roman ado·roman jeunesse

Lola à la folie (2020)

Auteur: Alexandre Chardin

Editeur: Magnard jeunesse

Pages: 208

Jacques et Mathias se connaissent depuis toujours. Ensemble ils font les quatre cents coups, toujours pour s’amuser, jamais par méchanceté. Mais on dirait bien qu’ils ont un concurrent de taille, qui va plus loin encore et avec une plus grande discrétion. Et puis, il y a Lola, avec son chignon et ses grands yeux d’ambre. Jacques est attiré par elle, ce qui met son amitié avec Mathias à rudes épreuves. Cette première année au collège ne va pas être de tout repos.

Avec son style et son humour caractéristique, Alexandre Chardin nous entraîne dans les couloirs d’un collège où, entre les heures de cours, se vivent les premiers émois amoureux, les bagarres, les défis et les interpellations qui conduisent dans le bureau du Principal. Véritable torrent d’émotions, Lola à la folie parle d’amitié, de première amour et des liens qui unissent les membres d’une même famille. Au travers de Jacques, l’auteur aborde l’acceptation et le dépassement de soi. Oser croire en soi pour affronter ses sentiments et l’autre.

Les références sont nombreuses qui viennent servir la narration, véritable tremplin utile au héros pour comprendre ses émotions et prendre en main sa relation. La plume moderne de l’auteur ne manque pas de dynamisme, rendant la lecture fluide et agréable. Lola à la folie s’adresse en priorité aux jeunes collégiens qui y retrouveront un quotidien familier.

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Jacques et Mathias sont deux amis inséparables, liés par le jeu du « Chiche ou Pois chiche » qui les pousse à réaliser des challenges à haut risque au collège. Mais leur amitié sans faille va être mise à rude épreuve à cause… d’une fille! Jacques n’a en effet d’yeux que pour Lola, une élève lunaire au chignon tenu par des crayons. Lorsque Mathias la soupçonne de les avoir dénoncés au principal, les deux amis se déchirent. Mais Jacques n’y peut rien, il aime Lola un peu, beaucoup, passionnément… à la folie! Alors il tente le tout pour le tout: prouver son amour à travers les défis les plus surprenants!

roman ado·roman jeunesse

L’anguille (2020)

Auteure: Valentine Goby

Editeur: Thierry Magnier

Pages: 143

Pas facile de s’intégrer quand on a douze ans et qu’on est différent. Pour Halis, un garçon doux et timide, le quotidien est difficile. Prisonnier d’un corps obèse, il souffre des moqueries de ses camarades et du poids qui pèse sur ses jambes et lui rend le quotidien difficile. Pour Camille, la différence n’a jamais été un problème. Née sans bras, tout le monde savait qui elle est depuis toujours. Mais l’arrivée dans une nouvelle ville, un nouvel établissement, va lui rappeler qu’elle n’est pas comme les autres. Ce qui ne la gênait pas jusqu’alors, en fait la cible de tous les regards. Et les regards peuvent être aussi blessants que les mots, aussi tranchants que la lame d’un couteau.

Par chance Camille est une enfant solaire et lumineuse; elle pose un regard optimiste sur le monde qui l’entoure et ne craint pas d’affronter les autres pour leur montrer que la différence est une richesse, qu’être en situation de handicap n’est pas une fin en soi et que c’est le regard que les autres posent sur la différence qui est le véritable problème. Son ouverture d’esprit, sa maturité et sa joie de vivre sont une force dont elle sait tirer partie et elle compte bien en faire profiter Halis.

Valentine Goby signe un titre lumineux, drôle et sensible qui parle de différence et de discrimination avec intelligence. Son récit est réaliste et s’adresse directement aux lecteurs à qui il envoie un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il ne me reste qu’à pousser la curiosité plus loin en lisant son pendant adulte, Murène.

Pour finir, je vous invite à lire l’avis de Pépita.

