BD/manga·roman jeunesse·Service Presse

Chance et Celcius, tome 1. Un petit frère venu de l’enfer ! (2021)

Auteurs : Maxime Fontaine et Sophie Noël

Illustratrice : Yllya

Editeur : GulfStream

Collection : Romanga

Pages : 96

A paraître le 19 août 2021

Chance est une jeune fille dotée d’un pouvoir qui lui donne de la chance de réussir dans tout ce qu’elle entreprend. Généreuse, elle utilise son pouvoir pour venir en aide aux autres ou pour s’investir dans une cause qui lui tient à cœur. Dans ce premier volume introductif, elle a la surprise de découvrir que son père, chez qui elle vit une semaine sur deux, a une nouvelle amoureuse qui s’est installée chez eux avec un petit frère. Celsius est lui aussi doté de pouvoirs. Né diablotin, il en a tous les attributs, de la pointe des cornes à la fourche de la queue. Son corps dégage une chaleur infernale qu’il utilise pour s’amuser en taquinant les autres. Pas facile pour les deux enfants de s’entendre avec des caractères si différents. Quand la situation dégénère, Chance et Celsius trouveront ils le moyen de s’entendre?

Les éditions Gulfstream lance une collection romanga, une série de livres pour jeunes lecteurs qui utilise le format bande dessinée pour illustrer le texte. Le format fonctionne bien et l’histoire a tous les attraits nécessaires pour séduire le public cible (dès l’acquisition d’une lecture fluide jusque 9/10 ans). Avec mes filles (douze ans), nous avons apprécié la typographie dynamique qui fait ressortir les onomatopées et les émotions. L’histoire est drôle et ne manque pas de rythme, les illustrations sont pleines de charme dans un style légèrement japonisant. Les personnages sont intéressants, des élèves aux professeurs, on retrouve tout un panel de créatures fantastiques. C’est frais, drôle et gentil. On apprécie aussi le petit message « protection de la nature » qui entoure les actions bienveillantes de Chance.

Je remercie les éditions GulfStream pour ce partenariat.

Chance, une super-héroïne en herbe, ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de ce petit frère aux drôles de pouvoirs. Il n’a pas seulement des cornes et une queue fourchue : son caractère malicieux en fait un véritable petit diable… Le père de la jeune fille insiste : elle doit faire un effort, Celsius fait désormais partie de la famille. Lorsque, à l’école, le diablotin multiplie les farces, c’en est trop pour Chance : elle doit intervenir avant qu’une catastrophe arrive !

roman jeunesse

Le secret des O’Reilly (2018)

Auteure: Nathalie Somers

Illustratrice : Marta Orzel

Editeur: Didier Jeunesse

Collection: Mon marque page +

Pages: 156

Comme tous les étés Kathleen et son petit frère Patrick partent en vacances en Irlande. Pour ces deux franco-irlandais, rendre visite à la famille de leur père est toujours une fête. Cet été plus que tout autre car leurs parents ont décidé qu’ils étaient assez grands pour s’y rendre avant eux. L’occasion de pouvoir assister à un concours de musique traditionnel auquel leurs cousines participent et espèrent bien décrocher la coupe. Mais pour cela il leur faudra battre les frères Clancy, clan rival du leur depuis des générations. Quand le danger vient à menacer les plus jeunes, la rivalité laisse place à l’entraide et les enfants en viennent à se questionner sur l’origine du conflit.

Ce petit séjour en Irlande nous offre l’occasion de voyager et de faire du tourisme avec un double regard, celui de l’étranger et celui du local. A la campagne ou en ville, les descriptions nous transportent sur place où les traditionnelles musiques et danses achèvent de nous dépayser. Le lecture est facile et sans grande surprise si ce n’est celui de voyager. Le groupe d’enfants va surpasser son antagonisme pour découvrir l’origine d’une querelle qui n’a que trop duré, dépoussiérant les souvenirs de leurs deux familles, cherchant à apaiser les tensions et guérir les cœurs en réconciliant les anciens pour mieux réunir les jeunes générations.

Le Secret des O’Reilly est une lecture agréable qui séduira les lecteurs dès 8/9 ans par son intrigue bien ficelée et ses personnages sympathiques.

