album·Lecture à voix haute

Lindbergh, La fabuleuse aventure d’une souris volante

Lindbergh – Die abenteuerliche Geschichte einer fliegenden Maus

Auteur/ Illustrateur: Torben Kuhlmann

Traductrice: Anne-Judith Descombey

Editeur:  NordSud

Pages: 96

Après la plaisir de la découverte de Armstrong, l’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune, mes filles et moi-même savions que nous ne faisions que commencer à découvrir Torben Kuhlmann, jeune artiste allemand passionné et passionnant. Si Juliette et Gabrielle ont lu (et relu) plusieurs fois Lindbergh depuis qu’il est arrivé à la maison, je ne me suis lancée qu’il y a quelques jours. Alors que Gabrielle assistait à son cours de chinois en visioconférence, j’ai proposé à Juliette de lui lire cet album pour l’occuper et passer un petit moment ensemble. Bien qu’elle connaisse l’histoire sur le bout des doigts, elle a profité de ma lecture à voix haute et du fait que je m’attarde sur chaque page, pour en observer plus pleinement les illustrations et savourer ainsi les détails qui fourmillent et apportent tellement à l’histoire dont elles font, au même titre que le texte, le récit.

Lorsqu’elle prend conscience que ses amies ont disparues, une petite souris particulièrement intelligente se dit qu’elles sont probablement parties pour l’Amérique, comme les hommes le font. Les dangers sont grands pour une petite souris et il lui est impossible de rejoindre le paquebot. La rencontre avec un groupe de chauve-souris va lui donner l’idée de s’envoler. Commencent alors les recherches, les essais et expériences qui vont la conduire vers la fabrication du premier avion capable de relier Hambourg à New York. Mais dans l’ombre, les prédateurs la surveillent et ne comptent pas la laisser filer. La petite souris parviendra-telle à s’envoler? Retrouvera-t-elle ses amies?

Torben Kuhlmann nous fait revivre un événement majeur de l’aviation moderne, la première traversée de l’Atlantique sans escale, réalisée par l’Américain Charles Lindbergh à bord du Spirit of St. Louis. Au travers de planches incroyablement détaillées et de son trait parfaitement maîtrisé, il nous entraîne dans les aventures de sa souris dont on perçoit l’intensité des dangers et la motivation et les enjeux à entreprendre une telle expédition. Le texte apporte jusque ce qu’il faut d’informations pour être accessible aux jeunes lecteurs qui ne manqueront pas de s’attacher à cette petite souris.

Lindbergh est un album merveilleux qui permet, l’air de rien, d’aborder la recherche aéronautique et un exploit historique qui a marqué l’humanité. Une fois de plus, notre curiosité et notre esprit d’aventure sont attisés dans cet album audacieux et intelligent à la mise en page dynamique.

Pour aller plus loin, l’avis de Pépita.

Il y a bien des années, une petite souris curieuse et ingénieuse rêve de partir loin de son pays, pour échapper aux dangers. Elle construit une machine volante et traverse l’Atlantique… C’est le début d’une fabuleuse aventure. Et si on réécrivait l’histoire de l’aviation?

album·Documentaires /Livres jeux·Lecture à voix haute

Animaux & Créatures Fabuleuses et Légendaires et de quelques bêtes extraordinaires

Auteurs/ Illustrateurs: Collectif

Editeur:  Marmaille & cie

Collection: Sortilège

Pages: 111

Après deux magnifiques ouvrages sur les Héros, Princes & Chevaliers et les Sorcières, Fées & Princessesles éditions Marmailles enrichissent leur collection Sortilège avec un nouvel album de qualité sur les Animaux & Créatures fabuleuses et légendaires. Le lecteur sera heureux d’y retrouver la qualité des précédents titres tant au niveau du contenu que du contenant.

