roman jeunesse

L’invention de Hugo Cabret (2007/2008)

The Invention of Hugo Cabret

Auteur/Illustrateur : Brian Selznick

Traductrice : Danièle Laruelle

Editeur : Bayard Jeunesse

Pages : 533

Depuis bientôt deux ans que je participe au blog collectif A l’ombre du Grand Arbre, je ne compte plus les découvertes enthousiasmantes que mes copinautes m’ont permis de faire. Mais de toutes celles qui m’ont séduites, jamais aucune n’aura égalée L’invention de Hugo Cabret de Brian Selznick. J’ai d’abord été assez surprise par l’objet-livre : un pavé de plus de cinq cents pages de papier épais protégé par une épaisse couverture de carton. Mais cette surprise ne fut rien comparée à celle de découvrir qu’au final le texte ne couvre même pas deux cents pages et que c’est l’illustration qui va venir donner vie à l’histoire, comme dans un film.

L’illustrateur américain utilise des techniques qui rappellent le mouvement d’une caméra, proposant une succession de dessins qui se rapprochent ou s’éloignent progressivement (travelling avant et arrière), créant un effet visuel assez bluffant. Le texte et l’image s’associent pour nous conter une histoire fascinante, véritable hommage au septième art et à Georges Méliès et son œuvre, dont quelques photogrammes viennent ponctuer l’ouvrage. L’ensemble est de toute beauté et amène une dimension nouvelle au livre. L’image n’étant pas là pour illustrer le texte mais bien pour le remplacer, s’y substituer, elle fait avancer l’histoire, la raconte comme le ferait un film muet et cela fonctionne à merveille.

On comprend que Martin Scorsese ait voulu en faire un film tant le format s’y prête. Pourtant pour moi, le résultat cinématographique n’a pas été à la hauteur de ce que j’imaginais et a même été plutôt décevant. Je passerai sur certains choix qui m’ont gênés pour m’arrêter sur le plus important : il m’a manqué cette alternance texte-images qui apporte vraiment quelque chose de plus. Le film ne peut jouer que sur l’aspect visuel et quelque part, je trouve que cela appauvrit l’histoire.

L’invention de Hugo Cabret est un grand livre. Véritable plaisir des sens, la lecture prend une perspective différente et novatrice. La petite histoire et la grande se croisent pour témoigner d’une époque révolue qui a vu naître le cinéma et les effets spéciaux. Cela m’a donné envie d’aller plus loin encore et de regarder Le Voyage dans la Lune, court métrage de 1902, considéré comme le premier film de science-fiction et je n’ai pas été déçue.

Je vous invite à lire les avis d’Isabelle et de Lucie.

Hugo Cabret est orphelin. Son oncle l’héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or, le garçon a une obsession : achever de réparer l’automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l’incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à lui délivrer… Une fillette amoureuse des livres, un vieux marchand de jouets, hargneux, une clé volée, un dessin mystérieux, un précieux carnet de croquis forment les rouages de cette fascinante énigme.

roman ado

L’enfant Pan (2021)

Auteur : Arnaud Druelle

Editeur : Gulf Stream

Collection : Echos

Pages : 240

L’histoire prend place dans le Londres de 1881, un Londres sombre et cruels qui n’est pas sans rappeler les romans de Charles Dickens. Peter Hawkson porte déjà un lourd passé pour un si jeune garçon. L’Oiseau Blanc, cette école pour garçons, devait lui offrir une nouvelle vie, lui donner une chance, mais le destin est parfois cruel, surtout lorsqu’il est entre les mains d’un cruel Squeeler dont la seule joie dans l’existence semble tenir dans son mépris des autres et le mal qu’il peut leur faire. Pris au piège, acculé, Peter ne doit son salut qu’à deux petits fées venus à sa rencontre pour l’emmener au Pays-de-Nulle-Part où vit le mystérieux Egon Pan.

Plus qu’une réécriture de Peter Pan, L’enfant Pan est un préquel qui ramène aux origines de Peter et à son arrivée au Pays-de-Nulle-Part. Le récit se divise en deux parties distinctes : la première introduit Peter, sa vie à Londres, ses difficultés et son aversion pour les adultes, la perte totale de confiance qu’il pourrait avoir en eux ; la seconde nous emmène au Pays-de-Nulle-Part, à la redécouverte d’un univers pas si éloigné de celui que le lecteur du roman de James Matthew Barry mais régit par d’autres règles. Si cette seconde moitié du livre m’a enchantée, ce fut moins le cas de la première que j’ai trouvé assez longue. J’ai peiné à lire la misère et la douleur d’un monde trop souvent injuste et cruel avec les plus faibles, un monde dans lequel trop d’enfants manquent d’amour et de nourriture.

