Lecture à voix haute·roman·roman ado·roman jeunesse

Harry Potter et la Coupe de Feu – version illustrée

Harry Potter and the Goblet of Fire

Auteure: J.K. Rowling

Illustrateur: Jim Kay

Traducteur: Jean-François Ménard

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 464

La sortie d’un nouveau tome de Harry Potter illustré par Jim Kay est toujours l’occasion de se retrouver autour d’un livre que l’on est persuadés d’aimer avant même de l’avoir ouvert. Car la saga créée par J.K. Rowling fait partie intégrante d’une culture populaire et de la vie de tous les lecteurs, petits et grands; c’est un peu un livre-doudou, un livre rassurant qui permet de passer un bon moment ensemble, autour de la lecture bien sûr mais aussi autour de discussions passionnantes et toujours très riches. La Coupe de Feu reste le volume charnière de la saga, celui qui nous fait basculer de l’enfance vers l’âge adulte. A partir de là, les aventures de Harry, Ron et Hermione prennent un virage serré et deviennent plus sombres, plus matures et plus riches émotionnellement. Et pourtant les lecteurs de tout âge savent en apprécier la série dans son entier.

Après quatre tomes illustrés, je suis toujours aussi admirative de la façon dont Jim Kay a su s’approprier l’univers de Rowling sans se laisser influencer par celui des films. Les personnages prennent un visage très différent et sont tellement à l’image des descriptions qu’en fait l’auteure qu’on les reconnait immédiatement. J’émets quand même quelques réserves sur le personnage de Cédric Diggory qui est loin d’être aussi séduisant que le laisse penser le texte. De même les paysages, décors, et autres éléments propres à l’univers ont une réelle identité et nous emmènent littéralement dans le monde magique de Harry Potter. Certains chapitre sont hélas un peu vides, l’illustrateur ayant fait le choix de valoriser les chapitres les plus importants. Mais cela ne gâche en rien le plaisir éprouvé à tourner les pages et à s’extasier sur les illustrations pleines pages, double-pages ou celles qui viennent habiller le texte, souligner une scène, un passage.

En ce qui concerne l’édition française, j’avoue être un peu déçue car il y a des soucis avec le texte dont certains mots sont raccourcis d’une lettre, d’autres sont collés ensembles… Alors certes cela arrive et ce n’est pas très grave en soi mais quand j’achète un livre à 45€, j’estime être en droit d’en avoir pour mon argent et donc d’avoir un livre irréprochable.

Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année à Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit… Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu’il ait jamais eu à affronter.

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Ceux qui ne peuvent pas mourir, tome 1. La Bête de Porte-Vent

 

Auteure: Karine Martins

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Grand Format Ado

Pages: 320

 

L’histoire prend place dans un village de Bretagne victime du mauvais temps et d’un tueur en série. Gabriel Voltz est appelé sur les lieux pour résoudre cette enquête dont l’assassin tient plus de l’Egaré que de l’humain. Les égarés sont des créatures surnaturelles, des monstres issus du folklore et dont l’existence doit rester inconnue des hommes. Voltz est lui-même un égaré même si ces pouvoirs particuliers et son immortalité le rendent utile à la confrérie chargée de préserver le mystère, la Sainte-Vehme. Accompagné de Rose, une adolescente qu’il a sauvé quelques mois plus tôt, il se met en chasse, aidé par Grégoire, le prêtre du village et Annwenn, la guérisseuse.

Karine Martins signe un premier roman incroyable, qui tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre. Son récit nous plonge dans un univers fantastique sombre où le danger fait parti du quotidien de ses héros au même titre que la mort. L’auteure nous embarque dès les premières lignes par son écriture fluide, vive et son humour ironique. Si la narration se veut palpitante, elle est avant tout dynamisée par ses personnages aux forts caractères, aux répliques acerbes qu’ils s’échangent et aux mystères qui les entourent. Ce premier volume se veut plus qu’une introduction même s’il se solde sur un final stupéfiant qui nous laisse avec plus de questions que de réponses.

Ceux qui ne veulent pas mourir, tome 1. La Bête de Porte-Vent est un récit fantastique qui met en avant la cruauté des hommes à l’égard de créatures considérées hérétiques mais également à l’égard des hommes. C’est que la Sainte-Vehme est prête à tout pour que le secret des Egarés reste entier. L’auteure soulève ainsi la question de la figure du monstre de manière très pertinente.

