BD/manga

Sacha et Tomcrouz, tome 1. Les Vikings

Auteure: Anaïs Halard

Illustrateur:  Bastien Quignon

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Pages: 86

Sacha est un jeune garçon de dix ans, passionné par les sciences, véritable coqueluche des filles de l’école. Pour son anniversaire il a demandé un rat, animal intelligent dont il espère bien avoir un peu d’aide pour mener à bien ses expériences. Quelle n’est pas sa surprise quand il se retrouve avec un chihuahua, chien jugé plus mignon que le rat par la mère fantasque du héros, mais a l’air complètement idiot. Sacha le baptise Tomcrouz, l’idole de sa mère. Après un petit incident, Sacha et Tomcrouz sont propulsés à l’époque Viking avec une épée Ulfberth (épée rare de grande qualité). Commence alors l’aventure de Sacha et Tomcrouz et le début d’une belle amitié.

Cette bande dessinée avait tout pour me plaire, entre une publication dans la collection Métamorphose des éditions Soleil, un titre sympathique, une première de couverture attrayante, et le concept de voyage temporel, certes pas original, mais tout du moins prometteur. Mais je n’ai pas été convaincu au final. Ni par l’histoire ni par les personnages, même s’il faut reconnaître que certains personnages secondaires sont plutôt sympas – mention spéciale au bellâtre viking qui m’a bien fait rire. Si les idées sont bonnes, je les ai trouvé sous-exploitées. De même le dessin est sympa mais les couleurs manquent de peps, pourtant certaines planches sont de toute beauté, les plans larges et les scènes de nuit sont particulièrement réussis… Mais au final j’ai trouvé l’ensemble assez brouillon.

De leur côté, mes filles ont bien aimé et espèrent bien lire la suite. Elles ont trouvé Tomcrouz très drôle et attachant et le voyage dans le temps leur a bien plu. Elles ont aimé l’humour et l’ambiance générale de l’histoire et le dessin. Comme elles sont plus dans l’âge cible de cette bande dessinée que moi, je me dis que je suis sans doute passée à côté de quelque chose.

« Je m’appelle Sacha Bazarec et je vis dans une maison remplie d’objets chinés. Pour mes dix ans, je rêvais d’un rat méga intelligent, mais j’ai reçu un chihuahua… C’est un chien et pourtant, il n’obéit à rien du tout! Je l’ai appelé Tomcrouz, comme l’idole de ma maman. J’ai eu beau lui demander de ne pas mettre le boxon, je l’ai retrouvé, un matin, couvert de gelée incandescente. Depuis, il se produit un phénomène étrange et on se retrouve transportés dans des endroits bizarres, à travers le temps… »

Lecture à voix haute·roman

La Gloire de mon Père

 

Auteur: Marcel Pagnol

Editeur: Presses Pocket

Série: Souvenirs d’enfance

Pages: 280

 

J’avais dix ans lorsque pour la première fois je lisais La Gloire de mon père. La même année sortait le film éponyme de Yves Robert. Sans jamais le relire, j’ai toujours gardé en mémoire ce roman comme un merveilleux souvenir d’enfance, de vacances, de nature et de liens familiaux. C’est finalement pour une lecture à voix haute que j’aurais eu l’occasion de relire ce classique de la littérature française.

La Gloire de mon Père est un roman qui se lit pour la beauté toute simple du texte, pour l’odeur de thym, de romarin ou de la marjolaine que l’on sent, pour le chant des cigales et le bruit des pas dans le désert de garrigue que l’on entend, pour la chaleur que le soleil laisse sur notre peau, et celle que les émotions de Marcel laissent sur nos cœurs. Oui, La Gloire de mon Père est un roman qu’on lit avec tous nos sens en éveils. C’est l’histoire intemporelle de l’enfance, des jeux et des apprentissages au grand air, au simple contact de la nature. C’est l’histoire d’un homme qui se souvient qu’enfant son père était son héros et qu’il fut très fier de la gloire qui fut sienne.

Les filles ont beaucoup aimé cette lecture qui les a fait rire et voyager, et leur a donné envie de marcher dans les pas des Pagnol (ce que j’espère pouvoir vivre avec elles prochainement). Elles ont aussi été séduites par les descriptions d’un mode de vie désuet entre l’école de garçons, les voyage en calèche et par les vacances à la Bastide-Neuve bien entendu. Elles ont par contre été surprise de constater la peur d’Augustine quand elle découvre que son petit garçon de 4 ans sait lire – forcément pour Gabrielle qui a su lire au même âge c’est incompréhensible de se dire qu’une mère interdit les livres à son enfant par crainte d’une « explosion du cerveau » . Elles ont aussi été horrifié par les jeux de Marcel et Paul avec les insectes, jeux qu’elles ont qualifié de « barbares ». Mais elles ont adoré ce roman et son adaptation, et sont impatientes de découvrir la suite.

