Bilan·Le coin de Gaby

Lectures d’Avril

Bilan de mes lectures – Gabrielle (12 ans 10 mois)

C’est un bilan de mes lectures principales mais j’ai aussi lu beaucoup de manga/bd ce mois-ci : j’ai relu la série Sailor Moon (et maintenant je regarde la série) et j’ai découvert la série Les secrets de l’apothicaire. Il y a aussi eu la lecture, pour un cours de français, du roman de Victor Hugo, Claude Gueux que j’ai beaucoup aimé.

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J’ai bien aimé les deux nouvelles de la Guerre des Clans. L’histoire est toujours aussi intéressante et chaque nouvelle permet de voir un aspect différent de l’histoire.

Note : 4 sur 5.

La guerre des clans, Nouvelle 1. L’histoire de Feuille de Houx (2012) et Nouvelle 2. Le signe d’Etoile de Brume (2012) , Erin Hunter, 12 21.

Le cinquième tome de la série Sherlock, Lupin et moi, m’as beaucou plu ; j’aime toujours le côté roman policier avec une touche de romance. Le texte est bien écrit et on ne se lasse jamais !

Note : 5 sur 5.

Sherlock, Lupin et moi le château de glace, Irene Adler, 2018, Albin Michel.

Le portrait de Dorian Gray est un livre intéressant qui m’a permis de découvrir un autre style de roman fantastique. Le texte est tellement bien écrit ! Les dessins sont beaux et aident à se plonger dans l’histoire.

Note : 4.5 sur 5.

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde, l’école des loisirs, 2021

Miettes (humour décalé) est un gros coup de cœur. Cette nouvelle parle de sujets actuels tels que la place de chacun dans la société, les différences… Très bien écrit, on se retrouve vite au côté du narrateur.

Note : 5 sur 5.

Miettes (humour décalé), Stéphane Servant, CourtToujours, 2021

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Connaissez-vous ces titres ? En avez-vous lu certains ?

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #26

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. N’ayant pas de nouveaux romans en cours, j’ai pioché dans ma PAL pour ce nouveau rendez-vous hebdomadaire et c’est le magnifique Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë illustré par Nathalie Novi que j’ai pris plaisir à sélectionner. Il y a fort à parier que cette lecture sera pour très bientôt.

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CHAPITRE 1

1801 – Je rentre à l’instant d’une visite à mon propriétaire, le seul voisin dont j’aurai à m’inquiéter. Ce pays est assurément magnifique ! Je ne crois pas que, dans toute l’Angleterre, j’aurais pu arrêter mon choix sur un lieu aussi complètement à l’écart de l’agitation du monde. Un véritable paradis de misanthrope… Et Mr. Heathcliff et moi sommes si bien faits pour nous partager ce désert ! Un gaillard merveilleux ! Il était loin d’imaginer la sympathie que j’éprouvai pour lui quand je vis son regard sombre s’abriter derrière ses sourcils avec tant de suspicion à l’approche de mon cheval, et ses doigts se réfugier avec une détermination jalouse plus profondément sous son gilet quand je déclinai mon identité.

« Mr. Heathcliff ? »

Pour toute réponse, un signe de tête.

« Mr. Lockwood, votre nouveau locataire. Je me fais un honneur de me présenter la plus vite possible après mon arrivée pour vous exprimer l’espoir de ne point vous avoir importuné par mon insistance à solliciter l’occupation de Thrushcross Grange? J’ai, hier, entendu dire que vous aviez envisagé…

_ Monsieur, Trushcross Grange m’appartient », dit-il avec une crispation douloureuse, sans me laisser finir. « Je ne permettrais à personne de m’importuner, si je pouvais l’en empêcher… Entrez ! »

Il prononça cet « entrez » qui signifiait clairement « allez au diable ! », sans desserrer les dents. […]

Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, illustré par Nathalie Novi, Tibert éditions, 2021.

