roman ado

Celle qui marche la nuit

 

Auteure: Delphine Bertolon

Editeur: Albin Michel

Collection: Wiz

Pages: 237

 

Malo, quinze ans, vient d’emménager avec sa famille dans une étrange maison à l’allure digne d’un bon Stephen King. Les films d’horreurs et les histoires de fantômes il connait et apprécie à l’occasion mais quand son quotidien devient aussi flippant qu’un scénario paranormal, l’adolescent commence à trouver ça moins amusant. Sa petite sœur n’est plus la même et si ce n’était que ses réveils nocturnes, mais non elle se met à dessiner de façon sinistre et parle à une nouvelle amie qu’elle seule est capable de voir. Il demanderait bien de l’aide à ses parents mais, occupés par les rénovations de leur nouvelle résidence, ils ne semblent se rendre compte de rien. Malo décide de mener son enquête. Tant pis s’il la peur le tenaille, il doit élucider ce mystère… pour ne pas devenir fou.

Delphine Bertolon signe un thriller fantastique pour adolescents sur fond de maison hantée et de phénomènes paranormaux. Plutôt froussarde, je pensais que la lecture me procurerait quelques frissons mais non; j’imagine que je suis devenue trop terre à terre en vieillissant… Il faut pourtant reconnaître que les descriptions des lieux et des apparitions sont saisissantes et feront trembler les plus jeunes et les plus sensibles. L’auteure ponctue son récit de nombreuses références et nous tient en haleine au travers d’une enquête teintée de mystères. J’ai particulièrement aimé son choix de raconter l’histoire à la première personne du singulier. C’est Malo qui nous raconte son histoire en l’écrivant dans son journal, seul confident qui ne remet pas sa parole en doute et ne se pose pas de question sur sa santé mentale. Le cheminement du jeune homme et le parallèle avec son vécu, son parcours donnent plus de profondeur au récit et le rendent plus tangible. Par ailleurs la maturité et la sensibilité du héros sont des éléments qui le rendent particulièrement attachant et permettent à l’auteure de souligner les dangers encourus à vouloir faire justice seul.

Récit mystérieux, Celle qui marche la nuit est un roman fantastique qui fera sans aucun doute frémir les lecteurs les plus jeunes et saura séduire les plus grands par son intrigue maîtrisée, son héros attachant et l’écriture rendue immersive par le format « journal intime ».

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Malo, 15 ans, déménage dans le sud de la France et doit quitter à regret son quotidien parisien. Aussitôt installé dans sa nouvelle maison, perdue au milieu des bois, il est gagné par l’angoisse: sa petite sœur se réveille en hurlant et semble s’être liée d’amitié avec une jeune fille… qu’elle est la seule à voir. Lorsque Malo découvre une vieille cassette audio enregistrée en 1987, il décide de percer, coûte que coûte, le terrible secret qui hante la demeure…

Lecture à voix haute·masse critique·roman ado

8848 mètres

 

Auteure: Silène Edgar

Editeur: Casterman

Collection: Ici/maintenant

Pages: 384

 

Mallory, quinze ans, s’apprête à gravir le sommet du monde avec son père. Les semaines d’entraînements ne sont pas de trop pour se préparer physiquement à affronter la montée et tout ce qu’elle implique de souffrances physiques. Entre le manque d’oxygène et les conditions de météo extrêmes, les risques et les enjeux sont énormes. Mais Mallory craint bien plus de devoir répondre aux questions des journalistes que d’affronter la montagne. Pourtant, peu à peu, la jeune fille s’imprègne de la culture tibétaine, de la philosophie bouddhiste et prend conscience qu’elle peut utiliser sa voix pour faire passer un message. La chemin est long pour atteindre le sommet et Mallory en reviendra changée.

Silène Edgar signe un récit fort et juste porté par une adolescente qui cherche sa place dans sa famille et dans le monde.  Les descriptions des paysages et de la culture tibétaine permettent une véritable immersion dans le récit, enrichi des discussions de l’auteure avec sa cousine – qui donne sa voix au personnage de Justine – et d’un séjour au Tibet. L’ascension de l’Everest sert de fil conducteur à ce roman d’apprentissage qui donne l’impression qu’on ne revient pas le même d’une telle expédition.  Entre dépassement de soi et conscience écologique, 8848 mètres est un roman initiatique percutant.

