Le coin de Gaby·roman jeunesse

La Dernière Abeille (2020)

La Dernière Abeille de Bren MacDibble, Hélium, 2020

Pivoine vit à la campagne avec son grand-père et sa sœur Magnolia. Elle veut devenir une abeille, travail à la ferme durant lequel les enfants doivent monter aux arbres avec des plumeaux pour polliniser les plantes, dès que possible. Sauf que sa mère va l’en empêcher en l’emmenant en ville servir des Urbains.

Si les abeilles venaient à disparaître, l’auteur envisage un futur possible si l’homme pollinisait à la main. Gros coup de cœur pour ce livre dont l’histoire m’a fait chavirer avec tous ses rebondissements arrosés d’un soupçon d’amitié.

J’ai découvert ce livre durant le « Gang des Dévoreurs« , club de lectures de la médiathèque La Corderie à Marc-en-Baroeul, que l’animatrice nous l’a conseillé.

***

Moi, c’est Pivoine. Avant, je vivais à la ferme avec papy et ma sœur Mags. Je suis pas une fainéante, comme les autres Urbains, là ; j’ai pas peur de me salir les mains. Mais maman a décidé que je devais la rejoindre en ville pour travailler avec elle chez les Pasquale. Heureusement, il y a Esméralda. Esméralda, c’est une fleur délicate, elle a peur de tout. Mais c’est aussi mon amie, et je lui ai promis de lui donner un peu de mon courage si elle m’aidait à m’enfuir.
Pour retourner dans ma ferme et devenir la meilleure des abeilles.

Dans un monde où les abeilles ont disparu et où les enfants pollinisent les fleurs à la main, s’élève la voix pleine d’espoir d’une héroïne aussi piquante qu’attachante.

Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

Winnie et la Grande Guerre (2020)

Winnie’s Great War (2018)

Auteure: L. Mattick & J. Greenhut

Illustratrice: Sophie Blackall

Traductrice: Caroline Guilleminot

Editeur: l’école des loisirs

Pages: 335

Nous connaissons tous Winnie l’ourson, si ce n’est par la lecture – Winnie l’Ourson : Histoire d’un ours-comme-ça – tout du moins par les classiques Disney; cet ourson en peluche, ami de Christopher Robin, fils de l’auteur A.A. Milne fait parti du paysage enfantin. Ce que nous sommes moins nombreux à savoir, est que l’ours en peluche de Christopher Robin fut baptisé Winnie en référence à une ourse noire à qui il rendait visite au zoo de Londres. Winnipeg fut acheté par le lieutenant Harry Colebourn alors qu’il était en route vers l’Europe avec son régiment de cavalerie canadienne. Ainsi nommée en référence à la ville natale du jeune homme, Winnipeg devient la mascotte du régiment et fait la traversée de l’Atlantique jusqu’en Angleterre. Avant de partir pour la France, Harry laisse Winnie au zoo de Londres où il l’espére plus en sécurité.

Joli parallèle avec l’oeuvre de Milne, Lindsay Mattick raconte l’histoire de Winnie à son fils Cole. Plus qu’une histoire pour enfant, il s’agit avant tout d’une histoire de famille puisqu’Harry Colebourn est l’arrière-grand-père de l’auteure. Accompagnée dans l’écriture par Josh Greenhut, elle s’inspire de faits réels basés sur les journaux de Harry ainsi que les récits de sa famille. Les inconnues étant nombreuses, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et signent un récit touchant sur fond de Première Guerre Mondiale. Des forêts canadienne au zoo de Londres, le voyage de Winnie ne se fait pas sans encombre mais partout où elle passe, la petite oursonne se fait des amis et attire la sympathie des humains. Les auteurs utilisent son regard pour dépeindre les émotions des soldats de qui elle partage le quotidien mais également, plus tard, celles des londoniens qui subissent les raids aériens.

