roman

L’héritage d’Anne – Une fable sur le climat et l’environnement (2003/2016)

Anna – En fabel om klodens klima og miljø

Auteur : Jostein Gaarder

Traductrice: Céline Romand-Monnier

Editeur : Points

Pages : 184

Anna a seize ans et vit en Norvège. La nuit, dans ses rêves, elle est Nova, une autre adolescente de seize ans dont Anna comprend qu’elle est son arrière-petite-fille. Car Nova vit en 2082 dans une Norvège qui ne ressemble plus à celle d’Anna. Les paysages sont transformés par le réchauffement climatique, et il n’y pas rare d’y croiser de longues caravanes menées par des dromadaires. L’Afrique s’est transformé en un immense désert et, comme la majorité de la population de l’hémisphère sud, les peuples de la péninsule arabique sont devenus des réfugiés climatiques.

Anna et Nova sont toutes deux très conscientes des changements causés par le réchauffement climatique mais là où Nova est prisonnière d’un héritage qu’elle n’a pas voulu recevoir, Anna sait qu’il n’est pas encore trop tard pour agir. Soutenue par Jonas, son petit-ami, et encouragée par Benjamin, un thérapeute devenu un ami, elle décide de créer un mouvement écologique dans son lycée pour sensibiliser et interroger la conscience collective sur ce vaste sujet.

Le voyage temporel d’Anna questionne notre rapport à la vie dans ce qu’elle a d’intemporelle. Nous sommes devenus autocentrés et égoïstes, désirant toujours plus et créant une société à notre image, une société consumériste. Lorsqu’Anna découvre le monde de Nova, elle comprend que nous devons changer pour donner une chance aux futures générations. Sa réflexion remet en question notre façon horizontale de penser la vie et le temps, réduisant ainsi l’échelle à notre propre existence. Elle nous pousse à redéfinir le temps de façon verticale pour y inclure les générations futures qui habiteront la même planète et devront faire avec ce qu’on leur a laissé.

L’héritage d’Anna est avant tout une fable écologique dans laquelle l’auteur nous invite à réfléchir à notre impact sur la planète et les conséquences qui en découleront à plus ou moins long terme. Mais c’est aussi une histoire d’héritage qui interroge sur la frontière entre le rêve et la réalité au travers d’un bijou mystérieux que les femmes de la famille se lèguent depuis plusieurs générations, un bijou qui renvoie au mythe d’Aladin et les Contes des Mille et une nuits.

Anna, jeune Norvégienne d’aujourd’hui, est préoccupée par la préservation de la nature. A travers d’étranges rêves très réalistes, elle peut communiquer avec son arrière-petite-fille. Cette dernière, vivant presque un siècle plus tard, l’alerte sur l’état dramatique de la planète. Anna veut alors trouver le moyen d’influencer le présent pour garantir à ses descendants un avenir meilleur et plus vert.

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Les lettres du Père Noël

Letters from Father Christmas

Auteur : J. R. R. Tolkien

Traducteurs : Gérard-Georges Lemaire & Céline Leroy

Editeur : Christian Bourgois

Pages : 208

J’ai découvert les Lettres du Père Noël de Tolkien il y a quelques années, réunies dans un format poche. Séduite par l’histoire qui se dessine sur une trentaine de lettres et plus de vingt années, le format ne m’avait pas convaincu. Aussi la réédition en grand format par les éditions Christian Bourgois m’a sautée dans les mains alors que j’arpentais les allées d’une librairie.

Avec son grand format, sa couverture rigide, sa tranche tissée et son signet en tissu, ce recueil se classe dans la catégorie des beaux livres, faits pour durer. Et cela tombe bien car c’est typiquement le genre d’ouvrage qu’on prend plaisir à relire durant l’Avent d’une année sur l’autre, comme une histoire fractionnée qu’on prendrait plaisir à (re)découvrir chaque jour jusqu’à l’arrivée de Noël.

Si les premières lettres adressées à l’aîné de la fratrie Tolkien ne font que quelques lignes, certaines atteignent les quatre ou cinq pages d’écriture dans lesquelles le Père Noël raconte ses aventures au Pôle Nord avec son assistant Ours Polaire, et plus tard l’elfe Ilbereth. Si certaines années il ne se passe rien d’extraordinaire d’autres, la maison s’est écroulée et il a fallu déménagé et d’autres sont marquées par des guerres avec les gobelins des cavernes. Le tout rythmé par les bêtises d’Ours Polaire.

