conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école (2018)

Auteur : Thomas Gerbeaux

Illustratrice : Pauline Kerleroux

Editeur : La joie de Lire

Collection : Hibouk

Pages : 91

Bien avant d’aider les homards à quitter leur vivier pour regagner leur liberté, Jeanne, la fille du « vétérimaire » (contraction de vétérinaire et maire) de l’île aux moutons, s’était engagée auprès de son père à sauver l’école d’une fermeture. Car il fut une époque où le Ministre de l’éducation décréta qu’il fallait réduire le budget en fermant les classes de moins de trente élèves. Il aura fallu une idée saugrenue et une bonne dose de culot pour inscrire Vincent, un mouton qui a bien plus que sa laine à offrir.

Une fois de plus l’écriture immersive et humoristique de Thomas Gerbeaux m’a littéralement transporté sur l’île aux moutons. A l’heure où un projet de loi menace la liberté du choix d’instruction, j’ai trouvé ce regard sur la restriction de budget d’un ministère entier et la réduction du nombre de classe particulièrement intéressante. L’histoire prenant place sur une île cela prend une dimension importante puisque la fermeture de classe rime avec fermeture définitive de l’école avec les conséquences que cela entraineraient pour les familles qui seraient contraintes d’envoyer leurs enfants dès l’âge de trois ans, sur le continent et à l’internat.

Thomas Gerbeaux n’a pas son pareil pour pousser la réflexion avec ironie. Les illustrations stylisées de Pauline Kerleroux complètent le texte en toute simplicité. Ce duo n’a pas fini de nous séduire avec ses histoires engagées au ton léger en faveur d’une société plus juste.

Le ministre de l’Education nationale a décidé de fermer les classes de moins de trente élèves. Pour sauver l’école de l’île aux Moutons, à laquelle il manque un écolier, le maire et sa fille Jeanne ont l’idée d’y inscrire Vincent… un mouton ! Mais le ministre ne compte pas se laisser berner : la loi, c’est la loi.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Une photo de vacances (2020)

Auteur: Jo Witek

Editeur: Actes Sud junior

Pages: 176

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini.

« C’est parti, avanti, les Manzatti! » Le signal du départ en vacances est lancé, la famille Manzatti quitte Paris et sa banlieue pour le sud de la France, le canal du midi, direction Saint-Chignan où ils ont loué un petit gîte pour quinze jours de repos bien mérité. Le chant des cigales, les odeurs de lavande et de thym nous chatouillent les narines sur le place du marché mais également sur les rives du Canal du Midi descendues à vélo. Les vacances ne seraient pas vraiment des vacances sans baignades dans la rivière, bal du 14 juillet, la copine allemande et les amours de vacances. Pour Eugénie, dix ans, cet été est une transition entre l’école et le collège, entre l’enfance et l’adolescence. La fillette devient jeune fille et elle se sent particulièrement bouleversée par toutes les émotions nouvelles que cela provoque en elle. L’adolescence l’effraie, elle craint de se transformer en monstre, comme sa sœur ainée, Adèle, qui est devenue distante, ne pense qu’aux garçons et ne parle que de langues qui s’entortillent. Eugénie a des questions plein la tête et il lui faudra s’armer de courage pour oser en poser certaines à sa mère, figure aimante et rassurante qui sera présente pour l’aider à passer cette étape importante.

Jo Witek nous emmène en vacances auprès d’une famille modeste, une famille qui organise ses vacances selon un budget serré et précis tout en tentant de faire plaisir à tout le monde. On s’attache facilement au père fan de rock qui tâche, à la mère syndicaliste et à Eugénie, sensible et touchante, pleine de vie et de rêves. Si elles sont moins présentes, on ne peut que ressentir de la sympathie pour Adèle qui, malgré ses défauts, sait veiller sur sa cadette, et pour Juliette, la petite dernière en couche-culotte. Si les vacances d’été servent de fil conducteur, c’est bien le passage vers l’adolescence qui est au cœur du récit, avec ses nouvelles émotions, ses transformations physiques et les peurs que cela peut engendrer. Humour et émotions sont au rendez-vous de ce roman jeunesse qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes filles qui s’apprêtent à entrer en sixième.

