Lecture à voix haute·roman·roman ado

Frankenstein

Frankenstein; or, The Modern Prometheus

Auteure: Mary Shelley

Traductrice: Hannah Betjeman

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Folio Junior

Pages: 265

Après la lecture à voix haute de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, j’ai pris conscience que mes filles étaient prêtes à découvrir des récits plus sombres que ce que je leur propose habituellement. C’est donc tout naturellement que mon choix s’est porté sur l’oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, classique du roman gothique qui pose la question de la création de la vie. Par ailleurs, le récit entre dans la thématique « Le monstre aux limites de l’humain » au programme des classes de sixième, un thème qui a beaucoup plu chez nous.

Si Frankenstein est considéré comme un récit horrifique lors de sa première publication, le 1er janvier 1818, il est surtout connu pour être précurseur du genre de la science-fiction. Mary Shelley signe un récit différent de ce qui existe dans le genre tant dans la construction que dans les codes du genre qu’elle redéfinit. Ainsi la narration épistolaire se construit sur la forme de récits-enchâssés dont le cadre ne sert qu’à recueillir le récit de Victor Frankenstein qui comprend également la narration faite à ce dernier par la créature qu’il a créé. Et quelle créature! A peine née, rejetée par son créateur, elle se retrouve livrée à elle-même et à la cruauté des hommes qui ne voient pas plus loin que l’apparence: un monstre répugnant fait de l’assemblage de pièces provenant de différents corps. La description reste assez sommaire, l’auteure reste aussi évasive sur l’aspect réel de la créature que sur sa construction, laissant ainsi toute liberté au lecteur d’imaginer sa propre représentation. Bien sûr on aurait tôt fait de se figurer Boris Karloff qui fut la créature en 1933 dans le film de James Whale, pourtant la peur qu’elle suscite nous laisse entrapercevoir toute l’horreur de son apparence. Rapidement la créature fascine par sa curiosité, son intelligence et ses émotions très humaines. Rejetée de tous, elle n’aura de cesse de chercher à se venger de ce créateur qui l’a cruellement abandonné, devenant le monstre que tous voient en elle. Et la question tombe tout naturellement: qui est le monstre de la créature ou de son créateur?

Frankenstein n’est peut-être pas le classique qui a le mieux vieilli, souffrant notamment de quelques longueurs, mais il n’en reste pas moins captivant dans son cheminement sur la création de la vie, et son questionnement des limites (entre le monstre et l’homme, le bien et le mal, la vie et la mort…). Juliette et Gabrielle ont adoré la lecture de ce roman qui fait frissonner sans faire peur. Elles se sont immédiatement positionnées en faveur de la créature devenue monstrueuse par esprit de vengeance. Nous avons eu une très chouette discussion sur l’apparence physique et l’impression qu’elle fait, la peur qu’elle peut provoquer et l’importance de voir au-delà. Elles réclament désormais la lecture de récits mettant en avant des créatures horrifiques avec en tête de liste le Dracula de Bram Stoker dont je dois vérifier le contenu avant tout ou m’orienter sur une version abrégée comme il en existe en littérature jeunesse. N’hésitez pas à laisser un avis sur le sujet (pour rappel mes filles ont onze ans).

***

Le savant Victor Frankenstein a réussi ce qu’aucun scientifique n’avait pu faire avant lui: découvrir les secrets de la vie. Hélas! il a fabriqué une créature d’apparence humaine mais aux traits si repoussants qu’elle n’éveille que terreur et dégoût… Rejeté par tous, obligé de se cacher, le monstre promet à son créateur une abominable vengeance.

Lecture à voix haute·roman

La Gloire de mon Père

 

Auteur: Marcel Pagnol

Editeur: Presses Pocket

Série: Souvenirs d’enfance

Pages: 280

 

J’avais dix ans lorsque pour la première fois je lisais La Gloire de mon père. La même année sortait le film éponyme de Yves Robert. Sans jamais le relire, j’ai toujours gardé en mémoire ce roman comme un merveilleux souvenir d’enfance, de vacances, de nature et de liens familiaux. C’est finalement pour une lecture à voix haute que j’aurais eu l’occasion de relire ce classique de la littérature française.

