album

Cours ! (2016)

Auteur : Davide Cali

Illustrateur : Maurizio A.C. Quarello

Editeur : Sarbacane

Pages : 48

Theodore Ray Lewis revient sur son enfance pour raconter comment il est devenu cet homme respectable alors qu’il était si mal parti dans la vie. Theodore en veut la terre entière pour cette vie qu’il déteste. Trop pauvre, trop noir, trop seul, trop différent… Son quotidien est fait des violences nées de la pauvreté et du racisme. Alors Theodore a appris à frapper, à se battre et chaque jour il rend les coups. Il aurait pu sombrer dans la délinquance si un changement de direction au collège n’avait pas mis sur sa route un homme altruiste qui ayant su voir au-delà de sa carapace, a tendu la main vers un Theodore surpris puis conquis.

Amateur de boxe, le directeur encourage le garçon à travailler son souffle et son endurance en courant avant de rêver monter sur un ring. Ce qu’il croit être une punition devient rapidement une vraie passion qui entraîne Theodore vers de nouveaux horizons. Le sport devient catalyseur de ce trop plein d’énergie. En plus d’apaiser Theodore, il lui ouvre d’autres portes et lui permet d’envisager un avenir professionnel qu’il n’avait pas imaginer, un avenir qui permet à l’histoire de se terminer sur une note positive et de fermer la boucle.

Davide Cali & Maurizio A.C. Quarello se retrouvent régulièrement autour d’albums jeunesses et je dois dire que je suis toujours impressionnée par la qualité des titres qu’ils proposent. Après la découverte du magnifique récit post-apocalyptique, On nous appelait les Mouches, qui dénonce les inégalités de genre et la surconsommation en plaçant la culture comme pilier de l’humanité, Cours ! m’a également surprise par la force de sa thématique. Véritable récit initiatique, Cours ! place son héros dans un contexte social fort de l’Amérique post-ségrégationniste, faisant de lui le visage d’une société moderne, forte de son métissage.

Les illustrations de Quarello viennent enrichir le texte et donner vie à ses héros dans des illustrations toujours aussi détaillées que les couleurs « passées » viennent placer dans l’époque. La mise en page dynamise le récit au travers d’un choix de tailles variées des illustrations qui tendent de l’album vers la BD, en passant par le roman illustré. L’effet est tout simplement saisissant de réalisme, et pourtant presque poétique. Coup de !

Les grands champions de boxe, Ray les connait bien. Mais devenir comme eux, même pas en rêve ! Ce qui ne l’empêche pas de se battre à tout bout de champ… Une main tendue va le mettre sur un chemin imprévu – et transformer sa vie.