roman ado

Steam Sailors, tome 1. L’Héliotrope

Auteure: E.S. Green

Illustrateur: VADERETRO

Editeur: Gulf Stream

Collection: 13+

Pages: 384

 

Vous aimez les aventures fantastiques, les pirates et les chasses aux trésors? Steam Sailors est fait pour vous!

L’histoire prend place dans un monde divisé en deux: le Haut-Monde et le Bas-Monde, qui se vouent une haine farouche. Prudence, notre jeune héroïne, vit dans le Bas-Monde, traitée en paria par les villageois à cause d’étranges pouvoirs qui semblent la relier aux Alchimistes, ces savants exterminés des siècles plus tôt. Pourtant, douée par la médecine, elle officie dans l’ombre. Après une attaque de pirates du ciel, la jeune fille est enlevée et enrôlée comme médecin de bord de l’Héliotrope, le navire volant d’un groupe de pirates redoutables en quête de la mystérieuse cité des Alchimistes.

La couverture de ce titre m’attirait depuis des mois et j’avais vraiment hâte de découvrir ce qui se cachait dessous. Il faut dire que la publication était programmée pour mars et que la crise sanitaire a quelque peu changé les choses. Ce n’est donc qu’en juin qu’est finalement sorti L’héliotrope. Le travail éditorial sur la couverture est juste magnifique entre le relief et l’illustration qui en dévoile juste assez pour nous faire voyager. On retrouve aussi en page de garde un plan détaillé de l’Héliotrope très utile à la lecture.

Ellie Green est une jeune auteure, passionnée par la navigation et la piraterie du XVIIIe siècle; elle signe un premier roman riche en aventures et rebondissements. Sa plume immersive entraîne le lecteur dans un univers steampunk où les îles flottent et les bateaux volent. Prudence est une héroïne intelligente, vive, auréolée de mystères, elle s’intègre à l’équipage de l’Héliotrope avec facilité et apporte une touche féminine bienvenue dans ce monde très masculin. Mais les membres du navire sont tous passionnants et chacun apportent un petit quelque chose à l’histoire. Leur quête est une véritable chasse aux trésors faite d’énigmes à décoder et de pièges à déjouer. L’aventure est riche et drôle, et ne souffre d’aucun temps mort. Le seul point négatif est qu’il va falloir attendre avant de pouvoir lire la suite…

Je vous invite à lire également la critique de #Céline.

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Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…

roman ado

Midnight Sun

 

Auteure:  Stephenie Meyer

Traducteur: Luc Rigoureau

Editeur: Hachette

Pages:  810

 

Cela fait quinze ans que le premier volume de la saga Twilight est sorti, relu il n’y a pas si longtemps j’en avais donné un bref avis ICI. Pour finir les vacances je voulais une lecture légère et je suis tombée sur Midnight Sun sans en avoir même entendu parler. Pensant que cela ferait l’affaire je me suis lancée dans la lecture de ces plus de 800 pages pour rapidement déchanter: ce ne serait pas aussi facile que je l’espérais!

L’histoire est celle de Fascination racontée du point de vue d’Edward Cullen, vampire torturé qui tente de lutter contre ses instincts en se nourrissant du sang d’animaux. Un pis-aller qui va difficilement le sustenter lorsqu’il rencontre Bella dont le sang l’attire plus que tout autre. On prend rapidement conscience qu’Edward est amoureux de ce sang qui provoque en lui des tas de nouvelles émotions dont le désir qu’il n’avait jamais ressenti. Au lieu de s’abreuver, il va alors choisir d’apprendre à connaître Bella, créant un lien très fort, une sorte de dépendance à l’autre assez intense.

Si découvrir les émotions d’Edward, sa lutte et ses pensées est intéressant au premier abord, c’est rapidement devenu assez lourd. En effet, ses pensées partent parfois dans des directions inattendues, nous entraînant dans des souvenirs plus ou moins intéressants qui sont souvent sans lien logique avec la réflexion du départ. Cela permet d’en savoir plus sur le personnage et les membres de sa famille mais alourdit le récit, allant même jusqu’à rendre certains passages indigestes.

