roman young adult

Chroniques des Cinq-Trônes, tome 1. Moitiés d’âme

 

Auteur: Anthelme Hauchecorne

Éditeur: Gulf Stream

Illustrateur: O’LEE

Pages: 528

 

La fantasy n’est pas mon genre de prédilection mais de temps à autre j’aime bien me plonger dans l’un de ces univers fictifs emplis de magie et de créatures surnaturels. En premier lieu, il faut reconnaître que l’objet-livre est somptueux avec sa couverture épaisse, sa magnifique illustration et son ruban marque-page. Le travail de l’éditeur est de qualité et donne un livre fait pour durer.

En second lieu, on ne peut nier que ces Chroniques des Cinq-Trônes ont tout ce qu’il faut pour en faire l’un des romans de fantasy les plus intéressants qu’il m’aie été donné de lire à ce jour. Entre l’écriture concise et percutante d’Anthelme Hauchecorne, les personnages hauts en couleur et l’histoire intelligemment construite, ce roman ne laisse aucun répit. L’auteur transporte son lecteur dans un univers où la magie, le triangle amoureux entre deux humains et une Faëe et l’ambiance médiévale charment tout autant que les paysages hivernaux et le sentiment d’oppression que l’ont ressent à la lecture. Le récit n’est marqué par aucun temps mort et la lecture n’en est rendue que plus addictive.

Moitiés d’Âmes est le premier volume d’une tétralogie qui se suffit à lui-même. La fin reste ouverte mais peut tout à fait s’arrêter là. Il va bien au-delà d’un tome d’introduction tant l’histoire est riche en événements souvent surprenants, toujours très percutants. Les rebondissements arrivent toujours au moment où l’on croit avoir compris les tenants et les aboutissants d’une situation. A découvrir dès treize ans (quinze ans pour l’éditeur).

La mägerie n’obéit qu’à un seul principe: elle ne peut s’exercer qu’à deux. Liutgarde le sait. Elle a pourtant fui Ortaire, l’époux qui lui avait été imposé, renonçant ainsi à son pouvoir. Exilée au nord des terres, elle serait morte sans l’aide des caravaniers et de Rollon, un mäge à l’esprit torturé. Épris l’un de l’autre, Liutgarde et Rollon se déplacent en roulottes avec leur communauté dans l’hostile forêt de la Sylverëe, ancien royaume des Faëes de l’Hiver. Mais l’équilibre de cette vie en cavale va complètement basculer, les obligeant à régler les dettes de leurs vies antérieures. Car dans ce monde tout se sait et tout se paie un jour. Leur pouvoir et leur amour suffiront-ils à les protéger?

Lecture à voix haute·roman ado

BOO

Auteur: Neil Smith

Traducteurs: Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 397

Oliver Dalrymphe est mort. Il se réveille dans un paradis où seuls des jeunes morts à treize ans sont réunis. Quelques semaines après son arrivée, il est rejoint par un garçon de son établissement, Johnny, qui lui apprend qu’ils sont tous deux morts assassinés par balle. Les deux garçons, accompagnés par Esther et Thelma, des amies rencontrées au paradis, se lancent alors à la poursuite de leur assassin qui se serait donné la mort et pourrait donc bien être avec eux.

Avec BOO j’espérais nous plonger, mes filles et moi, dans une histoire de fantômes drôle, une enquête au pays des morts, en gros une histoire amusantes idéale à cette époque de l’année. Mais j’étais à mille lieux de penser que j’allais mettre la main sur un roman fort et poignant qui aborde des thèmes assez difficiles tels que le harcèlement et le suicide. Par ailleurs, lors de son séjour dans l’au-delà, Oliver découvre la fin sordide de nombre des jeunes avec qui il partage son quotidien, morts dans des circonstances souvent terribles. L’univers créé par l’auteur est intéressant sur bien des aspects et donne beaucoup d’importance et de responsabilités aux adolescents qui y gagnent en maturité même s’ils sont figés dans leur treize ans.