Parce que j’ai maintenant des petits-enfants, j’ai souvent envie de raconter des histoires: c’est la fonction naturelle des grands-pères, et peut-être leur plus grand mérite. Le mien me racontait Peau d’âne, la Belle et la Bête, Riquet à la Houppe; mais aujourd’hui, les fées ne s’amusent plus à changer une citrouille en carrosse, et c’est grand dommage, car elles nous feraient avec un potiron, une Citroën, avec un concombre, une Dauphine, et avec une hirondelle, une Aronde… Pour moi, j’ai préféré vous raconter l’enfance d’un petit garçon, qui fut aussi celle de vos grands-pères, et qui n’est peut-être pas très différente de la vôtre, car les petits garçons de tous les pays du monde et de tous les temps ont toujours eu les mêmes problèmes, la même malice, les mêmes amours.

 

ebook·roman

Agatha Raisin, tome 18. Un Noël presque parfait

Agatha Raisin and Kissing Christmas Goodbye

 

Auteure: M.C. Beaton

Traductrice: Françoise du Sorbier

Editeur: Albin Michel

format ebook (324 pages)

Dans ce dix-huitième volet, Agatha a fort à faire entre la préparation d’une fête de Noël idéale et le meurtre de la richissime et très désagréable Mrs Tamworthy. Alors que tout semble accuser les enfants de celle-ci, qui lui en voulaient de vouloir modifier son testament en les y rayant, Agatha se met à chercher dans son passé. Aidée de sa jeune nouvelle recrue, Toni, elle se lance sur les traces d’un assassin et découvre que cette dame a laissé des ennemis, et des morts, partout où elle est passée. Et si l’assassin n’était pas celui auquel on pensait? 

Arrivée si loin dans la série, on sent bien que l’auteure tourne en rond et que les idées s’essoufflent. L’attachement que M.C. Beaton a pour son personnage est très probablement aussi fort que celui de son lectorat qui prend plaisir à retrouver Agatha Raisin dans un quotidien fait d’enquêtes, de pouvoir de séduction qui s’étiole, et de décisions aussi naïves que consternantes voir carrément stupides. La force de la saga réside évidemment dans ce personnage haut en couleur et dans les quelques personnages secondaires qui l’entourent et qui sont tous plus intéressants les uns que les autres et qui ont pour point commun leur attachement très fort (pour divers raisons) à Agatha. 

Un Noël presque parfait est un roman sympathique, sans prétention mais qui permet de passer un bon moment avec un personnage auquel on ne peut que s’attacher. C’est en quelque sorte un livre « doudou » avec lequel on ne prend pas de risque d’être déçu pour peu qu’on ait déjà lu d’autres volumes de la série et qu’ils nous aient plu.

Bientôt Noël. Le sapin sent le roussi pour Agatha Raisin qui ne digère toujours pas d’avoir été larguée par James Lacey. Pour se forcer à l’oublier, elle se lance à corps perdu dans la préparation du réveillon pour ses amis. Jusqu’à en faire une obsession… Même le meurtre de Mrs Tamworthy, retrouvée morte après un repas arrosé à la ciguë ne la détourne pas de son but. Pourtant, la riche veuve avait prévenu Agatha: elle était convaincue qu’un membre de sa famille voulait l’assassiner avant la fin de l’année. Se sentant quelque peu coupable, Agatha part sur les traces du meurtrier, bien décidée à la piéger avant le réveillon pour avoir le temps de préparer sa dinde!

album

Jules et le Renard

A mouse called Julian

Auteur/ Illustrateur: Joe Todd-Stanton

Traductrice: Isabelle Reinharez

Editeur: L’école des loisirs

Pages: 36

Jules est un souriceau solitaire. Sur terre, il est chassé par tout un tas de prédateurs. Sous terre, les autres animaux le gênent dans ses déplacements. Il s’accommode très bien de sa situation et a su apprendre à vivre en évitant les autres. Pourtant, sa rencontre avec le renard va provoquer un changement à son mode de vie et lui permettre de comprendre, qu’il est agréable aussi d’avoir un ami.