La Gloire de mon Père est un roman qui se lit pour la beauté toute simple du texte, pour l’odeur de thym, de romarin ou de la marjolaine que l’on sent, pour le chant des cigales et le bruit des pas dans le désert de garrigue que l’on entend, pour la chaleur que le soleil laisse sur notre peau, et celle que les émotions de Marcel laissent sur nos cœurs. Oui, La Gloire de mon Père est un roman qu’on lit avec tous nos sens en éveils. C’est l’histoire intemporelle de l’enfance, des jeux et des apprentissages au grand air, au simple contact de la nature. C’est l’histoire d’un homme qui se souvient qu’enfant son père était son héros et qu’il fut très fier de la gloire qui fut sienne.

Les filles ont beaucoup aimé cette lecture qui les a fait rire et voyager, et leur a donné envie de marcher dans les pas des Pagnol (ce que j’espère pouvoir vivre avec elles prochainement). Elles ont aussi été séduites par les descriptions d’un mode de vie désuet entre l’école de garçons, les voyage en calèche et par les vacances à la Bastide-Neuve bien entendu. Elles ont par contre été surprise de constater la peur d’Augustine quand elle découvre que son petit garçon de 4 ans sait lire – forcément pour Gabrielle qui a su lire au même âge c’est incompréhensible de se dire qu’une mère interdit les livres à son enfant par crainte d’une « explosion du cerveau » . Elles ont aussi été horrifié par les jeux de Marcel et Paul avec les insectes, jeux qu’elles ont qualifié de « barbares ». Mais elles ont adoré ce roman et son adaptation, et sont impatientes de découvrir la suite.

Parce que j’ai maintenant des petits-enfants, j’ai souvent envie de raconter des histoires: c’est la fonction naturelle des grands-pères, et peut-être leur plus grand mérite. Le mien me racontait Peau d’âne, la Belle et la Bête, Riquet à la Houppe; mais aujourd’hui, les fées ne s’amusent plus à changer une citrouille en carrosse, et c’est grand dommage, car elles nous feraient avec un potiron, une Citroën, avec un concombre, une Dauphine, et avec une hirondelle, une Aronde… Pour moi, j’ai préféré vous raconter l’enfance d’un petit garçon, qui fut aussi celle de vos grands-pères, et qui n’est peut-être pas très différente de la vôtre, car les petits garçons de tous les pays du monde et de tous les temps ont toujours eu les mêmes problèmes, la même malice, les mêmes amours.

 

ebook·roman

Agatha Raisin, tome 18. Un Noël presque parfait

Agatha Raisin and Kissing Christmas Goodbye

 

Auteure: M.C. Beaton

Traductrice: Françoise du Sorbier

Editeur: Albin Michel

format ebook (324 pages)

Dans ce dix-huitième volet, Agatha a fort à faire entre la préparation d’une fête de Noël idéale et le meurtre de la richissime et très désagréable Mrs Tamworthy. Alors que tout semble accuser les enfants de celle-ci, qui lui en voulaient de vouloir modifier son testament en les y rayant, Agatha se met à chercher dans son passé. Aidée de sa jeune nouvelle recrue, Toni, elle se lance sur les traces d’un assassin et découvre que cette dame a laissé des ennemis, et des morts, partout où elle est passée. Et si l’assassin n’était pas celui auquel on pensait? 

Arrivée si loin dans la série, on sent bien que l’auteure tourne en rond et que les idées s’essoufflent. L’attachement que M.C. Beaton a pour son personnage est très probablement aussi fort que celui de son lectorat qui prend plaisir à retrouver Agatha Raisin dans un quotidien fait d’enquêtes, de pouvoir de séduction qui s’étiole, et de décisions aussi naïves que consternantes voir carrément stupides. La force de la saga réside évidemment dans ce personnage haut en couleur et dans les quelques personnages secondaires qui l’entourent et qui sont tous plus intéressants les uns que les autres et qui ont pour point commun leur attachement très fort (pour divers raisons) à Agatha. 

Un Noël presque parfait est un roman sympathique, sans prétention mais qui permet de passer un bon moment avec un personnage auquel on ne peut que s’attacher. C’est en quelque sorte un livre « doudou » avec lequel on ne prend pas de risque d’être déçu pour peu qu’on ait déjà lu d’autres volumes de la série et qu’ils nous aient plu.

