Lecture à voix haute·roman jeunesse

Coraline, illustré (2020)

Auteur : Neil Gaiman

Traductrice : Hélène Collon

Illustratrice : Aurélie Neyret

Editeur : Albin Michel Jeunesse

Pages : 176

J’ai découvert Coraline lors de sa première publication en 2003 et j’avais eu un petit coup de cœur pour cette histoire fantastique, délicieusement inquiétante. C’était la première fois que je lisais Neil Gaiman et je me souviens avoir été séduite par son style et ses mots. Aussi, lorsque les éditions Albin Michel ont réédité ce titre dans une version illustrée par Aurélie Neyret (Les Carnets de Cerise…), je n’ai pu résister longtemps. Mon mari me l’ayant offert pour Noël 2020 et il m’aura fallu une année entière avant de le sortir de ma PAL. Ce fut aussi l’occasion de le lire à voix haute et en famille.

Coraline vit avec ses parents dans une vieille maison dans laquelle ils se sont installés récemment. L’été s’étire longuement et le fillette n’a pas d’amis avec qui jouer. Ses parents sont toujours occupés et les voisins, de vieilles personnes, n’arrivent même pas à se souvenir de son prénom. Pour tuer le temps, Coraline part en exploration et trouve une porte mystérieuse qui s’ouvre sur un mur de briques, jusqu’au jour où le mur laisse la place à un monde fantastique, où vivent ses inquiétants « autres parents » aux yeux-boutons dans sa toute aussi inquiétante « autre maison ».

Entre des parents occupés, des voisines excentriques et un voisin loufoque, Coraline ne trouve de réconfort qu’auprès du chat errant, distant, arrogant mais pourtant très attachant. Avec son aide, la jeune fille va tout faire pour se tirer des griffes de son « autre mère« , une créature dont on ne connait pas vraiment la nature mais qui se nourrit de la naïveté des enfants qui cherchent ce qui leur manque. Coraline voit pourtant clair dans son jeu et comprend qu’il lui faudra faire preuve de courage pour rentrer chez elle, sauver ses parents et se débarrasser de l’ennemi.

Quel plaisir de (re)découvrir ce texte dans une lecture à voix haute qui a su nous captiver par l’originalité de son récit ! Avec ses personnages haut en couleur et son héroïne au grand cœur, Coraline séduit par son aventure fantastique qui frise parfois avec l’horreur et a tout pour faire frissonner le lecteur. Aurélie Neyret sublime le texte de Neil Gaiman par son trait précis. Elle démontre tout son talent en s’appropriant un univers riche et immersif sans se laisser influencer par ce qui avait été fait précédemment pour le cinéma. Entre illustrations couleurs en pleine page et petits formats crayonnés, l’illustratrice nous transporte dans le monde créé par l’auteur britannique.

Une édition illustrée qui s’inscrit définitivement dans la catégorie des beaux livres ; pour nous c’est un coup de cœur.

Coraline vient d’emménager dans une vieille maison, cernée par la brume.
Alors que ses parents travaillent, la jeune fille décide de jouer les exploratrices.
Méfiance… Une porte révèle d’abord un mur de briques, puis un monde fantastique et attirant, étrangement semblable au sien.

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Jack et la grand aventure du Cochon de Noël (2021)

The Christmas Pig

Auteure : JK Rowling

Illustrateur : Jim Field

Traducteur : Jean-François Ménard

Editeur : Gallimard jeunesse

Pages : 339

Lorsque J.K. Rowling publie un nouveau roman jeunesse, l’annonce est faite des mois avant la sortie. Si j’avais hésiter à acheter L’Ickabog, je me suis posée moins de questions pour Jack et la grande aventure du Cochon de Noël. Je ne me suis pas précipitée mais la période de l’Avent m’a semblée propice à une lecture à voix haute. Le plaisir de partager un temps de lecture quotidien avec mes filles, rempli de rires et d’exclamations de plaisir, fut ma récompense.

Jack est très attaché à Lo Cochon, la peluche qui l’accompagne depuis toujours. Insérables, ils ont vécu tant de choses ensembles qu’ils se connaissent par cœur. Entre eux, il n’y a aucun secret. Lorsque ses parents se sont séparer, LC (son diminutif) a partagé la tristesse du petit garçon et l’a aidé à surmonter les difficultés liées à ce changement de vie. Aussi lorsque lors d’une dispute, Holly, la fille du nouveau compagnon de sa mère, jette LC par la fenêtre ouverte de la voiture, sur l’autoroute, Jack est inconsolable. Même Cochon de Noël n’arrivera pas à le dérider, après tout ce n’est qu’un remplaçant, il n’a rien de comparable à LC. Mais c’est la veille de Noël, une nuit magique durant laquelle les objets s’animent. Lorsque Cochon de Noël propose à Jack de l’accompagner au Pays des Choses perdues, l’enfant n’hésite à aucun moment : s’il peut retrouver LC, Jack est prêt à affronter tous les dangers. Ensemble, Cochon de Noël et Jack se lancent dans une trépidante aventure qui ne devra durer qu’une seule nuit !

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël est un conte de Noël qui véhicule de jolies valeurs et pose notamment la question de notre rapport aux objets. Du doudou chéri à la babiole en plastique gagnée dans une fête foraine, chaque objet a une valeur différente et ne remplit pas toujours le rôle attendu. La sortie en librairie d’un tel titre au moment des fêtes de fin d’année me semble particulièrement intéressante puisque c’est une période où l’on se précipite dans les magasins et dépensons d’avantage en quête du cadeau idéal. L’aventure au Pays des Choses Perdues interroge sur notre façon de consommer et ses conséquences désastreuses en terme écologique tout en invitant à réfléchir à l’utilité de toutes ces choses qui nous font envie. Mais Jack et l’aventure du Cochon de Noël est aussi un voyage initiatique au cours duquel le jeune héros prend conscience que toute vie a une fin. Accepter la perte fait parti des étapes qui amène à grandir, un thème récurant dans les romans de l’auteure.

J.K. Rowling se renouvelle pourtant en faisant preuve d’une imagination toujours aussi magique. Bien sûr, elle n’invente pas le concept des jouets qui s’animent mais c’est la richesse du Pays des Choses Perdues qui lui permet de déployer son talent d’auteure et de nous faire rêver. On retrouve sa plume immersive qui oscille entre ombre et lumière et offre plusieurs niveaux de lecture, des personnages attachants et un univers incroyable. Pour nous, c’est un coup de cœur.

Je vous invite à lire l’avis de LivresdAvril.

Une nuit pour accomplir le plus extraordinaire et le plus dangereux des voyages !

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La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

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L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école (2018)

Auteur : Thomas Gerbeaux

Illustratrice : Pauline Kerleroux

Editeur : La joie de Lire

Collection : Hibouk

Pages : 91

Bien avant d’aider les homards à quitter leur vivier pour regagner leur liberté, Jeanne, la fille du « vétérimaire » (contraction de vétérinaire et maire) de l’île aux moutons, s’était engagée auprès de son père à sauver l’école d’une fermeture. Car il fut une époque où le Ministre de l’éducation décréta qu’il fallait réduire le budget en fermant les classes de moins de trente élèves. Il aura fallu une idée saugrenue et une bonne dose de culot pour inscrire Vincent, un mouton qui a bien plus que sa laine à offrir.

Une fois de plus l’écriture immersive et humoristique de Thomas Gerbeaux m’a littéralement transporté sur l’île aux moutons. A l’heure où un projet de loi menace la liberté du choix d’instruction, j’ai trouvé ce regard sur la restriction de budget d’un ministère entier et la réduction du nombre de classe particulièrement intéressante. L’histoire prenant place sur une île cela prend une dimension importante puisque la fermeture de classe rime avec fermeture définitive de l’école avec les conséquences que cela entraineraient pour les familles qui seraient contraintes d’envoyer leurs enfants dès l’âge de trois ans, sur le continent et à l’internat.

Thomas Gerbeaux n’a pas son pareil pour pousser la réflexion avec ironie. Les illustrations stylisées de Pauline Kerleroux complètent le texte en toute simplicité. Ce duo n’a pas fini de nous séduire avec ses histoires engagées au ton léger en faveur d’une société plus juste.

Le ministre de l’Education nationale a décidé de fermer les classes de moins de trente élèves. Pour sauver l’école de l’île aux Moutons, à laquelle il manque un écolier, le maire et sa fille Jeanne ont l’idée d’y inscrire Vincent… un mouton ! Mais le ministre ne compte pas se laisser berner : la loi, c’est la loi.

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Une photo de vacances (2020)

Auteur: Jo Witek

Editeur: Actes Sud junior

Pages: 176

Sélection officielle Prix Sorcières 2021 catégorie Carrément Passionnant Mini.

« C’est parti, avanti, les Manzatti! » Le signal du départ en vacances est lancé, la famille Manzatti quitte Paris et sa banlieue pour le sud de la France, le canal du midi, direction Saint-Chignan où ils ont loué un petit gîte pour quinze jours de repos bien mérité. Le chant des cigales, les odeurs de lavande et de thym nous chatouillent les narines sur le place du marché mais également sur les rives du Canal du Midi descendues à vélo. Les vacances ne seraient pas vraiment des vacances sans baignades dans la rivière, bal du 14 juillet, la copine allemande et les amours de vacances. Pour Eugénie, dix ans, cet été est une transition entre l’école et le collège, entre l’enfance et l’adolescence. La fillette devient jeune fille et elle se sent particulièrement bouleversée par toutes les émotions nouvelles que cela provoque en elle. L’adolescence l’effraie, elle craint de se transformer en monstre, comme sa sœur ainée, Adèle, qui est devenue distante, ne pense qu’aux garçons et ne parle que de langues qui s’entortillent. Eugénie a des questions plein la tête et il lui faudra s’armer de courage pour oser en poser certaines à sa mère, figure aimante et rassurante qui sera présente pour l’aider à passer cette étape importante.

Jo Witek nous emmène en vacances auprès d’une famille modeste, une famille qui organise ses vacances selon un budget serré et précis tout en tentant de faire plaisir à tout le monde. On s’attache facilement au père fan de rock qui tâche, à la mère syndicaliste et à Eugénie, sensible et touchante, pleine de vie et de rêves. Si elles sont moins présentes, on ne peut que ressentir de la sympathie pour Adèle qui, malgré ses défauts, sait veiller sur sa cadette, et pour Juliette, la petite dernière en couche-culotte. Si les vacances d’été servent de fil conducteur, c’est bien le passage vers l’adolescence qui est au cœur du récit, avec ses nouvelles émotions, ses transformations physiques et les peurs que cela peut engendrer. Humour et émotions sont au rendez-vous de ce roman jeunesse qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes filles qui s’apprêtent à entrer en sixième.

Lu à voix haute, Une photo de vacances a su séduire mes demoiselles de (presque) douze ans par sa thématique et la façon dont le sujet est traité. Drôle et frais, cette histoire questionne sur l’enfance mais amène également des questions sur l’accès aux études et les vacances pour les familles les plus modestes. L’écriture moderne et enlevée de l’auteure séduit pour la justesse des émotions et le réalisme des situations.

L’avis de Pépita est ICI.

***

Ni la grande, ni la petite, Eugénie est celle du milieu. Mais qu’est-ce quii se passe pendant ces vacances caniculaires? Des sauts acrobatiques dans la rivière, à l’ennui des siestes parentales, en passant par les échappées à vélo ou en canoë: ses émotions se décuplent, la bousculent. Eugénie ne se reconnaît plus, et c’est toute chamboulée dans son corps et dans sa tête qu’elle va rencontrer un jeune joueur de tambour…

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace (2020)

Auteur: Thomas Gerbeaux

Illustratrice: Pauline Kerleroux

Editeur: La joie de lire

Collection: Hibouk

Pages: 148

Alors qu’elle joue à la marelle, Jeanne fait la rencontre d’un homard qui vient de s’enfuir du restaurant, où elle vient de prendre son repas avec son père et sa grand-mère, après avoir échappé de peu à la mort par ébouillantage! Avec l’aide de la fillette, le crustacé va reprendre des forces avant d’organiser l’évasion de ses amis restés dans le vivier du restaurant pour ensemble regagner leur liberté!

Voilà une lecture à voix haute qui nous aura littéralement enivrées, Gabrielle et moi-même. Entre la succession d’évènements insolites et les dialogues désopilants, Thomas Gerbeaux nous a séduites. Transportées sur les côtes bretonnes par les descriptions des lieux, nous avions l’impression d’être en vacances au bord de la mer à respirer le grand air et à parcourir la côte à vélo parmi la multitude de moutons qui peuple l’île. Le suspens est au rendez-vous de ce cours roman qui ravira les jeunes lecteurs mais également les plus grands pour la malice et les émotions que véhiculent le texte.

S’il dénonce la maltraitance animale, c’est grâce à l’ironie que le texte touche le lecteur et amène une réflexion pertinente sur la liberté et la sensibilité des animaux. Porté par la plume poétique de l’auteur et les jolies illustrations stylisées de Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace est un véritable hymne à la liberté à dévorer de toute urgence!

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

C’est l’été sur la petite île aux Moutons. Tout juste plonge dans un chaudron d’eau bouillante, un homard parvient à se sauver. La petite Jeanne le surprend dans sa fuite. Ensemble, ils tenteront de libérer les camarades crustacés, prisonniers dans le vivier du restaurant.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Cinq semaines en ballon (1863)

Auteur: Jules Verne

Illustrateur: Riou

Editeur: Gallimard

Collection: folio junior

Pages: 365

 

Notre première lecture à voix haute d’un texte de Jules Verne remonte à quelques années maintenant. En 2017, je découvrais avec mes deux filles Le tour du monde en 80 jours, un roman qui m’avait laissé sur une petite déception. Il m’aura fallu trois années et une étude sur les montgolfières pour renouer avec cet illustre auteur au travers de la lecture à voix haute de Cinq semaines en ballon.

Le docteur Samuel Fergusson est un imminent scientifique anglais qui n’aime rien tant que les voyages et la science. Voyager dans l’intérêt de la science revêt donc un intérêt tout particulier pour lui. Ambitieux et téméraire, il organise un voyage en Afrique à la découverte des sources du Nil. Accompagné par son ami Richard Kennedy, grand chasseur écossais et de son homme à tout faire, Joe, il entreprend un voyage en ballon afin de traverser l’Afrique d’ouest en est, de Zanzibar à Saint Louis.

S’appuyant sur les écrits et cartes d’expéditions précédentes, le voyage se veut une découverte de l’Afrique vu du ciel. A l’époque le continent est encore méconnu des européens qui meurent souvent lors de la traversée des terres, de maladie ou tout bonnement tués par les autochtones. En effet, pour l’homme blanc les contrées inexplorées de l’Afrique sont pleines de dangers et rares sont ceux qui en sont revenus. C’est pour cette raison que le docteur Fergusson a choisi la voie des airs et ses dangers moins nombreux.

Le voyage n’est pas de tout repos et la chance n’est pas toujours de leur côté. Entre violente tempête, traversée d’un désert privé d’eau et de vent, ou attaque animal, les trois amis ont fort à faire pour rester en vie. Et quand tout semble bien se dérouler dans le ciel, c’est de la terre et des hommes que leur vie se trouve menacée. Toutes ces épreuves ne rendent le voyage que plus vivant et captivant. Ponctué d’anédoctes des précédentes expéditions, le récit ne laisse aucun temps mort et invite à la découverte d’un continent à la nature sauvage et diversifiée dont la beauté semble dissimuler autant de dangers que de trésors.

Ces Cinq semaines en ballon auront été pour nous un merveilleux voyage, un peu long à se mettre en place, fait de descriptions scientifiques et d’observations géographiques qui nous rappellent combien le monde est magnifique et la nature mérite d’être préservée dans ce qu’elle a de plus sauvage. Désuet, le langage employé pour parler des africains nous rappellent aussi le chemin parcouru culturellement et celui qu’il reste encore à parcourir pour faire taire les inégalités. 

***

L’Angleterre n’est pas peu fière de ses explorateurs. Surtout lorsqu’ils ont la jeunesse, la bravoure et la simplicité du docteur Fergusson. Celui-ci a mis sur pied une expédition pour le moins téméraire dont le but est la découverte des sources du Nil… et quel moyen de transport a-t-il choisi? Un ballon! Le voilà parti pour un voyage, cinq semaines entre ciel et terre, dans une fragile nacelle, à la merci des dangers les plus inattendus…

album·Lecture à voix haute

Nous sommes tous des Féministes

We should all be Feminists

Auteure: Chimamanda Ngozi Adichie

Traductrice: Sylvie Schneiter

Illustratrice: Leire Salaberria

Editeur: Gallimard Jeunesse

En 2012, Chimamanda Ngozi Adichie prononçait son discours Nous sommes tous des féministes aux Etats-Unis. Ce manifeste devenu célèbre à travers le monde est adapté pour les enfants. Avec clarté, elle aborde l’égalité des sexes au travers de ses expériences et des souvenirs d’enfance.

Illustré par Leira Salaberria, cet album s’adresse aux enfants mais également à leur famille pour ouvrir la parole et la réflexion sur les changements à apporter aujourd’hui pour entrevoir un avenir plus égalitaire.

« J’aimerais que nous rêvions à un monde différent et que nous commencions à le préparer. Un monde plus juste. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers aux-mêmes. Et voici le point de départ: nous devons élever nos filles autrement. Et aussi nos garçons. »

Lecture à voix haute·roman·roman ado·roman jeunesse

Le baron perché

Il Barone rampante

Auteur:  Italo Calvino

Traducteur: Martin Rueff

Editeur: Gallimard

Collection: folio

Pages: 378

 

Après la lecture du très sensible Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, j’étais curieuse de découvrir ce très célèbre roman d’Italo Calvino. Curiosité encore un peu plus titillée par la lecture du poétique Un été en liberté de Mélanie Edwards. Deux romans sans liens mais dont l’héroïne a pour livre de chevet Le baron perché. Mes filles ayant également envie de découvrir ce titre, je me suis lancée dans une lecture à voix haute qui s’est rapidement révélée difficile car le texte ne s’y prête pas du tout. Les phrases sont d’une longueur ahurissante ce qui complique la lecture tant il est difficile parfois de pouvoir se poser et reprendre son souffle. Et de fait, cela n’a pas aidé à nous rendre ce roman agréable car ma voix chevrotait et avait du mal à donner le ton à ce récit pourtant intéressant.

Cosimo Piovasco di Rondo n’a qu’une dizaine années lorsqu’il monte sur le chêne du jardin familial pour ne plus jamais en redescendre. D’abord provocation à une injustice paternelle, cela devient une façon de se rendre intéressant aux yeux d’une fillette de son voisinage, avant de devenir un choix de vie réfléchi. Intelligent et observateur, Cosimo va faire de son arbre et de tous ceux du voisinage, un foyer unique mais d’une richesse incomparable. Au fil des rencontres et des années, il va s’adapter à son milieu, faire de très nombreuses lectures, étudier la philosophie, la politique, venir en aide aux plus démunis, se lier d’amitié avec des bandits, connaître l’amour, ses joies et ses peines. Sa vie sera riche et mouvementée mais jamais il ne reviendra sur sa décision et restera perché jusqu’à sa mort.

Conte philosophique, récit initiatique, Le baron perché est un roman fantastique, sur fond historique pertinent qui soulève la question des liens entre l’homme et la société. On peut aussi se demander si l’auteur ne tente pas de remettre en question les valeurs d’une vie de famille au profit d’une vie solitaire faite de rencontres multiples mais sans attaches. Ce qui est certain, est que ce récit ne laisse pas indifférent. Entre rires, consternations et réflexions, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

En 1767, à la suite d’une dispute avec ses parents au sujet d’un plat d’escargots qu’il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondo grimpe au chêne du jardin familial et n’en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d’arbre en arbre, il s’élance à la découverte du monde: il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connait les joies et les peines d’amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.

album·conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute

Et parfois ils reviennent…

 

Auteurs: Collectif

Illustrateur: Maurizio A.C. Quarello

Editeur: Sarbacane

Pages: 76

Recueil de nouvelles, Et parfois ils reviennent… nous entraîne à la découverte de huit récits fantastiques sélectionnés dans la bibliographie de maîtres du genre. Huit auteurs classiques du monde entier font ici figure de représentants d’un même genre mais décliné en différents registres. Le tout formant un ouvrage qui tour à tour fera frissonner ou rire le lecteur. Chez nous c’est un coup de cœur.

Lues à voix haute, ces nouvelles ont su captiver mes filles de onze ans qui ont pris beaucoup de plaisir à découvrir des textes de qualité, des auteurs qu’elles ne connaissaient pas pour la plupart et des histoires qui font froid dans le dos. Leur préférence va pourtant à la moins effrayante des nouvelles, Le Fantôme de Canterville d’Oscar Wilde, un classique mené par un fantôme grotesque et pathétique. Même si Gabrielle a également fort apprécié L’Etui merveilleux de Tcheng Ki-Tong qu’elle a trouvé plus poétique – elle adore la Chine et tout ce qui s’y rattache. Pour ma part, j’ai apprécié plusieurs de ces histoires, même si La Morte de Guy de Maupassant m’a semblé particulièrement terrifiante. Mais je donnerais ma préférence à La montagne des revenants de Gustavo Adolfo Bécquer, que j’ai trouvé belle et terrible à la fois.

Enfin je ne peux conclure sans parler des illustrations de talentueux Maurizio A.C. Quarello, qui déploie tout son art dans des aquarelles somptueuses. Une fois de plus il sublime les textes en les mettant en images avec un réalisme glaçant.

Maurizio A.C. Quarello sur le blog: L’appel de la foret, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

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Guy de Maupassant (La Morte), Sheridan Le Fanu (Le Fantôme et le Rebouteux), Jerome K. Jerome (Le Fantôme de la chambre bleue), Gustavo Adolfo Bécquer (La Montagne des revenants), Robert E. Howard (Le Marécage), Oscar Wilde (Le Fantôme de Canterville), Tcheng Ki-Tong (L’Étui merveilleux), Edgar Allan Poe (Le Roi Peste) : huit maîtres du fantastique du monde entier sont ici réunis dans des registres différents – humour, grotesque, horreur ou épouvante pure –, pour un plaisir de lecture inégalé ! Avec à la clé le talent et l’appétit du grand illustrateur …