roman

Trouve-moi (2018)

Find me

Auteur: André Aciman

Traductrice: Anne Damour

Editeur: Grasset

Collection: En lettres d’ancre

Pages: 316

 

Après l’énorme coup de cœur pour le roman Appelle-moi par ton nom, je ne pouvais que lire la suite, même si je m’attendais à une lecture moins enthousiasmante tant le premier se suffisait à lui-même. C’est donc avec la curiosité de savoir ce qu’André Aciman avait encore à dire que j’ai abordé Trouve-moi. Au final je suis restée sur un avis mitigé.

Le livre prend la forme d’un recueil de quatre nouvelles rythmées tels les mouvements d’une symphonie dirigée d’une main de maître par l’écriture poétique et musicale de l’auteur qui nous entraine dans son univers en un tour de main. Immédiatement happée par le rythme mélodieux des mots, j’ai pris plaisir à retrouver les personnages masculins du premier roman qui, au fil des années, affrontent la vie avec le souvenir de cet été italien si particulier. Chaque histoire se déroule à une époque et en un lieu différent, mais André Aciman a su créer un lien entre chacune, nous faisant passer d’un personnage à un autre avec la même attente et le même plaisir ressenti par les héros. Ainsi Samuel va à la rencontre d’Elio qui, lors d’une nouvelle rencontre amoureuse va se remémorer Oliver, qui lui aussi après bien des années, aimerait renouer avec Elio… 

S’il est question de rencontres impromptues qui ont un impact sur vous et votre vie toute entière, l’auteur parle surtout d’Amour, le vrai, le passionnel, celui qui ne connait aucune barrière de temps et de genre. Tangible, le temps semble être le héros de ce titre ; il y a le temps qui passe, la différence d’âge, les souvenirs indélébiles et ceux qui laissent des regrets. Mais tous ont en commun la valeur donnée au père et à la relation filiale, à l’héritage, celui que l’on reçoit et celui que l’on laisse. Aciman est toujours très juste dans le choix de ses mots et il nous fait traverser les époques avec aisance. Pourtant, il s’attarde trop sur cette notion temporelle et livre deux premiers récits emprunts d’une certaine nostalgie qui, tout en étant touchante, alourdit le récit. 

Il fallait oser sortir une suite à une histoire aussi belle, d’autant que Call me by your name nous offrait déjà un apercu de l’après. C’était un pari risqué et André Aciman l’a courageusement relevé en donnant peut-être un peu trop de place à un personnage, qui tout en étant sympathique au lecteur, n’est pas celui qu’il espérait retrouver. Samuel, le père d’Elio, bénéficie ainsi d’une histoire qui couvre la moitié du livre et ne sert qu’à créé l’attente de retrouver Elio et Oliver qui se partageront la seconde moitié et à installer cette notion de temps qui semble importante à l’auteur.

Trouve-moi a bien des qualités et satisfera le fan s’il n’y met pas trop d’attentes de revoir le couple Elio-Oliver se rencontrer et se retrouver ponctuellement.

L’histoire d’amour entre Elio et Oliver a ému les lecteurs et les spectateurs du monde entier. Nous retrouvons les personnages d’Appelle-moi par ton nom dont André Aciman explore la destinée, quelques années après leur première rencontre.

Samuel, le père d’Elio, est à bord d’un train pour Rome où il doit rejoindre son fils, qui y a débuté une carrière de concertiste. Mais une jeune femme nommée Miranda voyage dans le même compartiment, et soudain toutes les cartes sont rebattues.

Quelques temps plus tard, Elio est installé à Paris. A la faveur d’une rencontre avec un homme plus âgé qui l’attire irrésistiblement, le souvenir d’Oliver rejaillit.

Les années passent, et un soir de fête à New York, Oliver éprouve lui aussi le besoin de renouer avec Elio, de l’entendre, et peut-être de traverser l’Atlantique pour le voir.

André Aciman excelle dans la peinture nuancée de nos désirs et contradictions. Trouve-moi pose la question du grand amour et de sa pérennité alors même que la vie pousse dans d’autres directions.

4 réflexions au sujet de « Trouve-moi (2018) »

  1. Merci pour cette belle critique. Je me demandais si j’allais lire ou pas cette suite mais je pense m’en passer finalement vu que l’histoire d’origine de suffit amplement comme tu le dis et que celle-ci ne semble pas l’enrichir tant que ça…

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