Midnight Sun reste un roman dans la lignée des autres tomes de la série bien que moins agréable à lire car sans surprise et un nombre de pages trop grand. A réserver aux fans inconditionnels de la série.

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La rencontre entre Edward Cullen et Bella Swan dans Fascination, le premier tome de la saga Twilight, a donné naissance à une histoire d’amour iconique. Mais jusqu’à présent, les fans n’avaient pu lire de cette histoire que la version de Bella. Ce conte inoubliable prend, à travers le regard d’Edward, un tour nouveau et résolument sombre. La rencontre de Bella constitue dans sa longue vie de vampire l’expérience la plus intrigante et la plus troublante qui soit. Plus nous apprenons de détails sur le passé d’Edward et la complexité de son monde intérieur, mieux nous comprenons que cet événement constitue le combat déterminant de son existence.

CHALLENGE PAVE 2020

 

roman ado

Âge Tendre

 

Auteure: Clémentine Beauvais

Editeur: Sarbacane

Collection: Exprim’

Pages: 378

 

Nous sommes en France. Une France qui ressemble à la notre si ce n’est qu’elle est dirigée par une Présidente, qu’on y roule en voiture électrique et que les jeunes qui quittent le collège doivent obligatoirement passer par une année de Service Civique (serci) avant d’entrer au lycée. Clémentine Beauvais part d’une idée originale et particulièrement intéressante, posant ainsi une bonne base pour son nouveau roman. Dès les premières pages le lecteur comprend que l’auteure l’entraîne dans un univers unique et différent, à l’image de son personnage principal, Valentin Lemonnier. Cet adolescent particulier a du mal à vivre dans un monde dans lequel il se sent particulièrement angoissé. Ses interactions sociales sont difficiles, s’il comprend ce qu’on lui dit, il interprète difficilement les codes sociaux, son vocabulaire est riche et précis, il a tendance à dire ce qui lui passe par la tête sans mesurer les conséquences de ses paroles. Valentin semble atteint du syndrome d’Asperger.

Alors qu’il avait pris le temps de sélectionner les domaines et lieux les moins anxiogènes pour lui, l’algorithme d’attribution des Serci l’envoie dans les Hauts-de-France, à Boulogne-sur-Mer – à l’autre bout du pays pour lui qui vit à Albi – dans un résidence pour personnages âgées atteintes de démence, une unité Mnémosyne qui ressemble à un quartier des années 60, années dans lesquelles les pensionnaires croient plus ou moins vivre. Sa première mission sera d’annoncer à une pensionnaire que Françoise Hardy ne pourra pas venir chanter dans leur ville mais Valentin, trouvant cela trop triste, lui annonce l’inverse… Il lui faut désormais trouver une solution.

Age tendre est le Journal de bord de Valentin, un journal qu’il tient durant son Serci et qui a pour but de l’aider à rédiger son rapport de fin de Service Civique. On découvre Valentin, son vécu, son ressenti, dans un quotidien. Au fil des pages et des rencontres on perçoit son évolution, sentiment renforcé par les « Note rétrospective » que Valentin distille ça et là au moment de sa relecture. Mais le jeune homme n’est pas seul à changer, il entraîne avec lui Sola, son maître de stage, une jeune femme sensible et dynamique qui dissimule une douloureuse blessure. Entre amitié et remise en questions, Valentin vit un véritable récit initiatique durant lequel il s’ouvre aux autres, au monde qui l’entoure, à sa famille et à lui-même.