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Cet été, Kathleen O’Reilly est ravie de retrouver ses cousines irlandaises. Celles-ci se préparent à défier les terribles frères Clancy dans le grand concours musical du village. La tension est à son comble car les deux familles se détestent depuis toujours et chacune rêve de remporter le trophée. Lorsque la situation s’envenime, Kathleen décide de s’en mêler. Elle va, malgré elle, réveiller un secret enfoui depuis trop longtemps…

Le coin de Gaby·roman jeunesse

Y a pas de héros dans ma famille ! (2017)

Auteure: Jo Witek

Editeur: Actes Sud Junior

Pages: 144

Maurice, Mo pour sa famille, vit dans deux mondes: le monde sage de l’école avec les « merci » et les « s’il vous plaît », le monde de la maison où on se casse pas la tête niveau langage. Quand Hippolyte Castant emmène Mo chez lui, Maurice se rend compte de la différence entre leurs deux familles et que peut-être chez lui la vie n’est pas tout à fait comme chez les autres. Chez Hippolyte, on parle comme à l’école, et surtout, il y a un mur de photos des héros de la famille. Mo se met donc en quête d’indices pour trouver les héros de sa famille.

J’ai bien aimé ce roman qui met en avant que le plus important n’est pas d’avoir des héros dans sa famille mais des gens qui ont du cœur et qui restent dans le cœur de ceux qui les ont connus et aimés. C’est drôle et émouvant.


L’avis de Linda

Maurice est un élève brillant qui évolue dans deux mondes. Il y a le monde de l’école où tout est calme, poli et bien rangé, et celui de la maison où il y a toujours du bruit, la télévision en toile de fond, le langage grossier et les crêpes de sa maman. Ces deux mondes sont différents mais pour Maurice, cela est une norme. Jusqu’à ce qu’à ce jour où son meilleur copain, Hippolyte, vient chez lui pour travailler à un exposé. Sitôt arrivés, sa maman et lui font demi-tour et invite Maurice à aller travailler à la bibliothèque pour finir chez eux. Le monde bien organisé de Maurice s’écroule. Il se rend compte que pour certains enfants, le monde calme et rangé de l’école est la continuité de ce qu’ils ont à la maison. Sans parler du fait que chez Hippolyte, il y a ce mur couvert de photos des héros de la famille. Maurice se lance alors à la recherche des héros de sa famille qui va l’emmener dans le passé entre la Pologne et la Bretagne.

Après Une photo de vacances, je ne pouvais que découvrir d’autres titres de Jo Witek dont le style drôle et frais m’a séduite. On retrouve le même style dans ce titre même s’il faut s’accrocher niveau vocabulaire lorsque Maurice est avec sa famille. Le niveau vole assez bas et les grossièretés sont nombreuses, ça pique les yeux et écorche les oreilles. Pourtant, le personnage de Maurice est terriblement attachant et je me suis rapidement mise à croire avec lui qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir de héros dans sa famille.

En partant des vieux albums de familles, le petit garçon va entraîner toute sa famille sur les traces de leurs ancêtres dans une quête d’identité passionnante qui fera grandir le héros tout en lui faisant comprendre que les actes héroïques ne se mesurent pas qu’en récompenses reçues. Accompagné dans son cheminement par des parents attentionnés et des frères et sœurs investis, le voyage aboutira dans la Bretagne natale de sa mère. Ce voyage lui fera comprendre combien l’amour de ses proches est plus important à son bonheur que tous les héros du monde.

Y a pas de héros dans ma famille est une lecture drôle et touchante dont on ressort aussi grandi que le héros.

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Avant, Maurice Dambek et Mo s’entendaient super bien. Avant, j’étais heureux, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. A l’école : on se tient bien, on parle comme dans les livres, on entend une mouche voler et il ne faut jamais oublier les « Merci » et les « S’il vous plaît ». A la maison, ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. Mais voilà, Hippolyte Castant s’est pointé et tout s’est effondré. Tout à coup, mes deux vies ne se sont plus mélangées. Mo et Maurice Dambek ne pouvaient plus se saquer. Et vu que les deux c’est moi, c’était horrible.

roman ado·roman jeunesse

Deux fleurs en hiver (2020)

Auteure: Delphine Pessin

Editeur: Didier jeunesse

Collections: Romans

Pages: 188

Sélection officielle du Prix littéraire Ados « libre2lire » catégorie Ados.

