Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

La fleur perdue du chaman de K (2019/2021)

Il fiore perduto dello Sciamano di K

Auteur : Davide Morosinotto

Traducteur : Marc Lesage

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Médium

Pages : 534

Laïla, fille d’un diplomate finlandais, fait le rencontre d’El Rato à l’hôpital de Lima où la jeune fille vient passer des examens médicaux en raison de sa vue déclinante. Les deux enfants passent beaucoup de temps ensemble, cherchant à tromper l’ennuie en parcourant les couloirs de l’hôpital ; ils découvrent un vieux journal d’expédition qui parle d’une fleur rare aux vertus miraculeuses. Aussi lorsque le verdict tombe pour Laïla, ils décident de s’enfuir et de partir à la recherche de cette mystérieuse fleur du chaman de K..

Plongé dans le Pérou des années quatre-vingt où la situation politique est très instable et les dangers nombreux, encore plus pour les étrangers. L’amitié entre les deux enfants leur permet de surmonter les épreuves et de toujours trouver une porte de sortie. Si le danger peut se rencontrer à chaque coin de rue, c’est aussi le cas en ce qui concerne les bonnes rencontres. Laïla est attachante et attire la sympathie d’adultes bienveillants et prêts à lui venir en aide, l’encourageant dans son fol espoir plutôt que de la détourner de ses projets. Il y a toujours quelqu’un pour se joindre à leur périple et c’est en groupe qu’il arrive à la fin de ce voyage initiatique tellement riche humainement et culturellement.

Dans son troisième et dernier livre de la série ayant pour fil conducteur un fleuve, Davide Morosinotto nous entraîne dans les profondeurs de la forêt amazonienne dans une quête spirituelle qui amène une réflexion sur la mort et son évitement. Après Le célèbre catalogue Walker & Dawn qui remontait le fleuve Mississippi, puis L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges qui suivait le cour de la Neva, La fleur perdue du chaman de K. nous entraîne sur les bords de l’Amazone. Porté par des personnages attachants, le récit se fait à deux voix auxquelles viennent ponctuellement s’en ajouter d’autres. L’auteur a une fois de plus su créer un récit d’aventures exceptionnelles enrichies de la culture de tout un pays, de son histoire aussi et surtout de sa religion, le chamanisme.

Ce troisième livre est à l’image des précédents un magnifique objet à la mise en page originale qui dynamisme le récit et donne vie à l’histoire. Entre les esprits aux formes animales qui permettent d’identifier le personnage qui parle en ouverture de chapitre et les effets typographiques, cette collection est vraiment exceptionnelle. Même si j’ai plus de mal à la lecture de cette histoire notamment à cause des écriture parfois petite et le fait qu’il faille tourner l’ouvrage dans tous les sens, ça ne m’a pas empêché d’apprécié l’effet visuel.

Davide Morosinotto confirme son talent d’auteur en nous proposant un roman de grande qualité. La série n’en est pas une au sens premier du terme mais il a pourtant su lier les trois histoires par des crossover qui créent un effet de surprise bienvenu et fort apprécié par toute notre famille. A découvrir et faire découvrir!

Je vous invite à lire les avis d‘Isabelle et de Pépita.

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Pérou, 1986. Quand elle est admise à l’hôpital de Lima, Laila attire les regards: fille d’un diplomate finlandais, au teint pâle et aux cheveux blonds, c’est du jamais vu pour les enfants hospitalisés là. Surtout pour El Rato, qui y a passé toute sa vie. Dans les archives de l’hôpital, Laila et El Rato découvrent un journal d’expédition, écrit par le docteur Clarke, près de quarante ans auparavant. Il y a dessiné une fleur très rare, qu’utiliserait le chaman de la tribu K., quelque part en Amazonie, et qui aurait des vertus miraculeuses. C’est alors que tombe le verdict des médecins pour Laila: elle est atteinte d’une maladie incurable, qui ne laisse aucun espoir. Aucun espoir, vraiment? Mais s’ils retrouvaient cette fleur perdue? S’ils allaient au-devant des mille dangers du fleuve et de la forêt?

Première lecture·Prix littéraire·roman jeunesse

Du vent dans la tête (2019)

Auteure: Marjolaine Nadal

Illustratrice: Marianne Pasquet

Editeur: Voce Verso

Collection: Première lecture – GINKO

Pages: 24

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 6-8 ans.

