BD/manga

Le jardin secret – Seconde Partie (2022)

Auteure/Illustratrice : Maud Begon

d’après Frances Hodgson Burnett

Editeur : Dargaud

Pages : 112

Comme il semble loin le temps où la petite Mary arrivait des Indes dans le manoir anglais de son oncle. Pleine de vie, elle a le sourire en permanence, s’est remplumée et a pris des couleurs. Oh bien sûr elle n’a pas perdu son caractère et elle sait montrer de quel bois elle se chausse lorsqu’elle affronte les colères de son cousin, Colin. Ce n’est tout simplement plus la même enfant ! Ce dernier, maladif et chétif, est maintenu à l’isolement et vit, cloué au lit, comme un mourant depuis sa naissance, dix ans plus tôt. Mais Mary est convaincue que ce dont son cousin a le plus besoin c’est d’amitié, d’air frais et de la magie du jardin secret pour devenir un petit garçon comme les autres.

A l’image de sa couverture, cette seconde partie du récit est bien plus lumineuse que la première. Maintenant que Mary a pris goût à la vie, elle entend bien profiter de tout ce qu’elle a à lui offrir et il est hors de question de ne pas en faire profiter son cousin. Avec beaucoup de patience, d’encouragement et, il faut bien l’avouer, quelques belles disputes, les deux enfants se rapprochent et comblent leur solitude par leur compagnie mutuelle. La présence de Dickon et ses animaux est un véritable baume au cœur. Les enfants passent tout leur temps ensemble et profitent de l’air vivifiant et de tous les bienfaits que la nature peut leur offrir.

Car la nature est vraiment omniprésente dans ce second volume. Parce que les enfants sont souvent dehors, parce qu’ils sont toujours dans le jardin secret qui offre un paysage préservé, presque sauvage, dans lequel les animaux viennent faire leur nid et se cacher ; les fleurs, arbres et autres végétaux poussent de façon extravagante comme pour rappeler qu’ils n’ont pas besoin de l’homme pour se développer. Alors que les petits mammifères, à l’image de Mary et Colin, viennent chercher auprès de Dickon l’attention et les soins dont ils ont besoin pour (sur)vivre.

Maud Begon déploie une palette de couleurs chatoyantes pour donner vie à tout ce petit monde et l’enrichie d’une multitude de fleurs de toutes les couleurs, de mammifères, oiseaux et insectes qui rendent compte d’un travail minutieux. Ses planches sont de toute beauté ; j’avoue avoir été particulièrement émue par les illustrations pleines pages… mais il se dégage une grande sensibilité au fil des pages. On retrouve dans l’évolution de Colin, les mêmes changements de couleurs ou d’expressions qu’on pouvait noter chez Mary, donnant à ce diptyque une symbolique de renaissance qui se répète comme un cycle de vie. C’est tout simplement magnifique !

Après la mort de ses parents aux Indes, Mary est recueillie par son oncle toujours absent, dans un sombre et étrange manoir perdu sur la lande anglaise. C’est là que Mary découvre les indispensables bonheurs que procurent l’amitié et la nature grâce à un mystérieux jardin secret.

roman jeunesse

Les gargouilles de Morne-Ecu (2022)

Auteure : Aurélie Magnin

Illustratrice : Caroline Leibel

Editeur : Alice

Collection : Deuzio

Pages : 132

Fan de l’époque médiévale, j’avais hâte de découvrir ce roman jeunesse dont la couverture promettait une héroïne de caractère et des gargouilles plus terrifiées que terrifiantes. Et je peux dire que j’ai vraiment passé un bon moment en compagnie de ces gargouilles. Découpée en deux parties, l’histoire se déroule sur deux époques : le douzième siècle d’un côté, le vingt-et-unième de l’autre.

Au XIIe siècle, le tailleur de pierre Erec peine à gagner sa vie en vendant les gargouilles qu’il taille pour la nouvelle cathédrale de Fabiourg. Les seigneurs de la ville ne lui paient que la moitié de son dû car il vient de la miséreuse Morne-Ecu. Sa fille, Aélis, dirigée par un puissant sentiment d’injustice, s’apprête à commettre un interdit pour venger sa famille et ses voisins des citadins, se condamnant, ainsi que tous ses descendants, à subir une malédiction. Il faudra attendre d’être de nos jours, pour que Camille, la dernière née de cette famille, puisse se confronter aux légendes de sa famille pour tenter de tous les sauver.

Les gargouilles de Morne-Ecu est avant tout un récit fantastique original et drôle, bien qu’il aborde aussi des thématiques plus sombres telles que le poids de l’héritage, les inégalités sociales et de genre ou encore la cruauté envers les animaux. Les gargouilles sont ici des animaux décriés par leur apparente laideur alors qu’elles ne sont que gentillesse et gloutonnerie. Naïves et maladroites, elles sont pourtant très attachantes et sont des personnages essentiels à l’histoire.

Le récit est bien mené, bien pensé et ne manque pas d’originalité. On pourra cependant regretter l’enchainement un peu trop rapide des événements. Je dois bien admettre que, si le saut dans le temps ne m’a pas gêné et m’a même paru très cohérent, j’aurais aimé passer un peu plus de temps au Moyen-Age. Je pense qu’il y avait matière a nourir un peu plus le récit de magie et de vengeance et à donner un peu plus de consistance aux deux personnages féminins pour les rendre plus attachantes. Cela reste une aventure vraiment sympathique pour initier les jeunes lecteurs au récit fantastique, et passer du temps en compagnie d’adorables créatures.

XIIe siècle – dans le foyer d’Erec, le tailleur de pierre, la misère se fait sentir. Son élevage de gargouilles est en danger. Aélis, sa fille, s’apprête à prendre une décision radicale, portée par la colère et un fort sentiment d’injustice…

De nos jours – dans les boutiques de Mornécuens, d’affreuses figurines de gargouilles rappellent la légende régionale : les deniers spécimens auraient vécu au village. Camille, la descendante d’Aélis, n’y croit pas, mais plus pour bien longtemps…

roman jeunesse

L’Apprenti conteur (2022)

Auteur : Gaël Aymon

Illustrateur : Siegfried de Turckheim

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Neuf

Pages : 152

Charles Perrault a décidé d’envoyer son fils à la campagne avec l’espoir qu’il y trouve l’inspiration qui le fera remarquer à cour de Versailles. A douze ans, Pierre n’aime pas la poésie et lorsqu’il rencontre Mariette, il se laisse facilement convaincre que les contes ont le vent en poupe auprès de Mademoiselle, la fille du roi. Il accepte de rencontrer sa nourrice qui lui raconte une histoire assez pauvre après lui avoir arraché la promesse d’une réécriture plus qualitative. Sur le chemin du retour il fait une terrible rencontre, la première d’une série qui tend à se répéter chaque nuit et dont il ressort avec l’envie frénétique d’écrire des pages et des pages sur son cahier.

Gaël Aymon prend pour point de départ les contes de Ma mère l’Oye en se basant sur l’hypothèse selon laquelle Pierre Perrault, dit Darmancour, en aurait écrit l’essentiel ; son illustre père y aurait ensuite apporté quelques modifications, dont on ne connait pas exactement la teneur, avant de les faire publier. Il peuple son univers de personnages terrifiants, poussant son héros à affronter ses peurs les plus terribles et signe un titre aussi sombre que sa couverture.

Les contes contiennent toutes les peurs des enfants afin qu’ils s’en libèrent.

Mais L’Apprenti conteur va bien au-delà du conte de fées et flirte avec le fantastique en plongeant son personnage principal dans un monde chimérique qui le fait douter des limites de son imagination, poussant également le lecteur à s’interroger sur la frontière entre le réel et l’imaginaire, et sur l’existence d’une vie après la mort.

Car il est ici bien question du temps qui passe et de l’emprunte laissée par le souvenirs de notre passage sur Terre lorsque l’on passe de vie à trépas. Ainsi, si Pierre a besoin de l’écriture pour faire le deuil d’un être cher, la nourrice utilise la plume du garçon pour inscrire ses histoires dans la mémoire collective en le poussant à leur donner une substance plus moderne et en adéquation avec son époque ; époque durant laquelle la transmission orale s’est perdue.

Conte fantastique mais également récit initiatique, L’Apprenti conteur est un roman très sombre qui séduira les amateurs de frissons. L’écriture de Gaël Aymon joue sur l’effet de surprise pour effrayer son héros et son lecteur, sentiment renforcé par les illustrations toutes en noir et blanc de Sigfried de Turkheim qui viennent assombrir un peu plus le récit. L’objet livre est par ailleurs magnifique dans sa mise en page qui introduit chaque chapitre par une citation de chacun des huit contes d’origine en les encadrant de ronces.

Je vous invite à lire l’avis de Tachan.

Pas facile d’être le fils du grand Charles Perrault… A douze ans, Pierre est envoyé à la campagne pour y écrire le recueil de poèmes qui le fera remarquer à Versailles. Afin d’échapper à la corvée, le garçon se dit que collecter des contes auprès d’une vieille nourrice puis les retranscrire ne devrait pas lui demander trop d’efforts. Mais la première histoire, celle d’une petite fille croquée par un loup, n’a ni queue ni tête et tient en trois lignes ! Il faut bien davantage pour captiver des lecteurs. Fort heureusement, Pierre a une imagination débordante et de quoi l’alimenter. Chaque nuit, il fait d’étranges rencontres : une petite Mariette habillée d’un chaperon rouge, un messire Leloup qui porte une barbe aux reflets bleutés, sept petites ogresses… De quoi donner des idées à l’apprenti conteur.

Le coin de Gaby·Le coin de Ju

Culture adolescente #6

Deuxième semaines de vacances scolaires, marquée par les festivités de Noël et la découverte des cadeaux sous le sapin, parmi lesquels il y avait des livres. On voit aussi se dessiner leur personnalité, une passant plus de temps à lire et l’autre à regarder la TV.

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Que lisent-elles à 13 ans 1/2 ?

Toujours énormément de bandes dessinées, des suites attendues par toutes les deux ainsi que des découvertes et suites pour Juliette.

Gabrielle poursuit également plusieurs séries mais tente des découvertes dans des genres différents. Elle aime toujours beaucoup les biographies et prend plaisir à en lire sous ce format. Cette fois-ci du côté des mangas on retrouve une suite (surprise trouvée durant un passage chez le libraire) et une découverte avec Adabana que j’avais emprunté pour moi mais qu’elle a lu avant même que je ne m’en rende compte.

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Que regardent-elles à 13 ans 1/2 ?

Du côté des films, une belle surprise pour la nouvelle adaptation du Matilda de Roald Dahl. Pas très comédies musicales, il y avait des appréhensions mais au final c’était un très bon film. Le dernier Disney les a bien amusé, elles ont aimé le mélange des genres, les représentations des couples et de la famille qui s’éloignent des schémas hétéronormés. Juliette continue de revoir des films « doudous », bien au chaud sous sa couette.

Quant aux séries, il y a eu deux fins et deux découvertes, chacune la sienne. Gabrielle et moi avons versé quelques larmes sur His Dark Matérials. Encouragée par nos retours très enthousiastes sur Arcane, elle a décidé de la regarder de son côté. Elles ont fini Sword Art Online avec leur frère. Juliette, grande fan du manga Ranking of Kings, a découvert qu’il en existait une adaptation, elle s’est donc lancée avec plaisir.

masse critique·roman ado

Oscar Goupil – A London Mystery (2022)

Auteure : Camille Guénot

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Médium

Pages : 240

Oscar Goupil a treize ans, des parents fantasques et une vie plutôt solitaire. Alors que les vacances de Noël débutent, ses parents s’absentent sans la prévenir, ne lui laissant que quelques instructions concernant son planning griffonnées sur un bout de papier. Il est envoyé chez Léonie, une vieille grand-tante installée à Londres qui le loge dans une ancienne chambre de bonne, située au sous-sol de sa demeure, et l’envoie travailler à la National Gallery. Sur place, l’adolescent ordinaire, découvre des choses qui le sont bien moins et il se retrouve bientôt au cœur d’une enquête visant à retrouver des artistes contemporains mystérieusement disparus.

Enquête policière, récit initiatique, aventure fantastique, A London Mystery est un mélange de tout ça à la fois. Avec ses personnages fantasques, exubérants, caractériels ou plus discrets, ce premier roman de Camille Guénot est une véritable bouffée d’oxygène en cette fin d’année, une aventure passionnante au cœur même de l’art et un voyage à travers les époques.

Le texte amène une réflexion très intéressant sur l’art en général mais plus particulièrement sur l’accueil et l’interprétation d’une œuvre, et de son artiste, selon l’époque à laquelle ils appartiennent. L’auteure s’inspire d’artistes réels pour créer ses personnages et les intègre à son histoire avec brio, faisant d’eux des esprits aussi libres que leurs œuvres. C’est assez fascinant mais surtout cela vient mettre du peps et de l’humour au récit.

J’ai aussi apprécié l’imprégnation anglaise de l’histoire avec des personnages secondaires qui se comportent de façon très guindé, entre style classieux et obsolète. Le jeune Danny avec sa joie de vivre et ses origines plus que modestes semble tout droit sorti d’un roman de Dickens. Quant à Oscar, c’est typiquement le genre de héro auquel on s’attache et qu’on prend plaisir à voir évoluer. Par ailleurs, l’auteure s’amuse à glisser des références à la littérature anglaise renforçant l’impression, que l’on pouvait ressentir dès l’exergue, pour sa passion pour les livres.

Oscar Goupil – A London Mystery est un roman pour les amoureux des livres et les amateurs d’art, des formes artistiques dont Camille Guénot semble encenser la diversité des genres tout en soulignant les débordements. A méditer…

Je vous invite à vous rendre sur l’Île aux Trésors pour y lire l’avis d’Isabelle.

Je remercie Babelio et les éditions l’école des loisirs pour la lecture de ce titre dans la cadre de Masse Critique.

Chers lecteurs, Si vous aimez le confort douillet de votre quotidien, si vous exécrez le mystère et la magie, reposez ce livre et passez votre chemin. Car ce qui vous attend entre ces pages n’est pas pour les âmes sensibles. Je vous le tout dis tout net : je suis un garçon ordinaire à qui des choses extraordinaires vont arriver. Tout commence par la lettre que mes parents m’ont laissé, m’obligeant à passer les vacances de Noël à Londres, chez mes grand-tante Léonie. Et je vous assure que, vu sa réputation, c’est loin d’être un cadeau. Mais attention, le train part… Vous me suivez ?

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Les lettres du Père Noël

Letters from Father Christmas

Auteur : J. R. R. Tolkien

Traducteurs : Gérard-Georges Lemaire & Céline Leroy

Editeur : Christian Bourgois

Pages : 208

J’ai découvert les Lettres du Père Noël de Tolkien il y a quelques années, réunies dans un format poche. Séduite par l’histoire qui se dessine sur une trentaine de lettres et plus de vingt années, le format ne m’avait pas convaincu. Aussi la réédition en grand format par les éditions Christian Bourgois m’a sautée dans les mains alors que j’arpentais les allées d’une librairie.

Avec son grand format, sa couverture rigide, sa tranche tissée et son signet en tissu, ce recueil se classe dans la catégorie des beaux livres, faits pour durer. Et cela tombe bien car c’est typiquement le genre d’ouvrage qu’on prend plaisir à relire durant l’Avent d’une année sur l’autre, comme une histoire fractionnée qu’on prendrait plaisir à (re)découvrir chaque jour jusqu’à l’arrivée de Noël.

Si les premières lettres adressées à l’aîné de la fratrie Tolkien ne font que quelques lignes, certaines atteignent les quatre ou cinq pages d’écriture dans lesquelles le Père Noël raconte ses aventures au Pôle Nord avec son assistant Ours Polaire, et plus tard l’elfe Ilbereth. Si certaines années il ne se passe rien d’extraordinaire d’autres, la maison s’est écroulée et il a fallu déménagé et d’autres sont marquées par des guerres avec les gobelins des cavernes. Le tout rythmé par les bêtises d’Ours Polaire.

Christopher, troisième né de la fratrie, est probablement celui qui est le plus enthousiaste de cette correspondance et il écrit au Père Noël avec une rigueur que seule la force des choses restreindra. C’est d’ailleurs à ce fils que nous devons ce livre car il a pris soin de conserver les lettres et les illustrations qui les accompagnaient. La richesse de cet ouvrage tient d’ailleurs dans le fait que les lettres, enveloppes et illustrations de la main de J.R.R. Tolkien servent d’illustrations et laissent une emprunte de ce travail d’écriture qui consistait plutôt en un rituel de Noël pour sa famille.

Si l’édition française joue sur la différence de police d’écriture pour différencier la main de chaque personnage ayant contribué à l’écriture, les lettres d’origines nous montrent la créativité de l’auteur pour qui, écrire ces lettres devait représenter un travail énorme, car il écrivait de façon différente pour chaque personnage. L’écriture tremblotante du Père Noël me semble particulièrement difficile à maitriser, même si j’imagine qu’au fil des ans elle fut plus aisée à réaliser.

Plus qu’un récit d’aventures, Les Lettres du Père Noël, sont une immersion dans l’intimité de la famille Tolkien. Une correspondance étalée sur plusieurs années qui voit naître et grandir les enfants, qui nous raconte les petits rituels de Noël avec notamment le bas de laine que les enfants ne sont autorisés à suspendre qu’un temps, et qui nous rappelle combien l’auteur était créatif.

Chaque mois de décembre, une enveloppe portant un timbre du pôle Nord parvenait aux enfants de J.R.R. Tolkien. A l’intérieur se trouvaient une lettre rédigée dans une étrange écriture arachnéenne ainsi qu’un magnifique dessin en couleur. Ces lettres venaient du Père Noël et racontaient de merveilleuses histoires sur la vie au pôle Nord. La fois où tous les rennes se sont échappés et ont disséminé les cadeaux un peu partout ; La fois où l’ours polaire, sujet aux mésaventures, a grimpé au sommet du pôle Nord et est passé par le toit de la maison du Père Noël pour tomber dans la salle à manger ; et toutes les fois où des guerres ont éclaté contre la horde de gobelins qui vivent dans les grottes sous la maison !

De la première lettre adressée au fils aîné de Tolkien en 1920 à la dernière lettre poignante adressée à sa fille en 1943, cette nouvelle édition propose plusieurs éléments inédits tout en faisant la part belle aux reproductions charmantes des lettres, illustrations et enveloppes décorées. Une formidable célébration pour les lecteurs de tous âges.

Bilan·Le coin de Gaby·Le coin de Ju

Culture adolescente #5

Première semaine de vacances scolaires. Les filles ont optimisé leur temps au maximum entre devoirs, sorties avec les copines (patinoire, musée), préparations pour les fêtes, jeux de société, écrans et livres. C’est une semaine plutôt riche culturellement et elles espèrent bien continuer sur leur lancée.

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Que lisent-elles à 13 ans ?

Je ne reviens pas sur les romans car pour le moment elles poursuivent des lectures débutées plus tôt dans le mois. Mais il y a eu des BDs, des nouveautés, dont un gros coup de cœur pour toutes les deux (elles n’arrêtent de me pousser à la lire) et une série intégrale sur la Première Guerre Mondiale (là aussi elles m’encouragent à la lire) qui conduit, en fin du dernier tome, à un jeu de rôle qui plait à toute la famille.

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Que regardent-elles à 13 ans ?

Cette semaine, il y a eu un Voyage en Charabie vu en salle, une adaptation pas à la hauteur de nos espérances et un magnifique documentaire à la photographie époustouflante. Juliette se met sous la couette assez tôt pour avoir chaud et en profite pour revoir des films qu’elle apprécie beaucoup (avantage du laptop).

Du côté des séries, elles poursuivent des « en cours » : Sword Art Online est vu avec leur frère à raison d’un épisode par soirée ; Gabrielle regarde His Dark materials avec moi (je dois dire que ces deux épisodes m’ont laissé sans voix. J’attends la suite-et-fin avec grande impatience avant de me lancer dans la lecture du 3e livre).

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Exposition

J’ai emmené Gabrielle et l’une de ses amies au musée La Piscine – Roubaix pour visiter l’exposition temporaire William Morris – L’art dans tout. Le musée explore les liens qui unissent les artistes et les intellectuels en Grande-Bretagne et a choisi de mettre en avant l’univers de William Morris et son apport dans la reconnaissance des arts appliqués. L’exposition présente près d’une centaine d’œuvres – peinture, dessins, mobiliers et textiles. L’inspiration médiévale de son œuvre nous a complètement séduites.

Jamais présenté en France, l’œuvre du visionnaire William Morris a fortement marqué son époque en théorisant une utopie sociale, politique, écologique et artistique et en posant les bases de ce qu’on nommera plus tard les Arts & Crafts, qui défendent l’art dans tout et pour tous en réaction à l’industrialisation des savoir-faire artisanaux.

Designer textile, écrivain, poète, peintre, dessinateur, architecte, fabricant, militant socialiste, écologiste et incroyable théoricien, William Morris a développé un œuvre complexe et a milité pour qu’on considère d’une nouvelle manière l’art et l’artisanat, mais aussi les artistes et les artisans de l’Angleterre victorienne de la fin du XIXe siècle, marquée par l’apparition d’une société industrielle. Il est célèbre à la fois pour ses œuvres littéraires, son engagement politique socialiste, son travail d’édition et ses créations dans le domaine des arts décoratifs.

En réaction à la révolution industrielle qui a marqué l’époque victorienne, William Morris affirme l’importance de toutes les formes d’art – peinture, architecture, graphisme, artisanat, littérature… Il œuvre ainsi à redonner des qualités esthétiques aux objets, même les plus usuels, en produisant, par le travail manuel, de la beauté à l’usage de toutes les couches de la société et en valorisant les savoir- faire les plus rares pour aller contre le prosaïsme du monde industriel. Ses recherches formelles et historiques sur la culture Celte et le Moyen-Age nourrissent son inspiration et celles de ses amis artistes dont beaucoup appartiennent au mouvement des préraphaélites – Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones, William Holman Hunt, John Everett Millais…- qui se crée autour de lui.

ebook·roman

Noël à la petite boulangerie (2016/2017)

Christmas at Little Beach Street Bakery

Auteure : Jenny Colgan

Traductrice : Anne Rémond

Editeur : Prisma

Format ebook (326 pages)

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de romance de Noël et j’ai soudain eu l’envie d’une lecture réconfortante, douce et légère pour profiter de ces vacances de fin d’année. Je suis tombée par hasard sur ce titre, troisième volet d’une série que j’avais aimé lire il y a quelques années et dont j’ignorais l’existence. C’est donc avec appréhension (les séries sont souvent redondantes) mais plaisir que j’ai prie le bateau pour Mount Polbearne, une île britannique située au large des Cornouailles.

L’avantage de cette série est que finalement la romance n’est pas le point de départ de l’histoire, elle sert plutôt à connecter les personnages entre eux. La petite boulangerie est avant tout une série « tranche de vie ». Ainsi, dans ce troisième volet, Polly et Huckle vivent toujours dans leur phare en compagnie de Neil le macareux, ont toujours des difficultés financières et leurs projets d’avenir sont au point mort. Sur les projets, on comprend vite que Polly freine plutôt des deux pieds, pas très sûre de savoir ce qu’est une famille, pas certaine d’avoir le temps d’avoir des enfants et sans doute pas d’avantage pour organiser leur mariage. Finalement la gestion de sa boulangerie et la charge de travail qu’elle représente servent aussi d’excuse à repousser la prise de décision.

Cela ne va guère mieux du côté de leurs amis Kerensa et Reuben qui vivent une crise de couple au moment où ils s’apprêtent à accueillir leur premier enfant. Lorsque Kerensa se confie à Polly à propos d’un secret, cela ajoute du sel sur les plaies du couple de cette dernière, Huckle n’appréciant guère avoir été tenu à l’écart d’une information aussi importante. On prend donc rapidement conscience que Noël ne sera pas vraiment au cœur du récit, l’événement sert surtout à installer le décor.

Entre quête d’identité, questionnement sur l’avenir et interrogations autour du couple, la fête de Noël organisée par Reuben vient dénoncer les extravagances et l’emprunte écologique des plus riches. Pourtant, Kerensa rattrape le tout en offrant à Polly un cadeau qui met en avant les valeurs de Noël : l’amour et l’amitié, le partage et le bonheur d’être ensemble, remettant le romance de Noël sur le devant de l’affiche.

On pourra regretter le peu de place laissée aux gourmandises de Noël et une histoire d’avantage centrée sur l’héritage, la transmission et la continuité au travers du couple et de la famille. Heureusement, il reste le pain grillé tartiné de miel, les friands au fromage et autres foccacia pour nous régaler de leur odeur savoureuse.

Polly Waterford ne voit pas le temps passer… Sa petite boulangerie l’occupe du matin au soir, au désespoir d’Huckle, son compagnon, qui rêve de profiter d’une simple grasse matinée avec elle. À l’approche des fêtes de fin d’année, Huckle rêve aussi d’un Noël en amoureux, bien au chaud dans leur grand phare, avec leur petit macareux Neil. Mais quand Kerensa débarque à Mount Polbearne pour dévoiler à sa meilleure amie un terrible secret sur son passé, Polly voit soudain son avenir s’assombrir. D’autant que la révélation de Kerensa menace la belle histoire qu’elle a construite avec Huckle. Jusqu’à présent, Polly a toujours réussi à surmonter les épreuves en cuisinant. Pourtant, cette fois-ci, préparer de bons petits pains risque de ne pas suffire à la sortir d’affaire. Polly est-elle prête à affronter son passé ? Réussira-t-elle à remettre sa vie sur de bons rails pour passer un joyeux Noël auprès de ceux qu’elle aime ?