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L’avis de Gaby

J’ai bien aimé L’anguille car l’histoire est originale. Le texte permet de sensibiliser les lecteurs au fait qu’on est tous différent. Qu’on soit obèse ou sans bras, notre différence est une richesse qui nous rend unique.

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Voici l’histoire de Halis et de Camille. Halis, presque treize ans, est prisonnier de sa timidité et d’un corps obèse qui lui vaut de constantes railleries. De son côté, Camille, presque douze ans, est née sans bras. Elle arrive en plein milieu de l’année dans le collège de Halis pour cause de déménagement, et apprend à être dévisagée telle une bête curieuse. Tous deux sont des êtres différents. Mais Camille l’anguille, comme ses camarades la surnomment, est une fille solaire, enjouée. Une amitié puissante se noue entre eux, qui, loin des stéréotypes, fait des singularités de chacun une force.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Une photo de vacances (2020)

Auteur: Jo Witek

Editeur: Actes Sud junior

Pages: 176

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini.

« C’est parti, avanti, les Manzatti! » Le signal du départ en vacances est lancé, la famille Manzatti quitte Paris et sa banlieue pour le sud de la France, le canal du midi, direction Saint-Chignan où ils ont loué un petit gîte pour quinze jours de repos bien mérité. Le chant des cigales, les odeurs de lavande et de thym nous chatouillent les narines sur le place du marché mais également sur les rives du Canal du Midi descendues à vélo. Les vacances ne seraient pas vraiment des vacances sans baignades dans la rivière, bal du 14 juillet, la copine allemande et les amours de vacances. Pour Eugénie, dix ans, cet été est une transition entre l’école et le collège, entre l’enfance et l’adolescence. La fillette devient jeune fille et elle se sent particulièrement bouleversée par toutes les émotions nouvelles que cela provoque en elle. L’adolescence l’effraie, elle craint de se transformer en monstre, comme sa sœur ainée, Adèle, qui est devenue distante, ne pense qu’aux garçons et ne parle que de langues qui s’entortillent. Eugénie a des questions plein la tête et il lui faudra s’armer de courage pour oser en poser certaines à sa mère, figure aimante et rassurante qui sera présente pour l’aider à passer cette étape importante.

Jo Witek nous emmène en vacances auprès d’une famille modeste, une famille qui organise ses vacances selon un budget serré et précis tout en tentant de faire plaisir à tout le monde. On s’attache facilement au père fan de rock qui tâche, à la mère syndicaliste et à Eugénie, sensible et touchante, pleine de vie et de rêves. Si elles sont moins présentes, on ne peut que ressentir de la sympathie pour Adèle qui, malgré ses défauts, sait veiller sur sa cadette, et pour Juliette, la petite dernière en couche-culotte. Si les vacances d’été servent de fil conducteur, c’est bien le passage vers l’adolescence qui est au cœur du récit, avec ses nouvelles émotions, ses transformations physiques et les peurs que cela peut engendrer. Humour et émotions sont au rendez-vous de ce roman jeunesse qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes filles qui s’apprêtent à entrer en sixième.

Lu à voix haute, Une photo de vacances a su séduire mes demoiselles de (presque) douze ans par sa thématique et la façon dont le sujet est traité. Drôle et frais, cette histoire questionne sur l’enfance mais amène également des questions sur l’accès aux études et les vacances pour les familles les plus modestes. L’écriture moderne et enlevée de l’auteure séduit pour la justesse des émotions et le réalisme des situations.

L’avis de Pépita est ICI.

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Ni la grande, ni la petite, Eugénie est celle du milieu. Mais qu’est-ce quii se passe pendant ces vacances caniculaires? Des sauts acrobatiques dans la rivière, à l’ennui des siestes parentales, en passant par les échappées à vélo ou en canoë: ses émotions se décuplent, la bousculent. Eugénie ne se reconnaît plus, et c’est toute chamboulée dans son corps et dans sa tête qu’elle va rencontrer un jeune joueur de tambour…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace (2020)

Auteur: Thomas Gerbeaux

Illustratrice: Pauline Kerleroux

Editeur: La joie de lire

Collection: Hibouk

Pages: 148

Alors qu’elle joue à la marelle, Jeanne fait la rencontre d’un homard qui vient de s’enfuir du restaurant, où elle vient de prendre son repas avec son père et sa grand-mère, après avoir échappé de peu à la mort par ébouillantage! Avec l’aide de la fillette, le crustacé va reprendre des forces avant d’organiser l’évasion de ses amis restés dans le vivier du restaurant pour ensemble regagner leur liberté!

Voilà une lecture à voix haute qui nous aura littéralement enivrées, Gabrielle et moi-même. Entre la succession d’évènements insolites et les dialogues désopilants, Thomas Gerbeaux nous a séduites. Transportées sur les côtes bretonnes par les descriptions des lieux, nous avions l’impression d’être en vacances au bord de la mer à respirer le grand air et à parcourir la côte à vélo parmi la multitude de moutons qui peuple l’île. Le suspens est au rendez-vous de ce cours roman qui ravira les jeunes lecteurs mais également les plus grands pour la malice et les émotions que véhiculent le texte.

S’il dénonce la maltraitance animale, c’est grâce à l’ironie que le texte touche le lecteur et amène une réflexion pertinente sur la liberté et la sensibilité des animaux. Porté par la plume poétique de l’auteur et les jolies illustrations stylisées de Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace est un véritable hymne à la liberté à dévorer de toute urgence!

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

C’est l’été sur la petite île aux Moutons. Tout juste plonge dans un chaudron d’eau bouillante, un homard parvient à se sauver. La petite Jeanne le surprend dans sa fuite. Ensemble, ils tenteront de libérer les camarades crustacés, prisonniers dans le vivier du restaurant.

anglais·Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

The Diary of a Killer Cat (1994)

Auteure: Anne Fine

Illustrateur: Steve Cox

Editeur: Penguin books

Pages: 64

Nous avons eu du mal à dégager du temps pour faire de la lecture en anglais. Mais Gabrielle ayant fini son programme de l’année, nous continuons à intégrer quelques moments d’anglais dans notre emploi du temps. Nous avons ainsi pu remettre en place ce rituel qui plait beaucoup et nous fait bien rire entre les mots incompréhensibles et les difficultés de prononciations.

Ce qui est certain est que ce Killer Cat remporte toujours un grand succès avec son texte à l’ironie absolument délectable. S’il a fallu avoir recours à internet pour chercher le sens d’expressions toutes faites, cela n’a en rien gâché notre plaisir et nous avons passé de très bon moment à redécouvrir le journal de ce chat so british. Anne Fine a su parfaitement tirer avantage du côté chasseur du chat pour créer un quiproquo qui aboutit à une conclusion aussi drôle qu’inattendu.

Le texte est peut-être un peu plus difficile que ce que j’avais pensé au premier abord mais c’est principalement lié au fait que le lexique spécifique du chat n’est pas forcément courant quand on apprend une langue. De fait, nous avons toutes deux enrichi notre vocabulaire ce qui est toujours appréciable.

Le dessin de Steve Cox n’a pas le même humour de celui de Véronique Deiss qui est en charge de la version française aux éditions L’école des loisirs mais le style fait son petit effet malgré tout. Les illustrations complètent le texte et remplissent les pages pour un format roman illustré à hauteur des lecteurs débutants.

Poor Ellie is horrifIed when Tuffy drags a dead bird into the house. Then a mouse. But Tuffy can’t understand what all the fuss is about. Who on earth will be the next victim to arrive through the cat-flap? Can soft-hearted Ellie manage to get her beloved pet to change his wild, wild ways before he ends up in even deeper trouble?

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

La fleur perdue du chaman de K (2019/2021)

Il fiore perduto dello Sciamano di K

Auteur : Davide Morosinotto

Traducteur : Marc Lesage

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Médium

Pages : 534

Laïla, fille d’un diplomate finlandais, fait le rencontre d’El Rato à l’hôpital de Lima où la jeune fille vient passer des examens médicaux en raison de sa vue déclinante. Les deux enfants passent beaucoup de temps ensemble, cherchant à tromper l’ennuie en parcourant les couloirs de l’hôpital ; ils découvrent un vieux journal d’expédition qui parle d’une fleur rare aux vertus miraculeuses. Aussi lorsque le verdict tombe pour Laïla, ils décident de s’enfuir et de partir à la recherche de cette mystérieuse fleur du chaman de K..

Plongé dans le Pérou des années quatre-vingt où la situation politique est très instable et les dangers nombreux, encore plus pour les étrangers. L’amitié entre les deux enfants leur permet de surmonter les épreuves et de toujours trouver une porte de sortie. Si le danger peut se rencontrer à chaque coin de rue, c’est aussi le cas en ce qui concerne les bonnes rencontres. Laïla est attachante et attire la sympathie d’adultes bienveillants et prêts à lui venir en aide, l’encourageant dans son fol espoir plutôt que de la détourner de ses projets. Il y a toujours quelqu’un pour se joindre à leur périple et c’est en groupe qu’il arrive à la fin de ce voyage initiatique tellement riche humainement et culturellement.

Dans son troisième et dernier livre de la série ayant pour fil conducteur un fleuve, Davide Morosinotto nous entraîne dans les profondeurs de la forêt amazonienne dans une quête spirituelle qui amène une réflexion sur la mort et son évitement. Après Le célèbre catalogue Walker & Dawn qui remontait le fleuve Mississippi, puis L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges qui suivait le cour de la Neva, La fleur perdue du chaman de K. nous entraîne sur les bords de l’Amazone. Porté par des personnages attachants, le récit se fait à deux voix auxquelles viennent ponctuellement s’en ajouter d’autres. L’auteur a une fois de plus su créer un récit d’aventures exceptionnelles enrichies de la culture de tout un pays, de son histoire aussi et surtout de sa religion, le chamanisme.

Ce troisième livre est à l’image des précédents un magnifique objet à la mise en page originale qui dynamisme le récit et donne vie à l’histoire. Entre les esprits aux formes animales qui permettent d’identifier le personnage qui parle en ouverture de chapitre et les effets typographiques, cette collection est vraiment exceptionnelle. Même si j’ai plus de mal à la lecture de cette histoire notamment à cause des écriture parfois petite et le fait qu’il faille tourner l’ouvrage dans tous les sens, ça ne m’a pas empêché d’apprécié l’effet visuel.

Davide Morosinotto confirme son talent d’auteur en nous proposant un roman de grande qualité. La série n’en est pas une au sens premier du terme mais il a pourtant su lier les trois histoires par des crossover qui créent un effet de surprise bienvenu et fort apprécié par toute notre famille. A découvrir et faire découvrir!

Je vous invite à lire les avis d‘Isabelle et de Pépita.

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Pérou, 1986. Quand elle est admise à l’hôpital de Lima, Laila attire les regards: fille d’un diplomate finlandais, au teint pâle et aux cheveux blonds, c’est du jamais vu pour les enfants hospitalisés là. Surtout pour El Rato, qui y a passé toute sa vie. Dans les archives de l’hôpital, Laila et El Rato découvrent un journal d’expédition, écrit par le docteur Clarke, près de quarante ans auparavant. Il y a dessiné une fleur très rare, qu’utiliserait le chaman de la tribu K., quelque part en Amazonie, et qui aurait des vertus miraculeuses. C’est alors que tombe le verdict des médecins pour Laila: elle est atteinte d’une maladie incurable, qui ne laisse aucun espoir. Aucun espoir, vraiment? Mais s’ils retrouvaient cette fleur perdue? S’ils allaient au-devant des mille dangers du fleuve et de la forêt?

Première lecture·Prix littéraire·roman jeunesse

Du vent dans la tête (2019)

Auteure: Marjolaine Nadal

Illustratrice: Marianne Pasquet

Editeur: Voce Verso

Collection: Première lecture – GINKO

Pages: 24

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 6-8 ans.

Quand elle se sent oppressée, la petite fille grimpe au sommet de la montagne, se place dans le vent et laisse les nuages se dissiper. Mais quand cela devient trop courant, il lui faut trouver une solution plus facile à mettre en pratique.

Du vent dans la tête est une jolie lecture qui aborde la déprime/la dépression de l’enfant, un sujet délicat abordé ici avec pudeur et une certaine poésie. Une poésie qu’on retrouve aussi dans les illustrations de Marianne Pasquet tracées d’un trait fin et plutôt épuré. Le visage de l’enfant cheveux au vent est tout simplement beau et illustre avec justesse les émotions qu’elle peut ressentir quand enfin elle sent son cœur plus léger, sa tête plus vide.

Enfin, je trouve pertinent d’avoir fait de l’enfant l’acteur de son bien-être; c’est bien la fillette qui cherche des solutions pour aller mieux et je trouve cela essentiel, d’autant plus que ce titre s’inscrit dans une collection de titres « premières lectures » et donc s’adresse directement aux jeunes lecteurs.

La critique de LivresdAvril est à lire ICI.

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Parfois les matins sont trop gris. Ma tête est trop lourde. Mes idées sont trop emmêlées. Alors, je mets mes baskets et je file, là-haut, au plus haut de la montagne. Là où le vent souffle sur les nuages et éclaircit les brouillards. Là où le vent me rend ma légèreté.

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

On n’a rien vu venir (2012/2019)

Auteurs: Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal

Editeur: Alice

Collection: Poche

Pages: 110

Lundi 4 juin. Les résultats des élections sont tombés: Le Parti de la Liberté a gagné. Dans la rue des scènes de liesse populaire, des cris de joie, et parfois aussi des départs en catimini, des parents inquiets qui rappellent leurs enfants à la maison. Sept enfants nous racontent leur comment ce nouveau parti politique s’est immiscé dans leur quotidien. Sous couvert de liberté et de justice, il crée des lois liberticides avant de s’attaquer aux minorités sociales. De la couleur de la peau au handicap, en passant par l’homosexualité, la population se voit contrainte à des obligations et des restrictions injustes. Si certains ont fuit dès l’annonce des résultats, d’autres s’y préparent pendant que leurs voisins, leurs amis choisissent de subir ou d’entrer en résistance.

Ce roman à sept voix est à faire lire à tous les enfants pour éveiller leur conscience et développer leur esprit critique. En effet, les auteures y présentent comment un parti totalitaire arrive au pouvoir et comment une dictature s’imisce de façon insidieuse dans la vie de chacun, réduisant peu à peu les libertés et le libre arbitre, imposant une façon de vivre et de penser unique en maintenant un climat de peur permanent. L’écriture à quatorze mains apporte différent regards mais l’écriture reste cohérente et les chapitres se nouent naturellement, comme s’ils avaient été écrit par une seule personne. Les questionnements et réflexions qui suivent la lecture permettent de la prolonger intelligemment en ouvrant la discussion avec les jeunes lecteurs.

A découvrir, l’avis de Bouma et celui de Pépita.

Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays: le Parti de la Liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme – les « mal-habillés », les « trop-foncés », les « pas-assez-valides »…- et instaure des règles de plus en plus contraignantes. La liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge, les contrevenants sont traqués? Comment en est-on arrivé là?

Prix littéraire·roman jeunesse

Les fabuleuses aventures d’Aurore (2019)

Auteur: Douglas Kennedy

Illustrateur: Joann Sfar

TraductriceCatherine Nobokov

Editeur: PKJ

Pages: 233

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 9-12 ans.

Aurore est autiste. Incapable de parler, elle s’exprime par l’intermédiaire d’une tablette sur laquelle elle écrit ce qu’elle souhaite exprimer. Différente, elle pose sur le monde un regard unique, qui lui permet de voir au-delà des apparences. Par ailleurs, elle est dotée d’un pouvoir pour lire les pensées des gens. Quand tout devient trop compliqué, Aurore se réfugie dans son monde imaginaire où la vie est tellement plus facile et pleine d’optimisme. Entre ses parents divorcés qui tentent de refaire leur vie chacun de leur côté, sa sœur adolescente et la meilleure amie de celle-ci qui sont harcelées au collège, Aurore a fort à faire surtout lorsque cette dernière disparaît en plein parc d’attractions. S’improvisant détective, cette jeune pré-ado tente d’aider la police s’entourant de personnages qui ont tous la particularité d’être différents.

Dans notre société individualiste, la différence suscite bien trop souvent les brimades et le rejet. Pour sa première incursion dans le monde de la littérature jeunesse, Douglas Kennedy signe un titre intelligent dans lequel la différence devient une force et une richesse. Bien que ce titre soit très intéressant dans sa thématique, j’ai cependant regretté la rapidité avec laquelle certaines scènes sont traitées, laissant peu de place à l’imagination. Les illustrations de Joann Sfar sont lumineuses et mettent en avant l’optimisme qui se dégage du récit.

Sans être un coup de cœur, Les fabuleuses aventures d’Aurore est un roman jeunesse que j’ai trouvé très juste dans son propos ; sa jeune héroïne étant particulièrement attachante.

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Autiste, Aurore ne parle pas. Mais elle écrit sur sa tablette à la vitesse de la lumière. Et elle a un secret. Elle lit dans les yeux des autres : Maman, Pap’, sa grande sœur Émilie, mais aussi Lucie, la meilleure amie d’Émilie, harcelée à l’école. Le jour où Lucie disparaît à Monster Land, le parc d’attractions, Aurore s’improvise détective…

 

roman·roman ado·roman jeunesse

Anne de Green Gables (1908/2020)

Auteure: Lucy Maud Montgomery

Traductrice: Hélène Charrier

Editeur: Monsieur Toussaint Louverture

Pages: 382

 

Marilla et Matthew Cuthbert vieillissent, aussi décident-ils d’adopter un jeune garçon pour les aider à la ferme. Vieille fille et vieux garçon, la sœur et le frère n’y connaissent pas grand chose à l’éducation des enfants. Quand à la place d’un garçon, ils ont la surprise de découvrir Anne Shirley, ils sont loin d’être au bout de leur étonnement. Pour Matthew c’est pourtant l’amour au premier regard, il s’attache immédiatement à cette enfant impétueuse, bavarde et débordante d’imagination. Il faudra un peu plus de temps à Marilla pour laisser Anne entrer dans son cœur mais dès l’instant où ils lui ouvrent la porte de leurs Pignons Verts, leur vie s’en voit bouleversée à jamais.

Anne Shirley est une héroïne pleine de vie et d’imagination. Intelligente et pétillante, elle a tôt fait de se faire une place dans la communauté d’Avonlea. Au fil des saisons et des rencontres, Anne nous fait découvrir la vie insulaire sur l’île-du-Prince-Edouard, province de l’est du Canada, d’une communauté au début du vingtième siècle. Féministe involontaire, Anne est à l’image de la jeune femme moderne de son époque, une jeune fille résolument optimiste et tournée vers l’avenir, un avenir qu’elle se dessine grâce à sa persévérance et son imagination illimitée.

Ecrite en 1908, l’histoire est un magnifique témoignage de vie mais reste indémodable de part les thématiques abordées et la personnalité pétillante et attachante de sa jeune héroïne. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous propose une réédition de qualité avec une couverture cartonnée magnifiquement illustrée par Paul Blow. Recouverte d’un papier irisé, elle reflète magnifiquement les couleurs du couchant. Par ailleurs, le choix du papier et les pages cousues en font un ouvrage de qualité fait pour durer. On attend la suite avec impatience.

Âme de feu et de rosée, elle ressentait les plaisirs et les peines de la vie avec une intensité décuplée.