Pourtant l’écriture d’Arnaud Druelle est habile et très visuelle ; agréables à lire, ses mots nous transportent dans l’univers qu’il dépeint avec force. Je pense qu’à ce moment de la lecture j’attendais un récit plus optimiste, plus à l’image des jeux de Peter Pan et des enfants perdus. Mais l’histoire prend un tournant différent une fois le héros arrivé au Pays-de-Nulle-Part et le texte bascule dans un univers fantastique qui s’approprie les codes du roman de Barry tout en les réinventant. C’est à partir de là que l’histoire m’a captivée et que je n’ai plus réussi à lâcher le livre jusqu’à l’avoir fini. Arnaud Druelle reprend tout ce qui fait le monde de Peter Pan : ses pirates, ses lagunes et sirènes, ses fées et leur poussière d’étoile… mais crée en même temps un nouveau monde dont l’équilibre fragile repose avant tout sur le temps, la façon dont il s’écoule et se renouvelle dans une boucle temporelle qui repose sur une balance affectée par le changement.

Au final, L’enfant Pan n’était pas le roman que j’attendais mais il n’en reste pas moins une très belle surprise que je recommande aux fans de cet enfant qui ne voulait pas grandir.

Je vous invite à lire l’avis très enthousiaste de Blandine.

***

Londres, 1881. Après son passage devant le juge, le jeune Peter Hawkson est placé à L’Oiseau Blanc, école privée pour garçons. Malgré toute la bonne volonté du directeur, Peter ne se sent pas à sa place. Injustement accusé d’avoir incendié l’infirmerie, il décide de fuir. Deux étranges petites fées surgissent et le convainquent de rejoindre un mystérieux Egon au Pays-de-Nulle-Part. Sur cette île, tout est possible : avec son nouvel ami, Peter apprend à voler grâce à de la poussière d’étoile, nage avec des néréides dans des lagunes turquoises et sillonne la montagne à dos de centaure. Pourtant, l’équilibre de ce monde merveilleux ne tient qu’à un fil… que le terrible capitaine du Jolly Roger n’hésitera pas à trancher de son sabre. Le pirate n’a qu’une obsession : faire couler le sang du Pan.

Classiques·Lecture à voix haute·roman

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908/2022)

Auteur : Maurice Leblanc

Editeur : Gallimard jeunesse

Collection : Folio Junior – Textes classiques

Pages : 336

Avec Gabrielle, nous continuons notre découverte des aventures d’Arsène Lupin. Ce deuxième recueil avait un attrait supplémentaire pour la demoiselle puisque notre gentleman cambrioleur y affronte Herlock Sholmès. Il est évident dès les premières pages que cette version du célèbre détective anglais n’est qu’une pâle copie, que dis-je, une carricature, du héros créé par Sir Arthur Conan Doyle. On comprendra que ce dernier n’aie pas apprécié de voir ses héros tournés en ridicule.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès est un recueil de deux nouvelles qui font suite à la dernière publiée dans Arsène Lupin Gentleman cambrioleur, Herlock Sholmès arrive trop tard. Dans la première, intitulée La Dame Blonde, Herlock Sholmès est appelé à l’aide quand la police française se trouve confronté à un vol qui devient bientôt une affaire plus complexe impliquant un enlèvement, un assassinat et un bijou volé… Dans la seconde nouvelle, La Lampe juive, le détective est appelé en France par le baron d’Imblevalle, à qui on a volé une lampe contenant un précieux bijou. Alors que Lupin demande à Holmès de ne pas intervenir dans cette affaire, le jeu n’en est que plus tentant et il accepte l’enquête dont le résultat ira à l’encontre des intérêts du cambrioleur qui, cette fois-ci, voulait aider la famille du baron.

Dans ce deuxième recueil, on retrouve un Arsène Lupin au meilleur de sa forme. Il fait preuve d’espièglerie dans ses rapports à Herlock Sholmès, ne manquant jamais d’humour et d’esprit pour arriver à ses fins. Il aime tourner en dérision la police française et ce cher inspecteur Ganimard qui en arrive à le laisser faire comme il l’entend, préférant garder la tête haute que de devenir la risée de l’opinion publique toute à Lupin et ses méthodes. La rencontre entre Sholmès et Lupin est un moment délicieux pour le lecteur, une discussion autour d’un verre dans un restaurant, un échange cordiale, un défi lancé comme une invitation à jouer, comme pour pimenter une affaire trop facile.