La lecture à voix haute a été l’occasion pour toute la famille (le papa suivait également) de découvrir un pays qu’on visite peu en littérature jeunesse. Nous avons tremblé de froid avec Mallory, nous avons suivi son parcours avec curiosité et son ascension entre effroi et stupeur. Les filles ont été sensibles à la pollution et à la beauté des paysages et sont déjà prêtes à recommander ce roman à tous leurs amis.

Je remercie les éditions Casterman et Babelio de m'(nous)avoir permis de découvrir en avant première ce roman incroyable dans le cadre de Masse Critique.

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À quinze ans, Mallory est la plus jeune française à avoir gravi une montagne de 8000 mètres. Son nouveau défi, c’est le sommet de l’Everest. Le manque d’oxygène, l’effort physique et les conditions extrêmes ne lui font pas peur car elle est avec son père, son pilier, son modèle. Mais elle va apprendre à le faire aussi pour elle-même. Un exploit unique qui va lui faire ouvrir les yeux sur le monde : la pollution des alpinistes, la fonte des glaces, les dangers mortels d’un tel effort pour le corps, la pensée bouddhiste et surtout… l’importance du message qu’elle renvoie à son pays, en tant que jeune, adulte en devenir.

Lecture commune·roman ado

La Passe-Miroir, tome 1. Les Fiancés de l’hiver

Auteure: Christelle Dabos

Editeur:  Gallimard

Collection:  Pôle Fiction

Pages: 608

Sur Anima, Ophélie se dissimule derrière ses lunettes, un look démodé au fin fond d’un musée. Elle refuse les prétendants et préfère passer du temps avec son grand oncle qui s’occupe des archives de leur vaste famille. Quand son mariage est organisé avec un étranger habitant le Pôle, Ophélie espère pouvoir le faire annuler. Mais les Doyennes ont parlé et la voilà contrainte de quitter ce qu’elle a toujours connu pour la Citadelle, cette cité du Pôle où se jouent de bien cruels jeux de pouvoir.

Christelle Dabos signe un premier roman incroyablement riche dans sa construction et sa narration. Les idées pertinentes foisonnent, pleines d’originalité et de bon sens. Elle nous invite dans un monde divisé en arches sur lesquels la vie diffère selon l’Esprit de Famille qui en est à la tête. Alors que sur Anima, Ophélie a grandi dans un monde d’égalité et de fraternité, elle découvre qu’au Pôle, les habitants sont répartis en castes et que chaque famille rivalise avec les autres pour asseoir son pouvoir. Et les pouvoirs sont justement une partie intégrante de l’histoire. Pouvoirs, magie, sorcellerie, Christelle Dabos met entre les mains de ses personnages des armes aussi divers qu’utiles… mais tous ne sont pas utilisés à bon escient et Ophélie ne tarde pas à l’apprendre. Jamais héroïne ne fut plus malmenée que cette jeune fille qui fait preuve d’un courage et d’une résilience incroyables.

A la Citacielle plus que nulle part ailleurs, les apparences sont d’une importance capitale et l’auteure utilise brillamment ce jeu de façade pour créer des illusions et auréoler ses personnages de mystères. Tout comme Ophélie, le lecteur est bien en peine de savoir en qui placer sa confiance. Thorn est-il aussi sombre qu’il en a l’air? Archibald est-il aussi honnête qu’il le dit? Bérénilde en tout cas ne dissimule pas à Ophélie que sous ses dehors angéliques elle cache une âme capable du pire pour protéger ses intérêts. Heureusement que la tante Roseline l’accompagne depuis Anima; sa présence l’aide à tenir bon et à se sentir moins seule. Les personnages secondaires sont nombreux et viennent enrichir la trame du récit que se révèle rapidement plus complexe qu’il n’y paraît. Entre enjeux sociétales et écologiques, Ophélie a fort à faire pour survivre à l’hostilité d’un monde auquel rien ne l’avait préparé.

