BD/manga

Running Girl – Ma course pour les Paralympiques (2019/2020)

Rin a perdu une partie de jambe droite suite à un sarcome osseux. A tout juste seize ans, la jeune fille peine à retrouver une vie normale. Alors qu’elle va faire contrôler sa prothèse, elle rencontre un groupe de coureurs handisports qui portent un type de prothèses très différentes de la sienne : une lame de sportif fabriquée en carbone. Intriguée et intéressée, l’adolescente se lance dans la course, reprenant goût à la vie et retrouvant peu à peu des facultés qu’elle pensait perdues à jamais. Son nouvel objectif est de participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo.

Running Girl est un manga sur le sport au sens premier du terme mais qui tire son épingle du jeu en proposant un regard sur l’handisport. Les mangas pour fille sur le handicap et la maladie sont de plus en plus courants mais ont souvent tendance à tirer sur la corde sensible en abordant les difficultés d’intégration et de vie des personnages, voir à sortir la carte romance. Si les yeux larmoyants restent très présents, l’histoire a le mérite de s’intéresser aux particularités de la pratique d’un sport lorsque l’on est en situation de handicap. Les différents sportifs débordent d’énergie et sont plein d’une joie de vivre qui fait plaisir à voir.

Rin est une héroïne qui porte l’espoir de son équipe en plus du sien. En découvrant la course, elle se prend en main et trouve la force d’avancer un pas après l’autre pour redonner du sens à sa vie. La mangaka a pris le temps de s’informer auprès de spécialistes pour créer un récit fidèle à la réalité. Elle va au-delà de la simple narration et expliquant le challenge des concepteurs à fournir aux athlètes des lames de qualité qui se substituent à la jambe, les difficultés pour le sportif de l’utiliser, sans oublier l’investissement financier que cela représente quand aucune prise en charge n’existe pour ces lames considérées comme un équipement.

Running Girl est une courte série en trois volume qui permet de découvrir un univers méconnue avec un regard bienveillant et optimiste. La mangaka ne cherche pas à tirer les larmes mais à montrer qu’on peut vivre heureux et faire du sport même quand on a perdu un membre.

Je vous invite à lire les avis très complets de Tachan et de MaLecturothèque.

Une nouvelle héroïne avance sur la ligne de départ !

Rin, suite à un sarcome osseux, a dû être amputée d’une partie de sa jambe droite. Depuis, la lycéenne a bien du mal à retrouver goût à la vie. Mais grâce à sa découverte des lames, des prothèses adaptées aux sportifs, la jeune fille va se fixer un nouvel objectif : participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo!

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #10

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine j’ai choisi de mettre en avant un roman dont je vous ai parlé plus tôt, une dystopie féministe qui saura séduire par son écriture visuelle immersive, sa construction narrative intelligente et ses personnages de caractères. Villa Anima de Mathilde Maras.

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CHAPITRE 1

La coquille se fendille

Les bottines de la jeune fille claquaient dans les flaques tandis qu’elle empruntait la rue des meuniers. Traversant d’un pas énergique la chaussée, elle fit un bond de côté pour éviter un cavalier et s’engagea dans l’artère principale du village.

Balançant l’ourlet de sa robe, le pied agile, elle descendit du trottoir, se glissa dans une venelle et poussa la porte de la maisonnette ouvrière qu’elle partageait avec ses parents et ses deux sœurs. Leur logis ne payait pas de mine, mais elles avaient un toit sur la tête et des murs solides pour les protéger des assauts venteux de ce début d’automne. Le moellonnage apparent et les pavés défoncés lui donnaient quelques fois le sentiment de vivre dans une arrière-boutique.

Magdalène poussa le fragile panneau de bois, le referma, repoussa les torchons qui obstruaient le pas de la porte. Tous les moyens étaient bons pour se défendre du froid qui s’insinuait dans chaque interstice. Ils avaient fait réparer dans chaque interstice. Ils avaient fait réparer la charpente et la toiture l’année dernière – toujours avec les moyens du bord, c’est-à-dire l’aide de leurs voisins directs -, les bardages et châssis attendraient encore.