On pourrait regretter que Herlock Sholmès et son fidèle ami Wilson ne soient que la parodie des héros de Conan Doyle, pourtant, tout à la lecture et au plaisir de lire les aventures d’Arsène Lupin, cela ne nous a pas gênées. Je crois que nous avons pris ces deux personnages comme s’ils n’existaient que sous cette identité. J’avoue avoir pensé au début que Maurice Leblanc devait être un grand amateur de Sherlock Holmes et souhaitait rendre hommage à son auteur mais il apparait rapidement que c’est plutôt une façon de se moquer et peut-être aussi de se détacher de ce surnom, que lui aurait donné son éditeur pour le motiver, de « Conan Doyle français ».

En tout cas, pour nous Arsène Lupin contre Herlock Sholmès est un récit humoristique qui ne nous a ni fait perdre notre intérêt pour la série de Maurice Leblanc, ni nous détourner de celle de Conan Doyle. Après tout, nous avons affaire à deux grands auteurs qui s’illustrent dans des registres proches en se positionnant dans des camps opposés. La finesse de l’écriture et l’intelligence des enquêtes nous ont a nouveau conquises, de même qu’Arsène Lupin nous a de nouveau séduites par sa nonchalance apparente, son charme et son humour caustique.

***

Qui a volé le célèbre diamant bleu ? Arsène Lupin, bien sûr ! Pour coincer l’insaisissable détective du monde, l’Anglais Herlock Sholmès en personne. Entre ces génies s’engage un duel où tous les coups sont permis !

roman jeunesse

Harry Potter à l’école des sorciers, illustré et animé (2020)

Harry Potter and the Philosopher Stone

Auteure : J.K. Rowling

Illustrateurs : MinaLima

Traducteur : Jean-François Ménard

Editeur : Gallimard jeunesse

Pages : 368

Avec la superbe édition illustrée par Jim Kay, je pensais avoir lu la version la plus immersive de Harry Potter à l’école des sorciers. Mais c’était sans compter sur le studio MinaLima qui se réapproprie complètement l’univers créé par J.K. Rowling autour de visuels uniques qui vont de l’illustration aux animations pop-up en passant par la décoration des pages écrites. L’ensemble donne un volume incroyable coloré et dynamique, véritable plaisir pour les sens.

MinaLima est un groupe de deux artistes, Miraphora Mina et Eduardo Lima, qui sont à l’origine de l’univers visuel des films Harry Potter. A la suite de quoi ils créent leur propre studio et tout en continuant de créer les décors et accessoires du Wizarding World, ils se lancent dans l’édition avec une collection de classiques illustrés. C’est donc tout naturellement qu’ils proposent leur propre version illustrée de la saga de Harry Potter.

Pour cette énième lecture, j’ai pris un plaisir immense à redécouvrir le texte de J.K. Rowling rendu presque palpable par le dynamisme de la mise en page. Car plus que de pouvoir ouvrir la lettre avec Harry, de pouvoir faire tourner les aiguilles de la montre/boussole de Dumbledore ou encore de voir apparaître le visage de Voldemort dans le déroulement du turban de Quirell, c’est de voir Hagrid traverser la page sur la moto de Surius en coupant le texte, les hiboux voler ou les lettres de Poudlard se répandre littéralement de la cheminée des Dursley qui m’a procurer des frissons.

Harry Potter à l’école des sorciers illustré par MinaLima c’est une expérience de lecture unique qui nous en met plein les mirettes. Une édition collector à offrir et à s’offrir par pur esprit de collectionnite-aigüe.