Fiches descriptives et extraits de textes se succèdent dans ce bestiaire fantastique dont la mise en page rappelle les vieux grimoires magiques. Ce troisième titre est de nouveau divisé en trois parties distinctes: un Bestiaire fantastique présente des créatures plutôt célèbres, principalement issues de la mythologie grecque dans lequel on trouvera essentiellement des fiches descriptives; Les créatures venues du froid, présente des créatures moins connues issues des mythes nordiques. On y découvre par exemple l’histoire du Jörmungand ou celle du Kelpie; la troisième partie est consacrée à des Bêtes et des Contes, et s’intéresse aux créatures fantastiques des contes tels Le Chat Botté, les Dragons ou encore la Sirène.

Conseillé dès 8 ans, je suis d’avis que les jeunes lecteurs auront du mal à appréhender certains textes, je pense par exemple aux extraits de L’Iliade de Homère ou de L’enfer de Dante. Mais les fiches descriptives et les illustrations sauront probablement les séduire et susciter leur intérêt, bien que je reste convaincue que la présence de l’adulte pour une lecture commune serait appréciable. Richement illustré d’anciennes gravures d’origines diverses et variées dont une magnifique carte ancienne en ouverture du livre, on pourra regretter le travail en ombres contrastées des couleurs dominantes de l’ouvrage (vert et doré) de Joseph Vernot pour leur beauté et l’harmonie de la collection.

Il n’empêche que ce bestiaire des Animaux & Créatures fabuleuses et légendaires est un très bel ouvrage, un objet-livre absolument magnifique que j’ai pris plaisir à lire à voix haute à mes filles (bientôt 11 ans). Elles ont préféré la deuxième partie du livre dans laquelle elles ont découvert des mythes qui leur étaient inconnus.

De la licorne au phénix, en passant par le centaure, le dragon ou encore le kraken, cet ouvrage réunit les histoires des créatures fantastiques. Au rythme des constellations, chapitre après chapitre, se déroulent les contes, les légendes d’animaux féroces mais aussi d’animaux proches de l’homme pour bercer les rêves des jeunes enfants, éclairer et illuminer les nuits.

album·Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le Petit Prince

Auteur/Illustrateur: Antoine de Saint-Exupéry

Editeur: Gallimard

Collection: Album Junior

Pages: 96

 

Lu à deux voix avec Gabrielle 10 ans 11 mois.

Roman arrivé chez nous pendant le confinement, emprunté à une voisine pour une lecture à deux voix. Gabrielle voulait depuis longtemps lire ce grand classique mais ses amis lui en avaient fait de mauvais retours et elle appréhendait de se lancer. Et comme je ne l’avais jamais lu (honte sur moi), la lecture à deux voix s’est présentée comme une évidence. A deux on est plus fortes!

Il est difficile d’écrire une critique sur un roman aussi connu que Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Conte philosophique et poétique, ce récit pour enfants parait bien plus complexe qu’il n’y parait quand on s’y penche à l’âge adulte. Le texte est simple et dépouillé, à l’image des illustrations, compréhensible par les plus jeunes et pourtant si riche en symboliques. C’est probablement ces différents niveaux de lectures qui en font un récit universel; à moins que ce ne soit la quête de l’enfance perdue, oubliée qui nous pousse à lire (et relire) cet ouvrage si singulier une fois adulte, alors que l’enfant se contentera d’une lecture plus linéaire dans laquelle il retrouvera un imaginaire qu’il connait bien, des questions qu’il se pose… J’imagine qu’il existe de nombreuses interprétations de l’histoire, et que chaque lecteur y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. J’aime pour ma part la dualité qui émerge des thématiques: enfant/adulte, amour/amitié, la vie/la mort… et les met en résonance comme pour mieux nous rappeler que nous avons tous connus, ou connaîtrons, les deux parts de ces paires.