Coup de cœur pour ce bel album au style graphique japonisant. Je découvre Joe Todd-Stanton et son style incroyable pour narrer une histoire somme toute assez banale. Une histoire d’amitié surprenante mais qui pourtant coule de source. J’ai été complètement séduite par le trait de l’auteur et la mise en page dynamique qui alterne les images pleine page, voir double pages qui regorgent de détails et les images « médaillons » qui offrent un regard plus précis sur une scène, une situation, un peu comme pourrait le faire le storyboard d’un film. Cette alternance se retrouve aussi dans la narration qui prend un rythme répétitif et rassurant au récit qui se destine aux petits dès 2 ou 3 ans. C’est sans surprise que l’on découvre l’amour de Todd-Stanton pour le travail de Hayao Miyazaki dont il semble s’inspirer pour donner vie à ses personnages et les faire évoluer dans une nature luxuriante et vivante aux couleurs vives et attrayantes. Un album et un auteur à découvrir de toute urgence!

Je vous invite à lire l’avis de Pépita, celui d’Isabelle et celui de Céline.

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Jules le souriceau vivait tout seul dans son petit terrier et il aimait ça. Il échappait ainsi à tous ceux qui voulaient le croquer, sous la terre ou en surface : hibou, taupe, blaireau, chien, lapin, fermière. Mais la vie est pleine de surprises. Un jour, parce qu’il a eu pitié d’un renard très rusé, mais surtout affamé, Jules finit par devenir… non ! pas sa proie. Beaucoup mieux que ça !

Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le secret d’Iona

Sky Hawk

Auteure: Gill Lewis

Traductrice: Bee Formentelli

Editeur: Gallimard Jeunesse

Collection:  Folio Junior

Pages: 276

 

Alors qu’il parcourt ses terres avec ses amis, Callum rencontre Iona, une jeune fille étrange, petite fille du vieux fou du village, McNair. Rapidement Iona lui confie un secret: un balbuzard construit son aire sur les terres de la famille du garçon. C’est le début d’une belle amitié qui se tisse au grès des balades et des observations, une amitié dont le cœur tient dans la protection du balbuzard et de sa famille. Lorsqu’il perd son amie, Callum se jette tête baissée dans la protection d’Iris, la femelle balbuzard équipée d’un émetteur GPS. Lorsque le signal disparaît, il lance un appel à l’aide sur internet et rencontre ainsi Jeneba, une jeune africaine qui va apporter son aide à Iris. C’est le début d’une très belle amitié entre ces deux enfants dont le destin, et celui de leurs villages, va être bouleversé.

Gill Lewis a été vétérinaire et a voyagé à travers le monde pour soigner différents animaux. Passionnée par les animaux depuis sa plus tendre enfance, elle livre un récit sensible et touchant sur la sauvegarde d’une espèce menacée, le balbuzard pêcheur. Mais Le secret d’Iona est avant tout une histoire d’amitié qui met en avant le courage et la solidarité. De l’Ecosse à la Gambie, l’auteure nous fait découvrir des paysages dont la beauté est à couper le souffle. Si ses choix scénaristiques nous ont parfois surprises, l’histoire reste cohérente et le personnage de Callum est particulièrement attachant. On sent naître en lui la passion de l’ornithologie mais il n’en reste pas moins sensible à ses amies pour qui il est prêt à soulever des montagnes pour leur venir en aide.

Le secret d’Iona est un roman jeunesse vibrant d’émotions qui plaira aux amoureux de la nature. Il a été récompensé par de nombreux prix lors de sa sortie en 2012.

On notera que l’auteure s’est engagée auprès de la Fondation des Highlands dans un projet de sauvegarde des balbuzards pour poursuivre l’aventure commencée par l’écriture de ce roman.

