Lecture offerte·roman jeunesse

Papa-Longues-Jambes

Daddy-Long-Legs

Auteur: Jean Webster

Traductrice: Michelle Esclapez

Éditeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Folio Junior

Pages: 213

Papa-Longues-Jambes est un roman épistolaire dans lequel on découvre Judy au travers des lettres qu’elle adresse à son bienfaiteur; cet homme, qui souhaite rester anonyme, l’envoie à l’université pour en faire un auteur et souhaite qu’elle lui écrive pour constater de ses progrès au travers de sa correspondance. Ayant grandi dans un orphelinat, lieu austère et dépourvu de sentiments, la jeune fille nous apparaît immédiatement heureuse, épanouie et avide de connaissances. Elle se rend rapidement compte du décalage avec ses camarades et tente de combler ses lacunes en lisant le plus possible, elle déborde d’enthousiasme et c’est un plaisir de la suivre.

L’histoire de déroule sur quatre années qui nous permettent de voir l’évolution de Judy, sa transformation en jeune femme mais également ses idées, ses valeurs qui s’affirment au gré de ses rencontres et du temps passé à l’université avec des jeunes filles d’horizons divers et à côtoyer des familles si différentes les unes des autres et de l’orphelinat.

Bien qu’il fasse parti des classiques de la littérature jeunesse, je n’avais jamais lu Papa-Longues-Jambes que je connaissais par son adaptation en animation. Lu à voix haute à mes filles, ce fut une lecture coup de cœur, une découverte que nous avons pris plaisir à partager, à commenter, à décortiquer ensemble. Plus qu’un roman épistolaire, c’est une belle histoire de vie, d’amour et d’amitié dans laquelle l’auteur tente de glisser ça et là un petit message sur la condition des femmes. Mais il est dommage qu’elle n’aille pas plus loin, nous laissant finalement voir que, au même titre que les autres jeunes filles Judy, malgré ses beaux discours, n’est pas si différentes, elle rêve de jolie toilettes, de romance et d’un mariage heureux dans lequel il n’est nullement dit qu’elle laisserait de la place à une carrière d’auteur. Mais après tout… Papa-Longues-Jambes n’en reste pas moins un très beau roman jeunesse.

« Un bienfaiteur, qui désire rester anonyme, offre de t’envoyer à l’université. En échange, tu lui écriras chaque mois une lettre donnant des détails sur ta vie là-bas. » Pour Judy Abbott, jeune orpheline élevée dans un foyer fort ennuyeux, la proposition est aussi surprenante qu’inespérée. Elle accepte de bonne grâce de se plier aux exigences de son mystérieux tuteur, auquel elle a donné le surnom affectueux de Papa-Longues-Jambes.

 

Nous avons compléter notre lecture par le visionnage du film de Jean Negulesco (1955) avec Fred Astaire et Leslie Caron. Bien qu’il s’agisse d’une adaptation très libre, nous avons pris plaisir à la découvrir et j’avoue que l’accent de Leslie Caron ne m’a pas laissé indifférente 😀

Documentaires /Livres jeux·Lecture offerte·roman jeunesse

Les mystères de l’eau

Auteur: Blaise Hofmann

Illustrateur: Rémi Farnos

Éditeur: La joie de Lire

Collection: Encrage

Pages: 126

 

Les mystères de l’eau est un petit livre de vulgarisation scientifique qui prend la forme d’un roman au cours duquel le lecteur est invité à suivre, Naïa, une collégienne de douze ans, qui prépare un exposé sur « l’eau ». Au départ peu inspirée par ce sujet imposé, Naïa se lance pourtant en quête de réponses et prend peu à peu conscience de l’importance de l’eau. Bien entendu, nous avons tous conscience de son importance mais, Blaise Hofmann réussit à rendre les choses plus claires et limpides grâce à la forme du récit et à la richesse du contenu.