Ce qui est certain est que Le Petit Prince ne laisse pas indifférent. A lire et à relire.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait: « S’il te plait… dessine-moi un mouton! »

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman jeunesse

La fameuse invasion de la Sicile par les ours

La famosa invasione degli orsi in Sicilia

Auteur/Illustrateur: Dino Buzzati

Traductrice:  Hélène Paquier

Editeur:  Gallimard Jeunesse

Collection:  Folio Junior

Pages: 167

Après avoir découvert l’adaptation animée de Lorenzo Mattotti, l’envie de découvrir l’oeuvre originale était très grande. Conseillé dès 10 ans, le film d’animation me semble n’avoir pas rencontré le succès qu’il méritait. Peut-être la date de diffusion n’était-elle pas la meilleure; peut-être est-ce à cause des choix artistiques qui, s’ils sont originaux, sont loin de ce qui se fait en ce moment. C’est pourtant cette singularité dans le dessin et la narration qui fait l’originalité et l’intérêt du film. Car l’histoire de Dino Buzzati est parfaite telle quelle a été écrite et l’animation n’offre qu’un changement de support et de regard sur une histoire qui fait déjà partie des classiques de la littérature jeunesse. Si vous aimez l’animation et que vous cherchez un film original, je vous recommande chaudement de découvrir La fameuse invasion de la Sicile par les ours.

Lors d’un hiver particulièrement rude, les ours meurent de faim dans leurs montagnes. Ils décident de descendre dans la vallée où ils espèrent trouver un accueil chaleureux de la part des hommes et surtout de quoi se nourrir. Pour Léonce, roi des ours, c’est aussi l’occasion de retrouver son fils enlevé quelques années plus tôt. Longue est la route, semée d’embûches et d’ennemis à affronter. Mais les ours comptent bien montrer aux hommes les valeurs d’une vie simple et en harmonie avec la nature, la force de la solidarité et du partage. Ce sont pourtant les ours qui se laissent corrompre par l’oisiveté et l’argent facile, Léonce prend conscience de son erreur.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours se situe entre le conte et le récit philosophique qui prend la forme d’une aventure épique avec son lot de magie et de créatures fantastiques. Entre sangliers qui se transforment en ballons de baudruche, fantômes et Croquemitaine, Dino Buzzati nous entraîne dans une véritable épopée durant laquelle le Roi devra apprendre à gouverner sans préjugés et à bien choisir ses conseillers. Récits en prose et en vers se succèdent avec pertinence et humour. Cette alternance dynamise la narration enrichie des illustrations de l’auteur. Le texte soulève par ailleurs une réflexion sur la place de l’homme dans son environnement et dénonce les travers de notre société moderne qui offre bien des facilités.

A noté la présence d’un carnet de lecture en fin d’ouvrage qui apporte des informations sur l’auteur et son roman. J’ai trouvé original que les illustrations aient vu le jour bien avant le texte et que celui-ci soit venu s’ajouter lorsqu’on demanda à Buzzati d’écrire une histoire en épisodes pour les enfants. Écrite en 1945, l’histoire n’a pas pris une ride. Et pour mes filles et moi, c’est un énorme coup de cœur.

Quand son fils Tonin est enlevé par des chasseurs, le roi des ours rassemble son armée et descend des montagnes. Aidé par le professeur De Ambrosiis, un étrange magicien, il parvient à triompher des hommes. Mais, lorsqu’il retrouve Tonin, le roi des ours découvre combien les richesses, n’est pas fait pour ses semblables…

album·Lecture à voix haute·roman

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

The strange case of Dr Jekyll and Mr. Hyde

Auteur: Robert Louis Stevenson

Illustrateur: M. A.C. Quarello

Traductrice: Anne-Sylvie Homassel

Editeur:  Sarbacane

Pages: 96

Après avoir découvert la collection des Grands Classiques Illustrés aux éditions Sarbacane avec L’Appel de la forêt de J. London et Le Garçon qui voulait devenir un Etre Humain de J. Riel, je comptais bien proposer à mes filles la lecture d’autres classiques dans cette collection qui allie de beaux textes classiques à des illustrations de grande qualité.

Comme tout le monde je connaissais l’histoire de la double personnalité du Docteur Jekyll bien que n’ayant jamais lu le court roman de Stevenson. Présenté comme une enquête menée par Mr Utterson, ami du Dr Jekyll, le récit aborde le dédoublement de personnalité dans ce qu’il serait de plus terrible. J’ai hésité à en faire la lecture à voix haute à mes filles en raison de la noirceur du récit et du texte soutenu. Mais il aurait été dommage de ne pas me lancer car si Juliette et Gabrielle ont eu du mal à saisir la conclusion (qui a de fait été longuement discuté), elles ont adoré tenter de démêler les nœuds de cette enquête bien ficelée dont l’auteur ne dévoile que progressivement les complexités.

Sublimé par les illustrations pleine page de Maurizio A.C. Quarello, le récit nous entraîne dans les rues de Londres en pleine époque victorienne. L’auteur joue sur la dualité de son personnage principal pour nous faire découvrir deux aspects de la ville dont chacun reflète l’âme de ces deux identités. L’ensemble est délicieusement glaçant et offre un regard critique sur une société qui enferme les caractères et les comportements dans un cadre rigide de bienséance et d’idées du bien et du mal régies par l’église. Fascinant!

 

L’avis d’Isabelle est ici!

Qui est l’étrange Hyde au corps difforme et aux manières brutales, accusé d’un crime odieux, qui semble avoir ses entrées chez l’honorable docteur Jekyll? Et pourquoi Jekyll lui-même se coupe-t-il parfois de ses meilleurs amis? M. Utterson, notaire intègre et sévère proche du docteur, mène l’enquête. La vérité lui fera froid dans le dos…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Rascal

Rascal: a memoir of a better era

Auteur: Sterling North

Traductrice: Michèle Poslaniec

Illustratrice:  Isabelle Simler

Editeur: l’école des loisirs

Pages: 271

 

Rascal est le récit autobiographique de Sterling North qui, à l’âge adulte, se souvient avec tendresse de l’année de ses onze ans et de son amitié avec un raton laveur baptisé Rascal qu’il recueille alors qu’il n’est pas encore sevré. Une année et surtout, un été, particulièrement riche pour cet enfant qui grandit dans le Wisconsin dont il parcourt la nature au contact de laquelle il apprend beaucoup.

Mes filles et moi-même avons eu un gros coup de cœur pour ce récit, véritable plongé dans le temps à la découverte des paysages d’un état du nord des Etats-Unis, sa faune, sa flore et sa culture. En cette année 1918, l’histoire de Sterling se joue sur fond de Première Guerre Mondiale. Il pense à un frère parti pour le front en France, à un père trop souvent absent, une mère qui n’est plus et des sœurs qui vivent loin de lui. C’est tout naturellement que Rascal devient un compagnon de tous les jours, un membre à part entière de sa famille, un ami qui restera à jamais dans son cœur. Et ne nous y trompons pas, c’est vraiment ce lien entre Sterling et Rascal qui est au cœur du roman car l’auteur en parle avec passion, retraçant leurs aventures avec toute la vivacité de ses souvenirs et avec tout l’amour que l’on a pour un meilleur ami.

Rascal est un récit touchant qui permettra aussi d’en apprendre beaucoup sur cet animal à la bouille trognonne. Un récit qui reste un best seller depuis sa publication en 1963.

Sterling, onze ans, a trouvé Rascal, jeune raton laveur malicieux et attachant, au creux d’une souche des bois. Dans sa nouvelle famille qui compte un père distant, quatre mouffettes, des marmottes, une corneille surnommée Poe la Corneille et un canoë dans la salle de séjour, Rascal devient l’inséparable compagnon de Sterling. Au cours d’une année fertile en aventures, Rascal et Sterling nagent, pêchent et explorent la campagne – jusqu’au jour où le printemps revient, et où tout change brusquement.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le club des crottes

 

Auteure: Susie Morgenstern

Editeur: L’école des loisirs

Collection:  Neuf

Pages: 126

 

Alors qu’ils s’ennuient, Jacques propose à son ami Octave de créer un club. Oui mais un club de quoi? Ils décident d’y réfléchir chacun de leur côté. En rentrant chez lui, Jacques bousille ses baskets neuves en marchant dans une crotte de chien. L’idée du club est toute trouvée: le club des crottes aura pour mission de nettoyer la ville des excréments de chiens! Une idée qui va attirer bien des sympathies mais aussi quelques conflits entre les enfants propriétaires de chien et les autres. Lorsque Jacques se retrouve entre les deux, il comprend que l’éducation du chien passe par l’éducation de son maître.