Age tendre est un roman ultra optimiste, qui a un pied dans le passé et un autre tourné vers l’avenir. Clémentine Beauvais signe un titre touchant et drôle qui aborde l’adolescence et le passage à l’âge d’adulte avec tout ce que cela implique de bouleversements. Ce fut ma dernière lecture de vacances, une lecture qui aura réuni la famille de onze à soixante-sept ans. L’une posant des questions sur une époque qui lui paraît bien lointaine, un autre se remémorant l’émission de variétés qui a marqué sa jeunesse, Age tendre et Tête de Bois, nous faisant (re)découvrir des classiques d’une époque révolue durant laquelle les jeunes chanteuses avaient une frange et portaient des minis robes trapèzes aux couleurs psychédéliques ornées de grosses fleurs. Entre nostalgie et gaieté, Age tendre est un roman profond qui oscille entre passé et présent avec délice. Au final on ne peut qu’apprécier que Valentin ait dépassé les 30 pages demandées.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI, celui de Sophie ICI.

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La Présidente de la République l’a décidé: tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier n’a pas de chance: ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60. Sa première mission semble assez simple: écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter dans leur ville. Sauf que c’est difficile d’annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l’inverse. Françoise Hardy viendra! il s’y engage personnellement. Et pour ce faire, il va falloir trouver un sosie de la star, qui vienne chanter son tube La maison où j’ai grandi à tous les pensionnaire…

roman ado

Lady Elliot Island

 

Auteur: Christophe Guillaumot

Editeur: Rageot

Pages: 205

 

 

Clara est née dans une famille très riche, une famille dans laquelle les parents, toujours absents, tentent de compenser un manque d’affection avec de l’argent et des cadeaux. Toute la vie de la jeune fille s’est construite sur une façade. Adolescente influente, elle ne vit que pour le paraître. Toujours en recherche de l’acceptation, du « like » supplémentaire sur son compte Instagram, elle ne publie que des photos parfaites et n’hésite pas à casser du sucre sur le dos de ses camarades les moins à la mode, sans penser aux conséquences. Aussi, quand son père lui offre des billets d’avion pour une île paradisiaque au large de l’Australie, Clara voit là l’occasion de faire le buzz. Après avoir invité ses amis, elle organise un concours pour faire gagner les deux dernières places à de parfaits inconnus. Sur place les incidents se multiplient semant le doute et la confusion au sein du petit groupe.

Je découvre la plume de Christophe Guillaumot dans ce roman adolescent qui mêle habilement les genres. Entre roman initiatique et thriller, l’auteur signe un récit engagé et livre un message fort sur fond de décor idyllique. Au travers de Clara, personnage hautain et égocentrique, l’auteur amène une réflexion sur la société moderne et l’hyper-connection des adolescents. Sans jugement, il démontre que les réseaux sociaux déconnectent de la réalité et peuvent faire beaucoup de mal. Si Clara est un personnage détestable au début, le voyage sur Lady Elliot Island va l’aider à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure et surtout sur les gens. Ses compagnons de voyage ont tous une personnalité différente et mérite qu’on s’attarde sur eux car, à l’image de leur hôte, ils ne sont pas ce qu’ils paraissent.

L’écriture et les descriptions immersives sont essentielles à la narration qui en devient presque addictive. Lady Elliot Island est un roman adolescent qui fut idéal en cette période estivale atypique car le texte met en avant la valeur des choses simples, le sens du partage et l’importance des relations humaines dans un cadre où vivre des vacances paradisiaques.

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Jeune influenceuse, Clara reçoit pour son anniversaire 6 billets d’avion. Destination: Lady Elliot Island, une île paradisiaque au large de l’Australie, parsemée de terres aborigènes inviolables C’est un Eden ceinturé par la barrière de corail, où pullulent tortues, raies et requins. Elle invite ses meilleurs amis et, pour corser leurs vacances, deux inconnus… Mais des incidents se multiplient. Sa vision défaille. Ce petit paradis lui réserve-t-il l’enfer?

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un été en liberté

 

Auteure: Mélanie Edwards

Editeur: Bayard

Pages: 207

 

 

Brune, Paul, Violette et Elise passent leurs vacances en Ardèche, dans le hameau où leur mère a grandi. Pour ces parisiens, c’est l’occasion d’être autonomes, libres et surtout d’oublier un quotidien stressant et une vie de famille toxique. Loin de leurs parents, les quatre enfants s’organisent et prennent soin les uns des autres. Pour Violette, quatorze ans, c’est aussi l’occasion de se retrouver seule et de lire tout son comptant. Lorsqu’elle croise Bosco, l’adolescent en mobylette, ses vacances prennent un chemin différent de celui qu’elle s’était fixée.