Quand elle se sent oppressée, la petite fille grimpe au sommet de la montagne, se place dans le vent et laisse les nuages se dissiper. Mais quand cela devient trop courant, il lui faut trouver une solution plus facile à mettre en pratique.

Du vent dans la tête est une jolie lecture qui aborde la déprime/la dépression de l’enfant, un sujet délicat abordé ici avec pudeur et une certaine poésie. Une poésie qu’on retrouve aussi dans les illustrations de Marianne Pasquet tracées d’un trait fin et plutôt épuré. Le visage de l’enfant cheveux au vent est tout simplement beau et illustre avec justesse les émotions qu’elle peut ressentir quand enfin elle sent son cœur plus léger, sa tête plus vide.

Enfin, je trouve pertinent d’avoir fait de l’enfant l’acteur de son bien-être; c’est bien la fillette qui cherche des solutions pour aller mieux et je trouve cela essentiel, d’autant plus que ce titre s’inscrit dans une collection de titres « premières lectures » et donc s’adresse directement aux jeunes lecteurs.

La critique de LivresdAvril est à lire ICI.

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Parfois les matins sont trop gris. Ma tête est trop lourde. Mes idées sont trop emmêlées. Alors, je mets mes baskets et je file, là-haut, au plus haut de la montagne. Là où le vent souffle sur les nuages et éclaircit les brouillards. Là où le vent me rend ma légèreté.

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

On n’a rien vu venir (2012/2019)

Auteurs: Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal

Editeur: Alice

Collection: Poche

Pages: 110

Lundi 4 juin. Les résultats des élections sont tombés: Le Parti de la Liberté a gagné. Dans la rue des scènes de liesse populaire, des cris de joie, et parfois aussi des départs en catimini, des parents inquiets qui rappellent leurs enfants à la maison. Sept enfants nous racontent leur comment ce nouveau parti politique s’est immiscé dans leur quotidien. Sous couvert de liberté et de justice, il crée des lois liberticides avant de s’attaquer aux minorités sociales. De la couleur de la peau au handicap, en passant par l’homosexualité, la population se voit contrainte à des obligations et des restrictions injustes. Si certains ont fuit dès l’annonce des résultats, d’autres s’y préparent pendant que leurs voisins, leurs amis choisissent de subir ou d’entrer en résistance.

Ce roman à sept voix est à faire lire à tous les enfants pour éveiller leur conscience et développer leur esprit critique. En effet, les auteures y présentent comment un parti totalitaire arrive au pouvoir et comment une dictature s’imisce de façon insidieuse dans la vie de chacun, réduisant peu à peu les libertés et le libre arbitre, imposant une façon de vivre et de penser unique en maintenant un climat de peur permanent. L’écriture à quatorze mains apporte différent regards mais l’écriture reste cohérente et les chapitres se nouent naturellement, comme s’ils avaient été écrit par une seule personne. Les questionnements et réflexions qui suivent la lecture permettent de la prolonger intelligemment en ouvrant la discussion avec les jeunes lecteurs.

A découvrir, l’avis de Bouma et celui de Pépita.

Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays: le Parti de la Liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme – les « mal-habillés », les « trop-foncés », les « pas-assez-valides »…- et instaure des règles de plus en plus contraignantes. La liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge, les contrevenants sont traqués? Comment en est-on arrivé là?

Prix littéraire·roman jeunesse

Les fabuleuses aventures d’Aurore (2019)

Auteur: Douglas Kennedy

Illustrateur: Joann Sfar

TraductriceCatherine Nobokov

Editeur: PKJ

Pages: 233

Sélection officielle du Prix UNICEF de littérature jeunesse 2021 catégorie 9-12 ans.

Aurore est autiste. Incapable de parler, elle s’exprime par l’intermédiaire d’une tablette sur laquelle elle écrit ce qu’elle souhaite exprimer. Différente, elle pose sur le monde un regard unique, qui lui permet de voir au-delà des apparences. Par ailleurs, elle est dotée d’un pouvoir pour lire les pensées des gens. Quand tout devient trop compliqué, Aurore se réfugie dans son monde imaginaire où la vie est tellement plus facile et pleine d’optimisme. Entre ses parents divorcés qui tentent de refaire leur vie chacun de leur côté, sa sœur adolescente et la meilleure amie de celle-ci qui sont harcelées au collège, Aurore a fort à faire surtout lorsque cette dernière disparaît en plein parc d’attractions. S’improvisant détective, cette jeune pré-ado tente d’aider la police s’entourant de personnages qui ont tous la particularité d’être différents.