Bientôt Noël. Le sapin sent le roussi pour Agatha Raisin qui ne digère toujours pas d’avoir été larguée par James Lacey. Pour se forcer à l’oublier, elle se lance à corps perdu dans la préparation du réveillon pour ses amis. Jusqu’à en faire une obsession… Même le meurtre de Mrs Tamworthy, retrouvée morte après un repas arrosé à la ciguë ne la détourne pas de son but. Pourtant, la riche veuve avait prévenu Agatha: elle était convaincue qu’un membre de sa famille voulait l’assassiner avant la fin de l’année. Se sentant quelque peu coupable, Agatha part sur les traces du meurtrier, bien décidée à la piéger avant le réveillon pour avoir le temps de préparer sa dinde!

album·Lecture à voix haute·roman

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

The strange case of Dr Jekyll and Mr. Hyde

Auteur: Robert Louis Stevenson

Illustrateur: M. A.C. Quarello

Traductrice: Anne-Sylvie Homassel

Editeur:  Sarbacane

Pages: 96

Après avoir découvert la collection des Grands Classiques Illustrés aux éditions Sarbacane avec L’Appel de la forêt de J. London et Le Garçon qui voulait devenir un Etre Humain de J. Riel, je comptais bien proposer à mes filles la lecture d’autres classiques dans cette collection qui allie de beaux textes classiques à des illustrations de grande qualité.

Comme tout le monde je connaissais l’histoire de la double personnalité du Docteur Jekyll bien que n’ayant jamais lu le court roman de Stevenson. Présenté comme une enquête menée par Mr Utterson, ami du Dr Jekyll, le récit aborde le dédoublement de personnalité dans ce qu’il serait de plus terrible. J’ai hésité à en faire la lecture à voix haute à mes filles en raison de la noirceur du récit et du texte soutenu. Mais il aurait été dommage de ne pas me lancer car si Juliette et Gabrielle ont eu du mal à saisir la conclusion (qui a de fait été longuement discuté), elles ont adoré tenter de démêler les nœuds de cette enquête bien ficelée dont l’auteur ne dévoile que progressivement les complexités.

Sublimé par les illustrations pleine page de Maurizio A.C. Quarello, le récit nous entraîne dans les rues de Londres en pleine époque victorienne. L’auteur joue sur la dualité de son personnage principal pour nous faire découvrir deux aspects de la ville dont chacun reflète l’âme de ces deux identités. L’ensemble est délicieusement glaçant et offre un regard critique sur une société qui enferme les caractères et les comportements dans un cadre rigide de bienséance et d’idées du bien et du mal régies par l’église. Fascinant!

 

L’avis d’Isabelle est ici!

Qui est l’étrange Hyde au corps difforme et aux manières brutales, accusé d’un crime odieux, qui semble avoir ses entrées chez l’honorable docteur Jekyll? Et pourquoi Jekyll lui-même se coupe-t-il parfois de ses meilleurs amis? M. Utterson, notaire intègre et sévère proche du docteur, mène l’enquête. La vérité lui fera froid dans le dos…

roman

Persuasion (illustré)

Persuasion

Auteure: Jane Austen

Traduction: Mme Letorsay (revue et complétée par l’éditeur)

Illustratrice: Margaux Motin

Editeur: Tibert

Pages: 300

Il y a six ans de cela, je rédigeais un billet sur le Persuasion de Jane Austen, le dernier de ses romans achevés, sans aucun doute le plus mature et le plus abouti. Je vous invite à lire ma critique ici. Globalement je pourrais écrire la même chose, si ce n’est que j’ai pris plus de plaisir à lire l’introduction qu’à l’époque. Publié à titre posthume, conjointement avec Northanger Abbey, il est aussi le seul roman de l’auteure dont l’histoire se déroule à l’époque où il a été écrit, c’est à dire après la défaite de Napoléon contre l’Angleterre, son abdication et son exil sur l’île d’Elbe. Persuasion est bien entendu une romance mais c’est aussi un hommage à la Royal Navy, et peut-être tout particulièrement à ses deux frères, officiers de marine. On y retrouve toute l’ironie et le style de l’auteure dans cette critique sociale qui valorise les traits de caractère à la richesse, pose la question de la place de la femme dans la société, et dans le mariage, et met en avant l’avantage d’un mariage d’amour à un mariage de convenance.

Margaux Motin illustre cette nouvelle édition avec le même humour et la même fraîcheur déployés dans Orgueil & Préjugés. Dix-huit illustrations couleur viennent moderniser un texte et des valeurs intemporels. S’il n’y a aucun croquis au fil des pages, j’ai apprécié le petit carnet de fin d’ouvrage qui permet de découvrir le travail préparatoire de l’illustratrice. J’ai passé un très agréable moment en compagnie d’Anne Eliott, du Capitaine Wentworth et de tous leurs amis. Il ne reste qu’à espérer que les éditions Tibert publient l’ensemble des six romans achevés de Jane Austen dans ce même format!