Capucine et Violette font leur arrivée à l’EHPAD Bel-Air. La première a dix-sept ans et y fait un stage. La seconde est nouvelle résidente. Entre les deux le lien se fait de façon instinctive, elles voient au-delà des apparences et se comprennent. Alors que le personnel ne cesse de lui dire de ne pas s’attacher aux résidents pour ne pas de blesser, Capucine ne peut s’empêcher de s’attacher à Violette. Rapidement, leur nouvelle amitié vient chambouler la vie des pensionnaires et du personnel de la structure et la vie plus personnelle de ces deux héroïnes.

Les romans qui se déroulent dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes commencent à se faire une place sur les étagères jeunesses des librairies. Je pense notamment à Les nouvelles vies de Flora et Max Âge tendre. Ces romans ont pour point commun de valoriser les liens intergénérationnels au travers de personnages souvent complexes et différents.

Dans Deux fleurs en hiver, Delphine Pessin montre les difficultés de vivre et de travailler dans ces établissements dont les budgets de plus en plus serrés voient se réduire le personnel et la qualité des soins. L’auteure dépeint le quotidien surchargé et épuisant du personnel dont les gestes sont tellement chronométré qu’il ne reste plus de place pour l’attachement, la discussion ou l’écoute… Pourtant lorsque les deux partis s’associent, l’humain se révèle dans toute sa puissance.

La force du roman tient dans les personnages qui doutent, espèrent et ressentent des émotions variées qui ne nous les rendent que plus attachants. Capucine et Violette amènent chacune un point de vue différent dont l’alternance dynamise la lecture. L’écriture ne tombent jamais dans le pathos, les émotions sont vraies et nuancées. L’histoire est touchante et pleine de positivité, il y a des moments émouvants mais il y a aussi beaucoup d’humour ce qui rend la lecture très agréable.

Mes filles n’étaient pas super motivées par cette lecture dans laquelle elles semblaient avoir du mal à se projeter. Pourtant, elles m’ont rapidement dépassée et se sont régalées de cette lecture commune menée côte à côte mais à des moments distincts.

A lire également, les avis de Blandine et de LivresdAvril.

L’une, Capucine, a décidé d’effectuer son stage dans un EHPAD. Elle change de couleur de perruque en fonction de son humeur et au fil des découvertes du métier d’aide-soignante.

L’autre, Violette, est une vieille dame déboussolée qui vient d’arriver à l’Ehpad. Emue par le désarroi de Violette, Capucine fait des pieds et des mains pour lui redonner le sourire.

Leur rencontre va dynamiter la vie plan-plan de la maison de retraite et bousculer leurs cœurs en hibernation!

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école (2018)

Auteur : Thomas Gerbeaux

Illustratrice : Pauline Kerleroux

Editeur : La joie de Lire

Collection : Hibouk

Pages : 91

Bien avant d’aider les homards à quitter leur vivier pour regagner leur liberté, Jeanne, la fille du « vétérimaire » (contraction de vétérinaire et maire) de l’île aux moutons, s’était engagée auprès de son père à sauver l’école d’une fermeture. Car il fut une époque où le Ministre de l’éducation décréta qu’il fallait réduire le budget en fermant les classes de moins de trente élèves. Il aura fallu une idée saugrenue et une bonne dose de culot pour inscrire Vincent, un mouton qui a bien plus que sa laine à offrir.

Une fois de plus l’écriture immersive et humoristique de Thomas Gerbeaux m’a littéralement transporté sur l’île aux moutons. A l’heure où un projet de loi menace la liberté du choix d’instruction, j’ai trouvé ce regard sur la restriction de budget d’un ministère entier et la réduction du nombre de classe particulièrement intéressante. L’histoire prenant place sur une île cela prend une dimension importante puisque la fermeture de classe rime avec fermeture définitive de l’école avec les conséquences que cela entraineraient pour les familles qui seraient contraintes d’envoyer leurs enfants dès l’âge de trois ans, sur le continent et à l’internat.

Thomas Gerbeaux n’a pas son pareil pour pousser la réflexion avec ironie. Les illustrations stylisées de Pauline Kerleroux complètent le texte en toute simplicité. Ce duo n’a pas fini de nous séduire avec ses histoires engagées au ton léger en faveur d’une société plus juste.

Le ministre de l’Education nationale a décidé de fermer les classes de moins de trente élèves. Pour sauver l’école de l’île aux Moutons, à laquelle il manque un écolier, le maire et sa fille Jeanne ont l’idée d’y inscrire Vincent… un mouton ! Mais le ministre ne compte pas se laisser berner : la loi, c’est la loi.

roman ado·roman jeunesse

Lola à la folie (2020)

Auteur: Alexandre Chardin

Editeur: Magnard jeunesse

Pages: 208

Jacques et Mathias se connaissent depuis toujours. Ensemble ils font les quatre cents coups, toujours pour s’amuser, jamais par méchanceté. Mais on dirait bien qu’ils ont un concurrent de taille, qui va plus loin encore et avec une plus grande discrétion. Et puis, il y a Lola, avec son chignon et ses grands yeux d’ambre. Jacques est attiré par elle, ce qui met son amitié avec Mathias à rudes épreuves. Cette première année au collège ne va pas être de tout repos.

Avec son style et son humour caractéristique, Alexandre Chardin nous entraîne dans les couloirs d’un collège où, entre les heures de cours, se vivent les premiers émois amoureux, les bagarres, les défis et les interpellations qui conduisent dans le bureau du Principal. Véritable torrent d’émotions, Lola à la folie parle d’amitié, de première amour et des liens qui unissent les membres d’une même famille. Au travers de Jacques, l’auteur aborde l’acceptation et le dépassement de soi. Oser croire en soi pour affronter ses sentiments et l’autre.

Les références sont nombreuses qui viennent servir la narration, véritable tremplin utile au héros pour comprendre ses émotions et prendre en main sa relation. La plume moderne de l’auteur ne manque pas de dynamisme, rendant la lecture fluide et agréable. Lola à la folie s’adresse en priorité aux jeunes collégiens qui y retrouveront un quotidien familier.

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Jacques et Mathias sont deux amis inséparables, liés par le jeu du « Chiche ou Pois chiche » qui les pousse à réaliser des challenges à haut risque au collège. Mais leur amitié sans faille va être mise à rude épreuve à cause… d’une fille! Jacques n’a en effet d’yeux que pour Lola, une élève lunaire au chignon tenu par des crayons. Lorsque Mathias la soupçonne de les avoir dénoncés au principal, les deux amis se déchirent. Mais Jacques n’y peut rien, il aime Lola un peu, beaucoup, passionnément… à la folie! Alors il tente le tout pour le tout: prouver son amour à travers les défis les plus surprenants!

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L’anguille (2020)

Auteure: Valentine Goby

Editeur: Thierry Magnier

Pages: 143

Pas facile de s’intégrer quand on a douze ans et qu’on est différent. Pour Halis, un garçon doux et timide, le quotidien est difficile. Prisonnier d’un corps obèse, il souffre des moqueries de ses camarades et du poids qui pèse sur ses jambes et lui rend le quotidien difficile. Pour Camille, la différence n’a jamais été un problème. Née sans bras, tout le monde savait qui elle est depuis toujours. Mais l’arrivée dans une nouvelle ville, un nouvel établissement, va lui rappeler qu’elle n’est pas comme les autres. Ce qui ne la gênait pas jusqu’alors, en fait la cible de tous les regards. Et les regards peuvent être aussi blessants que les mots, aussi tranchants que la lame d’un couteau.

Par chance Camille est une enfant solaire et lumineuse; elle pose un regard optimiste sur le monde qui l’entoure et ne craint pas d’affronter les autres pour leur montrer que la différence est une richesse, qu’être en situation de handicap n’est pas une fin en soi et que c’est le regard que les autres posent sur la différence qui est le véritable problème. Son ouverture d’esprit, sa maturité et sa joie de vivre sont une force dont elle sait tirer partie et elle compte bien en faire profiter Halis.

Valentine Goby signe un titre lumineux, drôle et sensible qui parle de différence et de discrimination avec intelligence. Son récit est réaliste et s’adresse directement aux lecteurs à qui il envoie un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il ne me reste qu’à pousser la curiosité plus loin en lisant son pendant adulte, Murène.

Pour finir, je vous invite à lire l’avis de Pépita.

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L’avis de Gaby

J’ai bien aimé L’anguille car l’histoire est originale. Le texte permet de sensibiliser les lecteurs au fait qu’on est tous différent. Qu’on soit obèse ou sans bras, notre différence est une richesse qui nous rend unique.

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Voici l’histoire de Halis et de Camille. Halis, presque treize ans, est prisonnier de sa timidité et d’un corps obèse qui lui vaut de constantes railleries. De son côté, Camille, presque douze ans, est née sans bras. Elle arrive en plein milieu de l’année dans le collège de Halis pour cause de déménagement, et apprend à être dévisagée telle une bête curieuse. Tous deux sont des êtres différents. Mais Camille l’anguille, comme ses camarades la surnomment, est une fille solaire, enjouée. Une amitié puissante se noue entre eux, qui, loin des stéréotypes, fait des singularités de chacun une force.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Une photo de vacances (2020)

Auteur: Jo Witek

Editeur: Actes Sud junior

Pages: 176

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini.

« C’est parti, avanti, les Manzatti! » Le signal du départ en vacances est lancé, la famille Manzatti quitte Paris et sa banlieue pour le sud de la France, le canal du midi, direction Saint-Chignan où ils ont loué un petit gîte pour quinze jours de repos bien mérité. Le chant des cigales, les odeurs de lavande et de thym nous chatouillent les narines sur le place du marché mais également sur les rives du Canal du Midi descendues à vélo. Les vacances ne seraient pas vraiment des vacances sans baignades dans la rivière, bal du 14 juillet, la copine allemande et les amours de vacances. Pour Eugénie, dix ans, cet été est une transition entre l’école et le collège, entre l’enfance et l’adolescence. La fillette devient jeune fille et elle se sent particulièrement bouleversée par toutes les émotions nouvelles que cela provoque en elle. L’adolescence l’effraie, elle craint de se transformer en monstre, comme sa sœur ainée, Adèle, qui est devenue distante, ne pense qu’aux garçons et ne parle que de langues qui s’entortillent. Eugénie a des questions plein la tête et il lui faudra s’armer de courage pour oser en poser certaines à sa mère, figure aimante et rassurante qui sera présente pour l’aider à passer cette étape importante.

Jo Witek nous emmène en vacances auprès d’une famille modeste, une famille qui organise ses vacances selon un budget serré et précis tout en tentant de faire plaisir à tout le monde. On s’attache facilement au père fan de rock qui tâche, à la mère syndicaliste et à Eugénie, sensible et touchante, pleine de vie et de rêves. Si elles sont moins présentes, on ne peut que ressentir de la sympathie pour Adèle qui, malgré ses défauts, sait veiller sur sa cadette, et pour Juliette, la petite dernière en couche-culotte. Si les vacances d’été servent de fil conducteur, c’est bien le passage vers l’adolescence qui est au cœur du récit, avec ses nouvelles émotions, ses transformations physiques et les peurs que cela peut engendrer. Humour et émotions sont au rendez-vous de ce roman jeunesse qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes filles qui s’apprêtent à entrer en sixième.

Lu à voix haute, Une photo de vacances a su séduire mes demoiselles de (presque) douze ans par sa thématique et la façon dont le sujet est traité. Drôle et frais, cette histoire questionne sur l’enfance mais amène également des questions sur l’accès aux études et les vacances pour les familles les plus modestes. L’écriture moderne et enlevée de l’auteure séduit pour la justesse des émotions et le réalisme des situations.

L’avis de Pépita est ICI.