Dans notre société individualiste, la différence suscite bien trop souvent les brimades et le rejet. Pour sa première incursion dans le monde de la littérature jeunesse, Douglas Kennedy signe un titre intelligent dans lequel la différence devient une force et une richesse. Bien que ce titre soit très intéressant dans sa thématique, j’ai cependant regretté la rapidité avec laquelle certaines scènes sont traitées, laissant peu de place à l’imagination. Les illustrations de Joann Sfar sont lumineuses et mettent en avant l’optimisme qui se dégage du récit.

Sans être un coup de cœur, Les fabuleuses aventures d’Aurore est un roman jeunesse que j’ai trouvé très juste dans son propos ; sa jeune héroïne étant particulièrement attachante.

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Autiste, Aurore ne parle pas. Mais elle écrit sur sa tablette à la vitesse de la lumière. Et elle a un secret. Elle lit dans les yeux des autres : Maman, Pap’, sa grande sœur Émilie, mais aussi Lucie, la meilleure amie d’Émilie, harcelée à l’école. Le jour où Lucie disparaît à Monster Land, le parc d’attractions, Aurore s’improvise détective…

 

roman·roman ado·roman jeunesse

Anne de Green Gables (1908/2020)

Auteure: Lucy Maud Montgomery

Traductrice: Hélène Charrier

Editeur: Monsieur Toussaint Louverture

Pages: 382

 

Marilla et Matthew Cuthbert vieillissent, aussi décident-ils d’adopter un jeune garçon pour les aider à la ferme. Vieille fille et vieux garçon, la sœur et le frère n’y connaissent pas grand chose à l’éducation des enfants. Quand à la place d’un garçon, ils ont la surprise de découvrir Anne Shirley, ils sont loin d’être au bout de leur étonnement. Pour Matthew c’est pourtant l’amour au premier regard, il s’attache immédiatement à cette enfant impétueuse, bavarde et débordante d’imagination. Il faudra un peu plus de temps à Marilla pour laisser Anne entrer dans son cœur mais dès l’instant où ils lui ouvrent la porte de leurs Pignons Verts, leur vie s’en voit bouleversée à jamais.

Anne Shirley est une héroïne pleine de vie et d’imagination. Intelligente et pétillante, elle a tôt fait de se faire une place dans la communauté d’Avonlea. Au fil des saisons et des rencontres, Anne nous fait découvrir la vie insulaire sur l’île-du-Prince-Edouard, province de l’est du Canada, d’une communauté au début du vingtième siècle. Féministe involontaire, Anne est à l’image de la jeune femme moderne de son époque, une jeune fille résolument optimiste et tournée vers l’avenir, un avenir qu’elle se dessine grâce à sa persévérance et son imagination illimitée.

Ecrite en 1908, l’histoire est un magnifique témoignage de vie mais reste indémodable de part les thématiques abordées et la personnalité pétillante et attachante de sa jeune héroïne. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous propose une réédition de qualité avec une couverture cartonnée magnifiquement illustrée par Paul Blow. Recouverte d’un papier irisé, elle reflète magnifiquement les couleurs du couchant. Par ailleurs, le choix du papier et les pages cousues en font un ouvrage de qualité fait pour durer. On attend la suite avec impatience.

Âme de feu et de rosée, elle ressentait les plaisirs et les peines de la vie avec une intensité décuplée.

Le coin de Gaby·roman jeunesse

La Dernière Abeille (2020)

La Dernière Abeille de Bren MacDibble, Hélium, 2020

Pivoine vit à la campagne avec son grand-père et sa sœur Magnolia. Elle veut devenir une abeille, travail à la ferme durant lequel les enfants doivent monter aux arbres avec des plumeaux pour polliniser les plantes, dès que possible. Sauf que sa mère va l’en empêcher en l’emmenant en ville servir des Urbains.

