album·Lecture à voix haute·roman

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

The strange case of Dr Jekyll and Mr. Hyde

Auteur: Robert Louis Stevenson

Illustrateur: M. A.C. Quarello

Traductrice: Anne-Sylvie Homassel

Editeur:  Sarbacane

Pages: 96

Après avoir découvert la collection des Grands Classiques Illustrés aux éditions Sarbacane avec L’Appel de la forêt de J. London et Le Garçon qui voulait devenir un Etre Humain de J. Riel, je comptais bien proposer à mes filles la lecture d’autres classiques dans cette collection qui allie de beaux textes classiques à des illustrations de grande qualité.

Comme tout le monde je connaissais l’histoire de la double personnalité du Docteur Jekyll bien que n’ayant jamais lu le court roman de Stevenson. Présenté comme une enquête menée par Mr Utterson, ami du Dr Jekyll, le récit aborde le dédoublement de personnalité dans ce qu’il serait de plus terrible. J’ai hésité à en faire la lecture à voix haute à mes filles en raison de la noirceur du récit et du texte soutenu. Mais il aurait été dommage de ne pas me lancer car si Juliette et Gabrielle ont eu du mal à saisir la conclusion (qui a de fait été longuement discuté), elles ont adoré tenter de démêler les nœuds de cette enquête bien ficelée dont l’auteur ne dévoile que progressivement les complexités.

Sublimé par les illustrations pleine page de Maurizio A.C. Quarello, le récit nous entraîne dans les rues de Londres en pleine époque victorienne. L’auteur joue sur la dualité de son personnage principal pour nous faire découvrir deux aspects de la ville dont chacun reflète l’âme de ces deux identités. L’ensemble est délicieusement glaçant et offre un regard critique sur une société qui enferme les caractères et les comportements dans un cadre rigide de bienséance et d’idées du bien et du mal régies par l’église. Fascinant!

 

L’avis d’Isabelle est ici!

Qui est l’étrange Hyde au corps difforme et aux manières brutales, accusé d’un crime odieux, qui semble avoir ses entrées chez l’honorable docteur Jekyll? Et pourquoi Jekyll lui-même se coupe-t-il parfois de ses meilleurs amis? M. Utterson, notaire intègre et sévère proche du docteur, mène l’enquête. La vérité lui fera froid dans le dos…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Rascal

Rascal: a memoir of a better era

Auteur: Sterling North

Traductrice: Michèle Poslaniec

Illustratrice:  Isabelle Simler

Editeur: l’école des loisirs

Pages: 271

 

Rascal est le récit autobiographique de Sterling North qui, à l’âge adulte, se souvient avec tendresse de l’année de ses onze ans et de son amitié avec un raton laveur baptisé Rascal qu’il recueille alors qu’il n’est pas encore sevré. Une année et surtout, un été, particulièrement riche pour cet enfant qui grandit dans le Wisconsin dont il parcourt la nature au contact de laquelle il apprend beaucoup.

Mes filles et moi-même avons eu un gros coup de cœur pour ce récit, véritable plongé dans le temps à la découverte des paysages d’un état du nord des Etats-Unis, sa faune, sa flore et sa culture. En cette année 1918, l’histoire de Sterling se joue sur fond de Première Guerre Mondiale. Il pense à un frère parti pour le front en France, à un père trop souvent absent, une mère qui n’est plus et des sœurs qui vivent loin de lui. C’est tout naturellement que Rascal devient un compagnon de tous les jours, un membre à part entière de sa famille, un ami qui restera à jamais dans son cœur. Et ne nous y trompons pas, c’est vraiment ce lien entre Sterling et Rascal qui est au cœur du roman car l’auteur en parle avec passion, retraçant leurs aventures avec toute la vivacité de ses souvenirs et avec tout l’amour que l’on a pour un meilleur ami.

Rascal est un récit touchant qui permettra aussi d’en apprendre beaucoup sur cet animal à la bouille trognonne. Un récit qui reste un best seller depuis sa publication en 1963.