Winnie et la Grande Guerre n’est pourtant pas un récit de guerre, c’est avant tout une histoire d’amitié, une histoire plein d’humanité dans laquelle un jeune homme, s’appretant à vivre une expérience terrible, choisit de sauver un animal sauvage pour qui il se prend d’affection en un regard. Lu à deux voix avec Gabrielle (11 ans 1/2), le texte nous a touché, parfois presque bouleversé, mais nous a aussi fait rire. Nous avons apprécié les anecdotes sur les animaux de guerre, les interventions de Cole qui s’interroge sur la véracité de certaines situations, l’amitié entre Harry et Winnie et le personnage de Harry dont les actions laissent à penser combien c’était un homme bon. Enfin, nous avons été charmé par les illustrations de Sophie Blackall qui viennent ponctuer le récit ainsi que « les archives de la famille Colebourn » situées en fin de volume qui permettent d’en savoir plus sur la naissance de ce roman et d’observer des photographies de Harry, Winnie et de toutes les personnes qui ont un rôle à jouer dans cet ouvrage.

Vous connaissez Winnie l’Ourson? Sûrement. Mais vous saviez qu’il avait vraiment existé? Et qu’il avait une histoire extraordinaire? Il y a un siècle, dans les forêts du Canada, une petite oursonne est séparée de sa mère et capturée par un trappeur. Un jeune lieutenant vétérinaire, Harry Colebourn, se prend d’affection pour elle et décide de l’adopter. Il l’appellera Winnie et en fera la mascotte de son régiment. A l’approche de la Grande Guerre en Europe, Winnie accompagne les soldats canadiens qui traversent l’océan. A Londres, où elle sera confiée au zoo. A l’endroit même où un petit garçon de cinq ans, A. A. Milne, fera sa connaissance et racontera ses aventures connues des enfants du monde entier.

Lecture commune·roman jeunesse

Momo (1973)

 

Auteur: Michael Ende

Traductrice: Corinna Gepner

Editeur: Bayard Jeunesse

Pages: 431

 

Momo est une jeune orpheline qui a choisi de vivre dans les ruines de l’ancien amphithéâtre de la ville. Rapidement les habitants du quartier l’aident à s’intaller et lui apportent à manger. Adultes comme enfants s’attachent à cette enfant qui possède une qualité rare: l’écoute! Dans un monde où l’on parle beaucoup pour ne rien dire, où l’on se dispute pour des broutilles, être capable d’écouter son prochain est une richesse incroyable pour la personne elle-même mais surtout pour tout ceux qui la côtoient. Ainsi lorsqu’ils s’ennuient ou ont un problème, lorsqu’ils se disputent, les gens ont pris l’habitude de dire « Va voir Momo!« 

Mais voilà qu’un jour, les Messieurs Gris arrivent avec leur attaché-case, leurs cigares infectes et une sensation de froid terrible. A leur contact, les gens changent complètement, ils semblent ne plus jamais avoir le temps pour rien ni personne. Seule Momo reste hermétique à cette pression de l’urgence qui donne l’impression que le temps nous échappe. Elle seule pourra sauver les habitants de la ville et ses amis.

Michael Ende propose une critique de la société de par l’un de ses plus grands maux: le manque de temps. Phénomène ordinaire d’une vie passée à courir après le temps, l’adulte en oublie de vivre et entraîne dans sa fuite les enfants, dont les agendas remplis par les rythmes scolaires surchargés et les activités périscolaires, n’ont plus le temps de jouer. Le jeu est pourtant l’essence même de la vie d’un enfant ; c’est par ce biais que se forge l’imagination et la créativité mais également que se développent la pensée et la capacité à résoudre des problèmes. Si l’enfant ne joue plus, il passe à côté de sa vie. De même si l’adulte passe son temps à travailler, il passe à côté de tout le reste et oublie le plus important.

Il est intéressant de voir que ce phénomène n’est pas récent puisque ce texte fut écrit en 1973. Pourtant notre société semble avoir poursuivit sa fuite en avant, créant un monde anxiogène dans lequel il est devenu commun de souffrir de stress, de frustration ou d’irritabilité. La lecture de ce roman devrait être recommandé par les thérapeutes pour le message de l’auteur qui souligne l’importance de prendre son temps, profiter du peu de temps qui nous est alloué afin de profiter au mieux de notre existence, de la vie!

Je vous invite à lire la critique d’Isabelle, qui m’a donné envie de découvrir ce titre: ICI.