Susie Morgenstern, auteure jeunesse incontournable, nous offre ici un petit roman citoyen rempli de bonnes idées. Les enfants sont les instigateurs d’un grand projet dont la finalité a pour objectif de rendre leur ville propre. Ensemble ils mènent des actions visant à sensibiliser les maîtres de chiens et les adultes en général. Actions qui se voient récompenser par une rencontre avec le Maire et la promesse de la mise en place d’actions concrètes. C’est drôle, plein de bon sens et l’histoire rappel que l’éducation à la citoyenneté est l’affaire de tous!

***

Il paraît que ça porte bonheur de marcher dedans. En tout cas, c’est comme ça que Jacques a eu son idée géniale, sur le trottoir, en sortant de chez son copain Octave après un après-midi d’ennui. Fonder un club pour éliminer les crottes de chiens, et par conséquent sauver la planète. Tout le monde est cerné et concerné! Tout le monde en a été victime un jour ou l’autre. Comment faire? Jacques et Octave réfléchissent, recrutent, organisent, se documentent, apprennent, argumentent, militent, arpentent, affichent… jusqu’au jour où la mamie de Jacques débarque avec un cadeau plus original que jamais. Un cadeau empoisonné. A cause de lui, Jacques a l’impression de passer d’un seul coup du côté de l’ennemi…

album·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Peter Pan

  Peter Pan and Wendy

Auteur: James Matthew Barrie

Traducteur: Michel Laporte

Illustrateur: Régis Lejonc

Editeur: Gautier – Languereau

Je ne connaissais de Peter Pan que quelques adaptations cinématographiques de qualité divers. L’occasion d’en lire le roman ne s’était jamais présentée et ce n’est que récemment, dans un besoin de lire des classiques, que je me suis procurée cette superbe édition illustrée. Après Pinocchio, la lecture à voix haute de Peter Pan fut un nouveau moment de partage, d’échanges et de comparaisons avec l’adaptation des studios Disney.

Dès les premières pages, Peter nous est présenté comme un garçon égoïste, prétentieux et sans cœur . Avec son amie Clochette, jalouse comme un pou, ils enlèvent Wendy, John et Michael et les emmènent au Pays Imaginaire.

« La seconde à droite […] et puis tout droit jusqu’au matin. »

Wendy est certainement charmante mais elle est aussi extrêmement naïve. Son amour pour Peter la pousse à le suivre. Elle se laisse complètement manipuler par le jeune héros qui veut bien jouer à être le père de famille à ses côtés mais qui lui rappelle cependant qu’il préfère qu’elle soit sa maman, comme pour les garçons perdus. Pendant que les garçons jouent, s’amusent et vivent des aventures palpitantes, Wendy reste à la maison. En tant que « mère » elle se doit de tenir le logis, nourrir ses enfants et raccommoder leurs vêtements troués. On comprend qu’elle soit la seule à se souvenir de ses parents, de sa mère surtout qui, elle en est certaine, laisse la fenêtre ouverte en attendant son retour.

« […] il pouvait se passer une semaine entière sans qu’elle sorte au grand air, sauf, peut-être, avec une chaussette à repriser à la main. »

Et que serait Peter sans le Capitaine Crochet? Un pirate sanguinaire qui nous apparaît pourtant bien plus humain que les enfants, notamment quand ses faiblesses sont révélées par l’apparition du crocodile.

James Matthew Barrie signe un roman sur l’enfance, ses rêves et son imaginaire tout en brossant un portrait idéale de la mère de famille, la fameuse « mère parfaite ». Un roman aux valeurs complètement désuètes donc mais qui pourtant a su nous plaire et nous faire rire. Car l’auteur a su y retranscrire avec beaucoup de réalisme l’imaginaire de l’enfance, ses jeux mais aussi ses peurs, la peur de grandir notamment mais aussi la peur de mourir. Régis Lejonc illustre avec brio les personnages et quelques scènes choisies, ses dessins sont de véritables oeuvres d’art. Il explique, dans une double page placée en fin de volume, quels défis et quels choix se sont posés à lui pour illustrer une histoire aussi célèbre que celle de Peter et Wendy. C’est d’autant plus intéressant qu’à la lecture on constate que son interprétation s’éloigne de la vision qu’en avaient les studios Disney et s’imprègnent complètement de l’histoire de Barrie et de l’époque à laquelle elle fut écrite, il y a plus d’un siècle.