Mélanie Edwards signe un récit simple et léger comme une plume, empli d’émotions familiales et de l’émoi d’un premier amour. A l’image de la couverture, le texte est poétique et d’une grande justesse. Les pages défilent comme autant de journées passées à se baigner dans la rivière, à lire à l’ombre d’un grand arbre ou à se ballader dans la nature. Véritable écorchée vive, Violette vit pleinement ses émotions qu’elles soient bonnes ou mauvaises. On prend plaisir à la suivre durant cet été 1989 où les relations naissent d’une simple rencontre. Nous sommes loin de notre société connectée et c’est rafraichissant.

Un été en liberté est un roman doux et touchant, qui arrive à point nommé, alors que l’été commence sous la menace tangible de cette pandémie avec laquelle il nous faut apprendre à vivre, alors que nous avons tous besoin d’amour et de liens sociaux. Pour moi, c’est un coup de coeur .

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Cet été, Violette, Paul, Brune et Elise passeront les vacances seuls dans le hameau d’Ardèche où leur mère a grandi. Leurs parents sont trop débordés pour les accompagner. Heureux d’échapper à leurs disputes incessantes, les quatre frère et soeurs s’installent à Ferréol. Là, perdus dans la nature, ils s’organisent, veillent les uns sur les autres et goûtent à une liberté précieuse. Violette pensait passer ses vacances à dormir tard, lire et se baigner… mais quand elle croise un garçon à mobylette qui file à travers les sentiers ensoleillés, son été prend un tout autre tournant.

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La dernière marée

 

Auteure: Aylin Manço

Editeur: Talents Hauts

Pages : 209

 

 

Elo et ses parents passent leurs vacances à Citéplage, comme presque tous les étés. Mais cette année n’a pas la même saveur. Le reflux a chassé les touristes, ils ne sont plus que quelques habitués à arpenter la promenade. Pour Elo, ce n’est plus pareil, la mer n’est plus vraiment là, elle a laissé la place à une plage immense et à quelques rochers dont on ne voyait que le sommet. La mer se retire, fait disparaître les gens et les bâteaux, sans que personne ne puisse expliquer ce phénomène. Sa mère, cette nageuse talentueuse, ne quitte pas l’appartement, elle ne lui parle plus, ne la regarde plus. Son père semble désemparé. Elo ne sait plus où est sa place, dans sa famille et dans ce nouveau monde. Sa rencontre avec Hugo, un jeune de son âge, lui apporte une bouffée d’oxygène. Le jeune homme apporte un regard optimiste sur un avenir incertain; souvent assaillie par le doute, Elo se raccroche comme elle peut à cette bouée de secours qu’il lui lance et tente de garder la tête hors de l’eau, dans ce nouveau monde qui lui fait peur. Mais Hugo n’est pas toujours sûr de lui et Elo doit aussi apprendre à faire ses propres choix…

La Dernière Marée est un récit qui aborde de nombreux thèmes tels que l’écologie, l’amitié, l’amour, la famille et la maladie, ce qui en fait un roman multi-genre. Entre dystopie, romance adolescente et vie de famille, l’auteure livre un premier roman audacieux. Si l’histoire avait de quoi me plaire, je n’ai pourtant pas été emballée par l’écriture qui n’encourage à pas à se rapprocher des personnages ni à se sentir concerné par les événements. Je suis restée spectatrice d’un bout à l’autre et n’est malheureusement pas trouvé la porte d’entrée de ce roman qui a sû trouver son public.

Pour lire une critique plus élogieuse, je vous invite à découvrir l’avis de Céline ICI.

Sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020 catégorie 13-15 ans.