Lecture Commune à Isabelle, Pépita et Livresd’avril.

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Sous ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers: elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, la jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citadelle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

CHALLENGE PAVES 2020

Lecture à voix haute·roman ado

Iskari, tome 1. Asha, Tueuse de Dragons

 

Auteure: Kristen Ciccarelli

Traductrice: Vanessa Rubio-Barreau

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 426

A Firgaard, il est interdit de raconter les histoires des temps anciens. Dangereuses, elles attirent les dragons qui s’en nourrissent. Asha porte sur son corps les stigmates de sa rencontre avec Kozu, le premier dragon. Marquée à jamais, elle arbore ses cicatrices comme un fer de lance: elle doit exterminer tous les dragons pour racheter sa faute. Mais aux yeux de tous, Asha reste l’Iskari, la semeuse de mort. Crainte, haïe, c’est une princesse solitaire qui se révèle d’une grande sensibilité sous une apparente fierté et une forte obstination.

Kristen Ciccarelli signe un premier roman aux thématiques assez lourdes et plus complexes que ce à quoi je m’attendais. Plus qu’un roman de fantasy, l’organisation de l’univers en castes en fait un récit aux enjeux sociaux-politiques forts. C’est le mélange des genres qui fait la force de ce roman, enrichi par une mythologie originale et captivante. Portée par des personnages attachants – il faut notamment souligné la présence de personnages féminins toutes plus « badass » les unes que les autres – ou méprisables, l’histoire nous emporte littéralement à l’aventure.  Pourtant, la première moitié était loin d’être convaincante, l’auteure prenant peut-être un peu trop le temps d’installer son récit, ses protagonistes et le contexte narratif. De même, si l’écriture est agréable, j’ai trouvé que les descriptions de paysages étaient un peu trop légères et ne permettaient pas de réellement nous faire voyager. Le récit reste assez prévisible, Asha ne surprend par aucun de ses choix et son destin se révèle à nous en toute transparence. Enfin, la romance est pleine de charme même si la gestion du désir m’a semblé un peu poussive pour un roman conseillé dès treize ans. Le public cible n’est-il pas plus âgé?

Asha, tueuse de dragons est un roman qui pose la question de la place de la femme dans la société, ses droits, son émancipation, et celle de l’organisation d’une société régie par la force et la domination avec pertinence.

Mes filles (bientôt 11 ans), ont été bien plus transporté que moi par Asha et son histoire. Elles ont apprécié que pour une fois l’héroïne n’attendent pas qu’on vienne la sauver, qu’elle sache se battre… Les dragons ont bien entendu remporté un grand succès, surtout dans la deuxième moitié du récit. La lecture à voix haute a pris plus de temps que prévu car pour moi, il manquait un petit quelque chose pour me donner envie d’avancer. Et ça n’est que dans le dernier tier que j’ai vraiment été happé et que les événements m’ont réellement donné envie d’aller de l’avant. Nous lirons le tome deux quand cela sera possible – entre l’envie et les difficultés à se procurer des livres dans cette période particulière.

Pour les habitués du blog, vous aurez peut-être remarqué que je n’ai pas, comme à mon habitude, donné le titre anglais ni affiché la couverture originale. C’est parce que, comme me l’a dit Gabrielle, « c’est un spoiler ». Déjà que l’on avait de gros doute sur la fin alors si nous avions connu le titre anglais, il n’y aurait plus eu aucune surprise. Je vous invite donc à vous contenter du titre choisi par l’éditeur français si vous envisagez de lire ce titre 😉

L’avis d’Isabelle se trouve ici !

Au royaume de Firgaard, les légendes sont interdites: elles sont dangereuses. Pourtant le sort d’Asha, princesse solitaire, leur semble étroitement lié. Asha est une tueuse de dragons crainte par tout son peuple: elle est Iskari.

 

masse critique·roman ado

Le libraire de Cologne

 

Auteure: Catherine Ganz-Muller

Editeur: Scrineo

Pages: 288

 

 

Le libraire de Cologne est un roman inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de la famille de l’auteure, Catherine Ganz-Muller, qui livre un témoignage émouvant dans lequel s’entre-mêle faits historiques et fictifs.  Lu d’une traite – par crainte de ne plus l’ouvrir tant j’étais saisie par l’émotion – ce roman m’a projeté dans un tourbillon émotionnel comme seuls les romans abordant les crimes contre l’humanité parviennent à le faire.

Nous sommes à Cologne, en 1934, une famille est réunie pour fêter la nouvelle année mais la joie n’est pas sur les visages, la tension règne et des décisions doivent être prises. Chacun a conscience que c’est probablement la dernière fois qu’ils seront tous réunis. Les lois anti-juives ont démarré et la vie en Allemagne devient difficile pour les juifs allemands. Alexander a fait le choix de partir pour la France avec sa femme et sa fille, il fuit un pays qui ne peut plus les accueillir pour un pays où ils ne savent pas comment ils seront accueillis. Avant de partir, il confie sa librairie à son ami et apprenti, Hans Schreiber. Hans, vingt-trois ans, amoureux des livres et de la littérature, entreprend alors un combat de tous les instants pour préserver la librairie de son ami, une librairie qui restera toujours aux yeux des gens juive. Avec courage et détermination, et le soutien de quelques personnes anti-nazi, il va lutter pendant dix longues années pour que le commerce de son ami mais surtout, ses valeurs et idéaux survivent à la guerre. Le livre devient le dernier rempart pour préserver l’humanité.

Le texte est assez concis, dix années s’écoulent sur à peine 288 pages, c’est peu mais suffisant pour transmettre un message fort et touchant. L’auteure livre un récit poignant enrichi par des valeurs humaines et culturelles fortes; ses personnages sont attachants, leur combat n’en est rendu que plus fort de par le courage, la prise de risques et les choix qu’ils doivent faire. Conseillé dès 14 ans, Le libraire de Cologne trouvera sa place dans les collèges et les programmes scolaires: le texte soulève des questions pertinentes qui ne manqueront pas d’ouvrir des débats intelligents.

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo pour cette offre de Masse Critique privilège.

Cologne, Allemagne, 1934. Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé de partir vivre en France avec sa famille. Il confie sa librairie à son jeune employé, Hans Schreiber. Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre pour que la librairie survive dans cette période tragique, malgré les menaces et les bombes.

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman ado·roman jeunesse

Le Faucon déniché

 

Auteur: Jean-Côme Noguès

Illustrateur: Julien Delval

Editeur:  Pocket Jeunesse

Pages: 169

 

Martin est un jeune gardien d’oies âgé de douze ans. Il découvre un jeune faucon tombé du nid et décide de l’élever pour un faire un compagnon de jeux et un ami. Mais à cette époque, les faucons appartiennent au seigneur et lorsque le fauconnier découvre qu’un serf a pris la liberté d’en « voler » un à son seigneur, il n’hésite pas à s’approprier l’oiseau et à enfermer l’enfant en prison.

Le Faucon déniché est un petit roman dynamique , sans temps mort, qui permet de découvrir la vie au Moyen-Âge, les lois qui régissent la vie du Seigneur et de ses serfs avec toutes les injustices que cela implique. L’écriture de Jean-Côme Noguès est très riche et ne fait pas l’impasse sur le lexique moyenâgeux. Si ce petit roman rentre dans toutes les cases du roman didactique et du programme de littérature de la classe de cinquième, il ne laissera pas sur la touche les adultes qui aiment les beaux textes.

Lu à deux voix avec Juliette, 10 ans (et 8 mois me souffle-t-elle), Le faucon déniché nous a offert quelques soirées de lectures calmes et posées. La richesse du vocabulaire plait beaucoup à la demoiselle même si la lecture à voix haute reste un exercice difficile pour elle, encore plus quand elle rencontre des termes qu’elle ne croise pas dans son quotidien. Nous avons progressé chapitre après chapitre à une lecture qui, tout en nous touchant pour l’histoire d’amitié et l’esprit de liberté qui en émane, a été menée à son terme dans la douleur d’une lecture éprouvante autant pour Juliette que pour moi. Cela n’en reste pas moins une jolie lecture touchante, au final particulièrement émouvant, mais que j’aurais sans doute pris plus de plaisir à lire seule…

