais parlés. Atypiques, asociaux, Max et Flora sont deux êtres blessés par la vie et les gens, ils observent le monde à distance. Pour Max, la vie est un combat de tous les instants ; jamais à l’abri d’un incident, le monde lui semble hostile et il lui arrive de faire des crises d’angoisse… Jusqu’à celle de trop, celle qui aboutira à un rejet complet du monde et à un enfermement choisi. Pour Flora, le lycée est une jungle ; bonne élève, elle ne s’intègre pas particulièrement à la masse des élèves qu’elle côtoie mais s’efforce de se fondre dans le paysage. Lorsqu’elle devient la tête de turc d’une camarade, son quotidien devient un enfer. Harcelée, acculée, elle finit par laisser exploser sa colère d’être une victime et devient l’assaillante, battant brutalement sa tortionnaire qu’elle envoie à l’hopital. Flora est envoyée en prison.

La folle rencontre de Flora et Max est la rencontre épistolaire de deux êtres fragilisés par un monde dans lequel ils ne trouvent pas leur place. Cette correspondance est une fenêtre sur le monde, un moyen d’entrer en communication avec un autre être humain avec qui chacun partage des points communs avec l’autre. En tête de liste il y a l’enfermement. Au fil de leurs échanges, un changement s’opère en eux et c’est ensemble qu’ils tentent d’ouvrir la porte qui les ramènera dehors; leurs espoirs les poussent à organiser l’après dans un univers choisis par et pour eux. La forme épistolaire positionne le lecteur en tant que spectateur et met en lumière le pouvoir de l’écriture dans la guérison de bien des maux.

Dans Les nouvelles vies de Flora et Max, on retrouve nos deux héros quelques mois après la fin du premier roman. Flora est étudiante à l’université, elle travaille également dans une maison de retraite et a pris son indépendance. Max de son côté ne vit plus chez son père mais chez sa mère et fait un CP cuisine où il réapprend à vivre avec les autres. Avec d’autres jeunes ils se retrouvent à la maison de retraite où ils ont tissé des liens avec certains pensionnaires. Lorsque le Maire de leur commune décide de raser ce lieu de vie pour en faire un supermarché, les jeunes s’associent aux résidants pour organiser la riposte et faire sauter le projet. Entre temps, nos deux héros doivent apprendre à vivre avec ce qu’ils sont tout en apprenant à accepter le monde dans lequel ils évoluent. Mais ils doivent aussi faire face à de nouvelles émotions qui pourraient transformer leur belle amitié.

Martin Page et Coline Pierré signent une histoire touchante portée par des personnages attachants. Ecrits à quatre mains, ses deux romans prennent une forme différente pour nous raconter les difficultés à s’intégrer dans une société, dans laquelle ils ne se reconnaissent pas, de deux jeunes « presque » adultes. Différents, ils se confrontent à un monde où les relations humains et les codes sociaux leur paraissent incompréhensibles. Sensibles, il leur faut avant tout apprendre à affronter leur plus grande peur pour oser aller vers les autres et découvrir les richesses que le monde peut aussi apporter. Les émotions sont justes et emportent le lecteur dans une réalité encore trop souvent négligée, celle des enfants, et par extension des adultes, différents qui ne trouvent pas leur place dans un monde régi par une normalité en laquelle ils ne s’identifient pas. Les auteurs abordent avec beaucoup de pudeur des sujets délicats tels que le harcèlement scolaire, la violence ou encore les formes sévères d’anxiété (phobie scolaire, phobie sociale).

Mes deux filles (onze ans) ont dévoré le premier volume, elles ont été très touché par l’histoire et ses personnages. La forme épistolaire ne leur étant pas familière, elles ont été surprise de découvrir que ce format permet également de communiquer autant. Elles ont moins accroché au deuxième tome, vite laissé de côté, car elles n’ont pas retrouvé la même forme, et que l’amitié entre Flora et Max étant bien installée et leur retour dans le monde étant acté, elles n’y voyaient plus le même attrait. Pour ma part c’est un coup de cœur. Les deux textes se font parfaitement suite et apportent chacun un regard différent sur une relation naissante entre deux personnages et une relation entre eux et le reste du monde.

Je vous invite à découvrir les critiques de Pépita sur chacun des tomes: ICI et ICI, ceux de Sophie: ICI et ICI, ainsi que l’avis d’Alice sur La folle rencontre de Flora et Max, ICI.