Juliette et Gabrielle ont grandement apprécié la lecture à voix haute de ce roman dont elles attendent la suite avec impatience. Elles l’ont trouvé drôle et délicieusement effrayant, ont aimé le style de l’auteure et le duo Voltz/Rose qui les a beaucoup amusé. Comme beaucoup d’enfants de leur âge, elles sont fascinées par les mythes et légendes fantastiques et se sont complètement laissées captiver par le récit de créatures fantastiques qui leur a procuré quelques frayeurs et un sentiment de froid dans le dos fort appréciables.

***

1887. Gabriel Voltz n’est pas un enquêteur ordinaire. Sa spécialité: la chasse aux Égarés, ces créatures hérétiques qui se cachent sous une apparence humaine. Lycans, cocatrix, volkolaks, loups-garous… Aucun de ces monstres n’a jamais résisté à la force surnaturelle de Voltz. Mais depuis qu’il a pris Rose sous son aile, une orpheline tout aussi insupportablement têtue et fouineuse qu’attachante, il s’expose au courroux de son puissant employeur, l’Ordre de la Sainte-Vehme. Quand la confrérie l’envoie dans le Finistère pour élucider une mystérieuse affaire de meurtres, Voltz n’a d’autre choix que d’emmener l’adolescente avec lui. L’enquête s’annonce plus périlleuse que prévu, lorsque toutes les pistes convergent vers le mystérieux domaine de Porte-Vent…

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Beethoven et la fille aux cheveux bleus

Beethoven e la ragazza coi capelli blu

Auteur: Matthieu Mantanus

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 205

 

Beethoven et la fille aux cheveux bleus est un récit assez surprenant par bien des aspects. Alors que la quatrième de couverture laisse penser qu’il s’agit d’une romance dans le monde de la musique, on se rend bien vite compte que l’histoire d’amour n’est pas celle qu’on espérait voir naître sous nos yeux mais plutôt une histoire d’amour entre une jeune femme et la musique. En effet Anna, qui intègre le groupe Red Heaven en tant que bassiste, est aussi contrebassiste dans un orchestre symphonique et aime aller au bout des choses. Aussi quand elle aime un morceau de musique, elle se documente au maximum sur son compositeur, son histoire, l’écriture de la musique, son interprétation, sa lecture et sa décomposition. Elle commence à laisser parler sa passion un peu par hasard, comme pour meubler le silence, ou pour entrer en communication avec Mark Rochester, le chanteur et leader du groupe. Lorsque celui-ci se prend au jeu, le hasard devient un rituel qui va les unir durant les temps calmes de leur semaine de travail en Italie… peu à peu Mark s’ouvre à la musique classique et se laisse charmer par le récit d’Anne et par la jeune fille…

L’histoire de la musique est vraiment intéressante et on ressent toute la passion de l’auteur, lui-même musicien, pour son sujet. Si l’écriture n’est pas désagréable, elle n’en reste pas moins très didactique; si j’ai trouvé l’héroïne très rafraîchissante et ses discussions enrichissantes, je trouve que les chapitres s’enchaînent sans trop de lien entre eux et manquent du dynamisme attendu dans un roman. Au final le récit se rapproche plus de l’essai. Par ailleurs, si j’ai trouvé les deux personnages convaincants, je les trouve un peu trop âgés pour un roman adolescent. Leur mode de vie et leur centre d’intérêt me paraissent assez éloignés des ados et je ne suis pas convaincue qu’ils s’y retrouvent. Mais en ce qui me concerne, j’ai passé un très bon moment de lecture.

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Mark Rochester, le chanteur de Red Heaven, enregistre son prochain album dans une ferme de la campagne toscane, avec une nouvelle bassiste dans le groupe : Anna. Bientôt, il apprend que la jeune femme est également contrebassiste dans un orchestre classique, et, durant les temps morts de l’enregistrement, elle lui raconte la grande et la petite histoire de cette musique jugée plus noble que le rock, telle une Shéhérazade moderne. Mark comprend alors que la musique forme un tout, une continuité, mais surtout il tombe amoureux d’Anna. Des sentiments qui sont – peut-être – réciproques.