Un faucon! Martin adorerait en avoir un. Hélas, seuls les seigneurs ont ce droit. Et le jeune garçon est un serf… Malgré les lois féodales, Martin déniche un jour un oisillon… « Personne, jamais, ne nous séparera. Personne! », murmure Martin à son nouvel ami. Mais dans l’ombre de la forêt, l’impitoyable fauconnier du château veille… Il veut faire du rapace l’oiseau le plus féroce, le plus avide et le plus cruel de la fauconnerie…

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Harry Potter et la Coupe de Feu – version illustrée

Harry Potter and the Goblet of Fire

Auteure: J.K. Rowling

Illustrateur: Jim Kay

Traducteur: Jean-François Ménard

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 464

La sortie d’un nouveau tome de Harry Potter illustré par Jim Kay est toujours l’occasion de se retrouver autour d’un livre que l’on est persuadés d’aimer avant même de l’avoir ouvert. Car la saga créée par J.K. Rowling fait partie intégrante d’une culture populaire et de la vie de tous les lecteurs, petits et grands; c’est un peu un livre-doudou, un livre rassurant qui permet de passer un bon moment ensemble, autour de la lecture bien sûr mais aussi autour de discussions passionnantes et toujours très riches. La Coupe de Feu reste le volume charnière de la saga, celui qui nous fait basculer de l’enfance vers l’âge adulte. A partir de là, les aventures de Harry, Ron et Hermione prennent un virage serré et deviennent plus sombres, plus matures et plus riches émotionnellement. Et pourtant les lecteurs de tout âge savent en apprécier la série dans son entier.

Après quatre tomes illustrés, je suis toujours aussi admirative de la façon dont Jim Kay a su s’approprier l’univers de Rowling sans se laisser influencer par celui des films. Les personnages prennent un visage très différent et sont tellement à l’image des descriptions qu’en fait l’auteure qu’on les reconnait immédiatement. J’émets quand même quelques réserves sur le personnage de Cédric Diggory qui est loin d’être aussi séduisant que le laisse penser le texte. De même les paysages, décors, et autres éléments propres à l’univers ont une réelle identité et nous emmènent littéralement dans le monde magique de Harry Potter. Certains chapitre sont hélas un peu vides, l’illustrateur ayant fait le choix de valoriser les chapitres les plus importants. Mais cela ne gâche en rien le plaisir éprouvé à tourner les pages et à s’extasier sur les illustrations pleines pages, double-pages ou celles qui viennent habiller le texte, souligner une scène, un passage.

En ce qui concerne l’édition française, j’avoue être un peu déçue car il y a des soucis avec le texte dont certains mots sont raccourcis d’une lettre, d’autres sont collés ensembles… Alors certes cela arrive et ce n’est pas très grave en soi mais quand j’achète un livre à 45€, j’estime être en droit d’en avoir pour mon argent et donc d’avoir un livre irréprochable.

Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année à Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit… Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu’il ait jamais eu à affronter.

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Ceux qui ne peuvent pas mourir, tome 1. La Bête de Porte-Vent

 

Auteure: Karine Martins

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Grand Format Ado

Pages: 320

 

L’histoire prend place dans un village de Bretagne victime du mauvais temps et d’un tueur en série. Gabriel Voltz est appelé sur les lieux pour résoudre cette enquête dont l’assassin tient plus de l’Egaré que de l’humain. Les égarés sont des créatures surnaturelles, des monstres issus du folklore et dont l’existence doit rester inconnue des hommes. Voltz est lui-même un égaré même si ces pouvoirs particuliers et son immortalité le rendent utile à la confrérie chargée de préserver le mystère, la Sainte-Vehme. Accompagné de Rose, une adolescente qu’il a sauvé quelques mois plus tôt, il se met en chasse, aidé par Grégoire, le prêtre du village et Annwenn, la guérisseuse.