Sterling, onze ans, a trouvé Rascal, jeune raton laveur malicieux et attachant, au creux d’une souche des bois. Dans sa nouvelle famille qui compte un père distant, quatre mouffettes, des marmottes, une corneille surnommée Poe la Corneille et un canoë dans la salle de séjour, Rascal devient l’inséparable compagnon de Sterling. Au cours d’une année fertile en aventures, Rascal et Sterling nagent, pêchent et explorent la campagne – jusqu’au jour où le printemps revient, et où tout change brusquement.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le club des crottes

 

Auteure: Susie Morgenstern

Editeur: L’école des loisirs

Collection:  Neuf

Pages: 126

 

Alors qu’ils s’ennuient, Jacques propose à son ami Octave de créer un club. Oui mais un club de quoi? Ils décident d’y réfléchir chacun de leur côté. En rentrant chez lui, Jacques bousille ses baskets neuves en marchant dans une crotte de chien. L’idée du club est toute trouvée: le club des crottes aura pour mission de nettoyer la ville des excréments de chiens! Une idée qui va attirer bien des sympathies mais aussi quelques conflits entre les enfants propriétaires de chien et les autres. Lorsque Jacques se retrouve entre les deux, il comprend que l’éducation du chien passe par l’éducation de son maître.

Susie Morgenstern, auteure jeunesse incontournable, nous offre ici un petit roman citoyen rempli de bonnes idées. Les enfants sont les instigateurs d’un grand projet dont la finalité a pour objectif de rendre leur ville propre. Ensemble ils mènent des actions visant à sensibiliser les maîtres de chiens et les adultes en général. Actions qui se voient récompenser par une rencontre avec le Maire et la promesse de la mise en place d’actions concrètes. C’est drôle, plein de bon sens et l’histoire rappel que l’éducation à la citoyenneté est l’affaire de tous!

***

Il paraît que ça porte bonheur de marcher dedans. En tout cas, c’est comme ça que Jacques a eu son idée géniale, sur le trottoir, en sortant de chez son copain Octave après un après-midi d’ennui. Fonder un club pour éliminer les crottes de chiens, et par conséquent sauver la planète. Tout le monde est cerné et concerné! Tout le monde en a été victime un jour ou l’autre. Comment faire? Jacques et Octave réfléchissent, recrutent, organisent, se documentent, apprennent, argumentent, militent, arpentent, affichent… jusqu’au jour où la mamie de Jacques débarque avec un cadeau plus original que jamais. Un cadeau empoisonné. A cause de lui, Jacques a l’impression de passer d’un seul coup du côté de l’ennemi…

album·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Peter Pan

  Peter Pan and Wendy

Auteur: James Matthew Barrie

Traducteur: Michel Laporte

Illustrateur: Régis Lejonc

Editeur: Gautier – Languereau

Je ne connaissais de Peter Pan que quelques adaptations cinématographiques de qualité divers. L’occasion d’en lire le roman ne s’était jamais présentée et ce n’est que récemment, dans un besoin de lire des classiques, que je me suis procurée cette superbe édition illustrée. Après Pinocchio, la lecture à voix haute de Peter Pan fut un nouveau moment de partage, d’échanges et de comparaisons avec l’adaptation des studios Disney.

Dès les premières pages, Peter nous est présenté comme un garçon égoïste, prétentieux et sans cœur . Avec son amie Clochette, jalouse comme un pou, ils enlèvent Wendy, John et Michael et les emmènent au Pays Imaginaire.

« La seconde à droite […] et puis tout droit jusqu’au matin. »

Wendy est certainement charmante mais elle est aussi extrêmement naïve. Son amour pour Peter la pousse à le suivre. Elle se laisse complètement manipuler par le jeune héros qui veut bien jouer à être le père de famille à ses côtés mais qui lui rappelle cependant qu’il préfère qu’elle soit sa maman, comme pour les garçons perdus. Pendant que les garçons jouent, s’amusent et vivent des aventures palpitantes, Wendy reste à la maison. En tant que « mère » elle se doit de tenir le logis, nourrir ses enfants et raccommoder leurs vêtements troués. On comprend qu’elle soit la seule à se souvenir de ses parents, de sa mère surtout qui, elle en est certaine, laisse la fenêtre ouverte en attendant son retour.

« […] il pouvait se passer une semaine entière sans qu’elle sorte au grand air, sauf, peut-être, avec une chaussette à repriser à la main. »

Et que serait Peter sans le Capitaine Crochet? Un pirate sanguinaire qui nous apparaît pourtant bien plus humain que les enfants, notamment quand ses faiblesses sont révélées par l’apparition du crocodile.

