essai·masse critique·roman

L’Evangile des Anguilles (2019)

Ålevangeliet

 

Auteur: Patrik Svensson

Traductrice: Anna Gibson

Editeur: Seuil

Pages: 280

 

Intriguée par ce titre proposé dans le cadre d’une masse critique, je me suis laissée séduire par la quatrième de couverture. Je m’attendais à un roman dans la même ligne que Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean mais il n’en est rien.

Entre essai et roman biographique, Patrik Svensson réussit le pari fou de nous faire adhérer à son ouvrage, que l’on soit ou non intéressés par les anguilles. Le récit alterne les chapitres sur l’anguille d’un point de vie scientifique, historique, culturel et les chapitres plus personnels dans lesquels l’auteur se remémore sa découverte de l’animal et surtout de l’art de la pêcher en compagnie de son père. Mais ce roman est aussi un voyage en Scanie, cette province suédoise dans laquelle l’auteur a grandi et nous en décrit certains paysages avec un regard sincère sur la beauté qui s’anime devant ses yeux.

Je dois dire qu’aussi intéressants que soient les chapitres sur l’anguille, ce sont ceux sur l’enfance de Svensson qui m’ont le plus séduite. L’émotion palpable, l’amour d’un fils pour un père parti trop tôt nous font ressentir la douleur et la difficulté à faire son deuil. Il n’en reste que j’ai trouvé cette fascination pour l’anguille vraiment intéressante, d’autant plus que le deuil semble se faire au travers de cet écrit; qu’on nous parle de ses origines, de sa reproduction  ou encore de sa disparition probable, en passant par la meilleure façon de la cuisiner, les mystères qui entourent ce poisson sont multiples et l’étude ou les recherches menées pour en résoudre au moins certains sont passionnantes à lire. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce titre remporte un tel succès à travers le monde.

Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour cette découverte originale.

C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension. Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore, « la question de l’anguille » demeure en grande partie irrésolue.

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