Si j’ai trouvé la lecture surprenante et originale, j’ai eu plus de mal avec la lecture à voix haute en raison de certains passages violents et le vocabulaire insultant. Je ne suis pas une personne grossière à la base mais je trouve que l’on entend assez ce genre de propos dans la rue, aussi quand je lis, j’aime autant que ce soit agréable à lire et poli. Le récit n’en est pas moins intéressant, l’écriture plaisante et l’ensemble donne un bon roman pour adolescents. Neil Smith met en avant l’importance de l’amitié dans la construction du jeune. Etre deux c’est avoir quelqu’un sur qui compter, c’est une protection vis à vis des autres mais aussi de soit. Ici les responsables sont les harceleurs, mais sans doute aussi les adultes même si l’auteur ne leur laisse que très peu de place… BOO est un très beau roman sur l’adolescence et ses difficultés, une belle histoire d’amitié éternelle.

7 septembre 1979. C’est la première semaine de cours au collège Helen-Keller. Oliver « Boo » Dalrymphe – élève de quatrième à la pâleur spectrale et au cœur malade, scientifique en herbe et paria social – récite les cent six éléments du tableau périodique devant son casier. Dans la seconde qui suit, il se réveille au « Village », un au-delà exclusivement réservé aux trépassés de treize ans. Ici, il n’y a ni arbres ni animaux, seulement d’infinies rangées de dortoirs en brique rouge, entourées de gigantesques remparts de béton. Au plus grand étonnement de Boo, les « qualités » qui faisaient de lui un paria sur Terre lui valent ici des amis. Il se surprend à éprouver une joie qu’il n’avait jamais connue jusqu’alors. Mais même au paradis, la vie peut être un enfer. Et tandis que le jeune garçon coule des jours heureux, il découvre que sa mort ne résulte pas, comme il le croyait, d’une défaillance de son cœur malade. Boo a été assassiné. Et le coupable pourrait bien l’avoir suivi jusque dans l’au-delà…

 

BD/manga

Dreams Factory, tome 1. La Neige et l’Acier

Auteur: Jérôme Hamon

Dessin: Suheb Zako

Couleurs: Lena Sayaphoum

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Pages: 58

Indira est une enfant qui subvient aux besoins de sa famille. Elle travaille chaque jour à la mine pour nourrir son petit frère Eliott et son père, un homme d’apparence bourru et porté sur la boisson. Quand Indira tombe malade Eliott, naïf et innocent, se présente à la mine pour prendre sa place. Mais il disparaît et Indira part à sa recherche et découvre un monde caché où le travail des plus jeunes enfants est exploité dans la fabrication de jouets mécaniques.

Premier volume d’une série qui en comptera deux, La Neige et l’Acier dépeint un Londres sombre à la Dickens, mêlé à des éléments plus futuristes. L’auteur y dénonce le travail des enfants au travers d’un récit qui s’annonce fort émotionnellement. Cette première partie présente les personnages et le contexte, il ne fait aucun doute que le deuxième apportera des réponses aux questions soulevées.

S’il est difficile de juger l’histoire sur ce premier tome, je trouve que l’amorce est bonne et suffisamment bien menée pour susciter la curiosité et encourager la lecture de la suite. En revanche, les illustrations sont magnifiques avec leurs couleurs bleutées qui renforcent le froid de la neige et l’ambiance glaciale de l’histoire. Les personnages sont adorables et leurs traits très expressifs. Les décors sont peu nombreux mais regorgent de détails et montrent bien les différences de classes sociales. L’ensemble forme des planches d’une grande beauté contemplative.

Il ne me reste qu’à espérer que le tome 2 ne tardera pas à sortir.

[Présentation éditeur] Londres, 1892. Comme la plupart des enfants de la cité ouvrière dans laquelle elle vit, Indira descend tous les jours dans les mines de charbon, sans jamais protester.

ebook·roman

Agatha Raisin enquête, tome 15. Bal Fatal

Agatha Raisin, book 15. Deadly Dance

 

Auteure: M.C. Beaton

Traductrice: Esther Ménévis

Editeur: Albin Michel

format ebook (324 pages)

 

Ca y est! Agatha s’est décidée à ouvrir son agence de Détective Privée. Entre les recherches de chats perdus et les maris infidèles, c’est un peu le calme. Pourtant, lorsqu’une future mariée reçoit une lettre de menaces, Agatha est engagée par la mère de la jeune fille pour mener l’enquête et découvrir qui en veut à sa vie. En parallèle, Agatha a une nouvelle voisine, Emma, sexagénaire qui semble intelligente et efficace et qu’elle engage comme secrétaire pour son agence avant de lui confier quelques missions. Pourtant, c’est bientôt la vie d’Agatha qui est en danger et cela sème le doute et la confusion.