Les Hauts de Hurlevent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

anglais·roman graphique

Anne of Green Gables – a graphic novel (2017)

Adaptation : Mariah Marsden

Illustratrice : Brenna Thummler

Editeur : Andrews McMeel Publishing

Pages : 230

Après le succès du roman de Lucy Maud Montgomery auprès de Gabrielle, je cherchais une façon de prolonger le plaisir en se détournant de la série sans vraiment m’en éloigner. Alors qu’elle me demandait une nouvelle lecture en anglais, j’ai trouvé cette adaptation graphique dont la couverture pleine de promesses n’a laissé aucune place à l’hésitation.

Quand nous avons ouvert cette bande dessinée, je crois que nous avons eu la même réaction, le même mouvement de recul face à des personnages aux traits particuliers : le rouge du nez, la forme des yeux, la taille de la bouche leur donnent un aspect articulé assez étrange. Pourtant, Gabrielle et moi sommes d’accord pour dire que cela ne dure pas et que finalement cela fonctionne même plutôt bien, notamment sur Anne qui est décrite comme assez banale voir peu jolie dans son enfance ; les changements s’opèrent avec le temps et Anne embellit grâce à l’amour et à la vie plus saine que lui offre son nouveau foyer.

Par contre nous avons été séduites par les paysages aux couleurs tantôt pastelles, tantôt vives qui marquent le changement des saisons, donnant le rythme au récit parfois un peu rapide dans l’enchaînement des situations. Des couleurs qui jouent aussi sur les émotions en passant du chaud ou froid. Et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé, chacune de notre côté, les personnages qui peuplent le monde de l’unique et attachante Anne Shirley. Nous avons immédiatement retrouvé notre héroïne au grand cœur et à l’imagination fertile. L’adaptation est très fidèle, reprenant les faits majeurs du récit original, respectant le ton général, l’humour et l’émotion que Montgomery a mis dans son texte.

Anne of Green Gables – a graphic novel est un format qui se prête à la découverte d’une héroïne et d’un texte classique. Les jeunes lecteurs, qui pourraient avoir peur de s’attaquer au roman, se laisseront plus facilement séduire par se format qui ravira également les fans de la série. Ils devraient, tout comme nous, retrouver Anne sur son Ile-du-Prince-Edouard et ne plus avoir envie de partir tant la magie opère dès les premières pages, prolongeant avec délice la lecture du roman dans une envolée poétique et sensible. Le format se prête aussi très bien aux jeunes apprenant l’anglais et pour ceux qui préfèreraient lire dans la langue de Molière, sachez qu’il existe une version française aux éditions Scholastic.

When Matthew and Marilla Cuthbert decide to adopt an orphan to help manage their family farm, they have no idea what delightful trouble awaits them. With flame-red hair and an unstoppable imagination, 11-year-old Anne Shirley takes Green Gables by storm.

L.M. Montgomery’s classic story finds whimsical new ewpression in this graphic novel – perfect for newcomers and kindred spirits alike.

roman jeunesse·Service Presse

Nellie & Phileas – Détectives Globe-Trotters, tome 1. Le Crime de Whitechapel (2022)

Auteure : Roseline Pendule

Illustratrice : Constance Bouckaert

Editeur : Gulf Stream

Collection : 9-12

Pages : 176

Elizabeth Cochrane a douze ans et vit dans les rues de New York. Elle ambitionne de devenir journaliste. Elle embarque vers l’Angleterre après que Monsieur Pulitzer, patron du New York World, l’ait défiée de faire le tour du monde. Sur place, elle découvre que la vie d’enfant des rues n’a rien à envier à celle des américains et, alors qu’elle se demande comment passer sa première nuit, elle entend parler d’un nouveau crime commis par le célèbre assassin Jack l’éventreur. C’est l’occasion qu’elle attendait pour se faire connaître. Accompagnée et aidée du jeune gentleman londonien, Phileas Fogg, elle se lance à la recherche d’informations et d’indices qui lui permettraient de se faire reconnaître en élucidant ce crime mystérieux.

