Lecture offerte·roman jeunesse

La saison des mûres

The Canning Season

Auteure: Polly Horvath

Traductrice: Hélène Misserly

Éditeur: l’école des loisirs

Collection: Neuf

Pages: 306

 

La saison des mûres est probablement le roman jeunesse le plus étrange qu’il m’aie été donné de lire. L’histoire se rapproche assez de la catégorie « tranche de vie » mais en même temps il est bourré d’anecdotes surprenantes, parfois drôles, souvent macabres qui créent une ambiance unique et étrange. Pourtant on se laisse complètement happer par l’écriture de Polly Horvath. Ses personnages deviennent très rapidement sympathiques, ou carrément antipathiques; qu’ils soient principaux ou secondaires, ils ne laissent pas indifférents, ils ont été travaillé avec précision, de leur apparence physique à leur personnalité, rien n’est laissé au hasard.

Véritable ode à la vie, ce roman nous entraîne dans l’univers des sœurs Menuto, des jumelles nonagénaires, qui vivent au beau milieu de la nature, des bois et des ours. Leur maison les a vu naître et n’a pas changé depuis, si ce n’est ses habitants qui l’ont peu à peu déserté; elles vivent en autosuffisance, ne se souciant que d’elles-mêmes, ne laissant pas la modernité les atteindre. L’arrivée de leur petite nièce, Raclette 13 ans et d’une jeune inconnue, Harper 14 ans, abandonnée sur le pas de leur porte, vient bouleverser un quotidien bien organisé qui ne laisse aucune place à la surprise. Les deux jeunes filles vont aussi y découvrir la valeur de la famille, apprendre à créer des liens et faire des choix pour un avenir qui n’appartient qu’à elles.

La saison des mûres est un roman coup de cœur pour Gabrielle et moi qui avons aimé l’humour caustique de Tilly, la sagesse bouddhiste de Penpen, la douceur de Raclette et l’exubérance d’Harper. Le texte dégage beaucoup d’émotions et nous a charmé d’un bout à l’autre. Juliette émet plus de réserve, elle n’a pas compris l’intérêt de ce texte qui parle beaucoup de la mort tout en valorisant la vie. Elle a par contre beaucoup aimé la façon de vivre des sœurs Menuto, nées ensemble, elles ne se sont jamais quittées; sans vraiment le dire, elle laisse entendre que c’est le genre de vie qu’elle rêve pour sa sœur et elle. Elle est aussi attirée par cette vie loin de la ville et du bruit, des foules…

Raclette ignorait qu’elle avait de la famille dans le Maine. Elle ignorait qu’elle avait de la famille tout court. Elle apprend la nouvelle le jour où sa mère décide de l’expédier en train, sans même une valise, pour passer l’été chez deux arrière-arrière-cousines, aussi éloignées qu’âgées. A son arrivée, l’adolescente découvre « les étranges dames Menuto », comme on les appelle, la ronde et joviale Penpen et la minuscule et acerbe Tilly. Les sœurs jumelles accueillent Raclette en l’avertissant: elles sont nées ensemble, ont grandi ensemble et envisagent de mourir ensemble à Vallon Rose, leur maison familiale cernée par les bois et les ours. Mais pas question de faire aboutir ce projet avant de transmettre à la timide Raclette le plaisir des bains de mer et celui de la traite des vaches, la célèbre recette du coulis de mûres, des rudiments de philosophie bouddhiste…

3 réflexions au sujet de « La saison des mûres »

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