Si les abeilles venaient à disparaître, l’auteur envisage un futur possible si l’homme pollinisait à la main. Gros coup de cœur pour ce livre dont l’histoire m’a fait chavirer avec tous ses rebondissements arrosés d’un soupçon d’amitié.

J’ai découvert ce livre durant le « Gang des Dévoreurs« , club de lectures de la médiathèque La Corderie à Marc-en-Baroeul, que l’animatrice nous l’a conseillé.

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Moi, c’est Pivoine. Avant, je vivais à la ferme avec papy et ma sœur Mags. Je suis pas une fainéante, comme les autres Urbains, là ; j’ai pas peur de me salir les mains. Mais maman a décidé que je devais la rejoindre en ville pour travailler avec elle chez les Pasquale. Heureusement, il y a Esméralda. Esméralda, c’est une fleur délicate, elle a peur de tout. Mais c’est aussi mon amie, et je lui ai promis de lui donner un peu de mon courage si elle m’aidait à m’enfuir.
Pour retourner dans ma ferme et devenir la meilleure des abeilles.

Dans un monde où les abeilles ont disparu et où les enfants pollinisent les fleurs à la main, s’élève la voix pleine d’espoir d’une héroïne aussi piquante qu’attachante.

Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

Winnie et la Grande Guerre (2020)

Winnie’s Great War (2018)

Auteure: L. Mattick & J. Greenhut

Illustratrice: Sophie Blackall

Traductrice: Caroline Guilleminot

Editeur: l’école des loisirs

Pages: 335

Nous connaissons tous Winnie l’ourson, si ce n’est par la lecture – Winnie l’Ourson : Histoire d’un ours-comme-ça – tout du moins par les classiques Disney; cet ourson en peluche, ami de Christopher Robin, fils de l’auteur A.A. Milne fait parti du paysage enfantin. Ce que nous sommes moins nombreux à savoir, est que l’ours en peluche de Christopher Robin fut baptisé Winnie en référence à une ourse noire à qui il rendait visite au zoo de Londres. Winnipeg fut acheté par le lieutenant Harry Colebourn alors qu’il était en route vers l’Europe avec son régiment de cavalerie canadienne. Ainsi nommée en référence à la ville natale du jeune homme, Winnipeg devient la mascotte du régiment et fait la traversée de l’Atlantique jusqu’en Angleterre. Avant de partir pour la France, Harry laisse Winnie au zoo de Londres où il l’espére plus en sécurité.

Joli parallèle avec l’oeuvre de Milne, Lindsay Mattick raconte l’histoire de Winnie à son fils Cole. Plus qu’une histoire pour enfant, il s’agit avant tout d’une histoire de famille puisqu’Harry Colebourn est l’arrière-grand-père de l’auteure. Accompagnée dans l’écriture par Josh Greenhut, elle s’inspire de faits réels basés sur les journaux de Harry ainsi que les récits de sa famille. Les inconnues étant nombreuses, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et signent un récit touchant sur fond de Première Guerre Mondiale. Des forêts canadienne au zoo de Londres, le voyage de Winnie ne se fait pas sans encombre mais partout où elle passe, la petite oursonne se fait des amis et attire la sympathie des humains. Les auteurs utilisent son regard pour dépeindre les émotions des soldats de qui elle partage le quotidien mais également, plus tard, celles des londoniens qui subissent les raids aériens.

Winnie et la Grande Guerre n’est pourtant pas un récit de guerre, c’est avant tout une histoire d’amitié, une histoire plein d’humanité dans laquelle un jeune homme, s’appretant à vivre une expérience terrible, choisit de sauver un animal sauvage pour qui il se prend d’affection en un regard. Lu à deux voix avec Gabrielle (11 ans 1/2), le texte nous a touché, parfois presque bouleversé, mais nous a aussi fait rire. Nous avons apprécié les anecdotes sur les animaux de guerre, les interventions de Cole qui s’interroge sur la véracité de certaines situations, l’amitié entre Harry et Winnie et le personnage de Harry dont les actions laissent à penser combien c’était un homme bon. Enfin, nous avons été charmé par les illustrations de Sophie Blackall qui viennent ponctuer le récit ainsi que « les archives de la famille Colebourn » situées en fin de volume qui permettent d’en savoir plus sur la naissance de ce roman et d’observer des photographies de Harry, Winnie et de toutes les personnes qui ont un rôle à jouer dans cet ouvrage.