Roseline Pendule signe un premier roman qui ne manque ni d’attrait ni de rythme. Enquête d’investigation, récit policier, Le Crime de Whitechapel séduit le lecteur par son rythme, son histoire et ses personnages. La plume, moderne et immersive, joue sur la succession des rencontres et des étapes de l’enquête pour dynamiser le récit qui entraîne le lecteur dans une course effrénée pour découvrir l’assassin. Le suspens est par ailleurs maintenu jusqu’à la toute fin concernant l’avenir incertain d’Elizabeth dans le monde journalistique. L’auteure s’approprie les codes du genre pour écrire une histoire intéressante, parfaite pour initier les jeunes lecteurs au roman d’enquête. Par ailleurs, l’utilisation de personnages existants est particulièrement intéressante et leur exploitation vraiment pertinente permet de créer une histoire qui tient la route.

D’un côté nous avons un personnage fictif : Phileas Fogg, héros créé par Jules Verne pour son célèbre roman Le tour du monde en 80 jours. Ici présenté comme un adolescent d’une douzaine intelligent, curieux et solitaire, Phileas a tout du parfait gentleman si ce n’est l’absence d’un précepteur, personne qu’il considère inutile à ses apprentissages tant qu’il a accès à la lecture. Avec lui sont également présents son domestique Passepartout et son ennemi l’inspecteur Fix. Les caractères de chacun sont respectés et il est amusant de retrouver l’humour qu’apporte la rivalité Fogg/Fix et le manque de respect mal dissimulé de Passepartout.

De l’autre côté, nous retrouvons Elizabeth Cochrane, personnalité ayant réellement existée. Plus connue sous le nom de plume Nellie Bly, cette américaine s’est illustrée dans le reportage clandestin, le journalisme d’investigation dont elle est considérée pionnière du genre. Elle utilisait son travail pour dénoncer les conditions de travail des ouvriers et notamment celui des femmes. Elle a aussi marqué son époque en souhaitant rivaliser avec Phileas Fogg dans un voyage autour du monde. Alors que beaucoup croit qu’aucune femme ne peut entreprendre une telle expédition, elle bat le record du personnage fictif en effectuant son voyage en 72 jours.

Nellie & Phileas est une série à suivre pour l’intelligence de l’enquête et de l’écriture, pour ses personnages habilement utilisés, notamment pour la petite touche historique et féministe du personnage de Nellie Bly, et pour la qualité de la plume et de la narration. Enfin, je ne peux que saluer le travail sur la couverture entre l’illustration, le choix des couleurs et l’utilisation du doré qui fait ressortir le titre et quelques détails de l’illustration.

Je remercie les éditions Gulf Stream pour l’envoi de ce titre en Service Presse et pour leur confiance renouvelée.

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Quoi de mieux qu’un tour du monde pour dénicher des scoops ? Elizabeth, journaliste en herbe surnommée Nellie, quitte New York pour Londres. La capitale anglaise est en effervescence : Jack l’Eventeur aurait encore frappé ! Persuadée que cette exclusivité lui vaudra l’article du siècle, Elizabeth mène l’enquête et rencontre Philéas, un jeune gentleman lui aussi fasciné par l’affaire. Désormais en duo, les apprentis détectives cavalent après les indices dans les sombres ruelles de la ville. Et si l’assassin n’avait rien à voir avec l’insaisissable Jack ?

album·Lecture à voix haute

Gaston Grognon (2018/2020)

Grumpy Monkey

Auteure : Suzanne Lang

Illustrateur : Max Lang

Traductrice : Eva Grynszpan

Editeur : Casterman

Pages : 34

Non mais regardez-moi cette couverture ! Comment résister ? Ce singe a une trogne absolument irrésistible qui annonce la couleur d’une histoire qui ne pourra que faire rire. Pourtant on ressent la mauvaise humeur sur ce visage très expressif, un sentiment renforcé par la couleur rouge qui laisse peu de place à la surprise.

