BD/manga·masse critique

La Ferme des Animaux – BD (2021)

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleur : Diego L. Parada

Editeur : Jungle

Collection : Pépites

Pages : 64

Adaptation du roman éponyme de George Orwell, cette bande dessinée s’adresse à un lecteur assez jeune. Le style graphique est précis, les cases se succèdent à un rythme suffisant pour donner vie à l’histoire comme le ferait un film d’animation. L’entrée dans l’histoire est d’ailleurs particulièrement intéressante de ce point de vue puisque le plan se rapproche peu à peu, partant d’un plan large sur la ferme à un plan rapproché sur un groupe d’animaux dont on ne distingue qu’une partie du corps. Pour nous amener à l’introduction de l’histoire : la réunion tenue par Sage l’Ancien qui va donner aux animaux l’idée de leur révolution. Par ailleurs le choix des couleurs et le trait des personnages permettent d’alléger le caractère plus violent de l’histoire.

L’adaptation est fidèle au récit à part quelques scènes supprimées et l’absence du chant patriotique « Bêtes d’Angleterre ». Si j’ai trouvé cela dommage, cela ne nuit absolument pas à la compréhension. Disons surtout qu’après la lecture du roman, cela sonne comme un manque. Par ailleurs j’ai trouvé la fin un peu précipitée, quelques planches de plus n’auraient pas été de trop pour conclure. Mais ce ne sont que des détails qui ne gêneront pas l’enfant.

On retrouve en fin d’ouvrage des jeux et des questions de compréhensions comme pour les autres titres de la collection. J’avoue ne pas m’arrêter sur ces pages. Mes filles (douze ans) disent avoir regardé mais ne pas y avoir trouvé d’intérêt particulier.

Je remercie les éditions Jungle et Babelio pour ce partenariat.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les hommes. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir. Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure. Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #8

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Après avoir lu d’un trait La ferme des animaux de George Orwell, je m’attaque à son autre roman célèbre, 1984. En voici les premières lignes.

***

PREMIERE PARTIE

1

C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour éviter que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.

Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. A l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était cloué au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.

Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. A chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascendeur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

1984, de George Orwell, folio sf, 2021

conte/nouvelle/biographie·Lecture à voix haute·roman·roman ado

La Ferme des Animaux (1945/2021)

Animal Farm

Auteur : George Orwell

Traducteur : Stéphane Labbe

Editeur : Le livre de poche jeunesse

Pages : 144

Cette année, l’œuvre de George Orwell est tombée dans le domaine public, laissant une grande liberté aux éditeurs et aux artistes de ressortir ces textes en les adaptant sous divers formats. Avant d’en découvrir les bandes dessinées, je voulais m’intéresser aux romans pour m’imprégner du texte d’origine pour mieux en apprécier la mise en images. J’ai choisi de commencer avec le célèbre La ferme des animaux dont je reviendrai très rapidement avec la présentation d’adaptations. Gabrielle ayant adoré ces bandes dessinées, je lui ai proposé la lecture à voix haute du roman qui lui a vraiment plu.

Alors qu’ils viennent de se débarrasser de leur maître, les animaux sont liés par les sept commandements qui placent chacun à égalité avec les autres espèces et positionne l’humain comme l’ennemi, l’indésirable duquel il faut se méfier en formant un corps uni. Pourtant, rapidement les cochons prennent la tête du mouvement ; formant l’élite, ils asservissent les autres animaux en leur promettant toujours une vie meilleure. Modifiant les commandements, manipulant les faits passés à leur avantage, ils instaurent un climat de peur et dénaturent les idéaux. Lorsqu’un dictateur sort du lot, il devient vite évident que les promesses d’une vie meilleure sont utopiques, que les objectifs sont inatteignables et ne servent que le nouveau maître des lieux.

Conte animalier, satyre politique, La ferme des animaux se veut une critique du régime stalinien et des états totalitaires en général. Car au travers de la révolution menée par les animaux de la ferme, Orwell revient bien sur la révolution russe, des promesses porteuses d’espoir d’un monde plus égalitaire et plus respectueux des hommes. Des idéaux portés par les cochons derrière lesquels il n’est pas si compliqué de retrouver les acteurs politiques qui portèrent le communisme à son paroxysme.

Roman le plus connu d’Orwell, avec 1984, La ferme des animaux peut tout aussi bien être lu par un enfant qu’un adulte de par le format de la fable animalière qui dénonce sur le ton de l’humour satyrique le pouvoirs et la cruauté exercés par des tyrans qui s’octroient tous les pouvoirs aux détriments d’un peuple soumis par la peur, la faim et le labeur. Publié pour la première fois en 1945, le succès est immédiat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le succès de ce court roman n’a pas diminué avec le temps, le sujet résonne encore trop souvent avec l’actualité.

L’avis d’Isabelle est à lire ICI.