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Nouvelle Sparte

Auteur: Erik L’Homme

Editeur: Gallimard jeunesse

Collection: Grand format littérature

format ebook (320 pages)

 

 

Dans un monde post-apocalyptique, les hommes se sont imposés de nouvelles règles et de nouveaux modes de vie. A Nouvelle-Sparte, la vie n’est pas si éloignée de ce qu’elle était dans la Sparte antique. Valère et Alexia, âgés de seize ans, se préparent à passer le rite de passage à l’âge adulte et à embrasser le rôle qu’ils sont appelés à jouer dans leur communauté: devenir pilote. Lorsque leur cité devient la cible d’attaques terroristes, le destin de Valère prend un tournant inattendu. Sa mère étant née en Occidie, il est envoyé enquêter dans ce pays en infiltrant la famille d’un oncle dont il ignorait jusqu’à l’existence. Déstabilisé par un mode de vie aux antipodes du sien, il prend peu à peu conscience que l’ennemi n’est peut-être pas celui auquel il pensait.

Nouvelle Sparte est un petit roman incroyablement prenant et addictif qui nous transporte dans un univers fantastique, un monde qui confronte des réalités que tout oppose. Les premières pages sont assez surprenantes car en plus de créer un univers unique, Erik L’Homme invente un langage propre au monde dans lequel évoluent ses héros. Assez déstabilisant dans les premières pages, ce langage devient rapidement naturel à lire et comprendre, et s’intègre complètement à l’histoire. Le texte n’en est rendu que plus poétique et rythmé. Ainsi le discours de Valère est toujours intelligemment construit, sensé et sensible, presque lyrique. Cela rend le personnage d’autant plus attachant qu’il est un jeune homme perspicace, sage et réfléchit, fidèle à ses amis et à ses convictions. S’il lui arrive de commettre des erreurs, il ne s’appesantit pas dessus et va de l’avant, tente de corriger et d’améliorer les choses.

J’ai vraiment apprécié le mélange de cet univers dystopique à la mythologie grecque. L’auteur distille ça et là des histoires, anecdotes sur les Dieux Grecs et invite le lecteur à les comparer à ses croyances… plus modernes. Et c’est justement là que se trouve la force du roman, dans l’écriture qui aborde des problèmes actuels et leurs enjeux politiques, humains, sociétales, tout en soulevant des questions sur nos croyances, nos convictions et nos valeurs. Au travers de trois sociétés, Erik L’Homme représente l’ensemble de nos sociétés modernes et les opposent, les comparent en restant le plus neutre possible, nous décrivant les qualités et les travers de chacune.

Nouvelle-Sparte se destine à un public adolescent mais a tout pour plaire à l’adulte; il serait en revanche dommage de le faire lire en dessous de 13/14 ans, ne serait-ce que pour être sûr que le jeune lecteur comprenne bien la porté et les enjeux du récit.

Deux siècles après les grands bouleversements qui ont balayés le monde d’avant, Nouvelle-Sparte vit en paix au bord du lac Baïkal. Valère et Alexia, seize ans, se préparent à devenir pilotes d’élite quand une série d’attentats sème le chaos dans la cité. Qui se cache derrière ces lâches attaques? Les fanatiques du Darislam? Les patriciens corrompus de Paradise? Valère est chargé par le Directoire de mener l’enquête. Une mission périlleuse qui va le plonger dans les sombres entrailles de l’Occidie et faire voler son univers en éclats…

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La Reine sous la Neige

Auteur: François Place

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 293

Alors qu’elle quitte l’Afrique du Sud pour Amsterdam, Samantha se voit contrainte de passer par Londres où son avion a été détourné en raison d’une tempête de neige. Evénement plutôt surprenant vu que l’histoire se déroule en avril. S’en suit quelques heures surprenantes durant lesquelles Sam fait des rencontres et vit des situations complètement délirantes: du coup de foudre pour un jeune homme qui lui vient en aide, à un enfant perdu/fugueur qui s’attache instantanément à elle, en passant par l’évasion mystérieuse d’un tigre blanc du zoo et surtout la mort de la Reine Elizabeth II.