Les albums sur les émotions commencent à se faire nombreux et il est intéressant de voir que c’est un sujet qui se renouvelle, le petit lecteur étant désormais encourager à exprimer ses sentiments, à les accueillir comme ils viennent et à les accepter. C’est bien entendu le cas avec ce Gaston Grognon qui s’est visiblement levé du mauvais pied. Il a beau dire que tout va bien, ses amis sentent bien qu’il est de méchante humeur. Pourtant la journée est si belle ! Quel dommage de ne pas en profiter pour s’amuser…

Suzanne Lang signe un titre irrésistible qui rappelle qu’être de mauvaise humeur est acceptable, même si le ciel est bleu et que le soleil brille. De même il est acceptable de ne pas savoir pourquoi on se sent grognon. Après tout quand on est joyeux, sait-on forcément pourquoi ? C’est drôle, c’est bienveillant et c’est terriblement réaliste. Les illustrations de Max Lang sont par ailleurs magnifiques, ces personnages sont très expressifs et ne manquent pas d’humour.

Gaston Grognon a su faire rire toute la famille et nous avons hâte de découvrir les autres titres de la série.

Aujourd’hui, Gaston le chimpanzé a le dos tassé et le front tout froissé. Il n’a envie de rien. Alors non, malgré ce que disent ses amis, ce n’est pas une belle journée.

conte/nouvelle/biographie

Quelques secondes encore (2021)

Auteur : Thomas Scotto

Editeur : Nathan

Collection : Court Toujours

Pages : 64

Alban est en mort cérébrale suite à un dramatique accident de parkour, cette activité sportive acrobatique qui consiste à franchir des obstacles urbains. Les médecins pressent la famille à prendre une décision concernant un don d’organes. Anouk, seize ans, veille sur son frère, couché sur son lit d’hôpital. Anouk veille sur sa mère et tente de la convaincre que son frère aurait voulu faire ce don, sauver des vies alors que la sienne ne peut plus l’être.

Quelques secondes encore est une nouvelle puissante qui aborde un sujet délicat avec pudeur et émotions. Le texte est concis, les mots de Thomas Scotto vont directement à l’essentiel. Pas de place pour le superflu, les mots semblent avoir été pesés et choisis pour insister sur l’urgence d’une situation qui demande pourtant le temps de la réflexion. Pour sauver des vies il faut savoir faire taire ses émotions et ne pas réfléchir, simplement trouver la force de prononcer ce « oui » tant espéré.

La brutalité de la situation ressort au travers d’une écriture tranchante, presque agressive qui rappelle le Météore de Antoine Doyle cité en exergue. De la même manière, le lecteur est appelé à observer une scène de loin, une scène qui gagne en consistance au fil des pages, pour s’en approcher au plus prêt alors que l’on en apprend plus sur le personnage. Plus les détails viennent donner de l’épaisseur à la situation, au contexte, et plus l’émotion est forte, violente.

En tant que parent, je me suis immédiatement identifiée à cette mère qui doit prendre une décision capitale à un moment où son monde vient de s’écrouler. Je n’ai pu qu’imaginer la douleur et la puissance des émotions ressenties. Je me suis alors demandée comment accueillir la demande des médecins, comment réfléchir et prendre une décision alors que l’on a devant soi le corp sans vie de son enfant…

La force de l’écriture tient aussi dans le point de vue choisi pour mener la réflexion. Ici c’est la sœur qui porte à bout de bras le choix qu’elle tente d’orienter en se remémorant celui qu’était son frère. Au travers de ses souvenirs elle pousse sa mère a évoquer les siens espérant que cela l’aidera à accepter. L’émotion s’accroit et la décision m’a semblé plus difficile à prendre alors que le jeune homme devenait plus tangible, plus proche… me laissant sans voix lorsque le point final est venu annoncer une décision que je ne m’imagine pas capable de prendre. C’est très fort !

