rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #21

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. 

A défaut de publier des billets de mes lectures, je continue de découvrir des récits et je prends le temps de remplir ce rendez-vous hebdomadaire qui permet de faire vivre un minimum le blog, pour lequel je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps à consacrer ces dernières semaines.

Cette semaine, j’ai commencé une nouvelle lecture, en littérature contemporaine. C’est un titre que ma offert mon mari qui a pensé que ce titre pourrait me plaire puisqu’il est question d’un libraire, de livres et que l’histoire prend place en Ecosse, pays que je rêve de visiter. Ce n’est pas un roman, plutôt un journal dans lequel un libraire raconte son quotidien, ses ventes, ses trouvailles et nous livre quelques anecdotes sur son métier, passionnant certes mais pas toujours facile. Ce n’est pas une fiction puisque l’auteur, Shaun Bythell est vraiment libraire en Ecosse et que ce livre est réellement son journal.

***

FÉVRIER

Me plairait-il d’être libraire de métier? En fin de compte, malgré l’amabilité dont mon patron a fait montre à mon égard et malgré les quelques jours heureux que j’ai passés dans cette boutique, ma réponse en non.

George ORWELL

« Quand j’étais libraire ».

La réticence d’Orwell à s’engager dans le métier de libraire n’a rien d’étonnant. Le stéréotype du propriétaire impatient, intolérant et asocial – incarné avec tant de justesse par Dylan Moran dans la série Black Books – paraît (dans l’ensemble) conforme à la réalité. Bien sûr, il y a des exceptions, et nombre de libraires sont loin de ce cliché. Malheureusement, pas moi. Cela n’a pas toujours été le cas, cependant, et j’ai souvenir d’avoir été, avant d’acheter la boutique, quelqu’un de plutôt souple et chaleureux. La pluie de questions assommantes dont on m’accable, la situation financière alarmante de mon commerce, mes continuelles prises de bec avec le personnel et les incessants et épuisants marchandages des clients ont fini par me rendre tel. Y changerais-je quoi que ce soit ? Pas le moins du monde.

La première fois que j’ai vu la librairie The Book Shop, j’avais dix-huit ans, je vivais encore dans ma ville natale, Wigtown, et j’étais sur le point d’entrer à l’université. Je me souviens nettement d’être passé devant avec un ami et d’avoir parié qu’elle fermerait avant la fin de l’année. Douze ans plus tard, alors que j’étais revenu fêter Noël chez mes parents, je suis entré dans la boutique pour voir s’ils avaient Trois Fièvres de Leo Walmsley et, tout en papotant avec le propriétaire, je lui ai avoué que j’avais du mal à trouver un travail qui me plaisait. Il m’a proposé de racheter son commerce, m’expliquant qu’il avait hâte de prendre sa retraite. Quand je lui ai dit que je n’avais pas un sou en poche, il m’a répliqué : « Vous n’avez pas besoin d’argent – à votre avis, les banques, ça sert à quoi ? » Moins d’un an plus tard, le 1er novembre 2001, un mois (jour pour jour) après mon trente-et-unième anniversaire, je suis devenu propriétaire des lieux. Avant de prendre la relève, j’aurais peut-être mieux fait de lire « Quand j’étais libraire », un texte de George Orwell publié en 1936. […]

Le libraire de Wigtown de Shaun Bythell, J’ai Lu, 2021.

2 commentaires sur “Premières lignes #21

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