rendez-vous hebdomadaire

Premières lignes #5

Sur une idée originale de Ma LecturothèquePremières lignes met en avant un roman au travers des lignes qui ouvrent le récit. Cette semaine j’ai choisi de mettre en avant un récit féministe qui fut un gros coup de cœur pour Gabrielle et moi lors de notre lecture il y a quelques mois.

❤ ❤ ❤

Personne ne parle de l’année de grâce.

C’est interdit.

Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes hors de leurs lits, d’ensorceler les garçons et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait un aphrodisiaque puissant, l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.

Pourtant, je ne me sens pas magique.

Ni puissante.

Personne n’a le droit d’évoquer l’année de grâce, mais cela ne m’a pas empêchée de chercher des indices.

Un lapsus entre deux amants dans la prairie, une effrayante histoire du soir aux échos par trop réalistes, des coups d’œil furtifs pendant des échanges d’amabilités au marché. Sans que jamais les femmes ne trahissent leurs secrets.

L’année de grâce de Kim Liggett, Casterman, 2020.

Retrouver mon avis complet ICI.