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Rejoignez-nous #grevepourleclimat

 

Auteure: Greta Thunberg

Traductrice:  Flore Vasseur

Editeur: Kero

Pages: 32

 

Greta Thunberg est l’une des adolescentes les plus médiatisées de ces dernières années. Militante engagée dans la lutte pour le climat, elle est à l’origine d’un mouvement de grève scolaire démarré en Suède qui s’est étendu à toute la planète.

Adolescente atypique, elle attise le mouvement par son discours direct, ses revendications d’une prise de conscience urgente, et la demande d’une mise en place immédiate de mesures concrètes pour limiter les dégâts causés par le réchauffement climatique. Si ces demandes sont fondées et trouvent échos en beaucoup, elles attisent aussi la colère des politiques et des climato-sceptiques qui tentent de la discréditer en la faisant passer pour l’instrument d’activistes aguerris. Car, comment une jeune fille de quinze ans, porteuse d’un syndrome d’Asperger, pourrait-elle avoir un discours si mature et si informé?

Dans Rejoignez-Nous, Greta Thunberg expose clairement et simplement son parcours, son engagement et sa différence qui la rend si unique, si engagée et la pousse à agir avec tant de volonté et de passion. Le texte est court, les mots sont simples et à porté de tous. Les chiffres qu’elle avance ne tombent pas du ciel, ils sont une réalité scientifique qui lui permettent d’appuyer ses arguments et de rendre son discours crédible. Ne nous trompons pas de cible! Si Greta Thunberg dérange, c’est parce que son combat est légitime et remet en cause les décisions de nos dirigeants qu’elle pointe du doigt et à qui elle demande de rendre compte d’une situation qu’ils n’aident pas à changer.

Je remercie Ada, La collectionneuse de Papillons, qui m’a offert ce petit livre engagé.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

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« Nous devons changer à peu près tout dans nos sociétés. Plus grande est votre empreinte carbone, plus grand est votre devoir moral. Plus grande est votre audience, plus grande est votre responsabilité. Les adultes continuent de dire: « C’est notre devoir de donner de l’espoir aux jeunes. » Mais je ne veux pas de votre espoir. Je ne veux pas que vous soyez pleins d’espoir. Je veux que vous paniquiez. Je veux que chaque jour vous ayez peur comme moi. Et puis je veux que vous agissiez. Je veux que vous agissiez comme si vous étiez en crise. Je veux que vous agissiez comme si votre maison était en feu. Parce qu’elle l’est. »

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Beethoven et la fille aux cheveux bleus

Beethoven e la ragazza coi capelli blu

Auteur: Matthieu Mantanus

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 205

 

Beethoven et la fille aux cheveux bleus est un récit assez surprenant par bien des aspects. Alors que la quatrième de couverture laisse penser qu’il s’agit d’une romance dans le monde de la musique, on se rend bien vite compte que l’histoire d’amour n’est pas celle qu’on espérait voir naître sous nos yeux mais plutôt une histoire d’amour entre une jeune femme et la musique. En effet Anna, qui intègre le groupe Red Heaven en tant que bassiste, est aussi contrebassiste dans un orchestre symphonique et aime aller au bout des choses. Aussi quand elle aime un morceau de musique, elle se documente au maximum sur son compositeur, son histoire, l’écriture de la musique, son interprétation, sa lecture et sa décomposition. Elle commence à laisser parler sa passion un peu par hasard, comme pour meubler le silence, ou pour entrer en communication avec Mark Rochester, le chanteur et leader du groupe. Lorsque celui-ci se prend au jeu, le hasard devient un rituel qui va les unir durant les temps calmes de leur semaine de travail en Italie… peu à peu Mark s’ouvre à la musique classique et se laisse charmer par le récit d’Anne et par la jeune fille…

L’histoire de la musique est vraiment intéressante et on ressent toute la passion de l’auteur, lui-même musicien, pour son sujet. Si l’écriture n’est pas désagréable, elle n’en reste pas moins très didactique; si j’ai trouvé l’héroïne très rafraîchissante et ses discussions enrichissantes, je trouve que les chapitres s’enchaînent sans trop de lien entre eux et manquent du dynamisme attendu dans un roman. Au final le récit se rapproche plus de l’essai. Par ailleurs, si j’ai trouvé les deux personnages convaincants, je les trouve un peu trop âgés pour un roman adolescent. Leur mode de vie et leur centre d’intérêt me paraissent assez éloignés des ados et je ne suis pas convaincue qu’ils s’y retrouvent. Mais en ce qui me concerne, j’ai passé un très bon moment de lecture.

