conte/nouvelle/biographie

Quelques secondes encore (2021)

Auteur : Thomas Scotto

Editeur : Nathan

Collection : Court Toujours

Pages : 64

Alban est en mort cérébrale suite à un dramatique accident de parkour, cette activité sportive acrobatique qui consiste à franchir des obstacles urbains. Les médecins pressent la famille à prendre une décision concernant un don d’organes. Anouk, seize ans, veille sur son frère, couché sur son lit d’hôpital. Anouk veille sur sa mère et tente de la convaincre que son frère aurait voulu faire ce don, sauver des vies alors que la sienne ne peut plus l’être.

Quelques secondes encore est une nouvelle puissante qui aborde un sujet délicat avec pudeur et émotions. Le texte est concis, les mots de Thomas Scotto vont directement à l’essentiel. Pas de place pour le superflu, les mots semblent avoir été pesés et choisis pour insister sur l’urgence d’une situation qui demande pourtant le temps de la réflexion. Pour sauver des vies il faut savoir faire taire ses émotions et ne pas réfléchir, simplement trouver la force de prononcer ce « oui » tant espéré.

La brutalité de la situation ressort au travers d’une écriture tranchante, presque agressive qui rappelle le Météore de Antoine Doyle cité en exergue. De la même manière, le lecteur est appelé à observer une scène de loin, une scène qui gagne en consistance au fil des pages, pour s’en approcher au plus prêt alors que l’on en apprend plus sur le personnage. Plus les détails viennent donner de l’épaisseur à la situation, au contexte, et plus l’émotion est forte, violente.

En tant que parent, je me suis immédiatement identifiée à cette mère qui doit prendre une décision capitale à un moment où son monde vient de s’écrouler. Je n’ai pu qu’imaginer la douleur et la puissance des émotions ressenties. Je me suis alors demandée comment accueillir la demande des médecins, comment réfléchir et prendre une décision alors que l’on a devant soi le corp sans vie de son enfant…

La force de l’écriture tient aussi dans le point de vue choisi pour mener la réflexion. Ici c’est la sœur qui porte à bout de bras le choix qu’elle tente d’orienter en se remémorant celui qu’était son frère. Au travers de ses souvenirs elle pousse sa mère a évoquer les siens espérant que cela l’aidera à accepter. L’émotion s’accroit et la décision m’a semblé plus difficile à prendre alors que le jeune homme devenait plus tangible, plus proche… me laissant sans voix lorsque le point final est venu annoncer une décision que je ne m’imagine pas capable de prendre. C’est très fort !

***

« On doit savoir, madame. Quels organes ?… Tous ? Certains ? C’est à vous de choisir… »

album·conte

Contes d’amour – Histoires du Monde Entier (2021)

Auteures : Caroline & Martine Laffon

Illustratrice : Aline Bureau

Editeur : La Martinière jeunesse

Pages : 56

Pour la Saint-Valentin, j’avais envie d’une lecture autour de l’amour et j’ai arrêté mon choix sur ce titre, publié aux éditions La Martinière Jeunesse, qui prend la forme d’un recueil de dix contes illustrés et rassemblés dans un album grand format aux couleurs éclatantes.

Caroline et Martine Laffon ont fait le choix de proposer des contes traditionnels qui s’inscrivent dans la culture du monde. Chaque texte est une histoire d’amour qui transcende le temps et l’espace pour venir jusqu’à nous. Ces contes amérindiens, japonais, comorien, chinois, libanais, lacandon, grec, tibétain et cheyenne sont à l’image des croyances et des traditions de ces peuples. Emprunt de magie, de poésie ou d’humour, chaque conte a son image propre mais chacun met en avant la valeur éternelle de l’amour, celui qui voit au-delà des apparences et dure plus que le temps d’une vie.

Les illustrations picturales d’Aline Bureau viennent sublimer le texte et lui donner vie. Ses personnages sont multiples et toujours à l’image de leur peuple. Ses paysages sont une invitation au voyage : des forêts de pin montagneuses de l’Amérique à la steppe aride tibétaine en passant par la luxuriante jungle amazonienne, le choix des couleurs nous rappellent combien la nature est magnifique où que l’on soit sur la planète.