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« On doit savoir, madame. Quels organes ?… Tous ? Certains ? C’est à vous de choisir… »

Lecture à voix haute·roman ado·roman jeunesse

Anne de Redmond (1915/2021)

Anne of the Island

Auteure: Lucy Maud Montgomery

Traductrice : Laure-Lyn Boisseau-Axmann

Editeur : Monsieur Toussaint Louverture

Collection : Monsieur Toussaint Laventure

Pages : 335

Ce troisième tome de la Saga d’Anne marque définitivement la fin de l’enfance. Alors que ses amis se fiancent ou se marient, Anne part étudier sur le continent à l’Université de Redmond, en Nouvelle-Écosse. Sur place, la jeune femme tissent de nouvelles amitiés et découvrent la vie estudiantine, la vie en pension puis la colocation. Il est assez curieux parfois de découvrir qu’impatiente de rentrer à Green Gables, elle n’y trouve finalement plus sa place et n’aspire qu’à revenir à Kingsport auprès de ses nouvelles amies dans la Maison de Patty. Ces visites restent cependant indispensables pour le lecteur car elles sont l’occasion d’avoir des nouvelles de ceux restés sur l’Île-du-Prince-Édouard.

On sent au fil des pages qu’Anne a besoin d’autres choses et que sa nouvelle vie lui apporte bien plus que l’ancienne. Elle conserve cependant des liens forts avec sa famille et certains amis auprès de qui elle prend toujours plaisir à passer un peu de temps. Même si Diana n’est plus la jeune fille romantique d’autrefois et qu’elle prend une direction différente à celle de son amie de cœur, elle n’en reste pas moins une véritable âme sœur.

La quête du grand amour prend soudain une place très importante dans le quotidien de tous ces jeunes gens qui, bien qu’étudiants, pensent déjà à l’après. Anne semble déterminer à finir vieille fille mais espère encore rencontrer son idéal romanesque au détour d’un chemin. Et comme chacun le sait, l’amour peut prendre les formes les plus inattendues et il suffit parfois de regarder bien plus près de soi que l’on ne le pensait pour le trouver.

Anne de Redmond est le volume de la maturité, celui qui marque un tournant décisif dans la vie des héros de Lucy Maud Montgomery. L’auteure semble prendre beaucoup de plaisir à tourmenter ses lecteurs en repoussant le moment où Anne prendra conscience de la direction que prend son cœur. Un choix qui sert à faire évoluer son personnage plus qu’à maintenir le suspens, les signes étant nombreux depuis le volume précédent pour que la question ne se pose.

La lecture à voix haute de ce troisième volume nous a beaucoup plu même s’il nous a parfois semblé que l’ensemble s’essouffle un peu. Nous avons pris bien du plaisir à suivre les nouvelles aventures d’Anne et il est agréable de voir grandir un personnage. Souvent les romans s’arrêtent alors que l’on aimerait garder les personnages un peu plus auprès de soi, savoir ce qu’ils vont devenir et Lucy Maud Montgomery nous permet d’avoir accès à cet après. C’est agréable même s’il est parfois dommage qu’elle s’éloigne de certains personnages auxquels nous nous sommes attachées. Cela ne nous empêchera pas de poursuivre l’aventure aux côtés d’Anne dans la suite de la série, Anne de Windy Willows.

L’avis d’Isabelle est ICI.

Les mots ne s’inventent pas, ils éclosent. – Lucy Maud Montgomery –

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #25

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. La sortie du deuxième tome de la série L’Agence Lovecraft de Jean-Luc Marcastel est un moment que j’attendais avec impatience, et j’ai été agréablement surprise de le trouver dans ma boîte aux lettres en rentrant de vacances. Mon cerveau était en mode repos complet et j’avais oublié attendre des Services Presses des éditions Gulf Stream. Cela a renforcé l’effet surprise et le plaisir de me lancer dans une nouvelle lecture.

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CHAPITRE 1

Yithien

La lumière, mordorée, mais avec une nuance déconcertante, filtrait à travers de hautes, très hautes fenêtres à la découpe bizarre, comme tout ici, dans cette bibliothèque, cette cité entière. Pas de place pour le chaos ni le moindre désordre. Tout obéissait à des règles strictes et codifiées. Un monde feutré, orthonormé, consacré à la connaissance et à l’étude, ainsi que cette architecture, aussi déroutante soit-elle… car elle n’avait pas été pensée pour un usage humain. Il suffisait, pour s’en convaincre, de regarder l’intérieur de ce gigantesque bâtiment dont les rayonnages débordant de loures volumes, les vitrines regorgeant d’artéfacts plus obscurs les uns que les autres, s’alignaient de loin en loin jusqu’à se perdre dans la brume à la teinte indéfinissable… Car ces rayonnages s’étendaient aussi bien horizontalement que verticalement. Sergueï ne pouvait donc savoir dans quel sens ils se trouvaient…

L’agence Lovecraft, Livre 2. Déesse de la Mort de Jean-Luc Marcastel, Gulf Stream, 2022.
rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #24

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine j’ai choisi de mettre en avant une nouvelle qui aborde le sujet difficile du don d’organes. Un sujet étroitement lié à celui du deuil et de l’acceptation, un travail d’autant plus difficile que la personne sur le lit de mort est un jeune, un adolescent, un frère, un fils…

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Il suffirait qu’elle dise « oui ».

Son pouvoir est immense. Il tient en trois lettres…

Peut-être, ça ne décollerait pas ces putains de stickers. Des animaux sauvages qui ne te ressemblent pas, dans une chambre qui n’est même pas le tienne. Même décorée, une chambre d’hôpital reste une chambre d’hôpital. Alors, surement qu’on serait encore un petit peu plus perdues. Ou perdues pour de bon. Mais « o.u.i », ce serait ouvrir le fleuve qu’il nous faut traverser. Forcément.

Et maman ne dit pas « oui ».

Et on ne peut pas lui en vouloir.

Du temps. Elle veut du temps.

Quelques secondes encore de Thomas Scotto, Nathan, 2021.
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Mina (2022)

Auteur/Illustrateur : Matthew Forsythe

Editeur : Little Urban

Collection : ALBUMS

Pages : 64

Mina est une petite souris casanière qui n’aime rien tant que ses livres. La pauvre a cependant fort à faire avec un père aventurier qui ramène toujours des choses surprenantes à la maison. Il atteint des sommets de bêtises lorsqu’il fait entrer un soi-disant écureuil dans leur nid. Bien sûr le lecteur s’aperçoit immédiatement que le dit animal n’est pas un rongeur mais un bon gros matou. Celui-ci, avec son regard dérangeant, se fait pourtant discret et ne cherche pas à s’imposer. La tension monte cependant au fil des pages pour atteindre son paroxysme lorsque le papa souris amène d’autres félins pour remonter le moral du premier. Il faudra attendre la chute et l’arrivée d’un ancien colocataire pour détendre l’atmosphère et faire retomber la pression.

Je dois reconnaître avoir été séduite par la couverture qui mise sur un paysage végétalisé aux couleurs chaudes et douces. Il ne m’a pas fallu longtemps avant de craquer pour cette adorable petite souris et l’univers plein de fantaisie de Matthew Forsythe. Car de la fantaisie il y en a autant dans l’histoire que dans les personnages. L’auteur s’amuse clairement avec son lecteur en utilisant un jeu de dupes compréhensible de tous, même par le petit lecteur. La mise en scène est un élément essentiel de cet album drôle et tendre dont le comique de situation fait rire à tout âge.

Mais je dois bien avouer que ce qui me plait le plus, c’est la poésie des illustrations et leurs couleurs chaudes comme un soleil d’été. Même si j’ai beaucoup rit au comique de situation, c’est aussi et surtout le comique de mots qui m’a le plus amusé. Dans tous les cas, Mina séduit le lecteur par sa fantaisie et son humour universel.

Je vous invite à lire les avis d’Isabelle et de Tachan.

Mina vivait dans son petit monde. Rien ne venait jamais la perturber. Rien ? La vie réserve parfois bien des surprises…