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Mark Rochester, le chanteur de Red Heaven, enregistre son prochain album dans une ferme de la campagne toscane, avec une nouvelle bassiste dans le groupe : Anna. Bientôt, il apprend que la jeune femme est également contrebassiste dans un orchestre classique, et, durant les temps morts de l’enregistrement, elle lui raconte la grande et la petite histoire de cette musique jugée plus noble que le rock, telle une Shéhérazade moderne. Mark comprend alors que la musique forme un tout, une continuité, mais surtout il tombe amoureux d’Anna. Des sentiments qui sont – peut-être – réciproques.

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Naissance de l’Ecologie – Polémiques françaises sur l’environnement 1800-1930

Natural Interests: The Contest Over Environment in the Modern France

Auteure: Caroline Ford

Traductrice: Béatrice Commengé

Éditeur: Alma

Collection: Essai – Histoire

Pages: 360

J’ai toujours pensé que le concept d’écologie datait de l’après guerre mais il apparaît qu’il existait bien avant cela puisque déjà évoqué en 1800. Cependant il semble que les notions d’écologie politique ne soient apparues qu’assez tardivement en France, et en Europe centrale de façon générale, ce qui explique sans doute cette fausse idée.

Dans Naissance de l’Ecologie Caroline Ford retrace chronologiquement les mentions faite à l’écologie avec ses tenants et aboutissants -quand il y en a – dès 1800 et jusqu’à 1930. Qu’il soit question de littérature, d’art, de politique ou tout simplement d’une prise de conscience, l’auteure démontre que l’écologie est née très tôt mais que c’est un concept qui n’a que trop peu évolué dans le temps, faisant d’une action positive une façon de dissimuler l’impact négatif que peut avoir la domination humaine sur la nature mais sans autre succès que de limiter les réactions du grand public.

Naissance de l’écologie est un peu l’effroyable constat des erreurs humaines qui se répètent et dont notre politique écologique ne semble pas tirer de leçons. A méditer!

Je remercie Babelio et Alma éditions pour cette offre de masse critique enrichissante.

La France n’a pas attendu les années 1970 pour s’intéresser à l’environnement. L’Américaine Caroline Ford, dans cet essai novateur, montre la vivacité du débat français sur la nature de 1800 jusqu’aux années 1930. Scientifiques, politiques et artistes rivalisent d’initiatives et d’interventions. Bien au-delà de l’Hexagone. Tout au long du XIXe et du XXe siècle, la guerre, les bouleversements politiques et les désastres naturels – particulièrement les grandes inondations de 1856 et de 1910 à Paris – ont provoqué l’inquiétude grandissante des Français. La déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation agitèrent l’opinion dès le règne de Napoléon Ier, suscitant de nombreuses interventions de l’État (l’administration des Eaux et Forêts) ou de la société civile. Non seulement les naturalistes et les scientifiques mais aussi les politiques, les ingénieurs, les écrivains et les artistes se passionnèrent pour la cause environnementale. Le triomphe de la peinture  » au grand air  » et de l’impressionnisme au temps des chemins de fer et de l’industrialisation n’est pas un hasard… Et que dire du projet de  » verdir Paris  » et les grandes villes, cher au Second Empire? L’expansion coloniale fut elle aussi propice au développement de la conscience environnementale notamment en l’Algérie, qui devint un laboratoire en ce domaine. Et c’est au tout début du XXe siècle que la France mit en place un arsenal juridique visant à protéger l’environnement (création de parcs naturels, de réserves, etc.). C’est elle qui, la première, appela la communauté internationale à coopérer sur le sujet. 

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The Reading Promise

 

Auteure: Alice Ozma

Éditeur: Two Roads

Pages: 275

 

The Reading Promise n’est pas un livre qui parle de livres à proprement parler, mais plutôt des bienfaits de la lecture quotidienne dans la relation avec l’autre, dans la construction de la personnalité de l’enfant mais aussi de tous les souvenirs et moments qu’on peut rattacher à une lecture.