En effet, alors qu’elle remonte la Chamberonne, rivière du canton de Vaud (Suisse), Naïa rencontre un étudiant puis un professeur qui lui posent des questions et attisent sa curiosité en bousculant parfois ses croyances. Ces rencontres la poussent vers l’Université de Lausanne où de nouvelles rencontres vont lui permettre de découvrir l’eau sous divers angles telles que la géographie, la théologie ou encore la philosophie. Toutes ses notions soulèvent l’importance de l’eau, son intemporalité sans omettre de souligner l’inégalité de sa répartition à l’échelle mondiale.

Lu à voix haute à mes filles (9 ans 1/2) qui ont particulièrement aimé la dynamique du texte, ponctué de cases « bande dessinée » et des jolies illustrations de Rémi Farnos. Ce petit roman se lit très rapidement et apporte son lot d’informations considérables qui ne manqueront pas de susciter la curiosité et d’encourager les plus curieux à compléter les informations reçues par des recherches supplémentaires.

 

L’eau n’est pas un bien, c’est un lien. C’est aussi un droit humain depuis 2010. La jeune Nara décide de remonter le cours de sa rivière, prenant au mot te Prix Nobel de chimie Jacques Dubochet : « Il y a deux types de poissons. Les morts qui suivent te courant. Et les vivants qui vont à contre-courant. » Le hasard la fera traverser le campus d’une université et rencontrer un professeur de biologie, un de géographie, un de théologie, un de philosophie et un de psychologie. Malgré tous nos efforts et ta science, l’étendue bleue qui recouvre tes deux-tiers de notre planète reste… un mystère.

Lecture offerte·roman jeunesse

Jefferson

Auteur: Jean-Claude Mourlevat

Illustrateur: Antoine Ronzon

Éditeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 272

Lu à voix haute.

 

Alors qu’il décide d’aller chez le coiffeur se faire rafraîchir la houppette, Jefferson le hérisson se retrouve accusé du meurtre du coiffeur blaireau. Paniqué, il s’enfuit et ce n’est que soutenu, encouragé et accompagné de son meilleur ami, Gilbert le cochon, que Jefferson va partir en quête de la vérité et tout faire pour démasquer le coupable.

Jean-Claude Mourlevat signe un petit polar sympathique à destination du jeune public dès 9 ans. L’histoire prend place dans un monde un peu différent du notre dans la mesure où une partie des animaux vivent comme nous. Au cours de l’enquête, l’auteur aborde une thématique forte qui ne manquera pas de questionner: les droits des animaux (la violence faite aux animaux, leurs droits à mourir dignement, le végétarisme, le veganisme).

Certains passages sont difficiles! On pourrait penser que le texte est un peu violent pour les jeunes lecteurs mais les mots ont aussi le pouvoir de faire bouger les choses et je pense que de leur montrer les méthodes barbares utilisées dans l’élevage animal n’est pas qu’une question de végétarisme mais l’affaire de tous. On peut aussi manger de la viande sans avoir recours à la cruauté ou l’abattage de masse. Plus qu’un choix alimentaire c’est le choix de la consommation qui est mise en avant!

Mais il ne faut pas oublier que Jefferson est avant tout un roman jeunesse qui allie enquête et aventure, humour et émotions, sans oublier de laisser un peu de place au suspens au cœur de toutes ses questions humanistes et écologiques. En somme c’est un roman magnifique à la plume fluide et agréable. A découvrir.

Je vous invite à lire le billet de l’île aux trésors: ICI

 En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire rafraîchir la houppette. Comment pourrait’il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon Défini-Tif!, que sa vie est sur le point de basculer? Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.

album·Lecture offerte

Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough

Auteur: Rébecca Dautremer

Illustratrice: Rébecca Dautremer

Éditeur: Sarbacane

Pages: 56

 

Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough ce sont des heures, des jours, des années, tous ces moments qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. Il y a de bons moments, de moins bons aussi, des rencontres, des accidents, des amitiés, des histoires d’amour… une vie tout simplement!

La beauté du texte et des illustrations se complètent à merveille, l’une mettant la lumière sur l’autre. C’est poétique, doux, riche et bienveillant. J’aime la mise en page qui alterne les grands tableaux soulignés d’un petit texte et les grands textes illustrés d’un petit Jacominus qui exprime tant d’émotions. Et je ne vous parle même pas de ces doubles pages « album photos » qui permettent de faire défiler le temps sur des tas de souvenirs.

Rébecca Dautremer signe un album enchanteur à partager en famille. Un album grand format qu’on savoure à chaque page tournée pour tenter de saisir tous ces petits riens qui forment un tout, une vie. Pour nous, c’est un énorme coup de cœur!

 

De riches heures, comment ça? Disons toute une vie… Celle de Jacominus Gainsborough. Les feuilles mortes du parc, la pluie, la marée basse. Un roulé-boulé, un au revoir sur le quai, un bonjour dans un jardin plein de pierres. Un pique-nique, quelques courses et l’ombre fraîche sous l’amandier. Tout ça. Une vie

 

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Le Vent dans les saules

The Wind in the Willows

Auteur: Kenneth Grahame

Illustrateur: Arthur Rackham

Traducteur: Gérard Joulié

Éditeur: libretto

Pages: 215

 

Il y a à peu près un an et demi que nous lisions pour la première fois Le Vent dans les Saules. A ce moment-là j’avais fait le choix d’une édition abrégée afin de pouvoir profiter d’un magnifique illustré. Aussi je ne vais pas revenir sur ce que je pense de ce roman, pour cela je vous renvoie à la critique que j’avais faite à l’époque: Le Vent dans les Saules – illustré par Inga Moore.

Je m’arrête cependant sur cette version intégrale pour dire que les quelques chapitres que nous ne connaissions pas n’apportent finalement pas grand chose à l’histoire. Ils sont comme un aparté au fil conducteur, comme une pause bien méritée au milieu des aventures vécues par les héros. Aussi, même si je suis contente d’avoir lu l’intégralité du roman, je reste plus convaincue par l’abrégé et ses superbes aquarelles.

De leur côté, les filles ont apprécié cette lecture offerte, profitant de la longueur des chapitres pour faire des coloriages en parallèle. Elles ont aimé retrouvé les petits héros qu’elles avaient déjà appréciés: le sage Rat d’eau, le curieux et téméraire Taupe, le vieux grognon mais si gentil Blaireau et le vaniteux Crapaud. Cela reste une lecture qu’elles aiment partager et qui suscite beaucoup de rires, de consternations et soulève toujours beaucoup de questions.

Ils sont quatre: quatre aventuriers plus ou moins pantouflards du monde animal à vivre l’aventure quotidienne de la vie. Il y a les deux amis, Rat et Taupe, le sage et bourru Blaireau et l’entêté, vaniteux et totalement irresponsable Crapaud par qui tout ou presque arrive. Ces quatre-là suivent les saisons, le cours de l’eau et racontent en un livre magique tout ce qui fait le prix de l’existence: peur, amitié, désir d’ailleurs, perte, abandon, espoir…

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Le Collège des éplucheurs de citrouilles

Auteur: Laure Deslandes

Éditeur: l’école des loisirs

Collection: Medium/ Supermax

Pages: 294

 

L’histoire prend place à Trégondern, au Collège des Museaux, sans doute l’un des plus petit collège de France. Mais son originalité ne tient pas tant à sa taille qu’en son fonctionnement et sa gestion. Entre des professeurs atypiques et pas très académiques, des programmes pas suivis, des cours d’estonien en LV1 ou un budget informatique détourné pour acheter des marionnettes de grandes qualités, les nouveaux élèves ont de quoi se sentir dépaysés. Et si en plus je vous dis qu’ils n’y a pas de réseau ni de connexion internet… autant dire que c’est le bout du monde.

Pour Péline et Elliot cette rentrée en 5é se veut riche en surprises. Pour Elliot, il y a la vie en internat, la séparation avec sa mère et l’excentricité de ce nouveau monde auquel il va devoir s’acclimater. Pour Péline, la surprise tient surtout dans le fait que les effectifs ont doublé, de 5 élèves par classe, ils sont désormais 10, et le moins qu’on puisse dire est que ces internes attisent sa curiosité et ses émotions.

