masse critique·roman

Une saison à Longbourn

longbournAuteure: Jo Baker

Editeurs: Stock collection La cosmopolite

Pages: 396

Date de sortie: 2 avril 2014

Quatrième de couverture:

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier. A l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

Ce que j’en pense:

Celles qui me suivent depuis un moment savent que je suis fan de Jane Austen et surtout de son roman Orgueil et Préjugés. J’aime aussi lire des romans para-austenien et quand babelio m’a proposé de lire Une saison à Longbourn dans le cadre d’une masse critique, j’ai sauté sur l’occasion d’autant que le sujet m’a immédiatement attiré: une rencontre entre Jane Austen et Downton Abbey, deux univers que j’aime énormément.

En effet, Jo Baker a choisi de placer son histoire dans les coulisses, les cuisines de la famille Bennet et d’offrir une vie à des personnages qu’on ne fait que croiser dans l’oeuvre de Jane Austen. Pari réussi, son récit suit en filigrane le rythme d’Orgeuil et Préjugés et nous offre une perspective différente, enlevant les paillettes et nous rappelant que la vie des maîtres n’est pas si différente de celle de leurs employés une fois les corvées enlevées, qu’ils sont des êtres humains comme les autres, ayant eu plus de chance en naissant dans des familles aisées.

Mr et Mrs Hill, l’intendante, sont aidés dans le quotidien par Sarah, une jeune fille de l’âge d’Elizabeth, arrivée à l’âge de sept ans après avoir passée quelques mois dans un foyer pour indigents suite au décès de ses parents, et de Polly, douze ou treize ans, orpheline de naissance qui est venue agrandir les rangs pour alléger leur charge de travail augmentant avec les naissances des jeunes filles Bennet.

Sarah rêve de paysages lointains, de voyages et d’une vie meilleure qui lui appartiendrait. Elle se pose des questions sur sa condition et celle de ses maîtres dont la vie n’est faite que d’oisiveté et de facilités, allant jusqu’à se demander s’ils ne se montreraient pas plus respectueux envers le travail de leur employés s’ils devaient s’occuper eux même de leur lessive ou de vider leur pot de chambre.

A côté, Sarah, penchée au-dessus d’une planche à laver, frottait l’ourlet d’un jupon qui avait traîné dans la boue. Même après l’avoir laissé tremper dans l’eau toute la nuit, le savon n’avait pas effacé les taches et mordait maintenant ses mains gercées et couvertes de croûtes. Si Elizabeth avait dû s’occuper elle-même de ses jupons, il y avait fort à parier qu’elle se serait montrée beaucoup plus soigneuse.

Lorsque arrive James Smith, engagé comme valet, la vie bien rythmée et organisée des domestiques se voit chamboulée et leur charge de travail allégée. Pour Sarah s’ouvre une fenêtre sur l’amour, sur la vie. Mais auréolé de mystère, blessé dans sa chair et dans son âme, James sera-t-il prêt à prendre le risque de l’entraîner sur le chemin qu’il s’est choisi?

Tout en respectant l’oeuvre sur laquelle elle s’appuie, préservant les personnalités des personnages créés par Austen, l’auteure attire notre attention sur la condition des femmes à l’époque de la Régence anglaise au travers des yeux de Sarah. Ainsi les domestiques sont diminués, réduit à un état proche de l’esclavage, sans espoir de voir leur vie leur appartenir un jour. Premiers levés, derniers couchés, leur quotidien n’est fait que de corvées en tout genre: lessive, ménage, cuisine, jardinage, s’occuper des cochons, faire du savon, coudre, faire les courses etc etc. Alors que les femmes de la haute société se voient réduites à se vendre par leur apparence et leur maintien, leur éducation, à des gentlemen qui n’ont d’autres devoirs que de procréer dans le but d’assurer la continuité du nom et de maintenir leurs terres dans la famille. Tout à coup, l’intelligent et perspicace Mr Bennet apparaît comme un homme rigide faisant peu de cas de son épouse, une femme fragile qui ne cesse d’attirer l’attention par son comportement parce qu’elle manque cruellement d’amour, rejetée par un homme à qui elle n’a pas su donner d’héritier mâle. 

Se basant sur des réalités et des faits historiques, Jo Parker a su tirer parti d’un grand classique de la littérature anglaise, nous faisant entrer dans l’intimité partagée entre une famille et ses domestiques, mettant en avant les difficultés de la condition des uns et des autres.

J’ai eu le plaisir de découvrir ce roman en avant première grâce à Babelio que je remercie, ainsi que les éditions Stock, pour cette très jolie lecture.

 

stock massecritique

A noter: Une saison à Lonbourn paraîtra aux éditions Stock le 2 avril 2014! Et une adaptation cinéma est en préparation.

6 réflexions au sujet de « Une saison à Longbourn »

  1. En effet nous totalement d’accord et nous avons les mêmes impressions 🙂

    J’ai commencé hier soir « Une lettre de vous », et j’espère être aussi transportée.

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