Vous connaissez Winnie l’Ourson? Sûrement. Mais vous saviez qu’il avait vraiment existé? Et qu’il avait une histoire extraordinaire? Il y a un siècle, dans les forêts du Canada, une petite oursonne est séparée de sa mère et capturée par un trappeur. Un jeune lieutenant vétérinaire, Harry Colebourn, se prend d’affection pour elle et décide de l’adopter. Il l’appellera Winnie et en fera la mascotte de son régiment. A l’approche de la Grande Guerre en Europe, Winnie accompagne les soldats canadiens qui traversent l’océan. A Londres, où elle sera confiée au zoo. A l’endroit même où un petit garçon de cinq ans, A. A. Milne, fera sa connaissance et racontera ses aventures connues des enfants du monde entier.

Lecture commune·roman jeunesse

Momo (1973)

 

Auteur: Michael Ende

Traductrice: Corinna Gepner

Editeur: Bayard Jeunesse

Pages: 431

 

Momo est une jeune orpheline qui a choisi de vivre dans les ruines de l’ancien amphithéâtre de la ville. Rapidement les habitants du quartier l’aident à s’intaller et lui apportent à manger. Adultes comme enfants s’attachent à cette enfant qui possède une qualité rare: l’écoute! Dans un monde où l’on parle beaucoup pour ne rien dire, où l’on se dispute pour des broutilles, être capable d’écouter son prochain est une richesse incroyable pour la personne elle-même mais surtout pour tout ceux qui la côtoient. Ainsi lorsqu’ils s’ennuient ou ont un problème, lorsqu’ils se disputent, les gens ont pris l’habitude de dire « Va voir Momo!« 

Mais voilà qu’un jour, les Messieurs Gris arrivent avec leur attaché-case, leurs cigares infectes et une sensation de froid terrible. A leur contact, les gens changent complètement, ils semblent ne plus jamais avoir le temps pour rien ni personne. Seule Momo reste hermétique à cette pression de l’urgence qui donne l’impression que le temps nous échappe. Elle seule pourra sauver les habitants de la ville et ses amis.

Michael Ende propose une critique de la société de par l’un de ses plus grands maux: le manque de temps. Phénomène ordinaire d’une vie passée à courir après le temps, l’adulte en oublie de vivre et entraîne dans sa fuite les enfants, dont les agendas remplis par les rythmes scolaires surchargés et les activités périscolaires, n’ont plus le temps de jouer. Le jeu est pourtant l’essence même de la vie d’un enfant ; c’est par ce biais que se forge l’imagination et la créativité mais également que se développent la pensée et la capacité à résoudre des problèmes. Si l’enfant ne joue plus, il passe à côté de sa vie. De même si l’adulte passe son temps à travailler, il passe à côté de tout le reste et oublie le plus important.

Il est intéressant de voir que ce phénomène n’est pas récent puisque ce texte fut écrit en 1973. Pourtant notre société semble avoir poursuivit sa fuite en avant, créant un monde anxiogène dans lequel il est devenu commun de souffrir de stress, de frustration ou d’irritabilité. La lecture de ce roman devrait être recommandé par les thérapeutes pour le message de l’auteur qui souligne l’importance de prendre son temps, profiter du peu de temps qui nous est alloué afin de profiter au mieux de notre existence, de la vie!

Je vous invite à lire la critique d’Isabelle, qui m’a donné envie de découvrir ce titre: ICI.

Momo, une petite orpheline vagabonde, s’installe dans un amphithéâtre en ruine, à l’écart de la ville. Elle se fait vite plein d’amis: Momo séduit les enfants, avec lesquels elle invente des jeux merveilleux, mais aussi les adultes, parce qu’elle sait les écouter et leur redonner confiance… Ses deux meilleurs amis sont Beppo, un vieux balayeur de rues, et Gigi, un jeune homme à la langue bien pendue. Tous vivent heureux dans ce petit coin éloigné de l’agitation de la ville quand apparaissent d’étranges messieurs gris. A leur approche, un courant d’air froid, mêlé à une infecte odeur de cigare, se fait sentir. Qui sont-ils, que veulent-ils? Momo découvrira leurs sinistres plans et la menace qui pèse sur tous ceux qu’elle aime.

abonnement·Le coin de Gaby·roman jeunesse

Mission Mammouth – Histoires Naturelles (2020)

Mission Mammouth de Xavier-Laurent Petit, illustré par Amandine Delauney, l’école des loisirs, 2020

MaxiMax – Janvier 2021.