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La folle rencontre de Flora et Max

Lorsqu’elle découvre l’étonnante lettre de Max, Flora est à la fois heureuse et troublée, elle reçoit peu de courrier depuis qu’elle est en prison… Que peut bien lui vouloir ce garçon excentrique qui semble persuadé qu’ils ont des points communs ? Que peut-il partager avec une lycéenne condamnée à six mois ferme pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait ? Max ne tarde pas à révéler qu’il vit lui aussi enfermé. Il a quitté le lycée après une grave crise d’angoisse, depuis, il ne peut plus mettre un pied dehors et vit retranché chez lui, avec ses livres, son ordinateur, son chat gourmet et son ukulélé. Flora et Max vont s’écrire, collecter chaque jour des choses lumineuses et réconfortantes à se dire, apprivoiser leur enfermement et peu à peu, avec humour et fantaisie, se construire une place dans le monde.

Les nouvelles vies de Flora et Max

Les oiseaux rares ont besoin d’un refuge. Quand ils se sont connus, Flora et Max vivaient chacun dans une cage. Elle était en prison et lui vivait reclus dans sa chambre. Leur seul moyen de communiquer était de s’écrire des lettres.
Aujourd’hui Flora sort et elle revient à la vie. Mais revenir à la vie, ce n’est pas rentrer dans le moule. Elle va étudier l’anthropologie parce que c’est inutile, trouver un appartement avec des cafards, et prendre un petit boulot dans la maison de retraite pas comme les autres située près du lac. Max va apprendre la cuisine, jouer de son ukulele et ensemble ils vont essayer de s’aventurer dans la jungle de la vraie vie. Mais un projet dévorant de centre commercial menace le fragile équilibre qu’ils mettent en place. Il va falloir se battre et se frotter aux autres pour y survivre. Avec toutes les armes des faibles, et le courage des oiseaux.

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Les renards du désert (2020)

Le volpi del deserto

Auteur: Pierdomenico Baccalario

Traductrice: Anaïs Bouteille-Bokobza

Editeur: Thierry Magnier

Collection: Grands romans

Pages: 400

C’est la couverture, sa référence évidente à Antoine de Saint-Exupéry et son célèbre roman Le Petit Prince, qui m’a attiré. Entre le renard dans le désert et l’avion, la place donnée au sous-marin m’a intrigué et j’ai tenté ma chance pour ce livre lors de l’opération Masse Critique Littérature Jeunesse de ce mois de novembre 2020. Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour l’envoie de ce très bon roman qui m’a littéralement transporté.

Juin 1986. Morice et sa famille quittent Marseille pour reprendre l’hôtel Napoléon situé à Dautremer, petit village corse. Sur place, alors qu’il s’extasie sur la beauté des paysages et la richesse des sons qui remplaceront désormais ceux de la ville, Morice fait la connaissance d’Audrey qui assiste, avec tous les habitants du village, à des funérailles. Très rapidement les deux enfants se lient d’amitié et Audrey lui révèle que le cercueil était vide. Ensemble, ils décident de chercher le corps. Mais Morice n’est pas au bout de ses surprises; entre le suicide de l’ancien propriétaire du Napoléon, l’arrivée d’envahissants touristes allemands et l’attitude mystérieuse des habitants du village ce qui devait être un jeu prend bientôt une tournure plus inquiétante.

Pierdomenico Baccalario entraîne le lecteur dans un roman qui mêle les genres, entre suspens, enquête et aventures sur fond historique et le résultat est assez étonnant. Ainsi l’auteur place son histoire dans les années 80 mais rapidement l’enquête des enfants les fait voyager dans le temps et remonter en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. S’inspirant des histoires parlant d’or nazi dissimulé, caché, perdu depuis la guerre, il utilise des personnages réels pour servir son récit et parsème son texte d’anécdotes historiques pour illustrer son propos. On y trouve aussi de nombreuses références à des films ou des livres; une place importante est donnée à Saint-Exupéry et son livre le plus célèbre à qui il donne un rôle, et un sens, assez éloigné de la réalité mais pourtant rendu crédible contextuellement.

L’ensemble aurait pu être décousu tant la réalité perd en crédibilité pour servir la fiction et pourtant le résultat a du sens et c’est en ça que Les renards du désert est un roman réussi. Pierdomenico Baccalario réussit à nous faire croire que l’Histoire dans l’histoire est véridique et qu’il relate des faits avérés. Alors que Morice et Audrey se lancent dans une simple chasse au trésor, ils sont rattrapés par la guerre et ses secrets et leur quête prend des allures effrayantes où l’angoisse atteint son paroxysme lors d’un final dont aucun personnage ne sortira indemne.