François place imagine la réaction des anglais à l’annonce de la mort de leur souveraine, dans un récit empli de situations surprenantes et mystérieuses. Des situations marquaient par des rencontres entre des personnages que tout oppose et que seul le hasard réunit. Des personnages divers par leur origine, leur culture, leur statut social, mais qui tous partagent un fort sentiment de solitude et un énorme besoin d’être aimé. Si leurs rencontres sont incongrues , elles permettent de tisser un fil conducteur dont Sam est le cœur.

La Reine sous la Neige est un roman sympathique mais qui ne m’a pas complètement séduite. L’écriture est agréable mais l’auteur n’a pas le temps d’approfondir ses personnages ce qui laisse perplexe quand à l’amitié, l’amour qui les lient si rapidement et ne permet pas de s’attacher à eux. Cependant j’ai apprécié les différents sujets abordés tels le racisme, le pouvoir destructeur d’un pervers narcissique, le deuil et surtout l’amour et l’amitié. L’ensemble est assez fouillis mais cela accentue le côté mystérieux et hors du temps.

***

Une tempête en plein ciel, un avion dérouté, un vol de portable, un coup de foudre, deux amoureux, une reine morte, un enfant perdu,un tigre évadé du zoo, une statuette de plastique, une enquête impossible, Londres sous la neige… François Place raconte l’histoire d’amour d’une jeune fille de dix-huit ans dans un roman mystérieux et envoûtant.

Lecture à voix haute·roman ado

BOO

Auteur: Neil Smith

Traducteurs: Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 397

Oliver Dalrymphe est mort. Il se réveille dans un paradis où seuls des jeunes morts à treize ans sont réunis. Quelques semaines après son arrivée, il est rejoint par un garçon de son établissement, Johnny, qui lui apprend qu’ils sont tous deux morts assassinés par balle. Les deux garçons, accompagnés par Esther et Thelma, des amies rencontrées au paradis, se lancent alors à la poursuite de leur assassin qui se serait donné la mort et pourrait donc bien être avec eux.

Avec BOO j’espérais nous plonger, mes filles et moi, dans une histoire de fantômes drôle, une enquête au pays des morts, en gros une histoire amusantes idéale à cette époque de l’année. Mais j’étais à mille lieux de penser que j’allais mettre la main sur un roman fort et poignant qui aborde des thèmes assez difficiles tels que le harcèlement et le suicide. Par ailleurs, lors de son séjour dans l’au-delà, Oliver découvre la fin sordide de nombre des jeunes avec qui il partage son quotidien, morts dans des circonstances souvent terribles. L’univers créé par l’auteur est intéressant sur bien des aspects et donne beaucoup d’importance et de responsabilités aux adolescents qui y gagnent en maturité même s’ils sont figés dans leur treize ans.

Si j’ai trouvé la lecture surprenante et originale, j’ai eu plus de mal avec la lecture à voix haute en raison de certains passages violents et le vocabulaire insultant. Je ne suis pas une personne grossière à la base mais je trouve que l’on entend assez ce genre de propos dans la rue, aussi quand je lis, j’aime autant que ce soit agréable à lire et poli. Le récit n’en est pas moins intéressant, l’écriture plaisante et l’ensemble donne un bon roman pour adolescents. Neil Smith met en avant l’importance de l’amitié dans la construction du jeune. Etre deux c’est avoir quelqu’un sur qui compter, c’est une protection vis à vis des autres mais aussi de soit. Ici les responsables sont les harceleurs, mais sans doute aussi les adultes même si l’auteur ne leur laisse que très peu de place… BOO est un très beau roman sur l’adolescence et ses difficultés, une belle histoire d’amitié éternelle.

7 septembre 1979. C’est la première semaine de cours au collège Helen-Keller. Oliver « Boo » Dalrymphe – élève de quatrième à la pâleur spectrale et au cœur malade, scientifique en herbe et paria social – récite les cent six éléments du tableau périodique devant son casier. Dans la seconde qui suit, il se réveille au « Village », un au-delà exclusivement réservé aux trépassés de treize ans. Ici, il n’y a ni arbres ni animaux, seulement d’infinies rangées de dortoirs en brique rouge, entourées de gigantesques remparts de béton. Au plus grand étonnement de Boo, les « qualités » qui faisaient de lui un paria sur Terre lui valent ici des amis. Il se surprend à éprouver une joie qu’il n’avait jamais connue jusqu’alors. Mais même au paradis, la vie peut être un enfer. Et tandis que le jeune garçon coule des jours heureux, il découvre que sa mort ne résulte pas, comme il le croyait, d’une défaillance de son cœur malade. Boo a été assassiné. Et le coupable pourrait bien l’avoir suivi jusque dans l’au-delà…