_ Bonjour, maman

Son étreinte chassa les dernières bribes d’automne de l’esprit de Magda.

Son père, Henrik, avait quitté la maison des semaines plus tôt, envoyé sur un chantier à l’extrême nord de l’empire.

_ Je t’ai apporté ça.

L’adolescente posa un sac de toile qu’elle portait en bandoulière sur la table de la cuisine, dont chaque pied provenait d’un meuble différent. Elle défit le nœud qui le retenait et présenta à sa mère les fruits de sa cueillette, l’équivalent de trois pleines poignées de champignons des bois.

_ Tu en as trouvé beaucoup, apprécia sa mère en commençant déjà à les trier.

Magda acquiesça, puis elle s’enquit de ses sœurs :

_ Paula et Chiara sont déjà la?

_ Oui, elles sont dans la chambre.

Aussitôt mentionnée, Chiara appelé vivement son aînée depuis la cage d’escalier.

_ S’teu plaît, Mag, vient m’aider!

_ Je viens, je viens, soupira la principale intéressée.

De quatre ans sa cadette, Chiara l’attendait de pied ferme en haut des marches. Magda se débarrassa de son châle qu’elle laissa choir sur la rampe d’escalier.

_ Je suis là, arrête de crier.

_ Il y a encore des mouches dans la chambre et j’arrive pas à les attraper, expliqua Chiara.

L’adolescente dépassa sa petite sœur, avec laquelle elle partageait les mêmes cheveux noir de jais, la même carnation ensoleillée qui lui valaient les regards réprobateurs de ses camarades de classe et des professeurs. Leur mère, Cassia, n’était pas originaire des provinces d’Eau-Forte. Elle avait rencontré leur père loin au sud, là où le soleil vous réchauffait toute l’année, où les rues étaient parcourues de chansons et où les légumes des maraîchers brillaient tant qu’on s’y mirait.

Magda conservait peu de souvenirs d’Hélionne, la villa australe qui l’avait vue naître. Le soleil radieux et l’air parfumé à l’iode marin ne suffisant pas à remédier à la pauvreté ni à la menace de famine, son travail terminé, son père les emmena chez lui. A Eau-Noire, village dans lequel ils vivaient encore aujourd’hui, Magda avait découvert le froid caverneux du Nord, l’humidité et la domination des visages pâles.

Villa Anima de Mathilde Maras, GulfStream, 2021.
album

Juste un fraisier (2020)

Auteure / Illustratrice : Amandine Laprun

Editeur : Actes Sud

Pages : 32

Prix sorcières 2021 Carrément Beau Mini

Voilà un album très grand format tout en carton parfait pour les petits yeux et les petites mains. Avec son dessin en taille réelle, l’immersion est totale. A hauteur d’enfant, on se retrouve plongés dans le potager au fil des saisons. Le plan fixe permet d’observer et de s’imprégner du temps qui passe, suivant l’évolution des plans de fraisiers et la course folle des oiseaux qui se succèdent selon le rythme des migrations saisonnières.

Le dessin d’Amandine Laprun est précis, réaliste et rempli de détails qui permettent d’animer le visuel. Le texte prend la forme d’une discussion entre Melvil, un petit garçon, sa maman et sa petite copine/voisine Lisa qui aime venir jouer avec lui. Ensemble ils participent au soin apporté au jardin. Les mains s’activent pour lui donner vie et les langues se délient pour apprendre tout un tas de choses.