Christopher, troisième né de la fratrie, est probablement celui qui est le plus enthousiaste de cette correspondance et il écrit au Père Noël avec une rigueur que seule la force des choses restreindra. C’est d’ailleurs à ce fils que nous devons ce livre car il a pris soin de conserver les lettres et les illustrations qui les accompagnaient. La richesse de cet ouvrage tient d’ailleurs dans le fait que les lettres, enveloppes et illustrations de la main de J.R.R. Tolkien servent d’illustrations et laissent une emprunte de ce travail d’écriture qui consistait plutôt en un rituel de Noël pour sa famille.

Si l’édition française joue sur la différence de police d’écriture pour différencier la main de chaque personnage ayant contribué à l’écriture, les lettres d’origines nous montrent la créativité de l’auteur pour qui, écrire ces lettres devait représenter un travail énorme, car il écrivait de façon différente pour chaque personnage. L’écriture tremblotante du Père Noël me semble particulièrement difficile à maitriser, même si j’imagine qu’au fil des ans elle fut plus aisée à réaliser.

Plus qu’un récit d’aventures, Les Lettres du Père Noël, sont une immersion dans l’intimité de la famille Tolkien. Une correspondance étalée sur plusieurs années qui voit naître et grandir les enfants, qui nous raconte les petits rituels de Noël avec notamment le bas de laine que les enfants ne sont autorisés à suspendre qu’un temps, et qui nous rappelle combien l’auteur était créatif.

Chaque mois de décembre, une enveloppe portant un timbre du pôle Nord parvenait aux enfants de J.R.R. Tolkien. A l’intérieur se trouvaient une lettre rédigée dans une étrange écriture arachnéenne ainsi qu’un magnifique dessin en couleur. Ces lettres venaient du Père Noël et racontaient de merveilleuses histoires sur la vie au pôle Nord. La fois où tous les rennes se sont échappés et ont disséminé les cadeaux un peu partout ; La fois où l’ours polaire, sujet aux mésaventures, a grimpé au sommet du pôle Nord et est passé par le toit de la maison du Père Noël pour tomber dans la salle à manger ; et toutes les fois où des guerres ont éclaté contre la horde de gobelins qui vivent dans les grottes sous la maison !

De la première lettre adressée au fils aîné de Tolkien en 1920 à la dernière lettre poignante adressée à sa fille en 1943, cette nouvelle édition propose plusieurs éléments inédits tout en faisant la part belle aux reproductions charmantes des lettres, illustrations et enveloppes décorées. Une formidable célébration pour les lecteurs de tous âges.

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Noël à la petite boulangerie (2016/2017)

Christmas at Little Beach Street Bakery

Auteure : Jenny Colgan

Traductrice : Anne Rémond

Editeur : Prisma

Format ebook (326 pages)

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de romance de Noël et j’ai soudain eu l’envie d’une lecture réconfortante, douce et légère pour profiter de ces vacances de fin d’année. Je suis tombée par hasard sur ce titre, troisième volet d’une série que j’avais aimé lire il y a quelques années et dont j’ignorais l’existence. C’est donc avec appréhension (les séries sont souvent redondantes) mais plaisir que j’ai prie le bateau pour Mount Polbearne, une île britannique située au large des Cornouailles.

L’avantage de cette série est que finalement la romance n’est pas le point de départ de l’histoire, elle sert plutôt à connecter les personnages entre eux. La petite boulangerie est avant tout une série « tranche de vie ». Ainsi, dans ce troisième volet, Polly et Huckle vivent toujours dans leur phare en compagnie de Neil le macareux, ont toujours des difficultés financières et leurs projets d’avenir sont au point mort. Sur les projets, on comprend vite que Polly freine plutôt des deux pieds, pas très sûre de savoir ce qu’est une famille, pas certaine d’avoir le temps d’avoir des enfants et sans doute pas d’avantage pour organiser leur mariage. Finalement la gestion de sa boulangerie et la charge de travail qu’elle représente servent aussi d’excuse à repousser la prise de décision.

Cela ne va guère mieux du côté de leurs amis Kerensa et Reuben qui vivent une crise de couple au moment où ils s’apprêtent à accueillir leur premier enfant. Lorsque Kerensa se confie à Polly à propos d’un secret, cela ajoute du sel sur les plaies du couple de cette dernière, Huckle n’appréciant guère avoir été tenu à l’écart d’une information aussi importante. On prend donc rapidement conscience que Noël ne sera pas vraiment au cœur du récit, l’événement sert surtout à installer le décor.