« Tout le privilège que je demande, c’est celui d’aimer le plus longtemps, même quand l’objet ou quand l’espoir ont disparu. »

Nouvelle campagne Ulule des éditions Tibert: Raison & Sentiments

roman

Orgueil et Préjugés (illustré)

Pride and Prejudice

Auteure:  Jane Austen

Traducteur: Jules Castier

Illustratrice: Margaux Motin

Editeur: Tibert

Pages: 355

 

Les éditions Tibert mettent un point d’honneur à proposer des ouvrages de qualité aux beaux textes, illustrés par des artistes contemporains et dans une édition faite pour durer (pages cousues, couverture cartonné et tranche tissée). Le tout donne des livres uniques, tirés à peu d’exemplaires, qui mettent en avant des oeuvres et des artistes dans un un savant mélange de classique et de modernité.

Orgueil et Préjugés fait parti de ces romans que je peux relire sans compter en y prenant toujours autant de plaisir. Un roman qui a plus de 200 ans et qui plait toujours autant par l’intemporalité de son histoire d’amour mais également par les valeurs féministes que l’auteure a su intégrer. On ne peut qu’imaginer combien il fut difficile de faire valoir ses pensées, ses choix et ses décisions à une époque où les femmes disposaient de si peu de libre-arbitre.

Après le superbe travail fait sur Jane Eyre par Nathalie Novi, j’étais impatiente de découvrir comment Margaux Motin se serait appropriée l’oeuvre d’Austen. Et c’est franchement réussi! Avec son style et son humour habituels, elle apporte de la fraîcheur à un récit qui n’a pourtant pris aucune une ride. On pourrait presque regretter qu’il n’y aie pas plus d’illustrations – 12 pleine page en couleur et 20 croquis en noir et blanc.

Quant au texte en lui-même, les éditions Tibert ont fait le choix de dépoussiérer une traduction de 1947 par Jules Castier dans un soucis de fidélité au texte original. J’avoue que cela m’a gêné à la lecture des premiers chapitres car le texte est rendue assez lourd en raison d’une ponctuation et de répétitions qui, s’ils sont à l’image de l’auteure et de ses personnages, perdent peut-être un peu de saveur à notre époque. Mais finalement je me suis rapidement laissée séduire par l’histoire et la forme du texte n’a plus été un soucis. J’ai retrouvé l’humour so-british que j’aime tant, les personnages dans toute l’énormité de leurs défauts et il faut bien avouer que c’est jubilatoire!

« Je déclare qu’après tout, il n’y a pas de plaisir qui vaille la lecture! Comme on se fatigue plus vite de toute chose que d’un livre! »

challenge·roman

Jane Eyre (illustré)

Auteure: Charlotte Brontë

Traducteur: Dominique Jean

Illustratrice:  Nathalie Novi

Editeur: Tibert

Pages: 569

 

Je peux dire que je n’ai que trop tardé avant de lire Jane Eyre car j’ai toujours été convaincue que j’aimerais l’histoire de cette jeune fille. Le problème des classiques c’est qu’on en a souvent des a priori à cause des années collège et/ou lycée qui ne nous ont pas aidé à les apprécier. La sortie d’une version illustrée par Nathalie Novi chez Tibert Edition m’a motivé et je dois dire que j’ai lu un roman absolument merveilleux qui m’a littéralement captivée d’un bout à l’autre.

Après avoir passée dix années auprès d’une tante acariâtre et de ses cousins, Jane est envoyée à Lowood, un pensionnat pour jeunes filles. Si les premiers mois sont très difficiles en raison de l’insalubrité des lieux et des privations abusives, Jane y découvre l’amitié et l’importance de l’éducation. Après un hiver particulièrement rigoureux et une épidémie de typhus qui causera la mort de nombreuses pensionnaires, la gestion de Lowood va changer et la vie s’en verra nettement améliorée. Jane y restera huit ans dont deux en tant qu’enseignantes avant de chercher à bouger et à améliorer ses conditions de vie. Elle arrive alors à Thornfield-Hall, propriété de M. Rochester, en tant que gouvernante d’Adèle, sa pupille. Sa rencontre avec le ténébreux Rochester va bouleverser sa vie à jamais…

Jane Eyre est le premier roman publié de Charlotte Brontë, roman écrit à la première personne du singulier et qui se présente comme l’autobiographie de son héroïne mais qui s’inspire fortement de sa vie et de ses expériences ce qui rend sans aucun doute si poignant son récit, ses personnages et les émotions si réalistes. Le texte est d’une richesse incroyable tant d’un point de vue linguistique que dans les informations qu’il apporte sur l’époque et la société, la condition de la femme, le peu de place qui lui est laissé et le peu de professions auxquelles elle peut prétendre. Les chapitres se suivent et s’achèvent de façon à nous pousser à en lire la suite. Le personnage de Jane Eyre est captivant, elle est une jeune femme au caractère fort, intelligente, directe, passionnée. Son amour pour Edward Rochester est certes inconvenant aux yeux de la société mais tellement sincère. Celui-ci est par ailleurs un personnage vraiment intéressant. Auréolé de mystères, il apparaît froid, presque brutal et pourtant si sensible, si aimant, si éloigné du prince charmant mais si humain dans son amour pour Jane, dans sa douleur.

Le travail éditorial est de toute beauté entre la tranche tissée, les pages cousues, le décor en bord de pages et les nombreux croquis qui ouvrent les chapitres et viennent en illustrer d’autres et les quelques vingt-cinq illustrations couleurs pleine page de Nathalie Novi. C’est un magnifique livre-objet fait pour durer.

Une enfance chaotique, le pensionnat et ses humiliations, la mort d’une douce amie,  Jane aura connu des moments très difficiles avant de rencontrer celui qui pourrait faire battre son cœur, le beau, emporté et loyal Mr Rochester. Peu de choses leurs seront épargnées mais la volonté de Jane est telle que les obstacles seront surmontés. Là aussi, un des couples de légendes des lettres anglaises.

CHALLENGE PAVE 2020

challenge·roman

Le Paris des merveilles – L’intégrale

 

Auteur: Pierre Pevel

Illustrateur: Xavier Collette

Éditeur: Bragelonne

Pages: 830

 

Bienvenue dans Le Paris des merveilles, un Paris assez semblable à celui que l’on connait à ceci près qu’on y croise des êtres surnaturels tels que les mages, les fées, des gnomes ou autres dragons. Pierre Pevel nous entraîne dans un univers de fantasy dans trois aventures menées tambour battant par un duo/couple haut en couleurs: le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont et l’enchanteresse Isabel de Saint-Gil. La narration ne souffre d’aucun temps mort et le texte se compose d’une bonne dose d’aventures, d’un brin de romance arrosé d’un soupçon d’humour qui apportent beaucoup à ce Paris aussi merveilleux que je l’espérais.

Dans la première histoire, Griffont se retrouve mêlé à une série de meurtre alors qu’il enquête sur des objets enchantés. Dans la deuxième, il est une fois de plus question d’une affaire meurtres qui permet de revenir à une autre époque, la Régence, et de découvrir notamment comment Griffont et Isabel se sont rencontrés. Enfin la troisième et dernière aventure se déroule dans un climat de tensions électorales durant laquelle Griffont devra enquêter pour innocenter un ami et découvrir qui se cache derrière toute cette affaire.

L’histoire prend place dans le Paris de 1909, l’auteur reprend de grandes lignes historiques de la ville et les assaisonne d’éléments fantastiques qui apportent juste ce qu’il faut pour pimenter des intrigues assez convenues. Le résultat est très satisfaisant, à tel point que la fin m’a laissé sur un petit sentiment de perte; j’aurais aimé passé encore un peu de temps avec les différents personnages.

Paris, début du XXe siècle. À première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Époque. En y regardant de plus près, la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, et une ligne de métro rejoint le pays des fées… Dans ce Paris des Merveilles, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, est chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, lorsqu’il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. Il lui faudra alors s’associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien… Bienvenue dans le Paris des Merveilles.

 

Challenge PAVES 2020

Lecture à voix haute·roman·roman ado·roman jeunesse

Harry Potter et la Coupe de Feu – version illustrée

Harry Potter and the Goblet of Fire

Auteure: J.K. Rowling

Illustrateur: Jim Kay

Traducteur: Jean-François Ménard

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 464

La sortie d’un nouveau tome de Harry Potter illustré par Jim Kay est toujours l’occasion de se retrouver autour d’un livre que l’on est persuadés d’aimer avant même de l’avoir ouvert. Car la saga créée par J.K. Rowling fait partie intégrante d’une culture populaire et de la vie de tous les lecteurs, petits et grands; c’est un peu un livre-doudou, un livre rassurant qui permet de passer un bon moment ensemble, autour de la lecture bien sûr mais aussi autour de discussions passionnantes et toujours très riches. La Coupe de Feu reste le volume charnière de la saga, celui qui nous fait basculer de l’enfance vers l’âge adulte. A partir de là, les aventures de Harry, Ron et Hermione prennent un virage serré et deviennent plus sombres, plus matures et plus riches émotionnellement. Et pourtant les lecteurs de tout âge savent en apprécier la série dans son entier.

Après quatre tomes illustrés, je suis toujours aussi admirative de la façon dont Jim Kay a su s’approprier l’univers de Rowling sans se laisser influencer par celui des films. Les personnages prennent un visage très différent et sont tellement à l’image des descriptions qu’en fait l’auteure qu’on les reconnait immédiatement. J’émets quand même quelques réserves sur le personnage de Cédric Diggory qui est loin d’être aussi séduisant que le laisse penser le texte. De même les paysages, décors, et autres éléments propres à l’univers ont une réelle identité et nous emmènent littéralement dans le monde magique de Harry Potter. Certains chapitre sont hélas un peu vides, l’illustrateur ayant fait le choix de valoriser les chapitres les plus importants. Mais cela ne gâche en rien le plaisir éprouvé à tourner les pages et à s’extasier sur les illustrations pleines pages, double-pages ou celles qui viennent habiller le texte, souligner une scène, un passage.

En ce qui concerne l’édition française, j’avoue être un peu déçue car il y a des soucis avec le texte dont certains mots sont raccourcis d’une lettre, d’autres sont collés ensembles… Alors certes cela arrive et ce n’est pas très grave en soi mais quand j’achète un livre à 45€, j’estime être en droit d’en avoir pour mon argent et donc d’avoir un livre irréprochable.

Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année à Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit… Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu’il ait jamais eu à affronter.

roman

Agatha Raisin enquête, tome 17. Cache-cache à l’hôtel

Agatha Raisin, book 17. Love, Lies and Liquor

Auteure: M.C. Beaton

Traductrice: Esther Ménévis

Editeur: Albin Michel

format ebook (324 pages)

Disons le tout de suite, arrivé au dix-septième volume, les aventures d’Agatha Raisin tournent en rond et manquent clairement d’originalité. Si ce n’était pour son héroïne, j’aurais abandonné cette série depuis quelques volumes. Mais force m’est de constater que je passe toujours un moment agréable avec notre quinqua détective égoïste, naïve et d’une grossièreté sans limite. La personnalité d’Agatha en fait une héroïne atypique presque comique tant elle est naïve et manque de discernement dès qu’il est question des hommes; ainsi elle est capable d’accepter une invitation à dîner avec un parfait inconnu alors qu’elle a reçu une lettres de menace quelques minutes plut tôt… Ces pires défauts sont pourtant la force de ce personnage auquel on ne peut que s’attacher même si parfois on aimerait la secouer un peu.

Dans ce Cache-cache à l’hôtel, James Lacey fait son grand retour pour nous montrer qu’il n’a pas changé et qu’Agatha se porte bien mieux sans lui. Et par chance, elle semble enfin s’en rendre compte; si elle le suit aveuglément au début du récit, elle finit par l’envoyer promener et par ouvrir les yeux sur leur relation qui n’est belle que dans son imagination débordante. Ce qui est plus triste est de découvrir que Charles est un mufle également et que ses petits défauts amusants ne suffisent plus à le rendre sympathique quand il abandonne Agatha pour aller s’amuser avec de vieux amis. L’intrigue se joue presque en huit clos et c’est le village de Carlesy qui débarque dans ce que l’on peut considérer comme le pire hôtel qui soit. Mrs Bloxby, la femme du pasteur et amie d’Agatha s’invite dans l’enquête et apporte un regard objectif et perspicace sur l’entourage des victimes. Harry et Patrick, membres de l’agence de détective d’Agatha, viennent aussi apporter un peu d’intelligence et de clairvoyance rafraîchissantes.

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépi de Burryhill-on-Sea où, enfant, il passait ses étés. Et tout va de mal en pis : quand un autre client de l’hôtel est assassiné, Agatha est la principale suspecte et se voit obligée de résoudre l’affaire depuis sa cellule de prison !