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Depuis des mois, la mer reflue, aspirée sans fin et sans cause connue. A Citéplage, là où devrait se trouver le rivage, il n’y a que du sable et des rochers. Danc cette cité balnéaire totalement vide où les tortues s’échouent de désespoir, Elo tente de faire comme si rien n’avait changé. Mais sa relation naissante avec Hugo, le repli de sa mère et les faux-fuyants de son père la poussent à s’affranchir de son enfance… pour se tourner vers le grand large et l’avenir.

roman ado

Nous sommes l’étincelle

 

 

Auteur: Vincent Villeminot

Editeur: PKJ

Pages: 509

 

Roman d’anticipation engagé, Nous sommes l’étincelle prend place dans un avenir plus ou moins proche. Entre utopie et dystopie, on y découvre un futur qui pourrait être le notre avec ses nouvelles lois de protections des animaux, le véganisme, ses forêts devenues réserves protégées… une forêt que certains ont pourtant choisi d’habiter, cherchant une vie différente à celle que la société pouvait leur proposer. Ils étaient jeunes, ils avaient des rêves et espéraient un avenir plus juste, un monde où l’homme et la nature seraient en communion. Rattrapés par la société et ses valeurs politiques, ils ont finis par en payer le prix. Près de quarante ans plus tard, ils ne sont plus très nombreux ces pacifistes qui ont choisi la forêt pour vivre. Leur existence est loin d’être celle qu’avaient imaginée leurs prédécesseurs; les difficultés sont nombreuses, la violence est partout, ils survivent.

Vincent Villeminot signe un titre percutant qui résonne avec notre société actuelle – écologie et pouvoir politique en tête – soulevant une réflexion sur les choix qui se présentent à nous face à des enjeux toujours plus grands et un avenir de plus en plus fragile. Son texte brut nous fait ressentir toute l’urgence et la violence de la situation. Pourtant, la forêt nous est aussi présentée comme terrain de jeux et d’apprentissages, mère protectrice et nourricière. Et c’est bien dans l’amour, l’amitié et la famille que chacun trouve son refuge et sa subsistance. Sur quarante années, sur trois générations, l’auteur nous entraîne dans une réflexion sur demain mais aussi sur aujourd’hui, sur ce qui mérite d’être préserver, sur ce qui vaut la peine de se battre et nul doute que la famille est le pilier de chacun de ses personnages. Personnages d’âge, d’origine différents, pourtant tous liés par leur désir de vivre la vie qu’ils se sont choisi, qu’ils aient choisi de quitter la ville pour la forêt ou qu’ils n’aient connu que cette dernière, ils partagent la même volonté de vivre en protégeant les êtres qui comptent le plus pour eux, leur famille.

Pour moi, c’est un énorme coup de . L’avis de Pépita est à découvrir ICI.

Sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020 catégorie 13/15 ans.

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C’était il y a longtemps. Avant qu’on interdise la Forêt, avant les braconniers, les cannibales, les commandos… En 2025. Antigone et Xavier, puis Paul, Jay, La Houle avaient vingt ans. Ils sont partis dans la Forêt. Ils ont cru à ce rêve, à cette révolution. Comme des milliers d’autres. Et maintenant, trente-six ans plus tard, parmi les arbres, il en reste seulement quelques-uns. Des survivants. Presque des enfants.

CHALLENGE PAVE 2020

roman ado

Cursed – La Rebelle

Cursed

Auteur: Thomas Wheeler

Illustrateur:  Frank Miller

Traductrice: Nathalie Peronny

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 512

 

Nimue appartient au peuple des Faë. Elle a le pouvoir d’entendre les Invisibles mais semble également capable de communiquer avec des créatures plus sombres. Ce pouvoir en fait une paria au sein de sa communauté. Lorsque son village se fait exterminé par les Paladins Rouges, sa mère lui confie une épée de pouvoir et lui demande de la porter à Merlin. Pour Nimue commence alors un périple pour sauver sa vie mais également celle de tous les peuples Faë. Portant l’épée des rois, elle devient le symbole d’une lutte pour la liberté et contre l’oppression.