Entre quête d’identité, questionnement sur l’avenir et interrogations autour du couple, la fête de Noël organisée par Reuben vient dénoncer les extravagances et l’emprunte écologique des plus riches. Pourtant, Kerensa rattrape le tout en offrant à Polly un cadeau qui met en avant les valeurs de Noël : l’amour et l’amitié, le partage et le bonheur d’être ensemble, remettant le romance de Noël sur le devant de l’affiche.

On pourra regretter le peu de place laissée aux gourmandises de Noël et une histoire d’avantage centrée sur l’héritage, la transmission et la continuité au travers du couple et de la famille. Heureusement, il reste le pain grillé tartiné de miel, les friands au fromage et autres foccacia pour nous régaler de leur odeur savoureuse.

Polly Waterford ne voit pas le temps passer… Sa petite boulangerie l’occupe du matin au soir, au désespoir d’Huckle, son compagnon, qui rêve de profiter d’une simple grasse matinée avec elle. À l’approche des fêtes de fin d’année, Huckle rêve aussi d’un Noël en amoureux, bien au chaud dans leur grand phare, avec leur petit macareux Neil. Mais quand Kerensa débarque à Mount Polbearne pour dévoiler à sa meilleure amie un terrible secret sur son passé, Polly voit soudain son avenir s’assombrir. D’autant que la révélation de Kerensa menace la belle histoire qu’elle a construite avec Huckle. Jusqu’à présent, Polly a toujours réussi à surmonter les épreuves en cuisinant. Pourtant, cette fois-ci, préparer de bons petits pains risque de ne pas suffire à la sortir d’affaire. Polly est-elle prête à affronter son passé ? Réussira-t-elle à remettre sa vie sur de bons rails pour passer un joyeux Noël auprès de ceux qu’elle aime ?

Classiques·Lecture à voix haute·roman

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908/2022)

Auteur : Maurice Leblanc

Editeur : Gallimard jeunesse

Collection : Folio Junior – Textes classiques

Pages : 336

Avec Gabrielle, nous continuons notre découverte des aventures d’Arsène Lupin. Ce deuxième recueil avait un attrait supplémentaire pour la demoiselle puisque notre gentleman cambrioleur y affronte Herlock Sholmès. Il est évident dès les premières pages que cette version du célèbre détective anglais n’est qu’une pâle copie, que dis-je, une carricature, du héros créé par Sir Arthur Conan Doyle. On comprendra que ce dernier n’aie pas apprécié de voir ses héros tournés en ridicule.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès est un recueil de deux nouvelles qui font suite à la dernière publiée dans Arsène Lupin Gentleman cambrioleur, Herlock Sholmès arrive trop tard. Dans la première, intitulée La Dame Blonde, Herlock Sholmès est appelé à l’aide quand la police française se trouve confronté à un vol qui devient bientôt une affaire plus complexe impliquant un enlèvement, un assassinat et un bijou volé… Dans la seconde nouvelle, La Lampe juive, le détective est appelé en France par le baron d’Imblevalle, à qui on a volé une lampe contenant un précieux bijou. Alors que Lupin demande à Holmès de ne pas intervenir dans cette affaire, le jeu n’en est que plus tentant et il accepte l’enquête dont le résultat ira à l’encontre des intérêts du cambrioleur qui, cette fois-ci, voulait aider la famille du baron.

Dans ce deuxième recueil, on retrouve un Arsène Lupin au meilleur de sa forme. Il fait preuve d’espièglerie dans ses rapports à Herlock Sholmès, ne manquant jamais d’humour et d’esprit pour arriver à ses fins. Il aime tourner en dérision la police française et ce cher inspecteur Ganimard qui en arrive à le laisser faire comme il l’entend, préférant garder la tête haute que de devenir la risée de l’opinion publique toute à Lupin et ses méthodes. La rencontre entre Sholmès et Lupin est un moment délicieux pour le lecteur, une discussion autour d’un verre dans un restaurant, un échange cordiale, un défi lancé comme une invitation à jouer, comme pour pimenter une affaire trop facile.

On pourrait regretter que Herlock Sholmès et son fidèle ami Wilson ne soient que la parodie des héros de Conan Doyle, pourtant, tout à la lecture et au plaisir de lire les aventures d’Arsène Lupin, cela ne nous a pas gênées. Je crois que nous avons pris ces deux personnages comme s’ils n’existaient que sous cette identité. J’avoue avoir pensé au début que Maurice Leblanc devait être un grand amateur de Sherlock Holmes et souhaitait rendre hommage à son auteur mais il apparait rapidement que c’est plutôt une façon de se moquer et peut-être aussi de se détacher de ce surnom, que lui aurait donné son éditeur pour le motiver, de « Conan Doyle français ».