Pour son premier livre, Alice Ozma signe un témoignage unique sur l’importance que la lecture a eu dans sa vie dès son plus jeune âge. Bien que son père lui faisait déjà la lecture à voix haute, ils se sont fait la promesse, comme un défi à relever, de lire ensemble pendant cent nuits d’affilées. Et ce qui était au départ un jeu, est devenu un rituel qui aura duré 3 218 nuits. Cela aura renforcer leurs liens, leur amour. Mais plus que de leurs lectures, ce dont l’auteure nous parle est plutôt de sa vie et de ses souvenirs liés à une lecture, que ce soit un événement léger comme une relation difficile avec un professeur, ou un événement plus marquant comme la séparation de ses parents, chaque livre lu apporte son lot d’émotions .

The Reading Promise est une très belle histoire d’amour filial, d’amour de la vie, d’amour du livre.

 

This is not a book about books. This is a book about people. This is a book about the love between a father and a daughter, and of bonds that last a lifetime. It is a book about the 3,218 nights that Alice and her father spent reading, and the quilt of their lives, woven together by the books they shared. It is a memory of the words on the pages a tribute to the one who read them. For reading with someone is an act of love and, this is, above all else, a love story.

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Vers la sobriété heureuse

Auteur: Pierre Rabhi

Éditeur: Actes Sud

Collection: Babel – Essai

Format ebook (163 pages)

 

Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir l’écriture de Pierre Rabhi. J’aime beaucoup son discours et sa façon de s’exprimer avec humilité et bienveillance. Je ne sais pas si j’ai fait le bon choix avec ce titre qui au final ne m’a rien appris de plus que je ne savais déjà, mais j’ai aimé cette lecture qui dégage les mêmes impressions que l’écoute de cet incroyable orateur humaniste.

Vers la sobriété heureuse dresse la constat d’une société sur le déclin qui a fait le choix de se moderniser sans ne rien conserver de ses traditions et valeurs; une société capitaliste qui n’a de cesse de creuser les inégalités au travers d’une course à la (sur)consommation dont l’objet de convoitise serait source de bonheur.

Pierre Rahbi, écologiste de la première heure, se fait le porte-parole de toute un population qui cherche à se redéfinir au travers d’un retour aux sources, aux traditions et aux valeurs humaines, une population qui a compris que le bonheur se trouve ailleurs que dans l’argent et que la modération est affaire de tous. Entre vivre ou survivre, il faut choisir!

Pierre Rabhi a vingt ans à la fin des années 1950, lorsqu’il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu’ont commencé à dessiner sous ses yeux ce que l’on nommera plus tard les Trente Glorieuses. En France, il contemple un triste spectacle : aux champs comme à l’usine, l’homme est invité à accepter une forme d’anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique. L’économie ? Au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, elle s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science. Le lien viscéral avec la nature est rompu ; cette dernière n’est plus qu’un gisement de ressources à exploiter – et à épuiser. Au fil des expériences, une évidence s’impose : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé « mondialisation ». Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner enfin au monde légèreté et saveur.

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La vie secrète des arbres

Das geheime Leben der Bäume: Was sie fühlen, wie sie kommunizieren – die Entdeckung einer verborgenen Welt

Auteur: Peter Wohlleben

Traductrice: Parcorinne Tresca

Éditeur:  Les Arènes

Collection: Environnement

Format ebook (260 pages)

 

Peter Wohlleben est forestier et après avoir passé des années à exploiter, il s’est mis à observer. De valeur marchande, la forêt lui est soudain apparue comme l’essence même de la vie. Avec ce regard de passionné, il nous décrit la vie secrète des arbres.

Entre roman et essai naturaliste, ce livre explique comment les arbres vivent entre eux, comment ils communiquent, s’entre-aident ou se protègent, interagissent entre eux ou avec leur environnement… A partir de ses observations, Peter Wohlleben sensibilise le lecteur à la préservation des espaces forestiers; il insiste sur l’importance de la longévité et sur la liberté naturelle des arbres à occuper un territoire plutôt que de forcer une cohabitation fortuite entre espèces « concurrentes ».

La vie secrète des arbres est un livre riche qui plaira sans doute d’avantage à ceux qui partagent déjà certaines convictions de l’auteur; pour les autres, il reste un formidable outil pédagogique pour l’éveil des consciences, titillant la compassion humaine par anthropomorphisme… dérangeant mais pas dénué de sens.

Les citadins regardent les arbres comme des « robots biologiques » conçus pour produire de l’oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ». La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l’ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.