Momo, une petite orpheline vagabonde, s’installe dans un amphithéâtre en ruine, à l’écart de la ville. Elle se fait vite plein d’amis: Momo séduit les enfants, avec lesquels elle invente des jeux merveilleux, mais aussi les adultes, parce qu’elle sait les écouter et leur redonner confiance… Ses deux meilleurs amis sont Beppo, un vieux balayeur de rues, et Gigi, un jeune homme à la langue bien pendue. Tous vivent heureux dans ce petit coin éloigné de l’agitation de la ville quand apparaissent d’étranges messieurs gris. A leur approche, un courant d’air froid, mêlé à une infecte odeur de cigare, se fait sentir. Qui sont-ils, que veulent-ils? Momo découvrira leurs sinistres plans et la menace qui pèse sur tous ceux qu’elle aime.

abonnement·Le coin de Gaby·roman jeunesse

Mission Mammouth – Histoires Naturelles (2020)

Mission Mammouth de Xavier-Laurent Petit, illustré par Amandine Delauney, l’école des loisirs, 2020

MaxiMax – Janvier 2021.

J’ai aimé ce livre pour les magnifiques dessins et sa belle histoire. Elle se passe dans l’hémisphère nord ce qui est, je trouve, vraiment original. Amouksa est une jeune sibérienne dont la vie va changer lorsque sa mère va mettre au monde une seconde fille. Son père, qui voulait un fils, va faire de Amouksa un vrai garçon et ils vont partir pour un long voyage vers Saint Pétersbourg pour exposer leur mammouth, celui qu’ils ont trouvé lors d’une de leur sortie.

Maman m’avait déjà lu deux autres histoires de cet auteur : Un temps de chien et Les Loups du Clair de Lune et je les avais beauocup aimé pour leurs belles histoires qui parlent de faits réels mais en les faisant vivre au travers d’un roman. L’auteur sait exploiter ses idées et les transmettre clairement en les rendant intéressantes pour les enfants.

Cette série de livres peut plaire à petits et grands mais le mieux, c’est d’avoir le plaisir de le lire à voix haute pour et avec son entourage. On y apprend plein de choses

Amouksan est la doyenne de l’humanité. Elle vit en Sibérie, au bord du monde, près du domaine des esprits. A présent, il ne lui reste que ses souvenirs, et trois objets précieux qu’on lui a offerts: un talisman en cuir, une pochette de photos, et une magnifique robe qu’elle n’a porté qu’une seule fois, il y a très, très, très longtemps. Dans un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître. Son père trappeur aurait voulu un garçon, pour lui apprendre à chasser le renne l’hiver, et le saumon l’été. Alors, il élèvera Amouksan comme un garçon. Mais cette année-là, c’est un géant revenu du fond des âges qu’ils vont découvrir ensemble. Un mammouth. Il va leur offrir la plus incroyable aventure de leur vie.

Lecture à 2 Voix·roman ado·roman jeunesse

Augustine (2020)

Auteure: Juliette Paquereau

Illustratrice: Junko Nakamura

Editeur: l’école des loisirs

Collection: médium

Pages: 69

 

Pour finir l’année comme nous l’avons vécue, un livre à la main, Gabrielle et moi nous sommes installées avec ce petit roman, lu paisiblement ensemble, à voix haute, en mode digestion et partage d’une petite lecture. Le papa, les yeux rivés sur son jeu vidéo, a largement profité de la lecture qui l’a amusé tout en le questionnant sur le rôle de l’école dans la construction de cette jeune fille.

Car Augustine, douze ans, souffre d’un trouble plus grand que celui de la page blanche. Alors qu’elle se demande si elle ne serait atteinte d’une sorte de maladie, elle chemine petit à petit entre le collège et le cours de piano, jamais complètement investie, jamais vraiment satisfaite mais des mots plein la tête. Pourtant son grand-père lui a dit qu’elle deviendrait quelqu’un. Entre manque de confiance en soi et réflexion sur son identité, Augustine rencontre une traductrice de livre venue présenter son métier à la classe ; une rencontre qui soulève la question pertinente de la capacité de chacun à réaliser des choses selon une réalité personnelle et non selon les attentes des autres.

Juliette Paquereau signe un premier roman touchant qui, en toile de fond, semble remettre en question un système de notation  scolaire qui peut engendrer une quête de perfection nuisible au développement personnel. Son écriture se veut poétique de part un phrasé en rimes qui donne une grande musicalité au texte et renforce l’attachement du lecteur à l’héroïne. On retrouve la chanteuse dans l’auteure, la musique dans l’écriture à la lecture de ce court roman porté par une héroïne musicienne et dont les chapitres semblent rythmés comme une partition. Les illustrations de Junko Nakamura renforcent la poésie du texte et l’incapacité d’Augustine à se pauser intellectuellement de part une technique aux crayons de couleurs qui rappelle les dessins des enfants. C’est un coup de ❤ !