Gabrielle et moi avons chacune notre préférence : pour elle c’est l’histoire d’amour interdit du Bouvier et de la Tisserande, alors que j’ai préféré la poésie du conte cheyenne dans lequel un coyote s’éprend d’une étoile. Contes d’amour – Histoires du monde entier est un très bel album à découvrir et partager en famille.

Ames sœurs, amis de cœur, amants passionnés ou contrariés… Avec ces histoires traditionnelles du monde entier, explore la richesse du sentiments amoureux. Dix histoires magnifiquement illustrées : La première histoire d’amour, L’amour des neiges, Mon serpent chéri, Le rendez-vous des amoureux, Le plus beau des cadeaux, La femme du jaguar, Un mariage bruyant, Les fruits de la passion, L’amour plus fort que la mort, Un coyote épris d’une étoile.

conte·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Jack et la grand aventure du Cochon de Noël (2021)

The Christmas Pig

Auteure : JK Rowling

Illustrateur : Jim Field

Traducteur : Jean-François Ménard

Editeur : Gallimard jeunesse

Pages : 339

Lorsque J.K. Rowling publie un nouveau roman jeunesse, l’annonce est faite des mois avant la sortie. Si j’avais hésiter à acheter L’Ickabog, je me suis posée moins de questions pour Jack et la grande aventure du Cochon de Noël. Je ne me suis pas précipitée mais la période de l’Avent m’a semblée propice à une lecture à voix haute. Le plaisir de partager un temps de lecture quotidien avec mes filles, rempli de rires et d’exclamations de plaisir, fut ma récompense.

Jack est très attaché à Lo Cochon, la peluche qui l’accompagne depuis toujours. Insérables, ils ont vécu tant de choses ensembles qu’ils se connaissent par cœur. Entre eux, il n’y a aucun secret. Lorsque ses parents se sont séparer, LC (son diminutif) a partagé la tristesse du petit garçon et l’a aidé à surmonter les difficultés liées à ce changement de vie. Aussi lorsque lors d’une dispute, Holly, la fille du nouveau compagnon de sa mère, jette LC par la fenêtre ouverte de la voiture, sur l’autoroute, Jack est inconsolable. Même Cochon de Noël n’arrivera pas à le dérider, après tout ce n’est qu’un remplaçant, il n’a rien de comparable à LC. Mais c’est la veille de Noël, une nuit magique durant laquelle les objets s’animent. Lorsque Cochon de Noël propose à Jack de l’accompagner au Pays des Choses perdues, l’enfant n’hésite à aucun moment : s’il peut retrouver LC, Jack est prêt à affronter tous les dangers. Ensemble, Cochon de Noël et Jack se lancent dans une trépidante aventure qui ne devra durer qu’une seule nuit !

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël est un conte de Noël qui véhicule de jolies valeurs et pose notamment la question de notre rapport aux objets. Du doudou chéri à la babiole en plastique gagnée dans une fête foraine, chaque objet a une valeur différente et ne remplit pas toujours le rôle attendu. La sortie en librairie d’un tel titre au moment des fêtes de fin d’année me semble particulièrement intéressante puisque c’est une période où l’on se précipite dans les magasins et dépensons d’avantage en quête du cadeau idéal. L’aventure au Pays des Choses Perdues interroge sur notre façon de consommer et ses conséquences désastreuses en terme écologique tout en invitant à réfléchir à l’utilité de toutes ces choses qui nous font envie. Mais Jack et l’aventure du Cochon de Noël est aussi un voyage initiatique au cours duquel le jeune héros prend conscience que toute vie a une fin. Accepter la perte fait parti des étapes qui amène à grandir, un thème récurant dans les romans de l’auteure.

J.K. Rowling se renouvelle pourtant en faisant preuve d’une imagination toujours aussi magique. Bien sûr, elle n’invente pas le concept des jouets qui s’animent mais c’est la richesse du Pays des Choses Perdues qui lui permet de déployer son talent d’auteure et de nous faire rêver. On retrouve sa plume immersive qui oscille entre ombre et lumière et offre plusieurs niveaux de lecture, des personnages attachants et un univers incroyable. Pour nous, c’est un coup de cœur.