Cursed est un roman d’aventures inspiré des légendes Arthuriennes. Loin du mythe du Roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde, Thomas Wheeler réinvente l’histoire de la Dame du Lac et signe un récit féministe riche en symboliques. Si certaines idées sont pertinentes, d’autres m’ont semblé assez déconcertantes. Les personnages de la légende sont présents mais leur histoire, ainsi que leur personnalité, ont été repensé pour servir le récit qui s’éloigne énormément de celui que l’on connait. Mais l’écriture de l’auteur est très visuelle et modernise la légende de façon plutôt convaincante. On se laisse facilement porter par la narration qui apporte son lot de surprises et de rebondissements. Il y a cependant des scènes assez violentes qui m’ont mise mal à l’aise, entre descriptions de tortures physiques et massacres de populations innocentes. Si la récit m’a entraîné, j’ai par contre était rebutée par les illustrations, très nombreuses, de Frank Miller dont je ne suis clairement pas fan, au point de ne même plus prendre le temps de les regarder.

Je reste assez mitigée sur ce premier roman d’une série que je ne suis, de fait, pas certaine de poursuivre. Curieuse de voir ce que la série TV éponyme donnerait j’ai commencé à la regarder mais après avoir vu quelques épisodes, je me dis que le livre me suffit, la série est trop propre, trop lisse et manque visuellement d’énergie…

Nimue a échappé au massacre de son village. Sa mère, avant de mourir, l’a chargé d’une mission: remettre l’épée de pouvoir à Merlin, le sorcier redoutable. Accompagnée d’Arthur, faux chevalier menteur et séducteur, et de la dévouée Morgane, Nimue sent grandir en elle la magie noire et ancestrale de l’épée. L’arme fait d’elle une combattante féroce, rebelle, et le seul espoir de son peuple: la Sorcière Sang-de-Loup. Mais Nimue n’est qu’à l’aube de son destin.

CHALLENGE PAVE 2020

roman ado·roman jeunesse

Mahaut et les maudits de Chêne-au-Loup, tome 1

 

Auteure: Sophie Noël

Editeur: Gulf Stream

Pages: 168

 

 

La fête du village est interrompue lorsqu’une femme s’écroule, inconsciente. C’est le début d’une épidémie qui ne touche que les adultes. Si les adultes bien portants prennent les choses en main pour soigner les victimes et protéger les enfants, Mahaut et son ami Aurèle se joignent à d’autres jeunes pour enquêter de leur côté. Rapidement, on découvre que Mahaut semble dotée de pouvoir de vision et de perception particulièrement développée. Entre aventures et quête d’identité, elle prend très tôt conscience qu’elle a un rôle majeur à jouer dans cette histoire. Soutenue et aidée par ses amis, la jeune fille s’apprête à affronter une créature terrible sorti des légendes de son peuple.

Mahaut et les Maudits de Chêne-au-Loup est un roman fantastic dont le décor semble d’époque médiévale. Il apporte son lot d’aventures et de rebondissements. Destiné à un lectorat plutôt jeune – 8/9 ans -, le récit est idéal pour initier les enfants à ce genre de littérature. Par certains aspects, l’histoire rappelle celle du conte Le joueur de flûte mais s’en éloigne rapidement par la forme du récit et l’expédition menée par les enfants. Les personnages sont intéressants; Mahaut et Aurèle sont deux héros attachants auxquels il est facile de s’identifier. Leur ami Loup est fascinant et l’auteure a su lui donner une place importante dans la narration sans qu’il n’en prenne trop. L’esprit d’équipe et l’amitié sont au cœur de ce récit captivant qui ne laisse place à aucun temps mort. La fin ouverte laisse le lecteur sur quelques questions dont on peut espérer avoir les réponses dans le tome suivant.