Pas de magie pour Harry Potter : il vit chez un oncle et une tante qui le détestent, dort dans un placard sous l’escalier, et jamais on ne lui a fêté son anniversaire. Son existence bascule le jour de ses onze ans quand un géant lui apporte une lettre et d’incroyables nouvelles : Harry n’est pas un garçon comme les autres, une place l’attend à l’école de sorcellerie de Poudlard ! Amitié, maths de Quidditch, cours de sortilèges et combats contre des trolls : une aventure extraordinaire est sur le point de commencer. Mais un mystère entoure la naissance du jeune sorcier…

album

Le bibliobus (2021)

Moose’s Book Bus

Auteure/Illustratrice : Inga Moore

Traductrice : Aude Gwendoline

Editeur : l’école des loisirs

Collection : Pastel

Pages : 56

J’apprécie depuis longtemps le charme désuet des albums d’Inga Moore, cette auteure anglo-australienne pour la jeunesse qui n’a pas son pareil pour raconter des histoires aux valeurs intemporelles. Ses personnages anthropomorphes ont ce mélange de réalisme et d’imaginaire qui séduisent par la beauté du trait et les relations qu’ils entretiennent dans une communauté qui tend vers celle des humains. Dans Le Bibliobus, on retrouve les mêmes animaux que dans La Maison dans les Bois, si ce n’est qu’ils n’ont pas d’autre identité que celui de leur espèce. On pourrait tout à fait penser que cette histoire en est une suite, écrite dix ans plus tard même si rien dans le texte ne le précise.

Elan et sa famille n’aiment rien tant que de se retrouver autour d’une histoire. Mais lorsqu’il a fait le tour de celles qu’il connait, Elan ne trouve personne pour lui prêter un livre ; il se rend alors à la ville pour en emprunter à la bibliothèque. Intéressés, ses voisins de la forêt viennent chaque soir l’écouter avec leurs familles. Bientôt, Elan se charge de créer un bibliobus qu’il remplit grâce à la bibliothèque de la ville afin de rendre accessible la lecture à tous les habitants de la forêt. Quand il apprend qu’aucun ne sait lire, il enseigne la lecture à sa voisine Ourse qui l’enseigne à Blairelle qui l’enseigne à son tour jusqu’à ce que, bientôt, tout le monde soit capable de lire et puisse venir emprunter des ouvrages dans le bibliobus.

Le Bibliobus est un bien bel album qui valorise la lecture et le partage. Car il ne fait aucune doute que le livre rassemble et, est fédérateur de liens familiaux et sociaux très forts. Si Inga Moore dédie cet album aux bibliothécaires, on peut cependant dire qu’il s’adresse à tous les lecteurs. Autour d’Elan, une véritable communauté de lecteurs vient se former, ramenant à une époque plus lointaine où les histoires se transmettaient à l’oral autour du feu. C’est d’ailleurs la transmission qui est mise en avant par l’apprentissage de la lecture qui devient ici un véritable échange entre les membres d’une même collectivité. A découvrir en famille et à voix haute !

Inga Moore sur le blog : La maison dans les bois, Le chapitaine et Le vent dans les Saules (illustré).

Quand Elan racontait une histoire, personne n’égalait ses talents de conteur. Un jour pourtant, il fut à court d’idées. Le lendemain, il décida donc d’aller en ville… à la bibliothèque.

album·anglais·Lecture à voix haute

How the Grinch Stole Christmas (2016)

Auteur : Dr. Seuss

Illustrateur : Dr. Seuss

Editeur : HarperCollins

Pages : 56

Au pays des Whos, il est un individu solitaire et grincheux qui vit seul dans une caverne au nord de la ville, le Grinch. Chaque année, l’approche de Noël rend les Whos heureux car tous les Whos aiment Noël. Le Grinch, lui, déteste Noël. Personne ne sait vraiment pourquoi mais il a vraiment du mal à supporter la période de l’Avent et encore plus les festivités qui vont avec. Aussi cette année, il a l’idée diabolique d’empêcher Noël d’arriver en volant aux Whos leur fête. Mais une fois son forfait accompli, le Grinch est surpris par la réaction de ses voisins.

Grand classique de la littérature enfantine américaine, How the Grinch Stole Christmas ! est né de l’imagination du Dr. Seuss, qui n’était absolument pas médecin puisqu’il travaillait comme caricaturiste pour la presse américaine. Il s’est cependant rendu célèbre en écrivant pour les enfants suite à la lecture d’un article sur l’analphabétisme qui concluait qu’ils n’apprenaient pas à lire car les livres étaient ennuyeux. En réduisant à 250 mots une liste de mots usuels indispensables, il écrit The Cat in the Hat qui sera suivi d’autres ouvrages du même acabit.