Lu à voix haute, Une photo de vacances a su séduire mes demoiselles de (presque) douze ans par sa thématique et la façon dont le sujet est traité. Drôle et frais, cette histoire questionne sur l’enfance mais amène également des questions sur l’accès aux études et les vacances pour les familles les plus modestes. L’écriture moderne et enlevée de l’auteure séduit pour la justesse des émotions et le réalisme des situations.

L’avis de Pépita est ICI.

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Ni la grande, ni la petite, Eugénie est celle du milieu. Mais qu’est-ce quii se passe pendant ces vacances caniculaires? Des sauts acrobatiques dans la rivière, à l’ennui des siestes parentales, en passant par les échappées à vélo ou en canoë: ses émotions se décuplent, la bousculent. Eugénie ne se reconnaît plus, et c’est toute chamboulée dans son corps et dans sa tête qu’elle va rencontrer un jeune joueur de tambour…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace (2020)

Auteur: Thomas Gerbeaux

Illustratrice: Pauline Kerleroux

Editeur: La joie de lire

Collection: Hibouk

Pages: 148

Alors qu’elle joue à la marelle, Jeanne fait la rencontre d’un homard qui vient de s’enfuir du restaurant, où elle vient de prendre son repas avec son père et sa grand-mère, après avoir échappé de peu à la mort par ébouillantage! Avec l’aide de la fillette, le crustacé va reprendre des forces avant d’organiser l’évasion de ses amis restés dans le vivier du restaurant pour ensemble regagner leur liberté!

Voilà une lecture à voix haute qui nous aura littéralement enivrées, Gabrielle et moi-même. Entre la succession d’évènements insolites et les dialogues désopilants, Thomas Gerbeaux nous a séduites. Transportées sur les côtes bretonnes par les descriptions des lieux, nous avions l’impression d’être en vacances au bord de la mer à respirer le grand air et à parcourir la côte à vélo parmi la multitude de moutons qui peuple l’île. Le suspens est au rendez-vous de ce cours roman qui ravira les jeunes lecteurs mais également les plus grands pour la malice et les émotions que véhiculent le texte.

S’il dénonce la maltraitance animale, c’est grâce à l’ironie que le texte touche le lecteur et amène une réflexion pertinente sur la liberté et la sensibilité des animaux. Porté par la plume poétique de l’auteur et les jolies illustrations stylisées de Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace est un véritable hymne à la liberté à dévorer de toute urgence!

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

C’est l’été sur la petite île aux Moutons. Tout juste plonge dans un chaudron d’eau bouillante, un homard parvient à se sauver. La petite Jeanne le surprend dans sa fuite. Ensemble, ils tenteront de libérer les camarades crustacés, prisonniers dans le vivier du restaurant.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Cinq semaines en ballon (1863)

Auteur: Jules Verne

Illustrateur: Riou

Editeur: Gallimard

Collection: folio junior

Pages: 365

 

Notre première lecture à voix haute d’un texte de Jules Verne remonte à quelques années maintenant. En 2017, je découvrais avec mes deux filles Le tour du monde en 80 jours, un roman qui m’avait laissé sur une petite déception. Il m’aura fallu trois années et une étude sur les montgolfières pour renouer avec cet illustre auteur au travers de la lecture à voix haute de Cinq semaines en ballon.

Le docteur Samuel Fergusson est un imminent scientifique anglais qui n’aime rien tant que les voyages et la science. Voyager dans l’intérêt de la science revêt donc un intérêt tout particulier pour lui. Ambitieux et téméraire, il organise un voyage en Afrique à la découverte des sources du Nil. Accompagné par son ami Richard Kennedy, grand chasseur écossais et de son homme à tout faire, Joe, il entreprend un voyage en ballon afin de traverser l’Afrique d’ouest en est, de Zanzibar à Saint Louis.