J’ai aimé ce livre pour les magnifiques dessins et sa belle histoire. Elle se passe dans l’hémisphère nord ce qui est, je trouve, vraiment original. Amouksa est une jeune sibérienne dont la vie va changer lorsque sa mère va mettre au monde une seconde fille. Son père, qui voulait un fils, va faire de Amouksa un vrai garçon et ils vont partir pour un long voyage vers Saint Pétersbourg pour exposer leur mammouth, celui qu’ils ont trouvé lors d’une de leur sortie.

Maman m’avait déjà lu deux autres histoires de cet auteur : Un temps de chien et Les Loups du Clair de Lune et je les avais beauocup aimé pour leurs belles histoires qui parlent de faits réels mais en les faisant vivre au travers d’un roman. L’auteur sait exploiter ses idées et les transmettre clairement en les rendant intéressantes pour les enfants.

Cette série de livres peut plaire à petits et grands mais le mieux, c’est d’avoir le plaisir de le lire à voix haute pour et avec son entourage. On y apprend plein de choses

Amouksan est la doyenne de l’humanité. Elle vit en Sibérie, au bord du monde, près du domaine des esprits. A présent, il ne lui reste que ses souvenirs, et trois objets précieux qu’on lui a offerts: un talisman en cuir, une pochette de photos, et une magnifique robe qu’elle n’a porté qu’une seule fois, il y a très, très, très longtemps. Dans un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître. Son père trappeur aurait voulu un garçon, pour lui apprendre à chasser le renne l’hiver, et le saumon l’été. Alors, il élèvera Amouksan comme un garçon. Mais cette année-là, c’est un géant revenu du fond des âges qu’ils vont découvrir ensemble. Un mammouth. Il va leur offrir la plus incroyable aventure de leur vie.

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

Augustine (2020)

Auteure: Juliette Paquereau

Illustratrice: Junko Nakamura

Editeur: l’école des loisirs

Collection: médium

Pages: 69

 

Pour finir l’année comme nous l’avons vécue, un livre à la main, Gabrielle et moi nous sommes installées avec ce petit roman, lu paisiblement ensemble, à voix haute, en mode digestion et partage d’une petite lecture. Le papa, les yeux rivés sur son jeu vidéo, a largement profité de la lecture qui l’a amusé tout en le questionnant sur le rôle de l’école dans la construction de cette jeune fille.

Car Augustine, douze ans, souffre d’un trouble plus grand que celui de la page blanche. Alors qu’elle se demande si elle ne serait atteinte d’une sorte de maladie, elle chemine petit à petit entre le collège et le cours de piano, jamais complètement investie, jamais vraiment satisfaite mais des mots plein la tête. Pourtant son grand-père lui a dit qu’elle deviendrait quelqu’un. Entre manque de confiance en soi et réflexion sur son identité, Augustine rencontre une traductrice de livre venue présenter son métier à la classe ; une rencontre qui soulève la question pertinente de la capacité de chacun à réaliser des choses selon une réalité personnelle et non selon les attentes des autres.

Juliette Paquereau signe un premier roman touchant qui, en toile de fond, semble remettre en question un système de notation  scolaire qui peut engendrer une quête de perfection nuisible au développement personnel. Son écriture se veut poétique de part un phrasé en rimes qui donne une grande musicalité au texte et renforce l’attachement du lecteur à l’héroïne. On retrouve la chanteuse dans l’auteure, la musique dans l’écriture à la lecture de ce court roman porté par une héroïne musicienne et dont les chapitres semblent rythmés comme une partition. Les illustrations de Junko Nakamura renforcent la poésie du texte et l’incapacité d’Augustine à se pauser intellectuellement de part une technique aux crayons de couleurs qui rappelle les dessins des enfants. C’est un coup de ❤ !

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L’avis de Gaby

J’ai beaucoup aimé Augustine car il y a de la poésie, les illustrations sont jolies et l’auteure fait passer un message intéressant à la fin de l’histoire.

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Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n’aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d’avoir douze ans et demi (ce qui n’est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l’enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l’aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c’est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c’est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d’une sorte de maladie.