Peter Pan est un petit garçon qui refuse de grandir. Un jour, il rend visite à Wendy dans le coeur de Londres et la convainc de venir, avec ses frères, dans le pays imaginaire. C’est là-bas que vivent les enfants perdus, la fée clochette et le redoutable Capitaine Crochet, l’ennemi juré de Peter ! Tous ensemble, ils vont vivre des aventures extraordinaires !

Lecture à voix haute·roman ado

Iskari, tome 1. Asha, Tueuse de Dragons

 

Auteure: Kristen Ciccarelli

Traductrice: Vanessa Rubio-Barreau

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 426

A Firgaard, il est interdit de raconter les histoires des temps anciens. Dangereuses, elles attirent les dragons qui s’en nourrissent. Asha porte sur son corps les stigmates de sa rencontre avec Kozu, le premier dragon. Marquée à jamais, elle arbore ses cicatrices comme un fer de lance: elle doit exterminer tous les dragons pour racheter sa faute. Mais aux yeux de tous, Asha reste l’Iskari, la semeuse de mort. Crainte, haïe, c’est une princesse solitaire qui se révèle d’une grande sensibilité sous une apparente fierté et une forte obstination.

Kristen Ciccarelli signe un premier roman aux thématiques assez lourdes et plus complexes que ce à quoi je m’attendais. Plus qu’un roman de fantasy, l’organisation de l’univers en castes en fait un récit aux enjeux sociaux-politiques forts. C’est le mélange des genres qui fait la force de ce roman, enrichi par une mythologie originale et captivante. Portée par des personnages attachants – il faut notamment souligné la présence de personnages féminins toutes plus « badass » les unes que les autres – ou méprisables, l’histoire nous emporte littéralement à l’aventure.  Pourtant, la première moitié était loin d’être convaincante, l’auteure prenant peut-être un peu trop le temps d’installer son récit, ses protagonistes et le contexte narratif. De même, si l’écriture est agréable, j’ai trouvé que les descriptions de paysages étaient un peu trop légères et ne permettaient pas de réellement nous faire voyager. Le récit reste assez prévisible, Asha ne surprend par aucun de ses choix et son destin se révèle à nous en toute transparence. Enfin, la romance est pleine de charme même si la gestion du désir m’a semblé un peu poussive pour un roman conseillé dès treize ans. Le public cible n’est-il pas plus âgé?

Asha, tueuse de dragons est un roman qui pose la question de la place de la femme dans la société, ses droits, son émancipation, et celle de l’organisation d’une société régie par la force et la domination avec pertinence.

Mes filles (bientôt 11 ans), ont été bien plus transporté que moi par Asha et son histoire. Elles ont apprécié que pour une fois l’héroïne n’attendent pas qu’on vienne la sauver, qu’elle sache se battre… Les dragons ont bien entendu remporté un grand succès, surtout dans la deuxième moitié du récit. La lecture à voix haute a pris plus de temps que prévu car pour moi, il manquait un petit quelque chose pour me donner envie d’avancer. Et ça n’est que dans le dernier tier que j’ai vraiment été happé et que les événements m’ont réellement donné envie d’aller de l’avant. Nous lirons le tome deux quand cela sera possible – entre l’envie et les difficultés à se procurer des livres dans cette période particulière.

Pour les habitués du blog, vous aurez peut-être remarqué que je n’ai pas, comme à mon habitude, donné le titre anglais ni affiché la couverture originale. C’est parce que, comme me l’a dit Gabrielle, « c’est un spoiler ». Déjà que l’on avait de gros doute sur la fin alors si nous avions connu le titre anglais, il n’y aurait plus eu aucune surprise. Je vous invite donc à vous contenter du titre choisi par l’éditeur français si vous envisagez de lire ce titre 😉

L’avis d’Isabelle se trouve ici !

Au royaume de Firgaard, les légendes sont interdites: elles sont dangereuses. Pourtant le sort d’Asha, princesse solitaire, leur semble étroitement lié. Asha est une tueuse de dragons crainte par tout son peuple: elle est Iskari.

 

Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Pinocchio (illustré)

Le avventure di Pinocchio

Auteur: Carlo Collodi

Traductrice: Nathalie Castagne

Illustrateur: Jérémie Almanza

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Dans le cadre de son programme littéraire – parcours « récit d’aventures » – Gabrielle devait étudier Pinocchio. La liberté étant donnée sur le choix de l’édition, je tenais à ajouter une version illustrée à notre bibliothèque de classiques. Après plusieurs hésitations, nous nous sommes mises d’accord sur les éditions Soleil et leur collection Métamorphose, qui ne nous ont jamais déçue. Ne me souvenant pas avoir lu ce récit, j’ai proposé à la demoiselle de le lire ensemble et c’est avec plaisir que nous nous sommes lancées dans une lecture à deux voix; lecture à voix haute qui aura permis à Juliette de suivre l’histoire et d’en discuter et rire avec nous.

Est-il nécessaire de résumer l’histoire de Pinocchio, ce petit pantin de bois pourvu de vie, malicieux et facétieux, qui part à l’aventure et rêve de devenir un véritable petit garçon? L’oisiveté est mère de tous les vices, elle ouvre l’esprit aux tentations et conduit à une mauvaise conduite. Chemin faisant Pinocchio fait bien des rencontres qui lui donnent plusieurs occasions de se rendre compte que le diction dit vrai. Il apprend à ses dépens que l’on reçoit toujours ce que l’on mérite. Mais Pinocchio a un bon fond et c’est le soucis et le respect qu’il a pour Gepetto, son père, qui le poussent sur le droit chemin. Guidé par la confiance que lui accorde la Fée Bleue et les épreuves qu’elle place sur son chemin, Pinocchio va, seul, gagner son humanité.

Conte de fée, récit initiatique, Pinocchio est une histoire moralisatrice dans laquelle l’auteur valorise le statut de l’école. Son message dit clairement que l’on doit aller à l’école pour acquérir une instruction qui permet de s’élever au statut d’être civilisé et, dans le cas de son héro, de devenir un humain. Si la morale peut paraître quelque peu désuète, Les aventures de Pinocchio n’en reste pas moins un récit intéressant. Le jeune héro a un esprit de liberté intense et des réflexions tout à la fois naïves et pertinentes; il se remet en question après chacune de ses mésaventures et essaie vraiment de s’améliorer. Le texte est ici sublimé par les illustrations de Jérémie Almanza. Illustrations qui fourmillent de détails, dynamisent la mise en page et révèlent toute l’innocence de l’enfance et la noirceur d’un monde cruel dans le lequel des criminels n’hésitent pas à exploiter cette innocence pour servir leurs intérêts.

Pinocchio nous a beaucoup plu, les filles ont bien rit et ont ressenti bien de la compassion pour le pantin de bois dont la naïveté est sans égal. Elles se sont aussi amusées à comparer le roman avec le film d’animation des studios Disney, à remarquer quels passages avaient été supprimés, etc. Nous avons passé un très bon moment avec cette lecture que je ne peux que recommander. Une nouvelle adaptation devait paraître dans les salles françaises le 18 mars 2020, réalisé par Matteo Garrone, avec Federico Ielapi dans le rôle de Pinocchio et Roberto Benigni dans celui de Gepetto. Nous avions projeté d’aller la voir et espérons désormais qu’elle aura bien lieu, en décalé (bande annonce en bas de page).

« Mais d’où a bien pu sortir cette petite voix qui a dit aïe? Il n’y a pourtant personne ici. Ce n’est tout de même pas ce morceau de bois qui aurait appris à pleurer et à se plaindre comme un enfant? »