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L’avis de Gaby

J’ai beaucoup aimé Augustine car il y a de la poésie, les illustrations sont jolies et l’auteure fait passer un message intéressant à la fin de l’histoire.

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Augustine aime le piano, la danse et le silence du CDI. Elle n’aime pas les salsifis, les haricots beurre, les « mous-loukoums » et les filles qui parlent constamment de « doudounes ». En plus d’avoir douze ans et demi (ce qui n’est pas rien), Augustine voit des mots partout, des mots tout le temps, en long en large et en ruban. Des mots qui jusque dans son sommeil l’enquiquinent, qui font des vrilles, des bonds, des rimes. Si au moins ça pouvait l’aider à écrire sa rédaction pour demain. Mais non, rien. Ce soir, dimanche, les mots lui manquent, et c’est le syndrome de la page blanche. Boule au ventre, petit vélo, insomnie ; elle a beau se creuser le ciboulot, consulter son dico, c’est le vide intersidéral sur sa copie. Alors cette nuit, au fond de son lit, Augustine se demande si tout ça est bien normal, si elle ne souffrirait pas d’une sorte de maladie.

Le coin de Gaby·roman jeunesse

La guerre des clans, Cycle 1

La Guerre des Clans, Cycle 1, 6 tomes de Erin Hunter, PKJ, 2005 à 2008

Le héros de ce premier cycle s’appelle Rusty et il va faire une rencontre qui bouleversera sa vie: des chats du Clan du Tonnerre, dont la cheffe, Etoile Bleue. Ils vont lui proposer d’intégrer le Clan. Le héros va accepter et se nommera désormais Nuage de Feu (en raison de sa fourrure rousse comme le feu).

J’ai beaucoup aimé « La Guerre Des Clans » car déjà, j’adore les chats et ensuite, l’univers est super. Il y a quatre clans : le Clan de la Rivière, le Clan de l’Ombre, le Clan du Vent et le Clans du Tonnerre. Mes préférés sont les Clans de la Rivière et du Tonnerre. L’auteure (Erin Hunter) aime beaucoup la forêt et montre, grâce à sa série, l’influence humaine sur celle-ci et les conséquences sur la vie animale.

Trahison, coup bas, émotion, aventure, amitié, d’humour et surtout accepter qui l’on est, sont sept mots qui ensemble forment le cœur de ces livres.

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Résumé du tome 1:

Depuis des générations, fidèles aux lois de leurs ancêtres, quatre clans de chats sauvages se partagent la forêt.
Mais le Clan du Tonnerre court un grave danger, et les sinistres guerriers de l’Ombre sont de plus en plus puissants. En s’aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu’il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers…

Le coin de Gaby·roman jeunesse

La mécanique du Diable (1996)

Philip Pullman, Flammarion jeunesse, 2020

J’ai beaucoup aimé La mécanique du diable pour son univers fantastique (bien sûr) et le suspens. Certains vont dire que ce livre fait un peu peur ; je ne trouve pas, mais il peut effrayer les plus jeunes. Je trouve l’histoire très belle. La mécanique du diable se déroule dans l’univers de l’horlogerie. Ce livre a été édité en 2000 chez Flammarion qui le réédite cette année avec une nouvelle couverture plus jolie et plus solide : couverture épaisse et fourreau papier joliment illustré par Xavier Colette.

J’aime beaucoup l’auteur Philip Pullman pour ses séries: A La Croisée Des Mondes, La Trilogie De La Poussière et j’avais envie de découvrir d’autres histoires. Je suis très contente de ce livre qui est une réussite.