Karine Martins signe un premier roman incroyable, qui tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre. Son récit nous plonge dans un univers fantastique sombre où le danger fait parti du quotidien de ses héros au même titre que la mort. L’auteure nous embarque dès les premières lignes par son écriture fluide, vive et son humour ironique. Si la narration se veut palpitante, elle est avant tout dynamisée par ses personnages aux forts caractères, aux répliques acerbes qu’ils s’échangent et aux mystères qui les entourent. Ce premier volume se veut plus qu’une introduction même s’il se solde sur un final stupéfiant qui nous laisse avec plus de questions que de réponses.

Ceux qui ne veulent pas mourir, tome 1. La Bête de Porte-Vent est un récit fantastique qui met en avant la cruauté des hommes à l’égard de créatures considérées hérétiques mais également à l’égard des hommes. C’est que la Sainte-Vehme est prête à tout pour que le secret des Egarés reste entier. L’auteure soulève ainsi la question de la figure du monstre de manière très pertinente.

Juliette et Gabrielle ont grandement apprécié la lecture à voix haute de ce roman dont elles attendent la suite avec impatience. Elles l’ont trouvé drôle et délicieusement effrayant, ont aimé le style de l’auteure et le duo Voltz/Rose qui les a beaucoup amusé. Comme beaucoup d’enfants de leur âge, elles sont fascinées par les mythes et légendes fantastiques et se sont complètement laissées captiver par le récit de créatures fantastiques qui leur a procuré quelques frayeurs et un sentiment de froid dans le dos fort appréciables.

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1887. Gabriel Voltz n’est pas un enquêteur ordinaire. Sa spécialité: la chasse aux Égarés, ces créatures hérétiques qui se cachent sous une apparence humaine. Lycans, cocatrix, volkolaks, loups-garous… Aucun de ces monstres n’a jamais résisté à la force surnaturelle de Voltz. Mais depuis qu’il a pris Rose sous son aile, une orpheline tout aussi insupportablement têtue et fouineuse qu’attachante, il s’expose au courroux de son puissant employeur, l’Ordre de la Sainte-Vehme. Quand la confrérie l’envoie dans le Finistère pour élucider une mystérieuse affaire de meurtres, Voltz n’a d’autre choix que d’emmener l’adolescente avec lui. L’enquête s’annonce plus périlleuse que prévu, lorsque toutes les pistes convergent vers le mystérieux domaine de Porte-Vent…

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Beethoven et la fille aux cheveux bleus

Beethoven e la ragazza coi capelli blu

Auteur: Matthieu Mantanus

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 205

 

Beethoven et la fille aux cheveux bleus est un récit assez surprenant par bien des aspects. Alors que la quatrième de couverture laisse penser qu’il s’agit d’une romance dans le monde de la musique, on se rend bien vite compte que l’histoire d’amour n’est pas celle qu’on espérait voir naître sous nos yeux mais plutôt une histoire d’amour entre une jeune femme et la musique. En effet Anna, qui intègre le groupe Red Heaven en tant que bassiste, est aussi contrebassiste dans un orchestre symphonique et aime aller au bout des choses. Aussi quand elle aime un morceau de musique, elle se documente au maximum sur son compositeur, son histoire, l’écriture de la musique, son interprétation, sa lecture et sa décomposition. Elle commence à laisser parler sa passion un peu par hasard, comme pour meubler le silence, ou pour entrer en communication avec Mark Rochester, le chanteur et leader du groupe. Lorsque celui-ci se prend au jeu, le hasard devient un rituel qui va les unir durant les temps calmes de leur semaine de travail en Italie… peu à peu Mark s’ouvre à la musique classique et se laisse charmer par le récit d’Anne et par la jeune fille…

L’histoire de la musique est vraiment intéressante et on ressent toute la passion de l’auteur, lui-même musicien, pour son sujet. Si l’écriture n’est pas désagréable, elle n’en reste pas moins très didactique; si j’ai trouvé l’héroïne très rafraîchissante et ses discussions enrichissantes, je trouve que les chapitres s’enchaînent sans trop de lien entre eux et manquent du dynamisme attendu dans un roman. Au final le récit se rapproche plus de l’essai. Par ailleurs, si j’ai trouvé les deux personnages convaincants, je les trouve un peu trop âgés pour un roman adolescent. Leur mode de vie et leur centre d’intérêt me paraissent assez éloignés des ados et je ne suis pas convaincue qu’ils s’y retrouvent. Mais en ce qui me concerne, j’ai passé un très bon moment de lecture.