A la Ferme du manoir, les animaux en ont assez d’être maltraités. Major l’ancien, leur doyen, leur a ouvert les yeux sur la tyrannie de l’homme. Il faut faire la révolution ! Une fois le fermier banni, les animaux décident de ne plus se laisser commander. Pour veiller à cela, sept règles sont édictées et rédigées par les cochons. La dernière est claire : tous les animaux sont égaux. Mais le temps passe et les commandements changent, un par un. Jusqu’à ce qu’on puisse lire : tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres.

roman ado·roman young adult

La Ville sans Vent (2020)

Auteure : Eléonore Devillepoix

Editeur : Hachette

Collection : Romans

Pages : 442

A Hyperborée, les habitants ne souffrent pas des intempéries liées au climat extrême de la région car la ville est enfermée sous un dôme protecteur. Sa construction en niveaux rattachés par des canaux en fait une cité inégalitaire dans laquelle ceux du bas vivent dans la pauvreté et la saleté alors que ceux du haut vivent dans l’opulence et le faste. Difficile de quitter la fange pour s’élever lorsque le passage des niveaux se monnaie au prix fort. Pour Arka, une bonne dose d’ingéniosité et une habileté combinée à une capacité à survivre hors du commun, seront la clé de la réussite. De courses de chevaux aux tests de l’Attribution, Arka réussit à se hisser parmi les élus qui pourront suivre la formation des mages au septième niveau. Elle est alors placée sous la responsabilité de Lastyanax, un génie dans son genre. 19 ans à peine et récemment élu plus jeune ministre d’Hyperborée, il doit s’assurer de préserver sa vie et celle d’Arka tout en enquêtant discrètement sur les conditions troublantes de la mort de son mentor. S’il espérait pouvoir compter sur son nouveau statut, il va vite déjanter.

Premier volet d’un diptyque de fantasy adolescente, La ville sans vent nous entraine dans un univers politique plus complexe qu’il n’y parait dans lequel un complot se trame dans l’ombre. La magie est omniprésente et les quelques sorts lancés, s’ils n’ont rien d’exceptionnels, servent à aider les personnages dans leur quotidien ou à se sortir de situations difficiles. La mise en place de l’intrigue est assez lente alors que la résolution finale m’a semblée rapidement traitée. Si j’ai trouvé les personnages intéressants et bien développés, j’ai eu plus de mal avec la ville en elle-même que je n’ai jamais vraiment réussi à me représenter. Si je reste sur un avis mitigé, l’intrigue a su donner un rythme intéressant au récit et le final a su laissé suffisamment de questionnements pour donner envie de lire la suite.

Lu en lecture commune avec Gabrielle, ce roman l’a bien plus séduite que moi. Elle a d’ailleurs enchainé avec la suite qu’elle a dévoré. Du haut de ses douze ans, elle est le public cible et on sent bien que son intérêt pour les univers fantastiques, la magie, les dystopies lui ont permis de pleinement apprécier ce roman, ses personnages et son intrigue.

***

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #7

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine, j’ai choisi d’écrire les premières lignes de ma prochaine lecture, La ferme des animaux de George Orwell. Publié en 1945, ce court roman dénonce le régime soviétique de l’époque sous la forme d’une fable animalière.

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1

M. Jones, de la ferme du manoir, avait certes poussé le verrou des portes du poulailler pour la nuit mais il était trop saoul pour se rappeler qu’il fallait aussi fermer les trappes. Le halo de sa lanterne oscillant dans un sens puis dans l’autre, il traversa la cour en titubant, se débarrassa de ses bottes à coups de pied, dans l’entrée de l’arrière-cuisine, tira au tonneau un dernier verre de bière et trouva son chemin jusqu’au lit où Mme Jones ronflait déjà.

A peine la lumière de la chambre fut-elle éteinte qu’une agitation, des bruissements d’ailes, se répandirent dans les bâtiments de la ferme. Toute la journée, on s’était donné le mot : Major l’Ancien, un Middle White autrefois primé, avait fait, la nuit précédente, un rêve étrange dont il voulait informer les autres animaux. Il avait été convenu qu’ils se retrouveraient tous dans la vieille grange, dès que M. Jones aurait laissé la voie libre. Major l’Ancien – c’est comme ça comme l’appelait, bien qu’il eût concouru sous le nom de Willingdon Beauty – était si respecté dans la ferme que tout le monde acceptait volontiers de perdre une heure de sommeil pour entendre ce qu’il avait à dire.

A l’autre bout de la grande, sur une sorte de tribune surélevée, Major était prêt, confortablement installé sur son lit de paille qu’éclairait une lanterne accroché à une poutre. Il avait douze ans et, depuis peu, il avait pris de l’embonpoint, mais c’était un cochon qui avait encore l’air sage, noble et bienveillant, bien qu’on ne lui eut jamais limé les canines.

La ferme des animaux de George Orwell, Le livre de poche jeunesse, 2021.