En tout cas, pour nous Arsène Lupin contre Herlock Sholmès est un récit humoristique qui ne nous a ni fait perdre notre intérêt pour la série de Maurice Leblanc, ni nous détourner de celle de Conan Doyle. Après tout, nous avons affaire à deux grands auteurs qui s’illustrent dans des registres proches en se positionnant dans des camps opposés. La finesse de l’écriture et l’intelligence des enquêtes nous ont a nouveau conquises, de même qu’Arsène Lupin nous a de nouveau séduites par sa nonchalance apparente, son charme et son humour caustique.

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Qui a volé le célèbre diamant bleu ? Arsène Lupin, bien sûr ! Pour coincer l’insaisissable détective du monde, l’Anglais Herlock Sholmès en personne. Entre ces génies s’engage un duel où tous les coups sont permis !

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Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur, illustré (2021)

Auteur : Maurice Leblanc

Illustrateur : Vincent Mallié

Editeur : Margot

Pages : 160

Arsène Lupin, personnage fictif créé par Maurice Leblanc, est un gentleman cambrioleur qui sait user de déguisements et d’identités multiples pour commettre ses délits, des vols d’objets choisis pour leur valeur et leur beauté artistique. Publié pour la première fois en 1907, Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur est un recueil de neuf nouvelles dont la première, L’Arrestation d’Arsène Lupin, fut publiée dans le journal Je sais tout en 1905. Le succès retentissant entraînera la publication des aventures suivantes et Maurice Leblanc n’aura de cesse de mettre son héros en valeur jusqu’à la fin de sa vie, en 1941.

Les différents récits de ce premier recueil se déroulent dans la France de la Belle Epoque, entre Paris et la Normandie. Arsène Lupin, avec ses manières charmeuses, ses airs enfantins et son humour caustique est populaire et fort apprécié de ses pairs. Il approche facilement ses victimes et sait se faire accepter comme leur ami, les bernant avec grande classe et en toute impunité. S’il opère en bande, il en est le maître à penser et l’architecte de tous ces coups qu’il monte avec précision. Formé aux arts martiaux et à d’autres sports très prisés de la bonne société, il a dans ses poches toutes les cartes pour être considéré comme un parfait gentleman. Et c’est cette classe qui le rend si fascinant pour le lecteur.

L’écriture de Maurice Leblanc est très immersive dès lors qu’il se livre à des descriptions de paysages ou autre lieu. La plume semble glisser sur le papier avec pour seule intention d’entraîner le lecteur à la suite de son héros. Si le style et la narration restent les mêmes d’une nouvelle à l’autre, on ne peut en dire autant de la qualité des scénarii qui ne captivent pas tous avec la même intensité. Mais chaque histoire apporte un petit quelque chose et joue avec le temps pour tenter de nous faire découvrir, un peu à chaque fois, une nouvelle facette de ce héros de la cambriole.

Le texte est ici mis en valeur par les illustrations de Vincent Mallié, qui s’approprie l’univers de l’auteur au travers d’un style un brin rétro, impression renforcée par la palette de couleurs. Le choix du format est toujours pertinent. Si les illustrations pleine page (ou double-page) subliment le texte, les petits crayonnés ou les petits dessins en couleurs n’en viennent pas moins dynamiser la mise en page et le récit. Leur rôle décoratif n’en est pas moins important à l’intrigue qu’ils représentent toujours des éléments essentiels à l’histoire. Enfin, il faut souligner la présence en bas de pages d’une petite animation mettant en scène un chat noir dont on prend plaisir à suivre les péripéties.

Je n’avais pas eu l’occasion de relire ne serait-ce qu’une nouvelle d’Arsène Lupin depuis le collège et, en avoir eu l’opportunité sous ce format illustré fut une expérience des plus savoureuses. Par ailleurs, après le succès des récits de Sherlock Holmes remporté auprès de Gabrielle, je savais que la lecture à voix haute de ce premier recueil serait l’occasion de lui faire découvrir un nouveau héros passionnant et de partager de bons moments de lectures. Par ailleurs, la rencontre entre Arsène Lupin et le célèbre détective londonien Herlock Sholmès fut un moment essentiel et laisse présager un bon premier roman pour la suite des aventures de ce Gentleman Cambrioleur.