Quand Callum surprend Iona, la sauvage, l’étrange petite-fille du vieux fou McNair, en train de pêcher dans sa rivière, sur les hautes terres d’Ecosse, ses copains tentent de la chasser. Mais Iona lui révèle bientôt un secret: après plus d’un siècle d’absence, un balbuzard, cet aigle des rivières, est revenu sur l’île au-delà du loch… Les deux enfants échangent une promesse qui changera leur vie à jamais.

album·Lecture à voix haute

Lindbergh, La fabuleuse aventure d’une souris volante

Lindbergh – Die abenteuerliche Geschichte einer fliegenden Maus

Auteur/ Illustrateur: Torben Kuhlmann

Traductrice: Anne-Judith Descombey

Editeur:  NordSud

Pages: 96

Après la plaisir de la découverte de Armstrong, l’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune, mes filles et moi-même savions que nous ne faisions que commencer à découvrir Torben Kuhlmann, jeune artiste allemand passionné et passionnant. Si Juliette et Gabrielle ont lu (et relu) plusieurs fois Lindbergh depuis qu’il est arrivé à la maison, je ne me suis lancée qu’il y a quelques jours. Alors que Gabrielle assistait à son cours de chinois en visioconférence, j’ai proposé à Juliette de lui lire cet album pour l’occuper et passer un petit moment ensemble. Bien qu’elle connaisse l’histoire sur le bout des doigts, elle a profité de ma lecture à voix haute et du fait que je m’attarde sur chaque page, pour en observer plus pleinement les illustrations et savourer ainsi les détails qui fourmillent et apportent tellement à l’histoire dont elles font, au même titre que le texte, le récit.

Lorsqu’elle prend conscience que ses amies ont disparues, une petite souris particulièrement intelligente se dit qu’elles sont probablement parties pour l’Amérique, comme les hommes le font. Les dangers sont grands pour une petite souris et il lui est impossible de rejoindre le paquebot. La rencontre avec un groupe de chauve-souris va lui donner l’idée de s’envoler. Commencent alors les recherches, les essais et expériences qui vont la conduire vers la fabrication du premier avion capable de relier Hambourg à New York. Mais dans l’ombre, les prédateurs la surveillent et ne comptent pas la laisser filer. La petite souris parviendra-telle à s’envoler? Retrouvera-t-elle ses amies?

Torben Kuhlmann nous fait revivre un événement majeur de l’aviation moderne, la première traversée de l’Atlantique sans escale, réalisée par l’Américain Charles Lindbergh à bord du Spirit of St. Louis. Au travers de planches incroyablement détaillées et de son trait parfaitement maîtrisé, il nous entraîne dans les aventures de sa souris dont on perçoit l’intensité des dangers et la motivation et les enjeux à entreprendre une telle expédition. Le texte apporte jusque ce qu’il faut d’informations pour être accessible aux jeunes lecteurs qui ne manqueront pas de s’attacher à cette petite souris.

Lindbergh est un album merveilleux qui permet, l’air de rien, d’aborder la recherche aéronautique et un exploit historique qui a marqué l’humanité. Une fois de plus, notre curiosité et notre esprit d’aventure sont attisés dans cet album audacieux et intelligent à la mise en page dynamique.

Pour aller plus loin, l’avis de Pépita.

Il y a bien des années, une petite souris curieuse et ingénieuse rêve de partir loin de son pays, pour échapper aux dangers. Elle construit une machine volante et traverse l’Atlantique… C’est le début d’une fabuleuse aventure. Et si on réécrivait l’histoire de l’aviation?

album·Documentaires /Livres jeux

Le fil d’Ariane – Mythes et Labyrinthes

Nić Ariadny

filariane

Auteur / Illustrateur: Jan Bajtlik

Traductrice: Lydia Waleryszak

Editeur: La Joie de Lire

Pages: 78

 

Je ne suis pas une adepte des livres-jeux; mes filles en apprécient de temps à autre mais sont plus attirées par les jeux de logique, les enquêtes ou encore les cherche & trouve que par les labyrinthes. Pourtant, à la sortie du Fil d’Ariane, nous avons toutes trois étaient séduites par la thématique en premier lieu – la mythologie grecque est toujours passionnante – et, en second lieu, par la mise en page dynamique et vivante de ce très grand album. 

Jan Bajtlik, artiste polonais, s’inspire des poteries grecques pour illustrer son ouvrage et transporter ses lecteurs dans la Grèce Antique en le perdant dans des labyrinthes riches en détails et informations que l’on prendra plaisir à suivre du doigt pour en trouver l’issue tout en y apprenant (ou en y redécouvrant) beaucoup. Des voyages d’Ulysse à la Guerre de Troie en passant par la découverte de la cité d’Athènes ou encore des Jeux Olympiques, ce magnifique album très graphique, se veut un merveilleux outil ludo-éducatif pour aborder la mythologie et l’histoire de l’Antiquité comme aucun autre livre. Les illustrations regorgent de menus détails drôles et intelligents qui font de chaque labyrinthe un véritable moment de plaisir. L’auteur a par ailleurs su parfaitement intégrer le tracé des labyrinthes dans ses illustrations dont ils deviennent partie intégrante.

