Lecture à 2 Voix·roman ado·roman young adult

L’année de grâce (2019/2020)

The Grace Year

Auteure: Kim Liggett

Traductrice: Nathalie Peronny

Editeur: Casterman

Pages: 448

Seize ans est un entre-deux âges qui marque physiquement le passage à l’âge adulte. Les jeunes filles ne sont plus des enfants et cela se voit dans le regard sans équivoque des hommes. A seize ans, Tierney se voit contrainte de quitter sa famille pour vivre l’année de grâce avec les autres filles de son âge. Mises à l’écart par leur communauté, elles sont envoyées affronter leur magie qu’il leur faudra dissiper. Installées derrière une palissade de bois, elles vont vite comprendre que si celle-ci les protège des dangers extérieurs, elles ne sont pas à l’abri des dangers qui viennent d’elles-même. Car si certaines élèvent, nombreuses préfèrent piétiner leurs consœurs et cet équilibre instable sera au cœur des relations qu’entretiendront ces jeunes filles. Tandis que certaines ne rentreront jamais chez elles, d’autres reviendront complètement changées.

L’année de grâce met en scène une communauté dans laquelle les hommes ont tous pouvoirs. Soumises à leur bon vouloir, les femmes ne représentent que la tentation et le désir sexuel qui se ternit avec le temps et la perte de fertilité. L’empreinte théologique est omniprésente dans l’éducation que reçoivent filles et garçons, qui appliquent dès le plus jeune âge les principes misogynes mis en place par le régime patriarcal. La dictature mise en place dans ce roman utilise la peur et l’assujettissement pour maintenir en équilibre une façon de vivre étouffante et brutale. Personne ne sort indemne de ce lieu de vie reclus. Le régime extrémiste appliqué à une communauté restreinte permet de saisir toute l’ampleure de la cruauté qui emprisonne les femmes dans un unique rôle reproductif.

Le texte de Kim Liggett invite à la réflexion sur la condition des femmes de notre époque dans certains pays: les difficultés d’accès à l’éducation, l’absence de liberté et la soumission imposée par les hommes sous peine de mise à mort. Portée par une héroïne intelligente et éprise de liberté, ce roman féministe pose la question de la place de la femme dans la société, et tente de démontrer qu’elles ne sont pas responsables des agissements des hommes à leur encontre lorsqu’ils se laissent dominer par leur désir. Si le récit est glaçant, il n’en porte pas moins l’espoir d’un avenir meilleur par le biais d’actions menées en secret par certains personnages féminins et masculins.

Je vous invite à lire l’avis d’Isabelle et celui de Pépita.

Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit. Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie.. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans: notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté. Pourtant, je ne me sens pas magique. Ni puissante.

5 réflexions au sujet de « L’année de grâce (2019/2020) »

  1. Impressionnant de voir la différence entre la couverture française et les couvertures originales, que je découvre grâce à toi ! Je ne sais pas laquelle je préfère 🙂

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