Les éditions Margot sortent avec ce titre un très bel objet-livre qui rend véritablement hommage à Maurice Leblanc et à son illustre personnage. L’amatrice de roman illustré que je suis ne peut qu’espérer une adaptation des autres titres de la série dans ce même format.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire la critique de Tachan.

Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! Texte intégral, magnifiquement et richement illustré à l’aquarelle et à l’encre.

BD/manga·Bilan·Le coin de Gaby·roman·roman ado

Lectures de janvier

Bilan de mes lectures – Gabrielle (12ans 7mois)

Les enquêtes d’Enola Holmes est une adaptation du roman du même nom. Enola est la sœur du célèbre Sherlock Holmes et son frère Mycroft. Sa mère a disparu et elle décide de la retrouver. J’ai lu 5 tomes sur 6.

Note : 4.5 sur 5.

Les enquêtes d’Enola Holmes, Serena Blasco, Miss Jungle!, 2015

Typos se passe dans un monde où la technologie a beaucoup avancé. Typos, c’est une équipe d’agents secrets qui aide les gens qui souhaitent publier un message contre le gouvernement. J’ai adoré ce livre qui, avec une pointe d’humour, nous montre comment la résistance peut avancer grâce à la presse.

Note : 5 sur 5.

Typos, fragment de vérité, Pierdomenico Baccalario, Flammarion, 2014

Dys sur 10 est un livre que j’ai lu pour une lecture commune (club de lecture). Dylan est un adolescent de 14 ans. Il est dyslexique, dysorthographique et dyscalculique. L’école, c’est dure pour lui car il ne veut pas que l’on sache son secret.

Note : 5 sur 5.

Dys sur 10, Delphine Pessin, Pocket junior, 2021

Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens est un livre que j’ai beaucoup aimé. Simon Spiers est une adolescent de 16 ans. Ce que personne ne sait, excepté Martin, un de ses camarades de classes, Simon est gay. Et il compte bien s’en servir au détriment de Simon, qui, va de voir faire quelque chose pour Martin…

Note : 4.5 sur 5.

Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens, Becky Albertalli, Hachette, 2015

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Et vous, qu’avez-vous lu?

roman

Tant que le café est encore chaud (2015/2021)

Kohi ga samenai uchini

Auteur : Toshikazu Kawaguchi

Traductrice : Miyako Slocombe

Editeur : Albin Michel

Pages : 240

Dans ce petit café de Tokyo, le temps semble être figé. Le lieu n’a pas changé depuis son ouverture au début du vingtième siècle si ce n’est la modernisation apportée par l’électricité. Avec ses trois tables pour deux et ses trois chaises au comptoir, le lieu ne peut accueillir qu’une clientèle restreinte. Ce qui convient parfaitement puisque seuls les habitués continuent d’y venir et quelques curieux qui ont entendu dire qu’on peut voyager dans le passé.

Au travers de quatre portraits de femme, Toshikazu Kawaguchi utilise le voyage temporel pour rappeler combien le présent a plus de valeur que le passé, que les regrets ne nourrissent pas notre bien-être et que nos actions n’influencent pas le futur. Les personnages sont attachants et permettent à l’auteur de jouer sur l’émotion. Le récit se divise en quatre histoires reliées entre elles par différents fils conducteurs tout en étant indépendantes les unes des autres.

Si l’écriture n’est pas désagréable, elle est pourtant répétitive, notamment dans la description du lieu et l’énumération des règles à respecter pour ce voyage temporel. Cela aurait été plus compréhensif si Tant que la café est encore chaud avait été un recueil de nouvelles plutôt qu’un roman. J’ai cependant apprécié suivre les personnages récurrents et la proposition apportée par le dernier chapitre d’un voyage dans le futur.

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour ce voyage dans le temps.

A Tokyo se trouve un petit établissement au sujet duquel circulent mille légendes. On raconte notamment qu’en y dégustant un délicieux café, on peut retourner dans le passé. Mais ce voyage comporte des règles : il ne changera pas le présent et dure tant que le café est encore chaud. Quatre femmes vont vivre cette singulière expérience et comprendre que le présent importe davantage que le passé et ses regrets. Comme le café, il faut savourer chaque gorgée.

Vendu à plus d’un million d’exemplaire au Japon, traduit dans plus de trente pays, le roman de Toshikazu Kawaguchi a touché les lecteurs du monde entier.