Laure Deslandes signe un premier roman au titre accrocheur (qui ne manque pas d’en rappeler un autre) dans lequel elle restitue parfaitement la vie au collège entre les cours, la vie d’interne, la cantine et les premiers émois amoureux. Ses personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont tous haut en couleur avec des personnalités fortes, touchantes ou énervantes, ils ne manquent pas de susciter intérêt et empathie. Il est intéressant de découvrir d’un côté la vie rurale d’une population presque coupée du monde, des originaux, des marginaux et de l’autre la vie des internes, préadolescents en rupture sociale et familiale, placés en internat dans le (probable) seul établissement qui a bien voulu les accepter. L’écriture est agréable bien que le vocabulaire de certains personnages vole assez bas; le texte aborde avec humour des sujets parfois graves et multiplie les scènes rocambolesques aux limites de l’improbable dans un récit qui mêle les genres.

J’avoue avoir trouvé le début assez long, l’intrigue peinant à se mettre en place. Je craignais de perdre mes filles en route dans cette lecture à voix haute qui n’avait rien, au premiers abords du moins, pour les attirer. Cependant l’originalité du mode de vie des trégondernois, la personnalité de Péline et l’humour les ont maintenu accroché à la lecture qu’elles ont, au final, adoré. Quant à moi, même si ce n’est pas un coup de cœur, j’ai adoré le mélange des genres, la découverte du mode de vie rurale qui s’autosuffit et privilégie les relations humaines au numérique. Un bol d’air frais!

 

En apprenant qu’il entrait en cinquième au collège des Museaux, Elliot avait trouvé le nom de l’établissement plutôt marrant, il s’était même dit qu’il allait pouvoir y changer de vie, en finir avec ses ennuis. Tu parles! Il risque de trouver le temps long ici. Il n’y a pas de réseau et pas de Wifi. Des profs complètement barges, des élèves nourris au quinoa qui trouvent normal d’apprendre l’estonien en LV1 ou de grimper aux arbres en EPS. Sans parler de cette fille au prénom bizarre, Péline, une grande rousse qui s’est mis en tête d’accueillir les nouveaux internes… Elle le poursuit! Elliot a pourtant intérêt à s’en faire une alliée. Quelqu’un a fouillé sa chambre, et il sait bien ce qu’on y cherchait: un objet précieux qu’il a caché dans ses bagages, un souvenir de son ancienne vie…

Lecture offerte·roman jeunesse

Robot Sauvage

The Wild Robot

Auteur/Illustrateur: Peter Brown

Traductrice: Alice Marchand

Éditeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Roman Junior

Pages: 285

Nous avons fini l’année sur la lecture de cet extraordinaire roman jeunesse qui pourrait se définir comme un hymne à la nature et à l’amitié!

Dans son Robot Sauvage, Peter Brown pose la question des facultés émotionnelles pour un robot, cette machine humanoïde fabriquée par l’homme pour le seconder dans les tâches ingrates. Rozzum 7134, ou Roz, nous apparaît comme un Robinson futuriste; échoué sur une île désertée par l’homme, il cherche sa place parmi les animaux qui l’habitent et qui, par contraste avec la nature, le perçoivent comme un monstre. Roz est confronté à son environnement et va devoir s’adapter. S’adapter à la nature et aux animaux.

Premier roman de l’auteur, Robot Sauvage est un véritable petit bijou qu’on aime à trouver sur les étagères jeunesses, l’un de ces livres qui vous entraîne à l’aventure; entre vie sauvage, univers hostile, rencontres merveilleuses et lutte pour la survie, Peter Brown n’oublie rien et livre un récit incroyablement drôle et tendre. On aime l’alliance de la nature au robot, on adore le récit animalier auquel Rozzum parvient à s’intégrer.

Lu à voix haute: les filles étaient fascinées par la beauté du récit et la palette émotionnelle intense que nous avons traversé aux côté de Roz, de Joli-Bec le jars et de tous les animaux qui font de ce titre un incontournable!

C’est avec plaisir que nous avons appris qu’un second volume est sorti aux Etats-Unis; nous attendons la traduction avec impatience.

Un cargo fait naufrage. Rozzoum unité 7134, alias Roz, échoue sur une île déserte. Pourra-t-elle survivre dans la vie sauvage?