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Par une nuit glaciale, dans une petite ville d’Allemagne, Karl l’apprenti horloger rumine son malheur. Il doit présenter le lendemain la nouvel automate de la grande horloge. Mais il n’a rien fait. L’inquiétant docteur Kalmenius arrive alors pour l’aider. Désespéré, Karl accepte.

anglais·roman jeunesse

The Magic Finger (1966)

 

Auteur: Roald Dahl

Illustrateur: Quentin Blake

Editeur: Puffins books

Pages: 72

 

Dans un soucis purement pédagogique, je souhaitais depuis un moment déjà proposer des lectures en anglais à Gabrielle qui a certaine facilité avec l’apprentissage des langues. Après quelques essais infructueux, je lui ai proposé d’essayer à nouveau, son niveau s’étant réellement amélioré au cours de l’année. Nous avons la chance d’avoir une grande librairie qui propose un rayon jeunesse en langue anglaise, l’occasion de trouver des récits dans leur langue originale. On y trouve principalement des classiques et les grands succès qui arrivent traduits chez nous. Pour ouvrir le bal, j’ai proposé à Gabrielle de découvrir des textes de Roald Dahl que nous ne connaissions pas encore et j’ai opté pour The Magic finger pour son nombre de pages et la police assez grande, une façon de la rassurer avec un texte accessible… et c’est un succès!

The magic finger prend place dans la campagne anglaise. L’héroïne (the girl) vit dans une ferme et nous raconte l’histoire incroyable qui s’est produite dans la ferme voisine. En effet, les Gregg père et fils sont de fières et braves chasseurs. La fille ne comprend pas comment ils peuvent se comporter aussi cruellement envers les animaux juste pour le plaisir de tirer. Alors qu’elle n’arrive pas à leur faire entendre raison, elle finit par s’énerver, se mettre fortement en colère et, pointant son index sur eux, elle leur lance un sort sans vraiment le vouloir. C’est que ce pouvoir est comme qui dirait incontrôlable, tout ce qu’elle sait est que cela survient toujours lorsque quelqu’un la met très en colère. Toujours est-il que les Gregg vont bientôt échanger leur place avec une famille de canards. Le principe de l’arroseur arrosé se met en place…

Même si ce n’est pas le meilleur texte de Roald Dahl, on retrouve cette malice qui caractérise ses récits : de l’humour, un soupçon de fantastique, une fillette exceptionnelle et un petit message « anti-chasse » et nous voilà avec entre les mains un récit à l’imagination et la créativité dignes de l’auteur. Le texte en anglais est accessible pour un jeune apprenant, s’il lui manquera un peu de vocabulaire, le sens général ne posera aucun soucis et le texte lui fournira de quoi s’amuser tout en enrichissant son lexique.

L’expérience est un succès, nous avons un nouveau rituel dans notre quotidien: lire en anglais.

 

Suddenly a sort of flash comes out of me, like something electric. It jumps out and touches the person who has made me cross…

masse critique·roman ado·roman jeunesse

Les renards du désert (2020)

Le volpi del deserto

Auteur: Pierdomenico Baccalario

Traductrice: Anaïs Bouteille-Bokobza

Editeur: Thierry Magnier

Collection: Grands romans

Pages: 400

C’est la couverture, sa référence évidente à Antoine de Saint-Exupéry et son célèbre roman Le Petit Prince, qui m’a attiré. Entre le renard dans le désert et l’avion, la place donnée au sous-marin m’a intrigué et j’ai tenté ma chance pour ce livre lors de l’opération Masse Critique Littérature Jeunesse de ce mois de novembre 2020. Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour l’envoie de ce très bon roman qui m’a littéralement transporté.

Juin 1986. Morice et sa famille quittent Marseille pour reprendre l’hôtel Napoléon situé à Dautremer, petit village corse. Sur place, alors qu’il s’extasie sur la beauté des paysages et la richesse des sons qui remplaceront désormais ceux de la ville, Morice fait la connaissance d’Audrey qui assiste, avec tous les habitants du village, à des funérailles. Très rapidement les deux enfants se lient d’amitié et Audrey lui révèle que le cercueil était vide. Ensemble, ils décident de chercher le corps. Mais Morice n’est pas au bout de ses surprises; entre le suicide de l’ancien propriétaire du Napoléon, l’arrivée d’envahissants touristes allemands et l’attitude mystérieuse des habitants du village ce qui devait être un jeu prend bientôt une tournure plus inquiétante.

Pierdomenico Baccalario entraîne le lecteur dans un roman qui mêle les genres, entre suspens, enquête et aventures sur fond historique et le résultat est assez étonnant. Ainsi l’auteur place son histoire dans les années 80 mais rapidement l’enquête des enfants les fait voyager dans le temps et remonter en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. S’inspirant des histoires parlant d’or nazi dissimulé, caché, perdu depuis la guerre, il utilise des personnages réels pour servir son récit et parsème son texte d’anécdotes historiques pour illustrer son propos. On y trouve aussi de nombreuses références à des films ou des livres; une place importante est donnée à Saint-Exupéry et son livre le plus célèbre à qui il donne un rôle, et un sens, assez éloigné de la réalité mais pourtant rendu crédible contextuellement.

L’ensemble aurait pu être décousu tant la réalité perd en crédibilité pour servir la fiction et pourtant le résultat a du sens et c’est en ça que Les renards du désert est un roman réussi. Pierdomenico Baccalario réussit à nous faire croire que l’Histoire dans l’histoire est véridique et qu’il relate des faits avérés. Alors que Morice et Audrey se lancent dans une simple chasse au trésor, ils sont rattrapés par la guerre et ses secrets et leur quête prend des allures effrayantes où l’angoisse atteint son paroxysme lors d’un final dont aucun personnage ne sortira indemne.

« On a beaucoup écrit sur les chercheurs de trésors. Presque jamais sur ceux qui les cachent. » Morice et Audrey parviendront-ils à percer le lourd secret qui plane sur leur village?

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Cinq semaines en ballon (1863)

Auteur: Jules Verne

Illustrateur: Riou

Editeur: Gallimard

Collection: folio junior

Pages: 365

 

Notre première lecture à voix haute d’un texte de Jules Verne remonte à quelques années maintenant. En 2017, je découvrais avec mes deux filles Le tour du monde en 80 jours, un roman qui m’avait laissé sur une petite déception. Il m’aura fallu trois années et une étude sur les montgolfières pour renouer avec cet illustre auteur au travers de la lecture à voix haute de Cinq semaines en ballon.

Le docteur Samuel Fergusson est un imminent scientifique anglais qui n’aime rien tant que les voyages et la science. Voyager dans l’intérêt de la science revêt donc un intérêt tout particulier pour lui. Ambitieux et téméraire, il organise un voyage en Afrique à la découverte des sources du Nil. Accompagné par son ami Richard Kennedy, grand chasseur écossais et de son homme à tout faire, Joe, il entreprend un voyage en ballon afin de traverser l’Afrique d’ouest en est, de Zanzibar à Saint Louis.

S’appuyant sur les écrits et cartes d’expéditions précédentes, le voyage se veut une découverte de l’Afrique vu du ciel. A l’époque le continent est encore méconnu des européens qui meurent souvent lors de la traversée des terres, de maladie ou tout bonnement tués par les autochtones. En effet, pour l’homme blanc les contrées inexplorées de l’Afrique sont pleines de dangers et rares sont ceux qui en sont revenus. C’est pour cette raison que le docteur Fergusson a choisi la voie des airs et ses dangers moins nombreux.

Le voyage n’est pas de tout repos et la chance n’est pas toujours de leur côté. Entre violente tempête, traversée d’un désert privé d’eau et de vent, ou attaque animal, les trois amis ont fort à faire pour rester en vie. Et quand tout semble bien se dérouler dans le ciel, c’est de la terre et des hommes que leur vie se trouve menacée. Toutes ces épreuves ne rendent le voyage que plus vivant et captivant. Ponctué d’anédoctes des précédentes expéditions, le récit ne laisse aucun temps mort et invite à la découverte d’un continent à la nature sauvage et diversifiée dont la beauté semble dissimuler autant de dangers que de trésors.

Ces Cinq semaines en ballon auront été pour nous un merveilleux voyage, un peu long à se mettre en place, fait de descriptions scientifiques et d’observations géographiques qui nous rappellent combien le monde est magnifique et la nature mérite d’être préservée dans ce qu’elle a de plus sauvage. Désuet, le langage employé pour parler des africains nous rappellent aussi le chemin parcouru culturellement et celui qu’il reste encore à parcourir pour faire taire les inégalités. 

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L’Angleterre n’est pas peu fière de ses explorateurs. Surtout lorsqu’ils ont la jeunesse, la bravoure et la simplicité du docteur Fergusson. Celui-ci a mis sur pied une expédition pour le moins téméraire dont le but est la découverte des sources du Nil… et quel moyen de transport a-t-il choisi? Un ballon! Le voilà parti pour un voyage, cinq semaines entre ciel et terre, dans une fragile nacelle, à la merci des dangers les plus inattendus…