 

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L’éblouissante Lumière des deux Etoiles Rouges – L’affaire des Cahiers de Viktor et Nadia

La sfolgorante luce di due stelle rosse

Auteur: Davide Morosinotto

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium

Pages:  522

 

Après le succès du Célèbre catalogue Walker & Dawn rencontré dans notre famille, nous ne pouvions faire l’impasse sur le roman suivant de Davide Morosinotto. Gabrielle l’avait commencé de son côté mais n’a pas su aller au bout car certains événements étaient difficile à lire émotionnellement et elle avait du mal à prendre de recul, plongée seule dans sa lecture. Aussi lorsque j’en ai commencé la lecture à voix haute pour Juliette, elle s’est jointe à nous afin d’en profiter et ce fut un grand moment d’émotion partagée.

Une fois de plus, l’objet livre est de toute beauté entre la couverture en relief, la mise en page originale et riche, vivante. Plus qu’un roman, l’ouvrage se présente comme une enquête menée par le Colonel Valery Gavrilovitch Smirnov du Commissariat du Peuple aux Affaires Intérieurs. En charge de l’enquête, le Colonel Smirnov a entre les mains des cahiers, sorte de journaux intimes, qu’ont tenu les jumeaux Viktor et Nadia durant les sombres événements qui ont touché la Russie en 1941, au moment où Leningrad était assiégée par l’Allemagne Nazie. Au travers du texte écrits en deux couleurs (rouge pour Viktor, bleu pour Nadia), des photographies, cartes et prospectus, on sent tout le travail de recherches menées par l’auteur pour que la grande Histoire et la petit se rassemblent avec beaucoup de réalisme et de crédibilité. Le texte est par ailleurs ponctué des commentaires du Colonel et chaque fin de cahier est suivi d’un rapport écrit, ce qui rend la lecture encore plus vivante et intéressante.

Viktor et Nadia ont été séparés par erreur lors de l’embarquement dans les trains d’enfants qui quittaient Leningrad pour l’est du pays. S’ensuit alors deux récits très différents mais qui se rejoignent dans les horreurs de la guerre et se recoupent dans leur chronologie. Si Viktor se retrouve dans une ferme au Kolkoze, son voyage de retour ne sera pas des plus aisés entre la faim, l’arrivée de l’hiver, un passage au goulag, la perte de ses amis… De son côté, Nadia ne quittera jamais complètement Léningrad et se retrouvera avec un petit groupe d’enfants à fuir les allemands en restant aux abords du Lac Ladoga. Si elle ne souffrira pas trop de la famine, elle subira la pression constante des bombardements, l’enfermement et la crainte permanente d’être prise par l’ennemi. Mais les deux enfants connaîtrons tout deux la perte d’amis, les tortures et la privation de liberté. Leurs ressources et leur courage ne peuvent que forcer l’admiration, même si parfois leur comportement frise l’inconscience.

Cette double narration permet au lecteur d’avoir un regard sur la guerre dans les deux camps et de se rendre compte que peu importe dans quel camp on se trouve, la guerre pousse les hommes aux pires abominations. L’écriture enfantine permet d’alléger un contexte lourd de sens mais n’enlève rien à l’émotion que nous avons pu ressentir au fil des pages.

Davide Morosinotto signe un titre inoubliable, une petite pépite qui aborde avec justesse et pudeur un des pans les plus sombre de l’Histoire de l’humanité sans pour autant occulter les horreurs de la guerre. Mais au travers de ses jeunes héros, il faut aussi parler les valeurs nobles du partage et de l’entraide, l’amitié, la compassion et le soutien indéfectible que l’on peut trouver au fond de tout un chacun.

 

L’avis d’Isabelle est par ici!