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C’est la fête du printemps à Chêne-au-Loup ! Mais la liesse des villageois est interrompue lorsqu’une femme s’écroule, inconsciente, marquant le début d’une mystérieuse épidémie… Mahaut, une adolescente à l’instinct particulièrement développé, est saisie d’un effroyable pressentiment. Elle s’interroge : cette maladie est-elle le fruit du hasard ? Pourquoi ne touche- t-elle que les adultes ? Et que signifient les cauchemars qui ne cessent de hanter la jeune fille ? Aidée de son meilleur ami Aurèle, de leur bande de copains et de leur fidèle compagnon Loup, Mahaut cherche un antidote et des réponses à ses questions. C’est une quête pleine d’embûches qui les attend !

Lecture à voix haute·roman·roman ado

Frankenstein

Frankenstein; or, The Modern Prometheus

Auteure: Mary Shelley

Traductrice: Hannah Betjeman

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Folio Junior

Pages: 265

Après la lecture à voix haute de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, j’ai pris conscience que mes filles étaient prêtes à découvrir des récits plus sombres que ce que je leur propose habituellement. C’est donc tout naturellement que mon choix s’est porté sur l’oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, classique du roman gothique qui pose la question de la création de la vie. Par ailleurs, le récit entre dans la thématique « Le monstre aux limites de l’humain » au programme des classes de sixième, un thème qui a beaucoup plu chez nous.

Si Frankenstein est considéré comme un récit horrifique lors de sa première publication, le 1er janvier 1818, il est surtout connu pour être précurseur du genre de la science-fiction. Mary Shelley signe un récit différent de ce qui existe dans le genre tant dans la construction que dans les codes du genre qu’elle redéfinit. Ainsi la narration épistolaire se construit sur la forme de récits-enchâssés dont le cadre ne sert qu’à recueillir le récit de Victor Frankenstein qui comprend également la narration faite à ce dernier par la créature qu’il a créé. Et quelle créature! A peine née, rejetée par son créateur, elle se retrouve livrée à elle-même et à la cruauté des hommes qui ne voient pas plus loin que l’apparence: un monstre répugnant fait de l’assemblage de pièces provenant de différents corps. La description reste assez sommaire, l’auteure reste aussi évasive sur l’aspect réel de la créature que sur sa construction, laissant ainsi toute liberté au lecteur d’imaginer sa propre représentation. Bien sûr on aurait tôt fait de se figurer Boris Karloff qui fut la créature en 1933 dans le film de James Whale, pourtant la peur qu’elle suscite nous laisse entrapercevoir toute l’horreur de son apparence. Rapidement la créature fascine par sa curiosité, son intelligence et ses émotions très humaines. Rejetée de tous, elle n’aura de cesse de chercher à se venger de ce créateur qui l’a cruellement abandonné, devenant le monstre que tous voient en elle. Et la question tombe tout naturellement: qui est le monstre de la créature ou de son créateur?

Frankenstein n’est peut-être pas le classique qui a le mieux vieilli, souffrant notamment de quelques longueurs, mais il n’en reste pas moins captivant dans son cheminement sur la création de la vie, et son questionnement des limites (entre le monstre et l’homme, le bien et le mal, la vie et la mort…). Juliette et Gabrielle ont adoré la lecture de ce roman qui fait frissonner sans faire peur. Elles se sont immédiatement positionnées en faveur de la créature devenue monstrueuse par esprit de vengeance. Nous avons eu une très chouette discussion sur l’apparence physique et l’impression qu’elle fait, la peur qu’elle peut provoquer et l’importance de voir au-delà. Elles réclament désormais la lecture de récits mettant en avant des créatures horrifiques avec en tête de liste le Dracula de Bram Stoker dont je dois vérifier le contenu avant tout ou m’orienter sur une version abrégée comme il en existe en littérature jeunesse. N’hésitez pas à laisser un avis sur le sujet (pour rappel mes filles ont onze ans).

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Le savant Victor Frankenstein a réussi ce qu’aucun scientifique n’avait pu faire avant lui: découvrir les secrets de la vie. Hélas! il a fabriqué une créature d’apparence humaine mais aux traits si repoussants qu’elle n’éveille que terreur et dégoût… Rejeté par tous, obligé de se cacher, le monstre promet à son créateur une abominable vengeance.