Moi, c’est Melvil. Ce que je préfère dans la vie, c’est jouer dehors. Surtout dans le jardin, pour chiper quelques fraises ! Mais pour avoir de bonnes fraises, il faut bien s’occuper des petits fraisiers. Et quand Lisa passe à la maison pour m’aider à faire la cueillette, je sais qu’on ne va pas s’ennuyer…

conte/nouvelle/biographie

Les enquêtes de Sherlock Holmes : L’aventure du ruban moucheté (1883/2009)

The Adventure of the Speckled Band

Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Traductrice : Blandine Longre

Illustratrice : Christel Espié

Editeur : Sarbacane

Collection : Les grands classiques illustrés

Pages : 62

Après un travail en anglais sur le genre « Crime and Mystery Fiction », Gabrielle s’est lancée dans la découverte des classiques du genre. Si elle a apprécié And Then There Were None d’Agatha Christie, c’est définitivement le grand Sherlock Holmes de Conan Doyle qui a su la séduire par sa personnalité et son génie. Bien sûr, la série TV de 2010 avec Benedict Cumberbatch n’y est pas pour rien. Si pour ma part je ne pense pas lire toutes les nouvelles qu’elle dévore, je ne pouvais faire l’impasse sur cette version illustrée publiée dans une collection que j’affectionne tout particulièrement.

Dans L’aventure du ruban moucheté, l’enquête entraîne Holmes et son acolyte Watson à lever le voile sur une mort survenue deux ans auparavant. Les mystères advenus à cette époque semblent se produire à nouveau, poussant la jeune fille de la maison à venir chercher de l’aide. A peine arrivés sur les lieux, le célèbre détective se met à l’œuvre, accumulant les indices pour les associer et dénouer le nœud de l’énigme.

Racontée par le Dr Watson, cette histoire met en avant les talents d’observation et de déduction de Sherlock Holmes dont il prend plaisir à suivre le travail. Si l’histoire ne m’a pas semblée sortir du lot, c’est ici le travail d’illustratrice de Christel Espié qui illumine le récit. Son trait précis et son interprétation des personnages et des décors ainsi que le choix des couleurs viennent sublimer le texte. Bien qu’écrit à la fin du dix-neuvième siècle, le texte est accessible aux jeunes lecteurs qui découvriront ainsi un classique de la littérature dans un langage abordable. Par ailleurs la longueur très courte des chapitres et les nombreuses illustrations n’en faciliteront que d’avantage la lecture.

Une jeune femme affolée réveille à l’aube Sherlock Holmes et son ami Watson : sa sœur a péri dans des circonstances inexpliquées, tandis que son beau-père, homme brutal et coléreux, l’effraie de plus en plus… Le célèbre détective se rend aussitôt sur les lieux, où il devra faire appel à toute son intelligence pour dénouer les fils du mystère!

roman ado·roman young adult·Service Presse

Villa Anima (2021)

Auteure : Mathilde Maras

Editeur : Gulf Stream

Collection : Echos

Pages : 320

A paraître le 23 septembre

Magdalène, seize ans, vit à Eau-Noire avec sa famille. Avec sa peau sombre et ses cheveux noirs, elle n’a jamais vraiment réussi à s’intégrer dans ce pays où tous sont blancs aux cheveux blonds. Sa différence physique attire les regards et les préjugés. Gouverné par la Main, le pays est soumis à des lois autoritaires et patriarcales qui laissent peu de place aux libertés et aux possibilités de s’élever socialement, encore plus si l’on est une fille/femme. Lorsqu’elle se découvre enceinte, Magda décide de passer les épreuves de la Villa Anima dont la réussite lui permettrait d’accéder à l’interruption de grossesse. Sur place, elle s’aperçoit que les épreuves ne sont peut-être pas aussi inaccessibles qu’on le dit. Alors que les dangers se multiplient, la jeune fille se lance à l’assaut des différents paliers, gorgée de l’espoir de changer son destin et celui de ses proches.

Villa anima est portée par une héroïne de caractère qui se bat pour changer le monde. Malgré ses peurs et ses doutes, elle arrive toujours à trouver la motivation nécessaire et suffisante pour continuer à avancer vers son objectif. Et quand elle flanche, ses proches ont toujours un mot pour l’aider à se relever. Les personnages secondaires ne sont pas nombreux mais l’auteure a su leur insuffler assez de personnalité pour les rendre intéressants. Notamment en la personne de Racal, une jeune fille forte, qui pratique les combats de rue pour subvenir aux besoins de sa famille et en Reynes Degraives, antagoniste par excellence. Manipulateur et Maître de cérémonie, il dirige la Villa Anima comme s’il en était le seigneur et maître. Il considère d’un très mauvais œil l’ascension d’une jeune fille du peuple, voyant en sa réussite la menace de l’équilibre politique et la porte ouverte à tous.

Mais c’est probablement la Villa Anima elle-même qui surprend le plus. De sa description personnifiée à la survenue d’évènements déconcertants, la villa semble animée d’une volonté propre qui bouleverse l’équilibre et trouble les facultés de jugements du lecteur tout autant que celui de l’héroïne. Elle semble opposer une résistance à Magdalène et à sa réussite, amenant la jeune fille à se questionner sur les intentions et les motivations réelles de ces tests qu’elle s’impose. A certains moments, il est difficile de déterminer si nous sommes encore dans la réalité, si la villa joue un rôle dans l’organisation des épreuves ou si cela vient d’une personne tapie dans l’ombre qui tirerait des ficelles bien plus emmêlées qu’il n’y parait.

Entre ses personnages féminins et le combat mené pour une plus grande égalité des genres, Villa Anima s’inscrit dans les romans dystopiques féministes. Malgré quelques longueurs, l’histoire est vraiment intéressante et interroge constamment, poussant à lire toujours plus pour comprendre où l’auteure souhaite nous emmener. L’écriture est très visuelle, permettant une plus grande immersion dans le récit. La construction du récit est intelligente et permet de suivre l’évolution de l’héroïne ainsi que le fonctionnement de cet empire qui enferme les gens dans un rôle défini par leur naissance et leur sexe.

Villa Anima est un premier roman séduisant, à l’écriture moderne. Son récit engagé, porté par des personnages attirants voir, pour certains, intrigants en fait un livre féministe qui plaira aux amateurs du genre. A découvrir cette semaine en librairie!

Je remercie les éditions Gulf Stream pour ce partenariat.

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Lorsque les portes massives de la Villa Anima se referment derrière elle, Magdalène a le sentiment d’être engloutie par un monstre. Mais dans cet endroit mythique foulé par les plus grands elle ne peut se retourner si elle veut atteindre son objectif : remporter la première épreuve de l’Esprit, celle de l’écharpe verte. Un simple morceau de soie qui lui octroierait un statut dans la société, alors qu’elle est une femme, ainsi que le droit de mettre un terme à cette grossesse qu’elle ne désire pas du haut de ses seize ans. Quelle sera la nature du défi à relever ? Nécessite-t-il, comme on le dit, des aptitudes spirituelles hors du commun ? Magda se prépare comme elle peut entre ces murs où elle assiste à d’étranges phénomènes, allant jusqu’à se demander si son esprit lui joue des tours… ou si quelqu’un ne souhaiterait pas la détourner de son projet. Le méprisant maître de cérémonie peut-être, devant lequel elle peine à étouffer une ambition nouvelle. Car, si elle parvient à obtenir la première épreuve, pourquoi s’arrêterait-elle en chemin ?

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Premères lignes #9

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine, je propose de découvrir un récit allemand écrit en 2004 par Walter Moers. Seul volume traduit en français semble-t-il, ce roman est pourtant le quatrième tome sur six de la série Zamonie. L’auteur est très connu outre-Rhin mais reste très discret et n’est jamais apparu en photo, probablement pour se protéger. En effet, suite à la publication d’une bande dessinée satyrique sur Adolf Hitler (Adolf, di Nazisau) il aurait reçu des menaces de la droite allemande. La Cité des livres qui rêvent est un récit fantastique dans lequel on croise de nombreuses créatures oniriques et horrifiques…

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La citadelle des Dragons

Quand un jeune habitant de la citadelle des Dragons est en âge d’apprendre à lire et à écrire, ses parents lui attribuent un parrain en écriture. La plupart du temps, il s’agit d’un membre de la famille ou du cercle étroit d’amis qui prend en charge l’éducation littéraire du jeune dragon. Le parrain lui enseigne l’écriture et la lecture, l’initie à la création poétique zamonienne, lui recommande des lectures et lui apprend le métier d’écrivain. Il lui fait réciter des poèmes, enrichit son vocabulaire – et ainsi de suite ; il ne s’agit que de mesures utiles au développement artistique de son filleul.

Dancelot de Tournerimes, mon parrain et oncle maternel, patriarche de la citadelle des Dragons, avait déjà plus de huit cents ans quand il me prit sous son aile. Dancelot était un versificateur sérieux, sans ambitions excessives ; il composait sur commande, essentiellement des éloges à l’occasion de fêtes. En outre, il était considéré comme un excellent auteur de discours de table et d’éloges funèbres. C’était plus un liseur qu’un écrivain, un être qui jouissait mieux de la page finie que de son élaboration. Membre de nombreux jurys littéraires, lecteur indépendant et nègre, il organisait des concours d’écriture. Lui-même n’avait rédigé qu’un seul ouvrage – Du plaisir horticole – dans lequel il avait brillamment thématisé le gavage du chou-fleur et les implications philosophiques du compostage. Dancelot aimait presque autant le jardinage que la littérature et ne se lassait jamais d’établir des parallèles entre la nature domestiquée et l’écriture. Un fraisier qu’il avait planté revêtait à ses yeux la même importance qu’un poème de sa composition : il comparait le nombre de rangées d’asperges à celui des rimes, un tas de compost équivalait à un essai philosophique. Permettez-moi, patients amis, de vous citer un bref extrait de son ouvrage épuisé de longue date – la description d’un simple chou-fleur bleu le dépeint de manière nettement plus vivante que des milliers de mots venant de moi :

[…] (à découvrir à la lecture 😉 )

Voilà du Dancelot de Tournemises tout craché. Attaché à la nature, amoureux de la langue, toujours précis dans ses observations, optimiste, un peu excentrique et aussi ennuyeux que possible dès qu’il s’agit de l’objet de son travail littéraire : le chou-fleur.

Je garde seulement de bons souvenirs de lui, à l’exception des trois mois qui ont suivi sa blessure à la tête causée par une pierre lancée avec une fronde – pendant l’un des nombreux sièges de la citadelle des Dragons. A l’époque, il se prenait pour une armoire remplie de lunettes pas nettoyées. Je craignais qu’il ne revienne plus de son univers démentiel, mais il guérit du grave coup reçu. Sa dernière grippe lui fut malheureusement fatale.

La Cité des Livres qui Rêvent de Water Moers, folio junior, 2021.

BD/manga·masse critique

La Ferme des Animaux – BD (2021)

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleur : Diego L. Parada

Editeur : Jungle

Collection : Pépites

Pages : 64

Adaptation du roman éponyme de George Orwell, cette bande dessinée s’adresse à un lecteur assez jeune. Le style graphique est précis, les cases se succèdent à un rythme suffisant pour donner vie à l’histoire comme le ferait un film d’animation. L’entrée dans l’histoire est d’ailleurs particulièrement intéressante de ce point de vue puisque le plan se rapproche peu à peu, partant d’un plan large sur la ferme à un plan rapproché sur un groupe d’animaux dont on ne distingue qu’une partie du corps. Pour nous amener à l’introduction de l’histoire : la réunion tenue par Sage l’Ancien qui va donner aux animaux l’idée de leur révolution. Par ailleurs le choix des couleurs et le trait des personnages permettent d’alléger le caractère plus violent de l’histoire.