« On a beaucoup écrit sur les chercheurs de trésors. Presque jamais sur ceux qui les cachent. » Morice et Audrey parviendront-ils à percer le lourd secret qui plane sur leur village?

Lecture à voix haute·roman·roman ado·roman jeunesse

Le baron perché

Il Barone rampante

Auteur:  Italo Calvino

Traducteur: Martin Rueff

Editeur: Gallimard

Collection: folio

Pages: 378

 

Après la lecture du très sensible Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, j’étais curieuse de découvrir ce très célèbre roman d’Italo Calvino. Curiosité encore un peu plus titillée par la lecture du poétique Un été en liberté de Mélanie Edwards. Deux romans sans liens mais dont l’héroïne a pour livre de chevet Le baron perché. Mes filles ayant également envie de découvrir ce titre, je me suis lancée dans une lecture à voix haute qui s’est rapidement révélée difficile car le texte ne s’y prête pas du tout. Les phrases sont d’une longueur ahurissante ce qui complique la lecture tant il est difficile parfois de pouvoir se poser et reprendre son souffle. Et de fait, cela n’a pas aidé à nous rendre ce roman agréable car ma voix chevrotait et avait du mal à donner le ton à ce récit pourtant intéressant.

Cosimo Piovasco di Rondo n’a qu’une dizaine années lorsqu’il monte sur le chêne du jardin familial pour ne plus jamais en redescendre. D’abord provocation à une injustice paternelle, cela devient une façon de se rendre intéressant aux yeux d’une fillette de son voisinage, avant de devenir un choix de vie réfléchi. Intelligent et observateur, Cosimo va faire de son arbre et de tous ceux du voisinage, un foyer unique mais d’une richesse incomparable. Au fil des rencontres et des années, il va s’adapter à son milieu, faire de très nombreuses lectures, étudier la philosophie, la politique, venir en aide aux plus démunis, se lier d’amitié avec des bandits, connaître l’amour, ses joies et ses peines. Sa vie sera riche et mouvementée mais jamais il ne reviendra sur sa décision et restera perché jusqu’à sa mort.

Conte philosophique, récit initiatique, Le baron perché est un roman fantastique, sur fond historique pertinent qui soulève la question des liens entre l’homme et la société. On peut aussi se demander si l’auteur ne tente pas de remettre en question les valeurs d’une vie de famille au profit d’une vie solitaire faite de rencontres multiples mais sans attaches. Ce qui est certain, est que ce récit ne laisse pas indifférent. Entre rires, consternations et réflexions, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

En 1767, à la suite d’une dispute avec ses parents au sujet d’un plat d’escargots qu’il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondo grimpe au chêne du jardin familial et n’en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d’arbre en arbre, il s’élance à la découverte du monde: il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connait les joies et les peines d’amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.

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L’Âge des possibles

 

Auteure: Marie Chartres

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 234

 

Trois voix, une destination et de multiples possibilités. Pour Saul et Rachel, élevés dans une communauté amish, Rumspringa est l’occasion de découvrir le monde moderne et de choisir de vivre leur vie avec leur communauté ou pas. Pour Temple, jeune fille timide et peu sûre d’elle, rendre visite à sa sœur est une véritable aventure. Pour tous les trois, Chicago est une épreuve qui ne va s’adoucir qu’après leur rencontre improbable et celle d’un jeune garçon de la ville, Frederik. Entre ouverture sur le monde et passage à l’âge adulte, L’âge des possibles est un roman plein de promesses au cours duquel les personnages auront à affronter leurs craintes et leur destin.

Si Saul a pris l’initiative de leur Rumspringa, sera-t-il celui qui en reviendra le plus changé? Leur rencontre avec Temple, qui leur apparaît aussi perdue qu’ils ne le sont dans la grandeur de cette ville, va venir soulever des questions et entraîner des décisions auxquelles ils ne s’attendaient pas. Cette dernière n’avait jamais quitté son village et l’épicerie familiale, ce voyage est l’occasion pour elle de s’ouvrir à l’inconnu d’un monde qui l’effraie. Mais il faut parfois de l’aide et une main tendue pour oser affronter ses plus grandes craintes.