1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe, vers le Nord, en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, on organise l’évacuation de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête: traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela, il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

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Lady Helen, tome 3: L’Ombre des Mauvais Jours

Lady Helen – The Dark Days Deceit

Auteure: Alison Goodman

Traducteur: Philippe Giraudon

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 652

 

 

C’est avec un peu d’appréhension que j’ai abordé ce troisième tome. Après deux volumes de qualité, je craignais d’être déçue par le final mais c’était sans compter sur le talent narratif et l’écriture addictive d’Alison Goodman qui nous sert un troisième volume plus mature et plus complexe que les précédents.

Il est fini le temps où Helen avait le temps de se poser des questions existentielles, il lui faut désormais préparer son mariage avec le Duc de Selburn, tout en cherchant l’Abuseur Suprême. Mais elle doit aussi apprendre à utiliser ses nouveaux pouvoirs et à se faire confiance. La proximité de l’énigmatique Comte Carlston suscite toujours beaucoup d’émois en elle, et plus la fin approche, plus elle doute de sa capacité à le tenir éloignée de sa vie. Ce mélange de mondanités et de fantastique fonctionne toujours aussi bien et semble toujours aussi crédible. Alison Goodman fait profiter le lecteur de ses nombreuses recherches au travers d’un récit dynamique et passionnant. Elle retranscrit les mœurs de l’époque avec beaucoup de réalisme, nous transportant directement dans le Bath de la fin d’année 1812. Toujours en proie à ses émotions, Helen commet des erreurs de jugements aboutissant des expériences traumatisantes qui vont la faire grandir un peu plus encore et l’aider à décider de son destin. Elle ne laisse plus personne prendre des décisions à sa place, elle prend conscience qu’il faut savoir briser le carcan de la société qui l’enferme dans un rôle qu’elle se refuse à endosser et ça fait du bien!

L’Ombre des Mauvais est un troisième et dernier tome de qualité, qui se lit avec avidité et conclut brillamment une saga originale. J’ai tourné la dernière page avec un léger sentiment d’abandon mais la fin ouverte laisse place à l’imagination et, pourquoi pas, à l’espoir d’une suite…

Lady Helen prépare son mariage avec le duc de Selburn, mais son esprit est ailleurs: sa mission de Vigilante Suprême n’est pas encore accomplie. Cette double vit met la jeune femme au supplice. Non seulement elle doit résister à ses sentiments pour le charismatique lord Carlston, mais elle doit aussi maîtriser ses nouveaux pouvoirs. Et la confrontation finale avec leur grand ennemi, l’Abuseur Suprême, est imminente…

Volumes précédents

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Le célèbre catalogue Walker & Dawn

Il rinomato catalogo Walker & Dawn

Auteur: Davide Morosinotto

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium

Pages: 336

 

Voilà un roman qui me faisait de l’œil depuis des mois et c’est avec délectation que je me suis plongée dans une lecture à voix haute. Une lecture qui vient se placer en tête de nos coups de cœur tant elle a provoqué d’émotions et de discussions passionnantes sur les Etats-Unis, la ségrégation ou encore la place des femmes dans une société patriarcale.

Le célèbre catalogue Walker & Dawn est un roman d’aventures qui nous a forcément fait penser à Tom Sawyer, un autre enfant épris de liberté. Mais c’est aussi au film Stand by Me, adapté d’un roman de Stephen King, que j’ai beaucoup pensé au fil des pages. Car P’tit Trois, Eddie, Julie et Min sont épris de liberté et d’aventures. Liés par une forte amitié, tout les sépare, de leurs modes de vie à leurs personnalités en passant par leur perception du monde. Pourtant, lorsqu’ils décident de partir pour Chicago, rapporter une montre à gousset qu’ils ont reçu par erreur, c’est mue par un désir commun de mettre un peu de distance entre eux et leur Louisiane natale et une famille un peu trop sévère et trop peu permissive. Que ce soit dans le bayou, sur le Mississipi, dans les Grandes Plaines ou dans les grandes villes, le chemin est semé d’embûches qu’ils affrontent main dans la main avec tout le courage et la ténacité qui les habitent.

Le récit se partage en quatre parties, chacune racontée par l’un des jeunes héros, ce qui permet d’avoir un regard différent sur ce voyage initiatique qui va prendre différentes formes. D’aventure en chasse au trésor, ces quatre amis vont aider à résoudre une enquête vieille de dix ans en gardant en tête l’envie d’être riche et libre. Et comment parler du Célèbre catalogue Walker & Dawn sans aborder la beauté de l’objet livre. Car oui, ce roman est de toute  beauté, entre sa couverture en relief et ses ouvertures de chapitres richement illustrées par des pages du catalogue, des cartes de géographie ou des coupures de journaux qui viennent apporter des informations complémentaires et donnent un peu plus vie à l’histoire.