S’appuyant sur les écrits et cartes d’expéditions précédentes, le voyage se veut une découverte de l’Afrique vu du ciel. A l’époque le continent est encore méconnu des européens qui meurent souvent lors de la traversée des terres, de maladie ou tout bonnement tués par les autochtones. En effet, pour l’homme blanc les contrées inexplorées de l’Afrique sont pleines de dangers et rares sont ceux qui en sont revenus. C’est pour cette raison que le docteur Fergusson a choisi la voie des airs et ses dangers moins nombreux.

Le voyage n’est pas de tout repos et la chance n’est pas toujours de leur côté. Entre violente tempête, traversée d’un désert privé d’eau et de vent, ou attaque animal, les trois amis ont fort à faire pour rester en vie. Et quand tout semble bien se dérouler dans le ciel, c’est de la terre et des hommes que leur vie se trouve menacée. Toutes ces épreuves ne rendent le voyage que plus vivant et captivant. Ponctué d’anédoctes des précédentes expéditions, le récit ne laisse aucun temps mort et invite à la découverte d’un continent à la nature sauvage et diversifiée dont la beauté semble dissimuler autant de dangers que de trésors.

Ces Cinq semaines en ballon auront été pour nous un merveilleux voyage, un peu long à se mettre en place, fait de descriptions scientifiques et d’observations géographiques qui nous rappellent combien le monde est magnifique et la nature mérite d’être préservée dans ce qu’elle a de plus sauvage. Désuet, le langage employé pour parler des africains nous rappellent aussi le chemin parcouru culturellement et celui qu’il reste encore à parcourir pour faire taire les inégalités. 

***

L’Angleterre n’est pas peu fière de ses explorateurs. Surtout lorsqu’ils ont la jeunesse, la bravoure et la simplicité du docteur Fergusson. Celui-ci a mis sur pied une expédition pour le moins téméraire dont le but est la découverte des sources du Nil… et quel moyen de transport a-t-il choisi? Un ballon! Le voilà parti pour un voyage, cinq semaines entre ciel et terre, dans une fragile nacelle, à la merci des dangers les plus inattendus…

album·Lecture à voix haute

Nous sommes tous des Féministes

We should all be Feminists

Auteure: Chimamanda Ngozi Adichie

Traductrice: Sylvie Schneiter

Illustratrice: Leire Salaberria

Editeur: Gallimard Jeunesse

En 2012, Chimamanda Ngozi Adichie prononçait son discours Nous sommes tous des féministes aux Etats-Unis. Ce manifeste devenu célèbre à travers le monde est adapté pour les enfants. Avec clarté, elle aborde l’égalité des sexes au travers de ses expériences et des souvenirs d’enfance.

Illustré par Leira Salaberria, cet album s’adresse aux enfants mais également à leur famille pour ouvrir la parole et la réflexion sur les changements à apporter aujourd’hui pour entrevoir un avenir plus égalitaire.

« J’aimerais que nous rêvions à un monde différent et que nous commencions à le préparer. Un monde plus juste. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers aux-mêmes. Et voici le point de départ: nous devons élever nos filles autrement. Et aussi nos garçons. »

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Le baron perché

Il Barone rampante

Auteur:  Italo Calvino

Traducteur: Martin Rueff

Editeur: Gallimard

Collection: folio

Pages: 378

 

Après la lecture du très sensible Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, j’étais curieuse de découvrir ce très célèbre roman d’Italo Calvino. Curiosité encore un peu plus titillée par la lecture du poétique Un été en liberté de Mélanie Edwards. Deux romans sans liens mais dont l’héroïne a pour livre de chevet Le baron perché. Mes filles ayant également envie de découvrir ce titre, je me suis lancée dans une lecture à voix haute qui s’est rapidement révélée difficile car le texte ne s’y prête pas du tout. Les phrases sont d’une longueur ahurissante ce qui complique la lecture tant il est difficile parfois de pouvoir se poser et reprendre son souffle. Et de fait, cela n’a pas aidé à nous rendre ce roman agréable car ma voix chevrotait et avait du mal à donner le ton à ce récit pourtant intéressant.

Cosimo Piovasco di Rondo n’a qu’une dizaine années lorsqu’il monte sur le chêne du jardin familial pour ne plus jamais en redescendre. D’abord provocation à une injustice paternelle, cela devient une façon de se rendre intéressant aux yeux d’une fillette de son voisinage, avant de devenir un choix de vie réfléchi. Intelligent et observateur, Cosimo va faire de son arbre et de tous ceux du voisinage, un foyer unique mais d’une richesse incomparable. Au fil des rencontres et des années, il va s’adapter à son milieu, faire de très nombreuses lectures, étudier la philosophie, la politique, venir en aide aux plus démunis, se lier d’amitié avec des bandits, connaître l’amour, ses joies et ses peines. Sa vie sera riche et mouvementée mais jamais il ne reviendra sur sa décision et restera perché jusqu’à sa mort.

Conte philosophique, récit initiatique, Le baron perché est un roman fantastique, sur fond historique pertinent qui soulève la question des liens entre l’homme et la société. On peut aussi se demander si l’auteur ne tente pas de remettre en question les valeurs d’une vie de famille au profit d’une vie solitaire faite de rencontres multiples mais sans attaches. Ce qui est certain, est que ce récit ne laisse pas indifférent. Entre rires, consternations et réflexions, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

En 1767, à la suite d’une dispute avec ses parents au sujet d’un plat d’escargots qu’il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondo grimpe au chêne du jardin familial et n’en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d’arbre en arbre, il s’élance à la découverte du monde: il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connait les joies et les peines d’amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.

album·conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute

Et parfois ils reviennent…

 

Auteurs: Collectif

Illustrateur: Maurizio A.C. Quarello

Editeur: Sarbacane

Pages: 76

Recueil de nouvelles, Et parfois ils reviennent… nous entraîne à la découverte de huit récits fantastiques sélectionnés dans la bibliographie de maîtres du genre. Huit auteurs classiques du monde entier font ici figure de représentants d’un même genre mais décliné en différents registres. Le tout formant un ouvrage qui tour à tour fera frissonner ou rire le lecteur. Chez nous c’est un coup de cœur.

Lues à voix haute, ces nouvelles ont su captiver mes filles de onze ans qui ont pris beaucoup de plaisir à découvrir des textes de qualité, des auteurs qu’elles ne connaissaient pas pour la plupart et des histoires qui font froid dans le dos. Leur préférence va pourtant à la moins effrayante des nouvelles, Le Fantôme de Canterville d’Oscar Wilde, un classique mené par un fantôme grotesque et pathétique. Même si Gabrielle a également fort apprécié L’Etui merveilleux de Tcheng Ki-Tong qu’elle a trouvé plus poétique – elle adore la Chine et tout ce qui s’y rattache. Pour ma part, j’ai apprécié plusieurs de ces histoires, même si La Morte de Guy de Maupassant m’a semblé particulièrement terrifiante. Mais je donnerais ma préférence à La montagne des revenants de Gustavo Adolfo Bécquer, que j’ai trouvé belle et terrible à la fois.

Enfin je ne peux conclure sans parler des illustrations de talentueux Maurizio A.C. Quarello, qui déploie tout son art dans des aquarelles somptueuses. Une fois de plus il sublime les textes en les mettant en images avec un réalisme glaçant.

Maurizio A.C. Quarello sur le blog: L’appel de la foret, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

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Guy de Maupassant (La Morte), Sheridan Le Fanu (Le Fantôme et le Rebouteux), Jerome K. Jerome (Le Fantôme de la chambre bleue), Gustavo Adolfo Bécquer (La Montagne des revenants), Robert E. Howard (Le Marécage), Oscar Wilde (Le Fantôme de Canterville), Tcheng Ki-Tong (L’Étui merveilleux), Edgar Allan Poe (Le Roi Peste) : huit maîtres du fantastique du monde entier sont ici réunis dans des registres différents – humour, grotesque, horreur ou épouvante pure –, pour un plaisir de lecture inégalé ! Avec à la clé le talent et l’appétit du grand illustrateur …

album·Lecture à voix haute

La traversée des animaux

Auteur: Vincent Cuvelier

Illustrateur: Brice Postma Uzel

Editeur: Gallimard jeunesse

Collection: Giboulées

Pages: 32

L’histoire prend place dans l’Union Soviétique Stalinienne. C’est l’hiver, il neige, et derrière les grilles du zoo de Moscou, une évasion se prépare. Une étrange meute d’animaux se concerte avant de franchir la porte, menée par l’ours. Plus ils avancent dans les paysages rudes de la toundra, certains redeviennent sauvages alors que d’autres semblent plutôt s’humaniser.

Vincent Cuvelier propose un conte philosophique qui soulève la question du pouvoir et de la liberté. Avec humour et subtilité, il invite son lecteur à se demander où sont les limites et jusqu’où les repousser. Le texte est sublimé par les illustrations très graphiques de Brice Postma Uzel qui semble s’être inspiré de l’art soviétique de l’époque. Je salue la fin ouverte qui laisse place à l’imagination et aux questionnements.

Au milieu du siècle dernier, des animaux s’évadent du zoo de Moscou. C’est l’hiver, il neige. L’ours mène la drôle de meute, composée de trois loups, d’un échassier, d’un porc-épic, d’un pingouin et d’autres animaux. Ils marchent, volent, trottent, et plus ils marchent, volent, trottent, plus ils redeviennent ce qu’ils ont toujours été: des animaux sauvages…

Documentaires /Livres jeux·Lecture à voix haute

Ces jeunes qui changent le monde

 

Auteurs: Julieta Canepa & Pierre Ducrozet

Editeur: De la Martinière Jeunesse

Pages: 160

 

Ces jeunes qui changent le monde sont ici au nombre de quinze. Quinze adolescents qui se sont lancés dans une lutte active pour protéger la planète ou les droits humains. Quinze adolescents de tous horizons qui ont compris que pour changer les choses il fallait oser élever la voix, s’opposer aux adultes et aux gouvernements, leur faire comprendre l’urgence de mettre en place des actions qui changeront les choses efficacement et durablement. A peine sortis de l’enfance, ils ont déjà compris que pour changer le monde, il faut en repenser les fondements, changer les règles d’une société basée sur l’économie qui creuse les inégalités et fragilise l’équilibre des écosystèmes.

La mise en page est claire, la présentation de chacun est complétée d’informations sur le mouvement qu’ils embrassent appuyé de nombreux chiffres qui illustrent explicitement la gravité de la situation qui les incite à réagir. Ces jeunes qui changent le monde est un documentaire pour les adolescents qui parlera aussi aux adultes par la richesse de son contenu. Nuls doutes qu’à la lecture de ce livre, beaucoup prendront conscience de la gravité de certaines situations et, pourquoi pas, choisiront de rejoindre certains mouvements, d’agir à leur niveau pour, à leur tour, faire entendre leur voix.

Ce titre fait parti de la sélection Prix Unicef de littérature jeunesse, catégorie 13-15 ans.

« Nous ne pouvons donc sauver le monde en respectant les règles. Car les règles ont besoin d’être changées. Tout doit changer et cela doit démarrer aujourd’hui. » Greta Thunberg

15 portraits de jeunes qui veulent changer le monde. Lutte pour le Climat, la Biodiversité, le Droit à l’Education, la Paix, les Droits LGBT. Lutte contre la Pollution Plastique, la Déforestation, l’Oppression, la Corruption