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Mark Rochester, le chanteur de Red Heaven, enregistre son prochain album dans une ferme de la campagne toscane, avec une nouvelle bassiste dans le groupe : Anna. Bientôt, il apprend que la jeune femme est également contrebassiste dans un orchestre classique, et, durant les temps morts de l’enregistrement, elle lui raconte la grande et la petite histoire de cette musique jugée plus noble que le rock, telle une Shéhérazade moderne. Mark comprend alors que la musique forme un tout, une continuité, mais surtout il tombe amoureux d’Anna. Des sentiments qui sont – peut-être – réciproques.

roman ado

Nouvelle Sparte

Auteur: Erik L’Homme

Editeur: Gallimard jeunesse

Collection: Grand format littérature

format ebook (320 pages)

 

 

Dans un monde post-apocalyptique, les hommes se sont imposés de nouvelles règles et de nouveaux modes de vie. A Nouvelle-Sparte, la vie n’est pas si éloignée de ce qu’elle était dans la Sparte antique. Valère et Alexia, âgés de seize ans, se préparent à passer le rite de passage à l’âge adulte et à embrasser le rôle qu’ils sont appelés à jouer dans leur communauté: devenir pilote. Lorsque leur cité devient la cible d’attaques terroristes, le destin de Valère prend un tournant inattendu. Sa mère étant née en Occidie, il est envoyé enquêter dans ce pays en infiltrant la famille d’un oncle dont il ignorait jusqu’à l’existence. Déstabilisé par un mode de vie aux antipodes du sien, il prend peu à peu conscience que l’ennemi n’est peut-être pas celui auquel il pensait.

Nouvelle Sparte est un petit roman incroyablement prenant et addictif qui nous transporte dans un univers fantastique, un monde qui confronte des réalités que tout oppose. Les premières pages sont assez surprenantes car en plus de créer un univers unique, Erik L’Homme invente un langage propre au monde dans lequel évoluent ses héros. Assez déstabilisant dans les premières pages, ce langage devient rapidement naturel à lire et comprendre, et s’intègre complètement à l’histoire. Le texte n’en est rendu que plus poétique et rythmé. Ainsi le discours de Valère est toujours intelligemment construit, sensé et sensible, presque lyrique. Cela rend le personnage d’autant plus attachant qu’il est un jeune homme perspicace, sage et réfléchit, fidèle à ses amis et à ses convictions. S’il lui arrive de commettre des erreurs, il ne s’appesantit pas dessus et va de l’avant, tente de corriger et d’améliorer les choses.

J’ai vraiment apprécié le mélange de cet univers dystopique à la mythologie grecque. L’auteur distille ça et là des histoires, anecdotes sur les Dieux Grecs et invite le lecteur à les comparer à ses croyances… plus modernes. Et c’est justement là que se trouve la force du roman, dans l’écriture qui aborde des problèmes actuels et leurs enjeux politiques, humains, sociétales, tout en soulevant des questions sur nos croyances, nos convictions et nos valeurs. Au travers de trois sociétés, Erik L’Homme représente l’ensemble de nos sociétés modernes et les opposent, les comparent en restant le plus neutre possible, nous décrivant les qualités et les travers de chacune.

Nouvelle-Sparte se destine à un public adolescent mais a tout pour plaire à l’adulte; il serait en revanche dommage de le faire lire en dessous de 13/14 ans, ne serait-ce que pour être sûr que le jeune lecteur comprenne bien la porté et les enjeux du récit.

Deux siècles après les grands bouleversements qui ont balayés le monde d’avant, Nouvelle-Sparte vit en paix au bord du lac Baïkal. Valère et Alexia, seize ans, se préparent à devenir pilotes d’élite quand une série d’attentats sème le chaos dans la cité. Qui se cache derrière ces lâches attaques? Les fanatiques du Darislam? Les patriciens corrompus de Paradise? Valère est chargé par le Directoire de mener l’enquête. Une mission périlleuse qui va le plonger dans les sombres entrailles de l’Occidie et faire voler son univers en éclats…