Je vous invite à lire l’avis de LivresdAvril.

Une nuit pour accomplir le plus extraordinaire et le plus dangereux des voyages !

conte/nouvelle/biographie·masse critique

Gôshu le violoncelliste (1934/2021)

Serhiki no Gôshu

Auteur : Kenji Miyazawa

Illustratrice : Mitsukai In’ki

Traductrice : Déborah Pierret Watanabe

Editeur : Ynnis

Pages : 63

Pas facile de jouer dans un orchestre. Savoir jouer sa partition ne suffit pas, il faut aussi savoir s’écouter jouer et surtout, écouter les autres pour que les cœurs jouent à l’unisson et que la musique vienne toucher l’auditoire. Gôshu, le violoncelliste, donne du fil à retordre à son chef. Il a beau travailler encore et encore, son jeu manque d’émotion. Une nuit, un chat se présente à lui et lui demande de jouer de son instrument. C’est le premier de quatre animaux à lui faire une requête qui, toujours, va venir soulever un point essentiel pour faire progresser le jeu du jeune homme et apporter ce qu’il manque à sa musique.

Gôshu le violoncelliste s’inscrit dans le registre du conte merveilleux de par sa narration rapide, peu étoffée, et les événements improbables qui surgissent sous la forme d’animaux qui parlent. Leur rôle est d’aider le héros à affronter sa musique pour le faire évoluer et progresser ; c’est un véritable récit initiatique. Pourtant, le texte de Kenji Miyawa n’est pas toujours très clair. Les différents animaux interviennent à intervalle régulier, un par nuit, sans que l’on assiste à un quelconque changement dans la journée. On a presque l’impression qu’ils viennent tous la même nuit. Il faut vraiment attendre la fin du conte pour comprendre leur rôle.

Il est d’ailleurs fort appréciable de trouver en fin d’ouvrage un petit supplément « de la page à l’écran » qui met vraiment en lumière les thématiques du conte et sa signification avant de nous expliquer comment Isao Takahata des Studios Ghibli l’a mis en scène dans son film d’animation. [J’attends d’ailleurs que ma jeune violoncelliste débutante ait lu ce livre avant de visionner le film avec mes filles.] Enfin, j’ai vraiment apprécié l’entretien mené auprès d’Edgar Moreau (violoncelliste français) relaté à la toute fin du livre. Il offre un regard de musicien aguerri sur le parcours d’instrumentiste que ce soit dans la formation ou dans la place dans un orchestre. Son interprétation du conte en est d’autant plus intéressante.

Merci aux éditions Ynnis et à Babelio pour l’envoi de ce conte dans le cadre de Masse Critique.

Le chef d’orchestre est exaspéré. Son jeune violoncelliste ne laisse transparaître aucune passion dans son jeu. Désespéré, Gôshu répète inlassablement ses morceaux sur son instrument abîmé. En vain… jusqu’à ce qu’un chat lui demande de lui jouer Rêverie de Schumann…

conte/nouvelle/biographie·Première lecture·roman jeunesse·Service Presse

Les deux de Baker Street, tome 1. Missions Londres (2021)

Auteur : Pascal Brissy

Illustratrice : Garance Royère

Editeur : Gulf Stream

Collection : Premiers romans 8+

Pages : 176

Les éditions Gulf Stream lancent une nouvelle série dans la collection Premiers Romans, des enquêtes bilingues qui entrainent le lecteur dans les pas d’un frère et d’une sœur en plein cœur de Londres. Le livre s’ouvre sur une présentation des personnages et sur les explications du code couleurs pour lire en anglais : quatre couleurs pour différencier le vocabulaire thématiques, les mots ou expression du quotidien, les questions et les chiffres et nombres. Après quoi, il ne nous reste plus qu’à plonger dans ce petit roman qui prend la forme d’un recueil de trois nouvelles, de trois petites enquêtes so british (résumés sur la présentation de l’éditeur en bas de page).

Alors qu’ils s’installent à Baker Street, Tom et Kate s’émerveillent d’être voisins à la maison de Sherlock Holmes. Au cours de leurs aventures ils se rendent à Buckingham Palace, dans le quartier de Notting Hill et au Palais de Wesminster. L’occasion de faire visiter Londres aux jeunes lecteurs qui découvriront la capitale britannique au travers de ses monuments, ses parcs ou ses rues célèbres. Les deux enfants sont adorables et très vifs d’esprit ce qui leur permet d’élucider des petits mystères tels que la disparition d’un corgi de la Reine, celle d’un livre exceptionnel ou encore la mystérieuse coloration en rose des perruques des Lords de Westminster. Tout cela au nez et à la barbe de l’inspectrice Adler et du Lord Riarty.

Les clins d’œil à Sherlock Holmes sont nombreux. Cela pimente la lecture et attise la curiosité autour de ce personnage dont on nous parle mais dont on ne voit pas la pointe du deerstalker hat. Le récit ne manque ni de rythme ni de mystères. Les illustrations sont sympathiques, à l’image des jeunes héros et de leur chien. La mise en page est dynamique avec les couleurs du textes, les illustrations et les petits symboles dans la marge. A la fin de chaque histoire, le lecteur est invité à réfléchir sur la résolution de l’enquête et à vérifier s’il a bien lu/vu les indices.

En fin d’ouvrage un memento au même code couleurs revient sur tout le vocabulaire anglais rencontré au fil des pages pour en expliquer le sens et en donner la traduction. Quelques apartés viennent compléter le tout pour apporter des informations sur la royauté ou Sherlock Holmes par exemple.

Les deux de Baker Street est donc une petite série fort sympathique à faire lire aux lecteurs débutants qui veulent pimenter leur lecture avec quelques mots d’anglais. Un seul conseil: ouvrez bien les deux yeux pour ne rien manquer !

Je remercie les éditions Gulf Stream pour leur confiance et l’envoi de ce service presse.

Avec Tom et Kate, apprends à lire en anglais pour résoudre trois enquête au cœur de Londres en suivant les traces du grand Sherlock Holmes ! Let’s go !

Le corgi de Sa Majesté : Alerte ! Le chien préféré de la reine d’Angleterre a disparu. Heureusement, les deux de Baker Street sont en visite au palais de Buckingham et aucun détail ne leur échappe !

Coup de tonnerre à Notting Hill : Un livre inestimable est dérobé lors du tournage d’un film auquel Tom et Kate ont la chance d’assister. Seront-ils prêts à résoudre ce nouveau mystère ?

Le gang des perruques roses : Catastrophe au palais de Westminster ! Les perruques des lords sont devenues roses et les deux de Baker Street sont pointés du doigt. Arriveront-ils à prouver leur innocence ?

conte/nouvelle/biographie·ebook·roman ado

La Sourcière (2021)

Auteure : Elise Fontenaille

Editeur : Rouergue

Pages : 112

Collection : epik

Sélection du Prix Vendredi 2021

L’histoire prend place dans une époque moyenâgeuse, au pays des volcans assoupis, l’Auvergne. Alors qu’une jeune fille, à peine sortie de l’enfance, meurt en couche, laissant son bébé au soin de Gallou la Brodeuse, le Saigneur Guillaume sème la terreur dans le pays. Cruel et sanguinaire, il prend ce qu’il veut par la force : les terres, la vie et surtout les femmes. Gallou le sait bien et décide se protéger l’enfant qu’elle appelle Garance, d’un monde trop souvent cruel.

Avec sa petite centaine de pages, La Sourcière est un récit qui prend la forme du conte de par ses animaux qui parlent, la magie omniprésente et sa construction narrative. La forme poétique du texte donne au récit l’allure d’une fable contée au coin du feu par un barde accompagné de ses musiciens. Le vielleux, joueur de vielle à roue, fait danser Garance et la Gitane pendant que la harpiste joue pour la nature, faisant frémir les feuilles des arbres par le vibrato de ses cordes. La musique rythme les pas de Garance, accompagnée de la Renarde, son âme jumelle avec qui elle partage la couleur du poil ; des pas qui l’entraîne vers son destin inéluctable : la rencontre et la confrontation au Saigneur.

Elise Fontenaille signe un titre, original dans son écriture, dans lequel l’oppression des femmes est au cœur d’un combat plus large mené par tous afin de protéger la nature et la vie. Si le message féministe domine, l’auteure utilise des figures féminines fortes et la magie comme éléments moteurs d’un mouvement qui vise à détrôner un tyran pour laisser plus de place aux libertés. La cruauté dénonce les violences faites aux femmes et les jugements hâtifs qui condamnent la jeunesse et la beauté.

***

Une nuit de lune rousse, au pays des volcans assoupis, Gallou la Brodeuse recueille une toute jeune fille sur le point d’accoucher. Au cœur de la forêt et au milieu des bêtes, elle enfantera Garance. Dans ce monde où la magie et la nature sont un rempart à la violence et l’ignorance, Garance deviendra la Sourcière. Admirée puis rejetée de tous à cause de ses étranges pouvoirs et de sa beauté époustouflante, la jeune fille va devenir la proie de celui que tout le monde craint : le Saigneur Guillaume… Mais comment lui échapper ? Comment résister à sa force et à son armée de Moines rouges ?

conte/nouvelle/biographie

Les enquêtes de Sherlock Holmes : L’aventure du ruban moucheté (1883/2009)

The Adventure of the Speckled Band

Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Traductrice : Blandine Longre

Illustratrice : Christel Espié

Editeur : Sarbacane

Collection : Les grands classiques illustrés

Pages : 62

Après un travail en anglais sur le genre « Crime and Mystery Fiction », Gabrielle s’est lancée dans la découverte des classiques du genre. Si elle a apprécié And Then There Were None d’Agatha Christie, c’est définitivement le grand Sherlock Holmes de Conan Doyle qui a su la séduire par sa personnalité et son génie. Bien sûr, la série TV de 2010 avec Benedict Cumberbatch n’y est pas pour rien. Si pour ma part je ne pense pas lire toutes les nouvelles qu’elle dévore, je ne pouvais faire l’impasse sur cette version illustrée publiée dans une collection que j’affectionne tout particulièrement.

Dans L’aventure du ruban moucheté, l’enquête entraîne Holmes et son acolyte Watson à lever le voile sur une mort survenue deux ans auparavant. Les mystères advenus à cette époque semblent se produire à nouveau, poussant la jeune fille de la maison à venir chercher de l’aide. A peine arrivés sur les lieux, le célèbre détective se met à l’œuvre, accumulant les indices pour les associer et dénouer le nœud de l’énigme.

Racontée par le Dr Watson, cette histoire met en avant les talents d’observation et de déduction de Sherlock Holmes dont il prend plaisir à suivre le travail. Si l’histoire ne m’a pas semblée sortir du lot, c’est ici le travail d’illustratrice de Christel Espié qui illumine le récit. Son trait précis et son interprétation des personnages et des décors ainsi que le choix des couleurs viennent sublimer le texte. Bien qu’écrit à la fin du dix-neuvième siècle, le texte est accessible aux jeunes lecteurs qui découvriront ainsi un classique de la littérature dans un langage abordable. Par ailleurs la longueur très courte des chapitres et les nombreuses illustrations n’en faciliteront que d’avantage la lecture.

Une jeune femme affolée réveille à l’aube Sherlock Holmes et son ami Watson : sa sœur a péri dans des circonstances inexpliquées, tandis que son beau-père, homme brutal et coléreux, l’effraie de plus en plus… Le célèbre détective se rend aussitôt sur les lieux, où il devra faire appel à toute son intelligence pour dénouer les fils du mystère!

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satire politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour noir le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

album·conte/nouvelle/biographie

Un chant de Noël (1843)

A Christmas Carol

Auteur: Charles Dickens

Illustrateur: Roberto Innocenti

Traducteur: 

Editeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 152

Grand classique de la littérature britannique, Un Chant de Noël est un conte écrit et publié pour la première fois en 1843. Probablement l’une de ses oeuvres les plus connues, celle qui a été la plus adaptée pour le cinéma, le théâtre ou encore les ballets, ce conte est encré dans la culture traditionnelle des célébrations de Noël.