James Matthew Barrie signe un roman sur l’enfance, ses rêves et son imaginaire tout en brossant un portrait idéale de la mère de famille, la fameuse « mère parfaite ». Un roman aux valeurs complètement désuètes donc mais qui pourtant a su nous plaire et nous faire rire. Car l’auteur a su y retranscrire avec beaucoup de réalisme l’imaginaire de l’enfance, ses jeux mais aussi ses peurs, la peur de grandir notamment mais aussi la peur de mourir. Régis Lejonc illustre avec brio les personnages et quelques scènes choisies, ses dessins sont de véritables oeuvres d’art. Il explique, dans une double page placée en fin de volume, quels défis et quels choix se sont posés à lui pour illustrer une histoire aussi célèbre que celle de Peter et Wendy. C’est d’autant plus intéressant qu’à la lecture on constate que son interprétation s’éloigne de la vision qu’en avaient les studios Disney et s’imprègnent complètement de l’histoire de Barrie et de l’époque à laquelle elle fut écrite, il y a plus d’un siècle.

Peter Pan est un petit garçon qui refuse de grandir. Un jour, il rend visite à Wendy dans le coeur de Londres et la convainc de venir, avec ses frères, dans le pays imaginaire. C’est là-bas que vivent les enfants perdus, la fée clochette et le redoutable Capitaine Crochet, l’ennemi juré de Peter ! Tous ensemble, ils vont vivre des aventures extraordinaires !

Lecture à voix haute·roman ado

Iskari, tome 1. Asha, Tueuse de Dragons

 

Auteure: Kristen Ciccarelli

Traductrice: Vanessa Rubio-Barreau

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 426

A Firgaard, il est interdit de raconter les histoires des temps anciens. Dangereuses, elles attirent les dragons qui s’en nourrissent. Asha porte sur son corps les stigmates de sa rencontre avec Kozu, le premier dragon. Marquée à jamais, elle arbore ses cicatrices comme un fer de lance: elle doit exterminer tous les dragons pour racheter sa faute. Mais aux yeux de tous, Asha reste l’Iskari, la semeuse de mort. Crainte, haïe, c’est une princesse solitaire qui se révèle d’une grande sensibilité sous une apparente fierté et une forte obstination.

Kristen Ciccarelli signe un premier roman aux thématiques assez lourdes et plus complexes que ce à quoi je m’attendais. Plus qu’un roman de fantasy, l’organisation de l’univers en castes en fait un récit aux enjeux sociaux-politiques forts. C’est le mélange des genres qui fait la force de ce roman, enrichi par une mythologie originale et captivante. Portée par des personnages attachants – il faut notamment souligné la présence de personnages féminins toutes plus « badass » les unes que les autres – ou méprisables, l’histoire nous emporte littéralement à l’aventure.  Pourtant, la première moitié était loin d’être convaincante, l’auteure prenant peut-être un peu trop le temps d’installer son récit, ses protagonistes et le contexte narratif. De même, si l’écriture est agréable, j’ai trouvé que les descriptions de paysages étaient un peu trop légères et ne permettaient pas de réellement nous faire voyager. Le récit reste assez prévisible, Asha ne surprend par aucun de ses choix et son destin se révèle à nous en toute transparence. Enfin, la romance est pleine de charme même si la gestion du désir m’a semblé un peu poussive pour un roman conseillé dès treize ans. Le public cible n’est-il pas plus âgé?

Asha, tueuse de dragons est un roman qui pose la question de la place de la femme dans la société, ses droits, son émancipation, et celle de l’organisation d’une société régie par la force et la domination avec pertinence.

Mes filles (bientôt 11 ans), ont été bien plus transporté que moi par Asha et son histoire. Elles ont apprécié que pour une fois l’héroïne n’attendent pas qu’on vienne la sauver, qu’elle sache se battre… Les dragons ont bien entendu remporté un grand succès, surtout dans la deuxième moitié du récit. La lecture à voix haute a pris plus de temps que prévu car pour moi, il manquait un petit quelque chose pour me donner envie d’avancer. Et ça n’est que dans le dernier tier que j’ai vraiment été happé et que les événements m’ont réellement donné envie d’aller de l’avant. Nous lirons le tome deux quand cela sera possible – entre l’envie et les difficultés à se procurer des livres dans cette période particulière.

Pour les habitués du blog, vous aurez peut-être remarqué que je n’ai pas, comme à mon habitude, donné le titre anglais ni affiché la couverture originale. C’est parce que, comme me l’a dit Gabrielle, « c’est un spoiler ». Déjà que l’on avait de gros doute sur la fin alors si nous avions connu le titre anglais, il n’y aurait plus eu aucune surprise. Je vous invite donc à vous contenter du titre choisi par l’éditeur français si vous envisagez de lire ce titre 😉

L’avis d’Isabelle se trouve ici !