Tentative d’empoisonnement, infraction, cadavres, jalousie, agression physique et voyages sont au cœur de cette quinzième intrigue. Si la première moitié m’a semblé assez molle et donc pénible à lire, j’ai retrouvé un regain d’intérêt dans la seconde moitié, plus rythmée et dynamique. La présence de Charles, de Roy et bien entendu de Mrs Bloxby est un élément non négligeable à la réussite d’un roman d’Agatha Raisin, ils apportent avec eux un peu d’Agatha, dont les différentes facettes me désarçonnent parfois. Bien qu’intelligente, elle manque parfois de discernement et peut se montrer d’une naïveté extrême qui apporte un peu de douceur dans ce personnage à l’apparence revêche. Il était original que le nouvel occupant de l’ancienne maison de James Lacey soit une femme, mais au final voisine ou voisin, les liens avec Agatha sont toujours compliqués et tous ces personnages ne font que passer dans sa vie, comme un courant d’air plus ou moins agréable, l’auteure semblant chercher comment remplacer James…

Un quinzième volume agréable, qui sans être le meilleur de la série, reste une lecture plaisir idéale pour passer un bon moment de détente.

Calme plat dans les Cotswolds : pas un meurtre à la ronde pour notre détective préférée, Agatha ! Lorsqu’une riche divorcée lui demande d’élucider les menaces de mort dont sa fille Cassandra est victime, Agatha saute sur la proposition. Enfin une grosse affaire et sûrement un sacré coup de pub ! Elle ne croit pas si bien dire : lors d’un bal en l’honneur des fiançailles de Cassandra, elle déclenche une émeute en déjouant un assassinat… dont elle risque bien d’être la prochaine cible.

album·Lecture à voix haute

Le Train Fantôme

 

Auteur: Didier Lévy

Illustrateur: Pierre Vaquez

Editeur: Sarbacane

Pages: 40

A l’approche de la Fête des Morts, j’avais envie d’une lecture effrayante et mon choix c’est porté sur cet album de Didier Lévy dont la couverture, en plus d’être magnifique, me semblait parfaitement dans le ton recherché. Mais Le Train Fantôme va bien plus loin et se révèle être une histoire d’amour porteuse d’espoir.

Lorsque Jonas quitte la maison et ne revient pas, Lina, sa jeune sœur, part à sa recherche dans une fête foraine abandonnée où elle sait qu’il traîne souvent. En pénétrant dans le train fantôme, elle est loin de se douter qu’il va se mettre en route et l’emmener dans une aventure remplie de monstres qui la conduit au royaume des morts.

Si l’histoire paraît au premier abord assez simple, on perçoit rapidement une ambiance assez sombre et des thématiques difficiles. Entre les rapports conflictuels adultes/ado, la fugue et le voyage au pays des morts, on perçoit la détresse de deux enfants et le désir de mort d’un adolescent mal dans sa peau. Il faudra toute la tendresse d’une enfant aimante et une main tendue pour empêcher un passage à l’acte radical.

Pourtant le texte se veut tout en retenu, presque poétique, et ne laisse qu’entrevoir le désespoir de Jonas. C’est Lina qui porte le récit avec espoir et optimisme. Les illustrations de Pierre Vaquez, très sombres, viennent sublimer l’histoire et mettre en avant tout le dramatique de la situation. C’est un gros coup de cœur!

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Jonas, le grand frère chéri de Lina, a disparu… Du haut de ses 8 ans, la fillette courageuse part à sa recherche… et ce ne sont pas quelques monstres et squelettes qui vont l’arrêter!

Lecture à voix haute·roman ado·roman jeunesse

L’éblouissante Lumière des deux Etoiles Rouges – L’affaire des Cahiers de Viktor et Nadia

La sfolgorante luce di due stelle rosse

Auteur: Davide Morosinotto

Traducteur: Marc Lesage

Editeur: l’école des loisirs

Collection: Medium

Pages:  522

 

Après le succès du Célèbre catalogue Walker & Dawn rencontré dans notre famille, nous ne pouvions faire l’impasse sur le roman suivant de Davide Morosinotto. Gabrielle l’avait commencé de son côté mais n’a pas su aller au bout car certains événements étaient difficile à lire émotionnellement et elle avait du mal à prendre de recul, plongée seule dans sa lecture. Aussi lorsque j’en ai commencé la lecture à voix haute pour Juliette, elle s’est jointe à nous afin d’en profiter et ce fut un grand moment d’émotion partagée.

Une fois de plus, l’objet livre est de toute beauté entre la couverture en relief, la mise en page originale et riche, vivante. Plus qu’un roman, l’ouvrage se présente comme une enquête menée par le Colonel Valery Gavrilovitch Smirnov du Commissariat du Peuple aux Affaires Intérieurs. En charge de l’enquête, le Colonel Smirnov a entre les mains des cahiers, sorte de journaux intimes, qu’ont tenu les jumeaux Viktor et Nadia durant les sombres événements qui ont touché la Russie en 1941, au moment où Leningrad était assiégée par l’Allemagne Nazie. Au travers du texte écrits en deux couleurs (rouge pour Viktor, bleu pour Nadia), des photographies, cartes et prospectus, on sent tout le travail de recherches menées par l’auteur pour que la grande Histoire et la petit se rassemblent avec beaucoup de réalisme et de crédibilité. Le texte est par ailleurs ponctué des commentaires du Colonel et chaque fin de cahier est suivi d’un rapport écrit, ce qui rend la lecture encore plus vivante et intéressante.

Viktor et Nadia ont été séparés par erreur lors de l’embarquement dans les trains d’enfants qui quittaient Leningrad pour l’est du pays. S’ensuit alors deux récits très différents mais qui se rejoignent dans les horreurs de la guerre et se recoupent dans leur chronologie. Si Viktor se retrouve dans une ferme au Kolkoze, son voyage de retour ne sera pas des plus aisés entre la faim, l’arrivée de l’hiver, un passage au goulag, la perte de ses amis… De son côté, Nadia ne quittera jamais complètement Léningrad et se retrouvera avec un petit groupe d’enfants à fuir les allemands en restant aux abords du Lac Ladoga. Si elle ne souffrira pas trop de la famine, elle subira la pression constante des bombardements, l’enfermement et la crainte permanente d’être prise par l’ennemi. Mais les deux enfants connaîtrons tout deux la perte d’amis, les tortures et la privation de liberté. Leurs ressources et leur courage ne peuvent que forcer l’admiration, même si parfois leur comportement frise l’inconscience.

Cette double narration permet au lecteur d’avoir un regard sur la guerre dans les deux camps et de se rendre compte que peu importe dans quel camp on se trouve, la guerre pousse les hommes aux pires abominations. L’écriture enfantine permet d’alléger un contexte lourd de sens mais n’enlève rien à l’émotion que nous avons pu ressentir au fil des pages.

Davide Morosinotto signe un titre inoubliable, une petite pépite qui aborde avec justesse et pudeur un des pans les plus sombre de l’Histoire de l’humanité sans pour autant occulter les horreurs de la guerre. Mais au travers de ses jeunes héros, il faut aussi parler les valeurs nobles du partage et de l’entraide, l’amitié, la compassion et le soutien indéfectible que l’on peut trouver au fond de tout un chacun.

 

L’avis d’Isabelle est par ici!

1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe, vers le Nord, en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, on organise l’évacuation de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête: traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela, il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

ebook·roman

Chroniques de Pemberley

 

Auteure: Marie-Laure Sébire

Editeur: Chiado

format ebook (555 pages)

 

 

Il y avait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans une lecture s’inspirant de Jane Austen et c’est avec plaisir que j’ai découvert ces Chroniques de Pemberley. Faisant suite directe au roman Orgueil & Préjugés, ce roman s’étale sur trente années et prend place principalement à Pemberley qui est au cœur du récit. Témoin du temps qui passe, il est le lieu de vie de plusieurs générations de Darcy, qui tous partagent un amour profond pour ces lieux dans lesquels ils ont tant de souvenirs à partager.