Marie Chartres signe un titre poétique et doux comme une caresse sur le délicat passage à l’âge adulte. Sa plume légère et envoutante nous entraîne dans les pas hésitants de trois jeunes qui ont des choix à faire, des décisions à prendre. On peut saluer le choix de choisir des héros issus de la communauté amish qui poussera les plus curieux à s’intéresser à ce sujet que l’on rencontre peu en littérature jeunesse. De même la narration et la bienveillance qui se dégage des personnages apportent beaucoup à l’histoire et aux personnages que l’on prend plaisir à suivre. J’emets cependant quelques réserves sur le final un peu bancal par rapport au reste du récit.

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Saul et Rachel ont un avenir tout tracé: chez les amish, la vie est une ligne droite. Leur Rumspringa, cette parenthèse hors de la communauté, leur permettra de découvrir le monde moderne pour le rejeter en toute connaissance de cause. Temple doit quitter sa petite vie casanière pour rejoindre sa sœur à Chicago, mais la peur la paralyse. Dans l’immense ville, celle qui se pose trop de questions et ceux qui devraient ne pas s’en poser vont se perdre et se trouver. Mais ils vont aussi trouver des réponses qu’ils auraient peut-être préféré ignorer.

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Steam Sailors, tome 1. L’Héliotrope

Auteure: E.S. Green

Illustrateur: VADERETRO

Editeur: Gulf Stream

Collection: 13+

Pages: 384

 

Vous aimez les aventures fantastiques, les pirates et les chasses aux trésors? Steam Sailors est fait pour vous!

L’histoire prend place dans un monde divisé en deux: le Haut-Monde et le Bas-Monde, qui se vouent une haine farouche. Prudence, notre jeune héroïne, vit dans le Bas-Monde, traitée en paria par les villageois à cause d’étranges pouvoirs qui semblent la relier aux Alchimistes, ces savants exterminés des siècles plus tôt. Pourtant, douée par la médecine, elle officie dans l’ombre. Après une attaque de pirates du ciel, la jeune fille est enlevée et enrôlée comme médecin de bord de l’Héliotrope, le navire volant d’un groupe de pirates redoutables en quête de la mystérieuse cité des Alchimistes.

La couverture de ce titre m’attirait depuis des mois et j’avais vraiment hâte de découvrir ce qui se cachait dessous. Il faut dire que la publication était programmée pour mars et que la crise sanitaire a quelque peu changé les choses. Ce n’est donc qu’en juin qu’est finalement sorti L’héliotrope. Le travail éditorial sur la couverture est juste magnifique entre le relief et l’illustration qui en dévoile juste assez pour nous faire voyager. On retrouve aussi en page de garde un plan détaillé de l’Héliotrope très utile à la lecture.

Ellie Green est une jeune auteure, passionnée par la navigation et la piraterie du XVIIIe siècle; elle signe un premier roman riche en aventures et rebondissements. Sa plume immersive entraîne le lecteur dans un univers steampunk où les îles flottent et les bateaux volent. Prudence est une héroïne intelligente, vive, auréolée de mystères, elle s’intègre à l’équipage de l’Héliotrope avec facilité et apporte une touche féminine bienvenue dans ce monde très masculin. Mais les membres du navire sont tous passionnants et chacun apportent un petit quelque chose à l’histoire. Leur quête est une véritable chasse aux trésors faite d’énigmes à décoder et de pièges à déjouer. L’aventure est riche et drôle, et ne souffre d’aucun temps mort. Le seul point négatif est qu’il va falloir attendre avant de pouvoir lire la suite…

Je vous invite à lire également la critique de #Céline.

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Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…

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Midnight Sun

 

Auteure:  Stephenie Meyer

Traducteur: Luc Rigoureau

Editeur: Hachette

Pages:  810

 

Cela fait quinze ans que le premier volume de la saga Twilight est sorti, relu il n’y a pas si longtemps j’en avais donné un bref avis ICI. Pour finir les vacances je voulais une lecture légère et je suis tombée sur Midnight Sun sans en avoir même entendu parler. Pensant que cela ferait l’affaire je me suis lancée dans la lecture de ces plus de 800 pages pour rapidement déchanter: ce ne serait pas aussi facile que je l’espérais!

L’histoire est celle de Fascination racontée du point de vue d’Edward Cullen, vampire torturé qui tente de lutter contre ses instincts en se nourrissant du sang d’animaux. Un pis-aller qui va difficilement le sustenter lorsqu’il rencontre Bella dont le sang l’attire plus que tout autre. On prend rapidement conscience qu’Edward est amoureux de ce sang qui provoque en lui des tas de nouvelles émotions dont le désir qu’il n’avait jamais ressenti. Au lieu de s’abreuver, il va alors choisir d’apprendre à connaître Bella, créant un lien très fort, une sorte de dépendance à l’autre assez intense.

Si découvrir les émotions d’Edward, sa lutte et ses pensées est intéressant au premier abord, c’est rapidement devenu assez lourd. En effet, ses pensées partent parfois dans des directions inattendues, nous entraînant dans des souvenirs plus ou moins intéressants qui sont souvent sans lien logique avec la réflexion du départ. Cela permet d’en savoir plus sur le personnage et les membres de sa famille mais alourdit le récit, allant même jusqu’à rendre certains passages indigestes.

Midnight Sun reste un roman dans la lignée des autres tomes de la série bien que moins agréable à lire car sans surprise et un nombre de pages trop grand. A réserver aux fans inconditionnels de la série.

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La rencontre entre Edward Cullen et Bella Swan dans Fascination, le premier tome de la saga Twilight, a donné naissance à une histoire d’amour iconique. Mais jusqu’à présent, les fans n’avaient pu lire de cette histoire que la version de Bella. Ce conte inoubliable prend, à travers le regard d’Edward, un tour nouveau et résolument sombre. La rencontre de Bella constitue dans sa longue vie de vampire l’expérience la plus intrigante et la plus troublante qui soit. Plus nous apprenons de détails sur le passé d’Edward et la complexité de son monde intérieur, mieux nous comprenons que cet événement constitue le combat déterminant de son existence.

CHALLENGE PAVE 2020

 

roman ado

Âge Tendre

 

Auteure: Clémentine Beauvais

Editeur: Sarbacane

Collection: Exprim’

Pages: 378

 

Nous sommes en France. Une France qui ressemble à la notre si ce n’est qu’elle est dirigée par une Présidente, qu’on y roule en voiture électrique et que les jeunes qui quittent le collège doivent obligatoirement passer par une année de Service Civique (serci) avant d’entrer au lycée. Clémentine Beauvais part d’une idée originale et particulièrement intéressante, posant ainsi une bonne base pour son nouveau roman. Dès les premières pages le lecteur comprend que l’auteure l’entraîne dans un univers unique et différent, à l’image de son personnage principal, Valentin Lemonnier. Cet adolescent particulier a du mal à vivre dans un monde dans lequel il se sent particulièrement angoissé. Ses interactions sociales sont difficiles, s’il comprend ce qu’on lui dit, il interprète difficilement les codes sociaux, son vocabulaire est riche et précis, il a tendance à dire ce qui lui passe par la tête sans mesurer les conséquences de ses paroles. Valentin semble atteint du syndrome d’Asperger.

Alors qu’il avait pris le temps de sélectionner les domaines et lieux les moins anxiogènes pour lui, l’algorithme d’attribution des Serci l’envoie dans les Hauts-de-France, à Boulogne-sur-Mer – à l’autre bout du pays pour lui qui vit à Albi – dans un résidence pour personnages âgées atteintes de démence, une unité Mnémosyne qui ressemble à un quartier des années 60, années dans lesquelles les pensionnaires croient plus ou moins vivre. Sa première mission sera d’annoncer à une pensionnaire que Françoise Hardy ne pourra pas venir chanter dans leur ville mais Valentin, trouvant cela trop triste, lui annonce l’inverse… Il lui faut désormais trouver une solution.

Age tendre est le Journal de bord de Valentin, un journal qu’il tient durant son Serci et qui a pour but de l’aider à rédiger son rapport de fin de Service Civique. On découvre Valentin, son vécu, son ressenti, dans un quotidien. Au fil des pages et des rencontres on perçoit son évolution, sentiment renforcé par les « Note rétrospective » que Valentin distille ça et là au moment de sa relecture. Mais le jeune homme n’est pas seul à changer, il entraîne avec lui Sola, son maître de stage, une jeune femme sensible et dynamique qui dissimule une douloureuse blessure. Entre amitié et remise en questions, Valentin vit un véritable récit initiatique durant lequel il s’ouvre aux autres, au monde qui l’entoure, à sa famille et à lui-même.

Age tendre est un roman ultra optimiste, qui a un pied dans le passé et un autre tourné vers l’avenir. Clémentine Beauvais signe un titre touchant et drôle qui aborde l’adolescence et le passage à l’âge d’adulte avec tout ce que cela implique de bouleversements. Ce fut ma dernière lecture de vacances, une lecture qui aura réuni la famille de onze à soixante-sept ans. L’une posant des questions sur une époque qui lui paraît bien lointaine, un autre se remémorant l’émission de variétés qui a marqué sa jeunesse, Age tendre et Tête de Bois, nous faisant (re)découvrir des classiques d’une époque révolue durant laquelle les jeunes chanteuses avaient une frange et portaient des minis robes trapèzes aux couleurs psychédéliques ornées de grosses fleurs. Entre nostalgie et gaieté, Age tendre est un roman profond qui oscille entre passé et présent avec délice. Au final on ne peut qu’apprécier que Valentin ait dépassé les 30 pages demandées.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI, celui de Sophie ICI.

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La Présidente de la République l’a décidé: tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier n’a pas de chance: ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60. Sa première mission semble assez simple: écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter dans leur ville. Sauf que c’est difficile d’annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l’inverse. Françoise Hardy viendra! il s’y engage personnellement. Et pour ce faire, il va falloir trouver un sosie de la star, qui vienne chanter son tube La maison où j’ai grandi à tous les pensionnaire…

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Lady Elliot Island

 

Auteur: Christophe Guillaumot

Editeur: Rageot

Pages: 205

 

 

Clara est née dans une famille très riche, une famille dans laquelle les parents, toujours absents, tentent de compenser un manque d’affection avec de l’argent et des cadeaux. Toute la vie de la jeune fille s’est construite sur une façade. Adolescente influente, elle ne vit que pour le paraître. Toujours en recherche de l’acceptation, du « like » supplémentaire sur son compte Instagram, elle ne publie que des photos parfaites et n’hésite pas à casser du sucre sur le dos de ses camarades les moins à la mode, sans penser aux conséquences. Aussi, quand son père lui offre des billets d’avion pour une île paradisiaque au large de l’Australie, Clara voit là l’occasion de faire le buzz. Après avoir invité ses amis, elle organise un concours pour faire gagner les deux dernières places à de parfaits inconnus. Sur place les incidents se multiplient semant le doute et la confusion au sein du petit groupe.

Je découvre la plume de Christophe Guillaumot dans ce roman adolescent qui mêle habilement les genres. Entre roman initiatique et thriller, l’auteur signe un récit engagé et livre un message fort sur fond de décor idyllique. Au travers de Clara, personnage hautain et égocentrique, l’auteur amène une réflexion sur la société moderne et l’hyper-connection des adolescents. Sans jugement, il démontre que les réseaux sociaux déconnectent de la réalité et peuvent faire beaucoup de mal. Si Clara est un personnage détestable au début, le voyage sur Lady Elliot Island va l’aider à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure et surtout sur les gens. Ses compagnons de voyage ont tous une personnalité différente et mérite qu’on s’attarde sur eux car, à l’image de leur hôte, ils ne sont pas ce qu’ils paraissent.

L’écriture et les descriptions immersives sont essentielles à la narration qui en devient presque addictive. Lady Elliot Island est un roman adolescent qui fut idéal en cette période estivale atypique car le texte met en avant la valeur des choses simples, le sens du partage et l’importance des relations humaines dans un cadre où vivre des vacances paradisiaques.

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Jeune influenceuse, Clara reçoit pour son anniversaire 6 billets d’avion. Destination: Lady Elliot Island, une île paradisiaque au large de l’Australie, parsemée de terres aborigènes inviolables C’est un Eden ceinturé par la barrière de corail, où pullulent tortues, raies et requins. Elle invite ses meilleurs amis et, pour corser leurs vacances, deux inconnus… Mais des incidents se multiplient. Sa vision défaille. Ce petit paradis lui réserve-t-il l’enfer?

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un été en liberté

 

Auteure: Mélanie Edwards

Editeur: Bayard

Pages: 207

 

 

Brune, Paul, Violette et Elise passent leurs vacances en Ardèche, dans le hameau où leur mère a grandi. Pour ces parisiens, c’est l’occasion d’être autonomes, libres et surtout d’oublier un quotidien stressant et une vie de famille toxique. Loin de leurs parents, les quatre enfants s’organisent et prennent soin les uns des autres. Pour Violette, quatorze ans, c’est aussi l’occasion de se retrouver seule et de lire tout son comptant. Lorsqu’elle croise Bosco, l’adolescent en mobylette, ses vacances prennent un chemin différent de celui qu’elle s’était fixée.

Mélanie Edwards signe un récit simple et léger comme une plume, empli d’émotions familiales et de l’émoi d’un premier amour. A l’image de la couverture, le texte est poétique et d’une grande justesse. Les pages défilent comme autant de journées passées à se baigner dans la rivière, à lire à l’ombre d’un grand arbre ou à se ballader dans la nature. Véritable écorchée vive, Violette vit pleinement ses émotions qu’elles soient bonnes ou mauvaises. On prend plaisir à la suivre durant cet été 1989 où les relations naissent d’une simple rencontre. Nous sommes loin de notre société connectée et c’est rafraichissant.

Un été en liberté est un roman doux et touchant, qui arrive à point nommé, alors que l’été commence sous la menace tangible de cette pandémie avec laquelle il nous faut apprendre à vivre, alors que nous avons tous besoin d’amour et de liens sociaux. Pour moi, c’est un coup de coeur .

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Cet été, Violette, Paul, Brune et Elise passeront les vacances seuls dans le hameau d’Ardèche où leur mère a grandi. Leurs parents sont trop débordés pour les accompagner. Heureux d’échapper à leurs disputes incessantes, les quatre frère et soeurs s’installent à Ferréol. Là, perdus dans la nature, ils s’organisent, veillent les uns sur les autres et goûtent à une liberté précieuse. Violette pensait passer ses vacances à dormir tard, lire et se baigner… mais quand elle croise un garçon à mobylette qui file à travers les sentiers ensoleillés, son été prend un tout autre tournant.

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La dernière marée

 

Auteure: Aylin Manço

Editeur: Talents Hauts

Pages : 209

 

 

Elo et ses parents passent leurs vacances à Citéplage, comme presque tous les étés. Mais cette année n’a pas la même saveur. Le reflux a chassé les touristes, ils ne sont plus que quelques habitués à arpenter la promenade. Pour Elo, ce n’est plus pareil, la mer n’est plus vraiment là, elle a laissé la place à une plage immense et à quelques rochers dont on ne voyait que le sommet. La mer se retire, fait disparaître les gens et les bâteaux, sans que personne ne puisse expliquer ce phénomène. Sa mère, cette nageuse talentueuse, ne quitte pas l’appartement, elle ne lui parle plus, ne la regarde plus. Son père semble désemparé. Elo ne sait plus où est sa place, dans sa famille et dans ce nouveau monde. Sa rencontre avec Hugo, un jeune de son âge, lui apporte une bouffée d’oxygène. Le jeune homme apporte un regard optimiste sur un avenir incertain; souvent assaillie par le doute, Elo se raccroche comme elle peut à cette bouée de secours qu’il lui lance et tente de garder la tête hors de l’eau, dans ce nouveau monde qui lui fait peur. Mais Hugo n’est pas toujours sûr de lui et Elo doit aussi apprendre à faire ses propres choix…

La Dernière Marée est un récit qui aborde de nombreux thèmes tels que l’écologie, l’amitié, l’amour, la famille et la maladie, ce qui en fait un roman multi-genre. Entre dystopie, romance adolescente et vie de famille, l’auteure livre un premier roman audacieux. Si l’histoire avait de quoi me plaire, je n’ai pourtant pas été emballée par l’écriture qui n’encourage à pas à se rapprocher des personnages ni à se sentir concerné par les événements. Je suis restée spectatrice d’un bout à l’autre et n’ai malheureusement pas trouvé la porte d’entrée de ce roman qui a su trouver son public.

Pour lire une critique plus élogieuse, je vous invite à découvrir l’avis de Céline ICI.

Sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020 catégorie 13-15 ans.

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Depuis des mois, la mer reflue, aspirée sans fin et sans cause connue. A Citéplage, là où devrait se trouver le rivage, il n’y a que du sable et des rochers. Danc cette cité balnéaire totalement vide où les tortues s’échouent de désespoir, Elo tente de faire comme si rien n’avait changé. Mais sa relation naissante avec Hugo, le repli de sa mère et les faux-fuyants de son père la poussent à s’affranchir de son enfance… pour se tourner vers le grand large et l’avenir.