L’adaptation est fidèle au récit à part quelques scènes supprimées et l’absence du chant patriotique « Bêtes d’Angleterre ». Si j’ai trouvé cela dommage, cela ne nuit absolument pas à la compréhension. Disons surtout qu’après la lecture du roman, cela sonne comme un manque. Par ailleurs j’ai trouvé la fin un peu précipitée, quelques planches de plus n’auraient pas été de trop pour conclure. Mais ce ne sont que des détails qui ne gêneront pas l’enfant.

On retrouve en fin d’ouvrage des jeux et des questions de compréhensions comme pour les autres titres de la collection. J’avoue ne pas m’arrêter sur ces pages. Mes filles (douze ans) disent avoir regardé mais ne pas y avoir trouvé d’intérêt particulier.

Je remercie les éditions Jungle et Babelio pour ce partenariat.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les hommes. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir. Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure. Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #8

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Après avoir lu d’un trait La ferme des animaux de George Orwell, je m’attaque à son autre roman célèbre, 1984. En voici les premières lignes.

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PREMIERE PARTIE

1

C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour éviter que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.

Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. A l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était cloué au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.

Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. A chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascendeur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

1984, de George Orwell, folio sf, 2021

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

roman ado·roman young adult

La Ville sans Vent (2020)

Auteure : Eléonore Devillepoix

Editeur : Hachette

Collection : Romans

Pages : 442

A Hyperborée, les habitants ne souffrent pas des intempéries liées au climat extrême de la région car la ville est enfermée sous un dôme protecteur. Sa construction en niveaux rattachés par des canaux en fait une cité inégalitaire dans laquelle ceux du bas vivent dans la pauvreté et la saleté alors que ceux du haut vivent dans l’opulence et le faste. Difficile de quitter la fange pour s’élever lorsque le passage des niveaux se monnaie au prix fort. Pour Arka, une bonne dose d’ingéniosité et une habileté combinée à une capacité à survivre hors du commun, seront la clé de la réussite. De courses de chevaux aux tests de l’Attribution, Arka réussit à se hisser parmi les élus qui pourront suivre la formation des mages au septième niveau. Elle est alors placée sous la responsabilité de Lastyanax, un génie dans son genre. 19 ans à peine et récemment élu plus jeune ministre d’Hyperborée, il doit s’assurer de préserver sa vie et celle d’Arka tout en enquêtant discrètement sur les conditions troublantes de la mort de son mentor. S’il espérait pouvoir compter sur son nouveau statut, il va vite déjanter.

Premier volet d’un diptyque de fantasy adolescente, La ville sans vent nous entraine dans un univers politique plus complexe qu’il n’y parait dans lequel un complot se trame dans l’ombre. La magie est omniprésente et les quelques sorts lancés, s’ils n’ont rien d’exceptionnels, servent à aider les personnages dans leur quotidien ou à se sortir de situations difficiles. La mise en place de l’intrigue est assez lente alors que la résolution finale m’a semblée rapidement traitée. Si j’ai trouvé les personnages intéressants et bien développés, j’ai eu plus de mal avec la ville en elle-même que je n’ai jamais vraiment réussi à me représenter. Si je reste sur un avis mitigé, l’intrigue a su donner un rythme intéressant au récit et le final a su laissé suffisamment de questionnements pour donner envie de lire la suite.

Lu en lecture commune avec Gabrielle, ce roman l’a bien plus séduite que moi. Elle a d’ailleurs enchainé avec la suite qu’elle a dévoré. Du haut de ses douze ans, elle est le public cible et on sent bien que son intérêt pour les univers fantastiques, la magie, les dystopies lui ont permis de pleinement apprécier ce roman, ses personnages et son intrigue.

***

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.