Divisée en cinq couplets (chapitres), l’histoire est celle d’Ebenezer Scrooge, un homme froid, égoïste et détestable. Indifférent à ceux qui l’entourent, il ne connait son commis, Bob Cratchit que comme un homme qui travaille pour lui et à qui il verse un salaire. La veille de Noël, une apparition fantomatique lui apparait et lui annonce qu’il va recevoir la visite de trois fantômes. Ces esprits, représentant les Noëls Passés, Présent et Futurs, entrainent Scrooge dans l’observation de ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il sera. Véritable chemin de rédemption pour Scrooge, ces voyages dans le temps le pousse à regarder sa vie en face et à analyser son comportement. Pour le lecteur cela permet une meilleur compréhension du le personnage et pose la question des valeurs de Noël.  Loin de la folie consumériste de notre société moderne, le texte met en avant des valeurs humanistes qui font des fêtes de fin d’année un moment pour exprimer la générosité, le partage et l’altruisme.

Charles Dickens propose un conte fantomatique original qui met en avant les valeurs de Noël que sont la bonté et le partage. Au travers de la famille Cratchit, il dépeint l’amour et la chaleur du foyer qui font défaut à Scrooge, des valeurs essentielles à l’épanouissement et au bien être de chacun. D’un côté nous avons un homme au cœur dur comma la pierre qui entasse l’argent sans le dépenser ou en faire profiter les plus nécessiteux et de l’autre nous avons une famille chaleureuse qui déborde d’amour et de générosité. Cette balance met en avant l’importance de l’amour et de la famille.

Les illustrions de Roberto Innocenti dont le trait précis met en lumière la beauté du texte et des valeurs qu’il véhicule. Il saisit sur le papier les quartiers les moins aisés du Londres de l’époque victorienne et y insuffle la vie par la richesse des expressions que ses personnages portent sur leurs visages radieux. Le livre prend la forme d’un bel album illustré à partager en famille.

Dans les rues grouillantes et enneigées des faubourgs londoniens, le brouillard industriel s’épaissit. Ce soir c’est Noël, et le vieux Scrooge, patron impitoyable, avare et aigri, rumine sa colère. Demain sera chômé, quelle perte de temps et d’argent!
Mais alors que Scrooge rentre chez lui et se couche en maugréant, les Esprits de Noëls apparaissent pour réveiller avec terreur sa bonne conscience.

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Le supplice de la banane et autres histoires horribles

Horror

Auteure: Madlena Szeliga

Illustratrice: Emilia Dziubak

Traductrice: Cécile Bocianowski

Editeur: Albin Michel jeunesse

En tant que végétarienne, la sempiternelle question sur le cri de la carotte m’a toujours fait sourire. Aussi lorsqu’en regardant les nouveautés albums en librairie je suis tombée sur Le supplice de la banane, je n’ai pas résisté longtemps; pour le plus grand plaisir de mes filles à qui j’en ai fait la lecture à voix haute.

Madlena Szeliga signe vingt histoires originales horrifiques dont les héros sont les fruits et légumes que nous aimons partager lors d’un bon repas. Racontées avec humour, ces histoires n’en sont pas moins terrifiantes de part l’humanisation de ces végétaux et des émotions qu’ils ressentent. Chaque histoire est un véritable meurtre effroyable à prendre au second degré pour en frissonner de plaisir. Les superbes illustrations de Cécile Bocianowski viennent ajouter un peu plus de terreur au texte qui s’en voit sublimé par une mise en page digne d’un vieux grimoire de sorcière.

Entre rires et larmes, Le supplice de la banane et autres histoires horribles a su séduire toute notre famille et nous a bien fait rire… Et il faut bien reconnaître que nous en avions bien besoin! Un recueil original et drôle, terrifiant et cruel à découvrir en famille. On vous aura prévenu!

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Avez-vous des remords après avoir épluché une carotte? Est-il vraiment éthique d’émincer un oignon? Et si la fraise avait des sentiments, hésiteriez-vous à la mettre dans un mixeur?
Du champ au saladier, en passant par le planche à découper, les 20 histoires qui composent de recueil dévoilent l’épouvantable destin de créatures innocentes. Il y a là des fruits, des légumes et des herbes… et toutes les manières dont nous les malmenons.