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Ni la grande, ni la petite, Eugénie est celle du milieu. Mais qu’est-ce quii se passe pendant ces vacances caniculaires? Des sauts acrobatiques dans la rivière, à l’ennui des siestes parentales, en passant par les échappées à vélo ou en canoë: ses émotions se décuplent, la bousculent. Eugénie ne se reconnaît plus, et c’est toute chamboulée dans son corps et dans sa tête qu’elle va rencontrer un jeune joueur de tambour…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace (2020)

Auteur: Thomas Gerbeaux

Illustratrice: Pauline Kerleroux

Editeur: La joie de lire

Collection: Hibouk

Pages: 148

Alors qu’elle joue à la marelle, Jeanne fait la rencontre d’un homard qui vient de s’enfuir du restaurant, où elle vient de prendre son repas avec son père et sa grand-mère, après avoir échappé de peu à la mort par ébouillantage! Avec l’aide de la fillette, le crustacé va reprendre des forces avant d’organiser l’évasion de ses amis restés dans le vivier du restaurant pour ensemble regagner leur liberté!

Voilà une lecture à voix haute qui nous aura littéralement enivrées, Gabrielle et moi-même. Entre la succession d’évènements insolites et les dialogues désopilants, Thomas Gerbeaux nous a séduites. Transportées sur les côtes bretonnes par les descriptions des lieux, nous avions l’impression d’être en vacances au bord de la mer à respirer le grand air et à parcourir la côte à vélo parmi la multitude de moutons qui peuple l’île. Le suspens est au rendez-vous de ce cours roman qui ravira les jeunes lecteurs mais également les plus grands pour la malice et les émotions que véhiculent le texte.

S’il dénonce la maltraitance animale, c’est grâce à l’ironie que le texte touche le lecteur et amène une réflexion pertinente sur la liberté et la sensibilité des animaux. Porté par la plume poétique de l’auteur et les jolies illustrations stylisées de Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace est un véritable hymne à la liberté à dévorer de toute urgence!

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

C’est l’été sur la petite île aux Moutons. Tout juste plonge dans un chaudron d’eau bouillante, un homard parvient à se sauver. La petite Jeanne le surprend dans sa fuite. Ensemble, ils tenteront de libérer les camarades crustacés, prisonniers dans le vivier du restaurant.

anglais·Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

The Diary of a Killer Cat (1994)

Auteure: Anne Fine

Illustrateur: Steve Cox

Editeur: Penguin books

Pages: 64

Nous avons eu du mal à dégager du temps pour faire de la lecture en anglais. Mais Gabrielle ayant fini son programme de l’année, nous continuons à intégrer quelques moments d’anglais dans notre emploi du temps. Nous avons ainsi pu remettre en place ce rituel qui plait beaucoup et nous fait bien rire entre les mots incompréhensibles et les difficultés de prononciations.

Ce qui est certain est que ce Killer Cat remporte toujours un grand succès avec son texte à l’ironie absolument délectable. S’il a fallu avoir recours à internet pour chercher le sens d’expressions toutes faites, cela n’a en rien gâché notre plaisir et nous avons passé de très bon moment à redécouvrir le journal de ce chat so british. Anne Fine a su parfaitement tirer avantage du côté chasseur du chat pour créer un quiproquo qui aboutit à une conclusion aussi drôle qu’inattendu.

Le texte est peut-être un peu plus difficile que ce que j’avais pensé au premier abord mais c’est principalement lié au fait que le lexique spécifique du chat n’est pas forcément courant quand on apprend une langue. De fait, nous avons toutes deux enrichi notre vocabulaire ce qui est toujours appréciable.

Le dessin de Steve Cox n’a pas le même humour de celui de Véronique Deiss qui est en charge de la version française aux éditions L’école des loisirs mais le style fait son petit effet malgré tout. Les illustrations complètent le texte et remplissent les pages pour un format roman illustré à hauteur des lecteurs débutants.

Poor Ellie is horrifIed when Tuffy drags a dead bird into the house. Then a mouse. But Tuffy can’t understand what all the fuss is about. Who on earth will be the next victim to arrive through the cat-flap? Can soft-hearted Ellie manage to get her beloved pet to change his wild, wild ways before he ends up in even deeper trouble?