BD/manga·roman graphique

Radium Girls (2020)

Auteure/Illustratrice : Cy

Editeur : Glénat

Collection : Karma

Pages : 136

Edna Bolz vient de se faire engager par la prestigieuse entreprise United States Radium Corporation sur les bancs de laquelle elle rejoint un groupe de jeunes femmes qui peignent de la peinture Undark sur des cadrans de montres. Fière de son nouvel emploi, elle s’imprègne de la technique en trois temps : « Lip. Dip. Paint. » qui consiste à lécher le pinceau pour le lisser avant de le tremper dans la peinture et de l’appliquer. Sans le savoir, elle vient d’entrer dans le cercle des Radium Girls, toutes condamnées à une mort par empoisonnement au radium. Des années plus tard, certaines se lancent dans une bataille juridique pour laver l’honneur de camarades mortes sous de faux prétextes (la syphilis était souvent attribuée) et des conditions de travail qui ne prenaient en compte que l’intérêt de l’employeur sans se soucier de la santé des employées.

Premier roman graphique de la collection Karma, Radium Girls frappe fort en mettant en avant le destin de ces jeunes femmes sacrifiées au nom de progrès. Avec cette nouvelle collection, les éditions Glénat souhaitent mettre en avant des anonymes, souvent oubliés, qui « ont fait changer la société dans ses fondements et ses acquis« . La dessinatrice Cy a choisi de raconter le destin des Radiums Girls dont le combat judiciaire a conduit à améliorer les normes de sécurité industrielle.

Mais plutôt que de s’attarder sur l’aspect scientifique, Cy choisit de mettre en avant les liens qui unissent ces jeunes femmes, leur façon de vivre, de s’amuser et d’exister en dehors de cette usine. Nous sommes dans les années 20 aux Etats-Unis, la prohibition pose des interdits, la mode évolue mais la censure continue d’enfermer les corps sous le tissu. Si elles ont accès au travail, leur travail reste précaire et permet à peine de sortir de la pauvreté. Pourtant, loin de se rendre compte des dangers auxquels elles s’exposent quotidiennement, elles profitent de la vie.

Ce qui frappe dès les premières pages est l’utilisation du radium qui se retrouve partout : dans la peinture bien sûr mais aussi dans des crèmes pour la peau, dans la laine et même dans certains médicaments pris comme nous avalerions de la Vitamine C. Un véritable commerce s’est mis en place autour de cette nouvelle substance dont la science ignore encore tant de choses. De fait, visuellement la couleur verte utilisée pour le radium se retrouve sur toutes les nuances de blanc, de la blouse des jeunes femmes aux panneaux publicitaires en passant par l’eau de la mer. Cette couleur contrebalance la palette de violets utilisée pour tout le reste donnant du peps au dessin.

Avec les connaissances, la lecture n’en est que plus terrifiante lorsque l’on voit que les employées utilisent la peinture pour se teinter les dents ou les ongles, une façon de s’amuser en effrayant leurs petits-amis. Le lecteur ne peut que trembler d’effroi lorsqu’il comprend que les premiers symptômes touchent certaines filles et constater l’évolution plus ou moins rapide du mal qui les ronge: de la douleur articulaire à la perte des dents, en passant par les fausses-couches ou la mort.

Radium Girls est un roman graphique terrible qui lève le voile sur un pan méconnu de l’histoire du travail américain et de l’exploitation des femmes par une société patriarcale qui donnait peu de valeur à leur vie. Bouleversant!

La découverte du radium fait une entrée fracassante dans les Etats-Unis des années 1920. L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente.

1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis d’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres, avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir. Lip. Dip. Paint. Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.

album

Les animaux ne sont pas obligés… (2020)

Auteur : Mathias de Breyne

Illustrateur : Charles Dutertre

Editeur : Magnard jeunesse

Pages : 40

Avec ses illustrations très colorées et sa multitude d’animaux, Les animaux ne sont obligés a tout pour plaire aux très jeunes lecteurs. Le texte est simple et joue sur la répétition pour stimuler l’intérêt de l’enfant.

Les crocodiles ne sont pas obligés d’aller chez le dentiste. Les vaches ne sont pas obligées d’arrêter de faire pipi au lit. Les cochons ne sont pas obligés de se tenir bien à table.

A travers cette ménagerie, Mathias de Breyne sensibilise les enfants aux avantages d’être un animal. Reprenant les obligations du quotidien ou encore les bonnes manières auxquelles les adultes soumettent les enfants, il utilise l’humour pour s’amuser des règles. L’adulte y trouvera aussi son compte de plaisir en s’amusant à retrouver les expressions de la langue française.

Par ailleurs les illustrations de Charles Dutertre ne manqueront pas d’amuser toute la famille ne serait-ce que pour les expressions du petit garçon, tellement réalistes, pleines de soumission. Les dessins sont par ailleurs plein de petits détails qui attirent le regard et viennent un peu plus enrichir le vocabulaire à la façon d’un imagier.

Certains animaux ont de la chance, ils peuvent éviter tout ce que les enfants détestent le plus au monde ! Le bel album qui s’amuse avec les règles, les codes des bonnes manières et les manies des adultes !

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #6

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine je vous propose de partir sur l’Île-du-Prince-Edouard, au large du Canada, à la rencontre d’une jeune fille romantique et fleur bleue qui a un don pour l’amitié.

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1 Un voisin en colère

Une grande et mince jeune fille de seize ans et demi, aux yeux gris sérieux et à la chevelure que ses amis qualifiaient d’auburn, était assises par une belle fin d’après-midi d’août sur le large seuil de grès rouge d’une ferme de l’Île-du-Prince-Edouard, bien décidée à traduire quelques vers de Virgile.

Mais une après-midi d’août, avec les brumes bleutées voilant les pentes à moissonner, les murmures d’elfes du vent léger dans les peupliers et la splendeur dansante des coquelicots enflammés devant le sombre bosquet de jeunes pins au coin du verger, incitait plus à la rêverie qu’à la pratique des langues mortes. Le volume de Virgile glissa au sol, et Anne, le menton calé sur ses doigts croisés, les yeux fixés sur la splendide masse duveteuse des nuages qui s’amoncelaient au-dessus de la maison de Monsieur Harrison, était loin, dans un monde délicieux, où une certaine institutrice faisait un travail merveilleux, façonnant le destin de futurs hommes d’Etat et insufflant de hautes et nobles ambitions dans le cœur et l’esprit des jeunes gens.

Il est vrai que, si on regardait la réalité en face – ce qu’Anne, il faut l’avouer, faisait rarement à moins d’y être obligée -, il semblait peu probable que l’école d’Avonlea recèle vraiment de futurs talents; mais qui sait ce qui peut arriver lorsqu’une institutrice use de son influence pour faire le bien? Anne avait certains grands idéaux sur ce qu’une enseignante pouvait accomplir, à condition de bien s’y prendre ; et elle était au beau milieu d’une scène délectable où, quarante ans plus tard, une personnalité – les raisons de se célébrité restaient floues mais Anne se serait bien plu à la voir présider à l’Université ou Premier Ministre du Canada – se courbait sur sa vieille main fripée, et lui affirmait que c’était elle qui avait en tout premier éveillé ses ambitions, et que tous les succès de son existence étaient dus aux leçons qu’Anne lui avait dispensées il y a si longtemps à l’école d’Avonlea. Mais cette plaisante vision vola en éclat de la plus déplaisante façon.

Anne d’Avonlea de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2021.
album

Le jour où je serai grande – Une histoire de Poucette (2020)

Auteur : Timothée de Fombelle

Photographies : Marie Liesse

Editeur : Gallimard Jeunesse

Pages : 32

Timothée de Fombelle utilise le personnage de Poucette pour aborder un thème récurent dans son œuvre : l’enfance. Le texte minimaliste parle des sensations et émotions que l’enfant ressent et du désir de la petite fille de les retenir en grandissant, ne pas oublier et préserver son âme d’enfant.

Les photographies de Marie Liesse illustrent le texte de façon poétique et onirique, nous entrainant dans les pas de cette toute petite fille pas plus haute qu’un pouce qui vit des aventures extraordinaires dans ce jardin immensément grand. Avec ses cheveux blonds et sa robe bleue, Poucette a des airs d’Alice au Pays des Merveilles et nous offre un voyage onirique et fantastique dans l’enfance.

Avec ses pages cartonnés, Le jour où je serai grande s’adresse aux tout petits mais séduira les plus grands par son message qui rappelle l’importance de conserver une part de son enfance en soi.

Poucette imagine son futur et se promet de ne pas oublier ses souvenirs d’enfance comme le bruit des pétales qui tombent, le plaisir d’avoir peur ou le rêve de savoir voler. Une histoire inspirée du conte de Poucette illustrée de photographies.

album

Comment mettre une baleine dans une valise ? (2019/2021)

Cómo meter una ballena en una maleta 

Auteur/Illustrateur : Guridi

Traductrice : Anne Casterman

Editeur : CotCotCot

Pages: 32

Après le vibrant Migrants de Issa Watanabe, je ne pensais pas trouver un album parlant d’immigration qui me toucherait autant. Et pourtant… Comment mettre une baleine dans une valise ?, publié pour la première fois en 2018 par l’illustrateur espagnol Raùl Nieto Guridi, est une question philosophique qui invite à la réflexion sur l’importance et la valeur de ce qui compte le plus pour nous et que nous aimerions emporter si nous devions tout quitter. La baleine devient alors la métaphore de toutes ces choses qui représentent notre vie: objets, personnes, émotions, souvenirs… et que nous ne pouvons laisser derrière.

En achetant cet album, sorti au début de l’été, je pensais qu’il s’agissait plutôt d’une question métaphysique amusante qui inviterait à se questionner sur la possibilité de faire entrer quelque chose de très gros dans quelque chose de très petit, une question d’autant plus amusante que nous sommes en période estivale. Mais au fil des pages et de la lecture, il m’est rapidement apparu que le sujet est bien plus profond et plus grave, et que loin des vacances, il est ici question d’un voyage plus grand, un voyage sans retour.

Ce qui frappe le plus à la lecture c’est le minimalisme du texte et des illustrations qui disent pourtant beaucoup. A l’image de ce personnage non défini, au visage sans traits, un anonyme parmi tant d’autres, qui nous renvoie à nous-même et nous invite à plus d’empathie. Le vide des pages sur lequel se détachent les deux personnages crée un sentiment d’immensité renforcé par la différence de taille entre le personnage et sa baleine qui nous fait prendre conscience de la difficulté à réduire notre vie au minimum empaquetable.

Comment mettre une baleine dans une valise ? est un album fort et beau, touchant et bouleversant qui résonne terriblement avec l’actualité.

Si vous deviez partir précipitamment, sans promesse de retour, qu’aimeriez-vous absolument emporter avec vous ? Il existe des valises pour presque tout : pour violons, pour trompette, pour bouteilles, pour jumelles, pour manteaux… mais pas pour baleines…

album

La baleine la plus seule au monde (2018/2021)

Der meest eenzame walvis ter wereld

Auteure : Kim Crabeels

Illustrateur : Sebastiaan Van Doninck

Traducteur : Souslik

Editeur : Alice jeunesse

Collection : Histoires comme ça

Pages : 80

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de 52 Hertz, aussi surnommée la baleine la plus seule au monde. C’est une baleine unique qui n’appartient à aucun groupe. La cause en est qu’elle émet ses chants sur une fréquence de cinquante-deux hertz au lieu de douze à vingt-cinq pour les autres. Ainsi son chant n’est entendu d’aucune autre. Les spécialistes n’ont pas d’explication, ils émettent des hypothèses de malformation ou d’une sous-race hybride née de deux sous-races différentes. Mais son histoire a touché de nombreuses personnes à travers le monde, sensibles à sa solitude. Un documentaire est d’ailleurs sorti aux Etats-Unis cet été, The Loneliest Whale: The Search for 52, qui suit le parcours de scientifiques partis à sa recherche dans l’Océan Pacifique. Kim Crabeels s’empare de cette touchante histoire pour écrire sur la solitude.

Lila vit seule la plupart du temps. Elle est gardienne du phare qui les abrite son père et elle. Mais celui-ci n’est pas souvent à la maison. C’est que l’appel du large est grand pour cet océanographe qui rentre toujours les poches pleines d’un joli coquillage pour agrandir la collection de la fillette et d’un carnet rempli d’histoires à raconter le soir avant d’aller au lit. Si Lila apprécie ces moments-là, elle préfèrerait pourtant que son papa reste auprès d’elle. Aussi lorsqu’il lui raconte avoir croisé une baleine unique au monde, 52 hertz la baleine la plus seule au monde, la fillette ne peut s’empêcher de faire le lien entre elles, d’établir une connection qui lui permettrait de se sentir plus proche de son papa. Car comment lui dire qu’elle aimerait qu’il reste au phare avec elle? Son amour pour lui l’empêche de le priver de cette liberté à laquelle il tient tant.

Si Lila est souvent seule, l’auteure s’attarde sur sa relation avec son père, les liens qui les unissent sont forts et la séparation est difficile pour tous les deux. Seule la promesse d’un retour rapide leur permet de tenir le coup, renforcé par l’amour qu’ils se portent. Bien sûr, le lecteur suit Lila et s’attache à cette fillette sensible dont le quotidien n’a rien d’ordinaire. 52 Hertz devient le lien qui les relie, un lien que l’auteure utilise pour transformer son histoire en un récit onirique dans lequel les repères disparaissent nous laissant face au doute: sommes-nous dans un rêve ou dans la réalité?

Avec ses quatre-vingt pages, La baleine la plus seule du monde est un album pour les plus grands. La poésie du texte est sublimée par les illustrations de Sebastiaan Van Doninck dont la lumière se fait le reflet des émotions de l’héroïne. C’est un énorme coup de coeur.

Lila habite dans un phare. Elle en est la gardienne pendant que son papa parcourt les mers pour ses recherches. C’est un scientifique et il s’absente souvent et longtemps. Dans ces moments-là, Lila se sent très seule. Quand son papa revient, il lui raconte ses aventures dans les fonds marins. Un jour, il lui parle d’une baleine que les autres baleines ne peuvent pas voir, car elles n’entendent pas son chant. Une baleine seule au monde, comme Lila quand son papa s’en va…

album·Documentaires /Livres jeux

La Fabuleuse Histoire de la Terre (2020)

Auteur: Le musée de Sciences Naturelles de Barcelone

Illustratrice : Aina Bestard

Editeur : Saltimbanque

Pages : 80

Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Sorcières Non-Fiction

Aucune histoire n’est plus fascinante que celle de la Terre. De sa formation à l’apparition de la vie, en passant par les différentes étapes qui l’ont fassonée à l’image que nous lui connaissons aujourd’hui, La fabuleuse histoire de la Terre dresse une chronologie de notre planète et de la richesse de son parcours.

A l’image d’une revue scientifique, cet album à l’italienne au format A3 propose des planches d’une grande richesse informative, superbement illustrées par Aina Bestard qui s’inspire des gravures et lithographies du XIXe siècle pour donner vie à cette histoire. Ce livre a été pensé comme un hommage à l’histoire de l’illustration paléonthologique dont l’illustratrice reprend les codes pour créer le mouvement ou habiller ses animaux, ses plantes. Cela donne l’impression que l’album nous arrive directement du passé.

C’est pourtant avec les connaissances actuelles que le Musée de Sciences Naturelles de Barcelone dirige ce titre, n’hésitant pas à indiquer les doutes qui subsistent sur certains points. Mais tout dans cet ouvrage a un petit côté rétro qui séduit, de la couleur du papier à celles des illustrations. Et c’est ce qui fait le charme de l’album. Un album pour les plus grands à la mise en page dynamique et pluriel avec ses frises, ses transparents, ses rabats et ses planches anatomiques.

J’ai particulièrement apprécié la multitude d’informations qui va bien au-delà du Big Bang et de l’apparition de la vie que l’on voit dans les nombreux documentaires jeunesses qui abordent ce sujet. Ici l’histoire va plus loin avec de la géorgaphie et la dérive des continents, de la géologie avec une explication très claire et schématisée des strates et ce qu’on y trouve, ou encore les débuts de la vie à l’échelle microscopique.

La fabuleuse histoire de la Terre est bel et bien une histoire fabuleuse et un objet-livre somptueux, sublimé par un choix artistique digne d’une oeuvre d’art. Le récit s’achève sur une invitation à réfléchir à la continuité de l’histoire de notre planète et ce que nous souhaitons en faire.

A lire également les avis d’Isabelle, de la Collectionneuse de Papillons et de Tachan.

Aucune histoire n’est aussi longue que celle de la Terre ! Et quelle histoire ! Partez à la découverte de ce fabuleux voyage long de plusieurs milliards d’années. Et assistez en direct à la formation du Soleil, de la Terre, des premiers continents, et à l’émergence de la vie.

Documentaires /Livres jeux·roman ado

Les mystères de la peur (2019)

Auteur : Bruno Pellegrino

Illustrateur : Rémi Farnos

Editeur : La joie de Lire

Collection : Encrage

Pages : 144

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse sélection 13-15 ans.

Nous sommes tous touchés par la peur. Qu’elle soit ou non rationnelle, elle est là pour nous aider à nous surpasser mais surtout, pour nous protéger des dangers auxquels nous sommes parfois confrontés. Pour Lou, douze ans, la peur est une inconnue. Son cerveau ne traite pas les informations correctement et ne lui envoie jamais de petit signal pouvant la mettre en garde contre le monde qui l’entoure, contre les autres. Elle devient de fait, un danger pour elle-même. Inquiets, ses deux papas l’emmènent faire des tests chez un spécialiste qui l’envoie à l’institut P.E.T.O.C.H.E où, se confrontant aux peurs de ses camarades, elle va devoir apprendre la peur…

Après Les mystères de l’eau, les éditions La joie de Lire propose de découvrir Les mystères de la peur. On retrouve aux illustrations Rémi Farnos qui séduit toujours par son trait précis et le choix d’alterner entre des illustrations classiques et des cases de bande dessinée. Ce format dynamise le texte de Bruno Pellegrino qui, richement informé en amont auprès de spécialistes, chercheurs et médecins, s’inspire d’un cas réel pour nourrir son récit. Au travers de Lou et de ses camarades, il explique cette émotion saisissante mais non moins indispensable qu’est la peur et comment elle fonctionne, ce qu’elle provoque, pourquoi et comment.

Les mystères de la peur est un récit de vulgarisation scientifique s’adressant aux jeunes lecteurs dès dix ans. Le roman se nourrit des informations scientifiques pour questionner, son format se prête particulièrement à une lecture avec l’adulte pour ouvrir sur la discussion.

Le petit + : un livre LGBTQ+ friendly.

Lou a 12 ans, et ses parents se font du souci pour elle. Son problème : elle ne ressent pas cette émotion qu’on appelle la peur. Elle n’a, littéralement, peur de rien. Ce n’est pas sa faute, mais cela la met dans des situations très dangereuses. Après un horrible accident évité de justesse, ses papas décident de l’envoyer à l’institut P.É.T.O.C.H.E. (Peurs, Épouvantes et leur Traitement Organisé, Ciblé et Hautement Efficace). Sous la houlette de la directrice, Madame Amygdala, une poignée d’enfants angoissés ou phobiques doivent passer des épreuves pour se libérer de leurs peurs. Est-ce qu’à leur contact Lou comprendra mieux cette émotion qui lui échappe – son utilité, mais aussi ses limites ?

BD/manga·roman jeunesse·Service Presse

Chance et Celcius, tome 1. Un petit frère venu de l’enfer ! (2021)

Auteurs : Maxime Fontaine et Sophie Noël

Illustratrice : Yllya

Editeur : GulfStream

Collection : Romanga

Pages : 96

A paraître le 19 août 2021

Chance est une jeune fille dotée d’un pouvoir qui lui donne de la chance de réussir dans tout ce qu’elle entreprend. Généreuse, elle utilise son pouvoir pour venir en aide aux autres ou pour s’investir dans une cause qui lui tient à cœur. Dans ce premier volume introductif, elle a la surprise de découvrir que son père, chez qui elle vit une semaine sur deux, a une nouvelle amoureuse qui s’est installée chez eux avec un petit frère. Celsius est lui aussi doté de pouvoirs. Né diablotin, il en a tous les attributs, de la pointe des cornes à la fourche de la queue. Son corps dégage une chaleur infernale qu’il utilise pour s’amuser en taquinant les autres. Pas facile pour les deux enfants de s’entendre avec des caractères si différents. Quand la situation dégénère, Chance et Celsius trouveront ils le moyen de s’entendre?

Les éditions Gulfstream lance une collection romanga, une série de livres pour jeunes lecteurs qui utilise le format bande dessinée pour illustrer le texte. Le format fonctionne bien et l’histoire a tous les attraits nécessaires pour séduire le public cible (dès l’acquisition d’une lecture fluide jusque 9/10 ans). Avec mes filles (douze ans), nous avons apprécié la typographie dynamique qui fait ressortir les onomatopées et les émotions. L’histoire est drôle et ne manque pas de rythme, les illustrations sont pleines de charme dans un style légèrement japonisant. Les personnages sont intéressants, des élèves aux professeurs, on retrouve tout un panel de créatures fantastiques. C’est frais, drôle et gentil. On apprécie aussi le petit message « protection de la nature » qui entoure les actions bienveillantes de Chance.

Je remercie les éditions GulfStream pour ce partenariat.

Chance, une super-héroïne en herbe, ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de ce petit frère aux drôles de pouvoirs. Il n’a pas seulement des cornes et une queue fourchue : son caractère malicieux en fait un véritable petit diable… Le père de la jeune fille insiste : elle doit faire un effort, Celsius fait désormais partie de la famille. Lorsque, à l’école, le diablotin multiplie les farces, c’en est trop pour Chance : elle doit intervenir avant qu’une catastrophe arrive !

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #5

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine j’ai choisi de mettre en avant un récit féministe qui fut un gros coup de cœur pour Gabrielle et moi lors de notre lecture il y a quelques mois.

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Personne ne parle de l’année de grâce.

C’est interdit.

Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes hors de leurs lits, d’ensorceler les garçons et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait un aphrodisiaque puissant, l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.

Pourtant, je ne me sens pas magique.

Ni puissante.

Personne n’a le droit d’évoquer l’année de grâce, mais cela ne m’a pas empêchée de chercher des indices.

Un lapsus entre deux amants dans la prairie, une effrayante histoire du soir aux échos par trop réalistes, des coups d’œil furtifs pendant des échanges d’amabilités au marché. Sans que jamais les femmes ne trahissent leurs secrets.

L’année de grâce de Kim Liggett, Casterman, 2020.

Retrouver mon avis complet ICI.