Au royaume de Firgaard, les légendes sont interdites: elles sont dangereuses. Pourtant le sort d’Asha, princesse solitaire, leur semble étroitement lié. Asha est une tueuse de dragons crainte par tout son peuple: elle est Iskari.

 

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Pinocchio (illustré)

Le avventure di Pinocchio

Auteur: Carlo Collodi

Traductrice: Nathalie Castagne

Illustrateur: Jérémie Almanza

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Dans le cadre de son programme littéraire – parcours « récit d’aventures » – Gabrielle devait étudier Pinocchio. La liberté étant donnée sur le choix de l’édition, je tenais à ajouter une version illustrée à notre bibliothèque de classiques. Après plusieurs hésitations, nous nous sommes mises d’accord sur les éditions Soleil et leur collection Métamorphose, qui ne nous ont jamais déçue. Ne me souvenant pas avoir lu ce récit, j’ai proposé à la demoiselle de le lire ensemble et c’est avec plaisir que nous nous sommes lancées dans une lecture à deux voix; lecture à voix haute qui aura permis à Juliette de suivre l’histoire et d’en discuter et rire avec nous.

Est-il nécessaire de résumer l’histoire de Pinocchio, ce petit pantin de bois pourvu de vie, malicieux et facétieux, qui part à l’aventure et rêve de devenir un véritable petit garçon? L’oisiveté est mère de tous les vices, elle ouvre l’esprit aux tentations et conduit à une mauvaise conduite. Chemin faisant Pinocchio fait bien des rencontres qui lui donnent plusieurs occasions de se rendre compte que le diction dit vrai. Il apprend à ses dépens que l’on reçoit toujours ce que l’on mérite. Mais Pinocchio a un bon fond et c’est le soucis et le respect qu’il a pour Gepetto, son père, qui le poussent sur le droit chemin. Guidé par la confiance que lui accorde la Fée Bleue et les épreuves qu’elle place sur son chemin, Pinocchio va, seul, gagner son humanité.

Conte de fée, récit initiatique, Pinocchio est une histoire moralisatrice dans laquelle l’auteur valorise le statut de l’école. Son message dit clairement que l’on doit aller à l’école pour acquérir une instruction qui permet de s’élever au statut d’être civilisé et, dans le cas de son héro, de devenir un humain. Si la morale peut paraître quelque peu désuète, Les aventures de Pinocchio n’en reste pas moins un récit intéressant. Le jeune héro a un esprit de liberté intense et des réflexions tout à la fois naïves et pertinentes; il se remet en question après chacune de ses mésaventures et essaie vraiment de s’améliorer. Le texte est ici sublimé par les illustrations de Jérémie Almanza. Illustrations qui fourmillent de détails, dynamisent la mise en page et révèlent toute l’innocence de l’enfance et la noirceur d’un monde cruel dans le lequel des criminels n’hésitent pas à exploiter cette innocence pour servir leurs intérêts.

Pinocchio nous a beaucoup plu, les filles ont bien rit et ont ressenti bien de la compassion pour le pantin de bois dont la naïveté est sans égal. Elles se sont aussi amusées à comparer le roman avec le film d’animation des studios Disney, à remarquer quels passages avaient été supprimés, etc. Nous avons passé un très bon moment avec cette lecture que je ne peux que recommander. Une nouvelle adaptation devait paraître dans les salles françaises le 18 mars 2020, réalisé par Matteo Garrone, avec Federico Ielapi dans le rôle de Pinocchio et Roberto Benigni dans celui de Gepetto. Nous avions projeté d’aller la voir et espérons désormais qu’elle aura bien lieu, en décalé (bande annonce en bas de page).

« Mais d’où a bien pu sortir cette petite voix qui a dit aïe? Il n’y a pourtant personne ici. Ce n’est tout de même pas ce morceau de bois qui aurait appris à pleurer et à se plaindre comme un enfant? » 

Lecture à voix haute·roman jeunesse

La Chose du MéHéHéHé

Auteure: Sigrid Baffert

Illustratrice: Jeanne Macaigne

Editeur: MeMo

Collection: Polynie

Pages: 84

Un titre étrange pour une histoire étrange. La Chose du MéHéHéHé tient de la fable écologique et aborde la thématique de la pollution des océans par l’homme et des conséquences que cela engendre sur la biosphère marine.

Magnifiquement illustré par Jeanne Macaigne, le texte de Sigrid Baffert est un véritable poème. L’auteure joue avec les mots et les rîmes pour notre plus grand plaisir. Les illustrations et les mots vont au même rythme que les vagues; riches et intelligents, ils accompagnent la lecture en chantant, en nous berçant. La Chose du MéHéHéHé est une critique de notre société pour les lecteurs dès huit ou dix ans, pleine de fantaisie, d’humour et de beauté envoûtante.

Je vous invite à lire la critique plus détaillée d’Isabelle.

A la surface du ventre bleu de la mer, l’heure est grave. Une chose rayée de blanc et de rouge, dure comme un coquillage géant et pourtant molle comme des algues, flotte. Il y a un truc qui cloche. Un gros truc qui cloche et qui, pour une fois, ne coule pas. Pourtant, Mo, Saï et Vish en ont vu des choses bizarroïdes tombées du ciel. Pointues, carrées, monticules de plastiques et de tiges, crachats noirs déversés sur leurs têtes de pieuvres. Mais une Chose comme celle-là, jamais. En plus, il semble y avoir une surprise vivante à l’intérieur. Pire, cette Chose est presque aussi grosse que Krakenko, l’orque ogresse. Pire du pire, la Chose a une bouche, et probablement une petite faim. Un Tcha-kou-tcha d’urgence s’impose avec les anémones albinos, le crabe cornu et toute la colonie des crevettes bouffies. Les questions fusent dans l’Antre. Et si la réponse se trouvait dans le MéHéHéHé?

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Les Quatre filles du docteur March

Little Women

Auteure: Louisa May Alcott

Traductrice:  Paulette Vielhomme-Callais

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: folio junior

Pages: 426

Début janvier, Gabrielle et moi sommes allées au cinéma pour découvrir le nouveau film de Greta Gerwig, Les filles du docteur March, adaptant le classique de Louisa May Alcott. Une version moderne, qui dépoussière ce roman intemporel. Je pourrais vous parler des heures de ce film mais là n’est pas le propos de ce billet (quoi que…). La qualité du film et l’histoire des filles March a donné envie à ma jeune demoiselle de découvrir le roman (en fait nous en avions déjà lu une version il y a deux ans, mais qui m’avait laissé sur une déception). La sortie du film a lancé les éditeurs a ressortir ce titre et notre choix s’est porté sur les éditions Gallimard Jeunesse et leur collection Folio Junior qui propose dans également les deux premières suites que nous ne manquerons pas de lire.

Le roman d’Alcott est mondialement connue pour son histoire, ses personnages et les valeurs qu’il transmet. Little Women raconte le quotidien de quatre sœurs issues de la classe moyenne américaine, en pleine guerre de sécession. L’éducation bienveillante, la générosité et la sincérité des émotions véhiculées sont autant d’ingrédients qui donnent aux Quatre filles du docteur March un petit goût de douceur et de chaleur bienvenu dans un monde où l’humain a perdu de vue les valeurs essentielles à la vie et au respect. Par ailleurs, le discours sur la place de la femme dans la société en fait en récit résolument féministe et moderne.

Lu à deux voix pour une lecture dynamique et un plaisir mutuel, des fous rires communicatifs et un partage des émotions, Les Quatre filles du docteur March est un roman coup de cœur à lire et à relire et surtout à partager.

Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie des quatre sœurs March, âgées de onze à seize ans: Meg, la romantique; Jo, véritable garçon manqué et débordante d’humour; Beth, la musicienne si timide; et Amy, l’artiste de la famille, qui se laisse aller parfois à une centaine vanité. Très vite, elles se lient d’amitié avec leur voisin Laurie, s’enthousiasment avec Meg pour son premier bal, montent un troupe de théâtre, mais aucune distraction ne peut leur faire oublier l’absence de leur père parti au front…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

La légende de Podkin le Brave, tome 3. Le monstre de Cœur Sombre

The Beasts of Grimheart

Auteur: Kieran Larwood

Illustrateur: David Wyatt

Traductrice: Catherine Gibert

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 304

 

Notre barde est cette fois-ci contraint de raconter la suite des aventures du jeune héros pour sauver sa vie. Et s’il est saisi par la crainte, cela n’enlève rien à son enthousiasme et au dynamisme de sa narration : Il est fini le temps de se cacher, il est désormais tant d’entrer en guerre contre les Gorms. Armés de courage, Podkin, sa sœur aînée Paz et leur petit frère Pook, pénètrent les profondeurs de la foret de Cœur Sombre où ils feront des rencontres aussi surprenantes qu’inattendues, des rencontres qui leur apporteront tout le soutien et l’aide dont ils ont besoin. La bataille est aussi terrifiante que l’on pouvait s’y attendre et laissera des séquelles dans les cœurs et esprits de nos jeunes héros.

Kieran Larwood nous offre un final à la hauteur de nos espérances avec son lot de surprises, de frayeur et de magie. L’émotion est au rendez-vous de ce troisième et dernier volet qui vient clore une saga d’heroic fantasy dans la digne lignée de Tolkien. Son écriture dynamique, ses personnages attachants et courageux, son univers épique et la fin ouverte à tout un tas de spéculations, nous laisse dans l’expectative d’une suite ou d’un spin-off… La lecture à voix haute a été un moment fort fait d’éclats de rire et d’émotions partagées; mes filles et moi-même avons particulièrement apprécié que le héros ne soit pas le plus courageux et le plus fort des personnages, il apprend bien vite que l’union fait la force et tout particulièrement dans ce dernier volume. Par ailleurs, l’auteur a su intégrer les personnages féminins à son récit, elles tiennent une place importante et particulière aux côtés de Podkin et il faut avouer que ce n’es pas souvent le cas dans ce genre d’aventures.

La légende de Podkin le Brave est une série coup de cœur que nous recommandons à tous les jeunes lecteurs dès 8/9 ans.

Pour lire l’avis d’Isabelle, c’est par ici!

Alors que l’affrontement avec les Gorm est imminent, Podkin et les siens se préparent au pire… mais ils ne sont pas seuls: la forêt de Coeur Sombre abrite des créatures puissantes qui sont prêtes à se battre. Aux côtés de ces alliés inespérés notre héros reprend espoir: l’heure est venue d’en finir avec le terrible Scramashank.

 

Challenge PAVES 2020 (trilogie)

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman ado·roman jeunesse

Le Faucon déniché

 

Auteur: Jean-Côme Noguès

Illustrateur: Julien Delval

Editeur:  Pocket Jeunesse

Pages: 169

 

Martin est un jeune gardien d’oies âgé de douze ans. Il découvre un jeune faucon tombé du nid et décide de l’élever pour un faire un compagnon de jeux et un ami. Mais à cette époque, les faucons appartiennent au seigneur et lorsque le fauconnier découvre qu’un serf a pris la liberté d’en « voler » un à son seigneur, il n’hésite pas à s’approprier l’oiseau et à enfermer l’enfant en prison.

Le Faucon déniché est un petit roman dynamique , sans temps mort, qui permet de découvrir la vie au Moyen-Âge, les lois qui régissent la vie du Seigneur et de ses serfs avec toutes les injustices que cela implique. L’écriture de Jean-Côme Noguès est très riche et ne fait pas l’impasse sur le lexique moyenâgeux. Si ce petit roman rentre dans toutes les cases du roman didactique et du programme de littérature de la classe de cinquième, il ne laissera pas sur la touche les adultes qui aiment les beaux textes.

Lu à deux voix avec Juliette, 10 ans (et 8 mois me souffle-t-elle), Le faucon déniché nous a offert quelques soirées de lectures calmes et posées. La richesse du vocabulaire plait beaucoup à la demoiselle même si la lecture à voix haute reste un exercice difficile pour elle, encore plus quand elle rencontre des termes qu’elle ne croise pas dans son quotidien. Nous avons progressé chapitre après chapitre à une lecture qui, tout en nous touchant pour l’histoire d’amitié et l’esprit de liberté qui en émane, a été menée à son terme dans la douleur d’une lecture éprouvante autant pour Juliette que pour moi. Cela n’en reste pas moins une jolie lecture touchante, au final particulièrement émouvant, mais que j’aurais sans doute pris plus de plaisir à lire seule…

Un faucon! Martin adorerait en avoir un. Hélas, seuls les seigneurs ont ce droit. Et le jeune garçon est un serf… Malgré les lois féodales, Martin déniche un jour un oisillon… « Personne, jamais, ne nous séparera. Personne! », murmure Martin à son nouvel ami. Mais dans l’ombre de la forêt, l’impitoyable fauconnier du château veille… Il veut faire du rapace l’oiseau le plus féroce, le plus avide et le plus cruel de la fauconnerie…