En fin d’ouvrage, on trouve un petit dossier qui complète chaque double-page en informations plus détaillées et permet d’aller plus loin dans la compréhension des thèmes qui y sont abordés.

Je vous invite à lire l’avis d’Isabelle ICI.

La mythologie grecque, comme un labyrinthe, pour un lecteur explorateur. Pars à la rencontre d’Héraclès, des argonautes, du Minotaure, des cyclopes, de Sisyphe, d’Ulysse et de la belle Hélène. Participe aux Jeux Olympiques, assiste au théâtre grec et visite l’acropole d’Athènes. Une trace de la Grèce, telle qu’elle existait il y a des millénaires!

album·Documentaires /Livres jeux·Lecture à voix haute

Animaux & Créatures Fabuleuses et Légendaires et de quelques bêtes extraordinaires

Auteurs/ Illustrateurs: Collectif

Editeur:  Marmaille & cie

Collection: Sortilège

Pages: 111

Après deux magnifiques ouvrages sur les Héros, Princes & Chevaliers et les Sorcières, Fées & Princessesles éditions Marmailles enrichissent leur collection Sortilège avec un nouvel album de qualité sur les Animaux & Créatures fabuleuses et légendaires. Le lecteur sera heureux d’y retrouver la qualité des précédents titres tant au niveau du contenu que du contenant.

Fiches descriptives et extraits de textes se succèdent dans ce bestiaire fantastique dont la mise en page rappelle les vieux grimoires magiques. Ce troisième titre est de nouveau divisé en trois parties distinctes: un Bestiaire fantastique présente des créatures plutôt célèbres, principalement issues de la mythologie grecque dans lequel on trouvera essentiellement des fiches descriptives; Les créatures venues du froid, présente des créatures moins connues issues des mythes nordiques. On y découvre par exemple l’histoire du Jörmungand ou celle du Kelpie; la troisième partie est consacrée à des Bêtes et des Contes, et s’intéresse aux créatures fantastiques des contes tels Le Chat Botté, les Dragons ou encore la Sirène.

Conseillé dès 8 ans, je suis d’avis que les jeunes lecteurs auront du mal à appréhender certains textes, je pense par exemple aux extraits de L’Iliade de Homère ou de L’enfer de Dante. Mais les fiches descriptives et les illustrations sauront probablement les séduire et susciter leur intérêt, bien que je reste convaincue que la présence de l’adulte pour une lecture commune serait appréciable. Richement illustré d’anciennes gravures d’origines diverses et variées dont une magnifique carte ancienne en ouverture du livre, on pourra regretter le travail en ombres contrastées des couleurs dominantes de l’ouvrage (vert et doré) de Joseph Vernot pour leur beauté et l’harmonie de la collection.

Il n’empêche que ce bestiaire des Animaux & Créatures fabuleuses et légendaires est un très bel ouvrage, un objet-livre absolument magnifique que j’ai pris plaisir à lire à voix haute à mes filles (bientôt 11 ans). Elles ont préféré la deuxième partie du livre dans laquelle elles ont découvert des mythes qui leur étaient inconnus.

De la licorne au phénix, en passant par le centaure, le dragon ou encore le kraken, cet ouvrage réunit les histoires des créatures fantastiques. Au rythme des constellations, chapitre après chapitre, se déroulent les contes, les légendes d’animaux féroces mais aussi d’animaux proches de l’homme pour bercer les rêves des jeunes enfants, éclairer et illuminer les nuits.

album·Lecture à 2 Voix·Lecture à voix haute·roman jeunesse

Le Petit Prince

Auteur/Illustrateur: Antoine de Saint-Exupéry

Editeur: Gallimard

Collection: Album Junior

Pages: 96

 

Lu à deux voix avec Gabrielle 10 ans 11 mois.

Roman arrivé chez nous pendant le confinement, emprunté à une voisine pour une lecture à deux voix. Gabrielle voulait depuis longtemps lire ce grand classique mais ses amis lui en avaient fait de mauvais retours et elle appréhendait de se lancer. Et comme je ne l’avais jamais lu (honte sur moi), la lecture à deux voix s’est présentée comme une évidence. A deux on est plus fortes!