Ce qui surprend agréablement à la lecture du texte anglais est la forme rythmique du phrasé. En effet, bien que limité en mots, le récit est écrit en vers ce qui ajoute une touche humoristique et musicale à la poésie du texte. Par ailleurs, le trait caricatural du Dr. Seuss est conservé pour donner vie à des personnages qui ne manquent ni d’originalité ni de vie. Le Grinch, avec sa couleur verte et ses airs démoniaques, se révèle intelligent et drôle. Manipulateur, menteur, il surprend cependant par son opportunisme qui révèle un fond meilleur qu’il n’y parait. How the Grinch Stole Christmas ! est un album à découvrir pour sa forme langagière, son humour caustique et ses valeurs.

Every Who Down in Who-ville Liked Christmas a lot…

But the Grinch, Who lived just north of Who-ville, Did NOT !

Bilan·Le coin de Ju

Bilan d’une lectrice de 12 ans – Janvier 2022

Parce qu’elle aimerait aussi voir compiler ses lectures mais n’a pas l’envie d’écrire sur le blog, j’ouvre ce deuxième bilan mensuel pour Juliette, sœur jumelle de Gabrielle. Je me dis par ailleurs que cela pourrait donner des idées aux mamans qui passent par ici, d’autant que, vous le constaterez rapidement, elles ont des goûts très différents. Ici pas d’avis, juste la présentation de l’éditeur et une note étoilée de la part de Juliette.

Lectures de janvier – Juliette (12 ans 7 mois)

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La rivière à l’envers, tome 2. Hannah, Jean-Claude Mourlevat, PKJ., 2014.

Dans La rivière à l’envers, Tomek nous entraînait dans son incroyable quête : trouver la rivière Qjar et son eau qui empêche de mourir. Nous marchions avec lui sur les pas de Hannah. Cette fois-ci, c’est Hannah elle-même qui raconte son voyage sur la vertigineuse Route du Ciel, puis à travers le désert. Son récit nous fait découvrir des contrées nouvelles, mais on y retrouve aussi des paysages connus : la Forêt de l’Oubli, la prairie, l’océan…

Note : 3.5 sur 5.

La Quête du Renard Blanc, tome 1. La pierre Mystérieuse, Chen Jiatong, Casterman, 2019.

Rien ne sera plus jamais pareil pour Dilah le renardeau. Juste avant de mourir, sa mère lui confie son plus précieux trésor, une pierre de lune magique qui le guide vers un lieu où il deviendra humain. Mais cette pierre extraordinaire est convoitée par une horde de renards bleus, prête à tout pour s’en emparer ! Forcé de fuir, Dilah s’aventure dans des contrées inconnues et rencontre des animaux qu’il n’aurait jamais imaginé croiser. Un phoque farceur, une fouine rusée, un lapin guérisseur… Autant d’alliés qui le soutiendront dans sa quête, car les renards bleus rôdent, plus déterminés que jamais…

Note : 5 sur 5.

La Quête du Renard Blanc, tome 2. Les cinq épreuves, Chen Jiatong, Casterman, 2021.

La quête continue pour Dilah et ses amis. Toujours guidés par la pierre de lune et cernés par leurs ennemis, ils veulent atteindre l’île du Renard où se trouve le trésor d’Ullah. Dans cet endroit hostile, cinq épreuves les attendent. Chacun d’eux devra se confronter à sa plus grande peur : se sacrifier pour un ami, traverser les flammes alors qu’on craint le feu, répondre en un temps record à trois énigmes, et surtout pour Dilah, l’épreuve ultime : prouver qu’il est prêt à mourir pour réaliser son rêve…

Note : 5 sur 5.

La guerre des clans Cycle I, Erin Hunter, PKJ, 2017 – INTEGRALE 1 & 2

En s’aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu’il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers. Rebaptisé Nuage de Feu, il est adopté par le Clan du Tonnerre, un des quatre clans de chats sauvages qui se partagent la forêt depuis des générations… Pour défendre son territoire, il va devoir faire face aux sinistres guerriers de l’Ombre, de plus en plus menaçants…

Note : 5 sur 5.

La romance de l’Ogre Yosipovitch, Matthieu Sylvander & Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs, Neuf, 2019.

Édouard est amoureux de Bella. Mais à part la taille de leurs crocs, ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun. Édouard est un ogre terriblement grossier et malodorant, alors que Bella est une cyclope particulièrement coquette et raffinée. Elle l’a donc prévenu: s’il veut lui plaire, il doit apprendre les bonnes manières et se transformer en gentleman d’ici leur prochain rendez-vous. Sinon, tout ogre qu’il est, elle n’en fera qu’une bouchée. Édouard n’a aucune chance! À moins de tomber par le plus grand des hasards sur un expert en bonnes manières dans les Noires Forêts de l’Oural…

Note : 5 sur 5.

La guerre des clans Cycle II, Erin Hunter, PKJ, 2008 à 2011 – Tomes 7 à 12

Depuis la mort d’Etoile du Tigre et la défaite du Clan du Sang, la forêt a connu bien des lunes de paix et de prospérité. Mais un danger menace à présent les chats sauvages. Le Clan des Etoiles désigne quatre élus, issus des quatre Clans, et les envoie en secret  » là où le soleil sombre dans l’eau « . Un terrible voyage commence. Les élus sauront-ils oublier leurs différences pour mener la quête à son terme ?

Note : 5 sur 5.

La guerre des clans Cycle III, Erin Hunter, PKJ, 2011 à 2014 – Tomes 13 à 18

La paix entre les Clans est-elle vraiment rétablie ? Tenaillé par la faim, le clan de l’Ombre tente d’agrandir son territoire et défie ses voisins. Étoile de Feu entend alors en rêve une nouvelle prophétie : « Ils seront trois, parents de tes parents, à détenir le pouvoir des étoiles entre leurs griffes. »
S’agit-il des petits de Griffe de Ronce, son lieutenant ? Petit Houx, Petit Lion et Petit Geai sortent à peine de la pouponnière. Pourtant la menace gronde, et pour la survie de leur clan, ils devront se battre aussi vaillamment que les meilleurs guerriers.

Note : 5 sur 5.

La guerre des clans Cycle IV, Erin Hunter, PKJ, 2014 à 2017 – Tomes 19 à 24

Depuis que Feuille de Houx a disparu, ses deux frères, éperdus, cherchent à savoir quel est le troisième chat désigné par la prophétie. Mais un terrible danger les détourne de leur quête : la rivière qui alimente le lac s’est tarie. Si cette sécheresse perdure, la vie de tous les animaux de la région sera menacée. Ce nouveau péril exacerbe les tensions entre clans rivaux. C’est alors que Petite Colombe, une très jeune chatte, reçoit en rêve ce mystérieux message : « Après le Geai au regard de lynx et le lion rugissant, la paix viendra de l’aile de Colombe ». Perdue, la jeune chatte ne sait que faire de cette prophétie. A qui peut-elle se fier ?

Note : 5 sur 5.

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On pourrait diviser en deux groupes les livres que lit Juliette. Ceux qu’elle a en version papier et qu’elle amène au collège pour lire durant le quart d’heure lecture quotidien ; et ceux qu’elle lit sur sa liseuse, le matin avant de partir au collège (en prenant son petit déjeuner), et le soir, avant de dormir (dans son lit). Pour ce premier bilan, La guerre des clans correspond à cette deuxième catégorie alors que les autres entrent plutôt dans la première. De plus, si elle a lu des nouveautés (pour elle du moins) sur papier, pour La guerre des clans il s’agit d’une relecture.

Lecture à voix haute·roman jeunesse

L’affaire du cheval qui savait compter (2021)

Auteure : Natacha Henry

Editeur : Rageot

Pages : 192 pages

Berlin, la foule se presse dans une cour de la rue Griebenow pour assister au spectacle de Hans, le cheval. Tapant le sabot sur le sol, l’animal répond aux questions de son maître. Sans jamais se tromper, Hans le malin répond à des questions de calcul, de lecture ou d’harmonie musicale. Son propriétaire, Wilhelm von Osten, ancien enseignant, l’a éduqué comme il l’aurait fait avec ses élèves. Parmi les spectateurs, on rencontre Théo, un jeune homme qui travaille à l’université aux côtés du scientifique, Oskar Pfungst.

Mais il y a surtout Charlotte, une jeune fille qui rêve de faire les études que la mort de son père a interrompues faute de moyens. Curieuse par nature, la jeune fille mène son enquête, bientôt admise, disons plutôt tolérée, dans le cercle de scientifiques venus étudier le célèbre cheval. Car si Oskar Pfungst l’accepte et reconnaît son intelligence, ce n’est pas le cas des autres messieurs qui pensent que la science et les femmes n’ont rien en commun et doivent être tenus à distance. Nous sommes en 1904 et si l’on peut avoir des doutes sur l’intelligence d’un cheval, pour de nombreux hommes, il n’y en a aucun sur son absence chez la femme.