C’est une lecture agréable et qui mérite d’être lu. J’ai apprécié retrouver Elizabeth et Mr Darcy qui forment un couple charmant et dont les débuts m’ont paru tout à fait crédibles dans leurs conflits, leur attentes et leurs ententes, mais aussi dans leurs position et relations avec la bonne société anglaise. Mon grand regret dans cette première partie est le peu de place donnée aux autres personnages du roman d’origine; j’aurais aimé retrouver Mr Bennet et son humour délectable ou encore les Gardiner qui jouent un rôle important à la fin d’O&P et qui semblaient avoir noués des liens particuliers avec Mr Darcy. Même les sœurs de Lizzy ne sont finalement pas très présentes alors qu’il parait difficile d’imaginer Lizzy et Jane séparées plus que quelques semaines. Mais cela peut se comprendre par le fait que le véritable personnage principal du roman est Pemberley en lui-même et que la famille Bennet n’y a pas vraiment sa place. Nous assistons à nombres d’événements tels que naissances, mariages mais aussi deuils et l’auteure parvient à décrire de jolis moments émotionnellement forts.

Le gros point faible est la longue durée sur laquelle se déroule l’histoire. Trente longues années qui poussent forcément à placer sur le devant de nouveaux personnages, les enfants de Mr et Mme Darcy. Cependant retranscrire une si longue période en un seul roman ne laisse que peu de place pour développer les personnalités des personnages et je n’ai pour ma part pas sû m’attacher à cette fratrie. Je ne parle pas de leurs cousins que l’on ne fait que croiser et qui sont si nombreux qu’il n’est pas toujours facile de se souvenir qui est qui…

Enfin je terminerai pas un avis sur l’écriture. C’est peut-être un soucis lié à la version numérique mais j’ai relevé de nombreux problèmes de ponctuations qui posent soucis à la lecture, cassent le rythme; des erreurs de personnages aussi me semble-t-il… Mais ce n’est qu’un détail et ne remet pas en question la qualité de l’histoire. Il y a des passages intéressants, d’autres moins (je n’ai pas du tout aimé la tournure que prend l’histoire de Jane et Mr Bingley) mais ce sont des choix qui se respectent. Bravo à l’auteure pour l’originalité de son histoire et d’avoir su la rendre crédible sur bien des aspects.

En refermant le livre ou quand se termine le film « Orgueil et Préjugés » on se demande : « Et après ? » Jane Austen laissa en germe mille conflits, mille aventures dans une Angleterre en pleine mutation et dans un monde où les distances s’amenuisent au fil des années. Tout en respectant les personnages magistralement décrits par la grande dame de la littérature anglaise et même si vous n’avez pas lu son livre, l’auteur vous emmènera à Pemberley, la merveilleuse maison des Darcy où naquit une histoire d’amour qui passionna des générations. Vous verrez comment les difficultés mal enfouies se surmontent… ou non et comment les membres des générations futures seront tantôt acteurs de cette nouvelle ère qui s’ouvre à eux, tantôt victimes d’une société qui voit menacé son mode de vie ancestral.

BD/manga

Orgueil & Préjugés, tome 1. Les Cinq Filles de Mrs. Bennet

 

Auteure/Illustratrice: Aurore

Editeur: Soleil

Pages: 46

 

La sortie d’une adaptation du délicieux Orgueil & Préjugés de Jane Austen est une fête pour moi et c’est sans vraiment y réfléchir que je me suis jetée sur cette bande dessinée de Aurore. Il faut déjà reconnaître que la couverture est de toute beauté et qu’elle m’a attiré comme un aimant. Par ailleurs, il ne m’a pas fallu longtemps pour être séduite par le trait de l’auteure, très féminin et d’une grande finesse.

La série, qui comptera trois volumes, suit assez bien le roman. Ce premier tome couvre la période de Netherfield, à savoir de l’arrivée de Mr Bingley et Mr Darcy jusqu’à leur départ précipité pour Londres alors que les Bennet s’attendaient à une demande en mariage pour l’aînée, Jane. L’auteure prend quelques libertés avec le texte et les personnages mais dans l’ensemble, on retrouve assez bien l’ambiance générale du roman éponyme.

Les dessins sont de toute beauté; les plans larges, les quelques paysages et le dessin des maisons me touchent tout particulièrement. J’émets plus de réserves sur les personnages. Si j’apprécie le trait général, les toilettes et les coiffures, ainsi que les ressemblances entre membres d’une même famille, j’ai plus de mal sur le choix fait sur certains personnages secondaires. Je pense notamment à Charlotte Lucas qui est vraiment trop laide et à Mr Collins qui paraît presque séduisant. Autre petit détail qui m’a gêné à la lecture est la rapidité avec laquelle se succèdent les scènes. Mais je titille et je suis globalement très contente de cette bande dessinée qui adapte très bien Orgueil & Préjugés en le rendant accessible à un lectorat plus jeune, tout en restant appréciable pour le fan.

Tout Longbourn est en émoi depuis l’arrivée dans le manoir voisin du jeune et célibataire Mr Bingley. C’est l’espoir qu’attendait Mrs Bennet, menacée par la ruine, de marier l’une de ses cinq filles à un beau parti. Ce dernier est accompagné de ses deux sœurs et de son meilleur ami, le richissime mais méprisant Mr Darcy. Alors que les préparatifs du prochain bal occupent déjà tous les esprits, Mr Bingley tombe bientôt amoureux de Jane Bennet. Quant à Elizabeth, elle a toutes les peines du monde à supporter ce Mr Darcy!

BD/manga

Bergères Guerrières, tome 3. Le périple

Auteur: Jonathan Garnier

Illustratrice: Amélie Fléchais

Editeur: Glénat

Pages: 64

 

 

Juliette était si impatiente de découvrir la suite des aventures de Molly, Liam et tous les autres, que nous avons acheté le tome 3 des Bergères Guerrières le jour même de sa sortie. Avec Gabrielle, elles avaient même relu les deux premiers tomes pour bien se remettre en mémoire les différents événements survenus et ne pas avoir à se poser de questions sur l’ouverture de ce nouveau volume.

Après avoir affrontés la Malbête, Molly, Liam et Sarah sont blessés; Sarah semble avoir perdu ses pouvoirs, Liam est surtout affaibli et Molly est la plus touchée. Inconsciente, elle a sur la main et le bras une marque (qui n’est pas sans rappeler la marque que porte Ashitaka dans le film Mononoke Hime) laissée par la magie qu’elle a attrapé à pleines mains. Mais elle semble également être possédée par les souvenirs qui, en se manifestant, font s’étendre la marque. Afin de soigner les enfants, les Bergères Guerrières décident qu’un groupe partira en Terres Mortes pour trouver une solution. La mission porte également l’espoir de retrouver les hommes du village.

Le périple est un troisième tome plus sombre que les précédents, une aventure épique et périlleuse à travers des terres hostiles, le froid et la neige. Pourtant, parmi la tension et les difficultés, l’auteur distille quelques passages plus légers et drôles. L’humour des premiers tomes est toujours tangible et montre que l’espoir est présent au cœur de ce périple. Les jeunes héros ont gagné en maturité et portent sur leurs épaules la réussite de la mission. Le duo Jonathan Garnier – Amélie Fléchais fonctionne à merveille et nous offre un troisième volet toujours aussi beau visuellement et au récit de plus en plus intense. L’attente du quatrième tome risque d’être longue…

La Malbête et la sorcière qui la contrôlait ont été maîtrisées mais c’est une victoire amère… Molly a été grièvement blessée et, bien qu’elle ait repris connaissance, un mal étrange la ronge toujours. Les Bergères Guerrières prennent une décision importante : se rendre en Terres Mortes pour trouver et comprendre l’origine du mal qui les a frappés et condamne maintenant Molly et Liam. Dans cette mission se cache aussi leur dernier espoir de retrouver les hommes du village, partis au front il y a plus de dix ans. Une délégation est alors constituée dont Sarah, la jeune sorcière aux oiseaux, fait partie. Un long périple les attend dans les terres hostiles du Nord…