Il est difficile d’écrire une critique sur un roman aussi connu que Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Conte philosophique et poétique, ce récit pour enfants parait bien plus complexe qu’il n’y parait quand on s’y penche à l’âge adulte. Le texte est simple et dépouillé, à l’image des illustrations, compréhensible par les plus jeunes et pourtant si riche en symboliques. C’est probablement ces différents niveaux de lectures qui en font un récit universel; à moins que ce ne soit la quête de l’enfance perdue, oubliée qui nous pousse à lire (et relire) cet ouvrage si singulier une fois adulte, alors que l’enfant se contentera d’une lecture plus linéaire dans laquelle il retrouvera un imaginaire qu’il connait bien, des questions qu’il se pose… J’imagine qu’il existe de nombreuses interprétations de l’histoire, et que chaque lecteur y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. J’aime pour ma part la dualité qui émerge des thématiques: enfant/adulte, amour/amitié, la vie/la mort… et les met en résonance comme pour mieux nous rappeler que nous avons tous connus, ou connaîtrons, les deux parts de ces paires.

Ce qui est certain est que Le Petit Prince ne laisse pas indifférent. A lire et à relire.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait: « S’il te plait… dessine-moi un mouton! »

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman jeunesse

La fameuse invasion de la Sicile par les ours

La famosa invasione degli orsi in Sicilia

Auteur/Illustrateur: Dino Buzzati

Traductrice:  Hélène Paquier

Editeur:  Gallimard Jeunesse

Collection:  Folio Junior

Pages: 167

Après avoir découvert l’adaptation animée de Lorenzo Mattotti, l’envie de découvrir l’oeuvre originale était très grande. Conseillé dès 10 ans, le film d’animation me semble n’avoir pas rencontré le succès qu’il méritait. Peut-être la date de diffusion n’était-elle pas la meilleure; peut-être est-ce à cause des choix artistiques qui, s’ils sont originaux, sont loin de ce qui se fait en ce moment. C’est pourtant cette singularité dans le dessin et la narration qui fait l’originalité et l’intérêt du film. Car l’histoire de Dino Buzzati est parfaite telle quelle a été écrite et l’animation n’offre qu’un changement de support et de regard sur une histoire qui fait déjà partie des classiques de la littérature jeunesse. Si vous aimez l’animation et que vous cherchez un film original, je vous recommande chaudement de découvrir La fameuse invasion de la Sicile par les ours.

Lors d’un hiver particulièrement rude, les ours meurent de faim dans leurs montagnes. Ils décident de descendre dans la vallée où ils espèrent trouver un accueil chaleureux de la part des hommes et surtout de quoi se nourrir. Pour Léonce, roi des ours, c’est aussi l’occasion de retrouver son fils enlevé quelques années plus tôt. Longue est la route, semée d’embûches et d’ennemis à affronter. Mais les ours comptent bien montrer aux hommes les valeurs d’une vie simple et en harmonie avec la nature, la force de la solidarité et du partage. Ce sont pourtant les ours qui se laissent corrompre par l’oisiveté et l’argent facile, Léonce prend conscience de son erreur.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours se situe entre le conte et le récit philosophique qui prend la forme d’une aventure épique avec son lot de magie et de créatures fantastiques. Entre sangliers qui se transforment en ballons de baudruche, fantômes et Croquemitaine, Dino Buzzati nous entraîne dans une véritable épopée durant laquelle le Roi devra apprendre à gouverner sans préjugés et à bien choisir ses conseillers. Récits en prose et en vers se succèdent avec pertinence et humour. Cette alternance dynamise la narration enrichie des illustrations de l’auteur. Le texte soulève par ailleurs une réflexion sur la place de l’homme dans son environnement et dénonce les travers de notre société moderne qui offre bien des facilités.

A noté la présence d’un carnet de lecture en fin d’ouvrage qui apporte des informations sur l’auteur et son roman. J’ai trouvé original que les illustrations aient vu le jour bien avant le texte et que celui-ci soit venu s’ajouter lorsqu’on demanda à Buzzati d’écrire une histoire en épisodes pour les enfants. Écrite en 1945, l’histoire n’a pas pris une ride. Et pour mes filles et moi, c’est un énorme coup de cœur.

Quand son fils Tonin est enlevé par des chasseurs, le roi des ours rassemble son armée et descend des montagnes. Aidé par le professeur De Ambrosiis, un étrange magicien, il parvient à triompher des hommes. Mais, lorsqu’il retrouve Tonin, le roi des ours découvre combien les richesses, n’est pas fait pour ses semblables…