Heureusement, Charlotte est bien entourée. Et grâce à une cliente régulière de l’épicerie familiale, un nouveau monde va s’ouvrir à elle, un monde qui donne l’accès à la culture à tous, gratuitement : la bibliothèque. Bona Peiser a en effet était la première bibliothécaire allemande et a contribué à la professionnalisation des jeunes filles dans ce métier.

Dans L’affaire du cheval qui savait compter, Natacha Henry aborde différentes thématiques en s’inspirant de faits réels qui s’inscrivent dans une époque en plein changement. Si la science, et notamment l’intelligence animale, est au cœur de récit, l’auteure n’en profite pas moins pour intégrer une thématique que l’on retrouve dans l’ensemble de ses titres jeunesses : la place des femmes dans la société. Le lien ténu entre les deux domaines se fait naturellement au travers de Charlotte qui s’intéresse à la psychologie animale et cherche à améliorer son existence en exerçant un métier qu’elle aurait choisi et qui la placerait au cœur d’un monde plus riche culturellement. L’amour du livre prend également une place importante tant pour sa valeur éducative que pour les liens sociaux et culturels qu’ils tissent.

L’affaire du cheval qui savait compter est un roman captivant et accessible qui se lit très rapidement. L’écriture est dynamique et le récit ne manque pas d’intérêt. Lu à voix haute cette lecture, partagée avec mes deux filles, nous a séduites par la diversité des thèmes qui se croisent et rappellent le chemin parcouru sur l’intégration des femmes dans la société et sur le rapport homme-animal étroitement lié à la compréhension de l’intelligence de ce dernier.

En fin d’ouvrage, un dossier sur l’histoire de Hans et son propriétaire, sur Oskar Pfungst et Bona Peiser viennent compléter l’ouvrage, prolongeant un peu plus la lecture en l’inscrivant un peu plus dans la réalité.

1904. Berlin, Rue Griebenow. Charlotte se presse parmi la foule venue admirer le pur-sang Hans, qui fait sensation. Du sabot, le cheval compte juste et répond aux questions de son maître ! Animal génial ou bien spectacle truqué ? Pour en avoir le cœur net, la jeune fille enquête. Des sociétés savantes étudient le cheval prodigieux. Un jour, un scientifique invite Charlotte à tester Hans…

album·roman jeunesse

Princesse Sara – Aventures d’une petite écolière anglaise, illustré (1888/2021)

Sara Crewe : or, What Happened at Miss Minchin’s

Auteure : Frances Hodgson Burnett

Illustratrice : Nathalie Novi

Traducteur : Georges Lamy

Editeur : Albin Michel

Pages : 96

Sara Crewe arrive à Londres après avoir grandie aux Indes. Son père, soucieux de son éducation, la place dans un Pensionnat aristocratique de jeunes demoiselles dont il a entendu dire beaucoup de bien. Avec ses manières élégantes et sa richesse, Sara devient le faire-valoir de la directrice, Miss Minchin. Mais lorsque le père de la fillette vient à mourir, la laissant orpheline et sans argent, le destin de l’enfant prend un tournant tragique. Sara devient domestique, pour ne pas dire esclave, et atterrit sous les toits, dans une mansarde insalubre et glacée. Seule et victime de toutes les privations, elle ne doit son salut qu’à la compagnie de sa poupée, Emily, et à son imagination qui lui permet de s’évader grâce au jeu « supposons que ».

Princesse Sara a marqué mon enfance par son adaptation pour la télévision par le studio japonais Nippon Animation, à qui l’on doit d’ailleurs un grand nombre d’adaptations de classiques de la littérature jeunesse. Par la suite j’avais également lu le roman de Frances Hodgson Burnett. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert sa sortie dans la collection des classiques illustrés, dirigée par Benjamin Lacombe aux éditions Albin Michel, par l’intermédiaire du blog Les Blablas de Tachan (sa critique). Plaisir d’autant plus grand que c’est Nathalie Novi qui est en charge de l’illustration et que j’aime tout particulièrement son travail.

Les illustrations couleurs et les crayonnés rappellent beaucoup son travail sur Jane Eyre (Tibert éditions) par la profondeur qui se dégage des personnages ainsi que par le jeu des couleurs et des perspectives. On retrouve également de nombreux motifs fleuris et animaliers comme dans l’ensemble de son œuvre, ainsi que quelques peintures sur carte géographique qui renforcent le sentiment d’immersion et l’encrage du récit. La couverture n’est pas en reste et donne le ton d’un récit poétique et désuet qui révèle la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre, en opposition à l’imagination et à l’innocence propres à l’enfance.

Comme nous l’apprenons dans la postface, le texte retenu pour cette édition illustrée est celui de la version initiale publiée en feuilleton dans le mensuel américain pour enfants St. Nicholas Magazine en 1888. Plus tranché, le texte se suffit de l’essentiel et se voit démunie de ce qui fait la richesse du roman, plus étoffé et enrichi de nombreux personnages secondaires, figures amicales qui apportent un peu de tendresse au quotidien de Sara. Dans cette première version, le lecteur se confronte, aux côtés de Sara, à la cruauté d’un monde dirigé par l’argent et la cupidité, un monde dans lequel des adultes laissent mourir les enfants qui ont eu le malheur de se retrouver orphelin.

Princesse Sara est un très beau récit servi par une plume dramatique et touchante qui dénonce le sort réservé aux plus pauvres tout en étant porteuse d’espoir. Sublimé par les illustrations d’une artiste qui place l’enfance au cœur de son œuvre, le texte de Frances Hodgson Burnett s’inscrit dans la pure tradition des classiques jeunesse du XIXè siècle. Il est ici valorisé par le format de l’édition qui en fait un objet-livre à avoir et à offrir.

Nathalie Novi sur le blog : A l’ombre de l’olivier (livre-cd), Jane Eyre (illustré) et Et si on redessinait le monde?

Sara a été élevée en Inde par son père, le capitaine anglais Ralph Crewe. A son septième anniversaire, elle est envoyée à Londres pour étudier dans le pensionnat de Miss Minchin. Fortunée, elle s’y retrouve favorite : mais tout bascule lorsque son père disparaît tragiquement – et sa richesse avec lui. Sara devient alors le souffre-douleur de la directrice, mais son imagination lui permet de s’évader en jouant à son jeu préféré, « Supposons que ». Et si, et si… et si Sara était une princesse ?

BD/manga

Kodi (2021)

Auteur : Jared Cullum

Traducteur : Mickaël Géreume

Editeur : Komics Initiative

Collection : Mavericks

Pages : 189

Katya est une fillette introvertie qui passe ses vacances en Alaska avec sa grand-mère. Poussée à sortir par cette dernière, la fillette est surprise par l’orage et tombe littéralement sur un ours en plein cœur de le forêt. Affamé et blessé, celui-ci est tout aussi surpris par cette rencontre qui va bouleverser leurs existences. Car plutôt que de s’enfuir, Katya court chercher sa grand-mère pour venir en aide à cet animal coincé sous un arbre. Kodi, ainsi baptisé en raison de son espèce (ours kodiak), s’installe dans la chambre de Katya jusqu’à son départ précipité pour Seattle. Abandonné et seul, l’ours part à la recherche de l’enfant.

Kodi est l’histoire d’une rencontre improbable entre une enfant et un ours solitaires. Improbable certes mais la magie opère devant cette complicité et cet attachement qui naissent sous nos yeux ébahis par tant de beauté et d’expressivité. Kodi c’est aussi la rencontre avec un artiste : Jared Cullum n’a que quelques titres à son actif et celui-ci est le premier qui arrive en France grâce à Mickaël Géreume, séduit par les aquarelles de l’artiste américain, formé en autodidacte en s’inspirant d’artistes européens. Des paysages sauvages de l’Alaska à ceux plus urbanisés de Seattle, sa palette de couleurs se renouvelle au fil des pages mais captive d’un bout à l’autre par le réalisme et la lumière qui s’en dégagent. Une lumière que l’on retrouve dans la richesse des expressions de ses personnages dont la diversité des traits permet une identification immédiate.

Fable enfantine, Kodi est un récit sensible et tendre, une histoire d’amitié éternelle née d’un moment imprévu, inattendu et d’une action guidée par la générosité et l’amour. A lire et relire sans modération !

Quelque part en Alaska, Katya passe ses vacances dans le chalet de sa grand-mère. Ses seuls amis, elle le trouve dans les bandes dessinées. Un jour, sa route croise celle d’un ours kodiak. Blessé, affamé, il fait peine à voir. Pas le choix ! Il faut l’aider. La naissance d’une amitié, ça tient parfois à rien !