Davide Morosinotto signe un premier roman d’une grande richesse, un road trip incroyable vécu par des enfants à travers les Etats-Unis du début du vingtième siècle. Il aura fallu trois années à l’auteur pour venir à bout de son récit, ce qui en explique la qualité et l’abondance d’informations qu’il y déverse. A lire, à partager et à offrir!

L’avis d’Isabelle sur L’île aux Trésors.

P’Tit Trois, Eddie, Min et Julie ne pourraient pas être plus différents, et en même temps plus amis. Ils partagent un catalogue de vente par correspondance, trois dollars à dépenser et un grand désir de découvrir le monde. Et quand, au lieu du revolver qu’ils ont commandé arrive une vieille montre qui ne fonctionne même pas, les quatre n’hésitent pas une seconde et partent vers Chicago pour récupérer leur revolver. Au cours de leur voyage, ils rencontreront des tricheurs professionnels, des flics véreux, des méchants qui semblent gentils et des gentils qui ne le sont pas du tout… un crime non résolu et beaucoup, beaucoup d’argent…

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Magic Charly, tome 1. L’apprenti

 

Auteure: Audrey Alwett

Illustrateur: Stan Manoukian

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 415

 

Charly est un garçon en apparence tout ce qu’il y a de plus ordinaire mais qui cache, enfouis sous une couche d’émotions refoulées et un brin de culpabilité, des pouvoirs magiques surprenants. Pour venir en aide à sa grand-mère amnésique, il va devoir laisser s’exprimer ses talents et apprendre à compter sur lui-même. Accompagné de son animalier, le chat Mandrin, et de sa camarade de classe Sapotille, il commence son apprentissage de magicier et découvre un monde aussi fantastique que fascinant.

Si la qualité n’est pas toujours de mise, on ne peut éviter la multitude de livres parlant de magie et de sorcier lorsqu’on se ballade dans les rayons jeunesses des librairies. Avec Magic Charly, Audrey Alwett réussit brillamment cette plongée dans l’univers fantastique des sorciers et magiciens en tout genre; elle y développe un monde merveilleux et un vocabulaire qui lui est propre. L’ambiance générale et l’apprentissage de Charly ne sont pas sans rappeler Harry Potter, sans pour autant s’attarder sur cet univers, l’auteure ayant clairement réussit à s’émanciper de ce monstre de la littérature jeunesse sans pour autant en renier l’inspiration qu’elle y a trouvé.

Avec un soin particulier donné à la création de ses personnages, l’auteure signe un premier volume délicieusement captivant. Le lecteur découvre son univers en même temps que le héros, les détails sont légions et enrichissent la lecture au même titre que le récit, intelligent et dynamique. L’humour est très présent sans pour autant être lourd, au contraire il vient alléger des thématiques plus sombres, la mort et le souvenir, la mémoire, qui sont placés au cœur de l’histoire. De beignets de prédictions aux madeleines de réconfort, en passant par les tartes-chercheuses, Magic Charly réunit tous les ingrédients réunis pour en faire un roman de qualité: originalité, humour, émotions et qualité d’écriture.

Outre l’univers fantastique, c’est le parallèle fait avec notre monde réel qui est intéressant. Quand la grand-mère de Charly lui revient sans sa mémoire, on ne peux que penser à la douleur ressentie quand un être cher oublie peu à peu tout du monde qui l’entoure et des gens qu’il aime; la maladie d’Alzheimer est une souffrance pour tous… Magic Charly est le récit initiatique d’un apprenti magicier, mais c’est aussi et surtout, une histoire de famille pleine d’amour et d’amitié, une histoire de sacrifice, de vie et de mort!

Lecture coup de cœur, que j’ai lu pour moi-même (pour une fois) et que mes filles (10 ans) ont lu chacune du leur avec un plaisir énorme. A recommander à tous les lecteurs.

Je vous invite également à lire l’avis d’Isabelle sur son blog 😉

On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société. Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver – et se sauver lui-même -, Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier.