Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

On n’a rien vu venir (2012/2019)

Auteurs: Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal

Editeur: Alice

Collection: Poche

Pages: 110

Lundi 4 juin. Les résultats des élections sont tombés: Le Parti de la Liberté a gagné. Dans la rue des scènes de liesse populaire, des cris de joie, et parfois aussi des départs en catimini, des parents inquiets qui rappellent leurs enfants à la maison. Sept enfants nous racontent leur comment ce nouveau parti politique s’est immiscé dans leur quotidien. Sous couvert de liberté et de justice, il crée des lois liberticides avant de s’attaquer aux minorités sociales. De la couleur de la peau au handicap, en passant par l’homosexualité, la population se voit contrainte à des obligations et des restrictions injustes. Si certains ont fuit dès l’annonce des résultats, d’autres s’y préparent pendant que leurs voisins, leurs amis choisissent de subir ou d’entrer en résistance.

Ce roman à sept voix est à faire lire à tous les enfants pour éveiller leur conscience et développer leur esprit critique. En effet, les auteures y présentent comment un parti totalitaire arrive au pouvoir et comment une dictature s’imisce de façon insidieuse dans la vie de chacun, réduisant peu à peu les libertés et le libre arbitre, imposant une façon de vivre et de penser unique en maintenant un climat de peur permanent. L’écriture à quatorze mains apporte différent regards mais l’écriture reste cohérente et les chapitres se nouent naturellement, comme s’ils avaient été écrit par une seule personne. Les questionnements et réflexions qui suivent la lecture permettent de la prolonger intelligemment en ouvrant la discussion avec les jeunes lecteurs.

A découvrir, l’avis de Bouma et celui de Pépita.

Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays: le Parti de la Liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme – les « mal-habillés », les « trop-foncés », les « pas-assez-valides »…- et instaure des règles de plus en plus contraignantes. La liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge, les contrevenants sont traqués? Comment en est-on arrivé là?

Lecture à 2 Voix·roman ado

Hunger Games, tome 3. La révolte (2009/2015)

Mockingjay

 

Auteure: Suzanne Collins

Traducteur: Guillaume Fournier

Editeur: PKJ

Pages: 459

 

Après les évènements survenus lors des derniers Hunger Games, Katniss et Peeta ont été séparé. Alors que Katniss a été évacuée et soignée au District 13, personne ne peut dire si Peeta est encore en vie. Alors que la vie s’organise dans les profondeurs du territoire du District 13, Katniss s’apperçoit qu’elle n’y a pas que des amis. Si beaucoup voit en elle le symbole de la rébellion, d’autres se méfient de ses intentions ou se demandent en qui la jeune fille placera sa confiance pour prendre le pouvoir à la suite du Président Snow. Mais avant d’en arriver là, la révolte se met en place et la rébellion gagne peu à peu du terrain pour renverser le Capitole.

L’histoire fait suite directe avec le volume précédent. Katniss découvre que la révolte des districts est déjà bien plus avancée qu’elle ne le pensait. Laissées dans l’ignorance, elle prend conscience que son rôle n’est pas d’être en première ligne mais uniquement d’être le visage de la rébellion. Accompagnée d’une équipe de tournage, elle est envoyée dans les districts qui ont ralliés le mouvement afin de filmer des spots de propagande. Pendant ce temps différentes actions sont menées dans les districts pour chasser les Pacificateurs, soldats du Capitole chargée de faire respecter l’ordre. Malheureusement pour nous à ce stade de l’histoire, l’auteure ne nous donne que les informations mais nous ne les vivons pas puisque nous continuons de ne suivre que Katniss, la narratrice. Je me demande si à ce stade, Suzanne Collins n’aurait pas mieux fait de changer de point de vue pour rendre son récit plus vivant et dynamique. Les deux premiers tiers de ce tome ont été particulièrement difficile à lire car il ne s’y passait pas grand chose ce qui nous a rendu la lecture presqu’ennuyeuse.

Cependant le dernier tier relève le niveau dès l’instant où Katniss décide de se rendre au Capitole pour tuer le Président Snow. Il y a alors peu de temps mort et le soulèvement est complet. Katniss se rend compte qu’elle n’est pas toujours favorable aux actions menées par le treize et elle paiera un lourd tribut à la fin des combats. Jusqu’au bout, elle gardera la même ligne de conduite pour notre plus grand plaisir. Révolte ou pas, elle reste elle-même au fond, même si les jeux l’ont affectée à jamais.

Hunger Games est une bonne série, avec ses défauts et ses qualités. Pour Gabrielle et moi, ce fut un très bon moment de partage à travers la lecture. Nous avons eu de très beaux échanges sur la dictature et la politique, la prise de pouvoir, le soulèvement des peuples etc. Rien que pour ça je ne regrette pas d’avoir lu ces livres portés par une héroïne au cœur noble, courageuse et prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime. Suzanne Collins a su rendre réaliste un univers dystopique dictatorial et les conséquences que ce régime politique amène sur le peuple qui n’a pas d’autre choix que de se soulever pour reprendre ses droits et sa liberté!

Nous avons une fois de plus enchaîné avec le visionnage des deux films dont la construction m’a semblé plus vivante que celle des romans. Le fait de quitter Katniss pour voir ce qui se passe ailleurs est particulièrement intéressant. La scène qui m’a le plus touchée reste le moment où Katniss chante « Hanging Tree » et où l’on voit le soulèvement du District 5.

A lire également, l’avis de Bouma.

Contre toute attente, Katniss Everdeen a survécu aux Hunger Games à deux reprises. Mais alors qu’elle est sortie de l’arène sanglante vivante, elle n’est toujours pas en sécurité. Le Capitole est en colère. Il veut se venger. Qui pensent-ils devrait payer pour les troubles? Katniss. Et ce qui est pire, le Président Snow a été parfaitement clair sur le fait que personne d’autre n’est en sécurité non plus. Ni la famille de Katniss, ni ses amis, ni les habitants du District 12.

Lecture à 2 Voix·roman ado

Hunger Games, tome 2. L’embrasement (2015)

Catching Fire (2009)

 

Auteure: Suzanne Collins

Traducteur: Guillaume Fournier

Editeur: PKJ

Pages: 429

 

Après leurs victoires aux Hunger Games, Katniss tente de reprendre le cours de sa vie. Relogée dans le quartier des vainqueurs avec sa mère et sa sœur, leur niveau de vie s’est considérablement amélioré et elles tentent d’aider les plus nécessiteux. Alors que leur relation reste tendue, Katniss et Peeta s’apprêtent à rejouer les amoureux devant le tout Panem durant la Tournée de la Victoire. Manipulés par le gouvernement, ils vont devoir convaincre leurs concitoyens et le Président Snow que leur refus de s’entretuer à la fin des jeux n’est du qu’à leurs sentiments et que ce n’était pas un acte de rébellion. Car dans les districts, la colère gronde et les esprits s’embrasent. Mais avant d’assiter à la rébellion, il faudra voir se jouer les 75é Hunger Games.

Après la fin du premier tome, j’attendais le soulèvement et des actions plus concrètes contre le Capitole mais finalement l’histoire prend le temps de s’installer et nous impose de nouveaux jeux. La Tournée de la Victoire permet de voir la tension qui règne dans les districts et les répressions du gouvernement. Le retour dans le district douze ne se fait pas sans encombre avec l’arrivée de Pacificateurs dirigés par un chef retors. Pour imposer la terreur et étouffer la rébellion, le Président Snow annonce l’ouverture de nouveaux Hunger Games particuliers en cette année d’Expiation dont l’objectif apparait évident dès l’annonce: tuer Katniss et l’espoir qu’elle donne au peuple.

Suzanne Collins a su faire évoluer son personnage principal qui semble avoir définitivement quitté l’adolescence et doit apprendre à se construire avec le souvenirs des jeux et des morts laissés derrière elle. Confuse et troublée par ses sentiments, Katniss aurait pu se trouver au cœur d’un triangle amoureux mais l’auteure ne semble pas vouloir développer l’aspect romantique de sa série pour se concentrer sur les enjeux politiques. Ce qui n’est pas pour me déplaire. On retrouve les éléments qui font la richesse du premier volume avec les prémices de ce que nous trouverons forcément dans la suite. Entre actions et émotions, l’auteure apporte ce qu’il faut de rebondissements pour rendre la lecture intéressante.

Après la lecture, Gabrielle et moi avons vu l’adaptation cinématographique avant de nous lancer dans la lecture du tome suivant.

L’avis de Bouma est à lire ICI.

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. À l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

Lecture à 2 Voix·roman ado

Hunger Games (2008)

The Hunger Games

 

Auteure: Suzanne Collins

Traducteur: Guillaume Fournier

Editeur: PKJ

Pages: 411

 

Katniss Everdeen a seize ans et vit dans le District 12 à Panem, un monde post-apocalyptique reconstruit sur les ruines des Etats-Unis. Gouvernés depuis le Capitole, une ville technologiquement évoluée, les Districts sont soumis à une régime totalitaire. Pour maintenir l’ordre, le Capitole organise chaque année les Hunger Games, un jeu télévisé durant lequel, les participants s’entretuent jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Moissonnés parmi les jeunes de douze à dix-huits ans, les tributs sont sélectionnés au nombre de deux dans chaque District, un garçon et une fille. Lorsque Prim, sa sœur cadette, est tirée au sort pour participer aux jeux, Katniss s’offre en tant que volontaire pour prendre sa place. Elle ne souhaite que sauver sa sœur d’une mort certaine mais ne se doute pas un instant que son sacrifice et les choix auxquels elle sera confrontée vont lui attirer la sympathie du peuple et faire souffler un vent nouveau sur Panem.

Premier volet d’une trilogie dont le succès n’est plus à faire, Hunger Games est un roman dystopique qui pose les bases d’un univers dictatorial, un monde dans lequel les habitants de chaque district doivent fournir des ressources pour faire vivre le Capitole. Subissant la pauvreté extrême et ses conséquences, le peuple subit en plus les jeux de la faim qui envoient à la mort leurs enfants. Violents et cruels, ces jeux testent l’abileté à survivre dans un monde hostile et permettent au Capitole de maintenir le peuple dans un état de peur permanente.

L’idée de jeux de la mort n’est pas nouvelle et a déjà fait l’objet de récit bien plus violents. Je pense notamment au Battle Royal de Kôshun Takami (1999) rendu célèbre par son adaptation cinématographique. Mais la trame narrative est ici plus riche et met surtout l’accent sur le pouvoir totalitaire tenu par le Président Snow et l’abscence de liberté qu’il laisse aux habitants contrôlés par la terreur cristallisée dans un jeu de téléréalité qui n’amuse que les plus riches. Les personnages de Suzanne Collins sont parfaitement travaillés et leur évolution est maitrisée. Katniss et Peeta suscitent la sympathie, accentuée par l’évolution de leurs sentiments respectifs.

Lu à deux voix avec Gabrielle, je ne peux que saluer l’effet que le livre a sur elle. Elle craignait la violence et la cruauté des jeux mais y a trouvé bien plus. L’histoire lui permet de prendre conscience de ce qu’est un régime dictatorial et de la façon dont il est tenu. Cela suscite en elle de la colère et un sentiment d’injustice fort. Elle s’est immédiatement positionnée en faveur de Katniss et Peeta pour qui elle éprouve de la compassion mais également de l’attachement. Elle espère voir leur histoire évoluée vers de la romance. En attendant, nous avons regardé le film et commencé le deuxième tome.

L’avis de Bouma est à découvrir ici.

Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène: survivre, à tout prix. Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature…

Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

Winnie et la Grande Guerre (2020)

Winnie’s Great War (2018)

Auteure: L. Mattick & J. Greenhut

Illustratrice: Sophie Blackall

Traductrice: Caroline Guilleminot

Editeur: l’école des loisirs

Pages: 335

Nous connaissons tous Winnie l’ourson, si ce n’est par la lecture – Winnie l’Ourson : Histoire d’un ours-comme-ça – tout du moins par les classiques Disney; cet ourson en peluche, ami de Christopher Robin, fils de l’auteur A.A. Milne fait parti du paysage enfantin. Ce que nous sommes moins nombreux à savoir, est que l’ours en peluche de Christopher Robin fut baptisé Winnie en référence à une ourse noire à qui il rendait visite au zoo de Londres. Winnipeg fut acheté par le lieutenant Harry Colebourn alors qu’il était en route vers l’Europe avec son régiment de cavalerie canadienne. Ainsi nommée en référence à la ville natale du jeune homme, Winnipeg devient la mascotte du régiment et fait la traversée de l’Atlantique jusqu’en Angleterre. Avant de partir pour la France, Harry laisse Winnie au zoo de Londres où il l’espére plus en sécurité.

Joli parallèle avec l’oeuvre de Milne, Lindsay Mattick raconte l’histoire de Winnie à son fils Cole. Plus qu’une histoire pour enfant, il s’agit avant tout d’une histoire de famille puisqu’Harry Colebourn est l’arrière-grand-père de l’auteure. Accompagnée dans l’écriture par Josh Greenhut, elle s’inspire de faits réels basés sur les journaux de Harry ainsi que les récits de sa famille. Les inconnues étant nombreuses, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et signent un récit touchant sur fond de Première Guerre Mondiale. Des forêts canadienne au zoo de Londres, le voyage de Winnie ne se fait pas sans encombre mais partout où elle passe, la petite oursonne se fait des amis et attire la sympathie des humains. Les auteurs utilisent son regard pour dépeindre les émotions des soldats de qui elle partage le quotidien mais également, plus tard, celles des londoniens qui subissent les raids aériens.

Winnie et la Grande Guerre n’est pourtant pas un récit de guerre, c’est avant tout une histoire d’amitié, une histoire plein d’humanité dans laquelle un jeune homme, s’appretant à vivre une expérience terrible, choisit de sauver un animal sauvage pour qui il se prend d’affection en un regard. Lu à deux voix avec Gabrielle (11 ans 1/2), le texte nous a touché, parfois presque bouleversé, mais nous a aussi fait rire. Nous avons apprécié les anecdotes sur les animaux de guerre, les interventions de Cole qui s’interroge sur la véracité de certaines situations, l’amitié entre Harry et Winnie et le personnage de Harry dont les actions laissent à penser combien c’était un homme bon. Enfin, nous avons été charmé par les illustrations de Sophie Blackall qui viennent ponctuer le récit ainsi que « les archives de la famille Colebourn » situées en fin de volume qui permettent d’en savoir plus sur la naissance de ce roman et d’observer des photographies de Harry, Winnie et de toutes les personnes qui ont un rôle à jouer dans cet ouvrage.

Vous connaissez Winnie l’Ourson? Sûrement. Mais vous saviez qu’il avait vraiment existé? Et qu’il avait une histoire extraordinaire? Il y a un siècle, dans les forêts du Canada, une petite oursonne est séparée de sa mère et capturée par un trappeur. Un jeune lieutenant vétérinaire, Harry Colebourn, se prend d’affection pour elle et décide de l’adopter. Il l’appellera Winnie et en fera la mascotte de son régiment. A l’approche de la Grande Guerre en Europe, Winnie accompagne les soldats canadiens qui traversent l’océan. A Londres, où elle sera confiée au zoo. A l’endroit même où un petit garçon de cinq ans, A. A. Milne, fera sa connaissance et racontera ses aventures connues des enfants du monde entier.

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

Augustine (2020)

Auteure: Juliette Paquereau

Illustratrice: Junko Nakamura

Editeur: l’école des loisirs

Collection: médium

Pages: 69

 

Pour finir l’année comme nous l’avons vécue, un livre à la main, Gabrielle et moi nous sommes installées avec ce petit roman, lu paisiblement ensemble, à voix haute, en mode digestion et partage d’une petite lecture. Le papa, les yeux rivés sur son jeu vidéo, a largement profité de la lecture qui l’a amusé tout en le questionnant sur le rôle de l’école dans la construction de cette jeune fille.

Car Augustine, douze ans, souffre d’un trouble plus grand que celui de la page blanche. Alors qu’elle se demande si elle ne serait atteinte d’une sorte de maladie, elle chemine petit à petit entre le collège et le cours de piano, jamais complètement investie, jamais vraiment satisfaite mais des mots plein la tête. Pourtant son grand-père lui a dit qu’elle deviendrait quelqu’un. Entre manque de confiance en soi et réflexion sur son identité, Augustine rencontre une traductrice de livre venue présenter son métier à la classe ; une rencontre qui soulève la question pertinente de la capacité de chacun à réaliser des choses selon une réalité personnelle et non selon les attentes des autres.

Juliette Paquereau signe un premier roman touchant qui, en toile de fond, semble remettre en question un système de notation  scolaire qui peut engendrer une quête de perfection nuisible au développement personnel. Son écriture se veut poétique de part un phrasé en rimes qui donne une grande musicalité au texte et renforce l’attachement du lecteur à l’héroïne. On retrouve la chanteuse dans l’auteure, la musique dans l’écriture à la lecture de ce court roman porté par une héroïne musicienne et dont les chapitres semblent rythmés comme une partition. Les illustrations de Junko Nakamura renforcent la poésie du texte et l’incapacité d’Augustine à se pauser intellectuellement de part une technique aux crayons de couleurs qui rappelle les dessins des enfants. C’est un coup de ❤ !

***

L’avis de Gaby

J’ai beaucoup aimé Augustine car il y a de la poésie, les illustrations sont jolies et l’auteure fait passer un message intéressant à la fin de l’histoire.

***

Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n’aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d’avoir douze ans et demi (ce qui n’est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l’enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l’aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c’est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c’est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d’une sorte de maladie.

Lecture à 2 Voix·roman ado

A la croisée des mondes, tome 1. Les Royaumes du nord (1996)

His dark materials, book 1. The Golden Compass

 

Auteur: Philip Pullman

Traducteur: Jean Esch

Editeur: Gallimard

Pages: 447

 

Lyra Belacqua est une enfant de douze ans espiègle, casse-cou qui préfère courir les toits du Jordan Collège où elle grandit, que de rester assise à écouter l’un des érudits lui donner des leçons. Accompagnée de Pantalaimon, son dæmon, elle parcourt les étendues d’Oxford avec son ami Roger, un garçon de cuisine, et n’aime rien moins que se battre contre les enfants d’une autre université ou lancer des poignées de boue sur les péniches des Gitans. Curieuse, elle ne craint pas de braver les interdits pour écouter des conversation auxquelles elle n’est pas conviée. C’est ainsi qu’elle entend parler de la Poussière pour la première fois. Alors que son oncle Asriel lui refuse le droit de l’accompagner dans le Nord où il part faire des recherches, elle se voit contrainte de quitter le Jordan Collège pour suivre Madame Coulter, une femme mystérieuse, froide et cruelle. Les disparitions d’enfants se multiplient et lorsque Lyra prend conscience de la situation, elle entend bien venir en aide à ces disparus, d’autant plus que Roger semble être du nombre. Après s’être enfuie, elle se joint aux Gitans pour enquêter sur ces disparitions qui vont les conduire jusque dans le Nord dont elle a tant rêver.

Les Royaumes du Nord est le premier volet d’une trilogie dont le succès n’est plus à faire. Entre aventures et enquête, le récit s’installe dans le genre fantastique avec ses dæmons, manifestation physique externe du « moi-intérieur » d’une personne qui prend la forme d’un animal (définition wikipédia), ses ours en armure, ses sorcières et ses mondes parallèles. Au fils des pages, l’histoire, déjà très riche, s’enrichit de nombreux personnages qui viennent aider Lyra, prédestinée à faire de grandes choses. La jeune fille nous apparaît très rapidement d’une grande intelligence et dotée de capacités exceptionnelles à déchiffrer l’Aléthiomètre, cette sorte de boussole que même les plus érudits ne savent que difficilement interpréter, mais ce sont pourtant son courage et sa détermination qui nous la rendent sympathique et attachante. Bravant tous les dangers, elle fait son chemin en suivant son cœur et, guidée par l’Aléthiomètre, elle s’engage dans ce qui se présente comme un voyage initiatique semé d’embuches et auréolé de mystères.

Philip Pullman signe un récit fort d’une très grande richesse scénaristique. Une fois passés les deux premiers chapitres, le texte ne souffre d’aucune longueur et nous entraine dans une aventure fantastique incroyable menée tambour battant par une héroïne d’une intelligence et d’une sensibilité extraordinaire. Sa compréhension du monde est très fine même si de nombreuses questions restent en suspens. L’auteur dépeint un monde régi par le Magisterium, groupe de religieux dont le pouvoir s’apparente à une forme des plus radicales, l’autoritarisme, la séparation entre l’Eglise et l’Etat étant inexistante et l’Eglise ayant tout pouvoir pour condamner des propos ou actions qu’elle juge blasphématoire. Leur rôle premier semble être d’éradiquer le Péché mais ce n’est rien comparé aux actions de Madame Coulter dont les recherches sur l’intercision, cette acte barbare qui vise à détruire toute pulsion, tout désir, par amputation, est à l’image de sa personnalité, cruelle. On comprendra qu’un pays aussi puritain que l’Amérique y ait vu un contenu antireligieux et que la série ait suscité la colère de groupes catholiques. Mais le récit s’inscrit aussi dans le genre science-fiction avec la place importante accordée aux sciences entre références et personnages tournés vers la recherche: la Poussière et les Mondes Parallèles en étant le cœur.

L’émotion et la suspens sont à leur comble à la fin de ce premier volet qui pose de nombreuses questions sans y répondre complètement. Cela laisse espérer une suite aussi riche et intéressante. En tout cas j’ai hâte d’aller plus en avant dans la lecture de cette série fantastique.

Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami disparait, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans le pays, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révèlera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.

album·Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le Petit Prince

Auteur/Illustrateur: Antoine de Saint-Exupéry

Editeur: Gallimard

Collection: Album Junior

Pages: 96

 

Lu à deux voix avec Gabrielle 10 ans 11 mois.

Roman arrivé chez nous pendant le confinement, emprunté à une voisine pour une lecture à deux voix. Gabrielle voulait depuis longtemps lire ce grand classique mais ses amis lui en avaient fait de mauvais retours et elle appréhendait de se lancer. Et comme je ne l’avais jamais lu (honte sur moi), la lecture à deux voix s’est présentée comme une évidence. A deux on est plus fortes!

Il est difficile d’écrire une critique sur un roman aussi connu que Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Conte philosophique et poétique, ce récit pour enfants parait bien plus complexe qu’il n’y parait quand on s’y penche à l’âge adulte. Le texte est simple et dépouillé, à l’image des illustrations, compréhensible par les plus jeunes et pourtant si riche en symboliques. C’est probablement ces différents niveaux de lectures qui en font un récit universel; à moins que ce ne soit la quête de l’enfance perdue, oubliée qui nous pousse à lire (et relire) cet ouvrage si singulier une fois adulte, alors que l’enfant se contentera d’une lecture plus linéaire dans laquelle il retrouvera un imaginaire qu’il connait bien, des questions qu’il se pose… J’imagine qu’il existe de nombreuses interprétations de l’histoire, et que chaque lecteur y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. J’aime pour ma part la dualité qui émerge des thématiques: enfant/adulte, amour/amitié, la vie/la mort… et les met en résonance comme pour mieux nous rappeler que nous avons tous connus, ou connaîtrons, les deux parts de ces paires.

Ce qui est certain est que Le Petit Prince ne laisse pas indifférent. A lire et à relire.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait: « S’il te plait… dessine-moi un mouton! »

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Pinocchio (illustré)

Le avventure di Pinocchio

Auteur: Carlo Collodi

Traductrice: Nathalie Castagne

Illustrateur: Jérémie Almanza

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Dans le cadre de son programme littéraire – parcours « récit d’aventures » – Gabrielle devait étudier Pinocchio. La liberté étant donnée sur le choix de l’édition, je tenais à ajouter une version illustrée à notre bibliothèque de classiques. Après plusieurs hésitations, nous nous sommes mises d’accord sur les éditions Soleil et leur collection Métamorphose, qui ne nous ont jamais déçue. Ne me souvenant pas avoir lu ce récit, j’ai proposé à la demoiselle de le lire ensemble et c’est avec plaisir que nous nous sommes lancées dans une lecture à deux voix; lecture à voix haute qui aura permis à Juliette de suivre l’histoire et d’en discuter et rire avec nous.

Est-il nécessaire de résumer l’histoire de Pinocchio, ce petit pantin de bois pourvu de vie, malicieux et facétieux, qui part à l’aventure et rêve de devenir un véritable petit garçon? L’oisiveté est mère de tous les vices, elle ouvre l’esprit aux tentations et conduit à une mauvaise conduite. Chemin faisant Pinocchio fait bien des rencontres qui lui donnent plusieurs occasions de se rendre compte que le diction dit vrai. Il apprend à ses dépens que l’on reçoit toujours ce que l’on mérite. Mais Pinocchio a un bon fond et c’est le soucis et le respect qu’il a pour Gepetto, son père, qui le poussent sur le droit chemin. Guidé par la confiance que lui accorde la Fée Bleue et les épreuves qu’elle place sur son chemin, Pinocchio va, seul, gagner son humanité.

Conte de fée, récit initiatique, Pinocchio est une histoire moralisatrice dans laquelle l’auteur valorise le statut de l’école. Son message dit clairement que l’on doit aller à l’école pour acquérir une instruction qui permet de s’élever au statut d’être civilisé et, dans le cas de son héro, de devenir un humain. Si la morale peut paraître quelque peu désuète, Les aventures de Pinocchio n’en reste pas moins un récit intéressant. Le jeune héro a un esprit de liberté intense et des réflexions tout à la fois naïves et pertinentes; il se remet en question après chacune de ses mésaventures et essaie vraiment de s’améliorer. Le texte est ici sublimé par les illustrations de Jérémie Almanza. Illustrations qui fourmillent de détails, dynamisent la mise en page et révèlent toute l’innocence de l’enfance et la noirceur d’un monde cruel dans le lequel des criminels n’hésitent pas à exploiter cette innocence pour servir leurs intérêts.

Pinocchio nous a beaucoup plu, les filles ont bien rit et ont ressenti bien de la compassion pour le pantin de bois dont la naïveté est sans égal. Elles se sont aussi amusées à comparer le roman avec le film d’animation des studios Disney, à remarquer quels passages avaient été supprimés, etc. Nous avons passé un très bon moment avec cette lecture que je ne peux que recommander. Une nouvelle adaptation devait paraître dans les salles françaises le 18 mars 2020, réalisé par Matteo Garrone, avec Federico Ielapi dans le rôle de Pinocchio et Roberto Benigni dans celui de Gepetto. Nous avions projeté d’aller la voir et espérons désormais qu’elle aura bien lieu, en décalé (bande annonce en bas de page).

« Mais d’où a bien pu sortir cette petite voix qui a dit aïe? Il n’y a pourtant personne ici. Ce n’est tout de même pas ce morceau de bois qui aurait appris à pleurer et à se plaindre comme un enfant? » 

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Les Quatre filles du docteur March

Little Women

Auteure: Louisa May Alcott

Traductrice:  Paulette Vielhomme-Callais

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: folio junior

Pages: 426

Début janvier, Gabrielle et moi sommes allées au cinéma pour découvrir le nouveau film de Greta Gerwig, Les filles du docteur March, adaptant le classique de Louisa May Alcott. Une version moderne, qui dépoussière ce roman intemporel. Je pourrais vous parler des heures de ce film mais là n’est pas le propos de ce billet (quoi que…). La qualité du film et l’histoire des filles March a donné envie à ma jeune demoiselle de découvrir le roman (en fait nous en avions déjà lu une version il y a deux ans, mais qui m’avait laissé sur une déception). La sortie du film a lancé les éditeurs a ressortir ce titre et notre choix s’est porté sur les éditions Gallimard Jeunesse et leur collection Folio Junior qui propose dans également les deux premières suites que nous ne manquerons pas de lire.

Le roman d’Alcott est mondialement connue pour son histoire, ses personnages et les valeurs qu’il transmet. Little Women raconte le quotidien de quatre sœurs issues de la classe moyenne américaine, en pleine guerre de sécession. L’éducation bienveillante, la générosité et la sincérité des émotions véhiculées sont autant d’ingrédients qui donnent aux Quatre filles du docteur March un petit goût de douceur et de chaleur bienvenu dans un monde où l’humain a perdu de vue les valeurs essentielles à la vie et au respect. Par ailleurs, le discours sur la place de la femme dans la société en fait en récit résolument féministe et moderne.

Lu à deux voix pour une lecture dynamique et un plaisir mutuel, des fous rires communicatifs et un partage des émotions, Les Quatre filles du docteur March est un roman coup de cœur à lire et à relire et surtout à partager.

Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie des quatre sœurs March, âgées de onze à seize ans: Meg, la romantique; Jo, véritable garçon manqué et débordante d’humour; Beth, la musicienne si timide; et Amy, l’artiste de la famille, qui se laisse aller parfois à une centaine vanité. Très vite, elles se lient d’amitié avec leur voisin Laurie, s’enthousiasment avec Meg pour son premier bal, montent un troupe de théâtre, mais aucune distraction ne peut leur faire oublier l’absence de leur père parti au front…