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satire politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour noir le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

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Comme des Sauvages (2020)

Auteur: Vincent Villeminot

Editeur: PKJ

Pages: 318

Récit fantastique, Comme des sauvages prend place dans l’Ardèche profonde. Alors que Tom, treize ans, passe les vacances avec sa sœur ainée et les amis de celle-ci, il aime passer du temps seul à parcourir la forêt environnante du village de C. . Il évolue parmi les arbres avec aisance, faisant fi du sol accidenté et des dénivelés pas toujours conformes entre la réalité et la carte topographique. Ce dernier point l’intrigue cependant et lorsqu’il tombe sur une barrière portant une inscription de mise en garde, on prend conscience qu’on met les pieds dans l’inconnu. A partir de là, l’auteur nous confronte à des inattendus qui se succèdent, nous plaçant dans une position inconfortable emprunte d’un certain malaise.

Car si la sauvagerie et la violence était déjà au cœur de Nous sommes l’étincelle, ce n’était rien comparé à la cruauté froide et pourtant assumée dont les personnages font preuves ou sont victimes ici. Dans Comme des sauvages, l’humain se confronte à la nature pour assurer sa survie mais il se confronte également à l’humain pour protéger le secret d’un paradis terrestre, véritable utopie pour une communauté qui croit protéger ses enfants d’un monde sur lequel l’emprunte de l’homme adulte pèse un peu plus chaque jour.

Entre message écologique et amour de la nature, Vincent Villeminot signe un titre poignant et peu conventionnel qui remet en question l’existence de tout un chacun. De son écriture tranchante, il nous entraîne un peu plus loin encore dans un questionnement sur la place de l’homme dans la nature. On aime le style ou pas, mais cela ne laisse pas indifférent. Pour ma part c’est un coup de cœur!

A lire : les avis d’Isabelle et de Céline!

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Au cœur des collines, derrière la maison où Tom, 13 ans, passe ses vacances, se cache un mystère inimaginable. Quand, au détour d’un sentier, le jeune garçon tombe sur une immense clôture avec une mise en garde inquiétante, il se sent irrépressiblement attiré… Et il disparaît. Pendant des mois, sa grande sœur Emma va le chercher. Elle finira par découvrir la vérité. Mais pourra-t-elle rebrousser chemin et révéler au monde le terrible secret des Sources?

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A la Croisée des Mondes. 2 – La Tour des Anges

The Subtle Knife

Auteur: Philip Pullman

Traducteur: Jean Esch

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 384

Alors que la fin du premier volume nous laissait avec tout un tas de questions, ce deuxième volume commence bien loin de Lyra et de sa quête autour de la Poussière. En effet, l’auteur introduit dès les premières pages un nouveau personnage, Will, jeune adolescent à la recherche de son père. Après avoir traversé une fenêtre temporelle, il arrive dans un nouveau monde où il fait la connaissance de Lyra. Et comme à deux on est plus fort, les enfants vont s’apporter une aide mutuelle, affronter les difficultés et enquêter sur la Poussière tout en recherchant le père de Will.

Les mondes dans lesquels les personnages évoluent nous apparaissent rapidement fragilisés par la déchirure provoquée par Lord Asriel à la fin du premier volume. Entre opposition à l’église et dérèglement climatique, ces mondes entrent en résonance avec le notre. Si le lecteur cherche des réponses, il va vite se rendre compte que l’auteur ne creuse qu’un peu plus les sujets mis en avant et nous laisse dans l’expectative d’explications plus concrètes.

La Poussière, les spectres, les particules élémentaires… Trois mots qui semblent désignés une même chose et nous entraînent un peu plus dans des théories scientifiques. Mais si le texte s’inscrit d’avantage dans la science-fiction, le récit reste profondément encré dans le fantastique avec ses créatures divers et multiples qui semblent s’unir dans un objectif commun: la Grande Guerre. L’écriture reste par ailleurs riche en aventures, le suspens nous tient en haleine et les personnages ne cessent de nous surprendre et/ou de nous émouvoir.

La Tour des Anges introduit donc de nouveaux personnages et l’événement majeur qui déterminera l’avenir de tous. Si l’introduction de Will peut paraître tardive, il prend rapidement la place qui lui est désignée. Pullman est assez clair dans ses intentions concernant son rôle et le duo Lyra/Will fonctionne bien. Au fil des pages, on comprend qu’ils auront tous deux un rôle déterminant à jouer pour sauver les mondes. Les bases sont désormais installées pour entrer dans un troisième volume qui sera sans nul doute captivant.

Et si vous passiez lire l’avis de Bouma 😉

Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis des années, croit avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit la brèche qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgazze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra. Les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges.