Lecture à voix haute·roman jeunesse

Cinq semaines en ballon (2003)

Auteur: Jules Verne

Illustrateur: Riou

Editeur: Gallimard

Collection: folio junior

Pages: 365

 

Notre première lecture à voix haute d’un texte de Jules Verne remonte à quelques années maintenant. En 2017, je découvrais avec mes deux filles Le tour du monde en 80 jours, un roman qui m’avait laissé sur une petite déception. Il m’aura fallu trois années et une étude sur les montgolfières pour renouer avec cet illustre auteur au travers de la lecture à voix haute de Cinq semaines en ballon.

Le docteur Samuel Fergusson est un imminent scientifique anglais qui n’aime rien tant que les voyages et la science. Voyager dans l’intérêt de la science revêt donc un intérêt tout particulier pour lui. Ambitieux et téméraire, il organise un voyage en Afrique à la découverte des sources du Nil. Accompagné par son ami Richard Kennedy, grand chasseur écossais et de son homme à tout faire, Joe, il entreprend un voyage en ballon afin de traverser l’Afrique d’ouest en est, de Zanzibar à Saint Louis.

S’appuyant sur les écrits et cartes d’expéditions précédentes, le voyage se veut une découverte de l’Afrique vu du ciel. A l’époque le continent est encore méconnu des européens qui meurent souvent lors de la traversée des terres, de maladie ou tout bonnement tués par les autochtones. En effet, pour l’homme blanc les contrées inexplorées de l’Afrique sont pleines de dangers et rares sont ceux qui en sont revenus. C’est pour cette raison que le docteur Fergusson a choisi la voie des airs et ses dangers moins nombreux.

Le voyage n’est pas de tout repos et la chance n’est pas toujours de leur côté. Entre violente tempête, traversée d’un désert privé d’eau et de vent, ou attaque animal, les trois amis ont fort à faire pour rester en vie. Et quand tout semble bien se dérouler dans le ciel, c’est de la terre et des hommes que leur vie se trouve menacée. Toutes ces épreuves ne rendent le voyage que plus vivant et captivant. Ponctué d’anédoctes des précédentes expéditions, le récit ne laisse aucun temps mort et invite à la découverte d’un continent à la nature sauvage et diversifiée dont la beauté semble dissimuler autant de dangers que de trésors.

Ces Cinq semaines en ballon auront été pour nous un merveilleux voyage, un peu long à se mettre en place, fait de descriptions scientifiques et d’observations géographiques qui nous rappellent combien le monde est magnifique et la nature mérite d’être préservée dans ce qu’elle a de plus sauvage. Désuet, le langage employé pour parler des africains nous rappellent aussi le chemin parcouru culturellement et celui qu’il reste encore à parcourir pour faire taire les inégalités. 

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L’Angleterre n’est pas peu fière de ses explorateurs. Surtout lorsqu’ils ont la jeunesse, la bravoure et la simplicité du docteur Fergusson. Celui-ci a mis sur pied une expédition pour le moins téméraire dont le but est la découverte des sources du Nil… et quel moyen de transport a-t-il choisi? Un ballon! Le voilà parti pour un voyage, cinq semaines entre ciel et terre, dans une fragile nacelle, à la merci des dangers les plus inattendus…

album·Lecture à voix haute

Nous sommes tous des Féministes

We should all be Feminists

Auteure: Chimamanda Ngozi Adichie

Traductrice: Sylvie Schneiter

Illustratrice: Leire Salaberria

Editeur: Gallimard Jeunesse

En 2012, Chimamanda Ngozi Adichie prononçait son discours Nous sommes tous des féministes aux Etats-Unis. Ce manifeste devenu célèbre à travers le monde est adapté pour les enfants. Avec clarté, elle aborde l’égalité des sexes au travers de ses expériences et des souvenirs d’enfance.

Illustré par Leira Salaberria, cet album s’adresse aux enfants mais également à leur famille pour ouvrir la parole et la réflexion sur les changements à apporter aujourd’hui pour entrevoir un avenir plus égalitaire.

« J’aimerais que nous rêvions à un monde différent et que nous commencions à le préparer. Un monde plus juste. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers aux-mêmes. Et voici le point de départ: nous devons élever nos filles autrement. Et aussi nos garçons. »

Lecture à voix haute·roman·roman ado·roman jeunesse

Le baron perché

Il Barone rampante

Auteur:  Italo Calvino

Traducteur: Martin Rueff

Editeur: Gallimard

Collection: folio

Pages: 378

 

Après la lecture du très sensible Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, j’étais curieuse de découvrir ce très célèbre roman d’Italo Calvino. Curiosité encore un peu plus titillée par la lecture du poétique Un été en liberté de Mélanie Edwards. Deux romans sans liens mais dont l’héroïne a pour livre de chevet Le baron perché. Mes filles ayant également envie de découvrir ce titre, je me suis lancée dans une lecture à voix haute qui s’est rapidement révélée difficile car le texte ne s’y prête pas du tout. Les phrases sont d’une longueur ahurissante ce qui complique la lecture tant il est difficile parfois de pouvoir se poser et reprendre son souffle. Et de fait, cela n’a pas aidé à nous rendre ce roman agréable car ma voix chevrotait et avait du mal à donner le ton à ce récit pourtant intéressant.

Cosimo Piovasco di Rondo n’a qu’une dizaine années lorsqu’il monte sur le chêne du jardin familial pour ne plus jamais en redescendre. D’abord provocation à une injustice paternelle, cela devient une façon de se rendre intéressant aux yeux d’une fillette de son voisinage, avant de devenir un choix de vie réfléchi. Intelligent et observateur, Cosimo va faire de son arbre et de tous ceux du voisinage, un foyer unique mais d’une richesse incomparable. Au fil des rencontres et des années, il va s’adapter à son milieu, faire de très nombreuses lectures, étudier la philosophie, la politique, venir en aide aux plus démunis, se lier d’amitié avec des bandits, connaître l’amour, ses joies et ses peines. Sa vie sera riche et mouvementée mais jamais il ne reviendra sur sa décision et restera perché jusqu’à sa mort.

Conte philosophique, récit initiatique, Le baron perché est un roman fantastique, sur fond historique pertinent qui soulève la question des liens entre l’homme et la société. On peut aussi se demander si l’auteur ne tente pas de remettre en question les valeurs d’une vie de famille au profit d’une vie solitaire faite de rencontres multiples mais sans attaches. Ce qui est certain, est que ce récit ne laisse pas indifférent. Entre rires, consternations et réflexions, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

En 1767, à la suite d’une dispute avec ses parents au sujet d’un plat d’escargots qu’il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondo grimpe au chêne du jardin familial et n’en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d’arbre en arbre, il s’élance à la découverte du monde: il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connait les joies et les peines d’amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.

album·conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute

Et parfois ils reviennent…

 

Auteurs: Collectif

Illustrateur: Maurizio A.C. Quarello

Editeur: Sarbacane

Pages: 76

Recueil de nouvelles, Et parfois ils reviennent… nous entraîne à la découverte de huit récits fantastiques sélectionnés dans la bibliographie de maîtres du genre. Huit auteurs classiques du monde entier font ici figure de représentants d’un même genre mais décliné en différents registres. Le tout formant un ouvrage qui tour à tour fera frissonner ou rire le lecteur. Chez nous c’est un coup de cœur.

Lues à voix haute, ces nouvelles ont su captiver mes filles de onze ans qui ont pris beaucoup de plaisir à découvrir des textes de qualité, des auteurs qu’elles ne connaissaient pas pour la plupart et des histoires qui font froid dans le dos. Leur préférence va pourtant à la moins effrayante des nouvelles, Le Fantôme de Canterville d’Oscar Wilde, un classique mené par un fantôme grotesque et pathétique. Même si Gabrielle a également fort apprécié L’Etui merveilleux de Tcheng Ki-Tong qu’elle a trouvé plus poétique – elle adore la Chine et tout ce qui s’y rattache. Pour ma part, j’ai apprécié plusieurs de ces histoires, même si La Morte de Guy de Maupassant m’a semblé particulièrement terrifiante. Mais je donnerais ma préférence à La montagne des revenants de Gustavo Adolfo Bécquer, que j’ai trouvé belle et terrible à la fois.

Enfin je ne peux conclure sans parler des illustrations de talentueux Maurizio A.C. Quarello, qui déploie tout son art dans des aquarelles somptueuses. Une fois de plus il sublime les textes en les mettant en images avec un réalisme glaçant.

Maurizio A.C. Quarello sur le blog: L’appel de la foret, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

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Guy de Maupassant (La Morte), Sheridan Le Fanu (Le Fantôme et le Rebouteux), Jerome K. Jerome (Le Fantôme de la chambre bleue), Gustavo Adolfo Bécquer (La Montagne des revenants), Robert E. Howard (Le Marécage), Oscar Wilde (Le Fantôme de Canterville), Tcheng Ki-Tong (L’Étui merveilleux), Edgar Allan Poe (Le Roi Peste) : huit maîtres du fantastique du monde entier sont ici réunis dans des registres différents – humour, grotesque, horreur ou épouvante pure –, pour un plaisir de lecture inégalé ! Avec à la clé le talent et l’appétit du grand illustrateur …

album·Lecture à voix haute

La traversée des animaux

Auteur: Vincent Cuvelier

Illustrateur: Brice Postma Uzel

Editeur: Gallimard jeunesse

Collection: Giboulées

Pages: 32

L’histoire prend place dans l’Union Soviétique Stalinienne. C’est l’hiver, il neige, et derrière les grilles du zoo de Moscou, une évasion se prépare. Une étrange meute d’animaux se concerte avant de franchir la porte, menée par l’ours. Plus ils avancent dans les paysages rudes de la toundra, certains redeviennent sauvages alors que d’autres semblent plutôt s’humaniser.

Vincent Cuvelier propose un conte philosophique qui soulève la question du pouvoir et de la liberté. Avec humour et subtilité, il invite son lecteur à se demander où sont les limites et jusqu’où les repousser. Le texte est sublimé par les illustrations très graphiques de Brice Postma Uzel qui semble s’être inspiré de l’art soviétique de l’époque. Je salue la fin ouverte qui laisse place à l’imagination et aux questionnements.

Au milieu du siècle dernier, des animaux s’évadent du zoo de Moscou. C’est l’hiver, il neige. L’ours mène la drôle de meute, composée de trois loups, d’un échassier, d’un porc-épic, d’un pingouin et d’autres animaux. Ils marchent, volent, trottent, et plus ils marchent, volent, trottent, plus ils redeviennent ce qu’ils ont toujours été: des animaux sauvages…

Documentaires /Livres jeux·Lecture à voix haute

Ces jeunes qui changent le monde

 

Auteurs: Julieta Canepa & Pierre Ducrozet

Editeur: De la Martinière Jeunesse

Pages: 160

 

Ces jeunes qui changent le monde sont ici au nombre de quinze. Quinze adolescents qui se sont lancés dans une lutte active pour protéger la planète ou les droits humains. Quinze adolescents de tous horizons qui ont compris que pour changer les choses il fallait oser élever la voix, s’opposer aux adultes et aux gouvernements, leur faire comprendre l’urgence de mettre en place des actions qui changeront les choses efficacement et durablement. A peine sortis de l’enfance, ils ont déjà compris que pour changer le monde, il faut en repenser les fondements, changer les règles d’une société basée sur l’économie qui creuse les inégalités et fragilise l’équilibre des écosystèmes.

La mise en page est claire, la présentation de chacun est complétée d’informations sur le mouvement qu’ils embrassent appuyé de nombreux chiffres qui illustrent explicitement la gravité de la situation qui les incite à réagir. Ces jeunes qui changent le monde est un documentaire pour les adolescents qui parlera aussi aux adultes par la richesse de son contenu. Nuls doutes qu’à la lecture de ce livre, beaucoup prendront conscience de la gravité de certaines situations et, pourquoi pas, choisiront de rejoindre certains mouvements, d’agir à leur niveau pour, à leur tour, faire entendre leur voix.

Ce titre fait parti de la sélection Prix Unicef de littérature jeunesse, catégorie 13-15 ans.

« Nous ne pouvons donc sauver le monde en respectant les règles. Car les règles ont besoin d’être changées. Tout doit changer et cela doit démarrer aujourd’hui. » Greta Thunberg

15 portraits de jeunes qui veulent changer le monde. Lutte pour le Climat, la Biodiversité, le Droit à l’Education, la Paix, les Droits LGBT. Lutte contre la Pollution Plastique, la Déforestation, l’Oppression, la Corruption

Lecture à voix haute·roman·roman ado

Frankenstein

Frankenstein; or, The Modern Prometheus

Auteure: Mary Shelley

Traductrice: Hannah Betjeman

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Folio Junior

Pages: 265

Après la lecture à voix haute de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, j’ai pris conscience que mes filles étaient prêtes à découvrir des récits plus sombres que ce que je leur propose habituellement. C’est donc tout naturellement que mon choix s’est porté sur l’oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, classique du roman gothique qui pose la question de la création de la vie. Par ailleurs, le récit entre dans la thématique « Le monstre aux limites de l’humain » au programme des classes de sixième, un thème qui a beaucoup plu chez nous.

Si Frankenstein est considéré comme un récit horrifique lors de sa première publication, le 1er janvier 1818, il est surtout connu pour être précurseur du genre de la science-fiction. Mary Shelley signe un récit différent de ce qui existe dans le genre tant dans la construction que dans les codes du genre qu’elle redéfinit. Ainsi la narration épistolaire se construit sur la forme de récits-enchâssés dont le cadre ne sert qu’à recueillir le récit de Victor Frankenstein qui comprend également la narration faite à ce dernier par la créature qu’il a créé. Et quelle créature! A peine née, rejetée par son créateur, elle se retrouve livrée à elle-même et à la cruauté des hommes qui ne voient pas plus loin que l’apparence: un monstre répugnant fait de l’assemblage de pièces provenant de différents corps. La description reste assez sommaire, l’auteure reste aussi évasive sur l’aspect réel de la créature que sur sa construction, laissant ainsi toute liberté au lecteur d’imaginer sa propre représentation. Bien sûr on aurait tôt fait de se figurer Boris Karloff qui fut la créature en 1933 dans le film de James Whale, pourtant la peur qu’elle suscite nous laisse entrapercevoir toute l’horreur de son apparence. Rapidement la créature fascine par sa curiosité, son intelligence et ses émotions très humaines. Rejetée de tous, elle n’aura de cesse de chercher à se venger de ce créateur qui l’a cruellement abandonné, devenant le monstre que tous voient en elle. Et la question tombe tout naturellement: qui est le monstre de la créature ou de son créateur?

Frankenstein n’est peut-être pas le classique qui a le mieux vieilli, souffrant notamment de quelques longueurs, mais il n’en reste pas moins captivant dans son cheminement sur la création de la vie, et son questionnement des limites (entre le monstre et l’homme, le bien et le mal, la vie et la mort…). Juliette et Gabrielle ont adoré la lecture de ce roman qui fait frissonner sans faire peur. Elles se sont immédiatement positionnées en faveur de la créature devenue monstrueuse par esprit de vengeance. Nous avons eu une très chouette discussion sur l’apparence physique et l’impression qu’elle fait, la peur qu’elle peut provoquer et l’importance de voir au-delà. Elles réclament désormais la lecture de récits mettant en avant des créatures horrifiques avec en tête de liste le Dracula de Bram Stoker dont je dois vérifier le contenu avant tout ou m’orienter sur une version abrégée comme il en existe en littérature jeunesse. N’hésitez pas à laisser un avis sur le sujet (pour rappel mes filles ont onze ans).

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Le savant Victor Frankenstein a réussi ce qu’aucun scientifique n’avait pu faire avant lui: découvrir les secrets de la vie. Hélas! il a fabriqué une créature d’apparence humaine mais aux traits si repoussants qu’elle n’éveille que terreur et dégoût… Rejeté par tous, obligé de se cacher, le monstre promet à son créateur une abominable vengeance.

Lecture à voix haute·masse critique·roman jeunesse

Drôles d’Espions, tome 1. Une énigme Bleu Saphir

Gli Intrigue – Un enigma blu zaffiro

Auteurs: Pierdomenico Boccalario & Alessandro Gatti

Illustrateur: Tommaso Ronda

Traductrice:  Catherine Tron-Mulder

Editeur: Hachette

Pages: 149

Dans la famille Intrigue, on est espion de génération en génération. Laszlo et Veena habitent à Amsterdam avec leurs trois enfants: Imogen (16 ans), Zelda (11 ans) et Marcus (10 ans), leur chien Orville et Thibaut le majordome. Lorsqu’arrive une enveloppe jaune marquée d’un point d’interrogation, tous savent que c’est le début de l’aventure, une nouvelle mission. Et pour Zelda et Marcus, c’est la toute première fois qu’ils sont autorisés à participer. L’excitation est à son comble lorsque la famille prend la route de Paris pour venir en aide à un bijoutier chez qui un bijou extraordinaire a été subtilisé.

Une énigme Bleu Saphir est le premier tome d’une série coécrite par Pierdomenico Boccalario (Ulysse Moore, La boutique Vif-Argent…) et Alessandro Gatti qui ont déjà collaboré sur Sherlock, Lupin & MoiPorté par une famille aux talents particuliers, Drôles d’espions s’annonce comme une série policière pour les jeunes lecteurs dès 9/10 ans. Dans ce premier volet, le récit s’articule de façon à ce que chaque membre de la famille puisse utiliser son talent et ainsi aider à faire avancer l’enquête qui les entraînera jusque dans un micro-état au cœur des Alpes. La famille Intrigue semble avoir un pied dans deux époques, l’une faite de traditions et l’autre remplit de gadgets modernes et sophistiqués, le tout se mêlant étrangement mais efficacement. L’écriture est fluide, il y a peu de temps mort, les auteurs tentent de créer des situations amusantes qui ne prennent pas toujours, entre snobisme parental et querelles fraternelles, mais l’ensemble donne un petit roman sympathique qui a bien plu à mes filles (11 ans). Le ton est léger et l’investissement des enfants dans l’enquête est clairement un plus pour gagner l’approbation du lecteur cible. Je suis plus sceptique sur l’intérêt d’une série, mais je suis curieuse de voir comment les auteurs vont se renouveler dans le volume suivant.

Je remercie Babelio et les Editions Hachette pour cette lecture.

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Zelda (11ans) : analytique comme une micropuce, silencieuse comme un papillon. Marcus (10 ans) : n’aime pas la technologie et la technologie ne l’aime pas. Imogen (16 ans) : un visage de marbre qui lui permet de faire semblant et de mentir en toutes circonstances. Laszlo (le père) : bon vivant, gentiment moqueur. Veena (la mère) : d’une grande agilité et très sensible à la bonne éducation.
Voilà une famille en apparence ordinaire.
Pourtant, tous sont des espions de talent. Une authentique famille d’espions ! Ce soir, ils sont réunis au grand complet. Zelda et Marcus font enfin partie de l’équipe d’espions de la famille. Leur première mission les conduit à Paris où un célèbre joaillier s’est fait voler, sous son nez, un saphir de la plus grande valeur.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Kid au 1er Sommet des animaux

Auteur: Gwenaël David

Illustrateur: Simon Bailly

Editeur:  Hélium

Collection: fictions jeunesse

Pages: 176

 

Paris, 2030. Kid représente l’espère Homo Sapiens lors du 1er Sommet des Animaux qui se tient pour aborder le partage des ressources naturelles. La tension est à son comble lorsque débute cette rencontre où chacun vient exprimer ses attentes et ses craintes pour l’avenir de son espèce. Une extinction de masse a déjà commencé et fait craindre le pire. La chaîne alimentaire se maintient sur un équilibre fragile que l’humain ne cesse d’affaiblir en puisant plus que nécessaire. Lorsqu’une catastrophe a lieu dans la salle même où se tient le Sommet, la panique cède bientôt la place à la solidarité. Tous luttent pour la même chose: vivre!

Gwenaël David signe un titre écologique accessible aux jeunes lecteurs, mettant en avant la solidarité et l’amitié interespèce, le courage et l’espoir d’un monde meilleur où chacun aurait une place égale dans un écosystème bancal et fragilisé par l’espèce humaine. Entre enjeux écologiques et éveil des consciences collectives, l’auteur rappelle que nous sommes tous des animaux et que l’être humain est le seul à pouvoir agir pour que cessent les inégalités. Chacun à notre échelle nous pouvons faire quelque chose!

Commencé en lecture à voix haute, je suis allée au bout du roman seule car nous avons eu du mal à entrer dans l’histoire et les filles ont vite décroché La mise en place du récit souffre de quelques longueurs qui ne s’estompent que dans la deuxième moitié du roman, après l’événement qui vient chambouler l’histoire. Je pense que ce roman n’est surtout pas adapté à une lecture à voix haute même si son sujet est une porte ouverte à des discussions et des débats riches et passionnants. Cependant, je ne doute pas que Kid au 1er Sommet des animaux, petit roman sympathique, plaira aux jeunes lecteurs dès 9/10 ans, sensibilisés à la protection des animaux et à l’avenir de leur planète.

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Paris, 2030: Alors que des orages magnétiques et d’autres catastrophes climatiques sont désormais monnaie courante, le tout premier Sommet des Espèces est organisé dans la capitale. Il s’agit de réunir tous les habitants de la Planète, humains et animaux, pour qu’ils se mettent d’accord sur le respect de chacun et un partage équitable des ressources naturelles devenu vital! Kid, élève en 6è, est choisie pour réaliser un reportage sur cet événement historique. Mais, le jour J, la petite fille se sent bien seule face au monde animal qui l’entoure dans la salle… Cependant, un événement inattendu viendra chambouler l’organisation de ce Sommet et les participants devront alors faire preuve d’entraide pour se sortir de ce mauvais pas… En seront-ils tous capables? Et cette expérience inédite insufflera-t-elle un nouvel espoir?

Lecture à voix haute·masse critique·roman ado

8848 mètres

 

Auteure: Silène Edgar

Editeur: Casterman

Collection: Ici/maintenant

Pages: 384

 

Mallory, quinze ans, s’apprête à gravir le sommet du monde avec son père. Les semaines d’entraînements ne sont pas de trop pour se préparer physiquement à affronter la montée et tout ce qu’elle implique de souffrances physiques. Entre le manque d’oxygène et les conditions de météo extrêmes, les risques et les enjeux sont énormes. Mais Mallory craint bien plus de devoir répondre aux questions des journalistes que d’affronter la montagne. Pourtant, peu à peu, la jeune fille s’imprègne de la culture tibétaine, de la philosophie bouddhiste et prend conscience qu’elle peut utiliser sa voix pour faire passer un message. La chemin est long pour atteindre le sommet et Mallory en reviendra changée.

Silène Edgar signe un récit fort et juste porté par une adolescente qui cherche sa place dans sa famille et dans le monde.  Les descriptions des paysages et de la culture tibétaine permettent une véritable immersion dans le récit, enrichi des discussions de l’auteure avec sa cousine – qui donne sa voix au personnage de Justine – et d’un séjour au Tibet. L’ascension de l’Everest sert de fil conducteur à ce roman d’apprentissage qui donne l’impression qu’on ne revient pas le même d’une telle expédition.  Entre dépassement de soi et conscience écologique, 8848 mètres est un roman initiatique percutant.

La lecture à voix haute a été l’occasion pour toute la famille (le papa suivait également) de découvrir un pays qu’on visite peu en littérature jeunesse. Nous avons tremblé de froid avec Mallory, nous avons suivi son parcours avec curiosité et son ascension entre effroi et stupeur. Les filles ont été sensibles à la pollution et à la beauté des paysages et sont déjà prêtes à recommander ce roman à tous leurs amis.

Je remercie les éditions Casterman et Babelio de m'(nous)avoir permis de découvrir en avant première ce roman incroyable dans le cadre de Masse Critique.

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À quinze ans, Mallory est la plus jeune française à avoir gravi une montagne de 8000 mètres. Son nouveau défi, c’est le sommet de l’Everest. Le manque d’oxygène, l’effort physique et les conditions extrêmes ne lui font pas peur car elle est avec son père, son pilier, son modèle. Mais elle va apprendre à le faire aussi pour elle-même. Un exploit unique qui va lui faire ouvrir les yeux sur le monde : la pollution des alpinistes, la fonte des glaces, les dangers mortels d’un tel effort pour le corps, la pensée bouddhiste et surtout… l’importance du message qu’elle renvoie à son pays, en tant que jeune, adulte en devenir.